[0001] La présente invention a pour objet une chaussure de ski à coque du type à entrée
arrrière, comprenant un bas de coque rigide et une tige en deux partie constituée
d'une partie antérieure et d'une partie postérieure articulée sur le bas de coque
et sur laquelle est monté un dispositif de tension travaillant dans un plan vertical
et agissant sur au moins un câble de traction d'un moyen de fermeture et/ou de serrage
au moyen d'un levier-tendeur articulé sur un support.
[0002] Du brevet LEDERER EP 0 113 908 on connaît une chaussure à entrée arrière munie d'un
levier-tendeur articulé sur un support dont la position est réglable et agissant sur
un câble unique exerçant un serrage diagonal du pied. Le levier-tendeur est rabattable
vers le haut. Du même document on connaît également un levier-tendeur monté sur un
support fixe et agissant sur deux câbles serrant simultanément la cheville et le cou-de-pied.
Le levier est rabattable vers le bas.
[0003] Une chaussure comportant à l'arrière un levier-tendeur agissant sur un câble fermant
la tige de la chaussure dans sa partie supérieure est également connue du brevet FR
2 556 189 (US 4 596 080).
[0004] Du brevet US 4 539 763 on connaît également une chaussure munie à l'arrière d'un
levier rabattable vers le haut et tirant sur un câble serrant le cou-de-pied diagonalement.
[0005] Dans les chaussures connues, la longueur de câble relâchée lors de l'ouverture du
levier-tendeur est déterminée par la distance entre le point d'attache du câble au
levier-tendeur à l'axe d'articulation de ce levier-tendeur. Si cette longueur de
câble est généralement suffisante pour serrer et déserrer le pied, par contre elle
est insuffisante pour permettre une large ouverture de la chaussure, lorsque le câble
est chargé de fermer la tige de la chaussure et de serrer celle-ci. Pour augmenter
cette longueur de câble, il est nécessaire de déplacer le point d'attache du câble
vers l'extrémité du levier-tendeur, ce qui a pour effet de supprimer l'effet de levier
de celui-ci, sans compter la chute de tension importante du câble après le passage
du levier-tendeur par un point de tension maximale, lors de sa fermeture. Cette tension
maximale peut être particulièrement difficile à vaincre lors de l'ouverture du levier-tendeur.
[0006] La présente invention a pour but d'augmenter dans une très grande mesure la relaxation
du câble sans augmenter le rayon du point d'attache du câble du levier-tendeur,
et tout au contraire, en utilisant un rayon relativement court permettant de tirer
le meilleur parti de l'effet de levier du levier-tendeur.
[0007] La chaussure selon l'invention est caractérisée par le fait que le support du levier-tendeur
est monté coulissant sur une crémaillère à dents de rochet sur laquelle il est retenu
par un cliquet contre l'action de la traction du câble relié au levier-tendeur, le
cliquet étant maintenu en prise avec la crémaillère par un ressort et présentant
un bras par lequel il peut être écarté manuellement de la crémaillère.
[0008] Dans le sens de la fermeture, le cliquet du support du levier-tendeur saute sur les
dents de rochet de la crémaillère en permettant au support du levier-tendeur de coulisser
le long de la crémaillère en entraînant le câble. Le support du levier-tendeur s'arrête
de lui-même lorsqu'il rencontre une certaine résistance du câble. Il suffit alors
de fermer le levier-tendeur pour terminer le serrage. Inversément, l'utilisateur peut
déplacer le support du levier-tendeur dans l'autre sens en le libérant de la crémaillère
par une pression sur le bras du cliquet. La construction est particulièrement intéressante
lorsque le levier-tendeur est utilisé pour fermer et serrer la tige de la chaussure,
car dans ce cas, une longueur importante de câble peut être relâchée, ce qui permet
d'obtenir une large ouverture de la chaussure.
[0009] Selon une forme d'exécution préférée de l'invention, le levier-tendeur agit directment
sur un câble fermant et serrant la tige de la chaussure et il est monté sur une crémaillère
elle-même coulissante, dont l'extrémité opposée à la traction sur le câble de fermeture
de la tige est reliée à au moins un deuxième câble utilisé pour serrer le pied. Le
serrage du pied n'exigeant qu'un déplacement du câble relativement faible, le retrait
de la crémaillère, de préférence limité par une butée, qui se soustrait au déplacement
du point d'attache du câble de fermeture de la tige, est sans autre acceptable.
[0010] Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution de l'invention.
La figure 1 représente une chaussure droite fermée, en perspective.
La figure 2 représente la même chaussure en position de relaxation.
