[0001] L'invention concerne un brûleur à gaz du type à prémélange et à contrôle de flamme.
[0002] Cette catégorie de brûleur est d'utilisation industrielle courante.
[0003] Le brûleur à gaz du type à prémélange et à contrôle de flamme conforme à l'invention
est, de façon plus spécifique, tel qu'il comporte une arrivée de prémélange air et
gaz combustible dans une chambre de répartition débouchant par une grille de stabilisation
de flamme dans une chambre de combustion où le prémélange est enflammé au moyen d'une
électrode d'allumage.
[0004] Divers travaux ont été menés en vue de résoudre les problèmes consécutifs à l'allumage
de tels brûleurs et au contrôle de la flamme qui se développe.
[0005] A ce sujet, on peut notamment citer la demande de brevet français n° 83 09468 du
8 Juin 1983 déposée au nom du même demandeur pour un "brûleur à gaz du type à prémélange
et à contrôle de flamme, utilisé en particulier pour une installation à tube immergé".
[0006] Les domaines industriels auxquels s'appliquent le brûleur objet de cette demande
et le brûleur de l'invention sont voisins. Les problèmes spécifiques rencontrés sont
comparables.
[0007] Dans la demande précédente en question, on prévoyait de contrôler les conditions
de fonctionnement ou de combustion de la flamme au moyen d'une cellule de contrôle
sensible au rayonnement ultraviolet. Cette cellule était disposée vers le fond d'un
embout qui s'étendait, par rapport à la direction d'écoulement du mélange gazeux,
à l'arrière de la chambre de répartition. Un faible débit d'air débouchant dans l'embout
assurait un refroidissement complémentaire de la cellule. De cette façon, la cellule
de contrôle de la flamme était soustraite aux contraintes thermiques particulièrement
élevées dans ce type de brûleur travaillant en milieu immergé avec une chambre de
combustion compacte.
[0008] Cependant, un tel contrôle de flammes par une cellule ainsi disposée peut, dans certains
cas, ne pas être approprié.
[0009] Des problèmes peuvent se poser, en particulier en cas de retour de flamme, c'est-à-dire
dans le cas où, suite notamment à des instabilités de flamme consécutives à des fluctuations
de pression, la flamme, au lieu de brûler dans la chambre de combustion, se développe
accidentellement dans la chambre de répartition. En effet, la position occupée par
la cellule, en arrière de la chambre de répartition, lui permet de continuer à observer
l'existence de la flamme et donc à autoriser le fonctionnement normal du brûleur,
sans détecter la position anormale de cette flamme dans la chambre de répartition,
ce qui peut entraîner des contraintes thermiques excessives pouvant conduire à la
destruction de la grille de stabilisation de flamme, endommageant par là même le brûleur.
[0010] En outre, la nécessaire protection thermique que l'on doit assurer à la cellule de
contrôle, en liaison avec la compacité du brûleur, requiert, en général, une conception
du brûleur assez complexe, pouvant entraîner des surcoûts de fabrication et des problèmes
de standardisation.
[0011] Un autre moyen de contrôle des conditions de fonctionnement et de combustion de la
flamme a déjà été envisagé et est utilisé. Il consiste en la prévision d'une électrode
d'ionisation mise en place au niveau de la chambre de combustion.
[0012] Une telle électrode, disposée dans l'espace où doit se développer la flamme en condition
normale de fonctionnement, permet de détecter les conditions réelles de combustion
et de contrôler effectivement la position de cette flamme. Elle permet ainsi de commander
l'arrêt du brûleur en cas d'instabilité excessive ou de position anormale de la flamme.
[0013] Cependant, il est à noter que ce type de contrôle par électrode d'ionisation était
jusqu'à présent utilisé sur des brûleurs (brûleurs à plaquette céramique, brûleurs
de chauffe-eau) présentant des conditions de fonctionnement tout à fait différentes
de celles du brûleur à prémélange et à grille de stabilisation de flamme de l'invention.
[0014] Les brûleurs de chauffe-eau n'ont qu'une faible puissance de chauffe. Les problèmes
de contraintes thermiques ne sont donc pas comparables. Les problèmes d'instabilité
de flamme consécutifs à de fortes fluctuations de pression engendrées par la combustion
d'une flamme de forte puissance en milieu compact, n'existent pas.
