[0001] La présente invention concerne un acier inoxydable ferritique très résistant à la
corrosion en milieu chloruré neutre ou faiblement acide et plus particulièrement adapté
pour la fabrication d'échangeurs de chaleur pour l'industrie, notamment ceux refroidis
par l'eau saumâtre et l'eau de mer.
[0002] La présente invention a également pour objet un procédé pour l'élaboration d'un tel
acier.
[0003] On connaît dans le FR-A-2.377.457 un acier ferritique au chrome nickel molybdène
résistant à la corrosion et contenant notamment de 18 à 32 % de chrome, de 0,1 à 6
% de molybdène, de 0,5 à 5 % de nickel et pas plus de 3 % de cuivre.
[0004] Les exemples d'acier décrits dans ce document concernent des aciers contenant 1,99
à 2,15 % de molybdène. Par ailleurs, il est précisé, page 9 lignes 27 à 32, que les
aciers présentant les meilleures compositions d'alliage sont ceux contenant 28 % de
chrome, 2 % de molybdène et 4 % de nickel, ainsi que ceux contenant 20 % de chrome,
5 % de molybdène et 2 % de nickel, car ils possèdent une stabilité structurale suffisante
et peuvent être fabriqués de manière économique à échelle industrielle.
[0005] On connaît également dans le FR-A-2.352.893, un acier inoxydable ferritique contenant
de 0,01 à 0,025 % en poids de carbone, de 0,005 à 0,025 % en poids d'azote, de 20
à 30 % en poids de chrome, de 3 à 5 % de molybdène, de 3,2 à 4,8 % de nickel, de 0,1
à 1 % de cuivre, de 0,2 à 0,7 % de titane et/ou de 0,2 à 1 % de niobium.
[0006] Ce document revendique plus particulièrement une teneur élevée en nickel comprise
entre 3,2 à 4,8 % associée à une limitation de la teneur en cuivre comprise entre
0,1 à 1 % pour obtenir à la température ambiante des valeurs élevées de ductilité.
[0007] On connaît également dans le FR-A-2.473.069 un acier inoxydable ferritique à base
de fer contenant jusqu'à 0,08 % en poids de carbone, jusqu'à 0,060 % en poids d'azote,
de 25 à 35 % en poids de chrome, de 3,60 à 5,60 % en poids de molybdène, jusqu'à 2
% en poids de nickel, jusqu'à 2 % en poids de titane, de niobium et zirconium selon
l'équation suivante :
[0008] La somme desdits carbone et azote étant supérieure à 0,0275 % en poids.
[0009] On connaît dans le FR-A-2.473.068 un acier inoxydable ferritique qui a la même composition
que l'acier précédent, mais dont la teneur pondérale en nickel est comprise entre
2 et 5 %.
[0010] Or, on sait que le nickel est un élément coûteux qui accélère la formation de phases
intermétalliques fragilisantes et amoindrit la résistance à la corrosion caverneuse
en milieu chloruré.
[0011] La présente invention a donc pour objet un acier inoxydable ferritique dans lequel
l'addition du cuivre est limitée à une valeur comprise entre 0,5 à 2 % en poids de
façon à renforcer la résistance aux chocs de l'alliage tout en réduisant la vitesse
de formation des phases intermétalliques dures et fragilisantes du type sigma et chi
qui peuvent se former lors des traitements thermiques de fabrication du soudage. Il
en découle la possibilité d'élaborer un alliage stabilisé au titane et/ou au niobium
à très haute teneur en chrome et en molybdène indispensable à l'obtention d'une résistance
à la corrosion maximale tout en minimisant les difficultés de fabrication et les risques
de dégradation des autres propriétés finales.
