[0001] La présente invention est relative à un diaphragme pour électrolyse en bain de sels
fondus d'halogénures de métaux.
Elle concerne tous les métaux qui présentent plusieurs états de valence, c'est-à-dire
les métaux polyvalents tels que notamment le titane, le zirconium, l'hafnium, le thorium,
le vanadium, le niobium, le tantale, le chrome, le molybdène, le tungstène, l'uranium,
le plutonium ainsi que les métaux des terres rares.
[0002] L'homme de l'art sait qu'on peut obtenir un métal en introduisant un de ses dérivés
tels qu'un halogénure, par exemple, dans un bain de sels fondus et en le soumettant
dans son principe le plus simple à l'action de deux électrodes reliées aux pôles d'une
source de courant continu. A l'anode se dégage l'halogène et à la cathode se dépose
le métal. Cette technique dite d'électrolyse ignée a fait l'objet de nombreuses études
qui ont abouti à la conception de divers procédés se distinguant entre eux par la
composition du bain, l'état physique et chimique de l'halogénure, la modulation du
régime de courant appliqué et à la réalisation de multiples dispositifs quant à leur
structure et à leur forme, notamment au niveau des électrodes, des systèmes d'injection
d'halogénures et de récupération du métal déposé.
[0003] Il est cependant un point commun à l'ensemble de ces cellules, c'est la présence
d'un diaphragme poreux qui sépare l'anode de la cathode de manière à partager le bain
en deux volumes distincts: l'anolyte et le catholyte. Ce diaphragme, qui peut être
polarisé électriquement, a notamment pour effet d'éviter que l'halogène dégagé à l'anode
ne réoxyde les halogénures réduits dissous dans l'électrolyte quand le métal comporte
plusieurs valences.
[0004] Ce diaphragme est généralement constitué soit par un treillis métallique (voir par
exemple le brevet US 2 789 983) soit par une pièce poreuse en graphite ou en céramique.
Mais ces matériaux présentent des inconvénients.
Ainsi, l'utilisation de diaphragmes métalliques conduit:
- d'une part, à une instabilité chimique
- instabilité vis à vis du bain du fait que les métaux peuvent s'y dissoudre du moins
en partie et polluer ainsi le métal à déposer.
- instabilité vis à vis de l'halogène dégagé qui peut le corroder au point de le détruire
localement et de supprimer la séparation entre l'anolyte et le catholyte.
- instabilité à l'interface bain-atmosphère par corrosion électrochimique.
- instabilité vis à vis du métal déposé par formation de composés intermétalliques tels
que par exemple les alliages Ti-Ni ou TiFe qui fragilisent le diaphragme.
Ce sont là autant de facteurs qui contribuent à limiter la durée de vie du diaphragme.
- d'autre part à une instabilité électrique due au fait que le diaphragme est le siège
de dépôts et de redissolution successifs du métal à déposer qui modifient sa porosité
et nuisent au maintien des conditions électriques optimales de dépôt; certes, il est
possible de suivre l'évolution de cette porosité par une mesure de potentiel et de
la ramener dans des limites convenables par polarisation comme cela est décrit dans
le brevet US 4 392 924. Cependant la fourchette de potentiel correspondant à une marche
normale de la cellule peut être relativement étroite et de l'ordre de 10 mV de sorte
que le contrôle de la porosité n'est pas aisé et qu'on peut aboutir facilement soit
à un bouchage complet du diaphragme, soit à une attaque électrochimique de ce dernier
ce qui entraîne le plus souvent un arrêt de la cellule et le remplacement du diaphragme
déficient.
Par ailleurs, le diaphragme est généralement prolongé vers le haut et autour de l'anode
par une espèce de cloche ou dôme destinée à canaliser l'halogène qui se dégage.
Il se pose alors des problèmes de raccordement entre ces deux pièces qui peuvent être
la source de difficultés mécaniques et électriques notamment dans le cas de diaphragmes
polarisés.
