[0001] La présente invention a pour objet un procédé de traitement d'effluents gazeux provenant
du retraitement de combustibles nucléaires irradiés, constitués par un mélange contenant
au moins du krypton radioactif et du xénon dans l'air, un tel traitement ayant également
pour but de récupérer le xénon que ces mélanges contiennent.
[0002] Les effluents gazeux provenant des usines de retraitement des combustibles irradiés
sont essentiellement constitués d'air, dont la teneur en oxygène peut être inférieure
à la teneur naturelle, de gaz rares tels que le xénon et le krypton, et contiennent
généralement de la vapeur d'eau, du gaz carbonique, des traces d'hydrocarbures, et
aussi des oxydes d'azote dont la présence est due à la dissolution des combustibles
effectuée en milieu nitrique.
[0003] Il est connu de traiter ces effluents gazeux par des procédés qui comprennent essentiellement
une étape d'épuration fournissant un mélange d'air et de gaz rares, exempt d'autres
impuretés, puis une étape de préconcentration des gaz rares dans un gaz liquéfié qui
est choisi parmi les constituants de l'air, à savoir l'oxygène et/ou l'azote.
[0004] De tels procédés sont illustrés en particulier dans le rapport In-1221 (Avril 1969),
Idaho Nuclear Corp. et dans le brevet français 2 280 954 du C.E.A. qui illustrent
respectivement la mise en oeuvre d'une étape de concentration des gaz rares dans un
mélange d'oxygène et d'azote liquide, et dans de l'oxygène liquide.
[0005] On connaît également par le brevet américain 4012490 un procédé de traitement de
mélanges gazeux contenant principalement de l'air, de l'oxygène, de l'hydrogène, du
krypton et du xénon radioactifs, selon lequel on sépare tout d'abord l'oxygène du
mélange par réaction catalytique, on sépare ensuite le xénon et le dioxyde de carbone
par fixation sur un adsorbant et on soumet ensuite le mélange gazeux résultant qui
contient de l'hydrogène, de l'azote et du krypton radioactif à une distillation cryogénique
dans une colonne pour séparer et liquéfier le krypton.
[0006] Selon le procédé consistant à préconcentrer les gaz rares dans l'azote, cette étape
de préconcentration s'effectue, après réduction catalytique de tout l'oxygène du mélange
avec de l'hydrogène, par concentration des gaz rares dans une fraction de l'azote
par distillation cryogénique. Puis le mélange de krypton et de xénon dans l'azote
est alors soumis à une autre distillation cryogénique pour séparer le krypton et l'azote
du xénon. Ce précédé présente l'inconvénient que, étant donné la faible solubilité
du xénon dans l'azote liquide, il se produit des bouchages dans les colonnes de distillation
qui sont dus à une cristallisation du xénon.
[0007] Selon l'autre procédé consistant à préconcentrer les gaz rares dans l'oxygène, on
effectue cette préconcentration en éliminant tout l'azote du mélange et une partie
de l'oxygène par distillation cryogénique. Le mélange de krypton et de xénon concentré
dans l'oxygène alors obtenu est d'abord soumis à une étape de réduction catalytique
de l'oxygène avec de l'hydrogène, puis à une étape de distillation cryogénique pour
séparer le krypton du xénon. Ce procédé présente, par rapport au procédé de préconcentration
dans l'azote, l'avantage que la solubilité du xénon est nettement plus grande dans
l'oxygène liquide que dans l'azote liquide. Mais en raison de la radioactivité du
milieu, il y a formation d'ozone dans le bouilleur de la colonne de distillation;
cette présence d'ozone engendre des risques d'explosion. Ces risques d'explosion pourraient
éventuellement être évités par une destruction continue et «in situ» de l'ozone formé;
mais la mise au point d'un tel système d'élimination pose un certain nombre de problèmes
et n'a encore jamais été réalisée.