[0012] Ce résultat est obtenu par l'invention grâce à un acier inoxydable ferritique ayant
la composition chimique pondérale suivante :
- 28,5 à 35 % de chrome,
- 3,5 à 5,50 % de molybdène,
- 0,5 à 2 % de cuivre,
- moins de 0,40 % de manganèse,
- moins de 0,40 % de silicium,
- moins de 0,030 % de carbone,
- moins de 0,030 % d'azote,
- un pourcentage en titane et/ou en niobium au moins égal à 0,10 % et inférieur à 0,60
% , lesdits pourcentages en titane et/ou niobium satisfaisant aux équations suivantes
:


- et pouvant contenir du nickel en addition involontaire et en élément résiduel en tout
cas à raison de moins de 0,5% et contenant jusqu'à 0,10% d'éléments ajoutés pour la
désoxydation tels que l'aluminium,du magnésium, du calcium, du bore, des matériaux
de terres rares, le reste étant du fer et des impuretés résultant de la fusion des
matières nécessaires à l'élaboration
[0013] Selon une caractéristique préférée de l'invention, l'acier contient moins de 0,010
% de carbone et moins de 0,015 % d'azote, la somme du carbone et de l'azote étant
inférieure à 0,025 %.
[0014] L'invention a également pour objet un procédé d'élaboration d'un acier inoxydable
ferritique à partir duquel on forme une bande d'acier qui est laminée à chaud, caractérisé
en ce que l'on soumet la bande d'acier laminée à chaud à un recuit à une température
comprise entre 900 et 1200°C, puis on soumet la bande d'acier à un premier laminage
à froid suivi d'un recuit intermédiaire à une température comprise entre 900 et 1200°C
et enfin on soumet la bande d'acier à un second laminage à froid suivi d'un recuit
final à une température comprise entre 900 et 1200°C.
[0015] Selon d'autres caractéristiques de l'invention :
- le recuit intermédiaire et le recuit final sont effectués en continu pendant 20 secondes
à 5 minutes,
- les recuits sont suivis d'un refroidissement rapide.
Les caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront d'ailleurs des diagrammes
annexés aux figures
[0016] Les exemples ayant conduit à la présente invention ont été obtenus à partir de lingots
de 30 kg élaborés au four à induction sous vide. Des bramettes issues de ces lingots
ont été réchauffées entre 1100 et 1250°C en vue d'un laminage à chaud à une épaisseur
de 5 mm.
[0017] Les feuillards laminés à chaud subissent ensuite un recuit entre 1000 et 1200°C suivi
d'un laminage à froid jusqu'à une épaisseur de 2 millimètres. Après ce laminage à
froid, un recuit de l'ordre de 20 s à 5 mn est effectué en continu à une température
comprise entre 900 et 1200°C.
[0018] Un laminage à froid supplémentaire permet d'obtenir des feuillards d'une épaisseur
de 0,8 millimètres qui subissent ensuite un recuit final de l'ordre de 20 s à 5 mn
et à une température comprise entre 900 et 1200°C.
[0019] Tous les traitements thermiques sont suivis d'un refroidissement rapide. Les conditions
de traitement thermique sont adaptées de manière à ce que la grosseur de grain soit
sensiblement constante.
[0020] Les analyses chimiques exactes c'est-à-dire les pourcentages pondéraux des alliages
expérimentaux sont précisés dans le tableau ci-dessous :

[0021] On sait que les éléments favorables vis-à-vis de la résistance à la corrosion, à
savoir le chrome, le molybdène, le titane, le niobium, etc... ont des effets néfastes
sur d'autres propriétés, comme les propriétés mécaniques. Selon l'application recherchée,
il est donc nécessaire d'adapter la composition chimique de l'alliage afin de réaliser
un compromis entre la résistance à la corrosion et les caractéristiques mécaniques.
Une composition chimique mal ajustée peut en outre conduire à des difficultés insurmontables
de fabrication de l'alliage, notamment par suite de la précipitation de phases fragilisantes
lors du traitement thermique de recuit avant ou après un laminage à froid par exemple,
ou encore à la précipitation de phases fragilisantes pendant une opération de soudage.
[0022] Par ailleurs, on sait qu'en milieu neutre chloruré, la résistance à la corrosion
par piqûres des aciers inoxydables ferritiques augmente avec la teneur en chrome.
Le molybdène est un élément d'alliage beaucoup plus efficace que le chrome car un
coefficient d'équivalent Mo/Cr égal à 3,3 est généralement admis pour qualifier l'amélioration
de la résistance à la corrosion par piqûre dûe à l'action du molybdène.
