Domaine technique de l'invention
[0001] La présente invention se rapporte au domaine général du revêtement de murs et de
parois d'un bâtiment. Elle vise plus précisément une lame de bardage en bois.
Etat de la technique
[0002] Dans le domaine du revêtement de murs et de parois d'un bâtiment, il est connu d'utiliser
des lames de bardage, également désignées par le terme "clins de bardage", ayant les
fonctions suivantes :
- l'amélioration de la protection des murs et parois du bâtiment contre les intempéries
ou encore les chocs,
- l'amélioration de l'isolation thermique et/ou acoustique du bâtiment, et
- l'amélioration de l'aspect esthétique du bâtiment.
[0003] Les lames de bardage telles que celles décrites, par exemple, dans les demandes de
brevet allemand
DE 10 2004 026740 et
DE 10 2012 111019 ou encore dans la demande de brevet internationale
WO 2018/228654, sont fixées sur les murs et parois de manière horizontale, dans la majorité des
cas, et selon différents modes de fixation :
- soit directement sur la maçonnerie : briques, béton, ou
- soit sur une ossature bois ou métallique fixée sur ladite maçonnerie.
[0004] Comme indiqué ci-dessus, les lames de bardage sont majoritairement fixées de manière
horizontale, mais elles peuvent également être fixées de manière verticale ou obliquement,
toutefois cela nécessite de respecter le sens des fibres du bois afin de favoriser
le sens d'écoulement naturel de l'eau de pluie, et d'éviter de créer des zones dites
"piègeantes" qui empêchent l'écoulement naturel de l'eau de pluie.
[0005] Ce sont justement ces zones piégeantes qui sont l'une des principales causes de sinistre
d'un bardage en bois. En effet, dans ces zones piégeantes, l'écoulement naturel de
l'eau de pluie ne se fait pas facilement voire pas du tout, l'eau de pluie est alors
piégée et est absorbée par le bois des lames de bardage, ce qui a pour conséquence
de faire gonfler ces lames de bardage et de provoquer une détérioration mécanique
de ces dernières telle que le tuilage ou encore le gauchissement.
[0006] L'exposition des murs et parois du bâtiment au soleil peut également être responsable
d'une détérioration mécanique des lames de bardage du fait de la dilatation de chaque
lame de bardage.
[0007] Ce phénomène de détérioration mécanique est accentué par le fait que chaque lame
de bardage est fixée directement ou indirectement sur les murs et parois du bâtiment
et emboitée au moins en partie dans des lames de bardage adjacentes.
[0008] De même, des lames de bardage, qui ont séché lors d'une exposition intense au soleil,
peuvent également gonfler durant d'une période humide, le bois absorbant notamment
l'humidité de l'air.
[0009] Enfin, le gonflement ou la dilation des lames de bardage a non seulement pour conséquence
de détériorer mécaniquement lesdites lames de bardage, mais également de nuire à l'aspect
esthétique de l'ensemble du bardage.
Résumé de l'invention
[0010] Le but de la présente invention est de proposer une lame de bardage en bois agencée
pour être fixée directement ou indirectement sur les murs et parois du bâtiment en
étant emboitée au moins en partie dans des lames de bardage adjacentes supérieure
et inférieure , ladite lame de bardage étant simple à mettre en œuvre et à fabriquer,
et permettant de positionner de manière optimale ladite lame de bardage par rapport
aux lames de bardage adjacentes lors du montage du bardage, de limiter au moins en
partie le phénomène de détérioration mécanique, et de garantir l'aspect esthétique
de l'ensemble du bardage.
[0011] Conformément à l'invention, il est donc proposé une lame de bardage en bois agencée
pour être fixée directement ou indirectement sur les murs et parois d'un bâtiment
en étant emboitée dans des lames de bardage adjacentes inférieure et/ou supérieure,
comportant :
- une plaque en forme générale de parallélépipède allongé présentant au moins un chant
inférieur comprenant une rainure longitudinale, et un chant supérieur comprenant une
languette longitudinale sensiblement verticale munie au moins de deux flancs arrière
et avant, et
- un rebord longitudinal s'étendant sensiblement horizontalement depuis le flanc arrière
de ladite languette en direction de l'extérieur de ladite lame de bardage, ledit rebord
déterminant une zone d'appui pour une lame de bardage adjacente supérieure, ladite
lame de bardage étant remarquable en ce que le rebord longitudinal est dimensionné
pour se rompre et se détacher dudit chant supérieur sous l'action d'un effort mécanique
prédéterminé généré par un déplacement relatif entre la languette de la lame de bardage
et la rainure de la lame de bardage adjacente supérieure.
