[0001] La présente invention est relative à un procédé et un appareil de liquéfaction de
CO2.
[0002] Lors de l'envoi de CO2 liquide provenant d'unités de séparation et/ou de liquéfaction
du CO2 vers un stockage, des entrées thermiques peuvent générer la vaporisation partielle
du CO2. De plus, au sein du stockage et au sein des installations recevant le CO2
(de camions, trains ou bateaux), les entrées thermiques vont aussi générer des vapeurs
par vaporisation du liquide (en anglais « Boil-Off Gas » ou « BOG »). Des vapeurs
de CO2 sont aussi contenues dans des moyens de transport, comprenant ou constitués
par un stockage de CO2 liquide, tels que les camions, trains ou bateaux ; ces vapeurs
peuvent être mises en commun avec le stockage lors du remplissage du stockage du moyen
de transport. Il est aussi souhaitable de récupérer le CO2 gazeux restant dans les
stockages des moyens de transport qui ne sont pas complètement vides et qui viennent
être remplis par un liquéfacteur de CO2 ou un appareil de capture de CO2. Afin de
limiter les pertes de CO2 et donc les émissions à l'atmosphère, il est important de
minimiser cette génération de vapeur et/ou de chercher à liquéfier les vapeurs de
CO2 présentes dans les moyens de transport.
Etat de l'art
[0004] Dans l'industrie cryogénique, il est typique de procéder au sousrefroidissement du
liquide produit par un liquéfacteur afin d'éviter sa vaporisation lors de son transport.
[0005] Il est aussi typique d'installer des unités de liquéfaction des gaz qui s'évaporent
dans les stockages de liquide proches des stockages. Dans le cas du CO2, des groupes
frigorifiques à l'ammoniac ou au propane ou propylène sont classiquement employés
dans ce but.
[0006] Dans l'industrie de la liquéfaction du gaz naturel, l'usage d'un contacteur gaz liquide
en amont des stockages est connu de l'homme de l'art. Le liquide produit sous-refroidi
est mis en contact avec les vapeurs générées dans les stockages afin de les liquéfier
par contact direct. Il est aussi connu de procéder à la liquéfaction des vapeurs directement
dans des stockages par contact entre le liquide produit et leur ciel gazeux.
[0007] Un flux gazeux ou liquide riche en CO2 contient au moins 60% mol de CO2, au moins
70% mol de CO2, au moins 80% mol de CO2, voire au moins 90% mol de CO2 ou même au
moins 95% mol de CO2.
Problème résolu par l'invention
[0008] Les entrées de chaleur sont extrêmement dépendantes des conditions opératoires du
stockage et des unités de chargement associées. En effet, en opération sans chargement/déchargement
du stockage, les entrées de chaleur ne concernent que les tuyaux autour du stockage
et le stockage lui-même. Ces entrées de chaleur sont alors très stables, générant
une quantité de gaz évaporé faible et stable dans le temps. Par contre, lors d'un
chargement (d'un bateau par exemple), soudainement des pompes sont mises en opération,
d'autres tuyaux sont employés et le bateau est mis en communication avec le stockage
libérant les vapeurs de dioxyde de carbone généralement à une température au-dessus
de 0°C qu'il contient. Ces équipements génèrent des entrées de chaleur supplémentaires
qui peuvent représenter plus de deux fois la valeur des entrées de chaleur en opération
normale sans chargement/déchargement. De ce fait, les gaz évaporés devant être liquéfiés
peuvent être multipliés par trois soudainement par rapport à l'opération normale et
l'unité de liquéfaction (groupe frigorifique ou contacteur gaz liquide) doit être
calculée en conséquence afin de pouvoir traiter ce gaz supplémentaire. Cela implique
une installation particulièrement flexible et des surcoûts notables surtout dans le
cas des groupes frigorifiques dont la chaleur à dissiper est directement multipliée
par trois.
Description de l'invention
[0009] L'invention consiste à tirer profit de la capacité d'une unité de production de CO2
pour produire du CO2 liquide sous-refroidi à coût marginal et de manière flexible.
Elle consiste à combiner le stockage avec une unité de production de CO2 dont la température
de sortie va varier avec le mode d'opération du stockage.
[0010] En particulier, lorsque le stockage est en opération sans chargement/déchargement,
le CO2 ne sera sous refroidi que pour pallier les entrées de chaleur du tuyau de transfert
et du stockage (qui dépendent de la longueur du tuyau et de la taille du stockage).