La figure 3 est une vue en coupe longitudinale verticale de la chaussure droite représentée
à la figure 1, en position fermée et serrée.
La figure 4 est une vue en coupe verticale longitudinale de la même chaussure droite,
en position ouverte, montrant l'autre côté de la chaussure.
La figure 5 représente le passage des câbles de serrage du pied dans la chaussure
représentée en transparence.
Les figures 6 à 9 sont des vues de détails, en coupe, des passages des attaches de
câbles visibles à la figure 5.
[0011] La chaussure sera tout d'abord décrite telle qu'elle se présente extérieurement sur
les figures 1 et 2. Elle comprend un bas de coque rigide 1 venu d'une pièce avec la
semelle 2 selon une conception usuelle. Sur ce bas de coque 1 est articulé en un point
3 une tige 4 comportant une partie antérieure 5 en forme de gouttière dans laquelle
vient s'emboîter une partie postérieure 6. La chaussure est en outre équipée d'un
chausson ou chaussure intérieure 7 destiné à assurer le confort du pied dans la chaussure.
Au dos de cette chaussure, sur la partie postérieure 6 de la tige, est monté un dispositif
tendeur 8 agissant simultanément sur la tige 4 pour sa fermeture et sur le pied pour
son serrage. Ce dispositif 8 est constitué essentiellement d'un levier-tendeur 9
articulé sur un support 10 (fig. 2) se présentant sous la forme d'une pièce profilée
en U elle-même montée sur une crémaillère 11 à dents de rochet orientées vers la
bas de la chaussure. La crémaillère 11 n'est pas fixée à la chaussure, mais elle est
libre verticalement, simplement guidée, en bas par une rainure 12 et en haut par un
pont 13. Son ébat est toutefois limité en haut par une butée 14 et en bas par l'extrémité
de la rainure 12. Le support 10 du levier 9 est retenu sur la crémaillère 11 par un
cliquet 15 articulé entre les ailes du support 10, la crémaillère 11 passant donc
entre le cliquet 15 et la base du support 10. Le cliquet 15 est muni d'un bras 16
permettant de l'écarter manuellement de la crémaillère 11. Au levier-tendeur 9 sont
attachées les extrémités de deux câbles 17 et 18 passant dans deux guidages 19 et
20 formés sur la partie postérieure 6 de la tige et dont les autres extrémités sont
fixées à la partie antérieure 5 de la tige par des plots 32 et 33. La partie postérieure
6 de la tige présente en outre des épaulements arrondis 21 et 22 pour le guidage
des câbles 17 et 18. A l'extrémité inférieure de la crémaillère 11 sont attachées
les extrémités de deux câbles 23 et 24 assurant le serrage du cou-de-pied et du pied.
[0012] Le dispositif de fermeture et de tension 8 sera décrit plus en détail à l'aide de
la figure 3. Le levier-tendeur 9 n'est pas articulé directement sur le support 10,
mais par l'intermédiaire d'une biellette 25 articulée au levier-tendeur 9 en 26 et
au support 10 par un axe 27. Une extrémité du levier-tendeur 9 est par ailleurs muni
d'un axe 28 pouvant se déplacer dans deux lumières 29 et 30 du support 10, sensiblement
parallèlement à la crémaillère 11. L'axe 27 sert en outre de point d'attache des
extrémités des câbles 17 et 18. Il est à noter que les câbles 17 et 18 pourraient
être consitués d'un câble unique traversant l'axe 28. Le cliquet 15 est articulé sur
le support 10 au moyen d'un axe 31 et un ressort en cor de chasse 56 monté autour
de cet axe 31 maintien le bec du cliquet en prise avec les dents de la crémaillère
11. En position fermée (figure 3) le cliquet 15 est recouvert par le levier-tendeur
9. En position de relaxation (figure 2) et en position ouverte (figure 4) le cliquet
15 et son bras d'actionnement 16 sont par contre découverts.
[0013] Avant de décrire le fonctionnement du dispositif de fermeture on décrira le cheminement
des câbles. Celui des câbles 17 et 18 a déjà été décrit.
