[0001] La présente invention concerne les tubes électroniques à vide utilisés notamment
en tant qu'amplificateurs de puissance dans la bande UHF.
[0002] Les tubes électroniques à vide utilisés couramment en tant qu'amplificateurs de puissance
sont de deux types : le premier type comprend les tubes à modulation d'amplitude du
faisceau d'électrons et le deuxième type comprend les tubes à modulation de vitesse
du faisceau d'électrons.
[0003] Les tubes à modulation d'amplitude sont par exemple des triodes ou des tétrodes alors
que les tubes à modulation de vitesse du faisceau d'électrons sont des klystrons ou
des tubes à ondes progressives.
[0004] En télévision, dans la bande UHF les tubes à grilles de type tétrode fonctionnent
à la limite supérieure de leur bande de fréquence avec un gain de l'ordre de 15 dB
et un rendement de l'ordre de 50 % en amplification commune. Le rendement considéré
est le rapport de la puissance délivrée en sortie pendant l'impulsion de synchronisation
sur la puissance moyenne fournie à l'émetteur en norme G.
[0005] Les tubes de type klystron, par exemple, sont caractérisés par un gain élevé de l'ordre
de 40 dB et par un rendement faible de l'ordre de 25 % en prenant les memes critères.
[0006] Des travaux commencés dans les années 30 ont été réactivés ces dernières années pour
développer un tube amplificateur qui permettrait en théorie d'obtenir un gain compris
entre celui des klystrons et celui des tétrodes et un rendement du même ordre que
celui des tétrodes grâce à un fonctionnement en classe B. Ce type de tube est connu
sous le nom de klystrode et décrit dans l'ouvrage "Microwave tubes" de A.S Gilmour,
Jr. page 196 ou sous le nom d'IOT (de la dénomination anglaise Inductive Output Tube),
voir notamment dans la Revue Technique de THOMSON-CSF, volume 23, n°4, décembre 1991,
page 810. Dans la suite de la description, ce type de tube est appelé IOT. Un IOT
possède un faisceau électronique axial. Il utilise en entrée le principe de la modulation
d'amplitude et en sortie la structure axiale des tubes à modulation de vitesse.
[0007] Ce tube comporte un canon à électrons avec une cathode, une anode et une grille de
modulation. Une tension de modulation est appliquée entre la grille et la cathode
grâce à une cavité résonante d'entrée accordée sur une fréquence désirée. Les électrons
générés par la cathode émergent de la grille en paquets et convergent sur l'axe du
faisceau. Le faisceau traverse alors une cavité résonante de sortie. Les électrons
du faisceau cèdent leur énergie à la cavité de sortie. Cette énergie est extraite
par couplage et dirigée vers un dispositif utilisateur tel qu'une antenne. Les électrons
sont recueillis dans un collecteur en aval de la cavité de sortie.
[0008] Ce tube a une structure axiale comme le klystron et non une structure radiale comme
la tétrode. Cette structure axiale ainsi que la nature des matériaux utilisés limitent
de manière importante les performances de l'IOT.
[0009] La cathode utilisée dans les IOTs comme dans les klystrons est généralement en tungstène
poreux imprégné d'aluminates de barium. Cette cathode fonctionne aux alentours de
1 020 °C. A cette température, le barium s'évapore et se dépose sur la grille qui
devient à son tour émissive. Le faisceau d'électrons émis est perturbé et la durée
de vie du tube est fortement réduite. Cette durée de vie peut être de l'ordre de 600
heures alors que l'on pourrait s'attendre à une durée de vie de l'ordre de 25 000
heures.
[0010] Pour essayer de remédier à ces inconvénients liés à l'émissivité de la grille, on
peut réduire la température de fonctionnement de la cathode mais on limite alors la
densité de courant émis et en conséquence la puissance de l'IOT. Si l'on veut augmenter
la densité de courant émis il faudrait augmenter la surface de la cathode. La cathode
et la grille sont hémisphériques. Lorsque la grille est de grande taille, on observe
alors une non-uniformité de température de ses barreaux : ils sont beaucoup plus chauds
au centre qu'à la périphérie car ils se refroidissent par conduction. La partie chaude
de la grille émet, le faisceau d'electrons est alors perturbé et la durée de vie est
réduite. Toiites les solutions proposées ont chacune leurs inconvénients et elles
conduisent dans tous les cas à une limitation de la puissance de l'IOT.
[0011] La présente invention propose de réaliser un tube électronique à vide qui peut fonctionner
avec une durée de vie satisfaisante à puissance élevée.
