[0001] La présente invention concerne la préparation de composés contenant une chaîne perfluorée
et au moins une fonction acide ou alcool par réduction électrochimique de iodo-polyfluoralcanes.
[0002] Les alcools polyfluorés de type R
FCH
2CH
20H où R
F désigne un radical perfluoroalkyle sont des précurseurs d'agents de traitement de
surfaces et de matériaux et peuvent être préparés à partir des iodo-1 perfluoroalkyl-2
éthanes R
FC
2H
41 suivant diverses voies, par exemple, par action d'un amide en solution aqueuse (publication
JP 72-37520) ou par action d'un oléum sulfurique (brevet US 3 283 012) ou encore par
formation dans le tributylphosphate d'un organozincique intermédiaire qui est ensuite
oxydé, puis hydrolysé (brevet FR 2 521 987). La synthèse de ces alcools par réduction
électrochimique des composés R
FC
2H
41 n'a pas encore été envisagé.
[0003] La préparation d'acides perfluoroalcane-carboxyliques R
FCOOH ou -sulfoniques R
FS0
3H a déjà fait l'objet de nombreux travaux, en raison de l'intérêt de ces acides en
tant que précurseurs d'agents tensioactifs. Leur synthèse a d'abord été effectuée
à partir respectivement des chlorures d'acides alcane- carboxyliques et -sulfoniques
par électrofluoration dans l'acide fluorhydrique anhydre (brevet US 2 519 983). Cependant,
cette technique bien adaptée à la préparation des acides de faible masse moléculaire
fournit des rendements très faibles dans le cas des molécules de masse élevée. Pour
pallier cet inconvénient, CALAS et al (J. Electroanal. Chem. 1978, 89. 363-372) ont
proposé la réduction électrochimique des iodures de perfluoroalkyle R
FI sur nappe de mercure polarisée en présence de S0
2 ou C0
2 qui permet d'accéder aux acides perfluoroalcane-sulfoniques ou -carboxyliques avec
des rendements respectifs de 70% et 90%. Malheureusement, l'utilisation du mercure
rend rédhibitoire la transposition de cette méthode à l'échelle industrielle.
[0004] Dans le brevet FR 2 342 950 est décrit un procédé de préparation d'acides perfluorocarboxyliques
et de chlorures d'acides perfluoroalcanesulfoniques, qui consiste à faire réagir un
perfluorohalogénoalca- ne (par exemple un iodoperfluoroalcane R
FI) avec du gaz carbonique ou du gaz sulfureux en présence d'une dispersion dans un
solvant sulfoxylé (par exemple, le diméthylsulfoxyde) d'un couple métallique du type
zinc-cuivre, zinc-cadmium, zinc-plomb, zinc-mercure.
[0005] L'invention a maintenant pour objet un procédé de préparation de composés contenant
une chaîne perfluorée et au moins une fonction acide ou alcool par réduction électrochimique
de iodo-polyfluoroalcanes, caractérisé en ce que cette réduction est effectuée dans
un solvant du type formamide sur une cathode de carbone, éventuellement en présence
d'anhydride sulfureux ou en présence d'eau et d'anhydride sulfureux.
[0006] Comme iodo-polyfluoroalcanes utilisables selon l'invention on peut mentionner:
- les iodures de perfluoroalkyle RFI, c'est-à-dire les composés de formule:

dans laquelle n est un nombre entier allant de 2 à 16, la chaîne perfluorée pouvant
être linéaire ou ramifiée;
- les diiodo-a, m perfluoroalcanes de formule:

