[0001] La présente invention concerne un convertisseur de modes pouvant être incorporé dans
la construction d'un tube hyperfréquence du type gyrotron. En conséquence de la structure
de sa réalisation, la puissance hyperfréquence émise par le tube sera divisée en plusieurs
parties et donc cette structure convient particulièrement pour des applications où
la puissance doit être répartie avant l'utilisation.
[0002] Deux exemples de telles applications sont les accélérateurs de particules et la fusion
thermonucléaire. Dans les deux cas, on utilise de préférence des sources d'énergie
hyperfréquence de très haute puissance, de l'ordre d'un à plusieurs megawatts par
exemple, mais appliquée pour l'utilisation sur un espace étendu, au moyen d'un applicateur/répartiteur
appelé "grill", qui divise la puissance sur plusieurs lignes de transmission après
des bifurcations successives.
[0003] L'invention aura une utilisation particulièrement avantageuse dans une plage de fréquences
allant de un à quelques dizaines de GHz. En effet, le chauffage du plasma thermonucléaire
par la résonance cyclotronique électronique requiert des fréquences bien plus élevées
avec des longueurs d'ondes millimétriques, voir infra-millimétriques. A de telles
fréquences, des pertes ohmiques sur les parois des guides et des cavités résonantes,
et les problèmes de transmission d'énergie hyperfréquence à travers des fenêtres hyperfréquence,
sont déterminant des choix technologiques.
[0004] Par contre, le chauffage de plasma par résonance ionique ou par la résonance hybrique
inférieure demande l'utilisation de fréquences moins élevées de un à quelques dizaines
de GHz. La puissance maximale obtenue par des klystrons à de telles fréquences est
limitée à 1 MW environ à des fréquences basses, et peut descendre jusqu'à 100 kW à
des fréquences au-delà de quelques GHz. Aussi, pour fournir plusieurs MW, des dizaines
de klystrons seraient nécessaires, ce qui entraîne des coûts élevés. C'est pourquoi
il a été envisagé d'utiliser des gyrotrons comme générateur hyperfréquence, car le
maximum puissance obtenue par un gyrotron à une fréquence élevée est typiquement de
un à deux ordres de grandeur plus élevée que pour des klystrons à l'état de l'art.
[0005] Seulement les gyrotrons n'avaient pas été congrus, à l'origine, pour fonctionner
à des fréquences aussi peu élevées, de un à quelques dizaines de GHz. Les problèmes
techniques à résoudre dans la conception d'un tel gyrotron basse fréquence sont assez
différents de ceux rencontrés dans des gyrotrons fonctionnant à des fréquences dans
la gamme de plusieurs dizaines à quelques centaines de GHz.
[0006] En particulier, le collecteur l'électrons reste difficile à réaliser et volumineux
à cause de la grande puissance à dissiper. A titre d'exemple, un gyrotron de 3 MW
avec un rendement de 50 % aura 3 MW à dissiper sur les parois du collecteur. Ceci
implique un refroidissement de grande taille, généralement réalisé avec de grandes
quantités d'eau en circulation rapide, donc à haut débit et à haute pression. Ceci
implique une plomberie conséquente, volumineuse et encombrante.
[0007] Dans la même région, (près du collecteur) la puissance hyperfréquence sera extraite
à travers une fenêtre hyperfréquence, étanche au vide mais transparente à la radiation
électromagnétique à la fréquence de fonctionnement. A de telles puissances, la fenêtre
aura besoin de refroidissement également. Dans l'art antérieur, la puissance de sortie
du gyrotron, une fois passé la fenêtre, est divisée plusieurs fois et distribuée en
autant de guides d'onde arrangés en arborescence à partir de la fenêtre (voir fig.
6).
[0008] Nous avons la situation donc, dans le cas de l'utilisation d'un gyrotron de l'art
antérieur pour fournir plusieurs MW à une fréquence de quelques GHz, par exemple,
qu'il faut beaucoup de plomberie pour la circulation de l'eau de refroidissement,
et beaucoup de guides d'onde pour la circulation de puissance hyperfréquence, et tout
ceci dans la même région, au voisinage du collecteur d'électrons du gyrotron. La disposition
du (des) guide(s) de sortie et du collecteur reste un problème dans tous les gyrotrons
de grande puissance.
