[0001] La présente invention concerne la fabrication des essieux-axes, notamment de matériel
roulant de chemin de fer, par forgeage dans une matrice, dans tous les cas où ces
essieux-axes se terminent à chacune de leurs deux extrémités par des parties cyclindriques
ou coniques, dénommées fusées, dont le diamètre moyen est inférieur au plus gros diamètre
de l'essieu ou axe considéré.
[0002] De tels essieux comportent successivement, d'une extrémité à l'autre: (voir figures
1 et 2)
- une première fusée f1, constituée par un cylindre ou un cône de diamètre moyen d(f),
se terminant par un épaulement arrondi de raccordement avec la portée de déflecteur
qui la suit. Cette fusée sert de suport au véhicule par l'intermédiaire d'un roulement
ou d'un coussinet.
- Une première portée de déflecteur pd1, encore appelée parfois »gardegraisse«, de
faible longueur, dont le profil est un arrondi, et de diamètre moyen d(pd) généralement
supérieur au diamètre d(f) de la fusée.
- Une première portée de calage pc1 de diamètre d(pc) supérieur au diamètre d(f) de
la fusée et au diamètre moyen d(pd) de la portée de déflecteuer. C'est sur cette portée
de calage que sera fixée une roue du véhicule.
- Un corps c, qui peut être cylindrique, de diamètre d(c) dans certains types d'essieux
tels que selon la figure 1, ou cyclindro-biconique dans certains autres types tels
que selon la figure 2 (soit d(c) le diamètre minimal dans ce dernier cas). Le diamètre
d(c) du corps est toujours inférieur au diamètre d(pc) de la portée de calage et généralement
supérieur au diamètre d(f) de la fusée.
- Une deuxième portée de calage pc2 identique à la première, et destinée à recevoir
une autre roue du véhicule.
- Une deuxième portée de déflecteur pd2 identique à la première.
- Enfin, une deuxième fusée f2 identique à la première, servant de support au véhicule
par l'intermédiaire d'un roulement.
[0003] Il est à noter qu'un essieu-axe peut également comporter:
- soit une portée d'engrenage pe, de diamètre d(pe) généralement supérieur au diamètre
du corps d(c) et supérieur au diamètre de portée de calage d(pc). C'est sur cette
portée que se fixe l'engrenage d'entrainement de la locomotive.
- soit (voir figure 3) deux portées supplémentaires p.disc 1 et p disc. 2 destinées
à recevoir les disques de freinage des voitures de voyageurs, des wagons ou des locomotives.
Leur diamètre d (disc) est généralement supérieur au diamètre du corps d(c) et supérieur
au diamètre de la portée de calage d(pc). Les corps intermédiaires Ci et C2 ont un diamètre voisin de d(c).
[0004] Ceci étant bien défini pour la clarté de l'exposé qui va suivre, voici maintenant
un bref rappel des procédés de forgeage à chaud connus pour fabriquer des essieux-axes,
qui agissent tous par étirage de l'ébauche. On peut les classer en trois catégories
distinctes:
1 - Le forgeage vertical libre, en tas plats, en matrices ou en étampes, réalisé soit
au moyen d'une presse hydraulique verticale, soit au moyen d'un marteau-pilon.
2 - Le forgeage horizontal libre, réalisé au moyen d'une machine à forger horizontale
à marteaux multiples.
3 - Le laminage sur un train de laminoir spécial muni de galets, sont le principe
rappelle celui du laminage des tubes d'acier sans soudre.
[0005] Ces procédés présentent des inconvénients importans:
a) Tout d'abord, les procédés par forgeage (1) et (2) exigent un très grand nombre
de coups de presse - entre 100 et 130 pour les procédés (1), entre 400 et 500 pour
le procédé (2), et la cadence de production est peu élevée.
b) Ensuite, pour tous les procédés connus, la qualité du resultat obtenu dépend, entre
autres choses, de la fiabilité de la commande de la presse, de la machine à forger,
ou du laminoir, et cette fiabilité est difficile à assurer étant donnée la très grande
multiplicité et la complexité des opérations élémentaires successives à réaliser.