[0012] De manière avantageuse, ladite rainure est munie au moins de deux parois arrière
et avant inclinées de manière à former entre elles un angle aigu
A.
[0013] De même, les deux flancs arrière et avant de la languette sont inclinés de manière
à former entre eux un angle dont la valeur est au plus égale à la valeur dudit angle
A entre les deux parois arrière et avant de la rainure.
[0014] Selon un mode de réalisation particulier, l'extrémité supérieure dudit chant supérieur
a une section transversale en forme générale de triangle.
Brève description des figures
[0015] D'autres avantages et caractéristiques ressortiront mieux de la description qui va
suivre d'un mode d'exécution de l'invention en référence aux figures annexées sur
lesquelles :
[Fig 1] est une vue en perspective partielle d'une lame de bardage selon l'invention,
[Fig 2] est une vue en perspective partielle de la lame de bardage de la figure 1
selon un autre angle de vue,
[Fig 3] est une vue de côté partielle de la lame de bardage de la figure 1,
[Fig 4] est une vue de côté partielle de deux lames de bardage en cours d'emboitement,
[Fig 5] est une vue de côté partielle de deux lames de bardage emboitées,
[Fig 6] est une vue de côté partielle de deux lames de bardage emboitées et dilatées
ou gonflées.
Description des modes de réalisation
[0016] En référence aux figures 1 à 3, l'invention concerne une lame de bardage 1 agencée
pour être fixée, avantageusement de manière horizontale, directement ou indirectement
sur des murs et/ou parois d'un bâtiment en étant emboitée au moins en partie dans
des lames de bardage adjacentes 1' (représentées en partie sur les figures 4 à 6),
les murs et/ou parois et le bâtiment n'étant pas représentés sur les figures afin
de ne pas les surcharger.
[0017] Il va de soi que la lame de bardage 1 pourra également être fixée de manière verticale
ou oblique sans sortir du cadre de la présente invention, les termes tels que, par
exemple, horizontal, vertical inférieur ou encore supérieur seront alors à adapter.
[0018] La lame de bardage 1,1' selon l'invention comporte une plaque 2 en forme générale
de parallélépipède allongé présentant au moins une face avant 3 sensiblement verticale,
une face arrière 4 sensiblement parallèle à ladite face avant 3, un chant inférieur
5 et un chant supérieur 6.
[0019] On désigne ici par "arrière" tout élément ou partie d'élément de la lame de bardage
1,1' selon l'invention disposé du côté des murs ou parois du bâtiment recevant ladite
lame de bardage 1,1', et par "avant" tout élément ou partie d'élément de la lame de
bardage 1,1' disposé du côté opposé auxdits murs ou parois.
[0020] Pour assurer l'emboitement entre les lames de bardage 1,1' selon l'invention, le
chant inférieur 5 de la lame de bardage 1 est apte à coopérer avec le chant supérieur
de la lame de bardage adjacente inférieure, c'est-à-dire placée en-dessous de ladite
lame de bardage 1, et le chant supérieur 5 de la lame de bardage 1 est apte à coopérer
avec le chant inférieur 5' de la lame de bardage 1' adjacente supérieure, c'est-à-dire
placée au-dessus de ladite lame de bardage 1.
[0021] On comprend bien que, selon la configuration du montage, la lame de bardage 1 peut
être emboitée dans une ou plusieurs lame(s) de bardage adjacente(s) inférieure(s)
et/ou une ou plusieurs lame(s) de bardage 1' adjacente(s) supérieure(s).
