Domaine technique de l'invention
[0001] Le domaine de l'invention concerne les traitements de surface d'articles, tels que
des articles décoratifs ou des composants horlogers.
[0002] L'invention concerne plus particulièrement un procédé de dépôt d'un revêtement décoratif
qui a pour caractéristique optique d'absorber la lumière visible.
[0003] L'invention concerne également un article, par exemple un composant horloger, revêtu
par un tel revêtement décoratif absorbant la lumière visible.
[0004] L'invention trouve une application particulièrement intéressante dans le domaine
de l'horlogerie, pour la décoration d'articles ou de composants utilisés dans les
pièces d'horlogerie, par exemple les platines, les ponts, les rouages, les vis, les
masses oscillantes, les cadrans, les index, les appliques, les disques des guichets,
les aiguilles ou encore tout autre composant du mouvement ou de l'habillage externe
d'une pièce horlogerie.
Arrière-plan technologique
[0005] Il existe des revêtements absorbants la lumière visible et qui présente une absorption
de la lumière supérieure à 99,8%.
[0006] On connait notamment le revêtement Vantablack
® à base de nanotubes de carbone orientés perpendiculairement à la surface du substrat
et serrés les uns contre les autres. Un tel revêtement confère une couleur noire avec
un coefficient d'absorption de 99,965% de la lumière visible.
[0007] Toutefois, un tel revêtement à base de nanotubes de carbone est très onéreux et présente
des risques pour la santé, ces particules étant reconnues comme cancérigènes, mutagènes
ou reprotoxiques.
[0008] Il est également connu la peinture acrylique Musou
® plus facile à utiliser et à appliquer et qui présente une absorption jusqu'à 99,4%
de la lumière visible et une composante de clarté L* proche de 10. Toutefois, ce revêtement
présente la particularité d'être très fragile et un contact léger avec le revêtement
peu facilement occasionner un pelage du revêtement ou une dégradation de son absorption.
Il est par exemple très compliqué de nettoyer ce type de revêtement sans dégrader
son aspect esthétique, si une poussière ou une fibre s'y est déposée. Une telle peinture
n'est pas aisément applicable par exemple dans le domaine horloger.
[0009] Par conséquent, il existe un besoin d'amélioration de ces revêtements absorbants
la lumière visible, permettant leur utilisation sur des articles qui peuvent être
manipulés, par exemple des composants horlogers, sans risque pour la santé et sans
risque d'une dégradation du revêtement par simple contact ou manipulation de l'article.
Résumé de l'invention
[0010] Dans ce contexte, l'invention vise à proposer un article comportant un revêtement
avec une très haute absorption de la lumière tout en évitant l'utilisation des nanotubes
de carbone et/ou des particules de graphène.
[0011] Selon l'invention, un des buts de l'invention est de proposer un procédé de dépôt
d'un revêtement décoratif absorbant la lumière visible facile à mettre oeuvre et permettant
d'obtenir des revêtements de surface avec une composante de clarté L* inférieure à
20 avec des substrats de diverses natures.
[0012] A cette effet, l'invention concerne un procédé de dépôt sur un substrat d'un revêtement
absorbant la lumière visible pour la formation d'un article, tel qu'un composant horloger,
ledit procédé de dépôt étant caractérisé en ce qu'il comporte :
- une première étape de fourniture d'un substrat ;
- une deuxième étape de dépôt d'une première couche recouvrant au moins une portion
du substrat par l'application d'une première formulation comportant un liant, un solvant
et des pigments dont la taille moyenne est de dimension nanométrique, la première
couche étant formée par évaporation dudit solvant ;
- une troisième étape de dépôt d'une deuxième couche recouvrant au moins partiellement
la première couche, par l'application d'une deuxième formulation comportant un liant,
un solvant, des agglomérats de pigments dispersés dans le liant et un agent de couplage,
les agglomérats étant composés par un mélange de pigments avec des granulométries
différentes, la deuxième couche étant formée par évaporation dudit solvant.
