[0001] La présente invention porte sur un dispositif pour la fabrication de rails, et notamment
de rails à haute résistance, par un refroidissement des rails dès leur sortie de la
dernière cage du laminoir, c'est-à-dire dans la chaude de laminage.
[0002] Elle a pour objet l'obtention, de préférence sans addition à l'acier d'éléments d'alliage,
de rails présentant, après refroidissement, une résistance à la rupture élevée, une
bonne résistance à l'usure, une bonne résistance aux chocs, un allongement au moins
égal à 10 % et une bonne soudabilité.
[0003] Par aciers à haute résistance, il faut entendre spécialement des aciers contenant
0,4 % à 0,85 % de C, 0,4 % à 1 % de Mn et 0,1 % à 0,4 % de Si et de préférence 0,6
% à 0,85 % de C et 0,6 % à 0,8 % de Mn; le cas échéant, ces aciers peuvent contenir
jusqu'à 1 % de Cr ou jusqu'à 0,3 % de Mo ou jusqu'à 0,15 % de V. Il ne sort toutefois
pas du domaine de l'invention d'appliquer le procédé à des aciers dont les teneurs
en carbone et en manganèse sont comprises entre 0,4 % et 0,6 % et ne contenant pas
d'éléments d'alliage.
[0004] Il est connu que pour obtenir un rail ayant les propriétés énumérées ci-dessus, il
faut que le bourrelet soit constitué de perlite fine exempte de ferrite proeutectoïde
et de martensite et contenant éventuellement un certain pourcentage de bainite et
que le gradient de dureté dans le bourrelet soit le plus faible possible.
[0005] A cet égard, il a déjà été proposé, en particulier dans le brevet belge n° 854.834,
d'effectuer un traitement thermique du rail, en refroidissant de façon différente
le bourrelet et le patin. Selon ce brevet belge, le bourrelet du rail est soumis à
un refroidissement accéléré par trempe à l'eau bouillante agitée mécaniquement, alors
que le patin est refroidi à l'air ou dans l'eau calme à 100°C.
[0006] Ce procédé connu permet certes de minimiser les déformations permanentes des rails.
Toutefois, sa mise en oeuvre à l'échelle industrielle présente des difficultés technologiques.
[0007] En outre, il peut provoquer d'importantes déformations transitoires du rail au cours
du traitement, ce qui risque de donner lieu à certaines déformations permanentes.
[0008] Pour éliminer les inconvénients mentionnés ci-dessus, les demandeurs ont proposé
un autre procédé qui consiste à abaisser la température du rail à la sortie du laminoir
à chaud jusqu'à une valeur non inférieure à celle à laquelle débute la transformation
perlitique dans le bourrelet; à partir de cette température, le rail en défilement
continu est soumis à un refroidissement rapide jusqu'à ce qu'au moins 80 % de la transformation
allotropique austénite - perlite soient réalisés dans le rail; on laisse ensuite refroidir
le rail jusqu'à la température ambiante.
[0009] Ce procédé, qui a été décrit dans le brevet luxembourgeois n° 84.417 du 11.10.1982,
donne des résultats intéressants, mais nécessite une durée de traitement assez importante.
[0010] Au cours de leurs travaux ultérieurs, les demandeurs ont alors mis au point un procédé
original, comportant une phase de traitement thermique beaucoup plus courte que celle
nécessaire dans le procédé antérieur, combinant une méthode de refroidissement du
bourrelet qui permet d'obtenir les qualités mécaniques requises, et une méthode de
refroidissement du patin et de l'âme assurant la rectitude du rail, pendant et après
le traitement thermique.
[0011] Ce procédé est basé sur la constatation inattendue qu'il n'est pas nécessaire de
réaliser la transformation allotropique complète du bourrelet au cours du traitement
de refroidissement intense, pour conférer au rail les propriétés voulues; il est tout
à fait possible d'obtenir ces propriétés même pour des durées de traitement relativement
faibles, pour autant que les différentes parties du rail soient soumises à des refroidissements
dont les intensités sont choisies de manière adéquate.
[0012] Les figures 1, 2 et 3 ci-annexées illustrent la réalité du principe de base de ce
procédé elles ont pour objet de montrer que les propriétés (en l'occurrence la charge
de rupture) sont obtenues alors qu'une grande partie du bourrelet est encore à l'état
austénitique.