[0022] Selon un mode de réalisation particulier de l'invention, le chant inférieur 5 de
la lame de bardage 1 comprend une rainure 51 longitudinale munie au moins de parois
arrière 52 et avant 53, et le chant supérieur 6 de ladite lame de bardage 1 comprend
une languette 61 longitudinale sensiblement verticale munie au moins de deux flancs
arrière 62 et avant 63.
[0023] On désigne ici par "sensiblement horizontale(ment)" et par "sensiblement verticale(ment)"
tout élément ou partie d'élément de la lame de bardage 1 selon l'invention faisant
un angle avec respectivement l'horizontale et la verticale compris entre -15° et +15°.
[0024] De même, on désigne ici par "sensiblement parallèle(ment)" et par "sensiblement perpendiculaire(ment)"
des éléments ou parties d'éléments de la lame de bardage 1 selon l'invention faisant
entre eux un angle respectivement compris entre -15° et +15°, et entre 75° et 105°.
[0025] De manière avantageuse, ladite rainure 51 est légèrement évasée et ses deux parois
arrière 52 et avant 53 sont inclinées de manière à former entre elles un angle aigu
A.
[0026] De même, les deux flancs arrière 62 et avant 63 de la languette 61 sont avantageusement
inclinés de manière à former entre eux un angle dont la valeur est de préférence au
plus égale à la valeur dudit angle
A entre les deux parois arrière et avant 52,53 de la rainure 51 du chant inférieur
5.
[0027] De plus, l'extrémité 64 supérieure dudit chant supérieur 6 a avantageusement une
section transversale en forme générale de triangle, de préférence isocèle.
[0028] En référence aux figures 4 et 5, on comprend bien que cette configuration permet
notamment de limiter la surface de contact entre les chants inférieur et supérieur
de deux lames de bardage adjacentes et ainsi éviter tout coincement entre lesdits
chants inférieur et supérieur.
[0029] Par ailleurs, on comprend bien que la forme pointue de l'extrémité 64 de la languette
61 du chant supérieur 6 de lame de bardage 1 facilite l'insertion de ladite languette
61 dans la rainure 5 1' du chant inférieur 5' de la lame de bardage 1' adjacente supérieure
et donc la mise en place de cette dernière.
[0030] En outre, pour permettre un positionnement optimal lors du montage des lames de bardage,
le chant supérieur 6 de chaque lame de bardage 1 comporte également un rebord 65 longitudinal
s'étendant sensiblement horizontalement depuis son flanc arrière 62 en direction de
l'extérieur de ladite lame de bardage 1.
[0031] En référence aux figures 4 et 5, on comprend bien que le rebord 65 du chant supérieur
6 de chaque lame de bardage 1 détermine une zone d'appui sur laquelle vient se reposer
la lame de bardage 1' adjacente supérieure permettant un positionnement optimal lors
de l'emboitement de cette dernière sur la lame de bardage 1 pour le montage du bardage
sur un mur ou paroi d'un bâtiment.
[0032] En effet, pour recouvrir un mur ou paroi d'un bâtiment à l'aide d'un bardage, on
procède, par exemple, de la manière suivante :
- on fixe une lame de bardage 1 sur le mur ou paroi, en commençant généralement par
le bas dudit mur ou paroi,
- on positionne une lame de bardage 1' adjacente au-dessus de la lame de bardage 1 (Cf.
figure 4), et
- on descend ladite lame de bardage 1' adjacente pour insérer la languette 61 du chant
supérieur 6 de lame de bardage 1 dans la rainure 5 1' du chant inférieur 5' de la
lame de bardage 1' jusqu'à ce que ledit chant inférieur 5' vienne en appui contre
le rebord 65 du chant supérieur 6 de ladite lame de bardage 1 (Cf. figure 5), et ainsi
de suite avec les autres lames de bardage adjacentes mises en place au-dessus.
[0033] Il va de soi que, pour recouvrir un mur ou paroi d'un bâtiment à l'aide d'un bardage,
on pourra également commencer par fixer la lame de bardage 1 disposée tout en haut
du mur ou paroi, sans sortir du cadre de la présente invention.
[0034] De manière avantageuse, ledit rebord 65 du chant supérieur 6 de chaque lame de bardage
1 est positionné pour que, lorsque le chant inférieur 5' de la lame de bardage 1'
adjacente est en appui contre ledit rebord 65, il demeure, entre lesdites languette
61 et rainure 51' (Cf. figure 5), un jeu résiduel particulièrement intéressant pour
des raisons qui seront développées plus loin.
