[0001] Procédé de modification des propriétés d'un charbon gonflant, installation pour la
mise en oeuvre du procédé et enceinte de traitement par fluidisation et broyage.
[0002] L'invention a pour objet un procédé de modification par oxydation ménagée des propriétés
de gonflement d'un charbon gonflant d'indice de gonflement AFNOR compris entre 2,5
et 6, tel qu'un flambant gras, ainsi qu'une installation pour la mise en oeuvre du
procédé et une enceinte de traitement par fluidisation et broyage.
[0003] La fabrication de semi-coke en four tournant ou en lit fluidisé à partir de fines
impose l'utilisation de charbons peu gonflants de manière à éviter le collage et l'agglomération
des fines. De même, pour la fabrication de coke moulé il peut être souhaitable de
disposer de charbons à faible indice de gonflement.
[0004] On a déjà proposé, par le brevet FR 1 332 711, d'oxyder des fines de charbon par
fluidisation, avec un fort recyclage des plus fins, dans un lit dont la température
est supérieure à 300°C et inférieure à la température de fusion du charbon, au moyen
d'un gaz contenant de l'oxygène, par exemple par des fumées à 450°C contenant 18%
d'oxygène. Le fait que les fines de charbon soient préalablement broyées oblige pratiquement
à limiter la température des fumées aux environs de 450°C pour éviter une perte de
matières volatiles, une trop forte dégradation ainsi qu'un début de ramollissement
et donc de collage des particules les plus fines.
[0005] Le but de l'invention est de proposer un nouveau procédé, une nouvelle installation
et une nouvelle enceinte permettant de modifier les propriétés de gonflement des charbons
gonflants tout en conservant sensiblement leur teneur en matières volatiles, et par
conséquent de permettre l'utilisation de tels charbons pour la fabrication du coke
moulé ou du semi-coke en four tournant ou en lit fluidisé. Un autre but est d'éviter
la dégradation des charbons traités tout en utilisant des fumées plus chaudes, et
donc à effet plus rapide.
[0006] Ce but est atteint, selon l'invention, par un procédé dans lequel on soumet dans
une enceinte de fluidisation comportant une zone supérieure rétrécie d'entraînement
des fines dudit charbon à un traitement en lit fluidisé, dans lequel on règle la température
à au moins 3
00°C au moyen de fumées chaudes de combustion ayant une teneur en oxygène supérieure
à 10%, par le fait qu'on introduit dans l'enceinte de fluidisation le charbon à une
granulométrie plus grossière que la granulométrie des fines désirée et on le soumet
dans l'enceinte de fluidisation à un traitement de broyage.
[0007] On a montré précédemment les inconvénients du procédé connu par le brevet FR 1 332
711. On voit que l'invention permet d'éviter ces inconvénients, du fait qu'on peut,
comme on le verra plus loin, travailler jusqu'à des températures de fumées de 800°C
environ, auxquelles on peut exposer sans dommage le charbon en assez gros grains,
pour le broyer dans l'enceinte de fluidisation, où les particules maintenant plus
fines du fait du broyage dans les fumées sont soumises à des gaz moins chauds, puisque
ces gaz ont servi à sécher et/ou chauffer le charbon jusqu'à la température désirée
avant son fractionnement à la granulométrie finale.
[0008] Selon une caractéristique, on règle la température dans le lit fluidisé entre 300
et 360°C, de préférence au voisinage de 340°C et on soumet les fines à un traitement
de broyage par impact dans une zone de l'enceinte comprise entre le lit fluidisé et
la zone rétrécie d'entraînement.
[0009] Selon un mode de réalisation avantageux, on sèche les fines avant de les introduire
dans l'enceinte de fluidisation, de préférence en les introduisant dans un courant
à vitesse d'entraînement des fumées chaudes de fluidisation.
[0010] Selon une caractéristique avantageuse, on règle la température des fumées chaudes
de combustion à une valeur supérieure à 500°C et de préférence comprise entre 500
et 800°C. Le procédé permet en effet d'introduire le charbon humide dans l'installation
sous forme de grains de l'ordre de 1 à quelques millimètres de diamètre qui peuvent
supporter sans dommage le contact avec des gaz à température élevée. Il en résulte
une augmentation importante de la capacité de production de l'installation.
[0011] Selon un mode de réalisation particulier, on amène les fines traitées à un récipient
de stockage et on établit dans ce récipient de stockage une atmosphère appauvrie en
oxygène, et pour obtenir une atmosphère appauvrie en oxygène, on introduit dans ledit
récipient de stockage une partie des fumées ayant entraîné les fines traitées.