[0015] Dans les brûleurs à plaquette céramique, la flamme est "rentrante" et se développe
das la plaquette. Les conditions de fonctionnement et le domaine d'application sont
là encore différentes de celles du brûleur de l'invention.
[0016] On remarquera, par ailleurs, que de façon à éviter d'interférer avec l'écoulement
du mélange gazeux et à ne pas perturber les conditions de fonctionnement du brûleur,
l'électrode d'ionisation, lorsqu'elle était prévue, de même d'ailleurs que l'électrode
d'allumage, étaient disposées de façon que leur corps et leur tête reliée à l'alimentation
électrique soient placées à l'écart de l'écoulement du mélange gazeux ; seule leur
pointe beignant dans le mélange.
[0017] Au contraire, dans l'invention, et de façon surprenante, on s'est aperçu que prévoir
l'électrode d'ionisation et l'électrode d'allumage directement au sein du mélange
gazeux sur la grille de stabilisation de flamme d'un brûleur dans lequel les problèmes
d'instabilité de flamme sont particulièrement délicats à résoudre, n'entraînait aucune
perturbation pouvant nuire au bon fonctionnement du brûleur.
[0018] C'est pourquoi, compte tenu des nombreux avantages offerts au niveau du contrôle
de la flamme par l'électrode d'ionisation, et qui ont été rappelés ci-avant, l'invention
prévoit un brûleur à gaz du type à prémélange, à grille et à contrôle de flamme, comprenant
une électrode d'ionisation montée, comme l'électrode d'allumage, à travers la grille
de stabilisation de flamme, ces deux électrodes étant disposées, d'une part, avec
leurs pointes convenablement isolées, respectivement droite, et recourbée vers la
grille, s'étendant dans la chambre de combustion et, d'autre part, avec leurs têtes
reliées chacune à une alimentation électrique correspondante adaptée, traversant la
chambre de répartition.
[0019] De cette façon, on assure un bon contrôle de la position et des conditions de combustion
de la flamme, permettant d'éviter, notamment, toute extinction intempestive du brûleur
en cours de combustion et tout endommagement de celui-ci consécutif à une instabilité
ou retour de flamme.
[0020] L'invention s'applique également à l'utilisation de brûleurs s'adaptant à un ensemble
chambre de combustion et tube immergé compact.
[0021] L'invention, ses caractéristiques et avantages apparaîtront plus clairement à l'aide
de la description qui va suivre faite en référence aux dessins annexés dans lesquels
:
- la figure 1 montre, de façon schématique, un brûleur à gaz conforme à l'invention,
et
- la figure 2 illustre à plus petite échelle un schéma de montage du brûleur.
[0022] En se reportant, tout d'abord à la figure 1, le brûleur repéré dans son ensemble
1 comporte essen tiellement une chambre 2 de répartition dans laquelle arrive, par
une conduite 3 d'alimentation, le prémélange air/gaz combustible débouchant avantageusement
dans la chambre 2 par une ouverture sensiblement radiale 4. La chambre 2 qui a la
forme générale d'un caisson cylindrique à section sensiblement circulaire est obturée,
sur sa face avant, par une grille métallique de stabilisation de flammes 5. Cette
grille qui est donc relativement sensible aux contraintes thermiques (comparée aux
plaquettes céramiques) dans certaines conditions de fonctionnement du brûleur peut
en particulier être du type décrit à la demande française sus-mentionnée n, 83 09468.
De façon plus spécifique, elle comportera des orifices de diamètre et de répartition
convenables pour assurer un bon accrochage et une bonne stabilisation des flammes
à l'entrée de la chambre de combustion 6, et ce pour les puissances considérées de
fonctionnement du brûleur.
[0023] Sur sa face arrière, le caisson formant la chambre de répartition 2 est fermée par
une paroi 7. Sur la figure 1 on a repéré par les lettre AV et AR le côté respectivement
"avant" et "arrière" du brûleur, en faisant référence à la circulation du mélange
combustible dans la brûleur tel que shématisé par les flèches.
[0024] Tel qu'illustré, l'allumage du brûleur est assuré par une électrode 8 alimentée sous
haute tension convenable comme shématisé en 9 et convenablement isolée, l'allumage
s'effectuant par étincelles entre la pointe recourbée 10ʹ de l'électrode d'allumage
et la paroi voisine de la grille 5 ou du flasque avant 11 métallique sur laquelle
est fixée la grille 5 et qui est mise à la masse du caisson formant la chambre de
répartition 2.