[0023] En utilisant des échantillons prélevés dans des tôles industrielles d'acier inoxydable
ferritique connues, il a été vérifié qu'en milieu chloruré concentré et chaud, le
potentiel, au-dessus duquel la corrosion par piqûres a lieu, est d'autant plus élevé
que la somme % Cr + 3,3 x (%Mo) est élevée. En conséquence, la résistance à la corrosion
par piqûres est d'autant plus élevée que le paramètre % Cr + 3,3 x (%Mo) est élevé.
[0024] C'est pour cette raison, qu'une teneur en chrome supérieure à 28,5 % et une teneur
en molybdène supérieure à 3,5 % ont été déterminées pour l'acier inoxydable ferritique
selon la présente invention.
[0025] Des essais menés à partir des coulées expérimentales répertoriées dans le tableau
précédent montrent que le molybdène favorise la précipitation de phases fragilisantes
du type sigma comme le montre le diagramme de la figure 1. Les courbes représentées
sur ce diagramme montrent l'influence du temps de maintien à 900°C sur l'allongement
A% à la rupture à température ambiante d'un alliage expérimental à 29Cr 4Mo 2Ni Nb
et 29Cr 3Mo 2Ni Nb c'est-à-dire d'alliages à teneur en molybdène respectivement égale
à 3 et 4 %.
[0026] L'élévation de la teneur en chrome accélère également la précipitation des phases
fragilisantes comme le montre le diagramme de la figure 2. Les courbes représentées
sur ce diagramme montrent l'influence du temps de maintien à 900°C sur l'allongement
A % à la rupture à température ambiante d'un alliage expérimental à 29Cr 4Mo 4Ni Ti
et 25Cr 4Mo 4Ni Ti.
[0027] Il en est de même de l'augmentation de la teneur en nickel comme le montre le diagramme
de la figure 3. Les courbes représentées sur ce diagramme montrent l'effet d'une addition
de 2 à 4 % de Ni sur l'allongement A % à la rupture à température ordinaire d'un alliage
expérimental à 29Cr 4Mo Ti après des temps croissants de maintien à 900°C.
[0028] Ainsi, lorsque les teneurs en chrome, nickel et molybdène croissent, des durées de
maintien de plus en plus courtes à 900°C provoquent la précipitation de phases intermétalliques
nuisibles pour la ductibité de l'alliage, ce qui entraîne une augmentation très sensible,
voir rédhibitoire des difficultés de fabrication industrielle de ces aciers inoxydables
ferritiques.
[0029] On comprend dès lors que les alliages industriels actuellement disponibles soient
:
- du type 25 %Cr 4 %Mo 4 %Ni stabilisés au titane et au niobium, la plus faible teneur
en chrome permettant d'adopter des teneurs élevées en molybdène et en nickel mais
au détriment de la résistance à la corrosion par piqûres,
- du type 28 %Cr 2 %Mo 4 %Ni stabilisés au titane ou au niobium, les fortes teneurs
en chrome et en nickel nécessitant une diminution de la teneur en molybdène pour réduire
la vitesse de précipitation des phases fragilisantes.
[0030] Dans le brevet FR-A-2.377.457 l'addition de nickel jusqu'à 5 % est justifiée en tant
qu'amélioration de la tenacité à froid, c'est-à-dire de la résistance au choc, et
de la résistance à la corrosion.
[0031] Des essais ont montré que l'amélioration de la résistance au choc que peut procurer
l'addition de 4 % de nickel à un acier inoxydable ferritique du type 25%Cr 4%Mo 0,5%Ti
n'était plus observée quand la teneur en chrome est supérieure à 28 % comme le montre
le diagramme de la figure 4. Le diagramme de la figure 4 montre l'évolution de la
résistance aux chocs en fonction de la température et de la teneur en nickel. Ce diagramme
ne met pas en évidence d'effets bénéfiques du nickel quand l'essai de rupture par
choc d'une éprouvette entaillée a lieu au-dessus de 0°C dans le cas d'un acier inoxydable
ferritique contenant environ 29% de chrome, 4 % de molybdène et 0,5 % de titane.
[0032] Contrairement à l'opinion couramment émise, l'effet du nickel apparaît néfaste car
l'énergie nécessaire pour rompre l'éprouvette est, dans ce cas, nettement inférieure
à celle de l'acier inoxydable ferritique ne contenant pas de nickel. L'influence bénéfique
du nickel n'apparait que pour les teneurs en chrome plus faibles.