[0035] Par ailleurs, en référence à la figure 6, ledit rebord 65 du chant supérieur 6 de
chaque lame de bardage 1 est dimensionné pour se rompre de manière à se détacher dudit
chant supérieur 6 sous l'action d'un effort mécanique prédéterminé généré par un déplacement
relatif entre la languette 61 du chant supérieur 6 de la lame de bardage 1 et la rainure
51' du chant inférieur 5' de la lame de bardage 1' adjacente, ce déplacement relatif
étant dû à un gonflement ou une dilation de la lame de bardage 1 et/ou de la lame
de bardage l'adjacente.
[0036] On désigne ici par "déplacement relatif entre ..." le fait que, lorsque le chant
inférieur 5' de la lame de bardage 1' adjacente supérieure est en appui sur le rebord
65 du chant supérieur 6 de la lame de bardage 1 (Cf. figure 5), soit seule la languette
61 se déplace vers la rainure 51' qui reste immobile, soit seule la rainure 51' se
déplace vers la languette 61 qui reste immobile, ou soit les languette 61 et rainure
51' se déplacent en se rapprochant l'une de l'autre.
[0037] L'Homme du métier n'aura aucune difficulté à déterminer la valeur de l'effort généré
par un déplacement relatif entre la languette 61 du chant supérieur 6 de la lame de
bardage 1 et la rainure 51' du chant inférieur 5' de la lame de bardage 1' adjacente.
Par ailleurs, suivant la valeur de l'effort généré, l'Homme du métier saura déterminer
les dimensions du rebord 65 adaptées pour permettre la rupture et le détachement de
ce dernier du chant supérieur 6 de la lame de bardage 1, en fonction notamment de
l'essence de bois de ladite lame de bardage 1.
[0038] On comprend bien que la rupture dudit rebord 65 du chant supérieur 6 de chaque lame
de bardage 1 permet au déplacement relatif de la languette 61 du chant supérieur 6
de la lame de bardage 1 et de la rainure 51' du chant inférieur 5' de la lame de bardage
1' adjacente de se poursuivre sans risque de déformation et/ou de gauchissement des
lames de bardage 1,1', ce qui a pour conséquence de ne pas détériorer les lames de
bardage 1, 1' et ainsi de conserver l'aspect esthétique du bardage.
[0039] Par ailleurs, on comprend bien que ce déplacement relatif est encore facilité par
la présence du jeu résiduel, précédemment décrit, entre lesdites languette 61 et rainure
51'.
[0040] En outre, l'extrémité 64 de la languette 61 du chant supérieur 6 de lame de bardage
1 permet, de par sa forme pointue, une compression du bois et donc une absorption
d'un complément éventuel de variation dimensionnelle de ladite lame de bardage 1,
lorsque sa languette 61 entre en contact avec le fond de la rainure 51' du chant inférieur
5' de la lame de bardage 1' adjacente.
[0041] On comprend bien que le rebord 65 du chant supérieur 6 de chaque lame de bardage
1 permet dans un premier temps le bon positionnement de la lame de bardage 1' adjacente
lors de sa mise en place, puis par la suite, la possibilité d'un éventuel déplacement
relatif entre la languette 61 du chant supérieur 6 de la lame de bardage 1 et la rainure
51' du chant inférieur 5' de la lame de bardage 1' adjacente sans détérioration desdites
lames de bardage 1, 1'.
[0042] La lame de bardage 1,1' selon l'invention s'applique plus particulièrement au recouvrement
des murs et/ou parois d'un bâtiment en étant fixée et emboitée dans des lames de bardage
adjacentes de manière horizontale, mais il va de soi que ladite lame de bardage 1,1'
pourra être adaptée pour être fixée et emboitée de manière verticale ou oblique.
[0043] Enfin, il va de soi que les exemples de lame de bardage 1,1' conformes à l'invention
qui viennent d'être décrits ne sont que des illustrations particulières, en aucun
cas limitatives de l'invention.