[0001] La présente invention a trait aux batteries d'échange thermique comprenant une multitude
d'ailettes montées transversalement le long d'une série de tubes rectilignes orientés
parallèlement les uns aux autres et reliés entre eux par des portions coudées de raccordement.
[0002] On sait que pour assurer une fixation parfaite des ailettes sur les tubes et améliorer
ainsi la transmission thermique entre lesdites ailettes et tubes, il est nécessaire,
une fois les ailettes provisoirement montées le long des tubes et préalablement à
la pose des portions coudées de raccordement, de procéder à la dilatation à force
de ces tubes. Cette opération est le plus souvent réalisée en introduisant dans chacun
des tubes de la batterie une tige pourvue d'un embout en forme d'olive dont le diamètre
est légèrement supérieur au diamètre interne des tubes.
[0003] Les documents US-A-3 487 (AMES), FR-A-2 369 033 (CHAUSSON) et US-A-4 738 130 (HOMMA)
illustrent bien cette technique.
[0004] Pour obtenir l'enfoncement simultané de l'ensemble des tiges de dilatation, on a
généralement recours à des machines semblables à des presses qui comportent une tête
mobile équipée d'une série de tiges parallèles, et un nez fixe au droit duquel est
retenue la batterie à dilater. Entre la tête et le nez sont prévus des chariots de
guidage propres à éviter tout flambage intempestif des tiges.
[0005] Bien évidemment les tiges de dilatation doivent être disposées, sur la tête mobile
et au travers des chariots de guidage et du nez fixe, suivant une géométrie identique
à celle des tubes des batteries à travailler. Or cette géométrie diffère très sensiblement
suivant les différents types de batteries, en fonction notamment de la capacité d'échange
thermique prévue pour celles-ci.
[0006] On conçoit dans ces conditions que l'adaptation d'une machine de dilatation à un
nouveau type de batteries implique un travail long et fastidieux du fait qu'il y a
lieu de démonter les tiges fixées sur la tête mobile, de les dégager des chariots
de guidage et du nez fixe, de changer les plaques intermédiaires, de réengager ces
tiges suivant la nouvelle géométrie et de les assujettir à nouveau sur la tête. Ces
opérations, confiées à un personnel spécialisé, se révèlent très coûteuses, ne serait-ce
que par suite de l'arrêt prolongé du cycle de fabrication des batteries échangeuses.
[0007] C'est à cet inconvénient qu'entend plus particulièrement remédier la présente invention,
laquelle a pour objet la machine qui est définie à la revendication 1.
[0008] En fait l'invention consiste principalement à faire comporter à la tête mobile un
barillet à section polygonale et équiper certaines au moins des faces de ce barillet
de moyens propres à assurer la fixation des extrémités arrière des tiges de dilatation,
ces moyens étant disposés suivant des géométries différentes de manière à ce que ledit
barillet soit susceptible, moyennant rotation et verrouillage, d'assurer très rapidement
la dilatation de différents types de batteries.
[0009] Les moyens de fixation prévus sur les faces du barillet sont avantageusement constitués
par une plaque mobile découpée d'une série de boutonnières dont chacune présente d'une
part une partie à profil semi-circulaire apte à accueillir l'extrémité arrière de
l'une des tiges de dilatation, d'autre part une partie allongée à petite largeur conformée
pour accueillir une portion de dimension réduite de chaque tige. A cette plaque mobile
est associé un vérin dont la commande assure le déplacement longitudinal de ladite
plaque à l'encontre de moyens élastiques de rappel qui tendent à maintenir cette plaque
à la positon verrouillée des tiges. On obtient ainsi le montage et le démontage directs
de l'ensemble des tiges.
[0010] Suivant une autre caractéristique de l'invention, les chariots de guidage et le nez
fixe sont équipés d'au moins un panneau perforé, prévu facilement amovible de façon
à ce que l'utilisateur puisse monter en place des panneaux comportant la géométrie
correspondant au type de batteries à travailler.
