[0001] La présente invention a pour objet un panneau pour élément de construction en matériau
transparent présentant au moins une configuration à facettes planes inclinées par
rapport au plan général du panneau et capable de produire des effets de réflexion
totale sur un rayonnement issu d'une source extérieure au panneau.
[0002] On a déjà proposé de réaliser des panneaux de ce genre et de les utiliser comme cloisons
ou parois dans des bâtiments d'habitation, des bureaux, etc. dans le but d'éviter
l'éblouissement des personnes situées à l'intérieur de l'habitation en cas d'éclairement
direct par le soleil, tout en assurant une irradiation aussi grande que possible par
les rayonnements diffus. Ainsi, par exemple, le brevet US 3,393,034 décrit une construction
de ce genre dans laquelle deux plaques de verre accolées présentent, sur leurs faces
tournées en regard l'une de l'autre, une configuration formée de facettes à arêtes
horizontales constituant des prismes qui sont imbriqués les un dans les autres, l'une
des faces de chaque prisme ayant une inclinaison qui correspond à l'angle limite du
matériau transparent utilisé, tandis que l'autre facette est munie d'un revêtement
opaque qui absorbe le rayonnement ayant subi la réflexion totale. Dans cette construction,
le rayonnement qui subit la réflexion totale sur les facettes des prisses n'est donc
pas renvoyé vers la face frontale tournée du côté de la source et d'autre part, les
surfaces opacifiées constituent naturellement des obstacles à une transparence complète
du panneau. Les brevets français FR 1,442,592 et FR 3,405,584 décrivent des constructions
de ce genre.
[0003] Le but de la présente invention est de réaliser des panneaux pouvant servir d'éléments
de construction, soit comme cloisons ou parois, soit comme des éléments de couverture
tels que toits, avant-toits, dalles de protection, etc., ces panneaux étant entièrement
constitués de matériaux transparents et assurant un effet sélectif sur le rayonnement
en provenance d'une source qui peut être le soleil ou une source artificielle, de
telle façon qu'une partie de ce rayonnement soit renvoyée, par suite de réflextion
totale, du même côté que la source, tandis que le reste du rayonnement traverse le
panneau de préférence sans que le parallélisme des rayons soit perturbé de façon à
ne pas déformer les images.
[0004] Dans ce but, la présente invention a pour objet un panneau en matériau transparent,
destiné à former un élément de construction, présentant au moins une face limite plane
dont l'orientation détermine un plan général du panneau et au moins un ensemble de
facettes planes inclinées par rapport au dit plan général et disposées en regard de
la dite face limite, de manière qu'un rayonnement issu d'une source extérieure au
panneau et traversant le dit matériau subit au moins en partie le phénomène de la
réflexion totale, caractérisé en ce que les dimensions des facettes, leurs angles
d'inclinaison par rapport au dit plan général, et la distance moyenne entre la dite
face limite et le dit ensemble de facettes sont déterminés de façon que le dit rayonnement
traversant le matériau du panneau entre une face limite et l'ensemble de facettes
correspondantest en majeure partie transmis à travers le panneau ou renvoyé du côté
où se trouve la source, et en ce que le rapport entre les parties du dit rayonnement
qui par rapport à l'ensemble du panneau sont transmises et renvoyées est une fonction
prédéterminée de l'azimut et/ou de l'élévation de la source par rapport au dit plan
général.
[0005] Comme on le verra ci-après, la disposition ainsi définie peut être réalisée sous
de multiples formes pratiques différentes remplissant des buts variés et assurant
différents avantages.
[0006] D'une façon générale, et dans les applications les plus courantes, la configuration
du panneau sera prédéterminée de façon que, le panneau étant disposé verticalement,
le rayonnement de la source extérieure, en l'occurence le soleil, soit renvoyé de
façon pratiquement complète, dès que l'angle d'élévation du soleil dépasse une valeur
limite, tandis qu'il traverse le panneau aussi longtemps que l'angle d'élévation limite
n'est pas atteint et cela quelle que soit l'orientation, ou en d'autres termes, l'azimut
de la source. Toutefois, en pratique, on verra que pour chaque type de panneau, l'angle
d'élévation limite dépend de l'azimut,de sorte que lon peut établir une courbe limite
fonction de l'angle d'azimut et de l'angle d'élévation et définissant la limite de
pénétration des rayons solaires à travers le panneau.