[0012] Le but de l'invention est également atteint par une installation comprenant :
- une enceinte de traitement par fluidisation,à la base de laquelle débouche un conduit
d'un agent gazeux de fluidisation et d'entraînement et munie d'un mobile de broyage
par impact,
- des moyens d'introduction dans ladite enceinte et/ou ledit conduit de fines de charbon
à traiter,
- une conduite d'entraînement des fines traitées par l'agent gazeux se raccordant
à la partie supérieure de l'enceinte de traitement par fluidisation,
- une chambre de combustion pour la prcducticn de l'agent gazeux de fluidisation et
d'entraînement dirigé vers le conduit débouchant dans l'enceinte de traitement par
fluidisation, ladite chambre de combustion comportant au moins un brûleur,
- des moyens de régulation d'un combustible liquide ou gazeux amené au brûleur asservis
à des moyens de mesure de température dans ladite enceinte et des moyens de réglage
du taux d'air de combustion, grâce au fait que le mobile de broyage par impact est
disposé dans une zone intermédiaire de l'enceinte de traitement et son point le plus
bas est à au moins 1 mètre au-dessus de la zone de raccord entre la conduite de séchage
des fines à traiter et l'enceinte de traitement,et les moyens de réglage du taux d'air
de combustion assurent un excès d'air.
[0013] Une telle installation présente donc des modifications, appropriées à la mise en
oeuvre du procédé, par rapport à des installations de séchage et de préchauffage du
charbon dans lesquelles le charbon humide préalablement broyé est mis en contact avec
des fumées chaudes neutres, puis le charbon et les fumées sont introduits dans une
enceinte de fluidisation à la base de laquelle tourne un mobile de broyage. De telles
installations sont par exemple décrites dans le brevet français N° 1 555 546 du demandeur.
[0014] Il est avantageux, pour une installation comprenant une enceinte de stockage des
fines traitées, que cette enceinte soit balayée par une partie des fumées de fluidisation
et d'entraînement ayant entraîné les fines traitées hors de l'enceinte et les ayant
transportées dans ladite enceinte de stockage.
[0015] L'invention concerne également une enceinte de traitement par fluidisation et broyage
à la base de laquelle débouche un conduit d'un agent gazeux de fluidisation et d'entraînement
et munie d'un mobile de broyage par inpact, comportant des moyens d'introduction dans
ladite enceinte et/ou ledit conduit de matériaux granuleux et/ou pulvérulents et comportant
une conduite d'entraînement des matériaux traités par l'agent gazeux se raccordant
à la partie supérieure de l'enceinte de traitement par fluidisation et broyage, dans
laquelle le mobile de broyage par impact est disposé dans une zone intermédiaire de
l'enceinte de traitement, et son point le plus bas est à au moins 1 mètre au-dessus
de la zone de raccordement entre la conduite de séchage des fines à traiter et l'enceinte
de traitement.
[0016] Ainsi l'installation et particulièrement l'enceinte de traitement utilisées pour
la mise en oeuvre de l'invention diffèrent essentiellement de celles qui sont utilisées
pour le séchage et le préchauffage du charbon conformément à l'enseignement du brevet
français N° 1 555 546, par le fait que le mobile de broyage se trouve placé, non à
la base de la zone fluidisée, mais à la partie supérieure ou médiane de celle-ci,
ce qui a pour effet d'augmenter le temps de séjour du charbon au sein du lit fluidisé.
[0017] D'autres caractéristiques et avantages ressortiront de la description, qui sera donné
ci-après uniquement à titre d'exemple, d'un mode de réalisation de l'invention. On
se reportera, à cet effet, au dessin annexé dont la figure unique représente schématiquement
une installation selon l'invention avec une enceinte de traitement de fluidisation
selon l'invention, pour la mise en oeuvre du procédé de l'invention.
[0018] L'installation représentée comporte une enceinte 1 de traitement par fluidisation
comportant une section droite rectangulaire constante sur une hauteur H, raccordée
progressivement à sa base à une conduite 2 pour un agent gazeux de fluidisation et
progressivement, par une zone de raccordement en rétrécissement 3, pour augmentation
de vitesse, à une conduite 4 d'entraînement des fines traitées. Du charbon à l'état
de fines est amené par un convoyeur 5 sur un crible 6 où le passant est repris par
un dispositif chargeur à vis 7 d'introduction des fines de charbon dans la conduite
2. Pour créer un mouvement ascendant de l'agent gazeux de fluidisation et d'entraînement,
il est prévu une chambre de combustion 8 alimentée en gaz et en air respectivement
par les conduites 9 et 10, l'air étant pulsé par un ventilateur 11. Un dispositif
de régulation 12 asservit les débits de gaz et d'air à une température de consigne
mesurée par une sonde thermométrique 13 disposée dans l'enceinte 1 et régule la propor-
tion de gaz et d'air avec un excès d'air tel que les fumées produites dans la chambre
de combustion 6 aient une teneur en oxygène supérieure à 10%.
