[0001] L'invention a pour objet un procédé de traitement de fluides contenant en suspensìon
des particules.
[0002] De façon plus précise, elle concerne l'élimination des particules en suspension dans
des gaz ou des liquides, et elle s'applique en particulier à l'élimination de particules
très fines dont les dimensions peuvent être aussi faibles que 0,01µm.
[0003] Lorsque le fluide est un gaz, ces particules peuvent être constituées par des aérosols,
des poudres fines, des cendres, etc. On trouve, en particulier, des gaz contenant
en suspension des particules de ce type dans les atmosphères intérieures des installations
nucléaires ou non nucléaires, par exemple dans les réacteurs, les usines et les laboratoires,
dans les installations d'incinération de déchets radioactifs ou non, dans les installations
de séchage de liquides et dans toute installation contenant des poussières.
[0004] Lorsque le fluide est un liquide, les particules peuvent être constituées par des
matières insolubles telles que des poudres fines, par exemple des poudres d'oxydes
métalliques, des particules colloïdales, etc.
[0005] A titre d'exemples de liquides contenant en suspension des particules de ce type,
on peut citer les effluents liquides et les rejets produits dans les centrales nucléaires,
les usines nucléaires et de nombreuses installations industrielles.
[0006] Le procédé le plus utilisé actuellement pour traiter des fluides de ce type consiste
à les filtrer par passage au travers d'éléments filtrants ayant des mailles suffisamment
fines pour retenir les particules. Cependant, avec cette technique, on obtient un
colmatage progressif du filtre, ce qui conduit à une variation des caractéristiques
de fonctionnement du circuit de filtration et nécessite le remplacement périodique
des éléments filtrants colmatés ou la mise en oeuvre d'une étape de décolmatage contre-courant
par injection de fluide sous B 8984 MDT pression.
[0007] Le remplacement des filtres constitue un inconvénient sérieux, notamment lorsque
les particules filtrées sont radioactives. En effet, en raison de la radioactivité
déposée sur ces filtres, leur manipulation pose certains problèmes de sécurité pour
éviter les risques de contamination et d'irradiation ; par ailleurs, il est nécessaire
de les conditionner ensuite dans des matrices étanches telles que du béton, du bitume
ou des résines thermodurcissables en vue de leur stockage à long terme, ce qui a pour
effet de diluer les poussières radioactives dans une matière inerte de volume très
important et d'accroître ainsi le volume des déchets. La variante qui consiste à décolmater
les filtres par injection de fluide sous pression permet d'éviter cet inconvénient
mais elle est complexe et difficile à mettre en oeuvre.
[0008] Pour remédier à cette situation, on a envisagé de traiter les fluides en utilisant
des séparateurs cyclones ou des filtres électrostatiques afin d'éliminer les particules
qu'ils contiennent, mais de tels dispositifs ont un pouvoir d'arrêt insuffisant vis-à-vis
de telles particules.
[0009] La présente invention a précisément pour objet un procédé de traitement de fluides
contenant en suspension des particules, qui pallie les inconvénients des procédés
rappelés ci-dessus.
[0010] Selon l'invention, on soumet le fluide à traiter à un cycle de traitement qui comprend
une étape de filtration pour extraire une partie du fluide à l'état purifié et une
étape de séparation pour extraire une partie des particules présentes en suspension
dans le fluide, en commençant le cycle de traitement, soit par l'étape de filtration,
soit par l'étape de séparation, et on soumet le fluide appauvri en particules provenant
de l'étape de séparation ou le fluide enrichi en particules provenant de l'étape de
filtration à un nouveau cycle de traitement après lui avoir ajouté du fluide à traiter.
[0011] Pour la réalisation de ce cycle de traitement, le choix de la première étape dépend
en particulier de la concentration en particules du fluide à traiter.