[0013] Préférentiellement, la deuxième formulation comporte des agglomérats composés par
le mélange de pigments dont la taille moyenne est de dimension nanométrique et de
pigments dont la taille moyenne est de dimension micrométrique.
[0014] Préférentiellement, l'agent de couplage de la deuxième formulation est un silane.
[0015] Préférentiellement, les agglomérats de pigments de la deuxième formulation sont constitués
d'un pigment central de dimension micrométrique sur lequel est greffé chimiquement
en périphérie une pluralité de pigments de dimensions nanométriques.
[0016] Préférentiellement, la deuxième formulation comporte entre 4 et 8% en masse d'agglomérats
de pigments.
[0017] Préférentiellement, la première formulation comporte des pigments dont la taille
moyenne est inférieure à 100 nm.
[0018] Préférentiellement, la première formulation comporte entre 5 et 10% en masse de pigments.
[0019] Préférentiellement, la première couche et la deuxième couche sont appliquées par
pulvérisation, par sprayage, trempage, sérigraphie, impression ou tampographie de
la formation correspondante.
[0020] Préférentiellement, le liant de la première formulation et/ou de la deuxième formulation
est un polymère.
[0021] Préférentiellement, le liant de la première formulation et/ou de la deuxième formulation
est un acrylique, un polymère époxyde ou encore un polyuréthane.
[0022] Préférentiellement, la première formulation et la deuxième formation sont des encres
colorées.
[0023] Préférentiellement, les pigments de la première formulation et/ou les pigments des
agglomérats de la deuxième formulation sont du noir de carbone.
[0024] Préférentiellement, le procédé comporte une quatrième étape de dépôt d'une troisième
couche recouvrant au moins partiellement la deuxième couche, par l'application d'une
troisième formulation comportant un liant, un solvant, des agglomérats de pigments
dispersés dans le liant et un agent de couplage, les agglomérats étant composés par
un mélange de pigments avec des granulométries différentes, la proportion en masse
d'agglomérats dans la troisième formulation étant inférieure à la proportion en masse
d'agglomérats dans la deuxième formulation, ladite troisième couche étant formée par
évaporation dudit solvant.
[0025] Préférentiellement, la taille moyenne des pigments formant les agglomérats de la
troisième formulation est identique à la taille moyenne des pigments formant les agglomérats
de la deuxième formulation.
[0026] L'invention concerne également un article comportant un substrat et un revêtement
appliqué sur le substrat par le procédé selon l'invention.
[0027] Un tel article présente un revêtement de surface absorbant la lumière avec un avec
une composante de clarté L* est inférieure à 20.
[0028] Préférentiellement, l'article est un composant horloger.
[0029] L'invention a également pour objet une pièce d'horlogerie comportant un tel composant
horloger.
Brève description des figures
[0030] Les buts, avantages et caractéristiques de la présente invention apparaîtront à la
lecture de la description détaillée ci-dessous faisant référence aux figures suivantes
:
- la figure 1 illustre schématiquement une vue en coupe d'un article, tel qu'un composant
horloger, comportant un substrat et un revêtement absorbant la lumière visible selon
l'invention ;
- la figure 2 illustre les principales étapes successives d'un exemple de réalisation
d'un procédé de dépôt d'un revêtement absorbant la lumière visible sur un substrat
pour la réalisation d'un article, tel qu'un composant horloger, selon l'invention
;
- la figure 3 illustre un exemple de réalisation d'un article selon l'invention.
Description détaillée de l'invention
[0031] Dans la présente description, les propriétés colorimétriques du revêtement absorbant
la lumière obtenu selon le procédé de dépôt d'un revêtement selon l'invention sont
exprimées à l'aide de l'espace colorimétrique CIE L*a*b* et mesurées selon le standard
CIE 1976 sur des échantillons polis avec un spectrophotomètre KONICA MINOLTA CM-3610-A,
avec les paramètres suivants : source d'éclairage CIE D65 (lumière du jour 6500°K),
inclinaison de 10°, mesures SCI (réflexion spéculaire incluse), zone de mesure de
4 mm de diamètre.
