[0001] La présente invention a pour objet un procédé de décontamination en ruthénium d'un
effluent radioactif liquide, qui peut être utilisé pour des effluents bruts ou pour
des effluents traités au préalable chimiquement par des procédés classiques.
[0002] On sait que des effluents radioactifs tels que des solutions aqueuses provenant du
traitement de combustibles nucléaires irradiés peuvent être soumis à différents traitements
chimiques de décontamination pour éliminer en particulier le ruthénium. Ces traitements
consistent pour la plupart à former au sein de l'effluent à traiter des précipités
aptes à fixer le ruthénium, par exemple, en ajoutant à cet effluent des ions ferreux
et des ions cuivriques et en ajustant ensuite le pH de l'effluent à une valeur de
7 à 8,5 pour précipiter les composés correspondants de cuivre et de fer.
[0003] Cependant, les effluents ainsi traités présentent encore une teneur en ruthénium
trop importante, ce qui rend nécessaire un traitement complémentaire pour diminuer
leur activité résiduelle en ruthénium.
[0004] De façon plus précise, la présente invention a pour objet un procédé de décontamination
en ruthénium d'un effluent radioactif liquide qui consiste à former au sein de l'effluent
un précipité apte à fixer le ruthénium.
[0005] Le procédé, selon l'invention, se caractérise en ce qu'il consiste à ajouter audit
effluent liquide un agent réducteur et des ions cuivriques pour former au sein dudit
effluent un précipité d'oxyde cuivreux sur lequel se fixe le ruthénium, et à séparer
ensuite dudit effluent le précipité ainsi formé. Selon une caractéristique avantageuse
du procédé de l'invention, l'agent réducteur est constitué par de l'hydrazine.
[0006] Selon une autre caractéristique avantageuse du procédé de l'invention, le pH dudit
effluent liquide est ajusté, au préalable, à une valeur supérieuie à 7 et de préférence
comprise entre 7 et 10, par exemple par addition de soude.
[0007] Selon un mode de réalisation préférentiel du procédé de l'invention, les ions cuivriques
sont engendrés directement dans ledit effluent par voie électrochimique, en soumettant
ledit effluent à une électrolyse dans une cellule comportant une anode en cuivre.
[0008] Le procédé tel que caractérisé ci-dessus tire avantageusement profit du fait qu'en
ajoutant un agent réducteur, de préférence de l'hydrazine, par exemple, sous la forme
de sel ou d'hydrate d'hydrazine, à un effluent présentant un pH supérieur à 7, on
stabilise le potentiel d'oxydoréduction de l'effluent à des valeurs appropriées, par
exemple de l'ordre de -120 mV par rapport à une électrode de calomel saturé (ECS),
ce qui permet ensuite de former dans cet effluent, par addition d'ions cuivriques
Cu
2+ un précipité stable d'oxyde cuivreux sur lequel se fixe le ruthénium, la transformation
des sels cuivriques en oxyde cuivreux étant obtenue assez rapidement.
[0009] Ainsi-, on obtient une décontamination satisfaisante en ruthénium.
[0010] Par ailleurs, le procédé de l'invention présente l'avantage de ne pas conduire à
un volume trop important de précipités ou de boues et de ne pas nécessiter des opérations
complexes pour assurer une séparation satisfaisante des boues formées lors de l'étape
de précipitation.
[0011] En effet, lorsque les ions cuivriques sont engendrés par voie électrochimique, le
volume de boues formé dans l'effluent ne représente que 0,2 à 0,4 % du volume d'effluent.
[0012] Selon-l'invention, les quantités d'hydrazine et d'ions cuivriques ajoutées audit
effluent sont telles que le rapport molaire de l'hydrazine aux ions cuivriques est
compris entre 0,5 et 1.
[0013] Avantageusement, la quantité d'hydrazine ajoutée audit effluent est comprise entre
1 et 2.10 moles d'hydrazine par litre d'effluent, et la quantité d'ions cuivriques
ajoutée audit effluent est comprise entre 1 et 2.10
-3 moles d'ions cuivriques par litre d'effluent.
[0014] Selon l'invention, les précipités formés dans ledit effluent par voie électrochimique
peuvent être séparés de préférence au moyen d'un hydrocyclone, l'effluent étant ensuite
soumis à une filtration.