[0013] Sur la figure 1, qui est un diagramme température/temps, la courbe A représente l'évolution
de la température d'un point situé à 14 mm sous la surface supérieure du bourrelet,
au cours de la phase de refroidissement rapide (I) et au cours de la phase de refroidissement
calme sur le refroidissoir normal (II).
[0014] La figure 2 représente, à deux moments différents d'un tel traitement thermique l'état
de la transformation austénite/perlite dans le bourrelet (soit V en %), depuis la
surface supérieure jusqu'à la surface inférieure (distance d comprise entre 0 et 35
mm); la courbe B donne la situation de cette transformation allotropique à la sortie
du dispositif de refroidissement rapide et la courbe C cette situation 25 secondes
après la fin de ce refroidissement.
[0015] Ces figures 1 et 2 illustrent les résultats obtenus en pratiquant selon le principe
ci-avant, dans les conditions suivantes :
- type de rail : EB 50 T;
- température d'entrée du rail dans la rampe de refroidissement rapide : 875°C;
- longueur de la rampe : 18 m;
- vitesse de défilement du rail : 0,53 m/sec;
- densité moyenne de flux calorifique à la surface supérieure du bourrelet: 1,15 MW/m²;
- densité moyenne de flux calorifique à la surface inférieure du bourrelet: 0,10 MW/m²;
- composition de l'acier : C: 0,63 %, Mn: 0,65 %.
[0016] Le bourrelet est assimilé à un plat refroidi de manière intense à sa face supérieure
et de manière modérée à sa face inférieure (Φ
sup./Φ
inf. = 11,5).
[0017] On constate (fig. 1) qu'à la profondeur de 14 mm (cette profondeur correspond au
prélèvement des éprouvettes de traction suivant les normes), la vitesse de refroidissement
est de 6,8°C/s et la température à la fin du traitement est de 675°C. La figure 2
montre qu'à la profondeur de 14 mm, la transformation n'a pratiquement pas commencé
à la fin du traitement; malgré cela, on a obtenu, à cette profondeur, les propriétés
correspondant aux valeurs visées.
[0018] La figure 2 montre également qu'à la fin de la phase de refroidissement rapide, 32
% seulement du volume du bourrelet sont transformés, ce pourcentage passant à environ
47 %, 25 sec après la fin du traitement.
[0019] La figure 3 représente à la fois la répartition dans le bourrelet des températures
(°C) et l'état de la transformation allotropique (%) à la sortie du dispositif de
refroidissement rapide; en abscisse sont données les distánces entre les points considérés
et la surface supérieure du bourrelet (mm).
[0020] Les courbes D et E représentent la répartition des températures et les courbes F
et G la situation de la transformation allotropique austénite/perlite, dans les conditions
pratiques suivantes :
Essai n° 19 (courbes E et G) :
- acier 0,77 C - 0,68 Mn - 0,22 Si
- température d'entrée du bourrelet : 810°C
- durée du traitement pour la section considérée →51 sec
- débit d'eau total dans la rampe : 34,2 m³/h
- densité de flux calorifique moyenne sur la face supérieure du bourrelet 0,70 MW/m²
- type de rail : ES 50 T
Résultat : charge de rupture à 14 mm sous la face supérieure du bourrelet : 1090 MPa.
Essai n° 20 (courbes D et F) :
- acier 0,77 C - 0,68 Mn - 0,22 Si
- température d'entrée du bourrelet : 865°C
- durée du traitement pour la section considérée → 49 sec
- débit d'eau total dans la rampe : 40,2 m³/h
- densité de flux calorifique moyenne sur la face supérieure du bourrelet 0,814 MW/m²
- type de rail : EB 50 T
Résultat : charge de rupture à 14 mm sous la face supérieure du bourrelet : 1080 MPa.
[0021] Cette figure 3 montre que, pour l'essai n° 20 par exemple, la perlite formée dans
le bourrelet à la sortie de la rampe n'occupe que 42 % environ du volume de celui-ci.
[0022] Le fait que les propriétés voulues sont obtenues sans que la transformation dans
le bourrelet soit complète est d'une grande importance pratique, car il permet, pour
une production horaire donnée, de raccourcir la rampe et, par conséquent, de diminuer
les frais d'investissement.
[0023] Pour mettre en pratique les principes de base de ce procédé le cycle thermique imposé
au bourrelet dans l'installation de refroidissement et choisi sur la base de considérations
métallurgiques est appliqué de façons particulières et sélectives aux parties supérieures
et inférieures du bourrelet, tandis que le refroidissement de l'âme et du patin est
réglé en fonction des déformations transitoires du rail pendant le traitement. En
effet, l'expérience a montré que, en l'absence d'un tel réglage, la flèche prise par
le rail en cours de traitement devient tellement importante que tout guidage mécanique
devient illusoire et l'application du traitement thermique du rail impossible.