Dans le cas d'un stockage opéré à 16 bara par exemple, la température du CO2 en sortie
de l'unité de production de CO2 sera par exemple entre -27°C et -40°C.
[0011] Lorsque les vapeurs de CO2 d'un moyen de transport, tel qu'un bateau, sont envoyées
vers le stockage, elles font augmenter la pression du stockage donc il est nécessaire
de réduire la température du CO2 liquide alimentant le stockage afin de compenser
l'augmentation de pression.
[0012] De préférence, le CO2 liquide est envoyé à un niveau supérieur du stockage dans le
ciel gazeux au-dessus du niveau de liquide afin de produire un effet de lavage qui
condense une partie du CO2 gazeux présente. Lorsque qu'un bateau de transport de CO2
liquide se charge par exemple, le CO2 sera sous refroidi jusqu'à une température plus
basse pour pallier les entrées de chaleur supplémentaires. Avec le même exemple que
plus haut la température du CO2 en sortie de l'unité de production de CO2 sera alors
entre -40°C et -55°C.
[0013] Le stockage peut être par exemple un stockage de liquide ayant un ciel gazeux où
sont injectés le gaz à liquéfier et le liquide provenant de l'appareil de liquéfaction
et/ou de séparation, ce liquide étant à la température requise pour liquéfier le gaz.
[0014] Sinon le stockage peut être une tour de mise en contact du gaz à liquéfier et le
liquide provenant de l'appareil de liquéfaction et/ou de séparation, ce liquide étant
à la température requise pour liquéfier le gaz. Le liquide de la tour peut transiter
par un autre stockage et peut être renvoyé au moyen de transport dont provient le
gaz à liquéfier ou vers un autre moyen de transport.
[0015] Selon un objet de l'invention, il est prévu un appareil de liquéfaction de de CO2
comprenant :
- Une enceinte ;
- Des moyens de mise en contact direct d'un premier flux liquide riche en CO2 et d'un
premier flux gazeux riche en CO2 disposés dans l'enceinte afin de condenser au moins
une partie du premier flux gazeux formant du gaz condensé riche en CO2 ;
- Des moyens pour relier un moyen de transport (B) comprenant ou constituant un stockage
de CO2 liquide aux moyens de mise en contact pour recevoir le gaz condensé riche en
CO2 provenant des moyens de mise en contact ;
- Des moyens d'envoi du premier flux liquide vers les moyens de mise en contact ;
- Des moyens d'envoi du premier flux gazeux vers les moyens de mise en contact depuis
un ou le stockage de CO2 liquide du moyen de transport ;
caractérisé en ce qu'il comprend
- i) des moyens pour détecter le débit du premier flux gazeux envoyé ou à envoyer dans
les moyens d'envoi du premier flux gazeux et/ou
- ii) des moyens pour détecter la température du premier flux gazeux envoyé ou à envoyer
dans les moyens d'envoi du premier flux gazeux et/ou
- iii) des moyens pour détecter la pression dans l'enceinte et
- iv) des moyens pour réguler la température du premier flux liquide en amont des moyens
de mise en contact en fonction du débit et/ou de la température du premier flux gazeux
et/ou de la pression des moyens de mise en contact.
[0016] Selon d'autres caractéristiques facultatives :
- l'enceinte est conçue pour stocker du liquide et ne contient pas de moyens solides
pour favoriser l'échange de masse et les moyens de mise en contact sont constitués
par un espace du ciel gazeux formé au-dessus du niveau de liquide quand l'appareil
est en opération, les moyens d'envoi du premier flux liquide étant reliés pour envoyer
le premier flux liquide au-dessus d'un point d'arrivée du premier flux gazeux.
- l'enceinte est une tour de lavage ayant une cuve et dans lequel les moyens de mise
en contact se trouvent dans la tour de lavage, ces moyens de mise en contact étant
constitués par des moyens pour favoriser le transfert de chaleur et de masse au-dessus
de la cuve et reliés pour recevoir le premier flux liquide à un niveau de la tour
au-dessus du point d'arrivée du premier flux gazeux, la cuve de la tour étant reliée
à un stockage de CO2 pour y envoyer du liquide.
- le premier flux liquide riche en CO2 est un liquide autre qu'un liquide de cuve de
l'enceinte.
