[0001] L'invention concerne des techniques de renforcement des sols à l'aide d'additifs
fibreux et plus particulièrement un procédé et un dispositif permettant d'introduire
des quantités déterminées de fibres discrètes dans des sols ameublis à cet effet et
de les mélanger uniformément.
[0002] Lorsqu'on doit procéder au traitement en profondeur d'un sol ou d'un terrain pour
le rendre plus stable, pour l'assécher, pour le préparer à accepter la circulation
de véhicules lourdement chargés ou pour qu'il soit apte à recevoir les couches superficielles
d'une chaussée, on souhaite pouvoir utiliser presque exclusivement les matériaux constitutifs
avec un apport minimum de sables ou de graviers d'une autre provenance. En revanche
on accepte de traiter les sols avec une quantité réduite de liants et/ou de produits
modificateurs des performances mécaniques comme des fibres.
[0003] L'invention se donne pour tâche de fournir une méthode et un dispositif simples pour
introduire des additifs fibreux et les ajouter aux matériaux constitutifs d'un sol.
[0004] Dans le document EP-B-0 285 622, on propose de parsemer le sol avec des fibres coupées
et de procéder au mélange de manières diverses. Les quantités de fibres introduites
vont de 0,1 à 5 % en poids. Dans ce document on cherche à améliorer les sols en ce
qui concerne les caractéristiques suivantes : résistance au cisaillement, angle total
de frottement interne, cohésion totale moyenne et enfin module tangent initial moyen.
Aucune méthode n'y est proposée pour répartir uniformément sur le sol les fibres coupées.
Quant à l'opération finale de mélange les techniques en sont simplement évoquées.
[0005] L'invention se donne pour tâche de fournir une méthode complète avec tous les éléments
permettant une mise en oeuvre dont les résultats soient assurés, en particulier la
stabilité du taux d'additifs fibreux, ce qui permet d'en garder le niveau bas avec
une bonne efficacité.
[0006] Dans la demande de brevet W0 94/28248, on décrit une technique pour incorporer dans
un sol existant des faisceaux de fibres de verre coupés à partir des mèches de fils,
immédiatement avant leur dépôt sur le sol. Cette technique utilise un dispositif qui
comporte une machine de coupe de fils continus installée sur un engin mobile et un
système de répartition des fils coupés, transversalement par rapport au déplacement
de l'engin ainsi qu'un engin de chantier du type fraise, son déplacement et celui
de la machine de coupe étant liés ou non.
[0007] L'avantage de couper les mèches de fils de verre textile directement, juste avant
la distribution est de garantir une proportion précise de faisceaux de filaments dans
le mélange granuleux. Les machines à couper les mèches comme celles du document EP-B-0
040 145 les entraînent en effet à une vitesse définie (la vitesse tangentielle des
rouleaux) et la quantité de faisceaux introduite pendant un temps donné étant de ce
fait toujours la même, il suffit que la vitesse de déplacement de la machine par rapport
au sol ou que le débit des granulés soient constants - comme c'est le cas en général
- pour que le pourcentage de faisceaux de filaments reste stable. Il est également
possible d'asservir la vitesse de rotation des rouleaux de la machine de coupe soit
à la vitesse de déplacement, soit si elle est immobile, au débit du convoyeur de manière
là aussi à garantir la stabilité du pourcentage de faisceaux.
[0008] La présente invention cherche quant à elle à permettre également l'utilisation de
fils coupés et stockés qu'il s'agit donc d'extraire régulièrement du stock et de distribuer
uniformément.
[0009] On connaît également grâce au document FR-A-2 699 945 une technique de distribution
d'additifs fibreux sur une route dans laquelle un caisson renfermant un certain volume
de fibres déjà coupées est installé à l'arrière d'un camion dont la benne contient
des graviers. Le caisson contenant les fibres se termine par une goulotte qui amène
les fibres pour qu'elles se mélangent au flux de gravillons à la sortie du caisson,
à l'entrée de la goulotte est prévu un rouleau rotatif destiné à permettre l'écoulement
régulier des fibres coupées.
