[0001] L'invention concerne un revêtement pour la protection personnelle d'un fantassin,
compatible avec la protection contre les éclats et permettant une réduction de la
signature radar et infrarouge du fantassin.
[0002] Le domaine d'application de la présente invention concerne les revêtements pour la
protection personnelle des fantassins en opération sur un champ de bataille.
[0003] La protection personnelle est uniquement basée aujourd'hui sur la protection contre
les éclats de projectiles, sur la discrétion dans le domaine de fréquences du visible,
et la protection NBC (Nucléaire Biologique Chimique).
[0004] Il est connu, pour assurer la protection contre les éclats, d'utiliser des structures
métalliques, solution de plus en plus remplacée par des structures composites à base
de fibres aramides, ou de polyamides.
[0005] Les deux zones du corps humain protégées sont la tête par le casque, et le tronc
par un gilet. Pour ce qui est de la réduction de la signature dans le domaine de fréquences
du visible, elle repose principalement sur un bariolage de type traditionnel. Ce bariolage
peut avoir un aspect bidimensionnel sur un tissu, ou tridimensionnel sur un filet
de camouflage.
[0006] Lors d'une mission de pénétration à l'intérieur des lignes ennemies, le fantassin
peut être confronté à une menace de détection radar et /ou infrarouge. Le type de
menace radar considéré dans la présente invention est une double menace : une première
menace émanant d'un radar de surveillance de champ de bataille fonctionnant typiquement
autour de 10 GHz, et une deuxième menace émanant d'un radar de désignation de cible
fonctionnant typiquement dans la bande 36 à 37 GHz. Ces deux types de radar possèdent
une portée de l'ordre de 10 à 20 km. La portée du premier est d'environ 7 km pour
une personne, et d'environ 15 km pour un véhicule. Quant au deuxième type de radar,
il est plus spécifiquement utilisé pour la désignation de véhicule, mais représente
toutefois une menace réelle pour les fantassins.
[0007] Les protections personnelles pour fantassins connues à l'heure actuelle ne permettent
pas de protéger les fantassins contre de telles menaces.
[0008] L'invention a pour but de pallier l'inconvénient précité.
[0009] A cet effet, elle a pour objet un revêtement pour la protection personnelle d'un
fantassin, compatible avec la protection contre les éclats, et permettant une réduction
de la signature radar et infrarouge du fantassin, caractérisé en ce qu'il est formé
d'un empilement de couches de matériaux isotropes et homogènes aux fréquences considérées,
absorbant les ondes électromagnétiques, radar, reçues par le revêtement ; l'empilement
comportant, en partant de sa couche la plus externe :
- une couche discrète pour les fréquences visibles et infrarouges, d'épaisseur déterminée,
de permittivité diélectrique déterminée et d'émissivité proche de 1 pour les bandes
de fréquences infrarouges considérées ;
- une couche résistive, de résistivité électrique et d'épaisseur déterminée pour que
l'inverse de leur produit présente une résistance de surface déterminée ;
- une couche de matériau diélectrique d'épaisseur déterminée et de permettivité diélectrique
déterminée ; et
- une couche conductrice de conductivité électrique déterminée pour être considérée
comme un plan réflecteur pour les fréquences radar considérées ;
[0010] l'épaisseur et la résistivité de la couche résistive ainsi que l'épaisseur et les
propriétés éléctromagnétiques de la couche diélectrique étant adaptées pour optimiser
l'interaction destructive entre les réflexions et les transmissions multiples créées
aux interfaces de chacune des couches du revêtement, afin que ce dernier apparaisse
globalement vis-à-vis de l'extérieur comme un matériau absorbant pour les bandes de
fréquences considérées.
[0011] Le revêtement selon l'invention est notamment optimisé pour les bandes de fréquences
radar X et Ka, ainsi que dans les bandes II et III de l'infrarouge.
[0012] L'invention concerne également une tenue de combat pour fantassin réalisée à partir
d'un revêtement comportant :
- une première partie de revêtement protégeant la tête et le tronc du fantassin ; la
couche diélectrique du revêtement étant en matériau diélectrique sensiblement rigide
pour assurer une protection contre les éclats ;
- une deuxième partie du revêtement recouvrant les membres inférieurs et supérieurs
du fantassin ; la couche diélectrique du revêtement étant en matériau diélectrique
souple, de propriétés diélectriques proches de celles du matériau diélectrique sensiblement
rigide, permettant d'assurer la mobilité des membres inférieurs et supérieurs du fantassin.