En ce qui concerne le graphite, il a l'avantage par rapport aux métaux d'être relativement
insensible à la corrosion, toutefois il présente également des inconvénients à savoir:
- une fragilité relativement grande qui le rend sensible aux chocs et peu apte à des
opérations d'usinage telles que le filetage par exemple destiné à le relier au dôme
ou le découpage d'ouvertures destinées à assurer la porosité voulue
- une tendance fâcheuse à absorber les composés alcalins du bain qui s'insèrent dans
ses pores et le font éclater.
- une aptitude à se combiner avec certains métaux à déposer pour former des carbures,
ce qui, outre une fragilisation accrue, modifie sa porosité et nuit au maintien des
conditions électriques optimales de dépôt.
[0005] Quant aux diaphragmes en céramique, outre leur fragilité et leur sensibilité aux
chocs thermiques, ils présentent l'inconvénient d'avoir une très faibre conductance
électrique et donc de ne pouvoir être polarisés électriquement.
[0006] De ce fait, ils ne peuvent pas se prêter à la redissolution électrolytique des dépôts
qui se forment à leur surface d'où une impossibilité de contrôle de leur porosité
qui les rend inutilisables notamment dans le cas de l'électrolyse de métaux polyvalents.
[0007] Par ailleurs, on connaît, par le "Composite Materials Handbock" de MM. Schwartz,
1984, Mc Graw Hill, pages 2.41, 2.42 et 2.73, la fabrication de tissus de fibres de
carbone graphitées ou revêtues de carbure de silicium et par le Chemical Abstracts,
vol. 95, n° 3, août 1981, page 58, résumé n° 517531, l'existence de diaphragmes pour
l'électrolyse ignée formés de fibres par exemple en quartz, verre, carbone, etc.
[0008] Mais ces documents ne traitent pas du problème de la porosité, caractéristique qui
est essentielle si on veut éviter l'arrêt de l'électrolyse par bouchage du diaphragme.
[0009] C'est pourquoi la demanderesse consciente de tous ces inconvénients a eu pour but
de trouver un matériau qui permette de les supprimer. Elle y est parvenue en mettant
au point un diaphragme polarisable pour électrolyse en bain de sels fondus d'halogénures
de métaux caractérisé en ce qu'il est constitué de fibres de carbone noyées au moins
partiellement dans un matériau rigide et inerte vis à vis du bain, l'ensemble ayant
une porosité comprise entre 10 et 60% réalisée sous forme d'ouvertures d'aire comprise
entre 1 et 50 mm2.
[0010] Ainsi l'invention consiste en un diaphragme constitué par un nouveau matériau de
base : les fibres de carbone.
Ces fibres se présentent assemblées mécaniquement entre elles à l'état de panneaux
d'une épaisseur de quelques millimètres faciles à découper ou à enrouler sous forme
de cylindre.
De préférence, on utilise des panneaux dans lesquels les fibres sont alignées suivant
deux directions différentes et entrecroisées afin d'accroître leur solidité. Les panneaux
obtenus par tissage de fibres suivant deux directions perpendiculaires s'avèrent particulièrement
intéressants.
Cependant, en raison de leur souplesse, il ne serait pas facile de les maintenir en
place dans les bains et cela provoquerait des variations de distance à la cathode
ou à l'anode et par suite des fluctuations électriques défavorables au fonctionnement
optimum de la cellule. C'est pourquoi ces fibres sont préalablement rigidifiées afin
de leur assurer une stabilité mécanique convenable. Cette rigidité leur est conférée
en les noyant au moins partiellement dans une matière qui est en particulier inerte
vis à vis du bain d'électrolyse.
De préférence, cette substance est le graphite qui ici ne présente pas les défauts
signalés plus haut puisqu'étant placé sur un substrat souple, mais on peut envisager
également des dérivés du carbone tel que des carbures ou encore des oxydes, nitrures
et autres substances susceptibles de s'accrocher aux fibres.
Il n'est pas nécessaire que ce matériau enrobe complètement les fibres pourvu qu'il
soit employé en quantité suffisante pour assurer la rigidité convenable.
