CONDITIONNEMENT MÉLANGEUR DISTRIBUTEUR
[0001] Diverses préparations chimiques doivent être élaborées aussi tard que possible avant
leur emploi car leurs propriétés s'altèrent progressivement sous l'effet de phénomènes
physiques ou chimiques variés, séchage, oxydation, réactions mutuelles, polymérisation
... Ce peut être le cas de colles ou tous autres produits à conservation limitée,
et en particulier des médicaments dits extemporanés.
[0002] Pour obtenir le mélange intime de leurs éléments, le plus commode, lorsque c'est
possible, est de répartir ces derniers en deux composants dont l'un sera liquide et
pourra en particulier comprendre un solvant, l'autre pouvant alors se présenter sous
des formes diverses, au besoin en phase solide mais souvent dispersée, c'est-à-dire
en poudre.
[0003] Il est connu d'autre part de fournir divers produits, parfums, insecticides ou autres,
sous forme d'aérosols obtenus par détente d'un gaz ou d'un liquide support, azote,
butane, hydrocarbure fluoré ... qui permet de les délivrer, même à faibles doses,
en pulvérisation très fine ; ils sont alors commercialisés en bombes ou flacons dits
"aérosols", équipés de valves normalisées, généralement miniatures : leur clapet possède
une tige de commande tubulaire qui sert de gicleur d'évacuation, et recevra une tête
à poussoir de structure variable, qui portera usuellement la buse de pulvérisation
voulue. C'est précisément le cas de divers médicaments, le plus souvent destinés au
traitement des voies respiratoires, qu'elles soient bucco-pharyngées ou pulmonaires.
[0004] L'invention a pour objet de fournir un conditionnement apte au stockage et au transport
puis au mélange des composants de produits évolutifs, et à la distribution de ces
derniers, ce conditionnement permettant notamment de présenter sous une forme commode
des médicaments à préparation extemporanée.
[0005] Le conditionnement en question sera essentiellement constitué d'un ensemble de deux
récipients rigides fermés par des valves "aérosol" et d'un pont de raccordement capable
de relier rigidement et de façon étanche leurs deux gicleurs.
[0006] L'un des récipients renfermera, en milieu liquide, sous une pression gazeuse interne
suffisamment élevée, le premier composant, mis par exemple en solution avec le gaz
vecteur ; l'autre renfermera le second composant, sous une pression gazeuse interne
faible d'un gaz inerte, au besoin sous un certain vide. Le pont constituera un raccord
à trois voies, l'une d'entrée vers le premier récipient, ouverte lors du transfert
mais ensuite neutralisée, la deuxième vers le second récipient, permanente sous réserve
de l'ouverture de la valve de celui-ci, la troisième de sortie vers l'extérieur, ouverte
par un moyen auxiliaire lors de la seule distribution du produit final.
[0007] L'utilisation devant se faire en deux temps, l'un de mélange, le suivant de distribution,
le pont permettra d'abord de mettre les deux récipients en communication en pressant
simultanément sur les deux valves ce qui provoquera le transfert du premier composant
mêlé à une partie du gaz vecteur vers le second récipient avec brassage jusqu'à égalisation
des pressions ; puis, ouvrant une voie vers l'extérieur, on sera à même, au besoin
après un certain temps d'attente voire de stockage, d'expulser à partir de ce récipient,
selon son mode de fonctionnement normal, le produit de mélange ou de réaction obtenu,
pour en permettre l'utilisation finale.
[0008] La voie de distribution pourrait n'être fermée au départ que par un simple opercule,
qui serait enlevé pour la distribution tandis que la présence du premier récipient
obturerait l'orifice du canal de transfert ; mais il est à la fois plus commode et
plus sûr sans être beaucoup plus coûteux d'ouvrir et de fermer à leur tour chacune
de ces deux voies par le moyen classique d'un robinet, de préférence "à trois voies"
c'est-à-dire en ne créant qu'un seul organe mobile commun.