[0033] Ainsi, l'alliage à environ 25 % de chrome, 4 % de molybdène, 4 % de nickel et 0,5
% de titane ne présente pas de fragilité à froid entre 0 et -50°C contrairement à
l'alliage contenant environ 29 % de chrome, 4 % de molybdène, 4% de nickel et 0,5
% de titane comme cela apparaît sur le diagramme de la figure 5 qui montre l'évolution
de la résistance à la rupture aux chocs en fonction de la température et de la teneur
en chrome.
[0034] Ce même diagramme révèle en outre, qu'à l'état ductile, l'énergie de rupture de l'acier
à environ 25 % de chrome, 4 % de molybdène, 4 % de nickel et 0,5 % de titane est nettement
supérieure à celle de l'acier contenant une teneur plus élevée en chrome et des teneurs
sensiblement voisines en molybdène, nickel et titane.
[0035] Par ailleurs, en milieu chloruré, la résistance à la corrosion caverneuse, c'est-à-dire
dans les espaces confinés sous les dépôts ou les interstices de construction, est
un critère d'utilisation primordial. En effet, dans une caverne, il est connu que
se produit une acidification progressive par formation d'acide chlorhydrique provenant
de l'hydrolyse des produits de corrosion.
[0036] Contrairement aux enseignements du FR-A-2.377.457, l'addition de 4 % de nickel à
un acier inoxydable ferritique stabilisé au titane ou au niobium se traduit par une
nette diminution de la résistance à la corrosion caverneuse. En effet, des examens
effectués sur des échantillons après test ASTM G48 montrent que les échantillons d'acier
contenant 4 % de nickel subissent une attaque sévère.
[0037] Compte tenu de l'effet accélérateur du nickel sur la précipitation à chaud des phases
intermétalliques qui fragilisent l'alliage et amoindrissent sa résistance à la corrosion,
l'alliage selon la présente invention ne contient aucune addition volontaire de nickel
qui est considéré comme un élément résiduel. Cette absence d'une quantité significative
de nickel permet l'adoption de hautes teneurs en chrome supérieure à 28,5 % et en
molybdène supérieure à 3,5 % nécessaires à l'obtention d'une résistance à la corrosion
caverneuse et par piqûres optimale pour l'acier inoxydable ferritique contenant du
titane et du niobium. Dans l'acier ferritique selon le FR-A-2.377.457, on ajoute à
l'acier jusqu'à 3 % de cuivre et, de préférence, de 0,5 à 2 % de cuivre, ce qui selon
ce brevet augmente la résistance à la corrosion dans les acides non oxydants, et,
en particulier dans les solutions chaudes d'acide sulfurique. Or, selon des recherches
effectuées dans le cadre de la présente invention et présentées sur le diagramme de
la figure 6, les résultats révèlent que le cuivre n'est à l'origine d'aucune amélioration
de la résistance à la corrosion dans les milieux chlorurés faiblement acides analogues
aux milieux corrosifs qui se forment dans les cavernes.
[0038] Ce diagramme montre les vitesses de corrosion (mm/an) déduites des pertes de poids
observées après 24heures d'immersion en milieu NaCl 2M-HCl 0,2M désaéré par barbotage
d'azote, à la température de 30°C respectivement pour les alliages 6 et 7 du tableau
1 précédent.
[0039] Par conséquent, en l'absence de nickel, l'addition de cuivre compris entre 0,5 et
2 % ne dégrade pas et n'améliore pas la résistance à la corrosion caverneuse et par
piqûres en milieu chloruré.
[0040] Selon la présente invention, on ajoute de 0,5 à 2 % de cuivre à l'acier inoxydable
ferritique à haute teneur en chrome et en molybdène et contenant du titane ou du niobium.
[0041] Le diagramme de la figure 7 dont les courbes montrent l'influence de 1 % de cuivre
sur la résistance aux chocs, indique que l'addition d'environ 1 % de cuivre à un alliage
contenant environ 29 % de chrome, 4 % de molybdène et 0,5 % de titane se traduit par
une diminution de l'ordre de 20°C de la température de transition entre l'état fragile
caractérisé par de très faibles énergies de rupture et l'état ductile correspondant
à des énergies de rupture élevées. Il s'en suit une amélioration très sensible de
la résistance aux chocs de l'alliage dûe à l'addition de cuivre.