[0009] De la même manière, la fenêtre hyperfréquence présente des problèmes dont l'importance
croit avec la puissance à véhiculer, dus à l'échauffement de la fenêtre provoqué par
les pertes diélectriques dans la matière de la fenêtre, et les contraintes mécaniques
résultant de la dilatation thermique de la fenêtre. Ces effets peuvent entraîner la
destruction de la fenêtre, rendant le gyrotron inutilisable.
[0010] Une solution connue de l'art antérieur par la demande de brevet français au nom de
la demanderesse portant le numéro national 90 05402 du 27 avril 1990, consiste à coupler
plusieurs guides sur l'extérieur des parois latérales d'un guide d'ondes relié à la
cavité d'un gyrotron. Dans cette construction, des guides secondaires sont accolés
sur l'extérieur des parois du guide principal et sont couplés à ce dernier par des
trous de couplage. Les dimensions et l'espacement des trous, les dimensions des guides
et de la région de couplage, sont calculées pour effectuer une conversion de mode
entre le mode de la source (typiquement de nombre propre élevé dans le cas d'un gyrotron)
et un mode désiré, généralement de nombre propre peu élevé (voire fondamental) pour
faciliter la propagation et l'utilisation finale de l'énergie. L'un des avantages
de cette construction est la répartition de la puissance de la source parmi plusieurs
guides secondaires qui peuvent être munis de fenêtres hyperfréquence individuelles.
La puissance à véhiculer à travers chaque fenêtre est ainsi réduite par un rapport
égal au nombre de fenêtres. Ensuite, ces guides secondaires peuvent être couplés à
un autre guide apte à propager l'énergie hyperfréquence dans le mode désiré jusqu'à
la charge hyperfréquence ( accélérateur de particules, par exemple ).
[0011] L'étude de l'interaction entre le champ électromagnétique et le faisceau électronique
dans la cavité de sortie d'un tube électronique (la cavité unique d'un gyrotron, ou
la dernière cavité d'un gyroklystron ou de tout autre dispositif à plusieurs cavités)
montre les avantages de l'utilisation d'un faisceau électronique (1) creux, tubulaire,
dont le diamètre est légèrement inférieur au diamètre de la cavité (fig. 1), et un
champ électrique élevé dans la région du faisceau, près de la paroi (2) de la cavité.
Ainsi, le rendement d'interaction entre le faisceau et le champ est optimal, tout
en évitant une énergie électromagnétique trop importante dans la cavité.
[0012] A ces fins, on cherche à exciter l'oscillation du générateur hyperfréquence dans
des modes dont l'énergie emmagasinée dans les champs est localisée près de la paroi.
De tels modes sont connus de l'homme de l'art sous le nom en anglais "Whispering Gallery
Modes" ).
[0013] Un exemple de mode TE
9,1 dont l'énergie est concentrée près de la paroi est montré sur la figure 2, où les
lignes de champ électrique instantané sont montrées. Le mode montré correspond à un
mode effectivement utilisé dans des gyrotrons de puissance. On constate que les champs
électriques sont faibles, voir nuls, au centre de la cavité et à l'intérieur d'un
cylindre (4) indiqué en pointillé sur la figure 2. On peut donc imaginer d'insérer
un guide central unique, d'une disposition coaxiale dans cet espace, sans perturber
par trop les champs électromagnétiques autour.
[0014] Cette disposition est décrite dans le brevet US 4 523 127 de C. MOELLER, pour permettre
le couplage de l'énergie hyperfréquence du tube (un maser à résonance cyclotronique)
avec un guide unique de sortie à travers de nombreuses petites fenêtres diélectriques
pratiquées dans la paroi du guide coaxial. Cette solution, congrue et efficace pour
des tubes fonctionnant à des fréquences allant de plusieurs dizaines à une ou quelques
centaines de GHz, n'est pas optimale dans tous les cas, et notamment dans le cas visé
par la présente invention.
[0015] En effet, à des fréquences inférieures à quelques dizaines de GHz environ, les champs
électromagnétiques sont plus faibles et leurs régions quasi homogènes sont plus grandes,
donc les pertes dues aux courants électriques haute fréquence induits dans les parois
sont plus faibles. Dans ces conditions, il devient possible et avantageux de disposer
un ensemble de plusieurs guides au centre de la cavité de sortie dans un exemple d'une
réalisation selon l'invention tel que montré sur la figure 4.