[0007] Les principes sur lesquels la réalisation du panneau selon l'invention est basée,
ainsi que les diverses applications possibles de ce panneau apparaitront plus clairement
sur la base de la description qui suit, faite en regard du dessin annexé et relative
à divers modes de réalisation de l'objet de l'invention.
[0008] Au dessin annexé:
la fig. 1 est une vue en élévation schématique d'un assemblage de plaques constituant
la partie essentielle d'une forme d'exécution du panneau selon l'invention,
la fig. 2 est une vue en coupe schématique servant à expliquer le principe de la détermination
de certains paramètres du panneau,
la fig. 3 est une autre vue en coupe schématique servant à l'explication de la détermination
de paramètres constructifs du panneau,
la fig. 4 est une vue semblable aux fig. 2 et 3 illustrant la détermination d'un autre
groupe de paramètres du panneau selon l'invention et
les fig.5 et 6 sont des graphiques représentant les caractéristiques de sélection
de deux autres formes d'exécution du panneau selon l'invention.
[0009] Comme on le voit à la fig. 1, la partie essentielle d'un panneau dans une des formes
d'exécution de l'invention est constituée ce quatre plaques planes 1,2,3,4 de forme
rectangulaire, placées face contre face et assemblées d'un seul tenant. Les plaques
1,2,3,4 peuvent être de n'importe quel matériau transparent rigide et stable, dont
l'indice de réfraction satisfait à certaines conditions qui résulteront de ce qui
suit. Le mode d'assemblage des plaques n'est pas représenté au dessin. On peut, par
exemple, prévoir un cadre entourant l'ensemble du panneau et tenant ensemble ses différentes
plaques constitutives. Dans la forme d'exécution représentée au dessin, chaque plaque
telle que 1, 2, 3 ou 4 présente une face frontale qui est plane comme la face 5 de
la plaque 1 et une face frontale formée d'une série de facettes comme les facettes
6 de la plaque 1.
[0010] Les facettes 6 sont des éléments de surface rectangulaires allongés limités par des
arêtes parallèles 7 s'étendant horizontalement. En outre, les facettes adjacentes
ont des inclinaisons qui sont symétriques par rapport à des plans contenant une arête
7 et par ailleurs perpendi- culairesau plan général du panneau, c'est-à-dire à la
face frontale 5. Ainsi, les facettes 6 forment une série de prismes réguliers et symétriques
constituant le relief de la plaque sur sa face opposée à la face frontale 5.
[0011] En considérant maintenant les deux plaques 1 et 2 on voit qu'elles sont assemblées
de façon que leurs faces en relief soient imbriquées l'une dans l'autre et que les
faces frontales planes soient opposées. On voit également que l'élément de panneau
constitué par les plaques 3 et 4 forme également un corps en forme de parallélépipède
rectangle présentant deux faces opposées planes et que cet élément de panneau est
accolé à l'élément formé par les plaques 1 et 2. Il est situé derrière lui. Les arêtes
confondues des sommets des prismes formés par les faces en relief des plaques 3 et
4 sont désignées à la fig. l par le chiffre 8 et on remarque que les arêtes homologues
de l'élément 3, 4 sont décalées vers le bas par rapport aux arêtes 7de l'élément 1,
2. En ce qui concerne les angles des facettes, leur disposition, leur largeur et l'épaisseur
moyenne des plaques 1, 2, 3, 4, on reviendra plus loin sur leur détermination, celle-ci
jouant un rôle essentiel dans l'obtention du but recherché.
[0012] Auparavant, on exposera, sur la base de la fig. 2, l'apparition et les conditions
du phénomène de réflexion totale en considérant un segment d'un élément de panneau
constitué de deux plaques transparentes 9 et 10 qui sont accolées comme les plaques
1 et 2 ou les plaques 3 et 4 de la fig. 1 et dont les faces en relief présentent une
configuration de facettes 11 limitées par des arêtes horizontales 12. A la fig. 2,
le segment de panneau est vu en coupe par un plan vertical perpendiculaire à ses faces
planes opposées 13 et 14.