[0010] Outre que le système précédent mélange systématiquement les fibres et des gravillons
ce qui n'est pas toujours souhaité, s'il s'agissait de distribuer avec ce type de
machine, des additifs fibreux sur toute la largeur d'une chaussée, il faudrait une
installation et particulièrement un rouleau d'une longueur prohibitive.
[0011] L'invention se propose de fournir un procédé et un dispositif qui permettent de distribuer
et de mélanger des additifs fibreux ajoutés aux matériaux d'un sol et qui n'aient
pas les inconvénients des systèmes précédents.
[0012] L'invention propose un procédé de renforcement des matériaux déjà en place d'un sol
par l'apport notamment d'additifs fibreux comportant les étapes suivantes :
- dégagement de la surface pour rendre accessibles les matériaux à renforcer, s'ils
ne l'étaient pas,
- si nécessaire, fragmentation desdits matériaux,
- dépôt d'une couche régulière d'additifs fibreux préalablement coupés,
- malaxage des matériaux à renforcer et des additifs fibreux jusqu'à une proportion
pondérale de 0,01 % à 5 %.
[0013] De préférence, le procédé utilise des additifs fibreux qui sont des fibres de verre
de renforcement sous forme de faisceaux coupées à une longueur de 3 à 500 mm. Avantageusement,
la coupe des faisceaux de fibres a été effectuée à l'endroit où elles sont produites,
immédiatement après leur constitution, avant toute opération d'enroulement.
[0014] Avec ces matériaux, la distribution des additifs fibreux s'effectue sans difficulté,
ce qui n'est pas le cas lorsque la coupe est faite à partir de fils associés en mèches
(roving) et enroulés.
[0015] Dans une variante du procédé de l'invention, les additifs fibreux sont des fibres
de verre ou de roche obtenues par centrifugation et conditionnées sous forme de nodules
par passage au travers d'une plaque à trous. Cette préparation des fibres isolation
rend leur mise en oeuvre selon le procédé de l'invention, aisée.
[0016] L'invention concerne également une technique de dépôt d'une couche régulière d'additifs
fibreux sur le sol, dans laquelle on utilise des appareils destinés à distribuer des
matériaux pulvérulents sur les routes, notamment ceux adaptés au traitement des routes
gelées par des poudres diverses telles que des sels antigels ou des poudres antidérapantes.
[0017] Dans une variante du procédé de distribution des fibres, les faisceaux de fibres
sont associés en formant un mat, et c'est ce mat qui est déchiqueté et ses fragments
déposés sur le sol ou dans les matériaux du sol.
[0018] Avec cette technique, la quantité voulue d'additifs fibreux est automatiquement déposée
à la bonne place.
[0019] L'invention concerne également un dispositif pour mettre en oeuvre le procédé, il
comporte, pour le dépôt d'additifs fibreux une saleuse utilisant un éjecteur à force
centrifuge.
[0020] De préférence, celle-ci comporte un ou plusieurs disques à axe sensiblement vertical
en rotation dans leur plan sur lesquels les additifs fibreux sont déposés.
[0021] Par ailleurs, le dispositif peut comporter pour le malaxage des matériaux à renforcer
et des additifs fibreux des machines du groupe charrues à disques, charrues à socs,
pulvimixer tel qu'un malaxeur à arbre horizontal ou rotavator.
[0022] On voit que le dispositif de l'invention utilise des moyens simples et robustes qui
sont par conséquent particulièrement fiables.
[0023] La description et les figures qui suivent permettront de comprendre l'invention et
d'en saisir les avantages.
La figure 1 montre un engin qui effectue à la fois la distribution régulière des additifs fibreux
stockés et leur mélange aux matériaux du sol,
La figure 2 un système indépendant de répartition des additifs fibreux sur le sol, et
La figure 3 un engin complet qui utilise des rouleaux de mats de fibres, les déchiquette et dépose
sur le sol puis mélange les fragments avec les matériaux du sol.