c) D'autre part, les surépaisseurs sont fortes dans les procédés (1) et assez fortes
dans le procédé (2), si bien que les mises au mille (rapport entre le poids de l'ébauche
et celui de l'essieu fini après usinage) sont fortes : 1,300 avec les procédés (1)
et 1,250 avec le procédé (2).
d) La qualité interne des essieux fabriqués selon les procédés (1) est bonne, mais
les surépaisseurs obtenues par forgeage sont importantes. En revanche, la qualité
interne des essieux fabriqués selon le procédé (2) est plus sujette à caution, du
fait de déformations effectuées essentiellement en peau, tandis que les surépaisseurs
sont plus faibles qu'en (1).
e) Dans les procédés (1), la rectitude est rès imprécise et nécessite une opération
intermédiaire de dressage.
[0006] D'autres procédés ne sont plus utilisés actuellement. C'est le cas, en particulier,
du poinçonnage rotatif d'une ébauche cylindrique issu du brevet US n° 2 273 931 de
C. P. BYRNES. Par rapport à la présente invention, de dernier procédé présente les
inconvénients suivants:
(1) - Les surépaisseurs sont plus importantes car: (1.1) - le diamètre des fusées
est égal au diamètre du corps. (1.2) - Les matrices de serrage sont crantées pour
l'entrainement en rotation.
(2) - La formation de crans ou cannelures dans l'ébauche entraine des difficultés
lors de l'usinage ultérieur.
(3) - L'extrémité du poinçon rotatif reste systématiquement dans la pièce après forgeage,
ce qui perturberait un contrôle aux ultra-sons en service par le réseau de chemins
de fer utilisateur.
(4) - Les parties extrêmes des fusées creuses s'arrêtent juste au niveau de la portée
de calage de l'essieu, provoquant des concentrations de contraintes dans une zone
très sollicitée, celle du calage de la roue. Cette technique est inacceptable par
les réseaux de chemins de fer européens.
[0007] D'une manière également connue, certains essieux sont fabriqués sans aucun forgeage,
à partir d'une ébauche ronde laminée, dressée après un traitement thermique de normalisation,
puis usinée. Les deux inconvénients principaux de cette méthode connue sont que l'usinage
coupe certaines fibres du métal laminé, ce qui peut entrainer une moindre résistance
mécanique de l'essieu, et que la mise au mille métallique, c'est à dire le rapport
entre le poids de l'ébauche et le poids de l'essieu fini, est très élevée.
[0008] Le but de la présente invention est d'éviter tous ces inconvénients des procédés
connus en utilisant un procédé de forgeage par refoulementfilage à chaud, qui ne procède
plus du tout par étirage, mais au contraire par refoulement des parties médianes et
filage sumultané des parties extrêmes d'une ébauche chauffée, de telle sorte que ce
procédé se traduit par une opération unique de compression de l'ébauche dans une matrice
fermée.
[0009] A cet effet, la présente invention a pour objet un procédé de fabrication des essieux-axes,
notamment de matériel roulant de chemin de fer, par forgeage dans une matrice d'une
ébauche chauffée d'un diamètre inférieur au plus gros diamètre de l'essieu-axe à fabriquer,
caractérisé en ce qu'au moins une partie de l'ébauche est chauffée à une température
comprise entre 1 100° et 1 300°C, et de préférence voisine de 1 260°C, en ce que l'essieu-axe
a deux fusées, et en ce que le forgeage comporte une opération simultanée de refoulement
des parties médianes de l'essieu-axe et de filage d'au moins une des deux fusées,
cette opération simultanée étant effectuée par un mouvement vers le centre de l'essieu-axe
d'au moins une bague formant une partie de la matrice, ce mouvement étant produit
par un seul coup de presse.
[0010] Suivant une première variante de l'invention, pour un même essieuaxe, le forgeage
par refoulement-filage s'effectue dans une matrice dont toutes les pièces sont fixes,
en deux coups de presse successifs, à raison d'un coup de presse pour chacune des
deux moitiés transversales de l'essieu-axe, les deux coups de presse étant séparés
par un réchauffage et par une manutention intermédiaires.
[0011] Suivant une deucième variante de l'invention, le forgeage par refoulement-filage
d'un essieu-axe complet s'effectue en un seul coup de presse, le corps de l'essieu-axe
restant fixe, tandis que la matrice comporte deux bagues de fusée mobiles, qui façonnent
par filage les deux fusées et les deux portées de déflecteur, et par refoulement simultané
les portées de calage.
