[0001] Au cours de nombreuses opérations industrielles, les objets manipulés peuvent être
transportés sur des convoyeurs offrant un simple support horizontal. C'est notamment
le cas d'articles tels que des bouteilles, pots ou autres récipients en verre. Leur
fabrication et plus encore les opérations de conditionnement des produits auxquels
ces récipients sont destinés s'effectuent à très haute cadence, en particulier dans
l'embouteillage et exigent l'emploi de machines automatiques. Les machines en question,
qu'elles soient de contrôle, de remplissage ou de capsulage, etc.. sont généralement
des machines à barillet alimentées par une chaine de convoyeurs horizontaux sur lesquels
les articles, des bouteilles par exemple, sont simplement posés : une roue en étoile
les prélève un à un pour les séparer et les présenter tour à tour, en continu ou pas
à pas, à un ou plusieurs postes de travail, avant de les relâcher sur le tronçon suivant
de convoyeur.
[0002] A divers moments, il peut en outre être nécessaire d'aiguiller différemment les objets
successifs, en fonction de tel ou tel critère, vers les étapes ultérieures de la fabrication
en cours. C'est en particulier le cas pour dédoubler des files, les regrouper au contraire
ou encore à la sortie des postes de contrôle, lorsqu'il faut éliminer les objets défectueux.
[0003] On a rapidement songé à placer sur le côté du convoyeur, à poste fixe, un éjecteur
constitué d'un poussoir transversal mû par un vérin pneumatique sur une distance de
l'ordre de la largeur ou du diamètre de l'objet, ou encore, quand il s'agit d'objets
relativement légers, une buse émettant à leur passage un jet d'air suffisamment violent.
[0004] Ces dispositifs présentent l'intérêt d'une construction très simple et s'adaptent
très facilement à des changements de fabrication : toutefois, ils doivent agir d'autant
plus rapidement que la cadence est plus élevée, de sorte que l'action du poussoir
devient rapidement trop violente, même s'il ne s'agit que d'éjecter des objets défectueux.
[0005] On a déjà proposé d'associer au poussoir un organe de guidage et de rétention, telle
une roue à étoile porteuse d'alvéoles secondaires verrouillés par une mâchoire élastique,
dans lesquels le poussoir engage au passage l'objet à déterminer, pour qu'il se trouve
ensuite extrait de la roue en un point différent de celui où il se dégage normalement
de l'étoile (DE A 23 47563). Cependant, sur un tel dispositif, l'action du poussoir
reste extrêmement brutale à très haute cadence.
[0006] On a encore envisagé de combiner le poussoir avec une roue auxiliaire élastique contre
laquelle il applique l'objet à évacuer pendant un temps suffisant pour permettre à
la roue d'engager celui-ci sur un convoyeur auxiliaire qui le dévie vers un couloir
latéral : la course du poussoir peut être réduite, son action est rendue plus douce
et plus sûre, mais le gain en cadence est malgré tout limité.
[0007] C'est pourquoi en ce qui concerne le contrôle optique de bouteilles et flacons il
existe des machines à tri incorporé dans lesquelles des organes tels qu'un ensemble
de mâchoires ou de ventouses montées sur la roue en étoile en regard de chaque alvéole
et commandées par un distributeur saisissent les cols pour relâcher séparément les
bouteilles acceptées et les bouteilles refusées, à des instants différents du cycle
de rotation, de façon à les diriger vers deux convoyeurs différents. Ces machines
sont capables d'opérer à des cadences assez élevées mais elles sont de construction
assez complexe et de fonctionnement relativement délicat, et, conçues pour un pas
angulaire déterminé, elles s'adaptent assez mal à des changements de fabrication correspondant
à un changement notable de forme ou de dimension des articles, de sorte qu'elles sont
coûteuses, d'entretien délicat et n'ont pas toujours la souplesse d'emploi souhaitée.
[0008] On a donc aussi créé des machines à éjection séparée dont le dispositif éjecteur
accompagne encore les articles dans leur défilement mais se trouve à nouveau placé
sur le côté du convoyeur, en aval du poste de contrôle proprement dit. D'une manière
générale, ce dispositif est alors constitué d'une bande sans fin qui porte des poussoirs
capables de repousser progressivement en direction du convoyeur auxiliaire, lorsqu'ils
sont mis en action par un signal de défaut émanant du poste de contrôle, les bouteilles
ou flacons qu'il y a lieu d'éliminer.