Les figures 4 et 5 concernent un dispositif pour extraire les additifs fibreux de leur stock et leur
donner un débit constant.
[0024] Le procédé de l'invention se déroule le plus souvent en deux étapes, la première
consiste à déposer sur le sol les additifs fibreux en une couche régulière puis, la
deuxième, à les répartir régulièrement dans les matériaux du sol qu'on travaille avec
un engin adapté qui remplit la même fonction qu'une simple charrue.
[0025] Il est également possible d'utiliser pour cette deuxième opération des appareils
dits pulvimixers qui extraient le matériau du sol en le pulvérisant puis le réintroduisent
après l'avoir mélangé, le mélange se faisant soit avec les additifs déposés sur le
sol dans la première étape décrite plus haut (
figure 1), soit avec ceux qu'on apporte à l'instant précis où les matériaux ont été extraits
du sol, avant qu'ils y retournent. La
figure 3 décrit cette dernière variante, la
figure 2 illustre, elle, la première étape de la première variante : répartition sur le sol
des additifs fibreux et les
figures 4 et 5 la phase préparatoire à cette première étape.
[0026] Sur la
figure 1, on voit un engin automoteur qui comporte trois éléments essentiels, un distributeur
d'additifs fibreux 1, un rouleau extracteur-pulvériseur 2 et enfin, un rouleau compresseur
3.
[0027] Le distributeur de fibres 1 se compose de deux parties, la première, en haut est
un réservoir de fibres 4 qui contient ici des faisceaux de filaments coupés dans des
fils de fibres de verre de renforcement (verre E), chaque fil était de 25 tex, le
diamètre des filaments constitutifs était de 11 µm, c'est-à-dire que chaque fil comportait
48 filaments élémentaires. La longueur des tronçons de faisceaux était de 12 mm. Au
fond du réservoir de fibres, au niveau marqué 5 sur la figure se trouve un dispositif
extracteur. Un tel dispositif doit remplir deux fonctions, extraire les fibres en
évitant qu'elles se coincent au fond du réservoir et doser le débit de fibres. Plusieurs
dispositifs permettent de remplir ces deux fonctions, l'un d'eux comporte une grille
vibrante située au fond du réservoir qui surmonte une série de vis d'Archimède parallèles,
à axes horizontaux dont la vitesse de rotation définit le débit. A la sortie des vis
d'Archimède les fibres sont réparties régulièrement sur toute la largeur de la machine,
perpendiculairement au plan de la figure. Pendant que l'engin automoteur avance sur
le sol, il y dépose ainsi un tapis 6 de fibres d'épaisseur régulière.
[0028] Lorsque l'extracteur-pulvériseur 2 pénètre dans le sol et le retourne, le malaxe,
il mélange en même temps, les fibres et les matériaux du sol réduits en poudre.
[0029] La quantité de fibres qu'il convient d'introduire dépend de l'amélioration qu'il
s'agit d'obtenir. S'il s'agit des propriétés mécaniques seules, s'il faut d'une manière
générale améliorer la portance, alors des quantités très faibles sont suffisantes.
On obtient d'excellents résultats avec des taux compris entre 0,01 et 0,10 %.
[0030] En revanche, comme il est décrit dans la demande de brevet WO 94/28248 déposée le
01/06/1994, demande dont l'enseignement est incorporé dans la présente demande, pour
augmenter la tenue à la fissuration de sols dans lesquels un liant hydraulique a été
ajouté, il peut être nécessaire d'accroître la proportion de fibres jusqu'à des taux
de 2 ou même 5 kg/tonne (0,20 ou 0,50 %) de même les résultats sont meilleurs en général
avec des fibres plus longues, de 25 mm ou davantage. Les limites de la méthode de
l'invention, c'est-à-dire le taux maximum d'additifs fibreux qu'il est possible de
mélanger en appliquant les étapes du procédé de l'invention sont cependant beaucoup
plus élevées. On a obtenu lors des essais un mélange homogène en ajoutant à du sable
dont les plus gros grains avaient 0,5 mm, une proportion de fibres de verre de renforcement
d'une longueur de 200 mm de 5 %.