[0012] Suivant une caractéristique préférée de l'invention, l'ébauche est chauffée dans
son ensemble à une même temperature, de préférence comprise entre 1 100° et 1 300°C,
et plus spécialement voisine de 1 260° C.
[0013] Suivant une autre caractéristique férée de l'invention, distincte de la précédente,
l'ébauche subit un chauffage différentiel étagé..
[0014] C'est ainsi qu'il est tout spécialement recommandé de chauffer les parties de l'ébauche
destinées à former les fusées de l'essieu à une température comprise entre 1 100°
et 1 250° C, et de préférence voisine de 1 180° C.
[0015] C'est ainsi qu'il est également recommandé que, en plus de ce qui précède, les parties
de l'ébauche destinées à former les portées de calage intermédiaires receveant ou
les disques de freins ou les roues pour engrenages, soient chauffées à une température
comprise entre 1 200°C et 1 300°C, et de préférence voisine de préférence voisine
de 1 260° C.
[0016] Dans le cas d'un essieu dont le corps cylindrique ne subira pas de déformation par
forgeage, la partie de l'ébauche destinée à former le corps de l'essieu-axe ne sera
pas chauffée.
[0017] Pour chauffer l'ébauche dans le procédé selon l'invention, et tout spécialement s'il
s'agit d'un chauffage différentiel étagé, il est préférable d'utiliser un chauffage
par induction.
[0018] Suivant une autre caractéristique préférée de l'invention, l'ébauche est constituée
par une barre ronde laminée et écroutée avant chauffage.
[0019] Elle peut aussi être constituée d'une barre carrée à angles arrondis, ou encore d'une
barre à section transversale ogivale c'est à dire d'une barre carrée à faces bombées,
et écroutée avant chauffage.
[0020] Le procédé de forgeage par refoulement-filage des essieux-axes selon l'invention
peut être réalisé indifféremment sur une presse à forger verticale ou sur une presse
à forger horizontale. A la rigueur, la direction du forgeage pourrait même être oblique,
mais cela ne présente aucun avantage pratique.
[0021] Dans le procédé selon l'invention, chaque partie de la matrice est efficacement lubrifiée
individuellement, quelle que soit la direction du forgeage.
[0022] Comme on le comprend, la présente invention présente sur les procédés connus de forgeage
ou de laminage des essieux d'importants avantages.
[0023] Tout d'abord, la cadence de fabrication est beaucoup plus élevée puisque, pour un
même essieu, il faut ici seulement deux, ou même un seul, coup de presse au lieu de
100 à 130, ou même 400 à 500, dans tels ou tels des procédés connus.
[0024] Ensuite, la qualité du résultat obtenu est indépendante d'une fiabilité plus ou moins
grande d'un système de commande, puisque c'est le profil géométrique des pièces de
la matrice, lequel est prédéterminé avec une grande précision, qui impose les dimensions
de l'essieu ainsi fabriqué.
[0025] D'autre part, l'ébauche peut être cylindrique, ce qui simplifie la préparation.
[0026] Malgré cela, les surépaissuers de l'essieu ainsi obtenu brut de forgeage par refoulement-filage
qui sont enlevées par usinage ultérieur pour obtenir l'essieu fini, sont notablement
plus faibles que dans les procédés connus. Ainsi, pour obtenir un essieu de 520 kg,
il suffit de partir d'une ébauche de moins de 600 Kg, contre 680 Kg pour l'ébauche
subissant un forgeage vertical de type connu et 650 Kg pour l'ébauche subissant un
forgeage horizontal de type connu. Ici, le rapport entre le poids de l'ébauche et
le poids de l'essieu fini est inférieur à 1,150.
[0027] Avant usinage des surépaisseurs, l'essieu fabriqué par le procedé selon l'invention
ne nécessite pas d'ébavurage, car il ne présente aucune bavure.
[0028] En ce qui conderne la qualité interne de l'essieu ainsi obtenu, il faut noter que
ce procédé réalise un fibrage intégral. Lors de l'usinage final, on usine des fibres
complètes, sans rompre aucune fibre existate.