[0013] La présente invention a pour avantage de proposer une structure de revêtement pour
fantassin compatible avec un usage militaire, c'est-à-dire imperméable, souple, résistant,
permettant une réduction de la signature radar et infrarouge, tout en restant compatible
avec la protection contre les éclats d'obus, de mines, etc...
[0014] Cette structure peut convenir aussi bien pour recouvrir un casque que pour un vêtement,
la seule différence entre les deux applications étant la souplesse globale des deux
structures ; structure souple pour le vêtement et structure rigide pour le casque.
[0015] D'autres avantages et caractéristiques de la présente invention apparaîtront plus
clairement à la lecture de la description qui suit et des figures annexées qui représentent
:
- la figure 1, une coupe transversale d'un revêtement selon l'invention,
- les figures 2 et 3, des courbes illustrant l'évolution du coefficient de réflexion
spéculaire en puissance pour trois angles d'incidence 0, 30 et 60°, respectivement
pour les polarisations HH et VV des ondes électromagnétiques incidentes, et
- la figure 4, une tenue de combat pour fantassin réalisée à partir d'un revêtement
selon l'invention.
[0016] La menace radar considérée est un radar de surveillance de type surveillance de champ
de bataille couplé à un radar de désignation d'objectif. La menace infrarouge considérée
concerne les bandes II et III de l'infrarouge correspondant respectivement aux longueurs
d'ondes 3 à 5 µm et 8 à 12 µm.
[0017] La discrétion infrarouge, compte tenu du caractère passif du revêtement, est basé
principalement sur un écran thermique très efficace réduisant au minimum tout transfert
de chaleur dans un sens comme dans l'autre, et sur un ajustement de l'émissivité du
revêtement par rapport à celle de l'environnement.
[0018] L'écran thermique ainsi réalisé permet d'éviter le transfert de chaleur sur l'extérieur,
facteur primordial pour la détection infrarouge, mais il permet également d'éviter
le transfert de chaleur vers l'intérieur, ce qui dans le cas d'un fantassin, réduit
l'échauffement interne qui représente un facteur de confort important pour un fantassin.
[0019] La discrétion visible est basée sur le bariolage de la surface extérieure du revêtement
ou sur l'utilisation d'un filet bariolé conférant à l'ensemble un effet tridimensionnel.
Ces solutions connues sont tout à fait standard.
[0020] La discrétion radar est principalement obtenue par absorption de l'énergie des ondes
électromagnétiques reçues par le revêtement. Le phénomène de diffusion créé par le
filet utilisé pour la discrétion visible peut être éventuellement utilisé pour améliorer
encore le niveau de performance.
[0021] La figure 1 illustre un schéma en coupe transversale d'un revêtement selon l'invention.
[0022] Le revêtement selon l'invention est formé d'un empilement de quatre couches successives
1 à 4. La définition de chacune de ces couches donnée ci-après à titre d'exemple non
limitatif, représente une solution optimale pour la réduction de la signature radar
dans les bandes de fréquence considérées.
[0023] La définition de chacune de ces couches 1 à 4 est donnée ci-après en partant de la
couche 1 la plus externe du revêtement.
[0024] La première couche 1 a plusieurs fonctions : elle constitue un écran contre les intempéries
et est formée par exemple d'un film imperméable et résistant, d'épaisseur faible,
d'environ 150 µm. Cette couche 1 peut être par exemple un film de PVC, abréviation
anglo-saxonne pour " PolyVinyle Chlorid ". Cet écran permet également la réduction
de la signature infrarouge et visible, car cette première couche 1, qui est la couche
la plus externe, est recouverte d'un bariolage bidimentionnel ou tridimentionnel d'émissivité
proche de 1 pour les bandes de fréquences infrarouges considérées.