[0014] Le câble 23 est muni à l'arrière d'une tête 34 par laquelle il est retenu dans un
logement de la crémaillère 11 (figure 3). Il passe ensuite sur une partie arrondie
de la tige 9 puis pénètre dans le bas de coque 1 par un trou 35, en ressort latéralement
par un trou 36 pour rentrer à nouveau à l'intérieur du bas de coque 1 par une fenêtre
37, puis passe sur un répartiteur de pression constitué par une plaque 38 en forme
de selle de cheval, bien connue en soi et servant à répartir la pression du câble
sur le cou-de-pied et le pied. Le répartiteur de pression 38 est fixé à son extrémité
supérieure sur un téton intérieur 57 de la partie antérieure 5 de la tige. Le câble
23 ressort ensuite du bas de coque 1 par une fenêtre 39 (figure 4), et son extrémité
est ancrée latéralement sur la partie antérieure 5 de la tige par une tête de câble
40 qui permet de modifier le point d'attache du câble relativement à la partie antérieure
5 de la tige. Ce dispositif est représenté à la figure 8. Il comprend un noyau fileté
41 fixé au câble 23 et monté dans un tube taraudé 42 solidaire de la tête 40, molletée,
qui prend appui contre une portée 43 de la tige (figure 1). La rotation de la tête
40 a pour effet de déplacer le noyau 41 et par conséquent de modifier le point d'ancrage
du câble 23 à la tige.
[0015] Quant au câble 24, il est également attaché par une extrémité à la crémaillère 11
par une tête de câble 44 de la même manière que le câble 23 (figure 4). Le câble 24
est tout d'abord guidé parallèlement au câble 23, puis il pénètre dans le bas de coque
1 par un trou 45, passe dans un guidage 54, puis dans un renvoi 46 fixé à la paroi
du bas de coque 1, puis sur le répartiteur de pression 38. Il passe ensuite sur un
second renvoi 47 (figure 3) fixé à la paroi opposée du bas de coque 1 pour repasser
ensuite sur le répartiteur de pression 38, son extrémité étant finalement attachée
à une tête de câble 48 analogue à la tête de câble 40 et prenant appui sur le bas
de coque 1. Le cheminement des câbles est particulièrement bien visible à la figure
5. La tête de câble 48 comprend également un tube taraudé 49 dans lequel est monté
au noyau fileté 50 solidaire du câble 24. Le tube 49 peut être entraîné en rotation
par une poignée 51 articulée sur la tête 48 et rabattable dans un logement ménagé
dans une surépaisseur du bas de coque 1.
[0016] Le renvoi 46 est représente en coupe à la figure 6. Il est constitué d'un bout de
tôle pliée fixée au bas de coque 1 par un rivet 52.
[0017] Le renvoi 47 est représenté en coupe à la figure 9. Il est constitué d'une plaquette
fixée au bas de coque 1 par un rivet 53 et présentant une portée semi-circulaire
pour le guidage du câble 24.
[0018] Le guidage 54 est représenté à la figure 7 qui est une vue en coupe de l'articulation
de la tige sur le bas de coque à l'endroit du passage du câble 24. Le guidage 54 est
formé par une rainure ménagée dans l'épaisseur du bas de coque 1 et fermée par une
rondelle 55.
[0019] Le dispositif 8 assure donc simultanément la fermeture de la chaussure et le serrage
du pied. Le fonctionnement du dispositif sera décrit en partant de la figure 4 qui
représente la chaussure en position ouverte. Dans cette position, le support 10 du
levier-tendeur 9 et dans la partie supérieure de la crémaillère 11. Le levier-tendeur
9 est ouvert et son axe 28 auxquels sont attachés les câbles 17 et 18 est en butée
contre les extrémités supérieures des lumières 29 et 30. Dans cette position, les
câbles 17 et 18 sont relâchés au maximum, ce qui permet d'ouvrir largement la chaussure
en faisant basculer vers l'arrière la partie postérieure de la tige 6. La crémaillère
11 n'est pas sollicitée et les câbles 23 et 24 sont également relâchés. Pour fermer
la chaussure, le skieur relève le levier-tendeur 9, ce qui a pour effet de tirer
sur les câbles 17 et 18 et de fermer la tige de la chaussure. Lorsque le levier-tendeur
9 atteint une position oblique, vers le haut, une poussée axiale sur le levier 9 a
pour effet d'entraîner le support 10 le long de la crémaillère 11, le cliquet 15
sautant sur les dents de cette crémaillère. Lorsque la tension sur les câbles atteint
une valeur telle qu'il n'est plus possible de pousser sur le support 10, il ne reste
plus qu'à rabattre complètement le levier 9 contre la chaussure pour tendre tous
les câbles, la tension sur les câbles 23 et 24 étant assurée par la traction sur la
crémaillère exercée par la réaction sur les câbles 17 et 18. La force avec laquelle
on serre la tige est généralement supérieure à celle avec laquelle on serre le pied.
C'est pourquoi le déplacement de la crémaillère 11, et par conséquent la tension sur
les câbles 23 et 24, est limité par la butée 14. Le serrage du pied est particulièrement
efficace en raison du fait que les câbles 23 et 24 exercent une pression sur le répartiteur
de pression 38 en trois endroits différents.
