[0001] La présente invention est relative à des pièces en alliage d'aluminium ayant une
résistance à la fatigue améliorée et à un procédé de fabrication desdites pièces.
[0002] On sait que l'aluminium a notamment pour propriétés d'être trois fois plus léger
que l'acier et d'avoir une bonne résistance à la corrosion. En l'alliant à des métaux
tels que le cuivre et le magnésium, on améliore fortement sa résistance mécanique.
Par ailleurs, l'ajout de silicium donne un produit ayant une bonne résistance à l'usure.
Ces alliages dopés avec d'autres éléments tels que le fer, le nickel, le cobalt, le
chrome et le manganèse, conduisent à un compromis de propriétés qui en font un matériau
de choix pour la fabrication de pièces pour automobiles telles que moteur, piston,
cylindre, etc...
[0003] C'est ainsi que l'EP 144898 enseigne un alliage d'aluminium contenant en poids 10
à 36% de silicium, 1 à 12% de cuivre, 0,1 à 3% de magnésium et 2 à 10% d'au moins
un élément choisi dans le groupe Fe, Ni, Co, Cr et Mn.
[0004] Cet alliage est applicable à la confection de pièces destinées aussi bien à l'industrie
aéronautique qu'automobile, lesdites pièces étant obtenues par la technique de la
métallurgie des poudres comportant, outre la mise en forme par compactage et filage,
une étape intermédiaire de traitement thermique entre 250 et 550°C.
[0005] Si ces pièces répondent bien aux différentes propriétés énoncées ci-dessus, il en
est une qui n'a pas encore été prise en compte, à savoir la tenue à la fatigue.
[0006] L'homme de l'art sait que la fatigue correspond à un changement permanent, localisé
et progressif de la structure métallique qui se produit dans les matériaux soumis
à une succession de contraintes discontinues et qui peut entraîner des fissures et
même des ruptures des pièces après une application desdites contraintes suivant un
nombre de cycles plus ou moins grand et ce alors que leur intensité est le plus souvent
nettement inférieure à celle qu'il faut appliquer au matériau de façon continue pour
obtenir une rupture par traction. C'est pourquoi les valeurs de module d'élasticité,
de résistance à la traction, de dureté énoncées dans l'EP 144898 ne peuvent rendre
compte de l'aptitude de l'alliage à la résistance à la fatigue.
[0007] Or, il est important pour des pièces telles que les bielles ou les axes de piston,
par exemple qui travaillent en dynamique et qui sont soumises à des efforts périodiques,
de présenter une bonne tenue à la fatigue.
[0008] C'est pourquoi la demanderesse s'étant penchée sur ce problème a constaté que certes
les pièces fabriquées à partir des alliages entrant dans le cadre du document sus-mentionné
présentaient une résistance à la fatigue qui pouvait convenir à certaines applications,
mais qu'il était possible d'améliorer notablement cette propriété en modifiant leur
composition. C'est dans ce but qu'elle a mis au point des pièces en alliages d'aluminium
contenant en poids 11 à 22% de silicium, 2 à 5% de fer, 0,5 à 4% de cuivre, 0,2 à
1,5% de magnésium ainsi que les inévitables impuretés caractérisées en ce qu'elles
contiennent également 0,4 à 1,5% de zirconium.
[0009] En effet, la demanderesse s'est aperçue que cet élément d'alliage ajouté aux autres
en quantité au moins égale à 0,4% pour avoir un effet convenable mais n'excédant pas
1,5%, quantité au-delà de laquelle l'amélioration obtenue n'est plus sensible, avait
pour conséquence d'accroître la résistance à la fatigue des pièces et ce sans nuire
ni aux autres propriétés obtenues avec les alliages de l'art antérieur, ni à leur
aptitude à l'usinage.
[0010] L'invention concerne également un procédé d'obtention des pièces à partir de tels
alliages.
[0011] Il consiste après avoir élaboré l'alliage de composition revendiquée, à le fondre
à une température supérieure à 900°C de manière à éviter tout phénomène de précipitation
prématuré puis à le soumettre à un moyen de solidification rapide. En effet, comme
les éléments tels que le fer et le zirconium sont très peu solubles dans l'alliage,
il est indispensable pour obtenir des pièces répondant aux caractéristiques souhaitées
d'éviter une précipitation grossière et hétérogène de ces éléments ce qu'on réalise
en les refroidissant le plus rapidement possible.
[0012] Il existe plusieurs façons d'opérer cette solidification rapide:
― soit par atomisation du métal fondu à l'aide d'un gaz ou par atomisation mécanique
suivie d'un refroidissement dans un gaz (air, hélium, argon); ce qui conduit à des
poudres de granulométrie inférieure à 400 µm qui sont ensuite mis en forme par compactage
à froid ou à chaud, dans une presse uniaxiale ou isostatique puis filage et/ou forgeage;
― soit par projection de l'alliage fondu contre une surface métallique refroidie,
technique désignée par les Anglo-Saxons sous l'expression "melt spinning", ou "planar
flow casting" et dont on trouve des descriptions dans les brevets US 4.389.258 et
EP 136.508, ce qui génère des rubans d'épaisseur inférieure à 100 µm qui sont ensuite
mises en forme par compactage comme ci-dessus;
― soit encore par projection de l'alliage fondu atomisé dans un courant de gaz contre
un substrat, technique encore appelée "spray deposition" dont un exemple est donné
dans le brevet GB 1.379.261, et qui conduit à un dépôt cohérent suffisamment malléable
pour être mis en forme par forgeage, filage ou matriçage par exemple.