[0016] L'utilisation de l'invention procure plusieurs avantages par rapport à l'art antérieur
tel que décrit par le document US 4 523 127. Ce dispositif de l'art antérieur comprend
un grand nombre de petites fenêtres diélectriques refroidies par la circulation d'un
liquide ou d'un gaz à l'intérieur de canalisations pratiquées dans la paroi du guide
coaxial. La réalisation de ce dispositif, on s'en doute, sera relativement fastidieuse.
[0017] Le nombre, la disposition et les dimensions des trous de couplage (comblés par les
fenêtres diélectriques) sont congrues de façon à éviter des conversions de mode ;
et la puissance hyperfréquence restituée dans le guide de sortie est sensiblement
égale à la puissance de la source moins les pertes éventuelles (courants électriques
dans les parois métalliques, pertes diélectriques) qui seront dissipées dans le circuit
de refroidissement.
[0018] Dans le cas de la présente invention dont un exemple de réalisation est montré sur
la figure 4, les pertes haute fréquence sont moindres pour les raisons exposées ci-dessus
(et on voit sur la figure 4 que les guides secondaires 6 sont dans une région de faible
champ). La réalisation en est plus aisée.
[0019] Il n'y a pas de fenêtres sur les trous de couplage aux guides secondaires 6 donc
pas de refroidissement à l'intérieur du tube électronique. Le nombre, la disposition
et les dimensions detrous de couplage 7 peuvent être choisis de façon à exciter le
mode fondamental dans les guides secondaires 6, ce qui nous procure de nombreux avantages.
Les guides secondaires, excités en mode fondamentale, peuvent changer de section et/ou
être incurvés sans engendrer des modes indésirés. Ces guides secondaires peuvent aussi
être munis de fenêtres hyperfréquence utilisant des techniques classiques d'adaptation,
et leur refroidissement éventuel sera plus aisé grâce à leur meilleure accessibilité
à l'extérieur du tube électronique.
[0020] De cette manière, du fait que la puissance hyperfréquence P produit par le tube est
véhiculée par les guides secondaires (au nombre de
1, par exemple) à travers
1 fenêtres, la puissance qui traverse chaque fenêtre est de P/1 en moyenne.
[0021] Il en résulte que le chauffage de chaque fenêtre par des pertes diélectriques de
transmission de l'énergie électromagnétique peut être réduit vis-à-vis d'une construction
à fenêtre unique, et le refroidissement de ces fenêtres sera plus facile à réaliser
en raison de leurs dimensions réduites et d'une facilité accrue d'accès périphérique
à une certaine distance du tube.
[0022] De plus, pour application dans des systèmes de chauffage de plasma pour réacteur
thermonucléaire du type Tokamak, l'énergie hyperfréquence doit être livrée au plasma
dans le mode fondamental. L'invention permet d'obtenir la conversion de mode à la
source évitant ainsi la nécessité d'un convertisseur de mode sur guide dans les réalisations
connues de l'art antérieur.
[0023] Finalement, pour les mêmes applications de chauffage de plasma, la puissance doit
être répartie pour application au plasma par un "grill" plus ou moins compliqué (voir
fig. 6), après des bifurcations successives. La présente invention, de par sa structure,
présente la puissance hyperfréquence de la source déjà répartie dans plusieurs guides
secondaires. On doit, de toute façon, diviser encore chaque guide secondaire pour
exciter le circuit de Tokomak, mais on y arrive avec un nombre de divisions successives
moindre dans le cas de l'invention que dans l'art antérieur.
[0024] De plus, la répartition de puissance avec le dispositif selon l'invention est obtenue
dans des conditions particulièrement favorables, car les guides secondaires peuvent
être facilement excités en phase cohérente si on choisit une géométrie de disposition
parfaitement symétrique (voir fig. 4). L'adaptation entre la source et les guides
secondaires ne pose pas de problème au niveau de cette première répartition, alors
que dans l'art antérieur l'adaptation des guides secondaires ainsi que leur excitation
en phase cohérente posaient des problèmes technologiques significatifs.
[0025] A ces fins, la présente invention a pour objet un dispositif convertisseur de modes
et diviseur de puissance pour tube hyperfréquence, ledit tube hyperfréquence ayant
au moins une cavité appelée la cavité de sortie pour l'extraction de l'énergie hyperfréquence
générée par un faisceau électronique, ladite cavité ayant une forme de révolution
autour d'un axe longitudinal
z et ledit faisceau électronique ayant une direction de propagation au moins approximativement
parallèle à l'axe
z , caractérisé en ce que :
- ledit dispositif est une structure comprenant plusieurs guides d'onde secondaires,
ces guides disposés symétriquement autour d'un axe z′, cette structure disposée dans ladite cavité de sortie de telle façon à ce que ledit
axe z′ coïncide avec ledit axe z′ ;
- lesdits guides secondaires étant munis de trous de couplage sur une partie de leur
longueur selon l'axe z′ ; cette longueur ainsi que le nombre, l'espacement, et les dimensions de trous étant
choisis pour exciter un mode de propagation désiré dans ledit guide secondaire.