[0012] Ce tube au lieu d'avoir une structure axiale a une structure radiale. Le faisceau
d'électrons émis n'est plus linéaire mais a la forme d'une nappe plane radiale.
[0013] Le tube selon l'invention comporte une cathode émettant des électrons vers un collecteur,
des moyens de focalisation des électrons et une cavité de sortie couplée au faisceau
pour en prélever de l'énergie électromagnétique.
[0014] La cathode est globalement à symétrie de révolution autour d'un axe, le faisceau
d'électrons est radial et est focalisé par les moyens de focalisation dans un plan
sensiblement normal à l'axe de symétrie de la cathode. La cavité de sortie est coaxiale
avec la cathode.
[0015] La cathode peut être cylindrique ou en portion de tore. Elle est avantageusement
en tungstène thorié. Une grille entoure la cathode pour moduler l'émission d'électrons.
L espace cathode-grille fait partie d'une cavite résonante de modulation dans laquelle
une tension de modulation est injectée.
[0016] Les moyens de focalisation peuvent être des bobines poloïdales ou des aimants permanents.
Ils sont situés de part et d'autre du plan du faisceau. Le collecteur est monté coaxialement
autour de l'axe de la cathode. Il peut être dépressé. Une série d'ailettes radiales
normales au plan du faisceau peut être montée entre la cathode et la première cavité
résonante atteinte par le faisceau.
[0017] Une autre série d'ailettes peut être prévue avant le collecteur. Les ailettes d'une
série sont de préférence en nombre impair. Des moyens sont prévus pour éviter une
collision entre les électrons et les ailettes. Au moins une des cavités résonantes
peut être couplée à une cavité auxiliaire.
[0018] Une ou plusieurs cavités résonantes peuvent être accordables en fréquence.
[0019] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront à la
lecture de la description faite ci-après, illustrée par les dessins annexés qui représentent:
- la figure 1, une vue schématique d'un tube selon l'invention ;
- la figure 2, une variante d'un tube selon l'invention .
[0020] Sur ces figures, les mêmes éléments portent les mêmes références. Pour des raisons
de clarté, les côtes ne sont pas respectées.
[0021] La figure 1 représente schématiquement un tube électronique selon l'invention.
[0022] Ce tube a une symétrie de révolution autour d'un axe XX'. On voit, montés coaxialement
autour de l'axe XX', une cathode 1 qui émet des électrons et autour une grille 2.
L'espace entre la cathode 1 et la grille 2 fait partie d'une cavité résonante de modulation
3. Une tension de modulation 5 est appliquée dans la cavité résonante de modulation
3. En général, la cavité résonante de modulation 3 est dimensionnée en λ/4 ou en 3λ/4.(λ
représente la longueur d'onde de résonance de la cavité). Un piston d'accord 4 peut
permettre d'accorder la cavité résonante de modulation 3 sur une fréquence désirée.
Ce piston 4 est situé globalement à un noeud de tension du circuit résonant ainsi
formé.
[0023] La cathode 1 peut être réalisée avec un maillage de tungstène thorié chauffé directement
ou indirectement. La grille 2 peut être en graphite pyrolitique. Ces éléments sont
comparables à ceux utilisés dans les tétrodes classiques. La pollution de la grille
que l'on observait dans les IOTs est ainsi éliminée.
[0024] La grille 2 et la cathode 1 peuvent être classiquement cylindriques. Pour faciliter
la focalisation du faisceau d'électrons émis on peut envisager que la cathode 1 et
la grille 2 aient une forme de portion concave de tore. Cette variante est représentée
sur la figure 2. Le fait d'utiliser une cathode cylindrique ou en portion de tore
permet de réaliser une cathode de grande surface et donc de produire un tube de puissance.
[0025] La cathode 1 et la grille 2 sont généralement portées à une haute tension négative.
[0026] La cathode 1 émet des électrons radialement par rapport à l'axe XX'. A la sortie
de la grille 2, les électrons regroupés en paquets forment un faisceau t3 radial.
Ce faisceau 13 est attiré vers une anode 6 portée à un potentiel moins négatif que
celui de la cathode 1. L'anode 6 est formée de deux anneaux situés de part et d'autre
du plan du faisceau d'électrons. Des moyens de focalisation sont prévus pour que le
faisceau soit concentré dans un plan normal à l'axe XX' de la cathode.