[0032] Un espace colorimétrique CIELAB (conforme aux normes CIE n°15, ISO 7724/1, DIN 5033
Teil 7, ASTM E-1164) présente une composante de clarté L*, représentative de la manière
dont le matériau réfléchit la lumière, assimilable à la clarté, avec une composante
a* qui est la composante vert/rouge et une composante b* qui est la composante bleu/jaune.
[0033] Dans la présente demande, la taille moyenne des particules et des pigments est caractérisée
par rapport à la valeur d90 d'une distribution granulométrique.
[0034] La figure 1 illustre schématiquement une vue en coupe d'un article 10, tel qu'un
composant horloger, comportant un substrat 1 ainsi qu'un revêtement 20 décoratif et
présentant des propriétés d'absorption de la lumière visible.
[0035] Le revêtement 20 recouvre au moins une portion du substrat 1. Un tel revêtement 20
selon l'invention forme une structure non uniforme composée d'agglomérats de pigments
de différentes granulométries. Le revêtement 20 peut comporter plusieurs couches empilées
composées de ces agglomérats de pigments.
[0036] Préférentiellement, la densité des agglomérats de pigments entre les différentes
couches du revêtement 20 est également variable, préférentiellement décroissante avec
l'augmentation du nombre de couches.
[0037] L'article 10 est par exemple un composant horloger, par exemple une platine, un pont,
une roue, une vis, une masse oscillante, un cadran, un index, une applique, un disque
de guichet, une aiguille ou encore tout autre composant ou organe d'un mouvement d'horlogerie
ou d'un composant d'habillage d'une pièce d'horlogerie auquel on souhaite donner une
impression de couleur profonde et intense, sans reflet de lumière, avec une composante
de clarté L* inférieure à 20.
[0038] La figure 3 illustre une pièce d'horlogerie 200 comportant un article 10 selon l'invention.
Dans cet exemple de réalisation, l'article 10 selon l'invention est un cadran.
[0039] Le substrat 1 peut être de nature variable, par exemple en matière métallique, en
matière polymère ou encore en matière céramique, voire en matière composite.
[0040] Grâce au procédé selon l'invention, il est possible d'obtenir un article 10 avec
un revêtement 20 dont la composante de clarté L* est inférieure à 20. A titre de comparaison,
un procédé de revêtement par un dépôt de dépôt physique en phase vapeur (PVD pour
Physical Vapor Déposition) ne permet pas d'avoir un revêtement avec une composante
de clarté L* inférieure à 20 en raison de la topologie des couches déposées. Avec
un dépôt PVD, la composante de clarté L* d'un revêtement mat est comprise entre 25
et 30.
[0041] La structure non uniforme du revêtement 20 permet d'éviter les phénomènes de réflexion
avec la surface visible du revêtement. Le revêtement 20 permet également de diffuser
la lumière dans la structure non uniforme créée par les différents agglomérats de
pigments de différentes granulométries et éventuellement par les variations de densité
de ces agglomérats entre les différentes couches superposées. Cela a pour conséquence
de piéger au maximum la lumière, de manière à obtenir une haute absorption de la lumière.
[0042] Le revêtement 20 comporte une première couche 21 formant une couche de fond, configurée
pour recouvrir le substrat 1, au moins sur une portion du substrat 1.
[0043] Préférentiellement, la première couche 21 recouvre totalement au moins une surface
du substrat 1.
[0044] La première couche 21 présente une épaisseur suffisante pour que celle-ci soit homogène
et opaque et que la perturbation optique du substrat 1 ne soit plus active. La première
couche 21 présente par exemple une épaisseur égale ou supérieure à 1 µm et inférieure
à 20 µm, et plus préférentiellement une épaisseur comprise entre 5 µm et 10 µm.