[0013] Cette liste est bien entendu non exhaustive.
[0014] Afin d'affiner davantage la structure de précipitation, les pièces après avoir été
soumises éventuellement à un usinage sont traitées thermiquement entre 480 et 530°C
pendant 1 à 10 heures, puis trempées à l'eau avant de subir un traitement de revenu
entre 150 et 200°C pendant 2 à 32 heures, ce qui améliore leurs caractéristiques mécaniques.
[0015] L'invention sera mieux comprise à l'aide des exemples d'application suivants:
[0016] Six alliages ont été mis en oeuvre. Ils avaient la composition suivante en poids:

[0017] Les alliages n° 1, 2 et 3 ont été obtenus par métallurgie des poudres, c'est-à-dire
qu'ils ont été fondus à 900°C puis atomisés dans une atmosphère d'azote sous forme
de particules de granulométrie 300 µm puis compactés sous 300 MPa dans une presse
isostatique, filés sous forme de barre de diamètre 40 mm.
Pour les alliages N° 4, 5 et 6, la technique utilisée était celle de la "spray deposition"
au cours de laquelle on a obtenu un dépôt sous forme d'une billette cylindrique qui
a été ensuite transformée par filage en barre de diamètre 40 mm. Les barres provenant
de l'un ou l'autre procédé ont ensuite été traitées pendant 2 heures entre 490 et
520°C puis trempées à l'eau et soumises pendant 8 heures à une température comprise
entre 160 et 190°C.
On a effectué sur des éprouvettes de chacune d'elles des mesures d'une part du module
d'Young, d'autre part de la limite élastique conventionnelle à 0,2%, la charge de
rupture et l'allongement successivement à 20°C et à 150°C après 100 heures de maintien,
ainsi que les mesures de la limite de fatigue à 20°C au bout de 10⁷ cycles et du rapport
d'endurance, défini par le rapport entre la limite d'endurance et la charge de rupture.
[0018] Les résultats figurent dans le tableau suivant:

[0019] On constate la nette amélioration apportée par le zirconium sur la résistance à la
fatigue, qui passe d'une limite de 150 à 192 MPa.
[0020] Des résultats analogues ont été obtenus sur des pièces obtenues par "spray deposition"
et "melt spinning" ou "planar flow casting".
1. Pièces en alliage d'aluminium, telles que bielles notamment, ayant une résistance
à la fatigue améliorée qui, outre l'aluminium et les inévitables impuretés, contient
en poids 11 à 22% de silicium, 2 à 5% de fer, 0,5 à 4% de cuivre, 0,2 à 1,5% de magnésium,
caractérisées en ce qu'elles contiennent également 0,4 à 1,5% de zirconium.
2. Procédé d'obtention de pièces suivant la revendication 1 caractérisé en ce que
l'on soumet l'alliage à l'état fondu à un moyen de solidification rapide, le met en
forme, lui fait subir un traitement thermique entre 480 et 530°C, le trempe à l'eau
et effectue un revenu entre 150 et 200°C.
3. Procédé selon la revendication 2 caractérisé en ce que le moyen de solidification
rapide appartient au groupe constitué par l'atomisation, la "spray deposition" et
le "melt spinning".
1. Werkstücke aus Aluminiumlegierung, wie insbesondere Pleuelstangen, mit einer verbesserten
Ermüdungsfestigkeit, die außer dem Aluminium und den unvermeidbaren Verunreinigungen
gewichtsmäßig 11 bis 22% Silizium, 2 bis 5% Eisen, 0,5 bis 4% Kupfer, 0,2 bis 1,5%
Magnesium enthält, dadurch gekennzeichnet, daß sie noch 0,4 bis 1,5% Zirkonium enthalten.
2. Verfahren zur Herstellung von Werkstücken nach dem Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet,
daß man die Legierung im geschmolzenen Zustand einem Mittel zur raschen Erstarrung
aussetzt, sie in Form bringt, sie eine Wärmebehandlung zwischen 480 und 530°C durchmachen
läßt, sie mit Wasser abschreckt und ein Anlassen zwischen 150 und 200°C durchführt.
3. Verfahren nach dem Anspruch 2, dadurch gekennzeichnet, daß das Mittel zur raschen
Erstarrung zur Gruppe gehört, die durch die Zerstäubung, die "spray deposition" (Sprühabscheidung)
und das "melt spinning" (Schmelzspinnen) gebildet wird.
1. Aluminium alloy parts, such as in particular rods, having an improved fatigue strength
and which, apart from aluminium and the unavoidable impurities contains by weight
11 to 22% silicon, 2 to 5% iron, 0.5 to 4% copper, 0.2 to 1.5% magnesium, characterized
in that they also contain 0.4 to 1.5% zirconium.
2. Process for obtaining parts according to claim 1, characterized in that the alloy
in the molten state undergoes rapid solidification, shaping, a heat treatment at between
480 and 530°C, hardening with water and tempering at between 150 and 200°C.
3. Process according to claim 2, characterized in that fast solidification takes place
by a procedure constituted by atomization, spray deposition or melt spinning.