[0031] La dernière opération réalisée par l'engin automoteur de la
figure 1 est le roulage. Le rouleau compresseur 3 écrase les matériaux ameublis et amène le
niveau du sol 8 à la hauteur qu'il avait avant le début du travail en 9.
[0032] Selon la nature du sol et sa destination, il peut être nécessaire d'ajouter en plus
des additifs fibreux, d'autres matériaux, liants divers ou sables correcteurs par
exemple. Dans ce cas, ils seront de préférence déposés sur le sol de la même manière
que les fibres.
[0033] L'engin automoteur de la
figure 1 regroupe en une même machine les dispositifs qui permettent de réaliser les deux
opérations du procédé de l'invention : répartition régulière des fibres et mélange
avec les matériaux du sol ameublis. En plus le roulage effectué à la suite termine
instantanément le travail. Mais il est évidemment possible de réaliser toutes ces
opérations indépendamment, chaque fois avec un engin approprié.
[0034] Ainsi pour répartir les additifs fibreux sur le sol, on utilisera avantageusement
les machines habituellement destinées à répartir sur les routes gelées, soit des sels
antigels, soit des poudres antidérapantes (sables de granulométrie définie, éventuellement
chauffés).
[0035] La
figure 2 représente ainsi une saleuse centrifuge. On voit la plate-forme 10 d'un camion sur
laquelle est posé un réservoir de fibres 11 avec en dessous, son extracteur - régulateur
de débit 12. Celui-ci alimente une goulotte inclinée non représentée qui dépose les
fibres sur un disque horizontal 13 porté par un axe vertical et animé d'un mouvement
de rotation rapide. Lorsque le camion avance, il est important que le débit des dispositifs
extracteurs - régulateurs de débit soit adapté à la vitesse d'avancement. C'est pourquoi
une roue 15 permet d'entraîner directement les extracteurs ou au moins d'enregistrer
la vitesse d'avancement pour que l'extraction lui soit proportionnelle. On obtient
ainsi que, quelle que soit la vitesse du camion, la quantité d'additifs fibreux répartis
sur le sol reste constante. La vitesse de rotation du disque est ajustée quant à elle
pour obtenir la largeur déposée voulue.
[0036] Des essais effectués avec une saleuse BUCHER de grosse capacité, avec un réservoir
de 5 m
3 rempli de STABI-FIL (diamètre des filaments : 14 µm) coupés à 12 mm ont permis de
répartir uniformément les fibres sur 8 m de largeur. Dans le cas du chantier concerné,
il s'agissait d'incorporer les fibres dans les matériaux du sol sur une profondeur
de 20 cm, on a donc pu utiliser pour effectuer le mélange une charrue à disques tractée
qui produit sur cette profondeur un malaxage très satisfaisant en une seule passe.
Le taux des fibres, uniformément réparties dans le sol, était, à la fin de l'opération,
de 0,02 %. Un tel taux fournit avec le STABI-FIL une portance, une cohésion, une stabilité
à l'humidité tout à fait satisfaisantes.
[0037] Lorsque la profondeur à traiter est plus importante, la charrue à disques devient
inefficace et il convient d'utiliser une charrue à socs portée ou un engin pulvimixer
du type de celui de la
figure 1.
[0038] L'engin de salage à disque horizontal précédent a été utilisé également pour disperser
sur le sol, non pas des fibres de verre de renforcement, mais des fibres de verre
d'isolation. Il s'agissait de fibres provenant de matelas de laine de verre déchiquetés
et reconstitués en nodules conformément au procédé du brevet EP-B-0 455 553. Il s'agit
après déchiquetage d'un matelas, de faire passer les flocons dans une « noduleuse
» où l'on oblige, à l'aide de couteaux, les fibres à passer au travers d'une plaque
équipée de trous de 6 à 15 mm de diamètre. Les nodules, tout comme les fibres de renforcement
coupées se dispersent parfaitement à l'aide de la saleuse de la
figure 2.