[0045] Préférentiellement, la première couche 21 est formée par le dépôt sur le substrat
1 d'une première formulation qui est un mélange liquide comportant un liant, des pigments,
et un solvant.
[0046] Par exemple, la première couche 21 est formée par le dépôt d'un premier mélange liquide
comportant, en masse, de 30 à 40% de liant, de 50 à 60% de solvant et entre 5 et 10%
de pigments.
[0047] Par exemple, la première couche 21 est formée par le dépôt d'un premier mélange liquide
constitué, en masse, de 40% de liant acrylique, de 50% de solvants et de 10% de pigments
noir de carbone Emperor
® 1600.
[0048] Optionnellement, la première formulation peut comporter également un agent matifiant,
par exemple une nanosilice, pour accentuer davantage l'intensité du revêtement 20.
[0049] Optionnellement, la première formulation peut comporter également un agent dispersant
facilitant la mise en suspension des pigments dans la formulation.
[0050] Préférentiellement, le liant de la première formulation est un polymère, par exemple
un acrylique, un polymère époxyde ou encore un polyuréthane.
[0051] Par exemple, la première formulation est une encre colorée.
[0052] Par exemple, la première formulation est une encre noire présentant des pigments
de noir de carbone.
[0053] La première formulation est par exemple appliquée par pulvérisation, par sprayage,
par trempage, par sérigraphie, par impression ou encore par tampographie sur le substrat
1.
[0054] Une fois la première formulation appliquée sur le substrat 1, le solvant s'évapore,
le liant se rétracte autour des pigments créant ainsi la première couche 21 du revêtement
20.
[0055] Préférentiellement, les pigments de la première couche 21 présentent une taille moyenne
(d90) de dimension nanométrique, par exemple comprise entre 20 et 120 nm, préférentiellement
inférieure à 100 nm. Ainsi, la première couche 21 est une couche homogène et de faible
rugosité.
[0056] La première couche 21 est recouverte, au moins partiellement, par une deuxième couche
22. Cette deuxième couche 22 peut faire partie d'un empilement 25 de plusieurs couches
superposées l'une sur l'autre, l'empilement 25 recouvrant au moins partiellement la
première couche 21.
[0057] La deuxième couche 22 est formée par le dépôt, sur la première couche 21, d'une deuxième
formulation comportant un liant, des agglomérats de pigments dispersés dans le liant,
un solvant et un agent de couplage.
[0058] Une fois la deuxième formulation appliquée sur la première couche 21, le solvant
s'évapore, le liant se rétracte autour des agglomérats de pigments créant ainsi la
deuxième couche 22 du revêtement 20.
[0059] La deuxième couche 22 est constituée d'une pluralité d'agglomérats de pigments composés
d'un mélange de pigments avec des granulométries différentes.
[0060] Préférentiellement, la deuxième couche 22 est constituée d'agglomérats de pigments
composés par le mélange de pigments dont la taille moyenne est de dimension nanométrique
et de pigments dont la taille moyenne est de dimension micrométrique.
[0061] Préférentiellement, les agglomérats de pigments de la deuxième couche 22 sont composés
d'un pigment central de dimension micrométrique sur lequel est greffé chimiquement
(par l'agent de couplage de la formulation) une pluralité de pigments de dimensions
nanométriques, les pigments nanométriques étant couplés en périphérie du pigment central.
[0062] L'agent de couplage va permettre une interaction chimique forte entre les différents
pigments.
[0063] Optionnellement, la deuxième formulation peut comporter également un agent matifiant,
par exemple une nanosilice, pour accentuer davantage l'intensité du revêtement 20.
[0064] Préférentiellement, la deuxième formulation formant la deuxième couche 22 comporte
entre 4 et 8%en masse d'agglomérats de pigments dans la formulation.
[0065] Préférentiellement, le liant de la deuxième formulation est un polymère, par exemple
un acrylique, un polymère époxyde ou encore un polyuréthane.