[0011] En ce qui concerne le graphite, il peut résulter d'une graphitisation superficielle
des fibres obtenue par un chauffage à température suffisamment élevée ou encore par
dépôt sur lesdites fibres de particules de graphite résultant de la décomposition
thermique d'un hydrocarbure.
Quant à la porosité, elle peut être réalisée en utilisant des panneaux soit de fibres
tissées à larges mailles, par exemple qui reconstituent la disposition des treillis
métalliques, soit de fibres monodirectionnelles ou entrecroisées suivant des mailles
serrées dans lesquelles la matière rigide comble les vides mais où on a pratiqué des
ouvertures de dimensions données. La combinaison de ces deux types de porosité est
également envisageable.
Lesdites ouvertures peuvent être obtenues par un usinage convenable des panneaux incluant
des moyens de perçage ou de sciage, par exemple, ou encore par une combustion localisée
du panneau.
[0012] De préférence, les dimensions des ouvertures et leur nombre sont choisis de manière
à réaliser une porosité comprise entre 35 et 50%.
En effet, une porosité trop grande conduit à une migration en direction de l'anode
des ions du métal que l'on veut déposer à la cathode tandis qu'une porosité trop faible
empêche le passage des ions alcalins ou alcalino-terreux et des ions halogènes qui
assurent le transport de la plus grande partie du courant.
Celà peut être obtenu à partir de panneaux où les dimensions de mailles et leur grosseur
de fibres conviennent ou encore en pratiquant des ouvertures sous forme soit de fentes
de préférence verticales, soit de trous de contour circulaire ou polygonal.
[0013] Dans le cas des fentes, elles s'allongent sur une fraction de la hauteur du diaphragme
et ont une largeur comprise entre 0,5 et 10 mm et de préférence entre 2 et 5 mm et
ce pour les raisons citées plus haut au sujet des limites de porosité.
Quant aux trous, ils ont de préférence une aire comprise entre 5 et 30 mm2.
[0014] On a constaté également qu'il était préférable de limiter la porosité du diaphragme
à la zone faisant face à la cathode pour obtenir dans certains cas une amélioration
dans la conduite de l'électrolyse.
Un tel diaphragme permet de remédier à la plupart des inconvénients présentés par
l'art antérieur.
[0015] En effet, par rapport aux métaux, le carbone est insensible à la plupart des éléments
ou composés chimiques dans les conditions de l'électrolyse; sa stabilité chimique
est donc assurée c'est-à-dire qu'il ne pollue pas le métal déposé, ne se corrode pas,
ne se fragilise pas et a par conséquent une durée de vie plus grande, d'où un accroissement
de la productivité dû au fait que les arrêts de cellule nécessités par leur changement
de diaphragme sont moins fréquents.
Le carbone présente également une meilleure homogénéité de potentiel électrique qui
se traduit par de meilleurs rendements Faraday, c'est-à-dire une mise au mille de
coulombs plus faible et une facilité de réglage de la polarisation qui évite tout
bouchage des pores et évidemment toute destruction par électrocorrosion.
[0016] Par rapport au graphite, il ne présente aucune fragilité, n'a pas tendance à absorber
les composés alcalins et ne donne pas lieu à une fragilisation par formation de composés
avec les métaux déposés, d'où également une augmentation de la durée de vie avec ses
conséquences sur la la productivité.
[0017] Par rapport aux céramiques, il a une bonne conductance électrique et une insensibilité
totale aux chocs thermiques ou mécaniques.
[0018] De plus, ces fibres graphitées se prêtent facilement à la réalisation de pièces monobloc
dôme-diaphragme, ce qui évite ainsi toutes les difficultés de raccordement mécanique
et électrique des parties desdites pièces comme c'est le cas avec les diaphragmes
métalliques et les dômes en graphite.
Enfin, les fibres ont également l'avantage de permettre la création de façon économique
d'une porosité localisée, ce qui n'est pas le cas d'un treillis métallique, ni des
diaphragmes en graphite dont il faudrait boucher une partie des trous.