[0012] Ainsi, si le fluide à traiter à une concentration élevée en particules, on préfère
commencer par l'étape de séparation. Dans ce cas, le procédé consiste à soumettre
le fluide à traiter à un cycle de traitement comprenant les étapes suivantes :
a) - séparer une partie des particules présentes dans le fluide à traiter pour l'appauvrir
en particules,
b) - mettre en circulation le fluide ainsi appauvri dans le premier compartiment
d'un dispositif de filtration séparé en un premier et un second compartiments par
au moins une paroi poreuse et perméable ayant des pores de dimensions inférieures
à celles des particules pour obtenir à la sortie de ce premier compartiment du fluide
enrichi en particules et diffuser dans le second compartiment du fluide purifié,
c) - récupérer le fluide purifié qui a diffusé dans le second compartiment, et
d) - recycler le fluide enrichi en particules sortant du premier compartiment pour
le soumettre à un nouveau cycle de traitement avec du fluide à traiter.
[0013] En revanche, lorsque le fluide à traiter a une concentration peu importante en particules,
on préfère commencer le cycle de traitement par l'étape de filtration. Dans ce cas,
le procédé consiste à soumettre le fluide à un cycle de traitement comprenant les
étapes suivantes :
a′)- mettre en circulation le fluide à traiter dans le premier compartiment d'un dispositif
de filtration séparé en un premier et un second compartiments par au moins une paroi
poreuse et perméable ayant des pores de dimensions inférieures à celles des particules
pour obtenir à la sortie de ce premier compartiment du fluide enrichi en particules
et diffuser dans le second compartiment du fluide purifié,
b′)- récupérer le fluide purifié qui a diffusé dans le second compartiment, B 8984
MDT
c′)- séparer une partie des particules présentes dans le fluide sortant du premier
compartiment pour l'appauvrir en particules, et
d′)- recycler le fluide ainsi appauvri pour le soumettre à un nouveau cycle de traitement
avec du fluide à traiter.
[0014] Dans ces deux modes de mise en oeuvre du procédé de l'invention, les parois poreuses
et perméables du dispositif de filtration sont généralement constituées par des tubes
à l'intérieur desquels on met en circulation le fluide à enrichir en particules. Ainsi,
ces tubes délimitent intérieurement le premier compartiment du dispositif de filtration.
[0015] Grâce à la mise en oeuvre du cycle de traitement décrit ci-dessus, le procédé de
l'invention présente de nombreux avantages pour le traitement des liquides et des
gaz chargés de particules en suspension.
[0016] En effet, le fait de réaliser successivement une étape d'enrichissement en particules,
suivie d'une étape d'appauvrissement, permet d'éviter le colmatage des parois poreuses
en maintenant à une valeur appropriée la concentration en particules du fluide circulant
dans le dispositif de filtration.
[0017] Par ailleurs, ce procédé permet d'obtenir une filtration très poussée puisqu'il suffit
de choisir les caractéristiques des parois poreuses et perméables pour obtenir la
filtration souhaitée.
[0018] Ainsi, on évite les inconvénients des procédés de l'art antérieur, c'est-à-dire le
remplacement des éléments filtrants et la nécessité de les conditionner dans des matrices
inertes lorsqu'ils ont été utilisés pour le traitement de fluides contenant en suspension
des particules radioactives ou toxiques.
[0019] De même, on limite le volume des déchets radioactifs ou toxiques à traiter puisque
ceux-ci sont récupérés sous la forme d'un concentré de particules lors de l'étape
de séparation.
[0020] De plus, le fait d'empêcher le colmatage du dispositif de filtration, permet de réaliser
de nombreux cycles de traitement avec des caractéristiques de fonctionnement stables
pendant de longues périodes.
[0021] L'invention a également pour objet un dispositif pour la mise en oeuvre de ce procédé.
Ce dispositif comprend :
- une boucle de traitement comprenant successivement un dispositif de filtration
séparé en un premier et un second compartiments par au moins une paroi poreuse et
perméable ayant des pores de dimensions inférieures à celles des particules, un dispositif
de séparation de particules raccordé aux deux extrémités du premier compartiment du
dispositif de filtration, et des moyens pour mettre en circulation le fluide à traiter
dans la boucle de traitement,
- des moyens pour introduire le fluide à traiter dans la boucle de traitement,
- des moyens pour extraire un fluide ayant diffusé dans le second compartiment du
dispositif de filtration, et
- des moyens pour recueillir les particules séparées dans le dispositif de séparation.