[0024] C'est la combinaison des deux caractéristiques qui permet d'obtenir, dans des conditions
économiques optimales, un rail répondant aux conditions imposées quant aux propriétés
mécaniques et à l'aspect géométrique du produit final.
[0025] Suivant une particularité essentielle du procédé, au cours de la phase de refroidissement
rapide, on refroidit de façon intense la partie supérieure du bourrelet pour assurer
dans cette partie la transformation allotropique de l'austénite en perlite (avec éventuellement
de la bainite en mélange) tandis que l'on refroidit beaucoup moins la partie inférieure
du bourrelet pour y conserver l'état austénitique; au cours de cette même phase de
refroidissement rapide, on refroidit également les autres parties du rail pour harmoniser
les dilatations.
[0026] Selon les principes qui viennent d'être énoncés, le procédé pour la fabrication de
rails, dans lequel dès la sortie du laminoir à chaud on abaisse la température du
rail jusqu'à une valeur non inférieure à celle à laquelle débute la transformation
perlitique dans le bourrelet et, à partir de cette température, on soumet le rail
en défilement continu à un refroidissement rapide et on laisse ensuite refroidir le
rail jusqu'à la température ambiante, consiste essentiellement en ce que pour une
température donnée du bourrelet à l'entrée de la rampe de refroidissement rapide,
on règle la longueur de la rampe, la vitesse de défilement du rail et la densité moyenne
des flux calorifiques appliqués au bourrelet, à l'âme et au patin de manière telle
que d'une part les propriétés mécaniques finales dans le bourrelet soient obtenues
alors que, à la sortie de la dite rampe, moins de 60 % de la section du bourrelet
ait subi la transformation allotropique austénite-perlite et que d'autre part les
différences d'allongement entre le bourrelet et l'âme et entre le bourrelet et le
patin soient minimisées.
[0027] Au cours de la phase de refroidissement lent qui suit la phase de refroidissement
rapide, il se produit une homogénéisation de température dans le bourrelet; la température
diminue dans la partie inférieure du bourrelet en raison du départ des calories vers
les parties adjacentes plus froides du rail, c'est-à-dire à la fois la partie supérieure
du bourrelet et l'âme. L'austénite résiduelle se transforme également en perlite et
l'ensemble du rail acquiert alors la microstructure recherchée.
[0028] Suivant une mise en oeuvre particulière du procédé, le refroidissement est réglé
de manière telle que la martensite ne soit formée en aucun point du bourrelet.
[0029] Le choix de la longueur de la rampe de refroidissement rapide et de la vitesse de
défilement du rail dans cette rampe revient à fixer la durée du traitement en question;
ces valeurs sont liées au choix de la densité moyenne du flux calorifique appliqué
à la surface du bourrelet au cours du traitement thermique.
[0030] Dans un procédé de fabrication de rail, déjà connu notamment par la demande de brevet
européen n° 0098492, il a été préconisé d'appliquer au rail en défilement une phase
de refroidissement intense dans une installation comprenant une série de zones de
pulvérisation d'eau séparées par des zones de refroidissement à l'air.
[0031] Pour mettre en oeuvre ce procédé, il faut donc grouper les gicleurs à eau dans des
zones séparées par des sections de refroidissement à l'air. Cette disposition a pour
conséquence une ligne de refroidissement de grande longueur dont l'implantation dans
un laminoir existant peut présenter certaines difficultés.
[0032] Contrairement à cette technique connue, il s'est maintenant avéré, de façon surprenante,
qu'il n'était pas opportun de disposer les gicleurs à eau par groupes séparés par
des sections de refroidissement à l'air; une disposition uniforme et ininterrompue
des gicleurs le long de la rampe de refroidissement permet d'obtenir les propriétés
désirées tout en évitant la martensite. Cette disposition uniforme des gicleurs à
eau est particulièrement avantageuse dans la mesure où elle permet d'utiliser des
rampes très courtes.
[0033] Cette caractéristique particulière du procédé est basée sur les travaux des demandeurs
relatifs à l'effet refroidissant des différents dispositifs utilisables pour mettre
en oeuvre le procédé, et notamment le cas d'un gicleur d'un type déterminé, placé
à une certaine hauteur par rapport à la surface refroidie et alimenté en eau avec
un débit et une température connus.