[0015] Dans certains cas, notamment lorsqu'on effectue un ajout d'ions cuivriques, on peut
favoriser la séparation et la décantation du précipité en ajoutant à l'effluent dans
lequel est formé le précipité un polyélectrolyte anionique pour coaguler le précipité
obtenu.
[0016] La présente invention a également pour objet un dispositif pour la mise en oeuvre
de ce procédé.
[0017] Ce dispositif se caractérise en ce qu'il comprend une cuve munie de moyens d'agitation,
des moyens pour introduire dans ladite cuve l'effluent liquide à traiter et l'agent
réducteur, des moyens pour ajuster à la valeur voulue le pH de l'effluent présent
dans ladite cuve, des moyens pour mettre en circulation dans une cellule d'électrolyse
comprenant une anode en cuivre l'effluent présent dans ladite cuve, des moyens pour
récupérer l'effluent sortant de ladite cellule d'électrolyse, et des moyens pour séparer
dudit effluent récupéré le précipité d'oxyde cuivreux formé dans ledit effluent lors
de son passage dans ladite cellule d'électrolyse.
[0018] De préférence, ladite cellule est munie d'un inverseur de polarité et comprend deux
électrodes en cuivre.
[0019] Selon une caractéristique avantageuse de ce dispositif, les moyens pour séparer le
précipité d'oxyde cuivreux formé dans ledit effluent sont constitués par un hydrocyclone
et par un filtre.
[0020] Avantageusement, le dispositif comprend de plus des moyens pour recycler dans ladite
cuve au moins une partie du précipité séparé.
[0021] L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui suit donnée bien
entendu à titre illustratif et non limitatif, se référant au dessin annexé qui représente
une installation pour la décontamination en ruthénium d'un effluent liquide radioactif
selon le mode de mise en oeuvre préférentiel du procédé de l'invention.
[0022] En se reportant à la figure annexée, on voit que l'installation de décontamination
comprend une cuve 1 qui est alimentée, d'une part, en effluent à traiter par une canalisation
3 munie d'une pompe 5 et, d'autre part, en hydrate d'hydrazine par une canalisation
7 munie d'une pompe 9.
[0023] La cuve 1 est munie d'un agitateur 11 entraîné par un moteur 12 et d'un détecteur
de pH 13 associé à un organe de commande 15 qui actionne une pompe 17 permettant d'introduire
dans la cuve 1 par la canalisation 19 la quantité nécessaire de soude afin de régler
le pH de l'effluent présent dans la cuve 1 à la valeur voulue.
[0024] L'installation comprend également une cellule d'électrolyse 23 comportant 2 électrodes
en cuivre 25 et 26 qui sont alimentées en courant électrique à partir d'un générateur
de courant alternatif muni d'un redresseur de courant 27 par l'intermédiaire d'un
inverseur de polarité 29, qui permet de relier alternativement les électrodes 25 et
26 au pôle positif et au pôle négatif du générateur de courant électrique.
[0025] Pour engendrer directement par voie électrochimique les ions cuivriques dans l'effluent
liquide à traiter, cet effluent liquide est mis en circulation dans la cellule d'électrolyse
23 par l'intermédiaire de canalisations 31 et 33 au moyen d'une pompe 35. A sa sortie
de la cellule, l'effluent est dirigé dans un hydrocyclone 37 qui assure la séparation
des boues formées dans l'effluent, ces boues étant extraites par une canalisation
39 et recyclées dans la cuve 1 par l'intermédiaire de la canalisation 41 munie d'une
vanne 43 ou évacuées par une canalisation 45 munie d'une vanne 47 dans un récipient
de stockage 49.
[0026] On précise que le fonctionnement alternatif des vannes 43 et 47 est commandé par
une minuterie 51.
[0027] A la sortie de l'hydrocyclone 37, le liquide séparé est évacué par la canalisation
53 puis filtré sur un filtre 55 et extrait ensuite par la canalisation 57.
[0028] Le fonctionnement de cette installation est le suivant.