[0019] La hauteur H de la section constante de la partie parallélépipédique de l'enceinte
1 est de 3 m. Cette partie de l'enceinte, dont la section transversale est de 0,56
m x 0,18 m comprend un mobile tournant 14 d'axe horizontal 15 du type broyeur à impact,
tel qu'un broyeur à barreaux ou à marteaux d'un diamètre de
0,
4 m, mais, contrairement à ce qui se fait habituellement, l'axe de ce mobile 14 est
à une hauteur telle qu'il subsiste 1 m environ entre son point le plus bas et la partie
inférieure de la partie parallélépipédique de l'enceinte. Selon l'observation du demandeur,
le mobile disposé conformément à l'invention joue un rôle de dispersion ou et de régulation
plus que de broyage, le charbon étant introduit déjà fin. Le mobile étant en position
plus haute que d'usage, le lit fluidisé est plus dense et le temps de séjour est donc
plus long, ce qui est favorable à un traitement plus poussé.
[0020] La conduite 4 d'entraînement du charbon oxydé débouche dans une batterie de cyclones
16, au vortex desquels on évacue les fumées et à la pointe desquelles on recueille
directement le charbon oxydé dans une trémie 17 étanche, à l'exception d'un évent
de dégazage 18, à la base de laquelle est disposée une vis humidificatrice de reprise
19 vers une utilisation 20. On voit que les fumées oxydantes, mais ayant perdu une
partie de leur pouvoir oxydant, servant de fluide de transport pneumatique, l'atmosphère
dans la trémie est constituée par ces fumées qui sont alors relativement pauvres en
oxygène, et en tout cas plus pauvre que l'air. La trémie 17 peut être montée sur pesons,
en vue de tout usage possible, tel que déclenchement de vidage de charge vers l'utilisation
20 ou tel qu'arrêt de l'alimentation par la vis 7.
[0021] Le réglage de l'installation se fera en fait de la façon suivante :
- l'opérateur choisit un débit de charbon,
- le débit d'air au brûleur est maintenu constant,
- la température dans la zone de réaction est maintenue constante par action sur le
débit de gaz. Si la tempéra-. ture du lit chute (humidité du charbon augmentant, par
exemple, le débit de gaz est augmenté, la température des fumées d'attaque augmente
alors, tandis que l'excès d'air diminue, ce qui entraîne une remontée de la température
dans la zone de réaction. Si, au contraire, la température monte, le débit de gaz
doit être réduit et la température des fumées d'attaque va diminuer. Toutefois, l'excès
d'air augmentant, il peut y avoir emballement de la réaction. Aussi convient-il d'avoir
en sécurité une injection d'eau dans la zone de réaction, comme il est connu en soi.
- EXEMPLE -
[0022] L'installation décrite a été utilisée pour traiter un charbon flambant gras ayant
les caractéristiques suivantes :
Indice de gonflement 5 selon norme AFNOR NF M 11 COL de novembre 1968 Teneur en matières
volatiles sur sec : 37%
Taux de cendres : 5%
Humidité 6,1%
Granulométrie : 98% <5mn, 86,4% < 3,15 mm 71,1% < 2 mm, 22,2%<0,5 mm
[0023] Des produits plus grossiers risqueraient de produire des bourrages.
[0024] Les conditions de marche de l'installation étaient les suivantes :
- Débit de charbon : 700 kg/h sur sec (soit environ 7000 kg/h par m2 de section de la zone de traitement)
- Température des gaz à la sortie de la chambre de combustion : 780°C
- Teneur en oxygène des gaz à la sortie de la chambre de combustion.: 15%
- Température de traitement (zone de broyage et d'oxydation) : 340°C.
- Vitesse à vide des fumées (zone de broyage et d'oxydation): 3,5 m/s
- Perte de charge (zone de broyage et d'oxydation): 425 mm CE.