[0013] Admettons maintenant qu'une source de rayonnements lumineux et infra-rouges non représentée
au dessin, émet un rayonnement parallèle dans le plan de coupe et dans une direction
qui fait avec une perpendiculaire au plan du panneau un angle α On admettra plus précisément
que cet angle α a une valeur déterminée comprise entre 90° et l'angle marqué α
b à la fig. 2, donc que la direction de ce rayonnement est comprise à l'intérieur de
l'angle formé par les vecteurs a et b à la fig. 2. Le rayonnement parallèle frappe
la face 13 du panneau et arrive notamment au point P sous l'anale α indiqué. Le panneau
étant transparent , ce rayonnement pénètre à l'intérieur de la plaque 9 en subissant
le phénomène de réfraction de sorte qu'à l'intérieur de cette plaque, il sera orienté
selon un angle α
1 mesuré par rapport à la perpendiculaire au panneau et compris entre les deux valeurs
limites α la et α lb , c'est-à-dire à l'intérieur du faisceau réfracté que montre
la fig. 2. On voit ainsi qu'une partie du faisceau réfracté à l'intérieur de laplaque
9 arrive sur une ces facettes 11 désignée par F et qui présente une inclinaison vers
le bas, l'angle de cette facette par rapport à un plan vertical parallèle à la face
13 étant désigné par β.
[0014] Chaque rayon du faisceau réfracté subira sur la facette Γ le phénomène de la réflexion
totale si l'angle α
1qu'il forme par rapport à la perpendiculaire au panneau est compris entre les deux
limites α la et α lb et si, d'autre part, on a pour ces deux limites les relations
suivantes :
[0015] 

[0016] Dans ces relations, l'angle α
t désigne l'angle limite et l'on sait que pour un matériau constitutif du panneau ayant
un indice de réfraction n, l'angle α
t est défini par la relation 2 :

[0017] A titre d'exemple, si l'indice de réfraction n est égal à 1,5, on sait que l'angle
α
t est égal à environ 42° et si, d'autre part, l'angle d'inclinaison des facettes F
est égal a 8°, donc β = 8°, le phénomène de la réflexion totale se produira sur chaque
facette F inclinée vers le bas pourvu que la direction du rayonnement provenant de
la source dans le plan vertical perpendiculaire au panneau soit comprise entre la
verticale, c'est-à-dire la direction a et une direction oblique, soit la direction
b faisant par rapport à l'horizontale un angle de l'ordre de 57 . On a donc pour les
conditions limites, dans un exemple satisfaisant aux conditions données ci-dessus,
la relation 3 qui donne la valeur de l'angle limite du rayonnement incident:

[0018] Ainsi donc, pour une structure telle que celle de la fig.2 n'importe quel rayon incident
dont l'angle Fig. 2, n'importe quel rayon incident dont l'angle est compris entre
les limites a et b subira le phénomène de la réflexion totale s'il frappe une facette
F inclinée vers le bas, alors que, bien entendu, il traversera les facettes F' dont
l'inclinaison est tournée vers le haut.
[0019] On peut toutefois pour un angle d'incidence moyen α
ml à l'intérieur des limites définies ci-dessus, réaliser une structure de panneau qui
provoque la réflexion totale sur l'ensemble du rayonnement parallèle en utilisant
l'agencement représenté schématiquement à la fig. 3. On reconnaît à cette figure un
assemblage formé d'un élément de panneau composé des deux plaques 9 et 10 et d'un
second élément de panneau constitué de deux plaques 15 et 16 de même structure que
les plaques 9 et 10, mais dont les arêtes horizontales 17 des prismes sont décalées
vers le bas par rapport aux arêtes homologues 12 des prismes de l'élément 9, 10.
[0020] A la fig. 3, on considère un rayonnement parallèle situé dans un plan vertical perpendiculaire
au panneau et arrivant sur la face frontale 13 de ce dernier sous un angle compris
entre 90° et l'anale α
b, c'est-à-dire un rayonnement qui se trouve à l'intérieur du faisceau défini par les
directions a et b comme à la fig. 2. On considère toutefois ici un rayonnement qui
arrive sur la face 13 en un point P' tel que le faisceau réfracté qui forme avec un
plan horizontal un angle α
1 compris entre les angles α la et αlb définis par la relation 1, arrive à la surface
de séparation entre les plaques 9 et 10 sur une facette F qui est orientée vers le
haut et par conséquent traverse cette facette. Ce rayonnement va également traverser
la face plane verticale 18 de séparation entre les deux éléments 9 , 10 et 15, 16
pour parvenir sur une facette F de l'interface entre les plaques 15 et 16 qui est
inclinée vers le bas. Pour les raisons indiquées précédemment, ce rayonnement subira
donc la réflexion totale sur cette facette F de l'interface des plaques 15 et 16,
de sorte que le rayon- sera renvoyé vers la face frontale 13. nement sera renvoyé
vers la face frontale 13.