[0008] La présente invention a justement pour objet un procédé de traitement d'effluents
gazeux provenant du retraitement de combustibles irradiés, qui pallie les inconvénients
rappelés ci-dessus; en effet, lors de la mise en oeuvre du procédé considéré, il n'y
a pas formation d'ozone, et donc pas risque d'explosion; quant aux problèmes de cristallisation
du xénon, ils peuvent aisément être évités.
[0009] Le procédé conforme à l'invention de traitement de gaz effluents provenant du retraitement
de combustibles nucléaires irradiés, constitués par un mélange contenant au moins
du krypton radioactif et du xénon dans l'air, comprend essentiellement et successivement:
- une première étape d'élimination de l'oxygène par réduction catalytique et d'élimination
des impuretés éventuelles telles que les hydrocarbures, les oxydes d'azote, le gaz
carbonique et la vapeur d'eau;
- une seconde étape d'addition d'argon au mélange gazeux;
- une troisième étape de concentration du xénon et du krypton en solution dans l'argon
liquide par distillation cryogénique des gaz légers, et principalement de l'azote,
à partir du mélange liquéfié;
- une quatrième étape de séparation de l'argon par distillation cryogénique du mélange
concentré de xénon et de krypton dans l'argon liquide; et
- une cinquième étape de séparation séparant le krypton du xénon par distillation
cryogénique du mélange liquide obtenu après la quatrième étape.
[0010] En effet, le demandeur a étudié le comportement du xénon du point de vue de la solubilité
dans trois solvants cryogéniques, à savoir l'oxygène, l'azote et l'argon. Le demandeur
a étudié quelle était la pression maximale telle que l'équilibre solide-liquide-vapeur
xénon-solvant puisse exister. Il importait donc pour éviter tout risque de cristallisation
du xénon d'opérer l'étape de préconcentration à une pression supérieure à cette pression
remarquable citée plus haut. Le demandeur a recherché et découvert que pour un système
oxygène-xénon, cette pression remarquable est de 17 bars absolus, que pour un système
argon-xénon, cette pression remarquable est de 18,5 bars absolus, et que pour un système
azote-xénon, cette pression remarquable serait notablement supérieure par exemple,
de l'ordre de 35 bars absolus.
[0011] C'est pourquoi le fait d'opérer une étape de préconcentration du xénon et du krypton
dans de l'argon liquide selon le procédé conforme à l'invention, présente l'avantage,
par rapport au procédé de préconcentration du xénon et du krypton dans l'azote, d'éviter
la cristallisation du xénon en opérant la distillation cryogénique à une pression
nettement plus faible et également l'avantage, par rapport au procédé de préconcentration
du xénon et du krypton dans l'oxygène, d'éviter la formation d'ozone.
[0012] On avait déjà envisagé d'utiliser de l'argon pour concentrer des mélanges de gaz
rares, mais dans ce cas il s'agissait de mélanges provenant d'air et non d'effluents
gazeux provenant du retraitement des combustibles irradiés. Ainsi, le document DE-A-1
667 639 décrit un procédé pour récupérer un mélange de krypton et de xénon à partir
de la fraction riche en oxygène d'une unité classique de réparation d'air. Dans ce
procédé, on utilise de l'argon pour concentrer le krypton et le xénon afin d'éviter
les risques d'explosion dus à la présence d'impuretés à base d'hydrocarbures dans
la fraction riche en oxygène soumise à la concentration. Cependant, dans ce cas, les
risques d'explosion résultent de la présence d'hydrocarbures et non de la formation
d'ozone. Par ailleurs, dans ce procédé, le mélange de gaz rares provient de l'air
et le problème d'une cristallisation éventuelle du xénon dans la phase liquide ne
se pose pas car il y a beaucoup plus de krypton que de xénon dans l'air, le rapport
Kr/Xe étant généralement de 10 alors que dans les effluents gazeux provenant du retraitement
des combustibles irradiés, il y a plus de xénon que de krypton, le rapport Kr/Xe pouvant
être par exemple de 0,1.
[0013] Ainsi, dans ce procédé on n'utilise pas l'argon pour obtenir une meilleure solubilité
du xénon dans la phase liquide.