[0039] La
figure 3 présente une manière différente d'apporter des fibres coupées au sein des matériaux
du sol ameublis. Elle diffère à deux titres des méthodes déjà décrites, par la forme
sous laquelle les fibres se présentent et par le mode d'incorporation des fibres.
[0040] Les fibres se présentent sous la forme d'un mat de verre, c'est-à-dire que les fibres
continues ou coupées en sont associées et liées pour former un tapis 17 qui est conditionné
sous forme de rouleau 16. L'engin automoteur de la
figure 3 est équipé d'un porte-rouleau 18 supporté par les roues avant 19. Le mat 17 est entraîné
par les rouleaux 20 à une vitesse liée à la vitesse d'avancement du véhicule. C'est
en effet le rapport entre ces deux vitesses qui définit la concentration des additifs
fibreux par rapport aux matériaux du sol. On voit en 21, 22 et 23 le mécanisme connu
qui permet de déchiqueter le mat et de retrouver les fibres constitutives associées
dans les faisceaux qu'on souhaite introduire dans le sol. La différence dans l'introduction
des fibres avec ce qui précède réside dans le fait qu'ici les faisceaux de fibres
24 ne sont pas déposés sur le sol comme précédemment mais introduits directement dans
les matériaux ameublis par l'extracteur à ailettes 25. Une fois les matériaux remis
en place, le rouleau compresseur 26 aplanit de nouveau le sol et le ramène à son niveau
antérieur.
[0041] Dans le cadre de l'invention, il est également prévu que le mat de fibres de verre
décrit ci-dessus dans la mesure où il est constitué de fibres coupées soit déposé
directement sur le sol et que les engins destinés à ameublir le sol et/ou à mélanger
les additifs fibreux travaillent sur le mat et incorporent ses composants là où il
se trouve.
[0042] Pour faciliter la séparation et le dosage des faisceaux de fibres, on a également
utilisé un autre dispositif représenté
figures 4 et 5. Il s'agit d'un dispositif de décompactage et de transport pneumatique qui est alimenté
par une trémie 120 avec les fibres. Le dispositif tel que celui décrit dans le brevet
français 2 557 817 représenté à la
figure 4 comporte essentiellement un démotteur 127 précédant une cardeuse 121 qui alimente
une vanne à écluses 122 et il comporte une turbine à débit contrôlé non représentée
qui fournit à l'orifice 125 l'air nécessaire au transfert des fibres.
[0043] Les matériaux fibreux peuvent être introduits en vrac par exemple grâce à un silo
situé au-dessus du dispositif. L'imbrication des fibres comprimées est importante
et c'est pourquoi on a trouvé utile de remplacer les pales du démotteur 127 par deux
éléments différents, d'une part un bras tranchant 128 (
figure 5) qui sert de couteau et est capable de couper les agglomérats de fibres grâce à son
tranchant orienté dans le plan de sa trajectoire, et d'autre part, à l'extrémité du
couteau, un doigt symétrique 129 perpendiculaire au bras qui peut prendre différentes
orientations dans son plan de manière à soit repousser les fibres vers la sortie du
démotteur 127 et les diriger vers la cardeuse 121 soit au contraire maintenir la fibre
dans la zone de démottage le temps suffisant pour que les faisceaux de fibres se séparent
les uns des autres.
[0044] Le dispositif des
figures 4 et 5 permet ainsi d'alimenter régulièrement un système répartiteur d'additifs fibreux
tel que la saleuse de la
figure 2. Le débit de fibres est défini par la vitesse de rotation des couteaux 127 de la
figure 4 et donc de la vanne à écluse qui effectue le dosage volumétrique.
[0045] Pour la clarté de l'exposé, on a présenté sur les
figures 1 et 3 les différentes phases du procédé de l'invention réalisées dans un engin unique mais
il est clair qu'elles peuvent être mises en oeuvre indépendamment. De même, on ne
sort pas du procédé de l'invention en combinant entre elles des phases de procédé
extraites d'exemples différents.