[0042] La mise en évidence de l'effet bénéfique du cuivre sur la fragilité à froid constitue
une caractéristique essentielle de la présente invention. En effet, l'ajout de cuivre
est en général préconisé pour améliorer la résistance à la corrosion dans les solutions
chaudes d'acide sulfurique comme le précise le FR-A-2.377.457, et non pour améliorer
la résistance aux chocs à température ambiante.
[0043] Outre l'effet particulièrement favorable du cuivre sur la résistance aux chocs, une
autre particularité essentielle de la présente demande réside également dans la mise
en évidence d'une inhibition de la précipitation des phases intermétalliques fragilsantes
par l'addition de cuivre comme le prouve le diagramme de la figure 8 dont les courbes
représentent l'influence de l'addition de cuivre sur la cinétique de précipitation
des phases intermétalliques fragilisantes dans un acier inoxydable ferritique à 29Cr
4Mo Ti. L'addition de cuivre retarde donc de façon très nette l'apparition de phases
fragilisantes dans le domaine de température 750 à 950°C.
[0044] D'autre part, pour éviter la corrosion intergranulaire dûe à la précipitation de
carbure et de nitrure de chrome ayant pour conséquence un appauvrissement en chrome
au voisinage immédiat des joints de grains, les additions de titane ou de niobium
sont couramment effectuées aux aciers inoxydables ferritiques pour fixer le carbone
et l'azote à l'état de carbure et de nitrure de titane ou de niobium.
[0045] Cependant, ces additions de titane ou de niobium ont deux effets néfastes connus
qualitativement, mais non quantifiés jusqu'à présent. Ils accélèrent la précipitation
des phases intermétalliques fragilisantes et diminuent la résistance aux chocs.
[0046] En diminuant la teneur en carbone et en azote, ce qui permet de réduire la quantité
de titane ou de niobium nécessaire pour fixer le carbone et l'azote, il a été constaté
dans le cadre de la présente invention qu'on améliorait de façon très nette la résistance
aux chocs d'un acier inoxydable ferritique à teneur élevée en chrome et en molybdène
et qu'on retardait simultanément la vitesse de formation des phases intermétalliques
fragilisantes.
[0047] Ainsi, une diminution de la température de transition de l'état fragile à l'état
ductile de l'ordre de 20°C peut être observée dans le cas d'une tôle de 2 mm d'épaisseur
comme l'indique le diagramme de la figure 9 dont les courbes montrent la différence
de la résistance aux chocs d'un acier inoxydable super-ferritique à 29Cr 4Mo 0,21Ti
(C + N = 0,013 %) et un acier inoxydable super-ferritique à 29Cr 4Mo 0,56Ti (C + N
= 0,045 %).
[0048] Le domaine d'apparition des faces fragilisantes est, en outre fortement déplacé vers
la droite, du côté des durées de maintien isotherme plus élevées comme l'indiquent
les courbes du diagramme de la figure 10 qui comparent la cinétique de précipitation
des phases fragilisantes pour un acier inoxydable super-ferritique à 29Cr 4Mo 0,56Ti
(C + N = 0,045) et pour un acier inoxydable super-ferritique à 29Cr 4Mo 0,21Ti (C
+ N = 0,013).
[0049] Après un maintien de 1 heure à 900°C, un alliage à 0,018 % de carbone, 0,027 % d'azote,
28,90 % de chrome, 3,75 % de molybdène, 0,035 % de nickel et 0,56 % de titane, ne
possède plus, à température ambiante, qu'un allongement à la rupture de 6 % tandis
qu'un alliage de 0,03 % de carbone, 0,010 % d'azote, 28,90 % de chrome, 3,97 % de
molybdène, 0,041 % de nickel et 0.21 % de titane présente un allongement à la rupture
de 26 %.
[0050] La réduction des teneurs en carbone et en azote associée à une addition de cuivre
permet également d'obtenir une température de transition de l'état fragile à l'état
ductile nettement inférieure à 0°C pour une tôle de 2 mm d'épaisseur.