[0009] Ces machines sont, en principe, d'une fabrication moins complexe et permettent d'opérer
à des cadences extrêmement élevées. Elles sont donc d'un emploi intéressant sur les
chaines d'embouteillage, mais il faut noter qu'elles exigent que les articles à trier
soient au préalable suffisamment espacés, puisqu'ils défilent sur une distance notable
en face de la bande de poussoirs sans que l'on puisse placer de guide le long du convoyeur
à l'emplacement correspondant. Il existe donc des risques de décalage de tel ou tel
article, d'autant plus importants que l'appareillage est souvent mouillé ou même gras,
et ceci est susceptible de perturber le tri. Un tel incident peut, en particulier,
se produire en cas d'arrêt ou d'engorgement de la partie aval de la chaine si l'on
ne prévoit pas à la sortie du dispositif un espace mort suffisant, ou encore en cas
d'arrêt brutal. Les machines en question ne sont donc pas sans inconvénients, en particulier
quant à leur encombrement sur la chaine.
[0010] On a donc enfin déjà proposé de recourir à une solution intermédiaire, dans laquelle
un organe d'éjection coopère directement avec une roue distributrice en étoile, en.particulier
celle d'un poste de contrôle, en accompagnant les articles pour les aiguiller à volonté
dans deux directions différentes. La publication de brevet DE 29 36988 Al décrit en
particulier une roue éjectrice d'axe vertical montée en regard de la roue distributrice
en étoile, synchronisée avec elle et équipée, selon un pas correspondant au sien,
d'une série de doigts éjecteurs articulés sur des axes verticaux placés à leur partie
amont. En vue d'éjecter les bouteilles, ces doigts s'appliquent contre leur surface
pour les maintenir au contact de la roue distributrice. En fait, il s'avère difficile
de guider chaque bouteille sur une distance suffisante pour la détourner de son chemin
normal sans que le doigt entre en contact avec la bouteille suivante ou que son débattement
angulaire soit excessif, conduisant à des glissements variables, facteurs d'instabilité
: la face externe du doigt doit avoir une forme concave, son extrémité travaillant
seule, et chaque diamètre de bouteilles requiert une roue éjectrice différente. Enfin,
la structure des doigts permet mal de les resserrer suffisamment pour que le dispositif
se prête à l'éjection de bouteilles de faibles capacités dont le diamètre ne dépasse
pas 50 à 60 mm.
[0011] L'invention a pour objet de proposer une roue distributrice analogue mais d'action
plus progressive et de structure plus compacte. A cette fin, cette roue est équipée
de doigts éjecteurs articulés sur des axes placés à leur partie aval et possédant
une portée utile convexe qui longe au repos la périphérie de la roue. Il en résulte
qu'au cours de l'éjection, le doigt, après être entré en contact avec la bouteille,
se déploie en roulant à peu près sans glisser le long de sa surface et sans lui imposer
de choc. En outre, ces doigts ne sont pas normalement disposés en une seule, mais
en deux rangées périphériques superposées en quinconce ou mieux encore imbriquées.
[0012] De préférence enfin le diamètre extérieur de la roue éjectrice sera de l'ordre de
la moitié ou du tiers du diamètre du cercle définissant la trajectoire des articles
le long de la roue distributrice.
[0013] La roue éjectrice peut elle-même être une roue en étoile engrenant en quelque sorte
sur la roue distributrice par l'intermédiaire des récipients mais, aux cadences élevées
de fonctionnement utilisées, il est préférable, voire indispensable qu'elle soit synchronisée
de façon indépendante sur cette dernière par l'intermédiaire d'une transmission mécanique
ou encore d'un dispositif de synchronisation électronique. Dans un tel cas, il n'est
pas nécessaire que la roue éjectrice soit une roue en étoile, il est même possible
d'admettre entre les deux roues un certain glissement ce qui permet de ne pas changer
nécessairement de roue éjectrice lorsque l'on modifie, dans une certaine fourchette,
le pas de la machine de contrôle en vue d'un changement de fabrication.