[0011] Par ailleurs et conformément à un mode de mise en oeuvre préféré de l'invention,
la tête mobile et les chariots se déplacent le long de rails orientés horizontalement.
On évite ainsi d'avoir à conférer aux chariots de guidage un déplacement positif au
fur et à mesure de l'avance de la tête mobile, puisque c'est cette dernière qui repousse
successivement les chariots.
[0012] Le dessin annexé, donné à titre d'exemple, permettra de mieux comprendre l'invention,
les caractéristiques qu'elle présente et les avantages qu'elle est susceptible de
procurer :
[0013] Fig. 1 est une vue de côté schématique montrant l'agencement général d'une machine
de dilatation établie conformément l'invention, la tête mobile étant à sa position
initiale reculée.
[0014] Fig. 2 reproduit fig. 1 à la position avancée de la tête mobile.
[0015] Fig. 3 est une coupe horizontale de la tête mobile et de son barillet.
[0016] Fig. 4, 5 et 6 sont des coupes de détail illustrant l'agencement et le fonctionnement
du mécanisme prévu dans le barillet pour le montage et le verrouillage des tiges de
dilatation.
[0017] Fig. 7 montre en perspective la fixation amovible des panneaux perforées sur les
chariots de guidage.
[0018] La machine représentée en fig. 1 et 2 comprend un bâti 1 qui s'étend horizontalement
sur le sol. Ce bâti 1 supporte deux rails ou guides horizontaux 2, orientés parallèlement
l'un à l'autre au-dessus du sol. Sur ces rails 2 sont suspendus une tête mobile 3,
une série de chariots de guidage 4 et un nez fixe 5.
[0019] Au-dessus des rails 2, le bâti 1 supporte une tige filetée ou vis 6 qui s'étend sur
pratiquement toute la longueur de la machine en étant disposée suivant le plan moyen
des rails 2. Cette tige ou vis 6 est entraînée en rotation par un moteur supérieur
7 en vue d'assurer le déplacement longitudinal lent d'un écrou 8 rendu solidaire du
châssis de la tête mobile 3.
[0020] Entre deux longerons 9 (fig. 3) de ce châssis est monté à rotation un barillet 10
qui est orienté transversalement aux rails 2. Dans l'exemple de réalisation envisagé,
ce barillet 10, supposé à section carrée, est formé par deux moyeux latéraux 11 sur
lesquels sont fixés quatre flasques massifs 12. Les moyeux 11 sont perforés pour recevoir
deux pivots 13 portés par les longerons 9 du châssis.
[0021] On observera que l'un des pivots 13 est solidaire d'une roue dentée 14 qui engrène
avec un pignon 15 calé sur un petit arbre 16 ; ce dernier traverse le longeron 9 adjacent
pour être équipé d'un moyen de manoeuvre approprié, constitué par un volant 17 dans
l'exemple de réalisation envisagé. A l'opposé de ce mécanisme de manoeuvre en rotation
sont prévus deux doigts coulissants 18 élastiquement engagés dans deux logements borgnes
12
a pratiqués dans chacun des flasques 12. Deux petits vérins 19 à simple effet assurent
le retrait momentané des doigts 18 hors des logements 12
a lorsque l'utilisateur entend faire tourner le barillet 10 pour l'amener à une autre
orientation angulaire d'indexation.
[0022] En avant de chacun des quatre flasques 12 du barillet 10 est prévue une paroi perforée
20 disposée à une faible distance du flasque correspondant afin de ménager avec celui-ci
un logement pour le montage coulissant d'une plaque 21. Comme montré en fig. 4 et
5, chaque plaque mobile 21 est découpée d'une série de boutonnières 21
a, en nombre égal à celui des perforations 20
a de la paroi fixe 20 qui lui correspond.