[0051] Par ailleurs, la présente invention exclut volontairement l'addition de nickel, qui
est un élément coûteux et qui accélère la formation de phases intermétalliques fragilisantes
et amoindrit la résistance à la corrosion caverneuse en milieu chloruré.
[0052] Compte tenu de l'effet accélérateur du titane et du niobium sur la formation des
phases intermétalliques fragilisantes et de leur influence néfaste sur la résistance
aux chocs lorsqu'ils sont combinés au carbone et à l'azote, les aciers inoxydables
ferritiques selon la présente invention sont d'autant plus résistants aux chocs et
ont une stabilité structurale dans le domaine compris entre 650 et 1000°C d'autant
plus élevée que les teneurs en C,N,Ti et Nb sont faibles. Pour optimiser la résistance
à la corrosion intergranulaire, les teneurs en titane et/ou en niobium à ajouter,
doivent être égales au minimum nécessaire pour fixer le carbone et l'azote et prendre
en considération le fait que le titane et/ou le niobium en solution solide dans la
ferrite ne participent pas au piégeage du carbone et de l'azote.
[0053] Ainsi, la teneur en titane doit satisfaire à l'équation suivante :

et en particulier à l'équation :

pour que la résistance à la corrosion intergranulaire soit optimale.
[0054] Les coefficients 4 et 3,4 découlent logiquement des valeurs approchées des masses
atomiques du titane (48), du carbone (12) et de l' azote (14) ainsi que des formules
du carbure de titane et du nitrure de titane, respectivement TiC et TiN.
[0055] Si l'acier inoxydable ferritique est stabilisé au niobium, l'équation devient :
[0056] La masse atomique du niobium étant prise égale à 93 grammes.
[0057] Dans le cas particulier correspondant à une résistance à la corrosion intergranulaire
optimale, l'équation devient :
[0058] Compte tenu du coût du titane et du niobium et des effets néfastes possibles d'un
excès de ces éléments, il est souhaitable de se rapprocher au mieux de l'excès de
la quantité théoriquement nécessaire pour fixer le carbone et l'azote.
[0059] Selon la présente demande, l'addition de cuivre est limitée à moins de 2 %, la précipitation
de particules riches en cuivre ayant pour conséquence une dégradation sensible de
la forgeabilité à chaud lorsque la teneur en cuivre est supérieure à 2 %.
[0060] Une addition d'aluminium à l'acier inoxydable ferritique selon la présente demande
peut être ajoutée lors de l'élaboration à des fins de désoxydation.
[0061] Par conséquent, l'ajout du cuivre entre 0,5 et 2 % renforce la résistance aux chocs
de l'alliage tout en réduisant la vitesse de formation des phases intermétalliques
dures et fragilisantes du type sigma et chi qui peuvent se former lors des traitements
thermiques de fabrication ou du soudage. Il en découle la possibilité d'élaborer un
alliage stabilisé au titane ou au niobium à très haute teneur en chrome entre 28,5
à 35 % et en molybdène entre 3,5 et 5,5 %, indispensables à l'obtention d'une résistance
à la corrosion maximale tout en minimisant les difficultés de fabrication et les risques
de dégradation des autres propriétés finales.
[0062] De par ses propriétés, l'alliage ferritique selon la présente invention est particulièrement
approprié pour l'utilisation sous forme de tôles et de feuillards dont l'épaisseur
peut être supérieure à celle généralement utilisée en pratique (moins d'un mm) pour
un acier inoxydable ferritique de même teneur en chrome et en molybdène contenant
du titane ou du niobium.
[0063] L'acier inoxydable décrit par la présente invention est particulièrement destiné
à la fabrication de tubes soudés pour des échangeurs de chaleur véhiculant de l'eau
chlorurée. Il peut être par exemple élaboré par la filière acierie électrique, AOD
et/ou affinage sous vide, coulée continue et laminage à chaud sur train à bande.