[0029] D'une façon générale, la précision du forgeage selon l'invention est bien meilleure
que dans tous les procédés connus.
[0030] En ce qui concerne le chauffage de l'ébauche, les variantes du procédé selon l'invention
qui utilisent un chauffage différentiel étagé, par exemple par induction, permettent
de réaliser une économie d'énergie importante par rapport au chauffage complet de
l'ébauche.
[0031] L'invention présente donc de multiples avantages.
[0032] Afin de bien la faire comprendre, on va décrire ci-après, à titre d'exemples non
limitatifs, trois modes de réalisation d'essieux de matériel ferroviaire selon l'inventicn.
[0033] Le premier exemple concerne un essieu A à corps cylindrique. Le deuxième exemple
concerne un essieu B à corps cylindro-biconique. Le troisième exemple concerne un
essieu C à corps cylindrique et à 4 portées de calage.
La figure 1 est une coupe longitudinale de l'essieu A.
La figure 2 est une coupe longitudinale de l'essieu B.
La figure 3 est une coupe longitudinale de l'essieu C à 4 portées de calage.
[0034] Les figures 4 et 5 représentent des courbes de température de chauffage différentiell
étagé pour chacune des deux moitiés de l'essieu C.
[0035] Les figures 6, 7 et 8 sont une vue schématique du forgeage par refoulement-filage
de l'essieu A; elles comprennent respectivement:
- en figure 6, une vue de l'ébauche, de la presse et des bagues de fusée mobiles avant
forgeage par refoulement-filage.
- en figure 7, une vue de l'ensemble en fin de forgeage par refoulementfilage.
- en figure 8, une vue de l'ensemble après forgeage par refoulement-filage, c'est
à dire après retrait de l'élément supérieur de la presse, et retrait des bagues de
fusée mobiles.
[0036] De même, les figures 9,10 et 11 sont une vue schématique du forgeage par refoulement-filage
de l'essieu B; elles comprennent respectivement:
- en figure 9, une vue avant forgeage par refoulement-filage
- en figure 10, une vue en fin de forgeage par refoulement-filage
- en figure 11, une vue après forgeage par refoulement-filage.
[0037] Les figures 12, 13 et 14 sont une vue schématique du forgeage par refoulement-filage
de l'essieu C; elles comprennent respectivement:
- figure 12: une vue avant refoulement-filage
- figure 13: une vue de l'ensemble en fin de refoulement - filage
- figure 14: une vue de l'ensemble après refoulement-filage.
[0038] Ces trois types d'essieux A, B, C représentés sur les figures peuvent être fabriqués
selon l'invention dans des conditions de forgeage-matriçage identiques, les seules
différences étant d'ordre géométrique, en particulier pour les parties constituant
le corps et le nombre de portées de calage de l'essieu.
[0039] Leurs dimensions respectives sont en effet les suivantes, en millimètres:

Essieu C (voir page 8)
[0040] Si leur forgeage par refoulement-filage est réalisé en deux coups de presse successifs,
à raison d'un pour chacune des deux moitiés de l'essieu, on effectue un premier chauffage
différentiel étagé pour la première moitié de l'essieu selon la courbe de température
2 de la figure 4. Sur cette figure, l'ébauche schématisée en 1 est celle qui convient
pour un essieu C. C'est une barre ronde de 2430 millimètres de longueur et de 195
millimètres de diamètre. Son chauffage est effectué par induction de la manière suivante:
La partie 4 de l'ébauche 1, qui a 335 mm de longueur, est chauffée à une température
de 1260°C.
Elle est destinée à former la portée de calage du disque et le corps intermédiaire.
La partie 3 de l'ébauche 1, qui a 600 mm de longueur, est chauffée à une température
de 1 180°C.
Elle est destinée à former la portée de calage de la roue, la portée de déflecteur
et la fusée.
La partie 5 de l'ébauche 1 restante n'est pas chauffée et reste à la température ambiante.
[0041] Après forgeage par refoulement-filage de cette première moitié, comme il va être
expliqué plus loin, on procède au chauffage par induction de la deucième moitié de
l'ébauche 1 après avoir entouré la première moitié déjà forgée par une enveloppe de
protection 6. Le profil thermique appliqué est représenté en 7 sur la figure 5. Il
est symétrique de celui de la figure 4. Après quoi l'on procède au deuxième coup de
presse.