[0014] Selon une caractéristique avantageuse du procédé de l'invention, on prend une partie
du krypton séparé du xénon et obtenu lors de la cinquième étape, et on introduit ladite
partie dans le mélange avant de procéder à la troisième étape de concentration du
xénon et du krypton en solution dans de l'argon liquide. Cette réintroduction d'une
certaine quantité de krypton obtenu en fin de procédé permet d'abaisser la pression
à laquelle s'effectue la troisième étape de concentration du xénon et du krypton dans
l'argon liquide.
[0015] Naturellement, l'invention s'étend également aux installations appropriées pour la
mise en oeuvre du procédé. De telles installations comprennent notamment des réacteurs
catalytiques et des colonnes de distillation cryogénique avec tous leurs équipements
annexes, en eux-mêmes connus, dispersés et reliés par des conduits de circulation
des différents produits, de manière à permettre la réalisation des opérations successives
du procédé défini ci-dessus.
[0016] Les caractéristiques d'une telle installation ainsi que celles du procédé apparaîtront
plus clairement à la lecture de la description ci-après, qui concerne un exemple de
mise en oeuvre de l'invention. Bien entendu, cette description n'a aucun caractère
limitatif vis-à-vis de l'invention.
[0017] La description qui suit est faite en référence aux figures jointes dans lesquelles:
- la fig. 1 illustre schématiquement le déroulement global du procédé décrit et l'installation
utilisée;
- les fig. 2 et 3 représentent, de manière schématique mais plus en détail, des parties
de l'installation utilisée et la circulation des produits entre les différentes étapes.
[0018] Sur la fig. 1, on a symbolisé les différentes unités de traitement permettant d'effectuer
successivement les étapes du procédé de l'invention, dans cet ordre:
- en 1: l'unité dans laquelle s'effectue la première étape d'élimination des impuretés
du mélange gazeux provenant de l'usine de retraitement de combustibles nucléaires,
première étape d'épuration qui permet d'obtenir un mélange constitué d'air ne contenant
pratiquement plus que du xénon et du krypton; cette première étape s'effectue en trois
stades successifs, respectivement dans trois unités symbolisées en 1a, 1b, et 1 c;
- en 2: une colonne dans laquelle s'effectue la troisième étape de concentration du
xénon et du krypton dans de l'argon liquide, permettant d'éliminer principalement
l'azote du mélange et de recueillir un mélange concentré de xénon et de krypton dans
de l'argon;
- en 3: la colonne dans laquelle s'effectue la quatrième étape d'élimination de l'argon
par distillation cryogénique du mélange d'argon, de xénon et de krypton;
- en 4: la colonne dans laquelle s'effectue la séparation du xénon et du krypton par
distillation cryogénique de façon à éliminer le krypton et à recueillir du xénon pur.
[0019] De façon plus précise, la première étape d'élimination de l'oxygène et des impuretés
éventuelles contenues dans le mélange gazeux de départ comporte un premier stade d'élimination
des hydrocarbures par oxydation catalytique (et également de dissociation catalytique
de l'oxyde d'azote N
20), qui s'effectue dans l'unité représentée en 1a; un deuxième stade d'élimination
de l'oxygène et des oxydes de l'azote par réduction catalytique, qui s'effectue dans
l'unité représentée en 1 b; et un troisième stade d'élimination du gaz carbonique
et de la vapeur d'eau par passage sur tamis moléculaire et/ou gel de silice, qui s'effectue
dans l'unité représentée en 1 c.