où p est un nombre entier pair allant de 4 à 12; et
- les iodo-1 perfluoroalkyl-2 éthanes de formule:
CnF2n+l-CH2CH2-1 (3)
où n a la même signification que précédemment.
[0007] Le solvant dans lequel est effecutée la réduction électrochimique selon l'invention
peut être le formamide lui-même ou un dérivé N-substitué de ce dernier, comme le méthylformamide
ou, de préférence, le diméthylformamide. Lorsqu'on opère en présence d'anhydride sulfureux,
ce solvant peut être utilisé en mélange avec de l'eau, à condition que la proportion
d'eau n'excède pas 70% en volume et reste de préférence inférieure à 30% en volume.
Comme il est expliqué plus loin, la teneur en eau du solvant joue un rôle important
sur la nature des dérivés fluorés fonctionnels formés conformément au procédé selon
l'invention.
[0008] La cathode de carbone utilisée selon l'invention peut être constituée par des fibres
de carbone, tissées ou non tissées, ou par une plaque de carbone vitreux. Lorsqu'on
met en oeuvre une cathode en fibres de carbone, il est parfois souhaitable (notamment
dans le cas des R
FI) d'opérer en présence d'un activateur choisi parmi l'alcool allylique, l'alcool
propargylique, les iodo-2 perfluoroalkyl-3 propanols (brevets FR 2 486 521 et 2 486
522) et les dichloro-1,1 perfluoroalkyl-2 éthylènes (brevet FR 2 559 479). La concentration
en activateur peut aller jusqu'à 10% en volume par rapport au mélange solvant, mais
est de préférence comprise entre 0,02 à 0,2%. L'activateur préféré est l'alcool allylique.
[0009] L'anode est de préférence identique à la cathode, mais elle peut aussi être constituée
par tout matériau usuel pour électrode, par exemple, nickel, platine, or, plomb, etc...
[0010] Pourvu qu'il ait un potentiel de réduction plus négatif que celui du iodo-polyfluoroalcane,
l'électrolyte support dont le rôle est d'assurer le passage du courant peut être choisi
parmi tous les sels minéraux ou organiques connus à cet effet (cf. par exemple "Organic
Electrochemistry" par M.M. BAIZER, 1973, p. 227-230) et, plus spécialement, parmi
les halogénures, perchlorates ou arylsulfonates de métaux alcalins (de préférence
lithium) ou de tétraalkylammonium (radicaux alkyle en Ci à C
4). La concentration en électrolyte support peut aller de 0,01 à 1 mole par litre de
mélange solvant.
[0011] La réduction électrochimique selon l'invention peut être effectuée en intensiostatique
ou en poten- tiostatique dans les différents types de cellules habituels. Bien qu'on
puisse opérer dans une cellule à compartiment unique, on préfère conduire l'opération
dans une cellule à deux compartiments pour éviter la libre circulation entre la cathode
et l'anode ; le séparateur est en général réalisé en une matière inerte, par exemple,
en porcelaine, verre fritté, cellulose, alumine, polytétrafluoréthylène poreux ou
membrane échangeuse d'ions.
[0012] La nature des dérivés fluorés fonctionnels obtenus dépend non seulement du iodo-polyfluoroalcane
de départ, mais aussi des conditions opératoires mises en oeuvre et notamment de la
teneur en eau du solvant.
[0013] Ainsi, lorsqu'on part d'un iodure de perfluoroalkyle C
nF
2n+1I et qu'on opère en présence d'anhydride sulfureux, la réduction selon l'invention
conduit principalement à l'acide perfluoro-carboxylique : Cn-
1F
2n-1-COOH si le formamide contient moins de 0,2 % en volume d'eau. Pour des teneurs en
eau supérieures à 0,2 % en volume, on obtient un mélange de l'acide Cn-lF2n-1-COOH
et de l'acide CnF2n+1-S0
2H, la proportion de ce dernier augmentant rapidement jusqu'à 95 % environ quand la
teneur en eau atteint 20 % en volume. Au-delà de cette teneur, il se forme presque
exclusivement l'acide CnF2n+1-S0
2H, mais le rendement chimique diminue ensuite rapidement. Par conséquent, si l'on
désire former un acide perfluo rocarboxylique, on utilisera avantageusement un formamide
ayant une teneur en eau aussi faible que possible tandis que, pour obtenir un acide