[0026] Les dimensions et la disposition des guides secondaires seront choisies par rapport
aux dimensions et à la disposition du faisceau électronique, de façon à ne pas présenter
obstacle à la propagation dudit faisceau.
[0027] La présente invention a aussi pour objet un tube électronique comprenant le dispositif
convertisseur de modes et diviseur de puissance décrit ci-dessus.
[0028] Selon une caractéristique importante de l'invention, ledit tube électronique est
du type gyrotron. Selon une autre caractéristique, ledit tube est une variante du
type gyrotron (gyroklystron, gyro-TWT, gyro- BWO maser à résonance cyclotronique,...
).
[0029] Selon une autre caractéristique importante de l'invention, ledit faisceau électronique
est creux, ayant une forme de révolution autour dudit axe
z. Selon une autre caractéristique, ladite structure de plusieurs guides d'ondes secondaires
est disposée à l'intérieur dudit faisceau creux, de façon coaxiale avec celui-ci.
[0030] Selon une autre caractéristique importante de l'invention ledit tube électronique
fonctionne dans un mode TE
mn d'indice azimutal m sensiblement plus grande que l'unité, et lesdits guides secondaires
sont au nombre de m ; selon une autre caractéristique, lesdits guides secondaires
sont au nombre de 2m. Selon une caractéristique générale, le nombre
1 de guides secondaires
1 = 2m/
i , où i est un nombre entier non nul.
[0031] Selon une autre caractéristique important de l'invention, les trous de couplage sont
configurés de façon à permettre seule l'excitation du mode fondamental dans les guides
secondaires.
[0032] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront à la
lecture de la description faite ci-après de quelques réalisations données à titre
d'exemples non limitatifs, avec référence aux dessins ci-annexés dans lesquels :
- la figure 1 représente en coupe perpendiculaire à l'axe longitudinal, le faisceau
électronique creux à l'intérieur de la cavité d'un gyrotron ;
- la figure 2 représente les lignes de champ électrique du mode de propagation TE9,1 ;
- la figure 3 représente en coupe perpendiculaire à l'axe longitudinal, une fenêtre
hyperfréquence connue de l'art antérieur ;
- la figure 4 représente schématiquement et en coupe perpendiculaire à l'axe longitudinal,
un exemple d'un dispositif de convertisseur de modes et répartiteur de puissance selon
l'invention ;
- la figure 5 représente schématiquement et en coupe longitudinale un gyrotron comprenant
un dispositif de convertisseur de modes et répartiteur de puissance selon l'invention
;
- la figure 6 représente schématiquement et en perspective un "grill" de répartition
de puissance connu de l'homme de l'art pour application de la puissance hyperfréquence
au chauffage de plasma pour la fusion thermonucléaire ;
- la figure 6A représente un détail de la figure 6.
[0033] Les figures représentent des exemples non limitatifs de réalisations, sur lesquelles
les mêmes repères désignent les mêmes éléments sur les différentes figures. D'autres
réalisations selon l'invention ou ses principales caractéristiques seront facilement
imaginées par l'homme de l'art, à partir des exemples donnés.
[0034] Sur la figure 1, on voit en coupe perpendiculaire à l'axe d'un tube électronique,
la paroi 2 de la cavité de sortie dans laquelle se propage un faisceau électronique
1. La paroi est de section circulaire avec rayon
a, et le faisceau est de section circulaire avec rayon
b , inférieur à
a. Le tube est, par exemple, un gyrotron ; dans ce cas, la cavité est unique. Mais
la cavité pourrait aussi être la dernière cavité d'un tube à plusieurs cavités, tel
un gyroklystron, par exemple. Dans l'exemple d'un gyrotron, le faisceau électronique
1 est creux et se propage parallèle à l'axe longitudinal du tube, près de la paroi
2. Le faisceau vu en coupe sera composé d'innombrables petits cercles qui représentent
les orbites cyclotroniques de chaque électron autour des lignes de champ magnétique
de confinement, ces lignes de champ étant parallèles, elles aussi, à l'axe longitudinal
du tube.