[0020] Ainsi, le mélange gazeux à traiter est tout d'abord introduit en 5 dans l'unité 1a
et sort de cette unité débarrassé des hydrocarbures. Il est alors introduit, en 6,
dans l'unité 1b où s'effectue une réduction catalytique en présence de palladium par
action d'hydrogène amené en 7. Il ressort de cette unité 1 b, débarrassé de l'oxygène
et des oxydes de l'azote et est introduit en 8, dans l'unité 1c où il est débarrassé
du gaz carbonique et de la vapeur d'eau par passage sur tamis moléculaire. Ainsi,
le mélange introduit en 9, dans la colonne 2 est un mélange d'azote, de xénon et de
krypton auquel on additionne préalablement de l'argon en 10, avant l'entrée dans la
colonne 2. Dans la colonne 2 s'effectue la distillation cryogénique qui permet d'obtenir
l'élimination de l'azote gazeux en 11, ce qui permet de récupérer, en 12, un mélange
liquide d'argon, de xénon et de krypton. Ce mélange liquide d'argon, de xénon et de
krypton est alors introduit en 13, dans la colonne 3, où s'effectue l'élimination
de l'argon sous forme gazeuse en 14, par distillation cryogénique et la récupération,
en 15, d'un mélange liquide de krypton et de xénon. Ce mélange de krypton et de xénon
est alors introduit en 16, dans la colonne 4, où s'effectue l'élimination sous forme
gazeuse du krypton, en 17, par distillation cryogénique et la récupération de xénon
pur à l'état liquide en 18.
[0021] Eventuellement, selon un mode préféré de l'invention, on prend une partie de krypton
éliminé en 17, et on le recycle en 19 pour le réintroduire à l'entrée de la colonne
2, de façon à pouvoir effectuer la distillation cryogénique à une pression plus faible.
[0022] Selon l'invention, la pression à laquelle on effectue la distillation cryogénique
dans la colonne 2 est au plus de 18 bars, la pression à laquelle on effectue la distillation
cryogénique dans la colonne 4 est d'environ 3 bars et la pression à laquelle on effectue
la distillation cryogénique dans la colonne 3 est comprise entre la pression de la
colonne 4 et la pression de la colonne 2.
[0023] Sur la fig. 2, on a représenté plus en détail les différents éléments et circuits
reliant les unités 1 a, 1 b, 1 c, dans lesquelles on effectue la première étape d'élimination
des impuretés selon le procédé de l'invention. Le mélange gazeux à traiter provenant
de l'usine de retraitement de combustibles irradiés, est d'abord introduit en 20 dans
un compresseur 21, puis est refroidi par une circulation d'eau dans un réfrigérant
22 et, après passage dans un échangeur 23, est introduit en 5 dans l'unité 1a qui
contient un catalyseur au platine ou au rhodium: dans cette unité 1a, les hydrocarbures
sont éliminés du mélange gazeux par oxydation catalytique et il y a également élimination
du protoxyde d'azote N
20 par dissociation catalytique de ce dernier. Un dispositif de chauffage externe assure
le maintien d'une température maximale de 700°C dans cette unité 1 a. A la sortie
de l'unité 1a, le mélange gazeux débarrassé des hydrocarbures passe dans l'échangeur
23 puis, après mélange avec une partie du mélange gazeux provenant du séparateur d'eau
27, dans un système de réchauffage électrique 24 qui le porte à une température de
100°C et est introduit, en 6, dans l'unité 1b; dans cette unité 1b, l'oxygène et les
oxydes de l'azote sont éliminés par réduction catalytique, l'unité 1 b contenant un
catalyseur au palladium et éventuellement un catalyseur au rhodium et de l'hydrogène
étant introduit en 7, de façon à maintenir un léger excès de ce gaz en sortie de l'unité
1 b. A la sortie de l'unité 1 b, le mélange gazeux débarrassé de l'oxygène et des
oxydes d'azote est refroidi dans un réfrigérant à eau 25, puis passe dans un ventilateur
26. A la sortie du ventilateur 26 une partie du mélange gazeux, après passage dans
un séparateur d'eau 27 est recyclée en 28 vers l'unité 1 b et l'autre partie est dirigée
en 8, vers l'unité 1c.
[0024] Le mélange introduit en 8 dans l'unité 1c est débarrassé de la vapeur d'eau et des
traces de C0
2 par passage sur un tamis moléculaire et/ou un gel de silice dans l'un des deux absorbeurs
29 disposés en parallèle; ces deux absorbeurs 29 subissent périodiquement et alternativement
une régénération par chauffage et circulation d'azote.