1. Acier inoxydable ferritique résistant à la corrosion dans des milieux chlorurés neutres
ou faiblement acides, ductile et résistant au choc, et dont la composition chimique
pondérale est la suivante :
- 28,5 à 35% de chrome,
- 3,5 à 5,50% de molybdène,
- 0,5 à 2% de cuivre,
- moins de 0,40% de manganèse,
- moins de 0,40% de silicium,
- moins de 0,030% de carbone,
- moins de 0,030% d'azote
- un pourcentage en titane et/ou en niobium au moins égal à 0,10% et inférieur à 0,60%,
lesdits pourcentages en titane et/ou niobium satisfaisant aux équations suivantes
:


- et pouvant contenir du nickel en addition involontaire et en élément résiduel en
tout cas à raison de moins de 0,5% et contenant jusqu'à 0,10% d'éléments ajoutés pour
la désoxydation tels que de l'aluminium, du magnésium, du calcium, du bore, des matériaux
de terres rares, le reste étant du fer et des impuretés résultant de la fusion des
matières nécessaires à l'élaboration.
2. Acier inoxydable ferritique selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il contient
moins de 0,010 % de carbone et moins de 0,015 % d'azote, la somme du carbone et de
l azote étant inférieure à 0,025 %.
3. Procédé d'élaboration d'un acier inoxydable ferritique selon l'une quelconque des
revendications 1 et 2, à partir duquel on forme une bande d'acier qui est laminée
à chaud, caractérisé en ce que l'on soumet la bande d'acier laminée à chaud à un recuit
à une température comprise entre 900 et 1200°C, puis on soumet la bande d'acier à
un premier laminage à froid suivi d'un recuit intermédiaire à une température comprise
entre 900 et 1200°C et enfin on soumet la bande d'acier à un second laminage à froid
suivi d'un recuit final à une température comprise entre 900 et 1200°C.
4. Procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce que le recuit intermédiaire et
le recuit final sont effectués en continu pendant 20 secondes à 5 minutes.
5. Procédé selon la revendication 3 , caractérisé en ce que les recuits sont suivis d'un
refroidissement rapide.
1. Nichtrostender ferritischer Stahl der in neutralen oder schwach sauren chlorierten
Medien korrosionsbeständig ist, duktil und schlagzäh und dessen auf das Gewicht bezogene
chemische Zusammensetzung die folgende ist:
- 28,5 bis 35 % Chrom,
- 3,5 bis 5,50 % Molybdän,
- 0.5 bis 2 % Kupfer,
- weniger als 0,40 % Mangan,
- weniger als 0,40 % Silicium,
- weniger als 0,030 % Kohlenstoff,
- weniger als 0,030 % Stickstoff,
- einen Prozentsatz von Titan und/oder Niob von mindestens 0,10 % und weniger als
0,60%, wobei die Prozentsätze von Titan und/oder Niob die folgenden Beziehungen erfüllen:


- und der Nickel als nichtzugesetztes und Restelement in einer Menge von weniger als
0,5 % und bis zu 0,10% für die Desoxidation zugesetzte Elemente, wie Aluminium, Magnesium,
Calcium, Bor, Seltene Erdmaterialien und als Rest Eisen und beim Verschmelzen der
erforderlichen Materialien gebildete Verunreinigungen enthält.
2. Nichtrostender ferritischer Stahl nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß er weniger als 0,010 % Kohlenstoff und weniger als 0,015 % Stickstoff enthält
und die Summe von Kohlenstoff und Stickstoff weniger als 0,025 % beträgt.
3. Verfahren zur Herstellung eines nichtrostenden ferritischen Stahls nach einem der
Ansprüche 1 und 2, aus dem man ein Stahlband bildet, welches in der Wärme gewalzt
wird, dadurch gekennzeichnet, daß man das warmgewalzte Stahlband einer Wärmebehandlung zwischen 900 und 1200°C
unterwirft, dann das Stahlband einem ersten Kaltwalzdurchgang unterwirft gefolgt von
einer Zwischenwärmebehandlung bei einer Temperatur zwischen 900 und 1200°C, und schließlich
das Stahlband einem zweiten Kaltwalzdurchgang gefolgt von einer Endwärmebehandlung
bei einer Temperatur zwischen 900 und 1200°C unterwirft.
4. Verfahren nach Anspruch 3, dadurch gekennzeichnet, daß die Zwischenwärmebehandlung und die Endwärmebehandlung kontinuierlich während
20 Sekunden bis 5 Minuten durchgeführt werden.
5. Verfahren nach Anspruch 3, dadurch gekennzeichnet, daß nach den Wärmebehandlungen eine schnelle Abkühlung bewirkt wird.