[0014] Les doigts éjecteurs sont des organes passifs repoussés en permanence vers l'extérieur
par un ressort ou un moyen élastique analogue mais normalement retenus en position
de repos, retractée, par un organe d'accrochage, de façon que leur portée externe
longe la périphérie de la roue éjectrice. L'action d'un vérin, dont le fonctionnement
est provoqué de façon classique par un signal d'éjection émis par le poste de contrôle
au passage d'un article défectueux, libère un doigt au moment voulu pour lui permettre
de venir en appui sur la paroi extérieure de cet article puis de se déployer progressivement,
maintenant ainsi l'article en position dans son alvéole sur la roue distributrice
jusqu'à ce qu'il ait franchi la zone de sortie normale vers le convoyeur principal
et se soit engagé sur le circuit auxiliaire d'élimination. Ce vérin est de préférence
placé à poste fixe et, de même, les doigts déployés sont ensuite ramenés en position
de verrouillage par un organe de réarmement extérieur disposé à poste fixe. Ce peut
être à nouveau un vérin, mais plus simplement un organe passif comprenant un galet
de réarmement ou une came de façon à repousser les doigts voulus en position d'accrochage,
l'un de ces éléments s'effaçant ensuite avantageusement sous l'action d'un ressort
jusqu'à ce que l'organe de réarmement soit à nouveau sollicité par un doigt déployé
à la suite de l'éjection ultérieure d'un nouvel article. Cet élément peut en particulier
comprendre un mécanisme à mentonnet.
[0015] Une description détaillée de deux versions avantageuses de la machine selon l'invention
est donnée ci-dessous en référence aux figures qui montrent :
- figure 1 : une vue de dessus schématique avec arraché d'une machine de contrôle
équipée d'une roue éjectrice étoilée ;
- figure 2 : une vue de détail, en coupe horizontale, de la roue éjectrice de la figure
1 ;
- figure 3 : une coupe verticale de la roue éjectrice, selon la ligne III.III de la
figure 2, montrant les deux rangées de doigts éjecteurs ;
- figure 4 : à plus grande échelle, une section verticale correspondant à un détail
de la figure 3 ;
- figure 5 : de façon schématique, en plan, les phases de fonctionnement successives
d'un doigt éjecteur ;
- figure 6 : une vue de dessus d'une machine de contrôle à doigts imbriqués destinée
à des bouteilles de petites dimensions ;
- figure 7 : une vue latérale de cette machine.
[0016] La machine représentée dans son ensemble sur la figure 1 est placée le long d'un
convoyeur 1, à la sortie d'un système de guides latéraux 2. Elle comprend principalement
un barillet porteur d'une roue distributrice étoilée 3, possédant deux plateaux superposés
dont les dents 4 saisissent une par une, à hauteur du fût, les bouteilles 5 en attente
sur le convoyeur, les espaçant légèrement, puis les présentent tour à tour, sur un
cercle D, devant un poste de contrôle schématisé en 6, tandis qu'une bande sans fin
7, circulant sur des poulies 8 en face de la roue 3, les met en rotation à l'intérieur
des alvéoles de cette dernière. Le diamètre du cercle C de contact avec la bande 7
sera de préférence à peu près constant d'une fabrication à l'autre et, par exemple,
de l'ordre de 750 mm. Dans le cas représenté sur la figure, ces alvéoles se trouvent
au nombre de 24, espacés de 15° .
[0017] A la sortie de la machine, les bouteilles sont normalement reprises par le convoyeur
1, mais un système de deux guides 9a et 9b agissant le premier au niveau du fût des
bouteilles, le deuxième au niveau du col pour obtenir une meilleure stabilité, dessine
aussi un embranchement vers une dérivation 10. En face de cette dérivation et en regard
de la roue distributrice est placée la roue éjectrice 11. La périphérie de cette roue
est porteuse d'une succession de doigts éjecteurs 12, dont chacun est articulé sur
un axe 13, et repoussé vers l'extérieur par un ressort 14, mais porte un ergot 15,
qui permet à une gâchette 16 de le retenir en position rétractée le long d'un cercle
E définissant la périphérie de la roue éjectrice, à une distance de l'axe de la roue
distributrice correspondant, aux jeux près, au rayon du cercle de contact C. En cas
de besoin, un poussoir 17 libérera l'un des doigts en face de l'une des bouteilles
pour provoquer l'éjection de cette dernière en la repoussant vers la dérivation 10.
Sur la figure deux bouteilles sont ainsi en cours d'éjection.
[0018] Le dispositif comporte encore un organe 18 de réarmement des doigts éjecteurs dont
le fonctionnement sera décrit plus loin.
[0019] La roue éjectrice peut posséder, par exemple, douze doigts éjecteurs répartis en
deux séries superposées de six doigts 12a, 12b espacés de 60°, elles-mêmes décalées
entre elles de 30°. Son centre sera alors placé à une distance du cercle D égale,
aux jeux près, à la moitié du rayon de celui-ci, et sa vitesse angulaire sera double
de celle de la roue distributrice.