[0034] La densité de flux calorifique enlevée à la surface refroidie en un point (x₁, y₁)
de celle-ci dépend essentiellement de la température de cette surface : Φ = f (T
s). Pour une valeur donnée de T
s, le flux dépend également des coordonnées (x, y). La figure 4 montre la variation
de (Φ) suivant (x) avec y = 0 et pour un gicleur plat pour lequel le plan oyz choisi
est le plan de symétrie du gicleur. On constate que le flux diminue très rapidement
dès qu'on s'éloigne du plan de symétrie du gicleur et ce, bien que l'eau s'étale sur
la surface refroidie sur une assez grande distance du plan de symétrie du gicleur.
[0035] Dans le cas d'un rail dont le bourrelet est refroidi au défilé dans une installation
comportant des gicleurs uniformément répartis et distants l'un de l'autre de 175,5
mm, la figure 5 montre l'évolution de la température superficielle du bourrelet dans
la partie médiane de l'installation de refroidissement. Dès qu'on s'éloigne du plan
de symétrie d'un gicleur, la température superficielle du bourrelet remonte bien que,
dans la disposition des gicleurs correspondant à cette figure, toute la surface du
bourrelet entre deux gicleurs consécutifs est sous eau. De plus, la température du
début de formation de la martensite (250°C pour l'acier considéré) n'est pas atteinte.
[0036] Dans une représentation simplifiée que l'on peut adopter, l'évolution du flux calorifique
le long de la rampe a une température de surface donnée est schématisée comme indiqué
par la figure 6, où l'on considère néanmoins deux types de refroidissement sur la
surface supérieure du bourrelet :
a) les zones B sous l'influence directe des gicleurs pour lesquelles on utilise des
valeurs Φ₁(t) qui constituent la moyenne spatiale dans la zone d'impact et pour chaque
température;
b) les zones A entre gicleurs; ces zones sont sous eau, mais les mesures ont montré
que le flux calorifique y est nettement plus faible que sous les gicleurs du moins
dans le domaine de la caléfaction. De plus, la transition caléfaction-ébullition nucléée
y a lieu de manière relativement brutale.
[0037] Dans la simplification ci-dessus, on a négligé la variation du flux suivant y, l'expérience
ayant montré qu'elle est faible.
[0038] Dans ce qui suit, on utilisera la notion de densité moyenne de flux calorifique (Φ)
(ou, par souci de brièveté, le terme "flux moyen") pour délimiter le domaine de l'invention.
[0039] Le flux moyen (Φ) peut être défini de la façon suivante, connaissant (x, T
s) (x = distance à partir de l'entrée dans la rampe et T
s = température de surface du bourrelet) et en choisissant arbitrairement une valeur
de T
s, T
s = T

:

où A est la distance entre deux gicleurs consécutifs.
[0040] En principe, Φ (350) = 1,32, MW/m² représentera l'intensité de refroidissement du
bourrelet de manière raisonnablement correcte pour autant que la température moyenne
de la face supérieure du bourrelet ne s'écarte pas trop de T

= 350°C, ce qui est le cas de la figure 5.
[0041] Si l'on adopte la simplification de la figure 6, on a :

où Φ₁ est la valeur du flux moyen dans la zone sous influence directe des gicleurs,
Φ₂ est la valeur du flux moyen dans la zone noyée, mais non arrosée entre gicleurs,
A la distance entre gicleurs et B la largeur de la zone arrosée par un gicleur; les
valeurs de ces paramètres sont connues dès lors qu'il s'agit d'une installation déterminée.
[0042] La valeur du flux moyen étant déterminée grâce à la relation (α), pour appliquer
le procédé, il n'y a dès lors plus qu'à rechercher la valeur de la durée (τ) de la
phase du refroidissement rapide, en tenant compte bien entendu de la composition de
l'acier, des propriétés visées pour le rail et des caractéristiques générales de l'installation
dont on dispose.
[0043] On peut avantageusement utiliser la notion de "température moyenne de transformation"
(en abrégé TMT).
[0044] Au cours de leurs travaux, les demandeurs ont en effet mis en évidence le fait que,
si les paramètres tels que la vitesse moyenne de refroidissement ou la température
moyenne en fin de refroidissement contrôlé ont une influence sur les propriétés mécaniques
du bourrelet, le paramètre contrôlant directement et de manière univoque les propriétés
est cette "température moyenne de transformation".