[0017] Selon un autre objet de l'invention, il est prévu un procédé de liquéfaction de CO2
dans lequel on envoie un premier flux liquide riche en CO2 vers des moyens de mise
en contact dans une enceinte, on envoie un premier flux gazeux riche en CO2 vers les
moyens de mise en contact de sorte que les premiers flux liquide et gazeux se mélangent
et au moins une partie du premier flux gazeux se trouve condensé, on envoie du liquide
des moyens de mise en contact vers un moyen de transport comprenant ou être constitué
par un stockage de CO2 liquide relié aux moyens de mise en contact pour recevoir le
gaz condensé riche en CO2 provenant des moyens de mise en contact, le premier flux
gazeux provenant d'un ou du stockage de CO2 liquide, étant formé par évaporation partielle
au-dessus du niveau de liquide dans le stockage du fait des entrées de chaleur
caractérisé en ce que :
- i) l'on augmente la température du premier flux liquide riche en CO2 si le débit et/ou
la température du premier flux gazeux riche en CO2 réduit et/ou si la pression dans
l'enceinte baisse et on réduit la température du premier flux liquide riche en CO2
si le débit et/ou la température du premier flux gazeux augmente et/ou si la pression
dans l'enceinte augmente et/ou
- ii) l'on augmente la température du premier flux liquide riche en CO2 en prévision
d'une réduction du débit et/ou de la température du premier flux gazeux riche en CO2
et/ou de la pression de l'enceinte et on réduit la température du premier flux liquide
riche en CO2 en prévision d'une augmentation du débit et/ou de la température du premier
flux gazeux et/ou de la pression dans l'enceinte.
[0018] Selon d'autres aspects de l'invention :
- on adapte la température du premier flux liquide riche en CO2 en fonction de son débit
de telle sorte que la température des moyens de mise en contact soit suffisante pour
liquéfier au moins une partie du premier flux gazeux ;
- on modifie la température du premier flux liquide en le divisant en deux fractions
variables, on refroidit une des fractions, on ne refroidit pas l'autre fraction et
on mélange la fraction refroidie avec la fraction non-refroidie, les proportions des
fractions étant variées pour varier la température du mélange qui constitue le premier
flux liquide envoyé aux moyens de mise en contact ;
- on envoie le premier flux liquide riche en CO2 et un autre liquide riche en CO2 à
des niveaux différents de l'enceinte ;
- on soutire le premier flux liquide riche en CO2 d'un appareil de séparation ou de
liquéfaction de CO2 par distillation et/ou par condensation partielle pour l'envoyer
aux moyens de mise en contact.
[0019] Selon un autre aspect de l'invention, il est prévu un procédé de mise en fonctionnement
d'un appareil tel que décrit ci-dessus ou d'un procédé tel que décrit ci-dessus dans
lequel on envoie le premier flux liquide riche en CO2 vers les moyens de mise en contact
avant d'y envoyer le premier flux gazeux riche en CO2 et avant d'envoyer du liquide
des moyens de mise en contact vers le stockage de CO2 du moyen de transport.
[0020] Selon d'autres aspects facultatifs :
- l'envoi du premier flux liquide riche en CO2 est déclenché par un signal indiquant
l'arrivée du moyen de transport et/ou la connexion du moyen de transport prévue dans
un laps de temps ;
- on n'envoie pas du premier flux liquide à l'enceinte si aucun débit du premier flux
gazeux n'est envoyé à l'enceinte ou si aucun débit de premier flux gazeux n'est prévu
d'être envoyé à l'enceinte dans un laps de temps donné ;
- aucun débit de gaz n'est soutiré de l'enceinte.
- le premier flux liquide riche en CO2 est un liquide autre qu'un liquide de cuve de
l'enceinte.
- le premier flux liquide riche en CO2 est envoyé aux moyens de contact directement
depuis un appareil de séparation de CO2.
- le premier flux liquide est sousrefroidi dans un échangeur de chaleur de l'appareil
de séparation de CO2.
