[0001] La présente invention concerne un acier austénitique possédant une résistance améliorée
à haute température, utile en particulier pour la fabrication de soupapes. Elle concerne
également un procédé pour l'obtention d'un tel acier.
[0002] Bien que les aciers austénitiques classiques présentent d'intéressantes propriétés
mécaniques associées à une bonne résistance à la corrosion et à l'oxydation, ces propriétés
ne sont pas entièrement satisfaisantes dans certaines conditions d'utilisation très
drastiques. C'est le cas de nombreuses pièces de machines destinées à fonctionner
à des températures très élevées soumises à d'importants efforts mécaniques et actions
corrosives, telles que :
- outils pour déformation à chaud,
- éléments de fixation (vis, écrous,...),
- organes de commandes.
[0003] Un exemple caractéristique est celui des soupapes pour moteur automobile. Le choix
d'un matériau pour la réalisation de celles-ci doit tenir compte d'un grand nombre
de facteurs souvent contradictoires directement rattachés aux conditions très particulières
de fonctionnement auxquelles elles sont soumises.
[0004] Les compositions des aciers généralement utilisés pour la fabrication de soupapes
comprennent les teneurs suivantes (% en poids) :
- 0,4 à 0,9 % de carbone
- 8,0 à 22 % de chrome
- jusqu'à 10 % de nickel
- jusqu'à 10 % de manganèse
- jusqu'à 0,6 % d'azote
[0005] Différentes améliorations ont été apportées en particulier par des additions éventuelles
de niobium, tungstène et molybdène.
[0006] Les compositions et les caractéristiques de ces aciers figurent dans de nombreuses
normes françaises et étrangères (AFNOR - DIN, etc...).
[0007] Si tous ces aciers donnent satisfaction quand la température d'utilisation reste
inférieure à 700°C, aucun ne convient réellement pour les pièces mécaniques destinées
à fonctionner à des températures supérieures ou égales à 800°C, surtout quand elles
sont exposées à des phénomènes d'oxydation et/ou de corrosion importants.
[0008] Aussi, pour des pièces soumises à ces conditions très sévères, il est nécessaire
d'employer soit des alliages à base de nickel du type NIMONIC, soit des "artifices"
permettant de refroidir les pièces.
[0009] Les alliages NIMONIC présentent l'inconvénient d'être très onéreux du fait de leur
teneur élevée en nickel et des précautions que l'on doit prendre lors de leur élaboration
ainsi que du traitement thermique ultérieur indispensable.
[0010] Quand aux "artifices" permettant de refroidir les pièces en cours de fonctionnement,
ils conduisent toujours à des solutions mécaniques complexes et, par conséquent, également
très onéreuses.
[0011] Tout récemment, il a été proposé dans la demande de brevet français n°2 595 717,
un acier austénitique comprenant les éléments suivants (% en poids) :
- 0,40 à 0,65 % de carbone
- 0,35 à 0,60 % d'azote
- 2,0 à 3,0 % de manganèse
- 22,0 à 24,0 % de chrome
- 7,5 à 8,5 % de nickel
- 0,7 à 1,3 % de molybdène
- 0,6 à 1,2 % de vanadium
- 0,7 à 1,5 % de niobium
- jusqu'à 0,3 % de silicium
- jusqu'à 0,03 % de soufre
- jusqu'à 0,025 % de phosphore
le fer et les impuretés constituant le complément à 100 %. Cette composition doit
être associée à un traitement thermique spécifique.
[0012] Cette nuance, dans des conditions sévères de fonctionnement (haute température supérieure
à 800° et alternances nombreuses dans le domaine des précipitations des carbures entre
600 et 850°), sera sujette à des précipitations importantes de carbonitrures secondaires
type M₂₃ (C,N)₆ qui affecteront la résistance à l'oxydation, à la corrosion, en générant
des zones déchromisées inter ou ultragranulaires, ainsi que ténacité et ductilité
du matériau.
[0013] En conséquence, pour des pièces mécaniques soumises à des efforts mécaniques ainsi
qu'à des températures et gradients de températures importants, dans une atmosphère
particulièrement corrosive, on ne dispose que de matériau plus ou moins convenables
mais surtout très onéreux quand leurs caractéristiques techniques sont meilleures.
[0014] Il apparaît donc qu'il existe un besoin pour un acier présentant à la fois une bonne
résistance à l'oxydation et à la corrosion et de bonnes caractéristiques mécaniques,
à des températures supérieures à 800°C, en particulier dans l'intervalle 800-900°C.