[0029] On introduit dans la cuve 1, d'une part, l'effluent liquide à traiter par la canalisation
3 et, d'autre part, l'hydrazine par la canalisation 7, en contrôlant au moyen des
pompes 5 et 9, les débits respectifs d'introduction de ces deux liquides de façon
à ajouter à l'effluent une quantité d'hydrazine correspondant à environ 1.10 mole
d'hydrazine par litre d'effluent. On met en marche l'agitateur 11 pour agiter l'effluent
présent dans la cuve 1, et on ajuste le pH de cet effluent à une valeur sensiblement
égale à 9 en lui ajoutant de la soude par la canalisation 19, cette adjonction de
soude étant commandée par le dispositif 15 qui actionne la pompe 17 et permet d'introduire
la quantité voulue de soude en fonction du pH détecté par l'indicateur de pH 13.
[0030] L'effluent est ensuite mis en circulation dans la cellule d'électrolyse 23 par mise
en marche de la pompe 35 de façon telle que le débit de circulation de l'effluent
dans la cellule 23 permette d'engendrer dans l'effluent la quantité voulue d'ions
cuivreux. A sa sortie de la cellule, l'effluent dans lequel s'est formé un précipité
d'oxyde cuivreux passe dans l'hydrocyclone 37, ce qui permet de séparer les boues
qui sont recyclées partiellement dans la cuve 1 par mise en marche de la minuterie
51 qui commande alternativement l'ouverture des vannes 43 et 47. A la sortie de l'hydrocyclone
37, le liquide est filtré sur le filtre 55 puis évacué par la canalisation 57.
[0031] Pour améliorer le rendement faradique d'électrodissolution du cuivre dans la cellule
23, on inverse périodiquement le sens du passage du courant dans la cellule 23 en
reliant alternativement les électrodes 25 et 26 aux pôles positif et négatif du générateur
de courant électrique, une période d'inversion de polarité de 5 à 10 secondes permettant
d'atteindre les rendements faradique d'électrodissolution les plus élevés.
[0032] On précise que dans cette installation le recyclage des boues dans la cuve 1 permet
d'augmenter le temps de contact de l'oxyde cuivreux avec l'effluent et d'améliorer
ainsi le facteur de décontamination en ruthénium 106 de l'effluent traité.
[0033] Les exemples suivants illustrent les résultats obtenus par mise en oeuvre.du,procédé
de l'invention.
[0034] Dans tous ces exemples, on utilise comme agent réducteur l'hydrazine car l'expérience
a montré que celle-ci permettait d'obtenir d'une manière reproductible une bonne stabilisation
du potentiel redox et s'avérait d'un emploi plus intéressant que d'autres réducteurs
tels que par exemple l'hydroxylamine.
EXEMPLE 1.
[0035] Dans cet exemple, on soumet à un traitement de décontamination un effluent brut provenant
d'une installation de traitement de combustibles nucléaires irradiés, ayant la composition
suivante :

[0036] On ajoute à cet effluent 50 mg/1 d'hydrazine monohydratée (correspondant à 1 x 10
-3 mole 1
-1 d'hydrazine et 128 mg/1 d'ions cuivriques ajoutés sous forme de sulfate de cuivre,
ce qui conduit à la formation d'un précipité jaune orangé sur lequel se fixe le ruthénium.
Après décantation du précipité, on détermine la teneur en ruthénium 106 du liquide
surnageant et on constate que le facteur de décontamination en ruthénium 106 (FD),
qui - correspond au rapport entre les activités en ruthénium de l'effluent avant et
après le traitement de décontamination, a une valeur de 4,6.
EXEMPLE 2
[0037] Dans cet exemple, on réalise plusieurs essais de décontamination en ruthénium d'un
effluent qui a été préalablement traité par un procédé chimique consistant à former
un précipité dans l'effluent à partir d'ions ferreux et d'ions cuivriques, ce qui
permet d'abaisser l'activité radiochimique en ruthénium 106 de l'effluent à 3180 microcuries
par
m3.
[0038] Cet effluent présente'les caractéristiques suivantes :
[0039] Dans ces différents essais, on introduit les ions cuivriques dans l'effluent liquide
par voie électrochimique, et on étudie l'influence des paramètres suivants :
a) concentration en hydrazine,
b) pH de l'effluent,
c) densité du courant d'électrodissolution, et
d) quantité d'oxyde cuivreux formé, sur le facteur de décontamination FD en ruthénium
106.
a) Effets de la concentration en hydrazine sur le facteur de décontamination en ruthénium.