[0045] A cet effet, on a défini de la façon suivante la dite température TMT :
On a considéré un point de la section du bourrelet (soit dans les exemples qui suivent
un point situé sur le plan de symétrie du rail et à 14 mm de la surface du bourrelet-
point de prélèvement des éprouvettes de traction), point dont la température varie
pendant et après le traitement suivant la loi :

[0046] Par ailleurs, la cinétique de la transformation allotropique en ce point est décrite
par :

où z représente le pourcentage en volume de l'austénite transformée.
[0047] En combinant ces deux cinétiques (1) et (2), on obtient: T = f₃(z), d'où

[0048] Sur la figure 7, les relations (1) et (2) sont représentées à la partie supérieure
(température et z en fonction du temps) au cours des deux phases de refroidissement
rapide (I) et de refroidissement à l'air (II), tandis que la relation (3) est représentée
à la partie inférieure (diagramme z/T°).
[0049] Se basant sur le fait remarquable qu'il existe une relation étroite et univoque entre
les propriétés mécaniques et la température dite TMT, les demandeurs préconisent de
déterminer les valeurs de Φ et de τ en utilisant comme seul paramètre cette température
en question qui, pour un acier de composition donnée, serait alors la seule variable
dont dépendent les propriétés mécaniques.
[0050] La figure 8 montre un exemple de la relation entre la charge de rupture et TMT pour
un acier à 0,75 % C et 0,72 % Mn. Ce fait est de la plus haute importance non seulement
pour la définition du cycle thermique, mais également pour le contrôle du procédé.
[0051] Pour un acier donné, la relation "charge de rupture - TMT" permet de déterminer (TMT)
min et (TMT) max à partir des valeurs respectivement maximales et minimales des charges
de rupture visées dans le bourrelet, par exemple dans le cas de la figure 8, des valeurs
(TMT) min = 615°C et (TMT) max = 645°C si l'on vise une charge de rupture comprise
entre 1080 et 1200 MPa (acier à 0,75 % C et 0,72 % Mn).
[0052] Dans un problème particulier, il est possible de déterminer un domaine de variation
des deux paramètres Φ et τ définissant les conditions de refroidissement.
Les données du problème sont les suivantes :
- la composition de l'acier,
- la fourchette des propriétés mécaniques visées et dès lors les valeurs maximale et
minimale de la température moyenne de transformation,
- la température d'entrée maximale du bourrelet dans la rampe fonction de la température
de fin de laminage et donc de l'installation,
- la température d'entrée minimale du bourrelet dans la rampe; cette température doit
être supérieure à la température de début de transformation afin d'éviter la formation
de structures douces en surface du bourrelet.
Il existe en outre deux contraintes :
- l'absence de formation de martensite dans ce bourrelet,
- la transformation de 60 % max d'austénite dans la section du bourrelet à la sortie
de la rampe.
[0053] On a donné à la figure 9 une représentation schématique du domaine de variation de
Φ et τ. Dans cette figure :
- La courbe A correspond à une température d'entrée maximum et une température moyenne
de transformation minimum.
- La courbe B correspond à une température d'entrée minimum et uns température moyenne
de transformation maximum.
- La courbe C correspond au flux maximum pour lequel il ne se forme pas de martensite
dans la section du bourrelet.
- La courbe D correspond au temps de trempe pour lequel le pourcentage d'austénite transformée
à la sortie de la rampe est de 60 %.
[0054] Un tel diagramme doit être créé dans chaque cas particulier. Il peut être calculé
au moyen de modèle mathématique, par exemple le modèle simple suivant :

où τ = durée de traitement (s)
- Φ =
- flux moyen (MW/m²)
- TO=
- température initiale du bourrelet
- a, b, c, d =
- coefficients dépendant de la composition et du type du rail, ainsi que de la valeur
visée pour TMT.
[0055] Par exemple, pour TMT = 645°C, un rail EB 50 T et un acier à 0,63 % C - 0,65 % Mn,
on a les valeurs suivantes :
- a =
- - 0,095 m²s °C⁻¹ MW⁻¹
- b =
- 0,185 s °C⁻¹
- c =
- 52,6 m²s MW⁻¹
- d =
- - 100 s
et donc finalement on obtient la durée τ du traitement.
[0056] Dans une mise en oeuvre avantageuse du procédé l'âme et le patin du rail sont refroidis
par des gicleurs à eau analogues à ceux utilisés pour le bourrelet. Le flux moyen
désiré est obtenu par un réglage de la distance entre gicleurs et du débit d'eau par
gicleur; ces deux paramètres sont ajustables séparément pour l'âme et pour le patin.