[0020] Les deux roues tournent ainsi sans glissement, un doigt se présentant régulièrement
en face de chaque alvéole ; il est donc possible d'équiper la roue éjectrice d'une
étoile 19, notamment pour faciliter l'évacuation sur le brin aval du convoyeur 1 si
celui-ci fait avec la direction de sortie des bouteilles un angle plus accentué que
celui représenté. Dans ces conditions, bien que les roues engrènent dans une certaine
mesure par l'intermédiaire des bouteilles qu'elles emprisonnent, et en raison des
jeux indispensables il reste nécessaire en pratique, pour assurer sa synchronisation,
de prévoir un entraînement séparé de la roue éjectrice, pour permettre des cadences
très élevées de fonctionnement et pour éviter tout incident en cas d'interruption
de l'alimentation de la machine.
[0021] A condition d'omettre l'étoile 19, il est toutefois possible d'admettre un glissement
délibéré entre les défilements de la roue éjectrice et de la roue distributrice, de
sorte que le pas de cette dernière pourrait, par exemple, être réduit et le nombre
de ses postes porté à trente sans qu'il soit nécessaire de changer la roue éjectrice,
à condition, bien entendu, que le mouvement de cette dernière soit accéléré, pour
que les deux roues restent synchronisées de sorte que la présentation et l'échappement
de chaque doigt se produisent encore aux moments voulus.
[0022] Comme on le voit mieux sur la figure 2, les doigts é jecteurs 12 possèdent une longueur
de l'ordre d'une fois et demi le diamètre des bouteilles et une forme cintrée, qui
leur confère d'ailleurs une portée extérieure 20 plus convexe que la périphérie de
la roue éjectrice. Par son action, le ressort 14, enroulé autour de l'axe 13 de chaque
doigt et emprisonné entre la portée 21 de celui-ci et une goupille 22, tend à le repousser
vers l'extérieur jusqu'à ce que sa portée 23 vienne en butée sur la goupille 22. L'ergot
d'accrochage 15 de chacun des doigts est formé d'un boulon qui se visse sur le doigt
et qu'un contre-écrou 24 permet de bloquer dans la position convenable.
[0023] L'organe de réarmement 18 comprend essentiellement une came 25, repoussée vers la
roue éjectrice 11 par un ressort limiteur d'effort 26 et porteuse d'un, ou de deux,
galets de réarmement 27.
[0024] D'autre part, il est généralement utile, comme le montrent les figures, d'équiper
l'embranchement de sortie d'un organe d'aiguillage semi-positif 28 rappelé élastiquement
en direction de la roue éjectrice, dans la position 28'. Lorsqu'il se trouve au repos,
cet organe aiguille positivement les articles en direction de la sortie principale,
correspondant au brin aval du convoyeur 1 en leur assurant un guidage continu, mais,
si la force qu'il exerce, compte-tenu des bras de leviers respectifs, est moins puissante
que celle des doigts éjecteurs 12, lorsque l'un de ces doigts se déploie devant une
bouteille à éjecter, il la maintient dans son alvéole sur la roue distributrice et
cette bouteille repousse l'aiguillage 28, l'écartant progressivement pour s'engager
vers la dérivation 10.
[0025] L'aiguillage 28 est avantageusement constitué de deux ou plusieurs lames indépendantes
28a, 28b de longueurs différentes, articulées ici sur un même axe 29 situé vers l'amont
et susceptibles de revenir au repos indépendamment les unes des autres sous l'action
de ressorts distincts 30a, 30b dès que la bouteille en cours d'éjection les a dépassées,
de façon à se trouver prêtes à guider la bouteille suivante en direction du convoyeur
principal, à moins qu'il n'y ait lieu de l'éjecter à son tour.
[0026] Comme le montre la figure 3, la roue éjectrice comprend un moyeu 31 porté par un
arbre 32 et solidaire d'un pignon d'entraînement 33 synchronisé par une transmission
convenable, non représentée, avec le dispositif d'entraînement du barillet de la roue
distributrice. Le moyeu 31 porte un voile 34 et reçoit en outre deux flasques 35a
et 35b. Sur ces trois éléments sont montés d'une part les axes, soit 13a et 13b, qui
reçoivent respectivement les poussoirs soit 12a et 12b, d'autre part les goupilles
22a, 22b.