[0042] On peut aussi procéder au forgeage par refoulement-filage en un seul coup de presse
si l'on a chauffé les deux moitiés de l'ébauche simultanélement, et si la presse dont
on dispose le permet.
[0043] Le forgeage par refoulement-filage d'un essieu de type A, à corps cylindrique, est
schématisé sur les figures 6, 7 et 8.
[0044] Sur la figure 6, avent forgeage, la partie médiane de l'ébauche 8 est serrée entre
les deux moitiés hémi-cylindriques 9 et 10 de la matrice, qui présentent d'autre part
deux évidements en 11 et 12, de diamètre adapté aux dimensions à obtenir pour les
deux portés de calage. De plus, deux bagues de fusée mobiles 13 et 14, de profil convenable,
sont disposées à chaque extrémité de l'ébauche.
[0045] Comme on le voit en comparant les figures 6 et 7, le forgeage par refoulement-filage
selon l'invention sonsiste à pousser les bagues de fusée mobiles 13 et 14 (figure
6) jusqu'en 13' et 14' (figure 7) soit en deux opérations de presse successives, soit
en une seule opération, de telle sorte que les deux fusées sont obtenues par filage,
tandis que les deux portées de calage sont obtenues par refoulement, le filage et
le refoulement se produisant simultanément.
[0046] Après forgeage (figure 8), on écarte en 13" et 14" les deux bagues de fusée mobiles,
on relève la demi-matrice 9, de sorte que l'essieu forgé 15, reposant sur la demi-matrice
10, peut être alors manutentionné.
[0047] Les figures 9, 10 et 11 schématisent les mêmes opérations pour le forgeage par refoulement-filage
d'un essieu à corps cylindro-biconique, de type B. La seule différence avec ce qui
précède est que les deux moitiés 16 et 17 de la matrice ont, dans leur partie médiane,
un profil cylindro-biconique, et non plus un profil cylindrique.
[0048] Un des avantages essentiels du forgeage par refoulement-filage selon l'invention
est que les surépaisseurs résiduelles après forgeage, à éliminer par usinage ultérieur,
sont ici beaucoup plus faibles que dans les méthodes de forgeage connues.
[0049] Les figures 12, 13 et 14 schématisent également les mêmes opérations pour le forgeage
par refoulement-filage d'un essieu à 4 portées de calage de type C. La seule différence
réside dans le fait que les deux moitiés 18 et 19 de la matrice comportent deux portées
de calage supplémentaires et non plus un profil cylindrique ou cylindro-binonique.
[0050] Ainsi pour un essieu de type A, le tableau I ci-dessous donne les dimensions, en
diamètre et en longueur, de l'essieu complètement fini, de l'essieu brut de forgeage
avant usinage selon les méthodes de forgeage connues, et de l'essieu brut de forgeage
selon l'invention avant usinage.
[0051] Le tableau Il donne les mêmes dimensions pour un essieu de type B.
[0053] Ces résultats sont tout à l'avantage du procédé selon l'invention.
[0054] Afin de les rendre plus expressifs, le tableau IV ci-dessous, qui décrit la succession
des opérations, présente les mises au mille entre le lingot de départ et l'essieu
fini, dans trois cas:
- 1 er cas: Essieu de type A laminé, non forgé, et usiné.
- 2ème cas: Essieu de type B laminé, forgé selon un procédé connu et usiné.
- 3éme cas: Essieux de type A ou B, laminés, forgés selon l'invention et usinés.

[0055] Dans le cas d'essieux creux, l'ébauche comporte un noyau de diamètre convenable en
silice, ou en tout autre produit réfractaire pudreux, dont le coefficient de dilatation
par rapport à celui de l'acier à essieux est tel que, à 1260° C, son adhérence avec
l'ébauche soit bonne sans être excessive, et que, à la température ambiante, son élimination
ne présente aucune difficulté.