[0021] Selon l'invention, on ne cherche pas nécessairement à opérer le stockage à pression
constante. Si l'arrivée d'un moyen de transport à charger en CO2 liquide, tel qu'un
bateau, est prévue, le procédé selon l'invention peut sous refroidir les moyens prévues
pour mise en contact du gaz provenant du moyen de transport, en prévisionnel, c'est-à-dire
avant que le gaz arrivant du moyen de transport soit présent dans les moyens de mise
en contact pour:
- 1. être prêt à être suffisamment froid dans les moyens de mise en contact pour reliquéfier
le gaz quand il arrivera (ainsi avoir déjà vaincu l'inertie thermique des tuyaux,
du stockage etc.) ;
- 2. pour que la pression baisse dans les moyens de mise en contact avant l'arrivée
du gaz, sachant que l'arrivée du gaz va nécessairement faire augmenter la pression
quand il est introduit dans les moyens de mise en contact. Cela permet, même si on
ne reliquéfie pas instantanément le gaz, d'au moins le ralentir voire le stocker dans
les moyens de mise en contact sans atteindre la pression maximum de l'enceinte qui
contient les moyens de mise en contact et donc d'éviter de le perdre pendant le temps
nécessaire à leur reliquéfaction (par exemple en s'échappant par une conduite de sécurité
de mise à l'air).
[0022] A noter que les moyens de mise en contact peuvent être constitués par des moyens
favorisant le contact, tels que des plateaux ou des garnissages en vrac ou structurés.
Mais les moyens de mise en contact peuvent être constitués simplement par un espace
vide, tel que le ciel gazeux au-dessus d'un corps de liquide dans un stockage où un
liquide et un gaz peuvent se mélanger simplement par le fait d'être ensemble dans
le même espace.
[0023] Le changement de température du liquide à envoyer aux moyens de mise en contact,
par exemple en sortie d'une unité de production de CO2 peut être anticipé pour prendre
en compte l'inertie thermique du système et donc être prêt à liquéfier les gaz évaporés
supplémentaires provenant d'un stockage d'un moyen de transport au moment de la connexion
avec le moyen de transport, par exemple. Cette anticipation peut donc être prévue
en avance, lors de l'arrivée prochaine d'un moyen de transport, par exemple un bateau.
De la même manière, afin d'optimiser la consommation énergétique de l'unité de production
de CO2, le sous refroidissement peut être limité en fin de chargement en avance de
phase pour profiter de l'inertie thermique du système qui est encore froid.
[0024] Le sous refroidissement du CO2 du côté de l'unité de production de CO2 peut être
réalisé de la manière suivante:
- Le CO2 liquide produit est séparé en deux fractions.
- Une première fraction est sous refroidie dans un échangeur de chaleur jusqu'à une
première température, par exemple la température la plus basse nécessaire (pour le
cas chargement/déchargement), voire plus bas (jusqu'à la température la plus basse
que le liquéfacteur peut atteindre).
- La seconde fraction contourne au moins une partie de l'échangeur de chaleur par le
biais d'une vanne de régulation, n'est donc pas complétement sous-refroidie et se
trouve à une deuxième température plus élevée que la première température et est mélangée
avec la première fraction sous-refroidie pour la réchauffer.
- La température finale de sous-refroidissement est ajustée par l'ouverture ou la fermeture
de la vanne de régulation pour modifier le rapport de débits entre les première et
deuxième fractions. En opération normale sans chargement/déchargement, la vanne est
ouverte afin de réchauffer la deuxième fraction et donc limiter le sous-refroidissement.
En opération avec chargement/déchargement, elle se referme au moins partiellement.
[0025] L'invention sera décrite de manière plus détaillée en se référant aux figures où
:
FIG.1 représente schématiquement un procédé selon l'invention.
FIG.2 représente schématiquement un procédé selon l'invention.
[0026] FIG.1 montre un appareil de stockage de CO2 avec une enceinte S contenant de CO2
liquide, isolée thermiquement, dans laquelle est généré du CO2 gazeux, par exemple
par les entrées de chaleur. Le liquide stocké dans l'enceinte S provient d'un liquéfacteur
de CO2 ou d'un appareil de séparation de CO2 CC dans lequel un débit contenant du
CO2 est liquéfié et/ou séparé par condensation partielle et/ou par distillation et/ou
solidification, formant un débit de CO2 liquide 1. Ce liquide est de préférence sous-refroidi
en l'envoyant se refroidir dans un échangeur de chaleur E et ensuite est envoyé comme
liquide sousrefroidi L1 en haut de l'enceinte S, par des moyens de distribution, dans
le ciel gazeux au-dessus du niveau de liquide. Le liquide peut également être envoyé
à d'autres niveaux de l'enceinte S, par exemple le liquide sous-refroidi L2 est envoyé
à un niveau plus bas de l'enceinte S. Le liquide descendant dans l'enceinte S rencontre
le gaz formé en haut de l'enceinte S. Le gaz est ainsi liquéfié au moins en partie
et le liquide formé retombe au sein de l'enceinte S.