[0022] Dans ce dispositif, les moyens pour mettre en circulation le fluide à traiter dans
la boucle de traitement sont agencés par rapport aux moyens d'introduction du fluide
à traiter de façon telle que le fluide circule successivement dans le dispositif de
filtration et dans le dispositif de séparation de particules, ou inversement.
[0023] Avantageusement, les parois poreuses et perméables du dispositif de filtration sont
constituées par des tubes qui délimitent intérieurement le premier compartiment. Toutefois,
on peut utiliser d'autres types de parois, par exemple des plaques poreuses.
[0024] Le dispositif de filtration utilisé dans l'invention peut être constitué par un module
d'ultrafiltration comportant une pluralité de tubes poreux disposés parallèlement
les uns aux autres, comme dans les modules utilisés pour la concentration et la séparation
des constituants présents dans un liquide.
[0025] Le dispositif de séparation de particules peut être constitué par un dispositif classique,
par exemple par un filtre électrostatique, un dépoussiéreur à chocs ou à chicanes,
un décanteur, etc. De préférence, dans le procédé de l'invention, on utilise un séparateur
cyclone ou un hydrocyclone, c'est-à-dire un appareil purement statique qui utilise
la force centrifuge pour extraire d'un courant gazeux ou d'un courant liquide, une
fraction enrichie en particules.
[0026] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront mieux à la lecture
de la description qui suit, en référence au dessin annexé sur lequel :
- la figure 1 est une représentation schématique d'une boucle de traitement conforme
à l'invention,
- la figure 2 illustre une installation de séchage d'effluents liquides radioactifs
utilisant le procédé de l'invention pour traiter le fluide sortant de l'installation
de séchage,
- la figure 3 est une variante de réalisation de l'installation de la figure 2,
- la figure 4 est une représentation schématique d'une installation de traitement
d'effluents liquides radioactifs mettant en ouvre le procédé de l'invention, et
- la figure 5 est une variante de réalisation de l'installation représentée sur la
figure 4.
[0027] En se reportant à la figure 1, on voit que la boucle de traitement 1 comprend un
dispositif de filtration 3 séparé en un premier compartiment 3a et un second compartiment
3b par des tubes 3c poreux et perméables, et un dispositif de séparation 5 relié,
d'une part, à l'une des extrémités du premier compartiment 3a par une conduite 7 munie
d'une vanne 9 et, d'autre part, à l'autre extrémité du premier compartiment 3a par
une conduite 11 munie d'une vanne 13 et d'une pompe de circulation 15.
[0028] Le fluide à traiter peut être introduit dans la boucle de traitement 1 par la conduite
17 munie de la vanne 19. Le fluide purifié dans le dispositif de filtration 3 peut
être extrait par la conduite 21 munie de la vanne 23 et les particules séparées dans
le dispositif de séparation 5 peuvent être extraites par la conduite 25.
[0029] En fonctionnement, on introduit dans la boucle de traitement 1 le fluide à traiter,
par exemple du gaz, par la conduite 17 ; celui-ci est entraîné par le circulateur
15 dans le dispositif de filtration 3 dans lequel on a établi une différence de pression
entre les compartiments 3a et 3b pour pouvoir extraire de ce dispositif du gaz purifié
par la conduite 21 et du gaz enrichi en particules par la conduite 7 ; ce gaz enrichi
est alors introduit dans le dispositif de séparation 5 qui peut être constitué par
un séparateur cyclone dans lequel on sépare une partie des particules du courant gazeux
de façon à l'appauvrir et à recycler par la conduite 11 dans le dispositif de séparation
3 du gaz dont la concentration en particules n'est pas trop élevée afin d'éviter le
colmatage des tubes poreux 3c. Ce gaz est soumis à un nouveau cycle de traitement
après qu'on lui ait ajouté par la conduite 17 du fluide à traiter.