[0027] On voit plus clairement sur la figure 4 que la tête de l'ergot 15 possède une partie
antérieure conique 151 et forme à sa partie postérieure un épaulement 152.
[0028] De part et d'autre du moyeu 31 sont aussi montées deux séries de gâchettes, soit
16a, 16b, rappelées élastiquement vers le haut de façon à retenir respectivement les
doigts éjecteurs 12a, 12b. Dans l'exemple représenté, ces gâchettes sont constituées
d'une plaquette 161 portant vers le haut, à son extrémité, un tenon 162 et montée
sur une lame de ressort 163. Au repos, le tenon 162 vient s'accrocher derrière l'épaulement
152 formé par la face arrière de la tête de l'ergot 15, et retient ainsi le doigt
effacé le long de la périphérie de la roue éjectrice.
[0029] Deux séries de poussoirs de détente, soit 17a et 17b, s'appuient alternativement
sur les gâchettes 16a et 16b, qu'ils sont capables de repousser vers le bas, libérant
ainsi l'ergot 15 et par conséquent le doigt éjecteur 12 correspondant.
[0030] C'est un vérin 36, fixé sur l'arbre 32 de la roue éjectrice, qui provoque l'abaissement
éventuel des poussoirs. Lorsque sa tige 37, porteuse d'un galet 38 s'abaisse, ce dernier
vient appuyer en roulant sur la tête de celui des poussoirs 17 qui se présente à ce
moment ; il l'enfonce donc, ce qui libère le doigt éjecteur, après quoi la tige du
vérin remonte, libérant la gâchette qui repousse à son tour le poussoir. La cadence
de fonctionnement habituellement très élevée de la machine conduit à utiliser un vérin
pneumatique à double action.
[0031] L'action du doigt éjecteur apparaît sur la figure 5 : en cas de passage d'une bouteille
défectueuse, le signal de défaut émis par le récepteur 6 déclenche avec un retard
convenable le fonctionnement du vérin 36 et libère ainsi le doigt éjecteur qui se
présentait en face de la bouteille en question. La portée extérieure convexe 20 de
ce dernier vient appuyer sur le fût de la bouteille, de la façon indiquée en trait
mixte, en 1, sur la figure puis, se déployant progressivement à la façon d'une came
élastique, maintient la bouteille dans son alvéole, comme on le voyait déjà sur la
figure 1, en repoussant les deux lames de l'aiguillage 28. Le doigt 12 échappe enfin
pour venir en butée sur la goupille 22 (position 2) alors que la bouteille,- déjà
engagée par lui sur la dérivation, s'y trouve désormais retenue au niveau du col par
le guide 9b et entre aussi en contact, au niveau du fût, avec le guide 9a.
[0032] Le doigt déployé arrive enfin, comme on le voit en 3 sur la figure, au contact de
l'organe de réarmement 18 dont la came 25 l'oblige à se replier progressivement ;
la rampe formée par la portée conique 151 de la tête de l'ergot 15 vient finalement
au contact du tenon 161 et commence à repousser la gâchette 16 vers le bas. Le doigt
atteint ensuite le galet 27 ; celui-ci le repousse encore vers l'intérieur (position
4) de sorte que la rampe 151 de l'ergot 15 passe au-delà du tenon 162 qui remonte
alors derrière l'épaulement 152, verrouillant à nouveau le doigt 12 qui échappe ensuite
pour revenir en position de repos complet, c'est-à-dire en légère saillie sur la position
du galet 27.
[0033] La machine de la figure 6 possède une structure très semblable à celle de la machine
précédente et les références correspondantes ont été conservées pour les organes homologues.