[0025] Pour contrôler le bon fonctionnement du brûleur, c'est à dire en particulier les
conditions de combustion de la flamme qui se développe dans la chambre de combustion,
ainsi que la position de cette flamme, on a prévu une électrode d'ionisation 12 également
alimentée sous tension convenable comme schématisé en 10 et convenablement isolée,
la detection des conditions de développement de la flamme s'effectuant entre la pointe
13 de l'électrode 12 et la masse voisine de la grille 5.
[0026] La pointe 13 de l'électrode d'ionisation 12 est, telle qu'illustrée, sensiblement
droite et dirigée sensiblement parallèlement à la direction d'écoulement du mélange
gazeux.
[0027] Les deux électrodes 8 et 12 sont montées, également sensiblement parallèlement à
la direction d'écoulement du mélange combustible, de façon à traverser la grille 5
de stabilisation de flammes vers la partie centrale de celle-ci et avec leurs pointes
respectives 10 et 13 s'étendant dans la chambre de combustion. Les cables d'alimentation
électriques 9 et 10 des électrodes s'étendent, tel qu'illustré, dans la chambre de
répartition 2 et traversent, de façon étanche aux pressions de fonctionnement considérées,
la paroi de celle-ci respecvement en 14 et 15. L'étanchéité peut notamment être assurée
par des presse-étoupes.
[0028] Vers l'arrière de la chambre de répartition 2, vers le fond d'un embout 22 débouchant
dans cette chambre, apparaît un voyant 23 de contrôle visuel de la flamme. On notera
que le voyant 15 est disposé de façon tout à fait appropriée et bien protégé des contraintes
thermiques.
[0029] En se référant maintenant à la figure 2, on voit que le brûleur est alimenté en gaz
combustible par une conduite 16, le prémélange étant ainsi délivré au conduit 3 dans
des conditions sensiblement stoechiométriques. L'air nécessaire à la combustion est
délivré par un ventilateur ou compresseur 17 qui alimente le conduit d'air principal
18. Le ventilateur est alimenté en énergie électrique par 24.
[0030] Tel qu'illustré sur cette figure 2, on notera que le brûleur décrit ci-dessus permet
d'équiper des installations de tubes immergés (ou plus généralement à chambre de combustion
immergeable dans le liquide 19 à chauffer) de construction particulièrement compacte.
[0031] En 20 à la figure 2 est illustré le tube immergé dans lequel débouchent les produits
de combustion s'échappant de la chambre de combustion 6 vers la sortie 21 des fumées.
[0032] Sur les figures schématiques on n'a pas représenté les organes de mise en marche/arrêt
du brûleur.
[0033] Cependant, comme on le comprend, l'arrêt du brûleur est commandé par l'électrode
d'ionisation 12 dès que celle-ci détecte une absence de flamme .
1. - Brûleur à gaz du type à prémélange et à contrôle de flammes comportant une arrivée
de prémélange air et gaz combustible dans une chambre de répartition débouchant, par
une grille de stabilisation de flammes sensible aux contraintes thermiques, dans une
chambre de combustion où le prémélange est enflammé au moyen d'une électrode d'allumage,
ledit brûleur étant caractérisé en ce qu'il comprend une électrode (12) d'ionisation
pour le contrôle de la flamme, lesdites électrodes d'allumage (8) et d'ionisation
(12) étant montées à travers la grille (5) de stabilisation de flammes, d'une part
avec leurs pointes (10, 13) convenablement isolées, respectivement recourbée vers
la grille et droite, s'étendant dans la chambre de combustion (6) et, d'autre part,
avec leurs têtes reliées chacune à une alimentation électrique (9,10) traversant la
chambre de répartition (2).
2. - Brûleur selon la revendication 1, caractérisé en ce que les électrodes d'allumage
(8) et d'ionisation (12) sont montées vers la partie centrale de la grille (5) de
stabilisation de flammes, sensiblement parallèlement à la direction d'écoulement du
mélange gazeux combustible de la chambre de répartition (2) vers la chambre de combustion
(6).
3. - Utilisation du brûleur selon la revendication 1 ou la revendication 2, caractérisée
en ce qu'il s'adapte à un ensemble chambre de combustion (6) et tube immergé compact.