[0025] Sur la fig. 3, on reconnaît les colonnes 2, 3 et 4 servant respectivement à la mise
en oeuvre des troisième, quatrième et cinquième étapes du procédé de l'invention.
Le mélange gazeux contenant de l'azote, de l'argon, du krypton et du xénon provenant
de l'unité 1 est d'abord refroidi dans un échangeur de chaleur 30, puis est introduit
en 9, dans la colonne 2.
[0026] La colonne de distillation 2 fonctionne à une pression au plus de 18 bars. La partie
inférieure de la colonne 2 est maintenue à la température nécessaire à l'aide d'un
dispositif de chauffage électrique 31. En tête de la colonne 2, un reflux est assuré
par un condenseur 32, refroidi par de l'azote liquide amené en 33. On extrait de la
partie supérieure de la colonne 2, en 11, un mélange gazeux contenant principalement
de l'azote et éventuellement une fraction d'argon; ce mélange peut être recyclé dans
le circuit de balayage de la cisaille ou rejeté dans l'atmosphère; on le réchauffe
préalablement par passage dans l'échangeur 30, d'où il sort en 34. Du bas de la colonne
2, on extrait un mélange liquide d'argon concentré en krypton et xénon et on l'introduit
en 13 dans la colonne de distillation 3.
[0027] Dans la colonne 3, qui fonctionne à une pression comprise entre la pression de la
colonne 4 et la pression de la colonne 2, on sépare par distillation cryogénique l'argon
à l'état gazeux en 14 et on recueille le mélange liquide de krypton et de xénon en
bas de la colonne 3. Eventuellement, on peut recycler l'argon, sortant en 14 de la
colonne 3, à l'entrée de la colonne 2.
[0028] Le mélange liquide de krypton et de xénon sortant du bas de la colonne 3 est introduit
en 16 dans la colonne 4, où l'on effectue la séparation du krypton et du xénon par
distillation cryogénique: le krypton est obtenu sous forme gazeuse en 17, en tête
de la colonne 4, et le xénon sous forme liquide en 18, en bas de la colonne 4.
[0029] Eventuellement, on recycle une partie du krypton obtenu en 17, en 19, à l'entrée
de la colonne 2; ceci permet d'augmenter la teneur relative de krypton dans le mélange
gazeux d'alimentation et d'effectuer la première distillation cryogénique dans la
colonne 2 à une pression notablement inférieure à 18 bars; par exemple, avec un rapport
krypton sur xénon de 1, obtenu avec un reflux de 10 de krypton, on peut abaisser la
pression de fonctionnement de la colonne 2 à une valeur de 10 bars.
[0030] Le xénon pur obtenu en 18 est commercialisable.
[0031] A titre indicatif, on donne, ci-dessous un exemple de circulation des produits en
précisant les concentrations des mélanges et les différents débits. Pour plus de simplicité,
on se réfère à la fig.1.
[0032] Le mélange gazeux à traiter auquel il a été ajouté une quantité déterminée d'argon
présente la composition suivante: 81% d'azote, 11% d'oxygène, 8% d'argon , 150 ppm
de krypton, et 1500 ppm de xénon, des hydrocarbures, des oxydes de l'azote, de la
vapeur d'eau et du gaz carbonique; il est introduit en 5, à un débit de 21,8 m
3 par heure, dans l'unité 1a. A la sortie de l'unité 1a, le mélange débarrassé des
hydrocarbures est introduit en 6 dans l'unité 1 b et de l'hydrogène est introduit
en 7 à un débit de 4,8 m
3 par heure. A la sortie de l'unité 1 b, le mélange débarrassé de l'oxygène et des
oxydes de l'azote est introduit en 8 dans l'unité 1c. A la sortie de cette unité 1c,
1e mélange gazeux débarrassé de la vapeur d'eau et du C0
2 est introduit en 9 dans la colonne 2: à ce moment là, le mélange a la composition
suivante: 88% d'azote, 12% d'argon, 150 ppm de krypton et 1500 ppm de xénon; il est
introduit dans la colonne 2. En tête de la colonne 2, on récupère en 11 un mélange
gazeux de 91 % d'azote et de 9% d'argon. En bas de la colonne 2, on récupère un mélange
liquide de 94,5% d'argon, de 0,5% de krypton et de 5% de xénon. Ce mélange est introduit
en 13 dans la colonne 3. En tête de cette colonne 3, on récupère en 14 de l'argon
gazeux à un débit de 600 I/h et en bas de cette colonne 3, on récupère un mélange
liquide de 10% de krypton et de 90% de xénon. On introduit ce mélange en 16 dans la
colonne 4. En tête de la colonne 4, on récupère en 17 du krypton gazeux à un débit
de 3 1/h et en bas de la colonne 4, du xénon liquide à un débit de 301/h. Les valeurs
données ci-dessus concernent le cas où l'on n'effectue pas le recyclage d'une partie
du krypton obtenu en 17 à l'entrée de la colonne 2.