[0057] Les essais industriels ont toutefois montré que malgré tous les soins apportés au
réglage du refroidissement des trois parties du rail (bourrelet, patin, âme), il était
impossible d'éviter complètement les déformations transitoires de celui-ci dues surtout
à l'apparition et au développement différentiel de la transformation allotropique
dans les trois parties du rail.
[0058] L'existence de cette tendance aux déformations transitoires rend le guidage du rail,
pendant le traitement, indispensable, mais aussi difficile.
[0059] Le document FR-A-770659 décrit un dispositif de trempe d'un rail par
[0060] immersion, avec des galets de guidage réglables en fonction du type de rail mais
fixes jour chaque type de rail. Ces galets appliquent un cintrage mécanique de correction
du rail. Au cours de leurs travaux, les demandeurs ont développé un mécanisme de guidage
efficace, dont les caractéristiques essentielles sont les suivantes:
- le guidage du rail dans le plan vertical n'est pas assuré par des paires de galets
dont les axes de rotation sont situés dans un plan perpendiculaire au déplacement
du rail, mais les galets doivent être décalés et de préférence être groupés par trois;
- le diamètre des galets de guidage dans le plan horizontal doit être compris entre
0,5 et 1,5 fois la distance entre deux galets successifs;
- le guidage dans le plan horizontal doit se faire par appui sur les faces latérales
du bourrelet par des galets à axe vertical situés entre les groupes de galets de guidage
vertical.
[0061] Conformément à la présente invention, un dispositif pour la fabrication de rail par
un refroidissement appliqué immédiatement après la sortie du laminoir, qui comprend
une pluralité de gicleurs disposés le long d'une rampe de refroidissement à l'eau
ainsi que des galets de guidage du rail dans ladite rampe de refroidissement, est
caractérisé en ce que lesdits gicleurs sont disposés de façon uniforme et ininterrompue
le long de ladite rampe de refroidissement, sans interposition de zones de refroidissement
à l'air, en ce que lesdits galets de guidage comprennent des galets de guidage vertical
disposés en alternance contre le patin et contre la face supérieure du bourrelet du
rail de façon à former des groupes alternés le long du rail, et des galets de guidage
horizontal disposés par paires entre lesdits groupes de galets de guidage vertical
et appliqués sur les faces latérales du bourrelet du rail, et en ce que le diamètre
des galets de guidage horizontal est compris entre 0,5 et 1,5 fois la distance entre
deux desdits galets successifs.
[0062] Des modes préférés de réalisation du dispositif selon l'invention sont énumérés dans
les revendications 2 à 7.
[0063] La figure 10 montre un exemple de réalisation des principes énoncés ci-dessus. Certains
des groupes de guidage peuvent être également utilisés comme moyens d'entraînement
du rail à vitesse réglable.
[0064] Sur cette figure 10, les galets 1, 1', 1'', ... disposés contre le patin du rail
et 2, 2', 2'', ... disposés contre la face supérieure du bourrelet servent au guidage
dit "vertical"; les galets 3, 3', 3'', ... appuyés contre les petits côtés du bourrelet
servent au guidage dit "horizontal".
[0065] Dans une réalisation particulière du dispositif de l'invention, tout ou partie des
galets de guidage sont appuyés sur le rail avec des forces dont les valeurs sont choisies
au préalable pour tolérer une certaine déformation du rail au cours du traitement
thermique. Dans une telle réalisation du dispositif, il est avantageux de laisser
aux galets qui sont appuyés avec une telle force préétablie (par exemple les galets
2, 2' , 2'' sur la figure 10), une mobilité limitée dans le plan de guidage, tandis
que les autres galets sont dits "fixes dans l'espace" (par exemple les galets 1, 1',
1'' sur la figure 10).
[0066] La mesure de la position des galets qui appuient sur le rail avec une force préétablie
permet de déterminer les déformations du rail au cours du traitement. A l'aide du
modèle du procédé, le calculateur ajuste séparément le refroidissement sur l'âme et
le patin de manière à minimiser les déformations du rail au cours du traitement.
[0067] Cette adaptation du refroidissement sur l'âme et sur le patin en vue de minimiser
les déformations du rail peut s'effectuer aussi bien dans le plan vertical que dans
le plan horizontal.
[0068] Sur la figure 10, on distingue encore les boîtes de refroidissement munies de gicleurs,
arrosant respectivement la face supérieure du bourrelet (boîte 4), la face inférieure
du patin (boîte 5) et les deux faces de l'âme (boîtes 6 et 7).