[0035] Sur la figure 2, on voit les lignes de champ électrique du mode TE
9,1 telles qu'elles existent à l'intérieur de la cavité de la figure 1. Un gyrotron produit
de l'énergie électromagnétique hyperfréquence typiquement dans un mode d'oscillation
de nombre propre élevé. Des calculs d'ordinateur, confirmés par l'expérimentation,
démontrent qu'une interaction optimale entre le faisceau électronique 1 et les champs
électromagnétiques est obtenue dans une géométrie ou l'amplitude des champs et la
densité du faisceau sont concentrés dans la même région, près de la paroi de la cavité.
Pour cette raison, on cherche à exciter un mode d'indice radial unité, tel que montre
sur cette figure 2.
[0036] On voit sur cette figure 2 que les lignes de champ en mode TE
9,1 ne pénètrent pas bien loin vers l'intérieur de la cavité. Il en résulte qu'il est
possible, pour une telle configuration des champs et du faisceau, d'ajouter une pièce
métallique à l'intérieur du tube, dans la région indiquée par le cercle 4 de rayon
c, sans trop perturber les champs. Cette observation est fondamentale pour la réalisation
de l'invention. La pièce sera d'une symétrie azimutale compatible avec celle des champs
(indice azimutal identique ou à un facteur multiplicateur près), et positionnée avec
soin suivant le même axe longitudinal du tube, dans une disposition coaxiale.
[0037] Sur la figure 3 et son détail 3A, on voit dans une construction connue de l'art antérieur
(par le document US 4 532 127), une fenêtre hyperfréquence de géométrie coaxiale,
destinée à l'extraction de puissance hyperfréquence d'un tube électronique du type
gyrotron. A l'intérieur de la paroi 2 de section circulaire et de rayon
a, qui pourrait être par exemple la cavité d'un gyrotron, on voit une pièce métallique
13 de section circulaire et de rayon interne
r et rayon externe
d, donc d'épaisseur
d -
r . La pièce 13 est disposée coaxialement avec la paroi 2. La pièce 13 comporte de
nombreuses rainures 34 dans lesquelles sont pratiquées des trous de couplage 24 fermés
hermétiquement par de petites fenêtres diélectriques 30. Le refroidissement de ces
fenêtres 30 est assuré par des canalisations 26 prévues pour la circulation d'un liquide
ou d'un gaz de refroidissement. Cette construction permet, selon l'inventeur, le couplage
de l'énergie électromagnétique dans l'espace annulaire 17 entre l'intérieur de la
paroi 2 et l'extérieur de la pièce 13, avec l'espace 15 interne à la pièce 13, sans
conversion de mode. Cette construction permet l'extraction de l'énergie produite par
le gyrotron à travers les fenêtres diélectriques 30, qui assurent également l'étanchéité
entre l'espace 15 interne au guide de sortie, et l'espace 17 externe au tube. De cette
manière, l'espace 17 peut être maintenu à un niveau de vide poussée nécessaire au
bon fonctionnement du tube, tandis que l'espace 15 interne au guide de sortie peut
être indifféremment rempli d'un gaz inerte sous pression, de l'air, ...
[0038] Sur la figure 4, on voit en coupe perpendiculaire à l'axe longitudinal un exemple
d'un dispositif selon l'invention de convertisseur de mode et diviseur de puissance.
Il s'agit d'une structure 5 de section circulaire de rayon
e, disposée de façon coaxiale avec le faisceau électronique 1 et la paroi 2 de la cavité.
La comparaison de la forme des lignes de champs électriques de cette figure 4 avec
celles non perturbées de la figure 2 montrent que les perturbations occasionnées par
l'introduction de la structure 5 dans la cavité sont minimes, et quasi inexistantes
dans la région traversée par le faisceau électronique.
[0039] La structure 5 comporte des guides d'ondes secondaires 6 de section trapézoïdale
qui sont au nombre de
l ; ces guides secondaires 6 sont séparés par des parois métalliques 8, qui sont également
de section trapézoïdale et au nombre de
l . D'autres formes particulières des guides secondaires, des parois et la structure
les comprenant seront facilement imaginables par l'homme de l'art, d'après cet exemple
représentatif.