perfluoro-sulfinique, on opérera avantageusement en présence d'anhydride sulfureux
dans un formamide de teneur en eau supérieure à 5 % en volume et, de préférence, comprise
entre 10 et 20 %.
[0014] La réduction des diiodo-a, σ perfluoroalcanes I (CF
2)pl, effectuée en présence d'anhydride sulfureux dans un formamide à teneur en eau
élevée (par exemple 10 % en volume) conduit à la formation de l'acide disulfinique
HO
2S-(CF
2)p-S0
2H. En l'absence d'anhydride sulfureux et avec une teneur en eau inférieure à 0,2 %
en volume, on obtient l'acide iodo-carboxylique I-(CF
2)
p-1-COOH ; de plus, si l'on poursuit la réduction après addition d'eau et d'anhydride
sulfureux, cet acide iodo-carboxylique est alors transformé en le diacide mixte :
HO
2S-(CF
2)
p-1-COOH. Ces acides iodo-carboxyliques, et carboxy-sul- finiques sont des produits nouveaux
et, comme tels, font partie de la présente invention.
[0015] Lorsqu'on part d'un iodo-1 perfluoroalkyl-2 éthane CnF2n+1CH2CH
21 et opère en l'absence d'anhydride sulfureux et avec une teneur en eau inférieure
à 0,2 % en volume, la réduction selon l'invention conduit à un mélange constitué par
l'alcool CnF2n+iCH2CH20H et l'oléfine C
nF
2n+1CH=CH
2 correspondants, la proportion d'alcool étant d'autant plus grande que la densité
de courant appliquée et la teneur en électrolyte support sont faibles. L'emploi d'un
formamide ayant une teneur en eau plus élevée entraîne la formation concomitante du
perfluoroalkyl-éthane C
nF
2n+1C
2H
5 correspondant.
[0016] Les exemples suivants illustrent l'invention sans la limiter.
EXEMPLE 1
[0017] On utilise une cellule électrochimique en verre séparée, à l'aide d'un verre fritté
de porosité 3 ou 4 et de diamètre 30 mm, en deux compartiments anodique et cathodique
de capacités respectives 12 et 24 ml. Les deux électrodes sont en fibres de carbone
et sont constituées chacune de 5 cm de mèche de 10000 brins de 3 µm de diamètre.
[0018] A raison de 11 ml dans le compartiment anodique et de 16 ml dans le compartiment
cathodique, on introduit dans la cellule un mélange comprenant 22,5 ml de diméthylformamide,
2,5 ml d'eau, 0,1 g de chlorure de lithium, 5 µl d'alcool allylique et 4 g d'anhydride
sulfureux.
[0019] On introduit ensuite dans le compartiment cathodique 11,15 g (0,025 mole) de iodure
de perfluorohexyle, puis on applique entre les deux électrodes un courant électrique
de 50 mA correspondant à une DDP de 12 volts.
[0020] La réduction est effectuée en intensiostatique. Le catholyte est constamment agité
au moyen d'un barreau magnétique et un faible courant d'anhydride sulfureux gazeux
est maintenu dans le compartiment anodique pendant toute la durée de l'électrolyse
afin d'éviter la diffusion du C
6F
13l.
[0021] Après 14 heures de réaction (ce qui correspond à un rendement Faradique de 95 %),
on traite le catholyte par 20 ml d'une solution aqueuse à 10 % d'acide sulfurique,
puis ajoute 10 ml de perfluorooctane et sépare la phase organique. Après évaporation
du perfluorooctane, on obtient 9 g d'acide perfluorohexanesulfinique C
6F
13SO
2H et 0,23 g d'acide perfluorohexanoïque C
5F
11COOH, soit des rendements de 95 % et 3 % respectivement.
[0022] On obtient le même résultat si on remplace les électrodes en fibres de carbone par
des électrodes en carbone vitreux sous forme de disques de 30 mm de diamètre ou si
on remplace le chlorure de lithium par une quantité molaire équivalente de chlorure
de zinc, de iodure de tétrabutylammonium ou de perchlorate de tétrabutylammonium ou
encore si on fait varier la quantité de chlorure de lithium de 0,05 à 1 g.
[0023] On obtient aussi le même résultat en opérant à des intensités différentes, à savoir
25 mA, 75 mA et 100 mA, mais la durée d'électrolyse est alors respectivement de 28
heures, 10,5 heures et 7 heures.
[0024] Le tableau suivant indique les rendements en acides perfluorohexanesulfinique et
perfluorohexanoïque obtenus lorsqu'on fait varier la teneur en eau du milieu d'électrolyse.