Outre son aspect technique, l'acier doit également satisfaire à des critères économiques.
Il est en effet nécessaire que le prix et la mise en oeuvre de l'acier précité conduisent
à une solution dont le coût global soit moins élevé que celui des aciers actuellement
disponibles.
[0015] L'objectif de la présente invention est de remédier aux inconvénients des matériaux
connus jusqu'alors.
[0016] A cette fin, l'objectif de l'invention est de fournir un acier pouvant être employé
à haute température et dans une atmosphère corrosive.
[0017] Un autre objectif est de fournir un acier présentant à la fois des caractéristiques
mécaniques convenables associées à une meilleure résistance aux agents corrosifs.
[0018] Un troisième objectif est de fournir un procédé pour l'obtention dudit acier et la
réalisation de pièces mécaniques telles que par exemple des soupapes, conduisant à
un compromis entre des caractéristiques mécaniques adaptées à leur utilisation à haute
température dans une atmosphère corrosive et un coût modéré.
[0019] Ces objectifs ainsi que d'autres qui apparaîtront par la suite sont atteints à l'aide
d'un acier austénitique caractérisé en ce qu'il comprend notamment (% en poids) :
- une teneur en carbone inférieure à 0,4%,
- une teneur en chrome supérieure à 22%,
- un ou plusieurs éléments carburigènes choisis parmi le groupe constitué du niobium,
du titane, du tungstène, du molybdène et du vanadium, dont la teneur est inférieure
à 2,5%,
- 4 à 15% de nickel,
- 2 à 10 de manganèse,
- 0,40 à 0,60% d'azote,
[0020] l'équilibre de l'ensemble des constituants étant tel que la structure austénitique
obtenue soit totalement monophasée.
[0021] L'invention a également pour objet un procédé pour l'obtention dudit acier austénitique,
caractérisé en ce qu'il consiste à réaliser sur l'acier selon l'invention, une mise
en solution des constituants à une température comprise 1000°C et 1230°C suivie d'un
refroidissement rapide.
[0022] Selon d'autres caractéristiques de l'invention, le procédé consiste de plus à réaliser
un traitement de stabilisation de la structure à une température comprise entre 720
et 860°C pendant 1 à 50 heures.
[0023] Les caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront mieux à la lecture
de la description suivante d'un mode de réalisation préférentiel donné à titre d'exemple
illustratif mais non limitatif.
[0024] Etant donné le domaine de températures élevé dans lequel est destiné à être employé
cet acier austénitique, la structure de celui-ci doit être aussi stable que possible.
De plus, cette stabilité doit être conservée même lorsque l'acier est soumis à des
gradients de températures importants comme précités.
[0025] Dans les aciers austénitiques réfractaires contenant du carbone et du chrome, on
observe fréquemment la précipitation de carbures de chrome, intra ou intergranulaires
parallèlement à des variations de températures importantes. Ainsi, pour atteindre
notre objectif, à savoir obtenir un acier présentant une structure stable à haute
température, la précipitation des carbures de chrome doit être limitée au maximum
; celle-ci engendre en effet une certaine fragilisation de l'acier par abaissement
de la ductilité et une certaine détérioration de la résistance à la corrosion et à
l'oxydation.
[0026] On constate les mêmes effets pour les précipitations des phases intermétalliques
telles que la phase sigma. Cette phase est très riche en éléments alphagènes tels
que le chrome et le molybdène. Ces précipitations peuvent être à l'origine d'une détérioriation
très conséquente au niveau de la résistance aux agents corrosifs dans les zones contigües
aux précipités en appauvrissant ces zones en éléments d'alliages. Or, ces derniers
permettent d'assurer une bonne résistance mécanique.
[0027] En outre, la présence de phases intermétalliques dures détériorent ductilité et ténacité
du matériau ainsi que la résistance à l'oxydation et aux agents corrosifs.
[0028] Toutes ces contraintes liées aux conditions d'utilisation limitent considérablement
le nombre de compositions métallurgiques possibles et il n'était donc pas évident
de déterminer la nature et les proportions des constituants permettant de satisfaire
aux objectifs de l'invention et résoudre le problème de résistance à haute température.
[0029] L'acier conforme à l'invention répond aux exigences précitées.