[0019] L'invention sera mieux comprise à l'aide des exemples d'application suivants qui
établissent chacun dans le cas d'un métal donné une comparaison entre les conditions
opératoires résultant de l'utilisation d'un diaphragme selon l'art antérieur et selon
l'invention.
EXEMPLE N° 1
Cas de l'hafnium.
[0020] Conditions communes: électrolyse du chlorure d'hafnium: HfCl4 dans un bain d'halogénures
alcalins et alcalino-terreux fondus à une température de 750°C sous une intensité
de 2800 Ampères avec une densité de courant anodique de 0,4 A/cm2 et cathodique de
0,2 A/cm2 et en utilisant un diaphragme ayant une porosité de 40% et polarisé de manière
à produire environ 85 kg d'hafnium par jour avec un rendement Faraday compris entre
83 et 87%.
1a
- utilisation d'un diaphragme à base de nickel en forme de grille à mailles carrées:
- courant de polarisation du diaphragme: 2 à 3% du courant cathodique
- durée de vie du diaphragme: 1 à 3 mois
- teneur en nickel de l'hafnium: 20 - 100 ppm.
1b
- utilisation d'un diaphragme en fibres de carbone organisées dans un plan suivant deux
directions, noyées dans un matériau en graphite et présentant des fentes verticales.
- courant de polarisation: 1,5 à 2,5% du courant cathodique
- durée de vie du diaphragme: 4 à 9 mois
- teneur en nickel de l'hafnium: <10 ppm
[0021] On constate que l'utilisation des fibres en carbone graphitées conduit à une réduction
du courant de polarisation, une amélioration de la pureté du métal obtenu et un accroissement
important de la durée de vie du diaphragme.
EXEMPLE N° 2
Cas du zirconium
[0022] Conditions communes: électrolyse du chlorure de zirconium ZrCl₄ dans les mêmes conditions
que celles d'HfCl₄ sauf en ce qui concerne la quantité de métal produite qui est ici
voisine de 35 kg/jour et le rendement Faraday.
2a
- utilisation d'un diaphragme sous forme de grille en acier inox du type 304 c'est-à-dire
ayant pour composition en poids : 18%Cr, 10%Ni et solde Fe.
- rendement Faraday: 65 à 70%
- courant de polarisation: 4 à 5% du courant cathodique
- durée de vie du diaphragme: 10 à 30 jours
- teneur en impuretés du zirconium obtenu:
- chrome 200 ppm
- fer 150 ppm
- nickel 50 ppm
2b
- utilisation d'un diaphragme en fibres de carbone organisées dans un plan suivant deux
directions, noyées dans un matériau en graphite et présentant des fentes verticales:
- rendement Faraday: 72 à 75%
- courant de polarisation: 1,5 à 2,5% du courant cathodique
- durée de vie du diaphragme: 4 à 9 mois
- teneur en impuretés du zirconium obtenu
- chrome: < 20 ppm
- fer : < 50 ppm
- nickel : < 10 ppm
[0023] On constate que l'utilisation de fibres en carbone graphitées conduit à une amélioration
du rendement Faraday, une diminution du courant de polarisation, un important accroissement
de la durée de vie du diaphragme et à une pureté plus grande du métal produit.
EXEMPLE N° 3
Cas du titane.
[0025] Conditions communes: électrolyse du chlorure de titane TiCl₄ dans un bain d'halogénures
alcalins et alcalino-terreux fondus à une température de 800°C sous une intensité
de 1500 Ampères en utilisant un diaphragme ayant une porosité de 25% et polarisé de
manière à produire environ 7,5 kg de titane par jour.
3a
- utilisation d'un diaphragme à base de nickel en forme de grille
- rendement Faraday: 50 à 55%
- courant de polarisation: 10 à 15% du courant cathodique
- durée de vie du diaphragme: 30 à 45 jours
- teneur en impuretés du titane obtenu:
- nickel: 50 ppm
- chrome : 150 ppm
- durant l'électrolyse, il se forme sur le diaphragme des composés intermétalliques
titane-nickel qui le fragilisent et rendent impossible sa réutilisation.