[0046] Ainsi, par exemple, le mat de la
figure 3, son distributeur et son déchiqueteur peuvent être remplacés par le distributeur
d'additifs fibreux 1 de la
figure 1 qui remplit la même fonction, distribuer des faisceaux de fibres stockés, le stockage
sous forme d'un mat étant simplement remplacé par un stockage en vrac.
[0047] Dans tous les essais où l'on a utilisé des faisceaux de fibres de verre de renforcement
coupés et stockés en vrac, on a constaté une facilité de mise en oeuvre beaucoup plus
grande dans le cas où la coupe des fils avait été exécutée sous filière immédiatement
après le rassemblement des filaments pour constituer un fil. En comparaison, les faisceaux
de fibres coupés à partir de « rovings » avaient tendance à constituer des paquets
de fibres, que les dispositifs extracteurs situés à la sortie des réservoirs de fibres
ont plus de mal à séparer.
[0048] Le procédé et les dispositifs décrits plus haut permettent d'incorporer dans le sol
qu'on veut traiter, des matériaux fibreux précisément dosés et bien répartis. Ce dosage
et cette répartition permettent d'exploiter au mieux les performances fournies par
les additifs fibreux, en particulier par les faisceaux de fibres de verre de renforcement.
C'est ainsi qu'avec des quantités aussi faibles que celles comprises entre 0,01 et
0,10 % on fournit au sol des performances mécaniques très importantes, tandis qu'avec
des taux plus importants qui peuvent atteindre et même dépasser 0,50 % on procure
à un sol qui contient un liant hydraulique, une amélioration très sensible et même
une disparition des phénomènes de fissuration. Mais les techniques de l'invention
permettent, pour des applications particulières, de mélanger des taux de fibres bien
supérieurs, jusqu'à 5 %.
1. Procédé de renforcement des matériaux déjà en place d'un sol par l'apport notamment
d'additifs fibreux comportant les étapes suivantes :
- dégagement de la surface pour rendre accessibles les matériaux à renforcer, s'ils
ne l'étaient pas,
- si nécessaire, fragmentation desdits matériaux,
- dépôt d'une couche régulière d'additifs fibreux préalablement coupés.
- malaxage des matériaux à renforcer et des additifs fibreux jusqu'à une proportion
pondérale de 0,01 % à 5 %.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que les additifs fibreux sont des fibres de verre de renforcement sous forme de faisceaux
coupées à une longueur de 3 à 500 mm.
3. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que la coupe des faisceaux de fibres est effectuée à l'endroit où elles sont produites,
immédiatement après leur constitution avant toute opération d'enroulement.
4. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que les additifs fibreux sont des fibres de verre ou de roche obtenues par centrifugation
et conditionnées sous forme de nodules par passage au travers d'une plaque à trous.
5. Procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'on utilise pour le dépôt d'une couche régulière d'additifs fibreux sur le sol, des
appareils destinés à distribuer des matériaux pulvérulents sur les routes, notamment
ceux adaptés au traitement des routes gelées par des poudres diverses telles que des
sels antigels ou des poudres antidérapantes.
6. Procédé selon la revendication 2 caractérisé en ce que les faisceaux de fibres sont associés en formant un mat et que c'est ce mat qui est
déchiqueté et ses fragments déposés sur le sol ou dans les matériaux du sol.
7. Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comporte, pour le dépôt d'additifs fibreux une saleuse utilisant un éjecteur à
force centrifuge.
8. Dispositif selon la revendication 7, caractérisé en ce que la saleuse comporte un ou plusieurs disques à axe sensiblement vertical en rotation
dans leur plan sur lesquels les additifs fibreux sont déposés.
9. Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comporte pour le malaxage des matériaux à renforcer et des additifs fibreux des
machines du groupe charrues à disques, charrues à socs, pulvimixer tel qu'un malaxeur
à arbre horizontal ou rotavator.