[0021] Bien entendu, le décalage vertical entre les arêtes homologues 17 et 12 des deux
interfaces ne pourra être ajusté de façon à produire la réflexion totale sur l'ensemble
du rayonnement parallèle que pour l'angle d'élévation moyen α
ml donné par la relation la ci-dessus. L'expérience montre toutefois que si cet angle
varie dans les limites données par les directions a et b, la proportion du rayonnement
qui traverse quand même les deux éléments de panneaux 9, 10 et 15, 16 reste relativement
faible et que, dans tous les cas, la majeure partie du rayonnement subit la réflexion
totale et est renvoyée vers la face 13.
[0022] En se référant maintenant à la fig. 4, on considérera à nouveau un élément de panneau
formé de deux plaques 19a et 19b qui présentent une face plane avant 20 et une face
plane arrière 21, ces deux faces étant parallèles. Dans l'épaisseur un interface est
formé de facettes planes inclinées sur la perpendiculaire au panneau, limitées par
des arêtes 22 parallèles et horizontales, situées dans deux plans parallèles entre
eux et parallèles aux faces 20 et 21. Ainsi, les largeurs des facettes sont égales
et celles-ci sont disposées de façon à former des prismes symétriques échelonnés dans
un plan vertical.
[0023] On considérera maintenant une première portion de faisceau incident désignée par
f dont la direction est contenue dans le plan de coupe, et qui fait avec le plan vertical
20 un angle α représentant l'angle d'incidence et compris entre la direction verticale
rasante au panneau et l'angle limite représenté par la direction b à la fig. 2. En
considérant que ce faisceau est réfracté à l'intérieur de la plaque 19a sous l'angle
α1 de façon à venir frayer une facette F inclinée vers le bas et dont l'angle avec
le plan vertical est désigné par β , on voit que l'angle d'incidence du faisceau réfracté
sur la facette Fmesuré par rapport à un plan perpendiculaire à celui de la facette
F, angle désigné par α2, est donné par la relation 4 :

1
[0024] Si donc, l'angle α1 est déjà supérieur a l'angle limite provoquant la réflexion totale,
le faisceau sera réfléchi sur la facette F et renvoyé en direction de la face 20 et
son angle d'incidence sur cette face 20 désigné par α3, sera donné par la relation
5 :

[0025] L'angle α3 sera nécessairement supérieur à l'angle limite, en vertu de la relation
5, de sorte que le phénomène de réflexion totale se produira à nouveau cette fois
sur la face 20 et que le faisceau réfracté et réfléchi sera renvoyé vers l'interface
entre les deux plaques 19a et 19b.
[0026] Or, si l'épaisseur moyenne de la plaque 19a satisfait à certaines conditions de dimensions,
ce faisceau réfracté et réfléchi va arriver au moins dans sa majeure partie sur une
facette F' qui est inclinée vers le haut, de sorte qu'après avoir subi une nouvelle
fois le phénomène de réflexion totale, il va être dirigé vers la face 20 sous un angle
α5 égal à l'angle α1 et sera réfracté vers l'extérieur à nouveau sous l'angle α mais
dirigé cette fois vers le bas. Pour le montrer, on considérera le faisceau parallèle
plan moyen désigné à la fig. 4 par la lettre M. Sur la facette F, ce faisceau se réfléchit
selon une ligne perpendiculaire au plan du dessin située à mi-distance entre les deux
arêtes horizontales de la facette F. Admettons maintenant que l'épaisseur moyenne
de l'élément 19a, c'est-à-dire la distance entre la ligne sur laquelle se fait la
réflexion du faisceau M et la face 20, cette épaisseur moyenne étant désignée par
e', satisfasse à la relation 6 :

dans laquelle 1 désigne la largeur des facettes F. Si ces conditions sont respectées,
en voit que le faisceau M se réfléchit sur la face 2C selon une ligne horizontale
qui se trouve exactement vis-à-vis d'une des arêtes 22, cette arête formant elle même
le bord inférieur de la facette F adjacente vers le bas à celle sur laquelle le faisceau
M s'est réfléchi pour la première fois. La disposition de la fig. 4 montre que dans
ces conditions, le faisceau M subit une réflexion totale sur la ligne médiane de la
facette F' et que l'angle α4 d'incidence sur cette facette F' est donné par la relation
7 :

Ainsi la relation α 5 = α1 indiquée plus haut est respectée.