[0040] Dans ces essais, on ajuste au préalable le pH de la solution à une valeur de 9,3
puis on introduit dans l'effluent différentes quantités d'hydrazine et on soumet ensuite
l'effluent à une électrolyse dans une cellule d'électrolyse comportant 2 électrodes
en cuivre, sous une densité de courant de 50 milliampères par cm
2, la quantité d'électricité étant de 4 mF par litre.
[0041] Après électrodissolution du cuivre, on élimine les précipités formés au sein de l'effluent
liquide par décantation pendant 30 mn, puis on filtre le surnageant ou on le clarifie
par addition d'hydroxyde d'aluminium pour éliminer l'oxyde cuivreux resté sous forme
colloïdale.
[0042] Les résultats obtenus avec diverses concentrations en hydrazine sont regroupés dans
le tableau 1 qui suit.

[0043] Au vu de ces résultats, on voit qu'il est nécessaire d'utiliser au moins 1.10 mole
d'hydrazine par litre pour transformer les ions cuivriques engendrés dans l'effluent
en oxyde cuivreux.
[0044] Pour des concentrations en hydrazine élevées, par exemple supérieures à 2.10
-3 mole par litre, on observe une flottation des précipités, celle-ci étant due a la
formation de fines bulles d'azote au sein du décantat bien que celui-ci soit particulièrement
dense ; le volume des boues est sensiblement égal à 2 ml par litre d'effluent, après
30 mn.
b) Effets du pH de l'effluent sur le facteur de décontamination FD en ruthénium.
[0045] Dans ces essais, on utilise des effluents radioactifs ayant au départ des pH allant
de 2 à 11.
[0046] Après avoir ajouté dans ces effluents 2.10 mole par litre d'hydrazine, on soumet
l'effluent à une électrolyse dans une cellule comportant des électrodes en cuivre
sous une densité de courant de 50 milliampères par cm
2, la quantité d'électricité utilisée étant de 4 mF par litre. Ainsi, on réalise l'électrodissolution
d'environ 2.10
-3 mole de cuivre par litre d'effluent. Après électrodissolution du cuivre, le pH est
ajusté à 9,5 pour tous les essais effectués à un pH inférieur à 9. Après agitation
de l'effluent pendant 30 mn, on décante les précipités obtenus et on soumet le surnageant
à une filtration avant de déterminer son activité en ruthénium.
[0047] Les résultats obtenus figurent dans le tableau 2 suivant.

[0048] Au vu de ce tableau, on constate que la formation d'oxyde cuivreux est impossible
à des pH inférieurs à 9, la coloration des précipités obtenus ne correspondant pas
à la formation d'un précipité d'oxyde cuivreux. Par ailleurs, on note que pour des
pH supérieurs à 10, le pouvoir de rétention en ruthénium du précipité diminue.
c) Effets de la densité du courant d'électrodissolution sur le facteur de décontamination
FD en ruthénium.
[0049] Dans ces essais, on ajoute à un effluent liquide, dont le pH initial a été ajusté
à 9,3, 2.10-
3 mole d'hydrazine par litre d'effluent, et on soumet cet effluent à une électrolyse
dans une cellule comportant des électrodes en cuivre, sous différentes densités de
courant, la quantité d'électricité utilisée étant de 4 mF par litre. Après électrodissolution
du cuivre, l'effluent est décanté pendant 30 mn, et le surnageant est clarifié au
moyen de 10 mg d'hydroxyde d'aluminium par litre d'effluent.
[0050] Après clarification, on mesure l'activité en ruthénium du surnageant. Les résultats
obtenus figurent dans le tableau 3, ci-après.

[0051] Au vu de ce tableau, on constate que pour des densités de courant inférieures ou
égales à 10 milliampères par cm
2, on obtient dès la fin de l'électrodissolution du cuivre, la formation d'un précipité
jaune orangé d'oxyde cuivreux, ce qui correspond à une vitesse de réduction des ions
cuivriques supérieure ou égale à leur vitesse de formation dans l'effluent.