[0040] Les
l guides secondaires 6 sont couplés à l'énergie électromagnétique dans la cavité de
sortie par des trous de couplage 7 pratiqués dans la paroi externe de la structure
5, faisant face à la paroi interne 2 de la cavité de sortie. Le couplage électromagnétique
à travers ces trous de couplage permet le transfert de la puissance hyperfréquence
P de la cavité vers les guides secondaires 6 qui sont au nombre de
l, donc la puissance à véhiculer dans chaque guide sera de P /
l. Dans l'exemple de la figure 4, le mode d'oscillation du gyrotron et le TE
9,1, et le nombre de guides secondaires
l = 9. De ce fait, les guides secondaires sont excités avec la même phase, de façon
cohérente. La forme, le nombre, et les positions des trous de couplage seront choisis
de façon à exciter le mode fondamental TE
0,1 dans les guides secondaires 6 selon les méthodes connues de l'homme de l'art pour
des coupleurs hyperfréquence classiques à trous. Puisque les guides secondaires sont
excités en mode fondamental, on pourra facilement changer leur section sans risque
de conversion vers des modes indésirés, et l'homme de l'art saura raccorder des guides
à section rectangulaire à ces guides secondaires par des moyens classiques.
[0041] De façon générale, on pourrait obtenir de bons résultats pour la conversion d'un
mode TE
m,n en utilisant
l guides secondaires à condition que deux fois l'indice azimutal
m soit un multiple du nombre de guides 1 : 2
m = i
l, pour i un nombre entier non nul. Nous avons choisi, pour illustration, l'exemple
le plus simple, m =
l.
[0042] La symétrie azimutale d'ordre
m =
l du mode de l'oscillation à convertir dicte une répartition de puissance identique
dans les
l guides secondaires. La puissance hyperfréquence P dans la cavité de sortie peut se
retrouver intégralement dans les
l guides secondaires si plusieurs conditions sont remplies :
- les pertes ohmiques ou autres doivent être négligeables.
- les vitesses de phase des deux modes propagés dans la cavité circulaire et dans les
l guides secondaires doivent être égales, compte tenu de leur modification par la présence
des trous.
- la longueur L sur laquelle les trous s'étendent aura une valeur qui dépend de l'intensité
du couplage produit par les trous et de leur nombre par unité de longueur.
[0043] Les dimensions des trous et la longueur L du couplage sont choisies en fonction de
plusieurs critères. Dans des réalisations pratiques, on veillera particulièrement
sur l'intensité des champs électriques dans les trous, qui peut conduire à des arcs,
ce que l'on évite en utilisant un nombre de petits trous sur une grande longueur.
[0044] Sur la figure 5, on voit en coupe longitudinale un gyrotron comprenant un dispositif
de convertisseur de modes et diviseur de fréquence selon l'invention. Une coupe perpendiculaire
à l'axe longitudinal du gyrotron, au niveau des repères A, B donne la figure 4, par
exemple. Ce gyrotron est d'une géométrie symétrique autour d'un axe de révolution
indiqué en pointillé sur la figure. Un fort courant électronique est généré à la surface
émissive 52 de la cathode 51 et accéléré par des forces électrostatiques.
[0045] La divergence du faisceau électronique dans la cavité due à la charge d'espace est
évitée par l'application d'un champ magnétique axial (non montré) produit par un courant
électrique circulant dans des bobines d'électroaimants (non montrées) superconductrices
ou non. Les hautes tensions d'accélération sont appliquées aux électrodes (cathode
51 et support, anode 50) du canon à électrons qui sont isolés électriquement les unes
des autres, par les isolants 59. Les électrons décrivent une motion cyclotronique
relativiste autour des lignes de champ magnétique généré par les bobines d'électroaimants.
[0046] Le couplage entre l'énergie cinétique azimutale des électrons et l'énergie hyperfréquence
se produit dans la cavité 55. Après cette interaction les électrons sont récoltés
sur les parois du collecteur 57 ou leur énergie résiduelle est convertie en chaleur
à l'impact avec les parois, et évacuée par un circuit de refroidissement (non montré).
L'énergie hyperfréquence produite dans la cavité 55 est couplée aux guides secondaires
6 par des trous de couplage 7 qui s'étendent sur une longueur L suivant les critères
énumérés ci-dessus.