[0030] L'acier austénitique selon l'invention contient du chrome en une quantité supérieure
à 22% en poids et comprise de préférence entre 24 et 26% en poids. Cette teneur en
chrome plus importante que celle des aciers austénitiques usuels, permet d'améliorer
la résistance à l'oxydation et aux agents corrosifs.
[0031] L'acier austénitique conforme à l'invention comprend également des éléments carburigènes
tels que le molybdène, le tungstène, le vanadium le niobium et le titane. Leur teneur
est de préférence inférieure à 2,5% en poids. Ces éléments conduisent à la formation
de carbures stables, tout au moins dans le domaine des températures considéré et évite
la formation de carbures de chrome. Les phases que forment ces éléments (carbures
"primaires") durcissent la matrice, ce qui permet d'assurer une bonne rigidité à chaud.
De plus, ces carbures "primaires" piègent une partie du carbone ce qui restreint avantageusement
la quantité de carbone disponible pour former des carbures "secondaires" au chrome,
de type M₂₃C₆. Leur teneur limitée est avantageuse car ces carbures "secondaires"
fragilisent la structure et diminue les résistances à l'oxydation et à la corrosion.
[0032] De surcroît, l'acier austénitique selon l'invention comprend une faible teneur en
carbone. Celle-ci est inférieure à 0,4% et comprise de préférence entre 0,2 et 0,4%.
Cette faible teneur est avantageuse en ce sens qu'elle permet de restreindre encore
la quantité de précipitations de carbures.
[0033] Il résulte du piégeage du carbone par les carbures "primaires" et de la faible teneur
en carbone de l'acier austénitique selon l'invention, une amélioration importante
des caractéristiques mécaniques et de résistances à l'oxydation et à la corrosion.
[0034] L'acier austénitique selon l'invention contient une teneur en azote élevée, comprise
de préférence entre 0,40 et 0,60 % en poids.
[0035] La teneur en nickel est, quant à elle, comprise entre 4 et 15% en poids, de préférence
entre 8,5 et 12%.
[0036] La composition de l'acier selon l'invention comprend également du manganèse, entre
2 et 10% en poids.
[0037] La teneur en azote élevée et l'ajustement des teneurs en nickel et en manganèse contribuent
à la stabilité de l'austénite.
[0038] Du silicium, du soufre et du phosphore sont également présents en quantités très
faibles, respectivement jusqu'à 0,25%, 0,025% et 0,030% en poids. Enfin, le fer et
les impuretés classiques complètent à 100% la composition.
[0039] Une composition typique d'un acier selon l'invention peut être la suivante (% en
poids) :
- 0,20 à 0,40 % de carbone
- 24 à 26 % de chrome
- 0,2 à 1,2 % de niobium
- 0,2 à 1,2 % de tungstène
- 0,2 à 1,2 % de molybdène
- 0,2 à 1,2 % de vanadium
- 0,40 à 0,60 % d'azote
- 4 à 8 % de manganèse
- 8,5 à 12 % de nickel
- jusqu'à 0,25 % de silicium
- jusqu'à 0,025 % de soufre
- jusqu'à 0,030 % de phosphore
[0040] le fer et les impuretés traditionnelles constituant le complément à 100 %.
[0041] Selon une variante préférentielle, un acier austénitique conforme à l'invention comprend
(% en poids) :
- 0,35 à 0,38 % de carbone
- 24 à 26 % de chrome
- 0,40 à 0,60 % de niobium
- 0,65 à 0,80 % de tungstène
- 0,65 à 0,80 % de molybdène
- 0,40 à 0,60 % de vanadium
- 0,45 à 0,55 % d'azote
- 4 à 6 % de manganèse
- 8,5 à 11 % de nickel
- jusqu'à 0,25 % de silicium
- jusqu'à 0,010 % de soufre
- jusqu'à 0,030 % de phosphore
le fer et les impuretés traditionnelles constituant le complément à 100 %.
[0042] Les caractéristiques mécaniques ainsi que la résistance à l'oxydation et aux agents
corrosifs sont également liées au traitement que subit l'acier. En effet, pour obtenir
les caractéristiques optimales de l'acier conforme à l'invention, il est nécessaire
de le soumettre à des traitements thermiques spécifiques.
[0043] Ainsi, le procédé conforme à l'invention consiste à réaliser deux ou trois opérations
subséquentes à la fabrication propre de l'acier de composition précitée.
[0044] Au cours de la première étape, on réalise sur l'acier obtenu selon une méthode classique,
la mise en solution des différents constituants.