[0052] Pour des densités de courant plus élevées, on obtient un précipité jaune verdâtre
qui évolue en 10 à 15 mn en un précipité de couleur orangée correspondant à la formation
d'oxyde cuivreux.
[0053] Par ailleurs, on constate que pour des densités de courant inférieures à 25 mA/cm
2, les précipités obtenus sont fortement colloïdaux.
d) Effets de la quantité d'oxyde cuivreux formé sur le facteur de décontamination
en ruthénium.
[0054] Dans ces essais, on ajoute à l'effluent liquide radioactif dont le pH est ajusté
à 9,5, 2.10
-3 mole d'hydrazine par litre d'effluent, puis on soumet l'effluent à une électrolyse
dans une cellule d'électrolyse comportant des électrodes en cuivre, sous une densité
de courant de 50 mA/cm
2, en faisant varier la quantité d'électricité utilisée pour engendrer par voie électrochimique
des ions cuivriques dans l'effluent liquide. Après 30 mn, on vérifie le pH et le potentiel
rédox de l'effluent ainsi traité, puis on détermine l'activité en ruthénium du surnageant
filtré sur filtre Milliporé AP 20 (norme AFNOR) ou clarifié au moyen de 10 mg/1 d'hydroxyde
d'aluminium.
[0055] Les résultats obtenus sont donnés dans le tableau 4.

[0056] Au vu de ce tableau, on constate que les meilleurs résultats sont obtenus lorsque
la quantité d'électricité utilisée est supérieure à 3mF/l.
[0057] Par ailleurs, on précise que, pour des quantités d'électricité faibles (1 et 2mF/1),
le précipité obtenu est fortement colloïdal.
[0058] Compte tenu des résultats obtenus dans les essais a) à d), il apparaît que les conditions
opératoires préférentielles sont les suivantes :
- pH de l'effluent compris entre 9 et 10,
- quantité d'hydrazine ajoutée : 1 à 2.10-3 mole d'hydrazine par litre d'effluent,
- quantité d'ions cuivriques ajoutée : 1 à 2.10-3 mole de cuivre par litre d'effluent, ce qui correspond à environ 65 à 130 mg de cuivre
par litre d'effluent.
[0059] Il faut toutefois noter à propos du pH que la valeur optimale indiquée ci-dessus
correspond à un effluent dont la teneur en ions phosphates est égale ou supérieure
à environ 1 x 10
-3 mole 1
0 1. Par contre, en l'absence d'ions phosphates, l'expérience a montré qu'il suffisait
d'amener le pH de l'effluent à une valeur supérieure à 7.
EXEMPLE 3.
[0060] Cet exemple illustre l'influence du rapport molaire de l'hydrazine aux ions cuivriques,
c'est-à-dire du rapport stoechiométrique R = concentration en hydrazine / concentration
en ions cuivriques, et l'influence de la quantité d'oxyde cuivreux engendrée dans
l'effluent, sur le facteur FD de décontamination en ruthénium 106 obtenu.
[0061] Dans ces essais, on traite deux types d'effluents I et II pour lesquels les activités
en ruthénium 106 sont respectivement de 18 . 530 microcuries par m
3 et de 3 180 microcuries par m . L'effluent II présente les caractéristiques indiquées
dans l'exemple 2 et l'effluent I présente les caractéristiques suivantes :

[0062] Après avoir ajusté le pH de l'effluent liquide à 9,5, on introduit dans cet effluent
des quantités variables d'hydrate d'hydrazine et 2.10
-3 mole d'ions cuivriques par litre d'effluent, ce dernier étant ajouté à la solution
sous la forme de sulfate cuivrique. Après agitation pendant 30 mn, on clarifie l'effluent
à l'aide d'un polyélectrolyte anionique, puis on détermine l'activité radiochimique
en ruthénium 106 du surnageant, après décantation du précipité.
[0063] Les résultats obtenus pour différentes valeurs du rapport stoechiométrique R sont
donnés dans le tableau 5, et les résultats obtenus en faisant varier la quantité d'oxyde
cuivreux engendrée dans l'effluent liquide avec R = 1 sont donnés dans le tableau
6.