[0027] Ponctuellement du liquide L3 est envoyé depuis la cuve de l'enceinte S à un autre
élément B pouvant être un stockage de CO2 liquide faisant partie d'un moyen de transport
par exemple un bateau, un train, un camion-citerne, une canalisation ou un wagon.
L'élément B peut être une canalisation qui constitue un moyen de transport de CO2
qui permet de le stocker de manière temporaire.
[0028] A l'arrivée de l'élément B, (ou au moment de sa connexion, pour une canalisation)
celui-ci peut contenir du CO2 gazeux résultant d'un précédent transport. Sinon, l'arrivée
de CO2 liquide dans l'élément B à une température au-dessus de celle du CO2 liquide
peut également générer du CO2 gazeux.
[0029] Le stockage S comprend une conduite d'évacuation de gaz, potentiellement à l'air
V1 munie d'une vanne J permettant d'envoyer du gaz à l'air si la pression du ciel
gazeux au-dessus du niveau de liquide devient excessive.
[0030] Pour ne pas perdre le CO2 gazeux V2 provenant du moyen de transport B, ce gaz V2
est envoyé au stockage S à un niveau en dessous de l'arrivée de liquide L1 comme premier
flux gazeux riche en CO2, de sorte qu'il est liquéfié par contact direct avec liquide
L1.
[0031] Il est également possible de faire rentrer le gaz V2 dans le stockage à travers la
conduite V1. Le gaz est ainsi lavé par le premier flux liquide riche en CO2 L1.
[0032] Le liquide provenant de l'appareil CC peut être introduit dans le stockage à travers
une seule ouverture mais de préférence est envoyé à différents endroits au même niveau
de l'enceinte S afin d'arroser une plus grande surface de l'enceinte S. Ainsi on voit
que du liquide L2 est introduit à un niveau plus bas du stockage S que le liquide
L1.
[0033] Le procédé utilise des moyens pour modifier la température du liquide de lavage L1,
L2 envoyé à l'enceinte S. Ceux-ci peuvent prendre plusieurs formes, la plus simple,
illustré ici, consistant à court-circuiter une partie 1A du liquide autour de l'échangeur
de sorte qu'une fraction variable du liquide est refroidie dans l'échangeur, le reste
qui n'a pas été refroidi étant mélangé à la fraction variable pour former le liquide
L1. Plus la fraction 1A est grande, plus grande sera la température du liquide L1,
L2.
[0034] Dans une variante basique, un moyen de détection de pression PIC mesure la pression
dans l'enceinte et quand celle-ci dépasse un seuil, régule la température du liquide
L1 par exemple en fermant la vanne 2 pour empêcher le liquide 1A de court-circuiter
le sousrefroidissement, pour réduite la température du liquide L1, L2
Ainsi la température du liquide L1 et/ou L2 est réduite quand une augmentation du
débit de gaz et/ou une augmentation de la température du gaz est prévue, de sorte
que les frigories envoyées au stockage S soient suffisantes pour liquéfier le gaz.
Selon le même principe, lors d'une augmentation du débit du gaz et/ou de sa température,
la pression dans l'enceinte S augmente et une réduction de la température du liquide
L1 permet de limiter voire annuler cette augmentation de pression.
[0035] De même, la température du liquide L1 baisse quand une réduction du débit de gaz
et/ou une réduction de la température du gaz V1 est prévue, par exemple quand l'arrivée
d'un moyen de transport B est prévue mais avant que le gaz V2 n'arrive dans le stockage.
[0036] A la place du moyen de détection de pression PIC ou en plus de ce moyen, l'appareil
peut comprendre un moyen de détection de débit FIC et/ou un moyen de détection de
température TIC pour mesurer le débit et/ou la température respectivement du premier
flux gazeux envoyé ou à envoyer au stockage S.
[0037] Les mêmes variations sont prévues si le débit et/ou la température du gaz V2 de l'élément
B varient. Selon le même principe, lors d'une baisse du débit du gaz et/ou de sa température,
la pression dans l'enceinte S baisse et une hausse de la température du liquide L1
permet de limiter voire annuler cette baisse de pression.