[0025] Le charbon oxydé obtenu dans ces conditions avait les caractéristiques suivantes
:
Indice de gonflement : 1 à 1,5 selon norme AFNOR Matières volatiles : 33,5 à 35,5%
Humidité (après vis humidificatrice ) : 9% Taux de cendres : 4,9%
Granulométrie : 91 à 96% < 2 mm 38 à 46% <0,5 mm
[0026] On voit que l'invention a permis de réduire substantiellement l'indice de gonflement,
sans réduction notable de la teneur en matières volatiles et que le charbon ainsi
traité peut servir de matière première pour faire un semi-coke, ce qui était impossible
avec le charbon de départ.. On peut même, sans passer par une vis humidificatrice,
utiliser directement le charbon oxydé pour le carboniser immédiatement en four tournant
ou en fluidiseur.
1) Procédé de modification par oxydation ménagée des propriétés de gonflement d'un
charbon gonflant d'indice de gonflement AFNOR compris entre 2,5 et 6, tel qu'un flambant
gras, dans lequel on soumet dans une enceinte de fluidisation comportant une zone
supérieure rétrécie d'entraînement des fines dudit charbon à un traitement en lit
fluidisé dans lequel on règle la température à au moins 300°C au moyen de fumées chaudes
de combustion ayant une teneur en oxygène supérieure à 10 %, caractérisé en ce qu'on
introduit dans l'enceinte de fluidisation le charbon à une granulométrie plus grossière
que la granulométrie des fines désirée et on le soumet dans l'enceinte de fluidisation
à un traitement de broyage.
2) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on règle la température
dans le lit fluidisé entre 300 et 360°C, de préférence au voisinage de 340°C.
3) Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'on règle la température
des fumées chaudes de combustion à une valeur comprise entre 500 et 800°C.
4) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on soumet les fines à un
traitement de broyage par impact dans une zone de l'enceinte comprise entre le lit
fluidisé et la zone rétrécie d'entraînement.
5) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce, qu'avant de les introduire
dans l'enceinte de fluidisation, on sèche les fines.
6) Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce qu'on sèche les fines en les
introduisant dans un courant à vitesse d'entraînement des fumées chaudes de fluidisation.
7) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on amene les fines traitées
à un récipient de stockage et on établit dans ce récipient de stockage une atmosphère
appauvrie en oxygène.
8) Procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce que, pour obtenir une atmosphère
appauvrie en oxygène, on introduit dans ledit récipient de stockage une partie des
fumées ayant entraîné les fines traitées.
9) Installation pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications
1 à 8, comprenant :
- une enceinte de traitement par fluidisation à la base de laquelle débouche un conduit
d'un agent gazeux de fluidisation et d'entraînement et munie d'un mobile de broyage
par impact,
- des moyens d'introduction dans ladite enceinte et/ou ledit conduit de fines de charbon
à traiter,
- une conduite d'entraînement des fines traitées par l'agent gazeux se raccordant
à la partie supérieure de l'enceinte de traitement par fluidisation,
- une chambre de combustion pour la production de l'agent gazeux de fluidisation et
d'entraînement dirigé vers le conduit débouchant dans l'enceinte de traitement par
fluidisation, ladite chambre de combustion comportant au moins un brûleur,
- des moyens de régulation d'un combustible liquide ou gazeux amené au brûleur asservis
à des moyens de mesure de température dans ladite enceinte et des moyens de réglage
du taux d'air de combustion, caractérisée en ce que le mobile de broyage par impact
(14) est disposé dans une zone intermédiaire de l'enceinte (1) de traitement et son
point le plus bas est à au moins 1 mètre au-dessus de la zone de raccordement entre
la conduite (2) de séchage des fines à traiter et l'enceinte de traitement (1), et
les moyens de réglage du taux d'air de combustion sont réglables pour assurer un excès
d'air.
10) Installation selon la revendication 9, comprenant une enceinte de stockage des
fines traitées, caractérisée en ce que cette enceinte (17) est balayée par une partie
des fumées de fluidisation et d'entraînement ayant entraîné les fines traitées hors
de l'enceinte (1) et les ayant transportées dans ladite enceinte de stockage (17).
11) Enceinte de traitement par fluidisation et broyage à la base de laquelle débouche
un conduit d'un agent gazeux de fluidisation et d'entraînement et munie d'un mobile
de broyage par impact, comportant des moyens d'introduction dans ladite enceinte et/ou
ledit conduit de matériaux granuleux et/ou pulvérulents et comportant une conduite
d'entraînement des matériaux traités par l'agent gazeux se raccordant à la partie
supérieure de l'enceinte de traitement par fluidisation et broyage, caractérisée en
ce que le mobile de broyage par impact (14) est disposé dans une zone intermédiaire
de l'enceinte (1) de traitement, et son point le plus bas est à au moins 1 mètre au-dessus
de la zone de raccordement entre la conduite (2) de séchage des fines à traiter et
l'enceinte de traitement (1).