[0027] On se rend compte d'autre part que pour un second faisceau partiel f' ayant la même
inclinaison mais limité de façon à subir pour la première fois la réflexion totale
sur une autre facette F inclinée vers le bas, les conditions de réflexions seront
les mêmes, de sorte que ce faisceau partiel sera également renvoyé à l'extérieur du
panneau du côté de la face 20.
[0028] Si l'on considère maintenant, non plus un élément de panneau formé de deux plaques
telles que les plaques 19a, 19b, mais un assemblage formé de deux éléments tels que
décrits en relation avec la fig. 3, on comprend à nouveau que dans les conditions
décrites, l'ensemble du rayonnement incident parvenant sur la face 20 du panneau sous
l'angle α est renvoyé pour autant que cet angle α soit compris entre 90° et l'angle
limite αb déterminé par l'indice de réfraction du matériau et l'inclinaison des facettes
F. En revanche, pour un rayonnement faisant avec la perpendiculaire au panneau un
angle devenant plus petit que l'angle limite, le panneau devient transparent. D'autre
part, comme les deux faces externes qui forment les limites du panneau avec le milieu
extérieur sont planes et parallèles, les rayonnements traversant le panneau le traversent
sans déformation, ce qui signifie que la transparence est totale et en particulier
que ce qui se trouve d'un côté du panneau est visible depuis un point de vue située
de l'autre côté sans déformation des images.
[0029] On a considéré ci-dessus un faisceau M moyen qui frappe les facettes au milieu de
leur largeur. Les faisceaux parallèles à celui-ci mais décalés vers le haut et vers
le bas décriront à l'intérieur de l'élément de panneau des trajets différents. Toutefois,
les lianes pointillées Ml et M2 à la fig. 4 montrent que l'ensemble du faisceau arrivant
sur une facette F sous l'angle α2 sera renvoyé à l'extérieur du panneau même si les
trajets suivis par les différents rayons ne sont pas absolument symétriques.
[0030] En revanche, il est vrai que des faisceaux ayant un angle d'incidence un peu différent
de l'incidence moyenne αm ,
[0031] même s'ils sont entièrement réfléchis par une facette F n'aboutiront pas nécessairement
sur la facette symétrique F'. Il convient toutefois de remarquer que la réflexion
finale peut également se faire sur une autre facette F' dirigée vers le haut, de sorte
que l'épaisseur e' ayant été déterminée en fonction d'un angle α
m3 moyen correspondant aux caractéristiques du panneau, on peut aussi avoir pour des
rayons réfléchis dont l'angle α3 est différent de l'angle α
m3 intervenant dans la relation 6, une valeur qui est donnée par la relation 8:

dans laquelle m est un nombre entier différent de un et pouvant même, le cas échéant,
avoir la valeur zéro. Ce nombre sera de préférence d'autant plus proche de zéro que
l'angle β est plus petit.
[0032] Il reste donc à considérer le cas plus général où le rayonnement incident a une direction
qui n'est pas comprise dans un plan vertical et perpendiculaire au plan général du
panneau, mais se trouve au contraire dans un plan oblique. Il est toutefois facile
de transposer à un tel cas, les explications données ci-dessus, bien que les réflexions
successives d'un faisceau réfracté se fassent dans des plans différents. On se rend
compte que l'on rencontre des conditions analogues et que la majeure partie du rayonnement
incident est alors, ou bien renvoyée du côté où se trouve la source après avoir subi
une ou plusieurs fois le phénomène de réflexion totale,ou bien ce rayonnement traverse
le panneau et le rapport de la réflexion à la transmission se modifie brusquement,
c'est-à-dire passe pratiquement de zéro à un ou de un à zéro pour un angle d'incidence
déterminé dont la valeur peut être établie avec précision.
[0033] La fig. 5 donne un exemple du graphique que l'on peut établir sur la base d'un calcul
approché afin de montrer les caractéristiques d'un panneau. Sur ce graphique, on reconnaît
en abcisses, l'indication de l'azimut, et en ordonnées l'indication de l'angle d'élévation
ou d'altitude. L'exemple représenté cette figure correspond à un panneau vertical
dans lequel les facettes de forme rectangulaire sont orientées verticalement. Ainsi,
les arêtes des prismes sont verticales. Les prismes eux-mêmes sont symétriques et
l'angle β de chaque facette par rapport au plan général du panneau est un angle de
l'ordre de 8°.