[0045] Cette étape est suivie d'un refroidissement rapide consistant en un traitement d'hypertrempe
à l'air ou plus rapide selon la taille du produit.
[0046] Enfin, d'une manière optionnelle, on effectue un traitement de stabilisation.
[0047] Le tableau I indique des exemples (A à G) de compositions d'acier selon l'invention
analysés et testés, l'exemple T (acier réfractaire pour hautes températures connu),
étant pris comme référence.

[0048] Toutes ces compositions, après hypertrempe depuis 1000° ou température supérieure,
conduisent à des structures austénitiques totalement monophasée, sans trace de ferrite
delta, quelle que soit la température de traitement tout au moins jusqu'à 1200°C.
[0050] Par chauffage à 1070/1080°C, la totalité des carbures ou carbonitrures de chrome,
de type M₂₃(C,N)₆ est solubilisée. En outre, il subsiste au sein de la matrice hypertrempée
un squelette de carbures primaires insolubles à ces températures.
[0051] Lorsque la mise en solution des constituants est réalisée vers 1120°C on observe
que, pour l'acier de référence T, qui possède une teneur en carbone plus importante
que celle des aciers selon l'invention, la taille du grain commence à croître dans
les espaces les moins carburés. Au contraire, dans les exemples à faible teneur en
carbone, une microstructure relativement fine est conservée. Non seulement la taille
du grain est fine mais l'on note également un certain affinage du faciès cristallin
des carbures primaires.
[0052] A des températures plus élevées, supérieures à 1150°C par exemple, le grain grossit.
[0053] Enfin, au-delà de 1230°C, il apparaît un risque de brûlure.
[0054] En conséquence, la température de mise en solution des constituants est comprise
entre 1000 et 1230°C. Celle-ci se situe avantageusement dans l'intervalle 1080-1150°C.
Selon un mode de réalisation préférentiel, la mise en solution est effectuée à 1120°C
pendant une heure ou moins.
[0055] Le second traitement thermique du procédé selon l'invention consiste à effectuer
un traitement de "stabilisation", appelé encore traitement de "vieillissement" à une
température comprise entre 720 et 860°C et dont la durée varie de 1 à 50 heures. Il
est de préférence réalisé à une température comprise entre 750 et 860°C pendant 5
à 20 heures.
[0056] Ce traitement contribue à l'affinage de la structure micrographique, en apportant
une homogénéité certaine dans la répartition et la taille des précipités. Il permet
également de parachever l'évolution de la structure obtenue par le traitement thermique
précédent.
[0057] L'effet de ce traitement est d'autant plus favorable que le traitement de mise en
solution précédent est réalisé à des températures situées dans le domaine inférieur
de l'intervalle précité, à savoir à des températures inférieures à 1150°C. Ainsi,
selon un mode de réalisation préférentiel, le traitement de mise en solution est réalisé
à une température de 1120°C pendant une heure et le traitement de stabilisation est
réalisé à une température comprise entre 750 et 860°C pendant 5 à 20 heures. Ces conditions
permettent de ne pas affecter la ductilité du métal par une chute brutale de l'allongement
et de la striction. En tout état de cause, cet effet est nettement moins marqué pour
les aciers selon l'invention que pour les aciers classiques plus carburés.
[0058] Selon le mode de réalisation préférentiel précité, dans lequel la mise en solution
des constituants est réalisée à environ 1120°C, on obtient la solubilisation quasi
complète des carbures ou carbonitrures secondaires de chrome de type M₂₃(C,N)₆ conjointement
à une stabilisation des carbures primaires formés à partir des éléments carburigènes.
[0059] Ces effets combinés de solubilisation complète des carbures secondaires et de stabilisation
des carbures primaires sont particulièrement avantageux car la structure à grains
fins engendrée permet de retarder la précipitation des carbures ou carbonitrures secondaires
lorsque l'acier est soumis à des températures élevées en cours d'utilisation. Or,
cette précipitation intergranulaire est fragilisante. De surcroît, le choix délibéré
d'une basse teneur en carbone contribue à diminuer la densité des précipitations,
qui se trouvent ainsi réparties sur une surface de joints très importante.