[0066] Par exemple, le liant de la deuxième formulation est identique au liant de la première
formulation.
[0067] Par exemple, la deuxième formulation est une encre colorée.
[0068] Par exemple, la deuxième formulation est une encre noire présentant des pigments
de noir de carbone.
[0069] Par exemple, l'agent de couplage de la deuxième formulation est un silane.
[0070] La deuxième formulation est par exemple appliquée par pulvérisation, par sprayage,
par trempage, par sérigraphie, par impression ou encore par tampographie sur la première
couche 21.
[0071] Comme représenté à titre d'exemple sur la figure 1, le revêtement 20 peut comporter
une troisième couche 23 recouvrant au moins partiellement la deuxième couche 22. Cette
troisième couche 23 forme une deuxième couche de l'empilement 25, cet empilement pouvant
comporter une pluralité de couches.
[0072] Cette troisième couche 23 est également constituée d'une pluralité d'agglomérats
de pigments composés d'un mélange de pigments avec des granulométries différentes.
[0073] Préférentiellement, la troisième couche 23 est constituée d'agglomérats de pigments
composés par le mélange de pigments dont la taille moyenne est de dimension nanométrique
et de pigments dont la taille moyenne est de dimension micrométrique.
[0074] Préférentiellement, les agglomérats de pigments de la troisième couche 23 sont composés
d'un pigment central de dimension micrométrique sur lequel est greffé chimiquement
une pluralité de pigments de dimensions nanométriques, les pigments nanométriques
étant couplés à la périphérie du pigment central.
[0075] Préférentiellement, la taille moyenne des pigments constituant les agglomérats de
la deuxième formulation est identique à la taille moyenne des pigments constituant
les agglomérats de la troisième formulation.
[0076] Optionnellement, la troisième formulation peut comporter également un agent matifiant,
par exemple une nanosilice, pour accentuer davantage l'intensité du revêtement 20.
[0077] Préférentiellement, la troisième formulation formant la troisième couche 23 comporte
entre 1% et 4% en masse de pigments dans la formulation.
[0078] Préférentiellement, la troisième formulation comporte une proportion en masse d'agglomérats
inférieure à la proportion en masse d'agglomérats de la deuxième formulation de manière
à augmenter la rugosité globale du revêtement.
[0079] Préférentiellement, la troisième formulation formant la troisième couche 23 comporte
entre 1% et 4% en masse de pigments dans la formulation et la deuxième formulation
formant la deuxième couche 22 comporte entre 4 et 8% en masse de pigments dans la
formulation.
[0080] Préférentiellement, le liant de la troisième formulation est un polymère, par exemple
un acrylique, un polymère époxyde ou encore un polyuréthane.
[0081] Par exemple, le liant de la troisième formulation est identique au liant de la deuxième
formulation.
[0082] Par exemple, la troisième formulation est une encre colorée.
[0083] Par exemple, la troisième formulation est une encre noire présentant des pigments
de noir de carbone.
[0084] Par exemple, l'agent de couplage de la troisième formulation est un silane.
[0085] La troisième formulation est par exemple appliquée par pulvérisation, par sprayage,
par trempage, par sérigraphie, par impression ou encore par tampographie sur la deuxième
couche 22.
[0086] La figure 2 illustre les principales étapes du procédé de dépôt 100 d'un revêtement
20 absorbant la lumière visible sur un substrat 1 selon l'invention.
[0087] Le procédé de dépôt 100 selon l'invention comporte une première étape 110 de fourniture
d'un substrat 1.
[0088] Le procédé de dépôt 100 selon l'invention comporte une deuxième étape 120 de dépôt
d'une première couche 21, dite couche de fond, recouvrant totalement au moins une
portion du substrat 1. Cette première étape 120 de dépôt est réalisée par pulvérisation,
par sprayage, par trempage, par sérigraphie, par impression ou encore par tampographie
d'une première formulation comportant un liant, un solvant et entre 5 et 10% en masse
de pigments d'une taille moyenne (d90) de dimension nanométrique, par exemple inférieure
à 100 nm.