3b
- utilisation d'un diaphragme en fibres de carbone graphitées.
- rendement Faraday: 60 à 65%
- courant de polarisation: 5 à 8% du courant cathodique
- durée de vie: 60 à 180 jours
- teneur en impuretés du titane obtenu:
- nickel < 10 ppm
- chrome < 20 ppm
[0026] On constate une amélioration sur l'ensemble des conditions comparées et de plus une
réutilisation possible du diaphragme.
EXEMPLE N° 4
Cas du niobium
[0027] Conditions communes: électrolyse du chlorure de niobium NbCl₅ dans un bain d'halogénures
alcalins et alcalino-terreux fondus à une température de 800°C sous une intensité
de 300 Ampères en utilisant un diaphragme ayant une porosité de 20% de manière à produire
environ 2,3 kg de niobium par jour avec un rendement Faraday compris entre 60 et 65%.
4a
- utilisation d'un diaphragme en graphite présentant des fentes verticales.
4b
- utilisation d'un diaphragme en fibres de carbone graphitées.
[0028] Avec les deux types de diaphragme, la durée de vie peut aller jusqu'à 90 jours. Toutefois,
avec le graphite, des casses mécaniques peuvent se produire au bout de quelques jours
d'utilisation les fibres ne sont pas l'objet de ce phénomène aléatoire.
De plus, le graphite s'imprègne de sels alcalins qui le fait éclater ce qui, à la
différence des fibres, rend sa réutilisation impossible aorès sortie du bain.
EXEMPLE N° 5
Cas du tantale
[0029] Conditions communes: électrolyse du chlorure de tantale TaCl₅ dans un bain d'halogénures
alcalins et alcalino-terreux fondus à une température de 850°C sous une intensité
de 300 Ampères, en utilisant un diaphragme ayant une porosité de 45%, polarisé avec
un courant égal à 4-5% du courant cathodique de manière à produire environ 6,1 kg
de tantale par jour.
5a
- utilisation d'un diaphragme en acier
- rendement Faraday: 70 à 75%
- durée de vie du diaphragme: 20 à 30 jours
- teneur en fer du tantale produit: 100 à 150 ppm
5b
- utilisation d'un diaphragme en fibres de carbone graphitées.
- rendement Faraday: 95%
- durée de vie du diaphragme: 4 à 6 mois
- teneur en fer du tantale obtenu: < 50 ppm
[0030] On constate que l'utilisation de fibres de carbone graphitées améliore notablement
le rendement Faraday, la durée de vie conduit à un produit de pureté accrue.
EXEMPLE N° 6
Cas de l'uranium
[0031] Conditions communes: électrolyse du chlorure d'uranium UCl₄ dans un bain d'halogénures
alcalins et alcalino-terreux fondus à une température de 720°C sous une intensité
de 200 Ampères avec une densité de courant anodique de 0,4 A/cm2 et une densité de
courant cathodique de 0,3 A/cm2 en utilisant un diaphragme de porosité 40% et polarisé
de manière à produire environ 6 kg d'uranium par jour.
6a
- utilisation d'un diaphragme à base de nickel sous forme d'une grille
- rendement Faraday: 65 à 70%
- courant de polarisation: 4 à 5% du courant cathodique
- durée de vie: 45 à 60 jours
- teneur en impureté de l'uranium obtenu:
- fer: 40 ppm
- nickel: 50 à 75 ppm
- chrome: 50 ppm
6b
- utilisation d'un diaphragme en fibres de carbone graphitées:
- rendement Faraday: 70 à 75%
- courant de polarisation: 2 à 4% du courant cathodique
- durée de vie: 150 à 300 jours
- teneur en impuretés de l'uranium obtenu
- fer, nickel et chrome sont indosables
[0032] On constate que l'utilisation d'un diaphragme en fibres de carbone graphitées conduit
à une amélioration du rendement Faraday, une diminution du courant de polarisation,
un accroissement de la durée de vie du diaphragme et à une pureté améliorée du métal
produit.