[0033] Si l'on effectue ce recyclage, en 19, d'une partie du krypton obtenu en fin de procédé,
par exemple à un débit de 271/h, le mélange gazeux introduit en 9 à l'entrée de la
colonne 2 a alors la composition suivante: 88% d'azote, 12% d'argon, 1500 ppm de krypton
et 1500 ppm de xénon. Ceci permet de pouvoir faire fonctionner la colonne 2 à une
pression de l'ordre de 10 bars au lieu de 18 bars.
1. Procédé de traitement de gaz effluents du retraitement de combustibles nucléaires
irradiés constitués par un mélange contenant au moins du krypton radioactif et du
xénon dans l'air, comprenant essentiellement et successivement:
- une première étape d'élimination de l'oxygène par réduction catalytique et d'élimination
des impuretés éventuelles telles que les hydrocarbures, les oxydes d'azote, le gaz
carbonique et la vapeur d'eau;
- une seconde étape d'addition d'argon au mélange gazeux;
- une troisième étape de concentration du xénon et du krypton en solution dans l'argon
liquide par distillation cryogénique des gaz légers, et principalement de l'azote,
à partir du mélange liquéfié;
- une quatrième étape de séparation de l'argon par distillation cryogénique du mélange
concentré de xénon et de krypton dans l'argon liquide; et
- une cinquième étape de séparation séparant le krypton du xénon par distillation
cryogénique du mélange liquide obtenu après la quatrième étape.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on prend une partie du
krypton, séparé du xénon et obtenu lors de la cinquième étape, et on introduit ladite
partie dans le mélange, avant de procéder à la troisième étape de concentration du
xénon et du krypton en solution dans l'argon liquide.
3. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que
la première étape d'élimination de l'oxygène et des impuretés éventuelles comporte
un premier stade d'élimination des hydrocarbures par oxydation catalytique, un deuxième
stade d'élimination de l'oxygène et des oxydes de l'azote par réduction catalytique,
et un troisième stade d'élimination du gaz carbonique et de la vapeur d'eau par passage
sur tamis moléculaire et/ou gel de silice.
4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que
la cinquième étape de séparation du xénon et du krypton s'effectue à une pression
d'environ 3 bars.
5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que
la quatrième étape d'élimination de l'argon du mélange d'argon, de xénon et de krypton
obtenu s'effectue à une pression comprise entre la pression à laquelle s'effectue
la cinquième étape et la pression à laquelle s'effectue la troisième étape.
1. Process for the treatment of effluent gases from the retreatment of irradiated
nuclear fuels which consist of a mixture containing at least radioactive krypton and
xenon in air, comprising essentially and successively:
- a first stage for the removal of oxygen by catalytic reduction and removal of the
impurities which may be present, such as hydrocarbons, nitrogen oxides, carbon dioxide
and water vapour,
- a second stage for the addition of argon to the gaseous mixture,
- a third stage for the concentration of the xenon and the krypton dissolved in liquid
argon by cryogenic distillation of the light gases, and chiefly nitrogen, from the
liquefied mixture,
- a fourth stage for the separation of argon by cryogenic distillation of the concentrated
mixture of xenon and krypton in liquid argon, and
- a fifth stage for the separation which separates krypton from xenon by cryogenic
distillation of the liquid mixture obtained after the fourth stage.