1. Procédé de fabrication des essieus-axes notamment de matériel roulant de chemin
de fer, par forgeage dans une matrice (9, 10, 13, 14) d'une ébauche chauffée (8) d'un
diamètre inférieur au plus gros diamètre de l'essieu-axe à fabriquer, caractérisé
en ce qu'au moins une partie de l'ébauche (8) est chauffée à une température comprise
entre 1100° et 1300°C et de préférence voisine de 1260°C, en ce que l'essieu-axe a
deux fusées (fi, f2), et en ce que le forgeage comporte une opération simultanée de refoulement des parties
médianes (c, pc, pd) de l'essieu-axe et de filage d'au moins une des deux fusées (fi, f2), cette opération simultanée étant effectuée par un mouvement vers le centre de l'essieu-axe
d'au moins une bague (13, 14) formant une partie de la matrice, ce mouvement étant
produit par un seul soup de presse.
2. Procédé de fabrication des essieux-axes selon la revendication 1, caractérisé en
ce que, pour un même essieu-axe, le forgeage s'effectue dans une matrice dont toutes
les pièces sont fixes, en deux coups de presse successifs, à raison d'un coup de presse
pour chacune des deux moitiés transversales de l'essieu-axe, les deux coups de presse
étant séparés par un réchauffage et par une manutention intermédiaires.
3. Procédé de fabrication des essieux-axes selon la revendication 1, caractérisé en
ce que le forgeage d'un essieuaxe complet s'effectue en un seul coup de presse, le
corps (c) de l'essieuaxe restant fixie, tandis que la matrice comporte deux bague
(13, 14) qui façonnent par filage les deux fusées (f1, f2) et deux portées de déflecteur
(pd1, pd2), et par refoulement simultané, deux portées de calage (pc1, pc2).
4. Procédé de fabrication des essieux-axes selon l'une quelconque des revendications
1, 2 et 3, caractérisé en ce que la totalité de l'ébauche est chauffée à une même
température.
5. Procédé de fabrication des essieux-axes selon l'une quelconque des revendications
1, 2 et 3, caractérisé en ce que l'ébauche subit un chauffage différentiel étagé.
6. Procédé de fabrication des essieux-axes selon la revendication 5, caractérisé en
ce que les parties de l'ébauche destinées à former les fusées (f1, f2) de l'essieu-axe
sont chauffées à une température comprise entre 1200° C et 1300° C, et de préférence
voisine de 1260° C.
7. Procédé de fabrication des essieux-axes selon la revendication 6, caractérisé en
ce que la partie de l'ébauche destinée à former le corps (c) de l'essieu-axe n'est
pas chauffée, en ce que les parties de l'ébauche destinées à former des portées de
calage (p dise. 1, p dise. 2) des freins à disque, ou des portées de calage (pc1,
pc2) des roues pour engrenages, sont chauffées à une température comprise entre 1200°
C et 1300°C, et de préférence voisine de 1 260° C, et en ce que les parties de l'ébauche
destinées à former les fusées (f1, f2) sont chauffées à une température comprise entre
1 100°C et 1 250° C, et de préférence voisine de 1 180° C.
8. Procédé de fabrication des essieux-axes l'une quelconque des revendications 1 à
7, caractérisé en ce que l'ébauche est constituée par une barre ronde laminée et écroutée
avant chauffage.
9. Procédé de fabrication des essieux-axes selon l'une quelconque des revendications
1 à 7, caractérisé en ce que l'ébauche est constituée par une barre carrée à angles
arrondis et écroutée avant chauffage.
10. Procédé de fabrication des essieux-axes selon l'une quelconque des revendications
1 à 7, caractérisé en ce que l'ébauche est constituée par une barre de section transversale
ogivale et écroutée avant chauffage.
11. Procédé de fabrication des essieux-axes creux, selon l'une quelconque des revendications
1à 7, caractérisé en ce que l'ébauche est préalablement forée et remplie de silice,
ou de tout autre produit réfractaire poudreux dont le coefficient de dilatation par
rapport à celui de l'acier à essieux est tel que, à 1260°C, son adhérence avec l'ébauche
soit bonne sans être excessive, et que, à la température ambiante, son élimination
ne présente aucune difficulté.