[0030] Dans une variante de réalisation de cette boucle de traitement, la conduite 17 munie
de la vanne 19 est remplacée par la conduite 17′ munie de la vanne 19′ représentée
en pointillés, qui permet d'introduire le fluide en amont du dispositif de séparation
5 pour commencer le cycle de traitement par l'étape de séparation au lieu de l'étape
de filtration 3.
[0031] Dans cette boucle de traitement, les débits et les pressions sont réglés au moyen
des vannes 9, 13, 19 et 23 en fonction de la nature du fluide à traiter pour obtenir
notamment dans le dispositif de filtration 3 un écoulement du fluide à grande vitesse
avec une forte turbulence dans les tubes 3c afin d'éviter le dépôt de particules sur
les parois des tubes. Le débit introduit par la vanne 19 et la conduite 17 correspond
sensiblement au débit soutiré par la conduite 21 munie de la vanne 23.
[0032] De même, les tubes poreux 3c utilisés dans le dispositif de filtration sont choisis
en fonction de la nature du fluide à traiter. Ces tubes poreux peuvent être réalisés
en matériau métallique, en céramique, par exemple en alumine, ou en matière plastique.
On peut également utiliser des tubes comportant un support macroporeux revêtu intérieuroment
d'une couche miroporeuse par exemple des tubes en carbone revêtus d'une couche de
ZrO₂. Des tubes de ce type sont décrits par exemple dans le brevet américain 4 341
631 et dans le brevet européen 0 040 282. Les caractéristiques des tubes sont par
ailleurs choisies en fonction du fluide à traiter. Généralement, on utilise des tubes
ayant des rayons de pores moyens de 0,01 à 5µm et une perméabilité élevée.
[0033] La boucle de traitement décrite ci-dessus peut être utilisée pour le traitement de
gaz ou de liquides chargés de particules. A titre d'exemple, on donne, ci-après, les
conditions de fonctionnement d'une boucle de traitement de gaz et d'une boucle de
traitement de liquides.
Boucle de traitement de gaz chargés de particules
[0034] On utilise des tubes métalliques poreux ayant un diamètre interne de 15 mm, une épaisseur
de 0,25 mm et un rayon moyen de pores de 10µm, et on établit une différence de pression
de 10kPa (100 mbars) entre les deux compartiments du dispositif de filtration. Dans
ces conditions, le débit diffusé soutiré par la conduie 21 peut être de 10 à 300 m³
par heure et par m² de paroi poreuse et le débit de recirculation dans la conduite
7 représente environ 4 fois le débit diffusé. Le débit d'appoint en fluide à traiter
introduit par la conduite 17 correspond au débit diffusé. Ainsi, une installation
de ce type peut convenir pour traiter 10 à 300 m³/h.m² de paroi poreuse.
Boucle de traitement de liquides chargés de particules
[0035] On utilise dans ce cas des tubes en carbone poreux revêtus d'une couche de zircone
microporeuse, les tubes ont un diamétre interne de 6 mm et une épaiseur de 2 mm, et
le rayon moyen de pores d~ la couche microporeuse est de 0,01µm.
[0036] Lorsqu'on établit une différence de pression de 0,4 MPa (4 bars) entre les deux compartiments
du dispositif d'ultrafiltration, on peut soutirer par la conduite 21, 250 l/h.m²
de paroi poreuse. Dans ce cas, le débit de recirculation est de 10 à 50 fois le débit
soutiré par la conduite 21.
[0037] Dans le cas où la boucle de traitement est destinée à des gaz, le dispositif de séparation
de particules 5 peut être un cyclone, mais la déconcentration en particules opérée
par le cyclone varie en fonction de la taille de ces particules. De ce fait, en régime
établi, on obtient un certain enrichissement du gaz recyclé. En effet, pour des particules
de 5µm, le rendement d'un cyclone classique est généralement de 50% et l'enrichissement
du gaz en particules est au plus le double du taux de particules à l'entrée de la
boucle. Lorsque les particules en suspension ont des dimensions de l'ordre de 1µm,
le rendement du cyclone est généralement de 25% et l'enrichissement correspond dans
ce cas à 4 fois le taux initial de particules à l'entrée de la boucle de traitement.