[0009] Pour éviter qu'une erreur de manipulation ne provoque une mauvaise utilisation, il
vaut mieux employer deux récipients semblables, placés côte à côte. Utilement, une
dissymétrie externe, au moins visuelle mais de préférence structurelle, évitera toute
erreur à l'assemblage.
[0010] D'autres caractéristiques et avantages ressortiront de la description détaillée de
deux exemples, donnée ci-dessous en référence aux dessins, qui montrent ces conditionnements
avec :
- figure 1 : une coupe longitudinale d'un conditionnement avec pont à trois voies,
- figure 2 : une coupe d'un conditionnement analogue avec pont démontable,
- figure 3 : une coupe transversale de ce conditionnement, selon 3-3 de la figure
2.
[0011] Le pont représenté sur la figure 1 a la structure d'un simple robinet à trois voies
: son corps 1 forme un boisseau porteur de deux bouches jumelles 2
a et 2
b dont les canaux juxtaposés 3
a et 3
b ont leurs axes parallèles. Son alésage reçoit une clef 4 qui porte, schématiquement
représentée, une buse de pulvérisation 5 ; ici, la clef est traversante et c'est son
bouton de manoeuvre 6 à l'opposé du vissage de la buse qui sert à la retenir.
[0012] Les sièges de chacune des bouches 2
a et 2
b s'adaptent sur le gicleur normalisé des valves 7
a et 7
b, à tube de prise, de deux flacons pour aérosols 8
a et 8
b : le flacon 8
a renferme le premier composant et son gaz vecteur ; le flacon 8b renferme le second
composant. Pour que les fonds de ces flacons puissent reposer sur un même appui plan
en dépit de leur différence de hauteur, liée au fait que le premier possède ici une
moindre capacité, une longueur différente a été donnée aux deux embouts.
[0013] La clef 4 possède une saignée longitudinale de transfert 10
a et un canal de distribution 10
b qui débouche par un orifice latéral sur une autre génératrice ; l'une, dans la position
représentée sur la figure, relie les orifices internes des canaux des deux bouches
2
a et 2
b ; si l'on tourne la clef d'un angle suffisant, c'est l'autre qui débouche à son tour
sur le seul orifice de la bouche 2
b. Pour repérer ces deux positions, on peut prévoir deux butées ou deux crans d'arrêt
à effet de cames, par exemple en 6
a entre la jupe du bouton de manoeuvre et le corps du boisseau.
[0014] Le corps 1 sert de poussoir et l'opérateur, en l'enfonçant vers les flacons, fait
s'ouvrir ensemble les deux valves : dans un premier temps, la clef 4 se trouvant dans
la position représentée, le gaz vecteur transfère la majeure partie du contenu du
flacon 8
a vers le flacon 8
b à travers la saignée 10
a ; après inversion de la position de la clef, une nouvelle pression libère au contraire
le contenu du flacon 8
b vers l'extérieur à travers le canal 10
b et la buse de pulvérisation 5.
[0015] De nombreuses variantes sont également possibles, utilisant par exemple une douille
tournante montée, en rotation ou même à mouvement hélicoïdal pour obtenir une meilleure
étanchéité, aussi bien dans l'axe du raccordement que sur celui de la valve 7
b du second flacon.
[0016] Le pont utilisé dans le cas que représentent les figures 2 et 3 forme encore un robinet
à trois voies. Il comprend un tube de jonction 11, qui s'emboîte à force sur chacun
des orifices de sortie latéraux de deux têtes jumelles 12
a et 12
b pour se raccorder à angle droit à leurs canaux internes 13
a, 13
b, en traversant l'alésage d'un manchon 14 porteur d'une buse telle que la buse 15
a de la canule 15. Des rampes 16
a, 16b maintiennent parallèles, côte à côte, les axes des têtes 12
a et 12
b. Sur leurs sièges s'adaptent les valves 17
a et 17
b, sans tube de prise, de deux cartouches complémentaires 18
a et 18
b, dont la première est sous pression, enfermant ces cartouches dans un boîtier 19
dont un rebord 19
a retient celui, complémentaire, de chacune des deux têtes 12
a, 12
b ; c'est ici un décalage dans le fond 19
b du boîtier 19 qui compense la différence de longueur des deux cartouches.