[0064] Au vu de ces tableaux, on constate que les meilleurs résultats sont obtenus dans
les conditions suivantes :
- rapport stoechiométrique R supérieur à 0,5 et de préférence de l'ordre de 1 ;
- quantité d'oxyde cuivreux engendrée dans l'effluent liquide de l'ordre de 1 à 2.10-3 mole par litre d'effluent.
[0065] Ainsi, lorsque l'adjonction des ions cuivriques est effectuée sous la forme de réactif,
les conditions optimales de pH = 9 à 10, de quantité d'hydrazine ajoutée 1 à 2. 10
mol. 1 et de quantité d'ions cuivriques. ajoutée : 1 à 2.10
-3 mol. 1
-1 sont sensiblement identiques à celles données dans l'exemple 2.
EXEMPLE 4
[0066] Cet exemple illustre les résultats obtenus lors d'essais de décontamination en ruthénium
de l'effluent I ci-dessus ayant une activité en ruthénium 106 de 3.180 microcuries
par m
3, ces essais étant réalisés sur 200 1 d'effluent dont le pH a été ajusté à 9.
[0067] Dans ces essais, on ajoute 2.10 3 mole d'hydrazine par litre d'effluent et on réalise
l'adjonction de 2.10
-3 mol. 1
-1 d'ions cuivriques soit sous forme de composé chimique, soit par génération électrochimique
directe dans l'effluent.
[0068] Après addition ou formation directe des ions cuivriques, l'effluent est agité pendant
30 mn pour assurer la transformation de tout le cuivre en oxyde cuivreux, puis les
précipités sont décantés, éventuellement après floculation au moyen d'un polyélectrolyte
anionique ajouté à raison de 1 mg/1, et le facteur de décontamination FD en ruthénium
est déterminé par mesure de l'activité en 106
Ru du surnageant.
[0069] Par ailleurs, on détermine certaines carac
- téristiques physicochimiques des boues et du surnageant. Ces caractéristiques sont
:
Matières en suspensions totales (MEST) :
[0070] C'est la quantité de matières solides présentes dans un litre de surnageant, après
filtration sur un filtre MILLIPORE AP 20 (Norme AFNOR) et séchage à 105°C. Le résultat
est exprimé en mg.1
-1.
Teneur en matières sèches (MS) :
[0071] Quantité de matières solides mesurée après séchage à 105°C des boues obtenues par
décantation de un litre d'effluent.
Taux de matières sèches (TMS):
[0072] Pourcentage de matières sèches à 105°C présentes dans une boue après décantation.
Facteur de concentration (FC) :
[0073] C'est le rapport du volume d'effluent traité chimiquement au volume de boues obtenues
après un temps de décantation défini. Cette mesure a lieu en cône de COIN après 2
heures de décantation. On désigne par cône de COIN un récipient de forme cylindro-conique
dont le cône, disposé à la partie inférieure du récipient, a un angle au sommet voisin
de 10°.
[0074] Les résultats obtenus sont regroupés dans le tableau 7 ci-après.
[0075] Au vu de ces résultats, on constate que les facteurs de décontamination FD et les
facteurs de concentration FC obtenus sont plus élevés lorsque les ions Cu
2+ sont engendrés directement dans l'effluent par voie électrochimique et que, dans
le meilleur des cas, l'activité résiduelle de l'effluent en 106
Ru est de 1.10 curie par m .
[0076] Par ailleurs, l'oxyde cuivreux obtenu à partir du cuivre engendré par électrodissolution
en présence d'hydrazine se présente sous la forme de particules colloïdales de dimensions
plus faibles que celles de l'oxyde cuivreux obtenu par addition d'ions cuivriques
sous forme de composés chimiques.
[0077] En effet, 7 à 11% des particules sont arrêtées par un filtre MILLIPORE AP 20 lorsque
le cuivre est introduit par voie électrochimique, alors que 70% des particules sont
arrêtés par le même filtre lorsque le cuivre est introduit sous forme de sulfate cuivrique.
[0078] La filtration sur un filtre de porosité 5 microns permet dans tous les cas d'obtenir
un filtrat clair.