2. Process according to Claim 1, characterized in that a proportion of the krypton
separated from xenon and obtained during the fifth stage is taken and the said proportion
is introduced into the mixture before carrying out the third stage for the concentration
of the xenon and krypton dissolved in liquid argon.
3. Process according to either of Claims 1 and 2, characterized in that the first
stage for the removal of oxygen and of the impurities which may be present comprises
a first stage for the removal of hydrocarbons by catalytic oxidation, a second stage
for the removal of oxygen and nitrogen oxides by catalytic reduction, and a third
stage for the removal of carbon dioxide and water vapour by passing over a molecular
sieve and/or silica gel.
4. Process according to any one of Claims 1 to 3, characterized in that the fifth
stage for separation of xenon and of krypton is performed at a pressure of approximately
3 bars.
5. Process according to any one of Claims 1 to 4, characterized in that the fourth
stage for the removal of argon from the mixture of argon, xenon and krypton which
is obtained is performed at a pressure which is between the pressure at which the
fifth stage is performed and the pressure at which the third stage is performed.
1. Verfahren zur Behandlung von von der Wiederaufbereitung von bestrahlten Kernbrennstoffen
stammenden Abströmgasen in die Luft, die wenigstens radioaktives Krypton und Xenon
enthalten, wobei das Verfahren im wesentlichen und aufeinanderfolgend umfasst:
- einen ersten Schritt zum Entfernen des Sauerstoffs durch katalytische Reduktion
und zum Entfernen etwaiger Verunreinigungen wie Kohlenwasserstoffe, Strickstoffoxyde,
Kohlendioxyd und Wasserdampf;
- einen zweiten Schritt zum Hinzufügen von Argon zu der Gasmischung;
- einen dritten Schritt zur Konzentration des Xenons und des Kryptons in Lösung in
dem flüssigen Argon durch Tiefsttemperaturdestillation der leichten Gase, hauptsächlich
von Stickstoff, ausgehend von der verflüssigten Mischung;
- einen vierten Schritt zum Entfernen des Argons durch Tiefsttemperaturdestillation
der konzentrierten Mischung aus Xenon und Krypton in dem flüssigen Argon; und
- einen fünften Schritt zum Entfernen, bei dem das Krypton von dem Xenon durch Tiefsttemperaturdestillation
der nach dem vierten Schritt erhaltenen Flüssigkeitsmischung getrennt wird.
2. Verfahren nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass man einen Anteil des Kryptons,
welches von dem Xenon getrennt ist und beim fünften Schritt erhalten wurde, nimmt
und diesen Anteil der Mischung vor der Durchführung des dritten Schrittes zur Konzentration
des Xenons und des Kyptons in Lösung in dem flüssigen Argon hinzufügt.
3. Verfahren nach Anspruch 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, dass der erste Schritt
zum Entfernen von Sauerstoff und etwaigen Verunreinigungen eine erste Stufe zum Entfernen
der Kohlenwasserstoffe durch katalytische Oxydation, eine zweite Stufe zum Entfernen
des Sauerstoffs und der Stickstoffsauerstoffverbindungen durch katalytische Reduktion
und eine dritte Stufe zum Entfernen des Kohlendioxyds und des Wasserdampfes mittels
Durchleiten durch ein Molekularsieb und/oder ein Kieselgel umfasst.
4. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 3, dadurch gekennzeichnet, dass der fünfte
Schritt zum Entfernen des Xenons und des Kryptons bei einem Druck von ungefähr 3 Bar
durchgeführt wird.
5. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 4, dadurch gekennzeichnet, dass der vierte
Schritt zum Entfernen des Argons aus der erhaltenen Mischung aus Argon, Xenon und
Krypton bei einem Druck durchgeführt wird, der zwischen dem Druck, bei dem der fünfte
Schritt durchgeführt wird, und dem Druck liegt, bei dem der dritte Schritt durchgeführt
wird.