[0038] Dans le cas où la boucle de traitement est destinée à des liquides, le dispositif
5 peut être constitué par un hydroséparateur ou un hydrocyclone qui permet d'évacuer
par la conduite 25 des boues.
[0039] Dans l'installation représentée sur la figure 1, il est possible d'utiliser plusieurs
étages de filtration en série. De même, on peut utiliser pour la séparation, plusieurs
appareils en série.
[0040] Sur la figure 2, on a représenté une installation de séchage flash d'effluents radioactifs
mettant en oeuvre le procédé de l'invention. Dans cette installation, les effluents
à traiter sont stockés dans le réservoir 30 qui est équipé d'une conduite 31 et d'une
pompe de circulation 32, d'un système de régulation de pH en ligne 34 et d'un dispositif
d'injection de produits d'insolubilisation 36. Une conduite 38 munie d'une pompe volumétrique
40 permet d'injecter dans un réacteur de séchage flash 42 les effluents provenant
du réservoir 30. Dans ce réacteur 42, on introduit par la conduite 43 de l'air chaud
qui est aspiré à travers un filtre 44 par un surpresseur 46 et est chauffé dans un
réchauffeur 48. Ainsi, dans le réacteur flash 42 les effluents liquides sont évaporés
par l'air chaud et ils sont refroidis à la sortie du réacteur dans la boîte de dilution
50 par de l'air de trempe qui est introduit par la conduite 52 après avoir été refroidi
dans un échangeur 54. Le mélange sortant de la boîte de dilution 50 est donc constitué
par de l'air chargé de poudres ou de grains et l'on traite ensuite ce mélange par
le procédé de l'invention dans la boucle 56 munie d'un séparateur cyclone 58, d'un
ventilateur de circulation 60 et d'un dispositif de filtration 62, le sens de circulation
dans la boucle de traitement étant indiqué sur le schéma. On introduit ainsi l'air
chargé de poudres et de poussières tout d'abord dans le cyclone 58 où une partie des
poudres est séparée et recueillie dans l'écluse 64 tandis que le gaz appauvri en particules
est repris par le ventilateur 60, puis introduit dans le dispositif de filtration
62 duquel on évacue par la conduite 66 de l'air épuré, l'air enrichi en particules
étant recyclé dans le cyclone 58 avec un appoint d'air chargé de poussières provenant
du réacteur flash 42. L'air purifié sortant du dispositif de filtration par la conduite
66 est aspiré par la pompe 68 et il peut être évacué dans l'atmosphère après passage
dans les filtres de sécurité 70.
[0041] Ainsi, cette installation permet de transformer les effluents liquides en poudres
que l'on introduit directement, grâce au procédé de l'invention, dans une installation
de conditionnement de déchets. Ainsi, on limite le volume des déchets et on réalise
leur conditionnement en continu dans de bonnes conditions.
[0042] Sur la figure 3, on a représenté une variante de réalisation de l'installation de
la figure 2 et l'on a utilisé les mêmes références pour désigner les constituants
communs aux deux installations. Dans cette variante, le courant d'air chargé de poussières
et de poudres radioactives provenant de la boîte de dilution 50 est introduit tout
d'abord dans un cyclone 57 à l'intérieur duquel une partie des solides est séparée
en 59. Le courant de gaz sortant de l'hydrocyclone est alors introduit dans circulation
par le ventilateur 60 dans le dispositif de filtration 62 puis dans le séparateur
cyclone 58 ; le courant gazeux sortant du séparateur cyclone est recyclé par le ventilateur
60 dans le dispositif de filtration 62. Un courant de gaz épuré est extrait du dispositif
de filtration 62. Les particules solides séparées dans le séparateur cyclone 58 peuvent
être recyclées par la conduite 80 dans la boîte de dilution 50 au moyen d'un courant
d'air qui constitue l'air de trempe et qui est aspiré par le ventilateur 81 à travers
le filtre 83.