EXEMPLE 2
[0025] On opère comme à l'exemple 1, mais en l'absence d'anhydride sulfureux et sans addition
d'eau en utilisant 25 ml d'un diméthylformamide deshydraté sur CaH
2 (catholyte : 14 ml, anolyte : 11 ml).
[0026] Après 43 heures d'électrolyse, on obtient l'acide perfluorohexanoïque C
5F
11COOH avec un rendement de 95 %.
EXEMPLES 3 à 6
[0027] On opère comme à l'exemple 1, mai en remplaçant l'alcool allylique par le même volume
d'alcool propargylique (exemple 3), de l'iodhydrine C
6F
13CH
2-CHI-CH
2OH (exemple 4) ou de perfluorooctyl-2 dichloro-1,1 éthylène C
8F
17-CH=CCI
2 (exemple 5) ou par 2,5 ml de ce dernier composé (exemple 6).
[0028] Les rendements en acides perfluorohexanesulfinique et perfluorohexanoïque sont indiqués
ci-dessous :

EXEMPLE 7
[0029] On opère comme à l'exemple 1, mais en remplaçant le diméthylformamide par le même
volume de formamide ou de N-méthylformamide.
[0030] Les rendements en acides perfluorohexanesulfinique et perfluorohexanoïque sont identiques
à ceux obtenus à l'exemple 1.
EXEMPLE 8
[0031] On opère comme à l'exemple 1, mais en remplaçant le diméthylformamide par 25 ml de
formamide et en utilisant seulement 0,5 ml d'eau.
[0032] Les rendements en acides perfluorohexanesulfinique et perfluorohexandique sont alors
respectivement de 75 et 20 %.
EXEMPLE 9
[0033] On opère comme à l'exemple 1, mais en remplaçant le iodure de perfluorohexyle par
la même quantité molaire de iodure de perfluorobutyle ou de perfluorooctyle.
[0034] Dans le premier cas, on obtient les acides perfluorobutanesulfinique C
4F
9S
O2H et perfluorobutanoï- que C
3F
7COOH avec des rendements respectifs de 95 et 3 %. Dans le second cas, on obtient les
acides perfluorooctanesulfinique C
8F
17SO
2H et perfluorooctanoïque C
7F
15COOH et les mêmes rendements.
[0035] Si on remplace les 22,5 ml de diméthylformamide et les 2,5 ml d'eau par 25 ml de
diméthylformamide deshydraté sur hydrure de calcium (teneur en eau < 0,2 % en volume),
on obtient exclusivement l'acide per- fluorobutanoïque dans le premier cas et l'acide
perfluorooctanoïque dans le second cas, le rendement étant de 95 % dans chaque cas.
Il en est de même si on opère en outre en l'absence d'anhydride sulfureux.
EXEMPLE 10
[0036] On utilise une cellule électrochimique en verre séparée, au moyen d'un verre fritté
de porosité 3 ou 4 et de diamètre 15 mm, en deux compartiments anodique et cathodique
de capacités respectives 3,5 et 7,5 ml. Les deux électrodes sont en fibres de carbone
et sont constituées chacune de 1,5 cm de mèche de 10000 brins de 3 µm de diamètre.
[0037] A raison de 3 ml dans le compartiment anodique et 4,5 ml dans le compartiment cathodique,
on introduit dans cette cellule un mélange comprenant 6,3 ml de diméthylformamide,
0,7 ml d'eau, 0,03 g de chlorure de lithium, 1,5 µl d'alcool allylique et I g d'anhydride
sulfureux.
[0038] On introduit ensuite 1,75 g de diiodo-1,4 perfluorobutane I(CF
2)
41 dans le compartiment cathodique, puis on applique entre les deux électrodes un courant
électrique de 5,5 mA correspondant à une différence de potentiel de 4 V.
[0039] Le catholyte est agité au moyen d'un barreau magnétique et un faible courant d'anhydride
sulfureux gazeux est maintenu dans le compartiment anodique pendant toute la durée
de l'électrolyse.
[0040] Après 40 heures de réaction (correspondant à un rendement Faradique de 95 %), on
traite le catholyte comme à l'exemple 1. On obtient ainsi 1,2 g d'acide perfluorobutane-disulfinique-1,4
: HO
2S(CF
2)
4SO
2H, soit un rendement de 95 %.
[0041] Les caractéristiques RMN 19F (référence : CCl
3f) et RMN 1H (référence : tétraméthylsilane) de cet acide sont les suivantes :
CF2-CF2: δ= 125,1 ppm
CF2-SO2H: δ = 132,5 ppm
S02H : 8 = 9,8 ppm
On obtient un résultat analogue, mais en un temps plus court (9 heures), en appliquant
un courant électrique de 25 mA.
EXEMPLE 11
[0042] On opère comme à l'exemple 10, mais en l'absence d'anhydride sulfureux et sans addition
d'eau en utilisant 7 ml d'un diméthylformamide déshydraté sur CaH
2 (teneur en eau < 0,2 %).
[0043] Après 36 heures de réaction et distillation sous vide, on obtient avec un rendement
de 65 % l'acide I(CF
2)
3COOH dont les caractéristiques RMN 19F et 1 H sont les suivantes :
CF2-I: 8 = 66,5 ppm
CF2-COOH : δ =117,3 ppm
CF2-CF2-CF2: δ = 119,3 ppm
COOH : δ =10 ppm
EXEMPLE 12
On répète l'exemple 11, mais après les 36 heures de réaction on ajoute au milieu électrolytique
0,05 g d'anhydride sulfureux et 0,7 ml d'eau, puis on poursuit la réaction pendant
27 heures supplémentaires.
On obtient ainsi 0,45 g d'acide perfluorobutane-disulfinique-1,4 et 0,6 g du diacide
mixte HO2S(CF2)3COOH. Rendements : 35 % et 60 % respectivement.
Les caractéristiques RMN 19F et 1 H du diacide HO2S(CF2)3COOH sont les suivantes : CF2-COOH : δ = 118,1 ppm
CF2-CF2-CF2 : δ = 122,2 ppm
CF2-SO2H : δ = 132,4 ppm
S02H : 8 = 9,8 ppm
COOH : δ = 9,6 ppm
EXEMPLE 13
[0044] On utilise la même cellule et les mêmes électrodes qu'à l'exemple 1 et on introduit
dans la cellule un mélange comprenant 25 ml de diméthylformamide préalablement deshydraté
sur hydrure de calcium (teneur en eau < 0,2 % en volume), 0,1 g de chlorure de lithium
et 5 µl d'alcool allylique, à raison de 11 ml dans le compartiment anodique et 14
ml dans le compartiment cathodique.
[0045] On introduit dans ce dernier 5 g de iodo-1 perfluorohexyl-2 éthane C
6F
13CH
2CH
2l, puis on applique entre les deux électrodes un courant électrique de 12 mA correspondant
à une DDP de 4 V, tout en maintenant le catholyte sous agitation au moyen d'un barreau
magnétique placé dans le compartiment cathodique.
[0046] Après 69 heures de réaction, on dissout le catholyte dans 10 ml de perfluorooctane,
laisse décanter, sépare la phase organique fluorée et y ajoute 20 ml d'eau. Après
évaporation du perfluoroocta ne et distillation sous pression réduite, on recueille
2,5 g de perfluorohexyl-2 éthanol C
6F
13C
2H
4OH (Eb
2o : 87
°C) et 1,1 g de perfluorohexyl-éthylène C
6F
13CH=CH
2 (Eb
760: 110°C).
[0047] On obtient le même résultat si on utilise seulement 0,01 g de chlorure de lithium.
Les tableaux Il et III suivants indiquent les produits et les rendements obtenus lorsqu'on
répète l'exemple 13 en faisant varier l'intensité de courant (Tableau II) ou en modifiant
la nature de la membrane séparant les compartiments cathodique et anodique (Tableau
III).