[0089] Cette deuxième étape 120 de dépôt d'une première couche 21 comporte une sous étape
d'évaporation du solvant de la première formulation appliquée sur le substrat 1 de
sorte que le liant se rétracte autour des pigments pour former la première couche
21 du revêtement 20.
[0090] Le procédé de dépôt 100 comporte également une troisième étape 130 de dépôt d'une
deuxième couche 22 recouvrant au moins partiellement la première couche 21 précédemment
déposée. Cette deuxième couche 22 est composée d'une pluralité d'agglomérats de pigments
composés d'un mélange de pigments avec des granulométries différentes.
[0091] Cette deuxième couche 22 est déposée par pulvérisation, par sprayage, par trempage,
par sérigraphie, par impression ou encore par tampographie d'une deuxième formulation
comportant un liant, un solvant, des agglomérats de pigments, et un agent de couplage.
[0092] Préférentiellement, la deuxième formulation comporte en masse entre 4 et 8% d'agglomérats
dans la formulation.
[0093] La deuxième formulation comporte une pluralité d'agglomérats de pigments composés
d'un mélange de pigments avec des granulométries différentes.
[0094] Préférentiellement, les agglomérats de pigments de la deuxième formulation sont composés
par le mélange de pigments dont la taille moyenne est de dimension nanométrique et
de pigments dont la taille moyenne est de dimension micrométrique.
[0095] Préférentiellement, les agglomérats de pigments de la deuxième formulation sont composés
d'un pigment central de dimension micrométrique sur lequel est greffé chimiquement
(via l'agent de couplage) une pluralité de pigments de dimensions nanométriques, les
pigments nanométriques étant couplés en périphérie du pigment central.
[0096] Cette troisième étape 130 comporte une sous-étape d'évaporation du solvant de la
deuxième formulation appliquée sur la première couche 21 de sorte que le liant se
rétracte autour des pigments pour former la deuxième couche 22 du revêtement 20.
[0097] Le procédé de dépôt 100 comporte également une quatrième étape 140 de dépôt d'une
troisième couche 23 recouvrant au moins partiellement la deuxième couche 22 précédemment
déposée.
[0098] Cette troisième couche 23 est également déposée par pulvérisation, par sprayage,
par trempage, par sérigraphie, par impression ou encore par tampographie d'une troisième
formulation comportant un liant, un solvant, des agglomérats de pigments, et un agent
de couplage.
[0099] Préférentiellement, la troisième formulation comporte en masse entre 1 et 4% d'agglomérats
dans la formulation.
[0100] La troisième formulation comporte une pluralité d'agglomérats de pigments composés
d'un mélange de pigments avec des granulométries différentes.
[0101] Préférentiellement, les agglomérats de pigments de la troisième formulation sont
composés par le mélange de pigments dont la taille moyenne est de dimension nanométrique
et de pigments dont la taille moyenne est de dimension micrométrique.
[0102] Préférentiellement, les agglomérats de pigments de la troisième formulation sont
composés d'un pigment central de dimension micrométrique sur lequel est greffé chimiquement
(via l'agent de couplage) une pluralité de pigments de dimensions nanométriques, les
pigments nanométriques étant couplés en périphérie du pigment central.
[0103] Préférentiellement, cette troisième couche 23 déposée présente une taille des agglomérats
identique à la deuxième couche 22 mais avec une densité plus faible.
[0104] Cette quatrième étape 140 comporte une sous-étape d'évaporation du solvant de la
troisième formulation appliquée sur la deuxième couche 22 de sorte que le liant se
rétracte autour des pigments pour former la troisième couche 23 du revêtement 20.
[0105] Bien entendu, le procédé de dépôt 100 peut comprendre d'autres étapes de dépôt de
couches supplémentaires pour former un empilement 25 d'une pluralité de couche d'agglomérats
de pigments tels que décrit précédemment. Préférentiellement, les différentes couches
formant l'empilement 25 présentent différentes densités d'agglomérats de pigments.