[0047] Dans cet exemple de réalisation selon l'invention, chaque guide secondaire est muni
d'une fenêtre hyperfréquence 58 en dehors de l'enceinte à vide du gyrotron. Cette
solution permet de refroidir les fenêtres plus aisément que la solution classique
d'une seule fenêtre de sortie de puissance hyperfréquence, en raison de dimensions
réduites de ces multiples fenêtres et de la moindre puissance (P/
l) à véhiculer par chaque fenêtre, d'une part, et d'autre part l'accès périphérique
à ces fenêtres éloignées du gyrotron lui-même est bien plus facile pour installer
l'équipement de refroidissement.
[0048] Cette fenêtre 58 est généralement réalisée en céramique, et doit être étanche au
vide interne du tube mais transparente à l'énergie hyperfréquence. L'énergie hyperfréquence
(HF) est ensuite livrée à la charge hyperfréquence (non montrée), qui pourrait être
un Tokomak, par exemple.
[0049] Comme on le voit sur la figure et de l'explication schématique que l'on vient de
donner, la propagation des électrons du canon au collecteur est selon l'axe du gyrotron,
et sensiblement parallèle à cet axe dans la région d'interaction du faisceau avec
les champs électromagnétiques HF. Cependant, les trajectoires des électrons sont généralement
divergentes dans le collecteur 57 pour étaler au maximum la dissipation thermique
(due à l'impact des électrons avec une énergie cinétique non nulle) sur les parois
du collecteur.
[0050] Un autre avantage de cette configuration selon l'invention provient de l'action filtre
de mode du convertisseur : les ondes éventuellement réfléchies par la charge ne pourront
en général pas atteindre les fenêtres ni la cavité de sortie du gyrotron, car seul
le mode fondamental TE
0,1 sera excité dans les guides secondaires.
[0051] De plus, le mode fondamental de propagation est assez insensible aux perturbations
géométriques sur le chemin de propagation, ce qui facilite l'acheminement de l'énergie
HF sans risque de conversion vers des modes indésirés. En effet, un problème à résoudre
dans des installations pratiques de gyrotrons est que le gyrotron fonctionne, en général,
en position verticale, mais éloignée de la charge par des distances de quelques dizaines
de mètres dans un sens latéral. Donc, il est souhaitable de réaliser un coude dans
le(s) guide(s) qui relie(nt) la sortie verticale du gyrotron avec la charge éloignée
du gyrotron.
[0052] Mais la réalisation des coudes en guide d'onde classique, généralement surdimensionné
pour ces applications, est très délicate car ces guides peuvent propager l'énergie
hyperfréquence dans de nombreux modes plus ou moins complexes, et le coude peut facilement
entraîner des conversions de modes entre ces modes propagés par le guide surdimensionné,
vers des modes non désirés. Pour éviter ceci dans des réalisations selon l'art antérieur,
les coudes sont effectués avec un rayon de courbure très grand, ce qui accroît considérablement
l'encombrement du système. Utilisant le dispositif selon l'invention, la puissance
HF est véhiculée en mode fondamental dès la sortie de la source HF, évitant ainsi
tous les problèmes évoqués ci-dessus.
[0053] Sur la figure 6, on voit un exemple d'un répartiteur de puissance connu de l'art
antérieur avec application dans le chauffage de plasma pour la fusion thermonucléaire
dans un Tokomak. La puissance HF provenant de(s) source(s) HF est appliquée aux entrées
40 et traverse des fenêtres diélectriques classiques 39, pour ensuite être partagée
entre plusieurs guides par le diviseur 41. Les coupleurs 42 servent à mesurer la puissance
dans les différents guides avant l'ajustage de phase 43. Les guides secondaires multiples
sont ensuite raccordés par une bride 46 avec un soufflet 47 à l'applicateur (ou "grill")
montré sur le détail 6A. Une fenêtre épaisse 44 en céramique ferme les guides juste
avant l'applicateur 6A, dont la forme spécifique dépend de la géométrie de la charge
pour une application donnée. Avec les fenêtres 39 et 44, l'intérieur du répartiteur
est fermé de façon étanche, et peut être soit évacué, soit rempli d'un gaz sous pression.
[0054] Le diviseur de la figure 6 a été congru pour quatre sources HF indépendantes (des
klystrons, en l'occurrence) de 200 kW chacune, appliquées aux entrées HF 40. Les quatre
klystrons peuvent être remplacés par un gyrotron classique (à sortie HF unique) de
800 kW avec un autre répartiteur de puissance en quatre sorties. Avec un gyrotron
plus puissant équipé selon l'invention d'un convertisseur de modes/diviseur de puissance
intégré, plusieurs diviseurs comme celui de la figure 6 peuvent être attentés en puissance
HF sans une autre étape de division de puissance.