[0043] Dans cette variante de l'installation, on utilise un premier cyclone 57 pour séparer
la majeure partie des particules provenant du réacteur de séchage 42 et l'on utilise
ensuite le procédé de l'invention, soit la boucle 56 comprenant le cyclone 58 et le
dispositif de filtration 62, pour épurer le gaz et rejeter par la conduite 66 du gaz
purifié.
[0044] Sur la figure 4, on a représenté une installation de traitement de liquides contenant
des particules radioactives. Cette installation comprend un réservoir 91 de stockage
du liquide à traiter relié par une conduite 93 munie d'une pompe 94 à une boucle de
traitement 95 comprenant une pompe de circulation 96, un dispositif de filtration
98 et un hydrocyclone 100. Une conduite 102 permet d'extraire le liquide purifié sortant
du dispositif de filtration 98 et elle est raccordée par l'intermédiaire d'une vanne
à deux voies 104, soit à un accumulateur à air comprimé 106, soit à une conduite 108
d'évacuation du liquide épuré. La boue séparée dans l'hydrocyclone 100 peut être stockée
dans le pot de stockage 110 puis évacuée par la conduite 112 munie d'une vanne 114
dans un réservoir de stockage 116 qui peut être relié par une conduite 118 munie d'une
vanne 120 à une installation de séchage ou d'enrobage de déchets.
[0045] Dans cette installation, le liquide à traiter est tout d'abord soumis à une filtration
dans le dispositif de filtration 98, puis la séparation des particules solides contenues
dans le liquide concentré dans l'hydrocyclone 100. Le liquide déconcentré sortant
de l'hydrocyclone 100 est recyclé avec du liquide à traiter par la pompe 96 dans le
dispositif de filtration 98. A intervalles réguliers, la vanne 104 est basculée pour
mettre en communication la conduite 102 avec l'accumulateur à air comprimé 106 et
la vanne 114 est ouverte simultanément. Ceci permet d'assurer un bref contre-courant
à travers les tubes poreux du dispositif 98 et de détacher la couche de polarisation
qui tendrait à freiner progressivement le débit à l'intérieur des tubes du dispositif.
Après cette opération qui dure très peu de temps, on ramène la vanne 104 à sa position
initiale, mais après avoir fermé la vanne 114 pour regonfler l'accumulateur 106. Ces
opérations sont répétées intervalles réguliers grâce à une minuterie.
[0046] Sur la figure 5, on a représenté une variante de réalisation de l'installation de
la figure 4. Dans cette variante, le réservoir 91 fait partie de la boucle de traitement
95. Ainsi, le liquide à traiter qui est dans le réservoir 91 est introduit et mis
en circulation par la pompe 96 dans le dispositif de filtration 98 puis dans l'hydrocyclone
100. Le liquide déconcentré sortant de l'hydrocyclone 100 est recyclé par l'intermédiaire
du réservoir de stockage 91 dans le dispositif de filtration 98. Dans ce cas, on prévoit
également un accumulateur à air comprimé 106 relié par l'intermédiaire d'une vanne
à deux voies 104 à la conduite d'extraction 102 du liquide purifié et l'on utilise
également une minuterie pour basculer à intervalles réguliers la vanne 104 et ouvrir
la vanne 114, celle-ci étant refermée légèrement avant que l'on ne bascule la vanne
104, pour assurer comme précédemment le regonflement de l'accumulateur.
[0047] Les différentes installations décrites ci-dessus montrent clairement l'intérêt du
procédé de l'invention pour le traitement de gaz et de liquides radioactifs ou toxiques.
Ce procédé est également très avantageux pour le traitement de fluides non radioactifs,
en particulier pour le traitement des gaz chargés de poussières.