Préférentiellement, une couche supérieure recouvrant une couche inférieure de l'empilement
25 présente une densité d'agglomérats de pigments inférieure à la densité d'agglomérats
de pigments de la couche inférieure.
[0106] Selon un premier exemple de réalisation de l'invention, on utilise un substrat en
laiton, par exemple pour la formation d'un cadran, sur lequel on vient appliquer un
revêtement absorbant la lumière selon l'invention.
[0107] Le substrat en laiton présente par exemple une épaisseur de 0,27mm.
[0108] La première couche 21 est appliquée sur le substrat en laiton par trempage à partir
d'une première formulation constituée de 2 g de résine polyuréthane (Berlacryl), de
0.5 g de pigments noir de carbone Emperor 1600 et 2.8 g de diluant Berlaflex. On laisse
sécher 20 minutes la première couche 21 pour permettre l'évaporation du diluant.
[0109] Les agglomérats de pigments composant la deuxième solution sont préparés préalablement
à partir d'une solution d'alcool isopropylique à 5% en organosilane (par exemple Methoxysilane)
avec mise en suspension des pigments de taille micrométrique et des pigments de taille
nanométrique. La solution est séchée et la poudre d'agglomérats formés récupérée.
[0110] La deuxième couche 22 du revêtement 20 est appliquée sur la première couche 21 par
trempage à partir d'une deuxième formulation constituée de 2 g de résine polyuréthane
(Berlacryl), de 0,3 g de poudre d'agglomérats et 2.8 g de diluant Berlaflex. On laisse
sécher 20 minutes la deuxième couche 22 pour permettre l'évaporation du diluant.
[0111] Avec un tel revêtement, on obtient un cadran en laiton avec un revêtement de surface
noir présentant une composante de clarté L* de 16.
1. Procédé de dépôt (100) sur un substrat (1) d'un revêtement (20) absorbant la lumière
visible pour la formation d'un article (10), tel qu'un composant horloger, ledit procédé
de dépôt (100) étant
caractérisé en ce qu'il comporte :
- une première étape (110) de fourniture d'un substrat (1) ;
- une deuxième étape (120) de dépôt d'une première couche (21) recouvrant au moins
une portion du substrat (1) par l'application d'une première formulation comportant
un liant, un solvant et des pigments dont la taille moyenne est de dimension nanométrique,
la première couche étant formée par évaporation dudit solvant ;
- une troisième étape (130) de dépôt d'une deuxième couche (22) recouvrant au moins
partiellement la première couche (21), par l'application d'une deuxième formulation
comportant un liant, un solvant, des agglomérats de pigments dispersés dans le liant
et un agent de couplage, les agglomérats étant composés par un mélange de pigments
avec des granulométries différentes, la deuxième couche étant formée par évaporation
dudit solvant.
2. Procédé de dépôt (100) sur un substrat (1) d'un revêtement (20) absorbant la lumière
visible pour la formation d'un article (10), selon la revendication précédente, caractérisé en ce que la deuxième formulation comporte des agglomérats composés par le mélange de pigments
dont la taille moyenne est de dimension nanométrique et de pigments dont la taille
moyenne est de dimension micrométrique.
3. Procédé de dépôt (100) sur un substrat (1) d'un revêtement (20) absorbant la lumière
visible pour la formation d'un article (10), selon l'une des revendications précédentes,
caractérisé en ce que l'agent de couplage de la deuxième formulation est un silane.
4. Procédé de dépôt (100) sur un substrat (1) d'un revêtement (20) absorbant la lumière
visible pour la formation d'un article (10), selon l'une des revendications précédentes,
caractérisé en ce que les agglomérats de pigments de la deuxième formulation sont constitués d'un pigment
central de dimension micrométrique sur lequel est greffé chimiquement en périphérie
une pluralité de pigments de dimensions nanométriques.