1. Dispositif pour la fabrication de rail par un refroidissement appliqué immédiatement
après la sortie du laminoir, qui comprend une pluralité de gicleurs disposés le long
d'une rampe de refroidissement à l'eau ainsi que des galets de guidage du rail dans
ladite rampe de refroidissement, caractérisé en ce que lesdits gicleurs sont disposés
de façon uniforme et ininterrompue le long de ladite rampe de refroidissement, sans
interposition de zones de refroidissement à l'air, en ce que lesdits galets de guidage
comprennent des galets de guidage vertical (1, 1', 1''; 2, 2', 2'') disposés en alternance
contre le patin et contre la face supérieure du bourrelet du rail de façon à former
des groupes alternés le long du rail, et des galets de guidage horizontal (3, 3')
disposés par paires entre lesdits groupes de galets de guidage vertical et appliqués
sur les faces latérales du bourrelet du rail, et en ce que le diamètre des galets
de guidage horizontal (3', 3'') est compris entre 0,5 et 1,5 fois la distance entre
deux desdits galets (3', 3'') successifs.
2. Dispositif suivant la revendication 1, caractérisé en ce que lesdits galets de guidage
vertical (1, 1'; 2, 2') sont groupés par trois, chacun desdits groupes de trois galets
comprenant deux galets (2, 2'; 1', 1'') disposés d'un même côté du rail, c'est-à-dire
soit au-dessus soit en dessous du rail, et un troisième galet (1; 2'') situé de l'autre
côté du rail, c'est-à-dire soit en dessous soit au-dessus du rail, longitudinalement
entre les deux autres galets dudit groupe.
3. Dispositif suivant l'une ou l'autre des revendications 1 et 2, caractérisé en ce qu'au
moins certains desdits galets de guidage sont appuyés sur le rail avec des forces
préétablies et en ce que lesdits galets appuyés avec lesdites forces préétablies présentent
une mobilité limitée dans le plan de guidage.
4. Dispositif suivant l'une ou l'autre des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que
lesdits gicleurs sont montés dans des boîtes de refroidissement (4, 5, 6, 7), en ce
que lesdites boîtes de refroidissement sont disposées autour du rail, et en ce qu'il
est prévu des plages de chevauchement desdites boîtes de refroidissement dans le sens
longitudinal.
5. Dispositif suivant l'une ou l'autre des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que
chacun desdits galets de guidage (1, 1'; 2, 2'; 3, 3') est disposé entre des boîtes
de refroidissement (4; 5; 6; 7) successives correspondant à une face du rail et en
regard d'au moins une desdites boîtes de refroidissement successives correspondant
à au moins une autre des faces du rail.
6. Dispositif suivant l'une ou l'autre des revendications 1 à 5, caractérisé en ce qu'il
comporte des moyens pour mesurer la position des galets de guidage (1, 2, 3) qui appuyent
sur le rail avec une force préétablie.
7. Dispositif suivant l'une ou l'autre des revendications 1 à 6, caractérisé en ce qu'il
comporte des moyens pour ajuster séparément le refroidissement sur le patin et sur
l'âme dudit rail.
1. Device for manufacturing a rail by means of a cooling applied immediately after the
exit of the rolling mill, which comprises a plurality of jets disposed along a ramp
for cooling with water as well as rollers for guiding the rail in the said cooling
ramp characterised in that the said jets are disposed uniformally and continuously
along the said cooling ramp without interposition of zones for cooling with air, in
that the said guide rollers comprise vertical guide rollers (1, 1', 1''; 2, 2', 2'')
disposed alternately against the flange and against the upper face of the head of
the rail so as to form alternate groups along the rail, and horizontal guide rollers
(3, 3') disposed in pairs between the said groups of vertical guide rollers and applied
on the lateral faces of the head of the rail, and in that the diameter of the horizontal
guide rollers (3', 3'') is between 0.5 and 1.5 times the distance between two of the
said successive rollers (3', 3'').
2. Device according to Claim 1, characterised in that the said vertical guide rollers
(1, 1'; 2, 2') are grouped in threes, each of the said groups of three rollers comprising
two rollers (2, 2'; 1', 1'') disposed on the same side of the rail, that is to say
either above or below the rail, and a third roller (1; 2'') located on the other side
of the rail, that is to say either below or above the rail, longitudinally between
the two other rollers of the said group.