EXEMPLE N° 7
Cas du chrome
[0033] Conditions communes: électrolyse du chlorure de chrome CrCl₃ dans un bain de l'halogénures
alcalins et alcalino-terreux fondus à une température de 800°C sous une intensité
de 10 Ampères avec une densité de courant anodique de 0,2 A/cm2 et cathodique de 0,1
A/cm2 de manière à produire 40 g de chrome par jour.
7a
- utilisation d'un diaphragme en nickel sous forme d'une grille de porosité 10%.
- rendement Faraday: 30 à 40%
- durée de vie > 45 jours
- teneur en impuretés du chrome produit:
- nickel: 300 à 500 ppm
- fer: 100 à 150 ppm
7b
- utilisation d'un diaphragme en fibres de carbone graphitées de porosité 20%
- durée de vie > 60 jours
- teneur en impuretés du chrome produit
- nickel < 50 ppm
- fer : 50 ppm
[0034] On constate que l'utilisation d'un diaphragme en fibres de carbone graphitées conduit
à une amélioration de rendement Faraday et de la durée de vie du diaphragme ainsi
qu'à une plus grande pureté du chrome produit.
[0035] Dans tous les exemples données, outre les avantages signalés, on constate également
une facilité de contrôle de la porosité du diaphragme qui se traduit pour l'opération
par une latitude du réglage du potentiel de polarisation s'étendant sur une plage
de 250 mV alors qu'avec les diaphragmes classiques cette plage est réduite à 10 mV.
L'invention trouve son application dans l'obtention de métaux polyvalents de grande
pureté où elle permet une conduite plus facile de l'électrolyse et où du fait de la
durée de vie améliorée du diaphragme, elle assure des gains de productivité.
1. Diaphragme polarisable pour électrolyse en bain de sels fondus d'halogénures de métaux
caractérisé en ce qu'il est constitué de fibres de carbone noyées au moins partiellement
dans un matériau rigide et inerte vis à vis du bain, l'ensemble ayant une porosité
comprise entre 10 et 60% réalisée sous forme d'ouvertures d'aire comprise entre 1
et 50 mm2.
2. Diaphragme selon la revendication 2 caractérisé en ce que les fibres sont organisées
dans un plan et suivant deux directions.
3. Diaphragme selon la revendication 2 caractérisé en ce que les deux directions sont
sensiblement perpendiculaires.
4. Diaphragme selon la revendication 1 caractérisé en ce que le matériau rigide est à
base de graphite.
5. Diaphragme selon la revendication 4 caractérisé en ce que le graphite résulte d'une
graphitisation superficielle des fibres.
6. Diaphragme selon la revendication 4 caractérisé en ce que le graphite résulte d'un
dépôt issu de la décomposition thermique d'un hydrocarbure.
7. Diaphragme selon la revendication 1 caractérisé en ce que la porosité résulte de la
disposition des fibres et de la répartition du matériau rigide.
8. Diaphragme selon la revendication 1 caractérisé en ce que la porosité résulte d'un
usinage de l'ensemble.
9. Diaphragme selon la revendication 1 caractérisé en ce que la porosité résulte d'une
combustion localisée de l'ensemble.
10. Diaphragme selon la revendication 1 caractérisé en ce que la porosité est comprise
entre 35 et 50%.
11. Diaphragme selon la revendication 1 caractérisé en ce que la porosité est réalisée
sous forme de fentes longitudinales de largeur comprise entre 0,5 et 10 mm.
12. Diaphragme selon la revendication 11 caractérisé en ce que la largeur des ouvertures
est comprise entre 2 et 5 mm.
13. Diaphragme selon la revendication 1 caractérisé en ce que l'aire des ouvertures est
comprise entre 5 et 30 mm2.