[0038] Le système global ayant une certaine inertie thermique, il est recommandé de réduire
la température du liquide L1 avant que le débit et/ou la température du gaz n'augmente,
de sorte que la partie haute du stockage S soit à la bonne température pour assurer
la liquéfaction. Ainsi avant l'arrivée d'un bateau B, par exemple, on réduit la température
du liquide L1 en prévision de l'arrivée du gaz V2.
[0039] FIG.2 montre une variante du procédé comprenant une tour de mise en contact K qui
est une tour contenant des plateaux ou des garnissages en vrac ou structurés comme
moyens de mise en contact. Cette tour est situé entre l'appareil CC et le stockage
pour recevoir le premier flux liquide riche en CO2 L1 provenant de l'appareil CC ainsi
que le premier flux gazeux riche en CO2 V2 provenant d'un moyen de transport B. Comme
pour la figure précédente, le gaz est liquéfié par le contact direct avec le liquide
L1 mais dans cette figure rentre en bas de la tour K et monte dans la tour, en rencontrant
le liquide qui descend la tour. Le gaz V2 est ainsi liquéfié et le liquide formé en
cuve L2 est envoyé à un stockage S. Le liquide de cuve L3 du stockage S est pressurisé
par une pompe P2 pour alimenter le moyen de transport B.
[0040] En variante, la tour K peut également servir à liquéfier le gaz V1 formé dans le
stockage S, par exemple par les entrées de chaleur. Les gaz V1 et V2 sont mélangés
pour former un gaz V' qui arrive en bas de la tour K. En variante une partie du liquide
provenant de l'appareil CC peut être envoyé directement au stockage S, seule une partie
du liquide alimentant en tête la tour K.
[0041] Le gaz V1 passe à travers une vanne (non illustrée) comme dans la FIG.1 qui régule
la pression du stockage S. Un détecteur de pression PIC (non illustré) de la tour
K régule l'ouverture de la vanne 2.
1. Appareil de liquéfaction de CO2 comprenant :
• Une enceinte (S,K)
• Des moyens de mise en contact direct d'un premier flux liquide riche en CO2 (L1)
et d'un premier flux gazeux (V2, V') riche en CO2 disposés dans l'enceinte afin de
condenser au moins une partie du premier flux gazeux formant du gaz condensé riche
en CO2
• Des moyens pour relier un moyen de transport (B) comprenant ou étant constitué par
un stockage de CO2 liquide aux moyens de mise en contact pour recevoir le gaz condensé
riche en CO2 provenant des moyens de mise en contact
• Des moyens d'envoi du premier flux liquide vers les moyens de mise en contact
• Des moyens d'envoi du premier flux gazeux vers les moyens de mise en contact depuis
un ou le stockage de CO2 liquide du moyen de transport
caractérisé en ce qu'il comprend
i) des moyens pour détecter le débit du premier flux gazeux dans les moyens d'envoi
du premier flux gazeux envoyé ou à envoyer dans les moyens d'envoi du premier flux
gazeux et/ou
ii) des moyens pour détecter la température du premier flux gazeux et/ou
iii) des moyens (PIC) pour détecter la pression dans l'enceinte et
iv) des moyens (1A,2) pour réguler la température du premier flux liquide en amont
des moyens de mise en contact en fonction du débit et/ou de la température du premier
flux gazeux et/ou de la pression des moyens de mise en contact.
2. Appareil selon la revendication 1 dans lequel le moyen de transport (B) est un bateau,
un train, un camion-citerne, une canalisation ou un wagon, capable de stocker au moins
temporairement du CO2 liquide.
3. Appareil selon la revendication 1 ou 2 dans lequel l'enceinte (S) est conçue pour
stocker du liquide et ne contient pas de moyens solides pour favoriser l'échange de
masse et les moyens de mise en contact sont constitués par un espace du ciel gazeux
formé au-dessus du niveau de liquide quand l'appareil est en opération, les moyens
d'envoi du premier flux liquide (L1) étant reliés pour envoyer le premier flux liquide
au-dessus d'un point d'arrivée du premier flux gazeux (V2).