[0060] Pour obtenir des pièces mécaniques à base de l'acier selon l'invention, les opérations
thermiques décrites précédemment sont de préférence effectuées après la mise en forme
de la pièce à fabriquer afin que cette dernière ne vienne affecter l'efficacité desdites
opérations thermiques auxquelles sont étroitement liées les caractéristiques finales
de la pièce. Néanmoins, l'homme de métier pourra choisir de réaliser la mise en forme
de la pièce postérieurement à l'une ou à l'ensemble de ces opérations selon les conditions
d'élaboration de ladite pièce. Cette mise en forme est effectuée à l'aide de toute
méthode métallurgique telle que par exemple formage, laminage, matriçage, extrusion,
etc...
[0061] Selon ce procédé, on peut par exemple obtenir des soupapes présentant des caractéristiques
mécaniques ainsi qu'une résistance aux agents corrosifs améliorée et plus économiques
que les solutions actuellement employées.
[0062] Afin de mettre en évidence les avantages des aciers austénitiques conformes à l'invention
et de leur procédé de fabrication, des tests mécaniques et de résistance à l'oxydation
et à la corrosion ont été effectués.
ESSAIS DE FLUAGE
[0063] Les essais de fluages sont réalisés à 815°C température qui correspond sensiblement
à la température de fonctionnement d'un moteur à hautes performances et donc à laquelle
sont soumises par exemple des soupapes d'échappement.
[0064] Les courbes de fluage enregistrées présentent une allure logarithmique et l'on choisit
de tracer les droites dans le diagramme Log σ /Log t suivant la formule :

dans laquelle a, et b sont des constantes.

[0065] Ce tableau montre qu'en fonction de la température de mise en solution, 1080 ou 1120°C,
les valeurs σ donnant 1% de déformation en 100 heures augmentent. Cette augmentation
est d'autant plus nette que la teneur en chrome dans la composition de l'acier selon
l'invention augmente, les teneurs en éléments carburigènes étant fixes.
[0066] Par ailleurs, on remarque que la teneur en carbone n'a pas d'effet important sur
la limite de fluage. En outre, la teneur en azote élevée et l'ajustement des teneur
en nickel (ex : E, F, G) garantissent la stabilité de l'austénite.
ESSAIS D'OXYDATION ET DE CORROSION
1) Oxydation sèche
[0067] Le test a été réalisé sur des aciers selon l'invention après mise en solution à 1080
ou 1120°C.
[0068] La méthode expérimentale utilisée est celle des normes ASTM G1 et ASTM G54,
[0069] A 872°C, l'essai ASTM impose une durée d'exposition de 100 heures.
[0070] La perte de poids est déterminée en dissolvant la calamine formée jusqu'au métal
sain dans la solution décapante à base d'acide nitrique et d'acide fluorhydrique dans
les proportions suivantes :
HN0₃ 25% + HF 7% + H₂O 68% (% en poids)
[0071] La perte de poids mesurée est celle qui correspond au point de rencontre des deux
courbes relatives l'une à l'enlèvement de la couche de calamine, la seconde à la dissolution
de la couche métallique sous-jacente, riche en éléments réducteurs tels que le chrome,
le silicium, le molybdène, ...
[0072] Les résultats sont rassemblés dans le tableau V.

[0073] Ces résultats montrent que le comportement des aciers austénitiques selon l'invention
est très différent de celui de l'acier de référence (T). En effet, la couche de calamine
adhère fortement à l'acier pour les compositions selon l'invention alors qu'au contraire,
pour l'acier de référence, elle est très friable.
[0074] De plus, l'acier de référence est violemment attaqué par la solution nitro-fluorhydrique.
Dans ce cas témoin, la solution décapante employée est donc une solution au sulfate
ferrique.
2) Attaque par des agents corrosifs
[0075] Les conditions choisies sont les suivantes :
a) oxyde de plomb PbO à 917°C pendant 1 heure
b) mélange sulfate de sodium Na₂SO₄ 90% et chlorure de sodium NaCl 10% pendant 1 heure.
[0076] Ces conditions correspondent à des environnements caractéristiques de moteur ; essence
contenant des additifs plombifères dans le premier cas, et moteur diesel en milieu
marin dans le deuxième cas.
[0077] Les résultats sont rassemblés dans les tableaux VI et VII.

[0078] Ces tableaux montrent le très bon comportement de tous les aciers testés.
[0079] L'acier austénitique selon l'invention présente des caractéristiques mécaniques à
haute température fortement améliorées, en particulier de résistance au fluage en
comparaison de l'acier de référence (T) du type W.1.4882. Cet acier présente également
une très bonne résistance à l'oxydation et aux agents corrosifs dans des conditions
d'utilisation très sévères.