1. Procédé de préparation de composés contenant une chaîne perfluorée et au moins
une fonction acide ou alcool par réduction électrochimique de iodo-polyfluoroalcanes,
caractérisé en ce que cette réduction est effectuée dans un solvant du type formamide
sur une cathode de carbone, éventuellement en présence d'anhydride sulfureux ou en
présence d'eau et d'anhydride sulfureux.
2. Procédé selon la revendication 1, dans lequel le solvant est le diméthylformamide.
3. Procédé selon la revendication 1 ou 2, dans lequel on opère en présence d'un activateur
choisi parmi l'alcool allylique, l'alcool propargylique, les iodo-2 perfluoroalkyl-3
propanols et les dichloro-1, perfluoroalkyl-2 éthylènes.
4. Procédé selon la revendication 3, dans lequel l'activateur est l'alcool allylique.
5. Procédé selon l'une des revendications 1 à 4, dans lequel l'iodo-polyfluoroalcane
de départ est un composé de formule:

dans laquelle n est un nombre entier allant de 2 à 16, la chaîne perfluorée pouvant
être linéaire ou ramifiée.
6. Procédé selon l'une des revendications 1 à 4, dans lequel l'iodo-polyfluoroalcane
de départ est un diiodo-a, co perfluoroalcane de formule:

dans laquelle p désigne un nombre entier pair allant de 4 à 12.
7. Procédé selon l'une des revendications 1 à 4, dans lequel l'iodo-polyfluoroalcane
de départ est un iodo-1 perfluoroalkyl-2 éthane de formule:

où n a la même signification que dans la revendication 5.
8. Procédé selon l'une des revendications 1 à 7, dans lequel on opère en présence
d'eau et d'anhydride sulfureux, la proportion volumique d'eau n'excédant pas 70% et
étant de préférence inférieure à 30% en volume par rapport au mélange solvant.
9. Procédé selon l'une des revendications 3 à 8, dans lequel la concentration du milieu
en activateur varie de 0,02 à 10% en volume par rapport au mélange solvant.
10. Les composés de formules:

dans lesquelles p est un nombre entier pair allant de 4 à 12.
1. Verfahren zur Herstellung von Verbindungen, die eine perfluorierte Kette aufweisen
und wenigstens eine Säure- oder Alkoholfunktion, durch elektrochemische Reduktion
von Jodpolyfluoralkanen, dadurch gekennzeichnet, daß diese Reduktion in einem Lösungsmittel
vom Formamid-Typ an einer Kohlekathode durchgeführt wird, gegebenenfalls in Gegenwart
von Schwefeldioxid oder in Gegenwart von Wasser und Schwefeldioxid.
2. Verfahren nach Anspruch 1, bei dem das Lösungsmittel Dimethylformamid ist.
3. Verfahren nach Anspruch 1 oder 2, bei dem man in Gegenwart eines Aktivators arbeitet,
ausgewählt aus Allylalkohol, Propargylalkohol, 2-Jod-3-perfluoralkylpropanolen und
1,1-Dichlor-2-perfluor- alkylethylenen.
4. Verfahren nach Anspruch 3, bei dem der Aktivator Allylalkohol ist.
5. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 4, bei dem das Ausgangs-Jodpolyfluoralkan
eine Verbindung der Formel:

ist, in der n eine ganze Zahl von 2 bis 16 ist und die perfluorierte Kette linear
oder verzweigt sein kann.
6. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 4, bei dem das Ausgangs-Jodpolyfluoralkan
ein a, σ-Dijodperfluoralkan der Formel:

ist in der p eine gerade ganze Zahl von 4 bis 12 ist.
7. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 4, bei dem das Ausgangs-Jodpolyfluoralkan
ein 1-Jod-2-perfluoralkylethan der Formel:

ist, worin n die gleiche Bedeutung hat wie in Anspruch 5.
8. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 7, bei dem man in Gegenwart von Wasser
und Schwefeldioxid arbeitet, wobei der Volumenanteil an Wasser nicht 70% überschreitet
und vorzugsweise unterhalb von 30 Vol.-%, bezogen auf das Lösungsmittelgemisch, liegt.
9. Verfahren nach einem der Ansprüche 3 bis 8, bei dem die Konzentration an Aktivator
im Milieu von 0,02 bis 10 Vol.-%, bezogen auf das Lösungsmittelgemisch, variiert.
10. Verbindungen der Formel:

in denen p eine gerade ganze Zahl von 4 bis 12 ist.
1. Process for the preparation of compounds containing a perfluorinated chain and
at least one acidic or alcohol functional group by electrochemical reduction of iodopolyfluoroalkanes,
characterized in that this reduction is carried out in a solvent of the formamide
type on a carbon cathode, optionally in the presence of sulphurous anhydride or in
the presence of water and of sulphurous anhydride.
2. Process according to Claim 1, in which the solvent is dimethylformamide.
3. Process according to Claim 1 or 2, in which the operation is carried out in the
presence of an activator chosen from allyl alcohol, propargyl alcohol, 2-iodo-3-perfluoroalkylpropanols
and 1,1-dichloro-2- perfluoroalkylethylenes.
4. Process according to Claim 3, in which the activator is allyl acohol.
5. Process according to one of Claims 1 to 4, in which the starting iodopolyfluoroalkane
is a compound of formula:
CnF2n+1-I
in which n is an integer ranging from 2 to 16, it being possible for the perfluorinated
chain to be linear or branched.
6. Process according to one of Claims 1 to 4, in which the starting iodopolyfluoroalkane
is an a, ω-di- iodoperfluoroalkane of formula:
I-(CF2)P-I
in which p denotes an even integer ranging from 4 to 12.
7. Process according to one of Claims 1 to 4, in which the starting iodopolyfluoroalkane
is a 1-iodo-2- perfluoroalkylethane of formula:
CnF2n+1-CH2CH2-1
where n has the same meaning as in Claim 5.
8. Process according to one of Claims 1 to 7, in which the operation is carried out
in the presence of water and of sulphurous anhydride, the proportion of water by volume
not exceeding 70% and being preferably below 30% by volume relative to the solvent
mixture.
9. Process according to one of Claims 3 to 8, in which the concentration of the activator
in the medium varies from 0.02 to 10% by volume relative to the solvent mixture.
10. The compounds of formulae: l-(CF2)p-1-COOH HO2S-(CF2)p-1-COOH in which p is an even integer ranging from 4 to 12.