4. Appareil selon une des revendications précédentes dans lequel l'enceinte (K) est une
tour de lavage ayant une cuve et dans lequel les moyens de mise en contact se trouvent
dans la tour de lavage, ces moyens de mise en contact étant constitués par des moyens
pour favoriser le transfert de chaleur et de masse au-dessus de la cuve et reliés
pour recevoir le premier flux liquide (L1) à un niveau de la tour au-dessus du point
d'arrivée du premier flux gazeux (V'), la cuve de la tour étant reliée à un stockage
de CO2 (S, B) pour y envoyer du liquide.
5. Appareil selon une des revendications précédentes dans lequel le premier flux liquide
riche en CO2 (L1) est un liquide autre qu'un liquide de cuve de l'enceinte.
6. Procédé de liquéfaction de CO2 dans lequel on envoie un premier flux liquide (L1)
riche en CO2 vers des moyens de mise en contact dans une enceinte (S,K), on envoie
un premier flux gazeux riche en CO2 (V2,V') vers les moyens de mise en contact de
sorte que les premiers flux liquide et gazeux se mélangent et au moins une partie
du premier flux gazeux se trouve condensé, on envoie du liquide des moyens de mise
en contact vers un moyen de transport (B) comprenant ou étant constitué par un stockage
de CO2 liquide relié aux moyens de mise en contact pour recevoir le gaz condensé riche
en CO2 provenant des moyens de mise en contact, le premier flux gazeux provenant d'un
ou du stockage de CO2 liquide, étant formé par évaporation partielle au-dessus du
niveau de liquide dans le stockage du fait des entrées de chaleur
caractérisé en ce que :
i) l'on augmente la température du premier flux liquide riche en CO2 (L1) si le débit
et/ou la température du premier débit de CO2 gazeux réduit et/ou si la pression dans
l'enceinte baisse et on réduit la température du premier flux liquide riche en CO2
si le débit et/ou la température du premier débit gazeux augmente et/ou si la pression
dans l'enceinte augmente et/ou
ii) l'on augmente la température du premier flux liquide riche en CO2 en prévision
d'une réduction du débit et/ou de la température du premier débit de CO2 gazeux et/ou
de la pression de l'enceinte et on réduit la température du premier flux liquide riche
en CO2 en prévision d'une augmentation du débit et/ou de la température du premier
débit et/ou de la pression dans l'enceinte.
7. Procédé selon la revendication 6 dans lequel on adapte la température du premier flux
liquide (L1) riche en CO2 liquide en fonction de son débit de telle sorte que la température
des moyens de mise en contact soit suffisante pour liquéfier au moins une partie du
premier flux gazeux.
8. Procédé selon l'une des revendications 6 ou 7 dans lequel on modifie la température
du premier flux liquide (L1) en le divisant en deux fractions variables (1, 1A), on
refroidit une des fractions, on ne refroidit pas l'autre fraction et on mélange la
fraction refroidie avec la fraction non-refroidie, les proportions des fractions étant
variées pour varier la température du mélange qui constitue le premier flux liquide
envoyé aux moyens de mise en contact.
9. Procédé selon une des revendications 6 à 8 dans lequel on envoie le premier flux liquide
riche en CO2 (L1) et un autre liquide riche en CO2 (L2) à des niveaux différents de
l'enceinte (S).
10. Procédé selon l'une des revendications 6 à 9 dans lequel on soutire le premier flux
liquide riche en CO2 (1, L1) d'un appareil de séparation ou de liquéfaction de CO2
par distillation et/ou par condensation partielle pour l'envoyer aux moyens de mise
en contact.
11. Procédé selon une des revendications 6 à 10 dans lequel dans lequel le premier flux
liquide riche en CO2 (L1) est un liquide autre qu'un liquide de cuve de l'enceinte.
12. Procédé selon la revendication 11 dans lequel le premier flux liquide riche en CO2
(L1) est envoyé aux moyens de contact directement depuis un appareil de séparation
de CO2 (CC).
13. Procédé selon la revendication 12 dans lequel le premier flux liquide est sousrefroidi
dans un échangeur de chaleur de l'appareil de séparation de CO2 (CC).
14. Procédé de mise en fonctionnement d'un appareil selon l'une des revendications 1 à
5 ou d'un procédé selon l'une des revendications 6 à 13 dans lequel on envoie le premier
flux liquide riche en CO2 (1, L1) vers les moyens de mise en contact avant d'y envoyer
le premier flux gazeux riche en CO2 et avant d'envoyer du liquide des moyens de mise
en contact vers le stockage de CO2 du moyen de transport (B).