[0020] Si le skieur désire desserrer sa chaussure sans toutefois déchausser, il lui suffit
d'ouvrir le levier-tendeur 9 comme représenté à la figure 2. Dans cette position,
tous les câbles sont relâchés mais le support 10 ne c'est pas déplacé sur la crémaillère
11, de sorte que le réglage de la tension est conservé. Il suffira au skieur de refermer
le levier 9 pour retrouver les conditions de ski précédentes.
[0021] Pour déchausser, l'utilisateur n'a qu'à presser sur le bras 16 du cliquet 15 pour
le libérer de la crémaillère 11 et simultanément tirer le levier 9 vers le haut pour
entraîner le support 10 vers le haut de la crémaillère 11,pour retrouver la position
représentée à la figure 4.
[0022] L'exécution représentée est particulièrement avantageuse pour au moins deux raisons.
Tout d'abord, étant donné que le levier-tendeur 9 se ferme vers le haut, en position
de serrage maximum, il ne dépasse que très peu la crémaillère 11, permettant sans
autre de respecter les normes internationales relatives à l'espace qui doit être laissé
libre au-dessus du talon. D'autre part, les câbles 17 et 18 étant attachés au point
de rotation du levier-tendeur 9 sur son support 10, la tension sur les câbles croit
de façon continue jusqu'à la fermeture complète du levier-tendeur 9, ce qui ne serait
pas le cas si l'on utilisait un levier simple, sans la biellette 25 et un point d'attache
du câble 17 et 18 au levier-tendeur situé entre son axe d'articulation et son extrémité.
[0023] Selon une variante non représentée et évidente, il serait bien entendu possible
d'utiliser un levier-tendeur à un seul axe d'articulation sur son support et se fer
mant de haut en bas. Dans une exécution encore plus simplifiée, sans serrage du pied,
la crémaillère 11 pourrait être fixe. On aurait toutefois déjà dans ce cas l'avantage
d'un support de levier-tendeur coulissant assurant une grande relaxation des câbles
17 et 18 tout en ayant un petit rayon de giration des points d'attache des câbles
du levier-tendeur, c'est-à-dire une utilisation optimale de l'effet de levier du
levier-tendeur.
[0024] La crémaillère 11 peut être sans autre réalisée en matière synthétique.
1. Chaussure de ski à coque du type à entrée arrière, comprenant un bas de coque rigide
(1) et une tige en deux parties constituée d'une partie antérieure (5) et d'une partie
postérieure (6) articulée sur le bas de coque et sur laquelle est monté un dispositif
de tension (8) travaillant dans un plan vertical et agissant sur au moins un câble
de traction (17, 18, 23, 24) d'un moyen de fermeture et/ou de serrage au moyen d'un
levier-tendeur (9) articulé sur un support (10), caractérisée par le fait que le
support (10) du levier-tendeur est monté coulissant sur une crémaillère à dents de
rochet (11) sur laquelle il est retenu par un cliquet (15) contre l'action de la traction
du câble (17,18) relié au levier-tendeur, le cliquet étant maintenu en prise avec
la crémaillère par un ressort et présentant un bras (16) par lequel il peut être écarté
manuellement de la crémaillère.
2. Chaussure de ski selon la revendication 1, caractérisée par le fait que la crémaillère
(11) est elle-même libre axialement et qu'elle est reliée à au moins un deuxième câble
de traction (23, 24) d'un moyen de serrage du pied agissant dans le sens opposé à
celui du premier câble (17, 18).
3. Chaussure de ski selon la revendication 2, caractérisée par le fait que le levier-tendeur
(9) est rabattable en direction du haut de la chaussure et qu'il est articulé, d'une
part, en un point intermédiaire (26) à l'extrémité d'une biellette ou d'une paire
de biellettes (25), dont l'autre extrémité est articulée sur le support (10) et,
d'autre part, par une extrémité, dans une lumière (29, 30) sensiblement parallèle
à la cré maillère, dans laquelle cette extrémité peut coulisser, le premier câble
(17, 18) étant attaché au levier en un point situé entre les deux points d'articulation
du levier.
4. Chaussure de ski selon l'une des revendications 2 ou 3, caractérisée par le fait
que l'une des extrémités du ou des deuxièmes câbles (23, 24) est fixée à la crémaillère
(11) et que l'autre extrémité de ce ou ces câbles est fixée à un noyau fileté (41,
50) monté dans une douille taraudée (42, 49) retenue axialement en un point de la
coque et munie de moyens apparents (40, 51) d'entraînement en rotation pour le réglage
de la longueur efficace du ou des câbles.