14. Diaphragme selon la revendication 1 caractérisé en ce que la porosité est limitée
à la zone du diaphragme en regard de la cathode.
1. Polarisierbares Diaphragma zur Elektrolyse von Metallhalogeniden im Bad geschmolzener
Salze, dadurch gekennzeichnet, daß es aus zumindest teilweise in einem starren und
gegenüber dem Bad inerten Material eingebetteten Kohlenstoff-Fasern besteht, wobei
die Einheit eine Porosität zwischen 10 und 60 % besitzt, die in Form von Öffnungen
einer Querschnittsfläche von zwischen 1 und 50 mm² ausgeführt ist.
2. Diaphragma nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die Fasern in einer Ebene
entlang zweier Richtungen angeordnet sind.
3. Diaphragma nach Anspruch 2, dadurch gekennzeichnet, daß die beiden Richtungen ungefähr
senkrecht zueinander sind.
4. Diaphragma nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß das starre Material auf der
Basis von Graphit ist.
5. Diaphragma nach Anspruch 4, dadurch gekennzeichnet, daß der Graphit aus einer oberflächlichen
Graphitisierung der Fasern stammt.
6. Diaphragma nach Anspruch 4, dadurch gekennzeichnet, daß der Graphit aus der Abscheidung
von der thermischen Zersetzung eines Kohlenwasserstoffes stammt.
7. Diaphragma nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die Porosität aus der Anordnung
der Fasern und der Verteilung des starren Materials resultiert.
8. Diaphragma nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die Porosität aus einer Bearbeitung
der Einheit resultiert.
9. Diaphragma nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die Porosität aus einer örtlich
begrenzten Verbrennung der Einheit resultiert.
10. Diaphragma nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die Porosität zwischen 35
und 50 % beträgt.
11. Diaphragma nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die Porosität in Form von
Längsschlitzen einer Breite von 0,5 bis 10 mm vorliegt.
12. Diaphragma nach Anspruch 11, dadurch gekennzeichnet, daß die Breite der Öffnungen
zwischen 2 und 5 mm liegt.
13. Diaphragma nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die Querschnittsfläche der
Öffnungen zwischen 5 und 30 mm² liegt.
14. Diaphragma nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die Porosität auf die Zone
des Diaphragmas gegenüber der Kathode begrenzt ist.
1. A polarisable diaphragm for molten salt bath electrolysis of metal halides, characterised
in that it consists of carbon fibres embodied at least partially in a rigid material
which is inert vis-a-vis the bath, the whole having a porosity comprised between 10
and 60% and produced in the form of an area of apertures comprised between 1 and 50
sq.mm.
2. A diaphragm according to claim 1, characterised in that the fibres are organised in
one plane and in two directions.
3. A diaphragm according to claim 2, characterised in that the two directions are substantially
at right-angles to each other.
4. A diaphragm according to claim 1, characterised in that the rigid material is graphite
based.
5. A diaphragm according to claim 4, characterised in that the graphite results from
superficial graphitising of the fibres.
6. A diaphragm according to claim 4, characterised in that the graphite results from
a deposit emanating from the thermal decomposition of a hydrocarbon.
7. A diaphragm according to claim 1, characterised in that the porosity results from
the disposition of the fibres and the distribution of the rigid material.
8. A diaphragm according to claim 1, characterised in that the porosity results from
machining of the whole.
9. A diaphragm according to claim 1, characterised in that the porosity results from
localised combustion of the whole.
10. A diaphragm according to claim 1, characterised in that the porosity is comprised
between 35 and 50%.
11. A diaphragm according to claim 1, characterised in that the porosity is in the form
of longitudinal slots of a width comprised between 0.5 and 10 mm.
12. A diaphragm according to claim 11, characterised in that the width of the apertures
is comprised between 2 and 5 mm.
13. A diaphragm according to claim 1, characterised in that the area of the apertures
is comprised between 5 and 30 sq.mm.
14. A diaphragm according to claim 1, characterised in that the porosity is limited to
that zone of the diaphragm which faces the cathode.