[0079] On observe à la suite de la décantation du précipité d'oxyde cuivreux sans addition
de polyélectrolyte, la formation d'une boue partiellement déshydratée, ce phénomène
étant particulièrement important après électrodissolution du cuivre (FC peu différent
de 500, TMS : 6 à 10%) ; la caractéristique MEST du surnageant est alors suffisamment
faible pour utiliser la filtration comme méthode de clarification. Cette filtration,
après décantation pendant 2 heures, s'effectue rapidement et sans colmatage lorsqu'on
n'utilise pas de polyélectrolyte, ce qui n'est pas le cas lorsqu'on ajoute un polyélectrolyte.
En effet, par filtration de 0,5 1 de surnageant sur un filtre MILLIPORE de porosité
5 microns, et d'un diamètre de 35 mm, on obtient les résultats suivants :
- 2,4 mètres par minute sans addition de polyélectrolyte,
- 0,06 mètre par minute après addition de 1 mg par litre de PURIFLOC A 22.
[0080] Les valeurs ci-dessus sont exprimées en hauteur de colonne de liquide (correspondant
au diamètre de 35 mm).
[0081] Ainsi, le procédé de l'invention se révèle très intéressant pour abaisser l'activité
résiduelle en ruthénium d'effluents, bruts ou traités au préalable par un procédé
chimique, notamment lorsqu'on introduit le cuivre par voie électrochimique, ce qui
conduit à un facteur de concentration plus élevé.
[0082] En outre, un avantage secondaire de la voie électrochimique réside dans le fait que
la génération d'hydrogène dans la cellule d'électrolyse permet de diminuer légèrement
la quantité d'hydrazine à utiliser.
1. Procédé de décontamination en ruthénium d'un effluent liquide radioactif, caractérisé
en ce qu'il consiste à ajouter audit effluent liquide un agent réducteur et des ions
cuivriques pour former au sein dudit effluent un précipité d'oxyde cuivreux sur lequel
se fixe le ruthénium, et à séparer ensuite dudit effluent le précipité ainsi formé.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit agent réducteur est
constitué par de l'hydrazine.
3. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le pH dudit effluent liquide
est ajusté au préalable à une valeur comprise entre 7 et 10.
4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que
les ions cuivriques sont engendrés directement dans ledit effluent par voie électrochimique,
en soumettant ledit effluent à une électrolyse dans une cellule comportant une anode
en cuivre.
5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que
les quantités d'hydrazine et d'ions cuivriques ajoutés audit effluent sont telles
que le rapport molaire de l'hydrazine aux ions cuivriques est compris entre 0,5 et
1.
6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que
la quantité d'hydrazine ajoutée audit effluent est comprise entre 1 et 2.10-3 mole d'hydrazine par litre d'effluent.
7. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que
la quantité d'ions cuivriques ajoutée audit effluent est comprise entre 1 et 2.10-3 mole d'ions cuivriques par litre d'effluent.
8. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce qu'on
sépare le précipité formé dans ledit effluent par passage dans un hydrocyclone suivi
d'une filtration.
9. Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications
1 à 8, caractérisé en ce qu'il comprend une cuve munie de moyens d'agitation, des
moyens pour introduire dans ladite cuve l'effluent liquide à traiter et l'agent réducteur,
des moyens pour ajuster à la valeur voulue le pH de l'effluent présent dans ladite
cuve, des moyens pour mettre en circulation dans une cellule d'électrolyse comprenant
une anode en cuivre, l'effluent présent dans ladite cuve, des moyens pour récupérer
l'effluent sortant de ladite cellule d'électrolyse et des moyens pour séparer dudit
effluent récupéré le précipité d'oxyde cuivreux formé dans ledit effluent lors de
son passage dans ladite cellule d'électrolysé.
10. Dispositif selon la revendication 9, caractérisé en ce que ladite cellule est
munie d'un inverseur de polarité et comprend deux électrodes en cuivre.
11. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 9 et 10, caractérisé en ce
que les moyens pour séparer le précipité d'oxyde cuivreux formé dans ledit effluent
sont constitués par un hydrocyclone et par un filtre.
12. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 9 à 11, caractérisé en ce
qu'il comprend des moyens pour recycler dans ladite cuve au moins une partie du précipité
séparé.