[0017] La valve 17
b est ici une valve doseuse : il en existe des modèles courants qui, sur le flacon
18
b, se préteront au fonctionnement décrit.
[0018] Le canal interne du tube 11 est divisé par un voile médian en deux biefs qui débouchent
latéralement par deux orifices voisins 11
a et 11
b, représentés ici dans le même plan diamétral. Le manchon 14, qui peut tourner à frottement
doux sur le tube 11, porte deux évidements internes l'un, 20
a, longitudinal, capable de mettre en communication les deux orifices, l'autre, 20
b, en L ou oblique transversalement en arrière du plan de figure, capable de relier
l'orifice 11
b à celui 15
b de la canule 15.
[0019] Au repos, déportée ici transversalement par rapport à l'axe du tube, la canule s'efface
dans un dégagement 21 pratiqué entre les deux cartouches sur le côté du boîtier 19
; l'évidement 20
a ouvre alors un passage entre les deux valves 17
a et 17
b. Par rotation il est possible de la redresser, par exemple jusqu'à mise en butée
sur l'une des rampes 22
a, 22
b : seule alors, par le jeu de l'évidement 20
b, la valve 17
b est reliée à l'extérieur.
[0020] Une dissymétrie de la canule et de son logement suffit à éviter toute erreur au montage
ou en service ; si au contraire le manchon 14 avait l'apparence de la symétrie, il
serait bon de prolonger l'évidement 20
b en 20
c vers l'avant du plan de figure (trait mixte), sans que ce prolongement ait un rôle
actif immédiat, pour obtenir une structure interne effectivement symétrique par rapport
à un axe vertical, ce qui rendrait le montage indifférent.
[0021] On notera que le manchon pourrait aussi, non sans inconvénients il est vrai pour
l'étanchéité, être coulissant. L'organe mobile, au besoin renvoyé par un ressort,
pourrait même être un poussoir d'axe parallèle à ceux des flacons : agissant en dehors
de lui l'opérateur provoquerait le transfert ; ensuite, l'enfonçant, il mettrait le
dispositif en position de pulvérisation.
[0022] Enfin une ceinture inviolable pourrait être placée sur le manchon, voire entre le
pont et le boîtier à condition de modifier ce dernier pour permettre d'introduire
les deux cartouches par le fond.
1. Conditionnement mélangeur distributeur, essentiellement constitué d'un ensemble
de deux récipients fermés par des valves "aérosol" et d'un pont de raccordement capable
de relier rigidement, de façon étanche, leurs deux gicleurs et de presser sur eux,
l'un, (8a, 18a), renfermant un premier composant, mis sous une pression gazeuse interne suffisante,
l'autre, (8b, 18b), un second, sous une pression gazeuse interne faible, et le pont constituant un
raccord à trois voies dont celle qui se raccorde au second récipient est permanente,
sous réserve de l'ouverture de la valve (7b, 17b) de celui-ci.
2. Conditionnement selon la revendication 1, caractérisé en ce que le pont est équipé
d'un organe mobile à trois voies.
3. Conditionnement selon la revendication 2, caractérisé en ce que ledit organe est
un robinet à commande manuelle (4, 14).
4. Conditionnement selon la revendication 3, caractérisé en ce que le pont est formé
par assemblage de trois pièces (11, 12a, 12b) sur lesquelles est monté un manchon tournant (14).
5. Conditionnement selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que le
pont possède une forme en U, maintenant parallèles, côte à côte, les axes des sièges
des valves "aérosol".
6. Conditionnement selon la revendication 5, caractérisé en ce que le pont coopère
avec un boîtier (19) qui le retient en enfermant les récipients.
7. Conditionnement selon la revendication 6, caractérisé par une dissymétrie à l'assemblage
de l'ensemble du boîtier et du pont.
8. Conditionnement selon la revendication 7, caractérisé en ce que le pont possède
une structure symétrique.
9. Conditionnement selon la revendication 6, caractérisé en ce qu'un décalage dans
le fond (19b) du boîtier compense une différence de longueur des deux récipients.