[0034] Pour une source irradiant le panneau horizontalement les rayonnements incidents sont
renvoyés du côté de la source pour autant que leur angle d'incidence mesuré par rapport
à la perpendiculaire au panneau soit compris entre 57° et 90
0. Si le rayonnement est dirigé obliquement et que par exemple son angle d'élévation
est de 45
0, l'angle d'incidence limite projeté sur le plan horizontal atteint 500. Finalement,
pour un rayonnement contenu dans un plan vertical c'est-à-dire dont l'azimut est de
0°, on voit que si l'angle d'incidence est inférieur à 83
0, le rayonnement traverse le panneau et celui-ci est donc transparent pour ce rayonnement.
[0035] Pour un panneau dont la configuration des facettes présente la même allure, mais
qui est tourné de façon que les arêtes des facettes scient horizontales, le graphe
donnant ses caractéristiques aurait la même allure que le graphe de la fig. 5, la
courbe étant toutefois tournée de 90
0, de sorte que la limite de 57° se trouverait dans le plan vertical et que la limite
de 83° se trouverait dans le plan horizontal.
[0036] Bien entendu, l'allure de ces graphes va dépendre notamment de l'inclinaison des
facettes sur le plan général du panneau. Pour un rayonnement contenu dans un plan
perpendiculaire au panneau et perpendiculaire aux arêtes des facettes, l'angle d'incidence
limite dépend directement de l'inclinaison des facettes. Ainsi pour un angle de 8°
on a vu que cet angle d'incidence limite atteint 57°. Si l'angle d'inclinaison des
facettes atteint une valeur complémentaire de l'angle limite, l'incidence limite baisse
â 0°.
[0037] Si l'on considère un panneau dont la configuration des facettes présente cette inclinaison,
ou une inclinaison voisine, par exemple d'un angle de 45°, et dans lequel le panneau
étant vertical, les arêtes sont également verticales, on obtient un graphique de ca-
racteristiques tel que celui de la fig. 6. Pour un rayonnement incident contenu dans
un plan vertical perpendiculaire au panneau, quel que soit l'angle d'incidence de
ce rayonnement, il est renvoyé du côté de la source. Il subit deux réflexions totales
sur deux facettes adjacents.
[0038] Si le rayonnement, au lieu d'être contenu dans un plan vertical perpendiculaire au
panneau est contenu dans un plan vertical qui est orienté selon un azimut différent
de zéro par rapport au panneau, on retrouve un angle d'incidence limite en dessous
duquel le panneau devient transparent. Donc le graphique de la fig. 6 montre l'angle
d'incidence limite en fonction de l'azimut de la direction du rayonnement.
[0039] On a envisagé jusqu'à maintenant des configurations de panneaux dans lesquelles les
facettes sont limitées par des arêtes parallèles, mais il est bien entendu que des
configurations dans lesquelles, par exemple, les arêtes des prismes formés par les
facettes rayonnent à partir d'un point central et dans lesquelles par conséquent la
forme des facettes est triangulaire, entrent également dans le cadre des réalisations
de panneaux exerçant un rôle sélectif sur le rayonnement incident, conformes à l'idée
générale de l' invention. L'homme du métier sera à même d' imaginer d' autres dispositions
et le calcul des paramètres déterminant la construction d'un panneau permettre de
réaliser pratiquement n'importe quelle fonction désirée, entre l'êlévation limite
et l'azimut de la source. Cette possibilité permet de produire à volonté des panneaux
ayant des propriétés très variées, celles qui sont représentées par les fig. 5 et
6 n'étant que des exemples simples.
[0040] Dans l'exposé qui précède, on a parlé d'une source de rayonnement située à l'extérieur
du panneau et irradiant celui-ci sous un angle qui peut être variable. Dans des applications
de l'invention à la réalisation de panneaux constituant des parois extérieures de
batiments, la source de rayonnement en question sera dans la plupart des cas le soleil,
et on conçoit que dans ce type d'application, par exemple, une paroi verticale orientée
au sud sera transparente pour des rayons solaires aussi longtemps que ceux-ci font
avec la paroi un angle compris à l'intérieur de la courbe donnée par le graphique
caractéristique tandis que, si l'élévation du soleil augmente au-dessus de la valeur
limite, alors pour ce rayonnement, le panneau devient réfléchissant et évite par conséquent
la surchauffe de l'intérieur du bâtiment par effet de serre.