Cependant, elle est particulièrememnt destinée à des bouteilles de petites dimensions
circulant à très fortes cadences ; c'est pourquoi la roue distributrice 3, dont le
diamètre externe est inchangé, est équipée de trente-six postes. Deux fois plus petite,
la roue éjectrice 11, qui est synchronisée mécaniquement, porte dix-huit doigts éjecteurs
et tourne à vitesse angulaire double. Les données ci-dessus conduisent à une roue
éjectrice nettement plus compacte que dans les versions précédentes. D'autre part,
le dessin de la machine est conçu pour que tous les doigts puissent agir dans des
conditions identiques, la partie active 20' de leurs portées convexes 20a, 20b se
plaçant à une même hauteur, située en l'occurrence en face de la zone de plus grand
diamètre des bouteilles de façon à former une bande unique ; à cette fin, les axes
d'articulation 13a, 13b des doigts et l'ensemble de leurs mécanismes d'accrochage
et d'éjection sont alternativement déportés de part et d'autre de cette bande, ce
qui permet de les loger plus facilement. Ainsi, comme le montre la figure 7, le moyeu
31 porte deux voiles distincts 34a, 34b ; les axes 13a des doigts 12a, leurs ressorts
14a ainsi que les goupilles 22a sont portés par les joues 34a, 35a, les organes correspondants
des doigts 12b par les joues 34b, 35b. Les doigts ont la forme de palettes en L, deux
à deux symétriques, et les deux voiles 34a, 34b sont découpés alternativement en 39a
et 39b pour laisser passer leurs extrémités, dont les portées externes 20a, 20b viennent
ainsi s'aligner en une même bande d'éjection 40 entre les deux joues voisines. Les
organes d'accrochage, ergots 15 (a et b) et gâchettes 16 (a et b) semblables à ceux
des versions précédentes, sont visibles de place en place sur la figure 7.
[0034] Il existe encore un double volet d'aiguillage 28a, 28b mais la structure de l'organe
de réarmement 18 est quelque peu différente ; la came 25 est en effet porteuse de
deux mentonnets 41a, 41b rappelés au repos par des ressorts respectifs 42a, 42b.
[0035] Lorsqu'un doigt 12 déployé mais déjà rabattu vers la roue 11 par la came 25 rencontre
le mentonnet 41 correspondant, il le fait basculer vers l'aval, avançant ainsi vers
la roue ; le mentonnet repousse donc encore le doigt vers l'intérieur, provoquant
son réaccrochage mais, une fois libéré par lui, il revient au repos ce qui lui évite
ensuite d'entrer perpétuellement en contact, au cours de la rotation de la roue éjectrice,
avec chacun des doigts 12 restés en position verrouillée. On pourrait encore de la
même façon, utiliser par exemple une came à excentrique.
[0036] A titre indicatif, il est possible de prévoir les caractéristiques indiquées au tableau
suivant, où l'on notera que la colonne 4 correspond à l'emploi conjoint de la roue
distributrice de la colonne 3 et d'une roue éjectrice selon la colonne 2, dépourvue
d'étoile d'entrai- nement 19, dont la vitesse a été augmentée pour introduire un glissement
de l'ordre de 7 % qui permet aux postes respectifs de rester face à face pendant le
fonctionnement.

1. Dispositif de tri d'articles sur une chaîne de convoyeurs horizontaux, comprenant
un ensemble d'éjection constitué d'une roue éjectrice (11) d'axe vertical montée en
regard d'une roue distributrice en étoile (3), synchronisée avec elle et équipée,
selon un pas correspondant au sien, d'une série de doigts éjecteurs (12) articulés
sur des axes verticaux (13), qui.accompagnent ces articles dans leur défilement et
sont ainsi capables de les repousser hors de leur chemin normal, caractérisé en ce
que ces doigts (12) ont une portée utile convexe longeant au repos la périphérie de
la roue et que leurs axes sont placés à leur partie aval.
2. Dispositif selon la revendication 1, dont les doigts sont montés imbriqués sur
des axes déportés par rapport à leurs portées externes utiles, caractérisé en ce que
ces doigts (12a, 12b) sont disposés symétriquement en deux rangées décalées, lesdits
axes (13a, 13b) se trouvant alternativement de part et d'autre de la ligne d'éjection
(40) formée par ces portées utiles (20').
3. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que les doigts (12a, 12b)
sont disposés en deux rangées périphériques superposées, décalées entre elles d'un
demi-pas.
4. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que les doigts
éjecteurs sont des organes passifs repoussés élastiquement vers l'extérieur mais normalement
retenus en position rétractée par un organe d'accrochage (15).
5. Dispositif selon la revendication 4, dont les doigts déployés sont ramenés en position
d'accrochage par un organe de réarmement extérieur passif à poste fixe (18), caractérisé
en ce que l'un des éléments (41) qui entrent alors en jeu pivote lors de la rencontre
du doigt à réarmer pour s'effacer ensuite sous l'action d'un ressort (42).
6. Dispositif selon la revendication 5, caractérisé en ce que l'organe de réarmement
comprend une came (25) associée à un mécanisme à mentonnet (41,42) sollicité par un
doigt déployé à la suite de l'éjection d'un article.
7. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'ensemble
d'éjection est opposé à un aiguillage passif (28) que les doigts repoussent par l'intermédiaire
des articles lorsqu'ils se déploient.