[0023] L'un des bords transversaux de chaque plaque 21 porte des tiges de guidage 22 qui
traversent avec jeu une entretoise 23 pour être équipées de ressorts 24. Ces ressorts
24 tendent à maintenir la plaque mobile 21 en appui contre une entretoise opposée
25 (fig. 3) ; à cette position, illustrée en fig. 4, chacune des perforations 20
a de la paroi perforée se trouve en coïncidence avec la partie allongée à petite largeur
de l'une des boutonnières 21
a de la plaque 21. Un petit vérin latéral 26, apte à actionner l'une des tiges 22,
permet de repousser la plaque 21 à l'encontre des ressorts 24 afin d'amener la partie
à profil semi-circulaire de chaque boutonnière 21
a en coïncidence axiale avec l'une des perforations 20
a, comme montré en fig. 5.
[0024] On comprend que les dessins des perforations 20
a et des boutonnières 21
a des quatre jeux de parois 20 et de plaques mobiles 21 du barrrilet 10 peuvent être
différents pour correspondre aux géométries des tubes de quatre types de batteries
ailetées. L'actionnement momentané des vérins d'indexage 19 et du volant de manoeuvre
17 (qui peut bien entendu être remplacé par un petit moteur) permet d'amener le barillet
10 à une position angulaire telle que le jeu 20-21 disposé verticalement face au nez
fixe 5 correspond au type des batteries ailetées à dilater.
[0025] Il suffit alors à l'opérateur d'actionner le vérin 26 pour amener la plaque mobile
21 à la position d'engagement suivant fig. 5. A ce moment et comme montré en fig.
6, l'extrémité arrière des tiges de dilatation 27 peut être engagée dans les perforations
20
a et dans la partie semi-circulaire des boutonnières 21
a jusqu'à prendre appui contre le flasque 12 envisagé. On fait alors cesser l'actionnement
du vérin 26, de sorte que les ressorts 24 tendent à ramener la plaque mobile 21 à
la position verrouillée suivant fig. 4. Ce retour est rendu possible par suite d'une
gorge 27
a ménagée sur chaque tige 27, cette gorge définissant une portion à section amincie
dont le diamètre correspond substantiellement à la largeur de la partie allongée de
chaque boutonnière 21
a. Les tiges 27 sont alors fermement verrouillées.
[0026] Comme montré en fig. 7, chaque chariot de guidage 4 comprend deux montants 28 dont
la partie supérieure est pourvue de deux patins 29 profilés pour coopérer avec les
rails 2. La partie inférieure des montants 28 est solidaire de deux longerons 30 superposés
conformés à la manière de coulisses en vue d'assurer le montage coulissant d'un panneau
amovible 31. La retenue en place de ce panneau 31 est opérée à l'aide d'un loquet
basculant 32 articulé sur l'un des deux longerons 30 et équipé d'un petit verrou d'immobilisation
33 ; en position haute, ce loquet 32 maintient le panneau 31 en appui contre une butée
34 prévue sur le montant 28 opposé à celui qui porte ledit loquet.
[0027] On conçoit que le panneau 31 est découpé d'ouvertures 31
a disposées suivant une géométrie identique celle des boutonnières 21
a de l'une des quatre plaques 21 du barillet 10 et des perforations 20
a de l'une des parois perforées 20. Dans ces conditons, disposant de quatre types de
panneaux 31 différents, l'opérateur peut très rapidement adapter l'ensemble des chariots
de guidage 4 au type des batteries ailetées à dilater, les tiges de dilatation traversant
les ouvertures 31
a de tous les chariots 4 avant d'être verrouillées dans le barillet 10.
[0028] Un agencement identique est adopté pour le nez 5 suspendu et fixé à demeure en bout
des rails 2. Dans la construction illustrée en fig. 1 et 2, on a supposé que ce nez
fixe 5 était muni de deux panneaux perforés 31, maintenus parallèlement l'un l'autre
à l'aide de loquets 32.
[0029] Le fonctionnement général de la machine suivant l'invention est analogue à celui
des machines verticales classiques. Chaque batterie à travailler, référencée B en
fig. 1 et 2, est disposée et fixée immédiatement en avant du nez 5, à l'aide d'un
dispositif de chargement et de retenue de type conventionnel, les tubes de ladite
batterie s'ouvrant en vis-à-vis du nez. La tête mobile 3 est à la position reculée
illustrée en fig. 1, les chariots 4 étant placés à des intervalles rendus réguliers
par des chaînettes 35 les reliant les uns aux autres.