3. Device according to anyone of Claims 1 and 2, characterised in that at least some
of the said guide rollers bear on the rail with preset forces and in that the said
rollers which bear with the said preset forces have a limited mobility in the guide
plane.
4. Device according to anyone of Claims 1 to 3, characterised in that the said jets are
mounted in cooling boxes (4, 5, 6, 7), in that the said cooling boxes are disposed
around the rail, and in that areas of overlap of the said cooling boxes are provided
in the longitudinal direction.
5. Device according to anyone of Claims 1 to 4, characterised in that each of the said
guide rollers (1, 1'; 2, 2'; 3, 3') is disposed between successive cooling boxes (4;
5; 6; 7) corresponding to a face of the rail and opposite at least one of the said
successive cooling boxes corresponding to at least another of the faces of the rail.
6. Device according to anyone of Claims 1 to 5, characterised in that it comprises means
for measuring the position of the guide rollers (1, 2, 3) which bear on the rail with
a preset force.
7. Device according to anyone of Claims 1 to 6, characterised in that it comprises means
for separately adjusting the cooling on the flange and on the web of the said rail.
1. Vorrichtung zur Schienenherstellung durch eine unmittelbar nach dem Austritt aus dem
Walzwerk durchgeführte Kühlung, die eine Vielzahl von entlang einer Wasserkühlungsrampe
angeordneten Spritzdüsen und Schienenführungsrollen in jener Kühlungsrampe umfaßt,
dadurch gekennzeichnet, daß jene Spritzdüsen einheitlich, ununterbrochen und ohne
dazwischenliegende Luftkühlungszonen entlang jener Kühlungsrampe angeordnet sind,
daß jene Führungsrollen Vertikalführungsrollen (1, 1', 1''; 2, 2', 2''), die abwechselnd
so am Schienenfuß und an der Oberseite des Schienenkopfes anliegend angeordnet sind,
daß entlang der Schiene abwechselnde Gruppen entstehen, sowie Horizontalführungsrollen
(3, 3') umfassen, die paarweise zwischen jenen Gruppen von Vertikalführungsrollen
angeordnet sind und die Seitenflächen des Schienenkopfes in Eingriff nehmen, und daß
der Durchmesser der Horizontalführungsrollen (3', 3'') 0,5- bis 1,5-mal größer als
der Abstand zwischen zwei jener aufeinanderfolgenden Rollen (3', 3'') ist.
2. Vorrichtung nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß jene Vertikalführungsrollen
(1, 1'; 2, 2') in Dreiergruppen vorliegen, wobei jede dieser Dreiergruppen zwei auf
derselben Seite der Schiene, d.h. entweder über oder unter der Schiene, angeordnete
Rollen (2, 2'; 1', 1'') und eine auf der anderen Seite der Schiene, d.h. jeweils entweder
unter oder über der Schiene, in Längsrichtung zwischen den beiden anderen Rollen jener
Gruppe angeordnete dritte Rolle (1; 2'') umfaßt.
3. Vorrichtung nach Anspruch 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, daß mindestens gewisse
jener Führungsrollen auf die Schiene unter vorbestimmten Kräften Druck ausüben, und
daß jene auf die Schiene unter vorbestimmten Kräften Druck ausübenden Rollen eine
beschränkte Beweglichkeit in der Führungsebene aufweisen.
4. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 3, dadurch gekennzeichnet, daß jene Spritzdüsen
in Kühlungskästen (4, 5, 6, 7) angebracht sind, daß jene Kühlungskästen um die Schiene
herum angeordnet sind, und daß mit jenen Kühlungskästen Überlappungsbereichen in Längsrichtung
versehen sind.
5. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 4, dadurch gekennzeichnet, daß jede jener
Führungsrollen (1, 1'; 2, 2,; 3, 3') zwischen aufeinanderfolgenden, einer Schienenseite
entsprechenden Kühlungskästen (4; 5; 6; 7) und mindestens einem jener aufeinanderfolgenden,
mindestens einer anderen der Schienenseiten entsprechenden Kühlungskästen gegenüberliegend
angeordnet ist.
6. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 5, dadurch gekennzeichnet, daß sie Mittel
zum Bestimmen der Position der auf die Schiene unter einer vorbestimmten Kraft Druck
ausübenden Führungsrollen (1, 2, 3) umfaßt.
7. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 6, dadurch gekennzeichnet, daß sie Mittel
zum getrennten Einstellen der auf den Fuß und auf den Steg jener Schiene einwirkenden
Kühlung umfaßt.