1. Verfahren zur Herstellung von Achsen bzw. Tragachsen, insbesondere für rollendes
Eisenbahnmaterial, durch Schmieden in einer Form bzw. Preßform (9, 10, 13, 14) eines
erhitzten Rohlings bzw. Preßlings (8) von einem Durchmesser, der geringer ist als
der größte Durchmesser der herzustellenden Achse, dadurch gekennzeichnet, daß wenigstens
ein Abschnitt des Rohlings (8) auf einer Temperatur von 1 100-1 300°C, vorzugsweise
annähernd 1 260°C, erhitzt wird, daß die Achse zwei Achsschenkel (fi, f2) aufweist und daß das Schmieden einen gleichzeitigen Arbeitsgang des Stauchens.der
mittleren Abschnitte (c, pc, pd) der Achse und des Fließpressens wenigstens eines
der beiden Achsschenkel (fi, fz) umfaßt, wobei dieser gleichzeitige Arbeitsgang durch die Bewegung wenigstens eines
einen Teil der Preßform bildenden Ringes bzw. Stellringes (13, 14) auf das Zentrum
der Achse zu bewirkt wird und die Bewegung durch einen einzigen Preßschlag erzeugt
wird.
2. Verfahren zur Herstellung von Achsen nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß
für ein und dieselbe Achse das Schmieden in einer Preßform, in welcher alle Teile
feststehend sind, in zwei aufeinanderfolgenden Preßschlägen erfolgt, und zwar durch
einen Preßschlag für jede der beiden transversalen Hälften der Achse, wobei die beiden
Preßschläge durch ein Wiederaufheizen und eine innerbetriebliche Handhabung bzw. Zwischenförderung
getrennt sind.
3. Verfahren zur Herstellung von Achsen nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß
das Schmieden einer vollständigen Achse in einem einzigen Preßschlag erfolgt, wobei
der Körper (c) der Achse feststehend bleibt, während die Preßform zwei Ringe bzw.
Stellringe (13, 14) umfaßt, die durch Fließpressen die beiden Achsschenkel (fi, fz) und zwei Ablenkflächen (pd1, pd2) und durch gleichzeitiges Stauchen zwei Achssitze
(pc1, pc2) bilden.
4. Verfahren zur Herstellung von Achsen nach einem der Ansprüche 1, 2 und 3, dadurch
gekennzeichnet, daß der gesamte Rohling auf die gleiche Temperatur erhitzt wird.
5. Verfahren zur Herstellung von Achsen nach einem der Ansprüche 1, 2 und 3, dadurch
gekennzeichnet, daß der Rohling einer unterschiedlichen stufenweisen Erwärmung unterworfen
wird.
6. Verfahren zur Herstellung von Achsen nach Anspruch 5, dadurch gekennzeichnet, daß
jene Abschnitte des Rohlings, die für die Ausbildung der Achsschenkel (fi, f2) der Achse bestimmt sind, auf eine Temperatur zwischen 1200-1300°C, vorzugsweise
annähernd 1260° C, erhitzt werden.
7. Verfahren zur Herstellung von Achsen nach Anspruch 6, dadurch gekennzeichnet, daß
jener Abschnitt des Rohlings, der für die Ausbildung des Körpers (c) der Achse bstimmt
ist, nicht erhitzt wird, daß jene Abschnitte des Rohlings, die für die Ausbildung
der Achssitze (p.disc.1, p.disc.2) von Scheibenbremsen oder der Achssitze von Rädern
von Getrieben bestimmt sind, auf Temperaturen zwischen 1200-1300° C, vorzugsweise
annähernd 1260° C, erhitzt werden und daß jene Abschnitte des Rohlings, die für die
Ausbildung der Achssitze (pc1, pc2) von Rädern und die der Achsschenkel (f,) und (fz) bestimmt sind, auf eine Temperatur ziwschen 1 100-1 250°C, vorzugsweise annähernd
1 180°C erhitzt werden.
8. Verfahren zur Herstellung von Achsen nach einem der Ansprüche 1 bis 7, dadurch
gekennzeichnet, daß der Rohling aus einer runden gewalzten Stange besteht, die vor
dem Erhitzen abgekrustet wird.