[0027] Ces moyens de focalisation sont d'abord l'optique électrostatique de la grille. Pour
améliorer la concentration des électrons on peut prévoir des bobines 7 poloïdales
ou des aimants permanents de part et d'autre du plan du faisceau d'électrons. L'épaisseur
du faisceau d'électrons mesurée le long de l'axe XX' est plus faible que la hauteur
émissive de la cathode 1.
[0028] Le faisceau d'électrons 13 traverse ensuite une cavité coaxiale résonante 8 de sortie.
Les deux coiironnes de l'anode 6 forment un espace de glissement 14 qui pénètre dans
la cavité 8. L'intérieur de la cavité 8 est couplé au faisceau d'électrons 13 par
des ouvertures 9 de couplage annulaires. Ces ouvertures, au nombre de deux, sont situées
de part et d'autre du plan du faisceau d'électrons 13. Les électrons sortent de la
cavité de sortie décélérés et sont recueillis dans un collecteur 10 coaxial avec l'axe
XX', en forme de par exemple. Ce collecteur 10 sera de préférence refroidi, par exemple,
par ventilation forcée ou par circulation d'un fluide.
[0029] La cavité de sortie 8 résonne sur une fréquence qui peut être ajustée grâce à un
dispositif d'accord 11. Sur la figure 1, il s'agit de deux pistons mobiles 11 parallèles
au plan du faisceau situés de part et d'autre du plan du faisceau d'électrons. La
cavité 8 de sortie est de préférence dimensionnée en λ/2, c'est-à-dire que les pistons
sont espacés de λ/2 et sont situés sur un noeud de tension. Le faisceau d'électrons
est situé lui à un ventre de tension. Il y a alors un couplage aussi bon que possible
entre la cavité et le faisceau.
[0030] Le faisceau d'électrons cède de l'énergie à la cavité de sortie 8 et cette énergie
est extraite par des moyens appropriés. Il peut s'agir d'une palette 12 comme sur
la figure 1. Cette énergie est transmise à un dispositif utilisateur tel qu'une antenne
par exemple.
[0031] On peut envisager, en vue d'augmenter la bande passante du tube, que la cavité de
sortie 8 soit couplée à une cavité auxiliaire 20. Le couplage entre les deux cavités
peut être capacitif comme sur la figure 2 ou inductif. Sur la figure 2, l'énergie
est extraite au niveau de la cavité auxiliaire 20. La cavité auxiliaire sera de préférence
dimensionnée en λ/2 et l'extraction de l'énergie se fera à proximité d'un ventre de
tension si le couplage de sortie est capacitif.
[0032] Il peut être souhaitable pour rigidifier la structure mécanique du tube et pour limiter
la naissance d'oscillations parasites en mode guidé de diviser l'espace situé entre
la cathode 1 et la cavité de sortie 9 par des ailettes radiales 22 sensiblement normales
au plan du faisceau 13. Leur nombre sera de préférence impair par exemple trois, cinq
ou plus. Afin que ces ailettes 22 ne soient pas bombardées par les électrons du faisceau
13 on s'arrangera pour que la cathode 1 comporte des zones non émissives en face des
ailettes radiales. Il peut être intéressant de placer également des ailettes radiales
23 entre la cavité de sortie 8 et le collecteur 10. Ces ailettes 23 seront de préférence
alignées avec celles situées entre la cathode 1 et la cavité de sortie 8. Ces ailettes
22, 23 seront avantageusement réalisées en métal.
[0033] On peut prévoir comme sur la figure 2, une pièce 24 électriquement isolante pour
maintenir mécaniquement l'anode 6 et la grille 2 tout en les isolant électriquement.
L'anode 6 tout comme la cavité de sortie 8 sont généralement portées à une masse.
Cette pièce 24 est ici de forme conique et peut être en céramique.
[0034] L'intérieur du tube est classiquement soumis au vide. L'étanchéité peut être assurée
à l'intérieur de la cavité de sortie par deux fenêtres 25 annulaires situées de part
et d'autre du plan du faisceau d'électrons 13. Ces fenêtres 25 laissent passer l'énergie
électromagnétique mais pas l'air.
[0035] Le collecteur 10 peut être de type dépressé. Cela signifie qu'il est porté à un potentiel
intermédiaire entre le potentiel de la cavité de sortie 8 et le potentiel de la cathode
1. Des pièces de céramique 26 annulalres sont prévues pour isoler électriquement le
collecteur 10 de la cavité de sortie 8. En diminuant le potentiel du collecteur par
rapport à celui de la cavité de sortie on réduit la vitesse des électrons en entrée
du collecteur et donc la densité de chaleiir à évacuer par la paroi du collecteur.