[0055] Le dispositif selon l'invention de convertisseur de modes et diviseur de puissance
sera utilisé avantageusement quand intégré à la cavité de sortie d'un gyrotron ou
d'autres sources hyperfréquence de très haute puissance. Les avantages sont nombreux
dans ce cas, car les contraintes thermiques sur les fenêtres diélectriques sont réduites
en rapport avec le nombre de guides secondaires ; leur refroidissement devient plus
aisé aussi du point de vue purement mécanique car les fenêtres peuvent être éloignées
du collecteur et des électroaimants qui l'entourent ; la propagation de l'énergie
hyperfréquence est aussi plus aisée car en mode fondamental, ce qui permet d'acheter
les guides avec des coudes et éventuellement avec des changements adiabatiques de
section sans engendrer de modes indésirés ; et pour des utilisations telles le chauffage
de plasmas qui demande que l'énergie soit répartie dans l'espace pour application
à la charge (le plasma), le dispositif selon l'invention permet de s'affranchir au
moins d'une étape de division, tout en assurant une excitation de tous les guides
secondaires avec une cohérence parfaite de phase. Tous ces avantages techniques résultent
en un avantage d'économie important dans la réalisation d'une installation de système
HF pour le chauffage de plasmas, tout en permettant d'obtenir de meilleures performances.
1. Dispositif convertisseur de modes des ondes électromagnétiques et diviseur de puissance
hyperfréquence pour tube hyperfréquence, ledit tube hyperfréquence comprenant au moins
une cavité, appelée la cavité de sortie, pour l'extraction de l'énergie hyperfréquence
générée en mode TE
m,n par un faisceau électronique 1, ladite cavité ayant une forme de révolution autour
d'un axe longitudinal
z et ledit faisceau électronique 1 ayant une direction de propagation au moins approximativement
parallèle à l'axe
z, caractérisé en ce que :
- ledit dispositif est une structure 5 comprenant plusieurs guides d'ondes secondaires
6, ces guides étant disposés symétriquement autour d'un axe z′, cette structure 5 disposée à l'intérieur de ladite cavité de sortie de telle façon
à ce que ledit axe z′ coïncide avec ledit axe z ;
- lesdits guides secondaires 6 étant munis de trous de couplage 7 sur une partie L
de leur longueur selon l'axe z′ , cette partie L se trouvant à l'intérieur de ladite cavité, et ces trous 7 étant
disposés de façon à permettre l'excitation d'un mode de propagation désiré dans lesdits
guides secondaires.
2. Dispositif convertisseur de modes et diviseur de puissance selon la revendication
1, caractérisé en ce que lesdits guides d'onde secondaires 6 dans ladite structure
5 sont munis individuellement de fenêtres hyperfréquence 58 à l'extérieur de ladite
cavité.
3. Dispositif convertisseur de modes et diviseur de puissance selon l'une quelconque
des revendications 1 à 2, caractérisé en ce que lesdits guides d'onde secondaires
6 sont au nombre de l = 2 m/i, où m est l'indice azimutal dudit mode TEm,n et i est un nombre entier non nul.
4. Dispositif convertisseur de modes et diviseur de puissance selon la revendication
3, caractérisé en ce que ledit nombre entier est i = 1.
5. Dispositif convertisseur de modes et diviseur de puissance selon la revendication
3, caractérisé en ce que ledit nombre entier est i = 2.
6. Dispositif convertisseur de modes et diviseur de puissance selon l'une quelconque
des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que ledit tube hyperfréquence est un gyrotron,
et ledit dispositif est intégré à la cavité dudit gyrotron.
7. Dispositif convertisseur de modes et diviseur de puissance selon l'une quelconque
des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que ledit tube hyperfréquence est un gyroklystron,
et ledit dispositif est intégré à la dernière cavité dudit gyroklystron.
8. Dispositif convertisseur de modes et diviseur de puissance selon l'une quelconque
des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que ledit tube hyperfréquence est un gyroTWT
, et ledit dispositif est intégré à la cavité de sortie dudit gyroTWT.
9. Dispositif convertisseur de modes et diviseur de puissance selon l'une quelconque
des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que ledit tube hyperfréquence est un gyroBW0
(ou gyrocarcinotron), et ledit dispositif est intégré à la cavité de sortie dudit
gyroBWO (ou gyrocarcinotron).