[0041] Toutefois, les panneaux décrits peuvent également être utilisés en regard de sources
de rayonnement d'un autre type. Ainsi, ils permettent par exemple de réaliser des
cloisons verticales disposées à l'intérieur ou à l'extérieur de bâtiments, limitant
un espace qui peut être chauffé au moyen d'une source de rayonnement lumineux et/
ou infra-rouge. Cette source peut être placée au voisina-
ge de la partie supérieure du panneau et irradier celui-ci obliquement. Tout en maintenant
la parfaite transparence du panneau, lorscqu'on le regarde perpendiculairement, le
rayonnement qui heurte obliquement sa face active sera parfaitement réfléchi sur l'emplacement
à chauffer.
[0042] Comme on l'a dit précédemment, n'importe quel matériau transparent, rigide, stable
et présentant un indice de réfraction convenable peut être utilisé pour réaliser des
panneaux selon l'invention. Les matériaux qui entrent principalement en ligne de compte
sont naturellement le verre minéral ou, le cas échéant, des matières plastiques trans
paren- tes. On a constaté que des plaques de verre d'une épaisseur moyenne de l'ordre
de 5 à 7 mm dont une des faces est plane, tandis que l'autre face est pourvue de facettes
en forme de prismes symétriques, permettaient de constituer des panneaux parfaitement
efficaces. L'angle des facettes désigné par β ci-dessus peut avantageusement avoir
la valeur de 8 , les fa-cettes ayant elles-mêmes une largeur de l'ordre de 10 mm.
Des plaques de verre de ce genre peuvent être facilement fabriquées au laminoir, les
cylindres de laminage sont pourvus de reliefs qui déterminent la forme des facettes.
[0043] On a constaté également qu'un angle de 33° constitue aussi une valeur favorable pour
la réalisation d'un relief formé de facettes déterminant des prismes symétriques dans
la face en relief du panneau. Toutefois, il est bien entendu que la réalisation d'un
configuration de facettes formant des prismes symétriques a arêtes rectilignes et
parallèles ne constitue pas la seule solution possible à la réalisation des panneaux
décrits, mais que des prismes dissymétriques ou des configurations de facettes formant
des reliefs ayant d'autres formes que des prismes, entrent également dans le cadre
des réalisations prévues. En particulier, dans le cas de réalisations de panneaux
formés de plaques en matière plastique, le relief peut être formé par moulage et ce
procédé de fabrication donne une liberté en ce qui concerne la forme du relief; plus
grande que la fabrication par la- minage.
[0044] Pour réaliser l'assemblage des différentes plaques constituant un panneau, on peut
envisager leur fixation par des éléments rigides entourant le panneau et lui servant
de cadre. On peut aussi prévoir l'utilisation d'une colle ou d'un adhésif qui sera
réparti à des emplacements prédéterminés, entre les plaques ou qui sera distribué
sur leur pourtour.
[0045] Les panneaux ne sont pas nécessairement prévus pour être placés en position verticale.
Comme on l'a dit au début, on peut également réaliser des panneaux destinés à servir
de toit ou de couverture. Dans ce cas, il sont disposés, soit horizontalement, soit
inclinés. On peut envisager, au moyen de ces panneaux, la réalisation de toits en
forme de shed, d'abris, d'avant-toit, de couvertures de terrasses etc. D'une façon
générale, les facettes pourront avoir n'importe quelle inclinaison convenable. Toutefois,
en général, des inclinaisons supérieures à 45
o ne donnent pas des résultats intéressants, et pourront donc être évitées, cela d'autant
plus que la rigidité des prismes n'est alors plus suffisante.
[0046] Parmi les modes de réalisation possibles, il faut encore citer des assemblages tels
que celui de la fig. l comportant, le cas échéant, plus de deux paires de plaques
complémentaires avec une configuration de facettes à l'interface interne de chaque
paire. Dans de tels assemblages les angles des facettes pourraient être différents
d'une paire de plaques à l'autre.
[0047] Bien entendu, les règles constructives données précédemment s'appliquent encore à
la réalisation de panneaux en matériau transparent présentant une certaine coloration.
Toutefois, la coloration d'un verre conduit à une certaine absorption de la lumière.
Or, l'avantage essentiel des panneaux décrits et que les rayonnements qui ne traversent
pas les panneaux sont renvoyés à l'extérieur du panneau du côté ou se trouve la source,
il n'y donc pas d'absorbtion sinon celle correspondant au facteur d'absorption du
matériaux transparent lui-même et par conséquent pas d'échauffement lorsque les panneaux
sont exposés au rayonnement solaire direct.
[0048] Cependant, dans un panneau, un ensemble de facettes peut former l'une ou l'autre
des deux faces frontales externes et notamment la face frontale externe qui est tournée
vers la source de rayonnement peut être formée d'un ensemble de facettes.