5. Procédé de dépôt (100) sur un substrat (1) d'un revêtement (20) absorbant la lumière
visible pour la formation d'un article (10), selon l'une des revendications précédentes,
caractérisé en ce que la deuxième formulation comporte entre 4 et 8% en masse d'agglomérats de pigments.
6. Procédé de dépôt (100) sur un substrat (1) d'un revêtement (20) absorbant la lumière
visible pour la formation d'un article (10), selon l'une des revendications précédentes,
caractérisé en ce que la première formulation comporte des pigments dont la taille moyenne est inférieure
à 100 nm.
7. Procédé de dépôt (100) sur un substrat (1) d'un revêtement (20) absorbant la lumière
visible pour la formation d'un article (10), selon l'une des revendications précédentes,
caractérisé en ce que la première formulation comporte entre 5 et 10% en masse de pigments.
8. Procédé de dépôt (100) sur un substrat (1) d'un revêtement (20) absorbant la lumière
visible pour la formation d'un article (10), selon l'une des revendications précédentes,
caractérisé en ce que la première couche et la deuxième couche sont appliquées par pulvérisation, par sprayage,
par trempage, par sérigraphie, par impression ou par tampographie de la formation
correspondante.
9. Procédé de dépôt (100) sur un substrat (1) d'un revêtement (20) absorbant la lumière
visible pour la formation d'un article (10), selon l'une des revendications précédentes,
caractérisé en ce que le liant de la première formulation et/ou de la deuxième formulation est un polymère.
10. Procédé de dépôt (100) sur un substrat (1) d'un revêtement (20) absorbant la lumière
visible pour la formation d'un article (10), selon l'une des revendications précédentes,
caractérisé en ce que le liant de la première formulation et/ou de la deuxième formulation est un acrylique,
un polymère époxyde ou encore un polyuréthane.
11. Procédé de dépôt (100) sur un substrat (1) d'un revêtement (20) absorbant la lumière
visible pour la formation d'un article (10), selon l'une des revendications précédentes,
caractérisé en ce que la première formulation et la deuxième formation sont des encres colorées.
12. Procédé de dépôt (100) sur un substrat (1) d'un revêtement (20) absorbant la lumière
visible pour la formation d'un article (10), selon l'une des revendications précédentes,
caractérisé en ce que les pigments de la première formulation et/ou les pigments des agglomérats de la
deuxième formulation sont du noir de carbone.
13. Procédé de dépôt (100) sur un substrat (1) d'un revêtement (20) absorbant la lumière
visible pour la formation d'un article (10), selon l'une des revendications précédentes,
caractérisé en ce que le procédé comporte une quatrième étape (140) de dépôt d'une troisième couche recouvrant
au moins partiellement la deuxième couche (22), par l'application d'une troisième
formulation comportant un liant, un solvant, des agglomérats de pigments dispersés
dans le liant et un agent de couplage, les agglomérats étant composés par un mélange
de pigments avec des granulométries différentes, la proportion en masse d'agglomérats
dans la troisième formulation étant inférieure à la proportion en masse d'agglomérats
dans la deuxième formulation, ladite troisième couche étant formée par évaporation
dudit solvant.
14. Procédé de dépôt (100) sur un substrat (1) d'un revêtement (20) absorbant la lumière
visible pour la formation d'un article (10), selon la revendication précédente caractérisé en ce que la taille moyenne des pigments formant les agglomérats de la troisième formulation
est identique à la taille moyenne des pigments formant les agglomérats de la deuxième
formulation.
15. Article (10) caractérisé en ce qu'il comporte un substrat (1) et un revêtement (20) absorbant la lumière visible déposée
par le procédé de dépôt (100) selon l'une des revendications 1 à 14.
16. Article (10) selon la revendication précédente caractérisé en ce que l'article (20) est un composant horloger.
17. Pièce d'horlogerie (200) comportant un composant horloger (10) selon la revendication
16.