[0036] Le tube selon l'invention peut fournir une puissance importante car la cathode peut
avoir une grande surface émissive.
[0037] Le fait de pouvoir utiliser une cathode en tungstène thorié permet d'éliminer les
problèmes de pollution de la grille, problèmes existants avec les cathodes imprégnées.
[0038] Le faisceau d'électrons au lieu d'être long et fin sensiblement cylindrique comme
dans les klystrons et IOTs est maintenant radial, sensiblement en forme de disque.
Les électrons générés par la cathode divergent dans le plan du disque. La densité
électronique décroît en s'éloignant de la cathode. Du fait du faisceau de faible densité
le couplage avec la cavité de sortie est amélioré et le collecteur est soumis à une
densité de puissance réduite. Le collecteur peut fonctionner fiablement avec un refroidissement
par air. Les tubes à structure coaxiale de type IOT utilisés dans les émetteurs de
télévision ont un collecteur dont la surface est limitée. Ce collecteur peut être
refroidi par circulation d'air. La densité de puissance thermique à dissiper étant
très importante il se produit des dégazages qui influent sur la durée de vie du tube.
Le collecteur coaxial du tube selon l'invention a une surface beaucoup plus grande
et la fiabilité du tube est accrue même avec un refroidissement par air.
1. Tube électronique à vide comportant une cathode (1) émettant des électrons vers un
collecteur (10), des moyens de focalisation (7) des électrons pour les concentrer
en un faisceau (13), une cavité résonante (8) de sortie couplée au faisceau pour prélever
de l'énergie au faisceau focalisé, caractérisé en ce que la cathode (1) a une symétrie
de révolution autour d'un axe, le faisceau (13) étant radial et étant focalisé par
les moyens de focalisation (7) dans un plan normal à l'axe de symétrie de la cathode.
2. Tube électronique selon la revendication 1, caractérisé en ce que la cathode (1) est
en tungstène thorié.
3. Tube électronique selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que la
cathode (1) est cylindrique ou a une forme en portion de tore.
4. Tube électronique selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que la cavité
résonante (8) de sortie est de structure coaxiale.
5. Tube électronique selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que la cathode
(1) est entourée d'une grille (2) pour moduler l'émission d'électrons.
6. Tube électronique selon la revendication 5, caractérisé en ce que l'espace entre la
cathode (1) et la grille (2) fait partie d'une cavité résonante (3) de modulation
dans laquelle est injectée une tension (5) de modulation.
7. Tube électronique selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que les
moyens de focalisation (7) sont situés de part et d'autre du plan du faisceau.
8. Tube électronique selon l'une des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que les
moyens de focalisation (7) sont des bobines poloïdales ou des aimants permanents.
9. Tube électronique selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que le collecteur
(10) est coaxial avec la cathode.
10. Tube électronique selon l'une des revendications 1 à 9, caractérisé en ce que le collecteur
(10) est dépressé.
11. Tube électronique selon l'une des revendications 1 à 10, caractérisé en ce qu'une
série d'ailettes (22) radiales, normales au plan du faisceau d'électrons est disposée
entre la cathode (1) et la cavité résonante (8) de sortie.
12. Tube électronique selon l'une des revendications 1 à 11, caractérisé en ce qu'une
autre série d'ailettes (23) radiales, normales au plan du faisceau est disposée entre
la cavité résonante de sortie (8) et le collecteur (10).
13. Tube électronique selon l'une des revendications 11 ou 12, caractérisé en ce que les
ailettes d'une série sont en nombre impair.
14. Tube électronique selon l'une des revendications 11 à 13, caractérisé en ce que des
moyens sont prévus pour éviter des collisions entre les électrons et les ailettes.
15. Tube électronique selon l'une des revendications 1 à 14, caractérisé en ce qu'au moins
une des cavités résonantes (8) est couplée à une cavité résonante auxiliaire (20).
16. Tube électronique selon l'une des revendications 1 à 15, caractérisé en ce qu'un dispositif
d'accord en fréquence (11) est prévu pour accorder en fréquence au moins une des cavités
(8) résonantes.
17. Tube électronique selon l'une des revendications 1 à 16, caractérisé en ce que la
cavité résonante de sortie est dimensionnée en λ/2 (λ étant la longueur d'onde de
résonance dans la cavité).
18. Tube éléctronique selon l'une des revendications 1 à 17, caractérisé en ce que la
cavité résonante de modulation (3) est dimensionnée en λ/4 ou en 3λ/4 (λ étant la
longueur d'onde de résonance dans la cavité).