[0049] Finalement, on notera que dans toutes les formes d'exécution décrites toutes les
faces et facettes des différentes plaques constituant les panneaux sont lisses et
dépourvues de revêtement. Les phénomènes lumineux qui interviennent sont exclusivement
la réfraction et la réflexion totale, de sorte que les phénomènes de diffusion et
d'absorption sont pratiquement absents.
1. Panneau en matériau transparent, destiné à former un élément de construction, présentant
au moins une face limite plane dont l'orientation détermine un plan général du panneau
et au moins un ensemble de facettes planes inclinées par rapport au dit plan général
et disposés en regard de la dite face limite de manière qu'un rayonnement issu d'une
source extérieure au panneau et traversant le dit matériau subit au moins en partie
le phénomène de la réflexion totale,
caractérisé en ce que les dimensions des facettes, leurs angles d'inclinaison par
rapport au dit plan général, et la distance moyenne entre la dite face limite et le
dit ensemble de facettes sont déterminés de façon que le dit rayonnement traversant
le matériau du panneau entre une face limite et l'ensemble de facettes correspondant
est en majeure partie transmis à travers le panneau cu renvoyé du côté où se trouve
la source, et en ce cue le rapport entre les parties du dit rayonnement qui par rapport
à l'ensemble du panneau sont transmises et renvoyées est une fonction prédéterminée
de l'azimut et/ou de l'élévation de la source par rapport au dit plan général.
2. Panneau selon la revendication 1, caractérisé en ce que les dimensions des facettes,
leurs angles d'inclinaison par rapport au plan général et la distance moyenne entre
la face limite et l'ensemble des facettes sont déterminés de façon que des rayons
frappant le panneau sous un angle mesuré par rapport à la perpendiculaire au panneau,
traversent ce dernier quand l'angle est inférieur à une valeur limite et sont renvoyés
par le panneau quand l'angle est supérieur à la dite limite.
3. Panneau selon la revendication 2, dans lequel la dite valeur limite est comprise
entre environ 50° et environ 85.
4. Panneau selon la revendication 1, comprenant plusieurs plaques planes en matériau
transparent, assemblées l'une contre l'autre et présentant des faces frontales jointives,
caractérisé en ce que les faces frontales jointives de deux des dites plaques sont
formées chacune d'un ensemble de facettes et en ce que les dispositions de ces ensembles
de facettes sont complémentaires.
5. Panneau selon la revendication 4, caractérisé en ce que sa forme générale est rectangulaire
et en ce que les facettes sont des éléments de surface allongés s'étendant d'un bord
du panneau au bord opposé et formant un relief constitué de prismes adjacents.
6. Panneau selon la revendication 5, caractérisé en ce que dans une des plaques de
l'assemblage au moins, les facettes forment une série de prismes symétriques de mêmes
dimensions, ces prismes étant limités par des arêtes longitudinales parallèles situées
dans deux plans parallèles entre eux et parallèles au plan général du panneau.
7. Panneau selon la revendication 6, caractérisé en ce que les inclinaisons des facettes
formant les prismes symétriques par rapport au plan général du panneau sont de l'ordre
du 8 .
8. Panneau selon la revendication 4, caractérisé en ce que les deux faces frontales
extérieures de l'assem- blase de plaques sont des faces planes et parallèles.
9. Panneau selon la revendication 6, caractérisé en ce qu'il comporte un assemblage
formé de deux paires de plaques planes présentant chacune une face frontale plane
et une face frontale constituée de facettes formant des prismes symétriques, les arêtes
des prismes formés sur les quatre plaques étant parallèles et disposées horizontalement
et les arêtes formés sur l'une des deux paires de plaques correspondantes complémentaires
étant décalées en hauteur par rapport à celles formées sur l'autre paire de plaques
complémentaires de façon que, pour au moins une valeur de l'angle d'élévation du rayonnement
incident en provenance de la source, le rayonnement qui atteint les facettes de la
première paire de plaques sous un angle inférieur à l'angle limite arrive sur des
facettes de la seconde paire de plaques sous un angle égal ou supérieur à l'angle
limite.
10. Panneau selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'une dite face limite forme
une face frontale extérieure du panneau.
11. Panneau selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'une dite face limite forme
une surface de séparation entre deux parties distinctes du panneau.
12. Panneau selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'un dit ensemble de facettes
forme une face frontale extérieure du panneau.