9. Verfahren zur Herstellung von Achsen nach einem der Ansprüche 1 bis 7, dadurch
gekennzeichnet, daß der Rohling aus einer Stange von quadratischem oder viereckigem
Querschnitt mit abgerundeten Ecken besteht, die vor dem Erhitzen abgekrustet wird.
10. Verfahren zur Herstellung von Achsen nach einem der Ansprüche 1 bis 7, dadurch
gekennzeichnet, daß der Rohling aus einer Stange von ovalem Querschnitt besteht, die
vor dem Erhitzen abgekrustet wird.
11. Verfahren zur Herstellung von hohlen Achsen nach einem der Ansprüche 1 bis 7,
dadurch gekennzeichnet, daß der Rohling zuvor aufgebohrt und mit Siliziumdioxid oder
einem beliebigen anderen pulverförmigen hitzebeständigen Material gefüllt wird, dessen
Ausdehnungskoeffizient in bezug auf jenen des Achsenstahl einen solchen Wert besitzt,
daß bei 1260° C seine Haftung am Rohling zufriedenstellend jedoch nicht übermäßig
ist und daß seine Entfernung bei Raumtemperatur keinerlei Schwierigkeiten bereitet.
1. Process for producing axles, especially of railway rolling stock, by forging in
a mould (9, 10, 13, 14) a heted blank (8) of a diamter less than the largest diameter
of the axle to be produced, characterised in that at least some of the blank (8) is
heated to a temperature of between 1 100° and 1 300°C, preferably near 1 260°C, in
that the axle has two spindles (f1, f2), and in that forging includes a simultaneous operation of upsetting the central
parts (c, pc, pd) of the axle and extruding at least one of the two spindles (f1, f2), this simultaneous operation being carried out as a result of a movement towards
the centre of the axle of at least one ring (13, 14) forming part of the mould, this
movement being produced by means of a single press stroke.
2. Process for producing axles according to Claim 1, characterised in that, for one
and the same axle, forging is carried out in a mould, all the components of which
are fixed, in two successive press strokes at the rate of one press stroke for each
of the two transverse halves of the axle, the two press strokes being separated by
intermediate heating and handling.
3. Process for producing axles according to Claim 1, characterised in that the forging
of a complete axle is carried out in a single press stroke, the body (c) of the axle
remaining fixed, whilst the mould incorporates two rings (13, 14) which shape the
two spindles (f1, f2) and two deflector bearings (pd1, pd2) by means of extrusion,
and two wedging bearings (pc1, pc2) by means of simultaneous upsetting.
4. Process for producing axles according to any one of Claims 1, 2 and 3, characterised
in that the entire blank is heated to the same temperature.
5. Process for producing axles according of any one of Claims 1, 2 and 3, characterised
in that the blank undergoes differential heating in stages.
6. Process for producing axles according to Claim 5, characterised in that the parts
of the blank which are intended to form the spindles (f1, f2) of the axles are heated
to a temperature of between 1 200°C and 1 300°C, preferably near 1 260°C.
7. Process for producing axles according to Claim 6, characterised in that the part
of the blank which is intended to form the body (c) of the axle is not heated, in
that the parts of the blank which are intended to form wedging bearings (p disc.1,
p disc.2) of disc brakes or wedging bearings of wheels for gears are heated to a temperature
of between 1 200° C and 1 300° C, preferably near 1 260° C, and in that the parts
of the blank which are intended to form the wedging bearings (pc1, pc2) of the wheels
and the spindles (f1) a (f2) are heated to a temperature of between 1 100°C and 1
250°C, preferably near 1 180°C.
8. Process for producing axles according to any one of Claims 1 to 7, characterised
in that the blank consists of a round bar rolled and peeled before heating.
9. Process for producing axles according to any one of Claims 1 to 7, characterised
in that the blank consists of a square bar having rounded angles and peeled before
heating.
10. Process for producing axles according to any one of Claims 1 to 7, characterised
in that the blank consists of a bar of ogival cross-section, peeled before heating.
11. Process for producing hollow axles according to any one of Claims 1 to 7, characterised
in that the blank is previously drilled and filled with silica or any other powdery
refractory product, of which the coefficient of expansion in relation to that of axle
steel is such that, at 1 260° C, its adhesion to the blank is good without being excessive
and that, at ambient temperature, there is no difficulty in eliminating it.