1. Procédé de traitement d'un fluide contenant en suspension des particules, caractérisé
en ce qu'il consiste à soumettre le fluide à traiter à un cycle de traitement comprenant
les étapes suivantes :
a) - séparer (en 5) une partie des particules présente dans le fluide à traiter pour
l'appauvrir en particules,
b) - mettre en circulation le fluide ainsi appauvri dans le premier compartiment
(3a) d'un dispositif de filtration (3) séparé en un premier et un second compartiments
(3a, 3b) par au moins une paroi poreuse et perméable (3c) ayant des pores de dimensions
inférieures celles des particules pour obtenir à la sortie de ce premier compartiment
du fluide enrichi en particules et diffuser dans le second compartiment du fluide
purifié,
c) - récupérer (en 21) le fluide purifié qui a diffusé dans le second compartiment,
et
d) - recycler le fluide enrichi en particules sortant du premier compartiment pour
le soumettre à un nouveau cycle de traitement avec du fluide à traiter.
2. Procédé de traitement d'un fluide contenant en suspension des particules, caractérisé
en ce qu'il consiste soumettre le fluide à un cycle de traitement comprenant les étapes
suivantes :
a′)- mettre en circulation le fluide à traiter dans le premier compartiment (3a) d'un
dispositif de filtration (3) séparé en un premier et un second compartiments (3a,
3b) par au moins une paroi poreuse et perméable (3c) ayant des pores de dimensions
inférieures à celles des particules pour obtenir à la sortie de ce premier compartiment
du fluide enrichi en particules et diffuser dans le second compartiment du fluide
purifié,
b′)- récupérer (en 21) le fluide purifié qui a diffusé dans le second compartiment,
c′)- séparer (en 5) une partie des particules présentes dans le fluide sortant du
premier compartiment pour l'appauvrir en particules, et
d′)- recycler le fluide ainsi appauvri pour le soumettre à un nouveau cycle de traitement
avec du fluide à traiter.
3. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que
les parois poreuses et perméables (3c) sont constituées par des tubes délimitant intérieurement
le premier compartiment du dispositif de filtration.
4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que
le fluide est un gaz.
5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 et 3, caractérisé en ce que
le fluide est un gaz chargé de particules provenant d'une installation de séchage
d'effluents radioactifs liquides.
6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que
le fluide est un liquide.
7. Dispositif de traitement d'un fluide contenant en suspension des particules, caractérisé
en ce qu'il comprend :
- une boucle de traitement (1) comprenant successivement un dispositif de filtration
(3) séparé en un premier et un second compartiments (3a, 3b) par au moins une paroi
poreuse et perméable (3c) ayant des pores de dimensions inférieures à celles des particules,
un dispositif de séparation (5) des particules raccordé aux deux extrémités du premier
compartiment (3a) du dispositif de filtration et des moyens (15) pour mettre en circulation
le fluide à traiter dans la boucle de traitement,
- des moyens (17, 19) pour introduire le fluide à traiter dans la boucle de traitement;
- des moyens (21, 23) pour extraire un fluide ayant diffusé dans le second compartiment
du dispositif de filtration,
- des moyens (25) pour recueillir les particules séparées dans le dispositif de séparation.
8. Dispositif selon la revendication 7, caractérisé en ce que les moyens (15) pour
mettre en circulation le fluide traiter dans la boucle de traitement sont tels que
le fluide circule successivement dans le dispositif de filtration et dans le dispositif
de séparation de particules.
9. Dispositif selon la revendication 7, caractérisé en ce que les moyens (15) pour
mettre en circulation le fluide à traiter dans la boucle de traitement sont tels que
le fluide à traiter circule successivement dans le dispositif de séparation de particules
et le dispositif de filtration.
10. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 7 à 9, caractérisé en ce
que les parois poreuses et perméables (3c) du dispositif de filtration sont constituées
par des tubes délimitant intérieurement le premier compartiment.
11. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 7 à 10, caractérisé en ce
que le dispositif de séparation de particules (5) est un séparateur cyclone.