[0080] En outre, ces caractéristiques sont obtenues parallèlement à une faible augmentation
du coût.
[0081] Le procédé selon l'invention permet quant à lui d'atteindre les valeurs optimales
des caractéristiques précitées.
[0082] Enfin, l'invention permet la fabrication de pièces pouvant être utilisées dans des
conditions très sévères de température et de milieu corrosif.
[0083] Bien entendu, l'invention n'est pas limitée au mode de réalisation ci-dessus décrit
pour lequel on pourra prévoir des variantes sans pour cela sortir du cadre de l'invention.
1 - Acier austénitique ayant une résistance mécanique améliorée à hautes températures
et une résistance aux agents corrosifs accrues, caractérisé en ce qu'il comprend notamment
(% en poids) :
- une teneur en carbone inférieure à 0,4%,
- une teneur en chrome supérieure à 22%,
- un ou plusieurs éléments carburigènes choisis parmi le groupe constitué du niobium,
du titane, du tungstène, du molybdène et du vanadium, dont la teneur est inférieure
à 2,5%,
- 0,40 à 0,60% d'azote,
- 4 à 15% de nickel,
- 2 à 10% de manganèse,
l'équilibre de l'ensemble des constituants étant tel que la structure austénitique
obtenue soit totalement monophasée.
2 - Acier austénitique selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comprend (%
en poids) :
- 0,20 à 0,40 % de carbone
- 24 à 26 % de chrome
- 0,2 à 1,2 % de niobium
- 0,2 à 1,2 % de tungstène
- 0,2 à 1,2 % de molybdène
- 0,2 à 1,2 % de vanadium
- 0,40 à 0,60 % d'azote
- 4 à 8 % de manganèse
- 8,5 à 12 % de nickel
- jusqu'à 0,25 % de silicium
- jusqu'à 0,025 % de soufre
- jusqu'à 0,030 % de phosphore
le fer et les impuretés traditionnelles constituant le complément à 100 %.
3 - Acier austénitique selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comprend (%
en poids) :
- 0,35 à 0,38 % de carbone
- 24 à 26 % de chrome
- 0,40 à 0,60 % de niobium
- 0,65 à 0,80 % de tungstène
- 0,65 à 0,80 % de molybdène
- 0,40 à 0,60 % de vanadium
- 0,45 à 0,55 % d'azote
- 4 à 6 % de manganèse
- 8,5 à 11 % de nickel
- jusqu'à 0,25 % de silicium
- jusqu'à 0,010 % de soufre
- jusqu'à 0,030 % phosphore
le fer et les impuretés traditionnelles constituant le complément à 100 %.
4 - Procédé pour l'obtention d'un acier austénitique ayant des caractéristiques mécaniques
améliorées à hautes températures et une résistance aux agents corrosifs accrue, caractérisé
en ce qu'il consiste à réaliser sur un acier austénitique selon l'une quelconque des
revendications précédentes, une mise en solution des constituants à une température
comprise entre 1000°C et 1230°C suivie d'un refroidissement rapide.
5 - Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce qu'il consiste de plus à réaliser
un traitement de stabilisation de la structure à une température comprise entre 720
et 860°C pendant 1 à 50 heures.
6 - Procédé selon l'une quelconque des revendications 4 ou 5, caractérisé en ce que le
traitement de mise en solution est réalisé à une température comprise entre 1080 et
1150°C.
7 - Procédé selon l'une quelconque des revendications 4 ou 5, caractérisé en ce que le
traitement de mise en solution est réalisé à 1120°C.
8 - Procédé selon l'une quelconque des revendications 4 ou 5, caractérisé en ce que la
durée du traitement de mise en solution est inférieure à 1 heure.
9 - Procédé selon l'une quelconque des revendications 4 ou 5, caractérisé en ce que le
refroidissement rapide consiste en un traitement d'hypertrempe à l'air ou plus rapide
selon la taille du produit.
10 - Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que le traitement de stabilisation
est réalisé à une température comprise entre 750 et 820°C pendant 5 à 20 heures.
11 - Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce
que le traitement de mise en solution est réalisé à une température d'environ 1120°C
pendant une heure et en ce que le traitement de stabilisation suivant est réalisé
à une température comprise entre 750 et 860°C pendant 5 à 20 heures.
12 - Procédé selon l'une quelconque des revendications 4 à 11, caractérisé en ce qu'il
consiste au préalable à mettre en forme la pièce à fabriquer.