[0030] Les tiges de dilatation 27 étant convenablement mises en place, il suffit d'actionner
le moto-réducteur 7 associé à la vis 6 pour opérer le déplacement lent de la tête
3 et l'enfoncement force des tiges 27 dans les tubes de la batterie B, les chariots
de guidage 4 étant eux-mêmes successivement déplacés par le mouvement d'avance de
la tête 3. On arrive ainsi à la position représentée en fig. 2 et l'on comprend que
la rotation de la vis 6 en sens inverse assure le retour de l'ensemble à la position
suivant fig. 1.
[0031] L'adaptation de la machine à un autre type de batteries B est susceptible d'être
réalisée très rapidement. Les tiges 27 sont démontées de la tête 3 moyennant actionnement
du vérin 26 attelé à la plaque coulissante 21 qui les maintenait, et elles sont dégagées
des chariots 4 et du nez 5 par l'avant de la machine. Après actionnement des vérins
d'indexage 19, le volant 17 est manoeuvré pour amener à la position utile le jeu 20-21
comportant la géométrie désirée et l'on remplace les panneaux perforés 31 des chariots
4 et du nez 5 par ceux présentant la géométrie en cause. Il suffit alors d'engager
les tiges 27 dans les nouveaux panneaux et dans la tête 3 et de faire cesser la commande
du vérin 26, les ressorts 26 ramenant alors la plaque 21 à la position de verrouillage.
[0032] Il n'est pas sans intérêt d'observer que l'orientation horizontale de la machine
simplifie l'ensemble des manoeuvres d'adaptation, les opérateurs pouvant se placer
latéralement en avant du nez 5.
1. Machine pour la dilatation des tubes des batteries d'échange thermique du type aileté,
du genre comprenant une tête mobile (3) équipée de tiges de dilatation (27), une série
de chariots de guidage (4), un nez fixe (5) et des moyens (6-7-8) pour déplacer ladite
tête et enfoncer ainsi à force les tiges précitées dans les tubes d'une batterie (B)
maintenue fixe en avant du nez, caractérisée en ce que la tête mobile (3) comporte
un barillet (10) à section polygonale dont certaines au moins des faces sont équipées
de moyens (20-21) propres à assurer la fixation des extrémités arrière des tiges de
dilatation (27), lesquels moyens sont disposés suivant des géométries différentes
sur les différentes faces du barillet précité.
2. Machine suivant la revendication 1, caractérisée en ce que les moyens de fixation
portés par certaines au moins des faces du barillet comprennent en combinaison une
paroi antérieure perforée (20) et une plaque mobile (21) percée de boutonnières (21a) disposées en coïncidence avec les perforations (20a) de la paroi précités.
3. Machine suivant la revendication 2, caractérisée en ce que les boutonnières (21a) de la plaque mobile (21) présentent une première partie à profil semi-circulaire
et une seconde partie à profil allongé dont la largeur est inférieure au diamètre
de la première partie, tandis que l'extrémité arrière de chacune des tiges (27) comporte
une partie amincie ou gorge (27a).
4. Machine suivant la revendication 3, caractérisée en ce qu'à chaque plaque mobile (21)
sont associés d'une part des moyens élastiques (24) aptes à la maintenir en position
de verrouillage, d'autre part un vérin (26) propre à la repousser à l'encontre de
ces moyens élastiques.
5. Machine suivant l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisée en ce qu'au
barillet (10) sont associés d'une part un mécanisme de manoeuvre en rotation (17),
d'autre part des moyens d'indexage (18-19).
6. Machine suivant l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisée en ce que
les chariots de guidage (4) et le nez fixe (5) sont conformés pour recevoir au moins
un panneau perforé amovible (31) convenablement retenu en place.
7. Machine suivant l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisée en ce que
la tête (3) et les chariots de guidage (4) sont mobiles le long de rails (2) orientés
à l'horizontale.