[0025] De plus, sur le plan thermique, l'épaisseur non négligeable du revêtement selon l'invention,
environ 4 mm, assure d'excellentes propriétés thermiques garantissant l'isolation
thermique entre le corps et l'extérieur du revêtement. Cette condition est obligatoire
pour toute structure de réduction de signature infrarouge passive.
[0026] La couche 2 est une couche résistive. Son rôle est de créer le meilleur compromis
entre les réflexions et les transmissions multiples créées aux interfaces de chacune
des couches 1 à 4 du revêtement pour assurer la meilleure interaction destructive
possible quand le revêtement reçoit une onde électromagnétique.
[0027] L'épaisseur et la résistivité de cette couche 2 sont adaptées pour optimiser les
interactions destructives pour que le revêtement selon l'invention apparaisse globalement
comme un matériau absorbant pour les bandes de fréquences considérées.
[0028] L'épaisseur de la couche 2 est d'environ 200 µm. Sa conductivité électrique et son
épaisseur sont adaptées pour que l'inverse de leur produit, qui représente une résistance
de surface, soit proche de 330Ω.
[0029] Typiquement, cette couche résistive est réalisée en fibre textile chargée de carbone.
[0030] La couche 3 est une couche en matériau diélectrique sensiblement rigide, comportant
une épaisseur et des propriétés mécaniques permettant d'assurer également la protection
du fantassin contre les éclats et balles, comme par exemple un aramide, un polycarbonate,
etc...
[0031] Elle permet également de fixer les bandes des fréquences radar absorbées par interférences
destructives. Les énergies mises en jeu dans ce cas sont faibles, par conséquent aucune
élévation de température pouvant nuire à la discrétion infrarouge n'est observée.
[0032] La couche 4 est une couche réflectrice de conductivité électrique tendant vers l'infini,
généralement supérieure ou égale à 10
4Ω
-1.m
-1, ce qui correspond à une résistance de surface comprise entre environ quelques ohms
et une dizaine d'ohms en fonction de l'épaisseur de la couche 4. Elle définit le plan
réflecteur de référence du revêtement suivant l'invention. Elle est constituée par
exemple d'un film d'aluminium d'épaisseur d'environ 50 µm.
[0033] La distance entre ce plan de référence et le reste du revêtement, c'est-à-dire l'empilement
des différentes couches 1 à 4 décrites ci-dessus, est déterminée et fixe afin d'atteindre
l'optimisation souhaitée.
[0034] Les matériaux cités ci-dessus doivent être isotropes et homogènes aux fréquences
considérées. Ces conditions sont nécessaires en raison des théories utilisées pour
l'optimisation. Les caractéristiques non précisées sont supposées quelconques.
[0035] Le revêtement selon l'invention est compatible de la protection contre les éclats.
Soit la structure assurant la protection contre les éclats rentre dans la définition
de l'écran absorbant radar au niveau de la couche 3 formée par le matériau diélectrique,
soit elle ne rentre pas dans la définition de l'écran radar et dans ce cas, elle est
placée derrière le plan réflecteur formé par la couche 4 qui est la couche la plus
interne du revêtement.
[0036] Les différentes couches 1 à 4 et leurs caractéristiques qui viennent d'être définies
sont reportées ci-dessous sous forme d'un tableau synthétique ci-après appelé tableau
1.
TABLEAU 1
| Couches |
Caractéristiques de la couche |
| 1 |
Matériau diélectrique imperméable de permittivité 2,85 pour la partie réelle, d'épaisseur
150 µm (par exemple un film PVC) |
| 2 |
Matériau de résistance de surface d'environ 330Ω égale à l'inverse du produit de la
conductivité électrique et de l'épaisseur (par exemple 200 µm d'épaisseur et 15Ω-1.m-1) (par exemple tissu polyamide chargé carbone) |
| 3 |
Permittivité diélectrique de 3,2 et épaisseur 3,4 mm (par exemple tissu d'aramide) |
| 4 |
Conductivité électrique pouvant être considérée comme infinie environ 104Ω-1.m-1, et d'épaisseur au moins égale à quelques microns (par exemple film d'aluminium) |
[0037] Les figures 2 et 3 illustrent l'évolution du coefficient de réflexion spéculaire
en puissance en dB, pour le revêtement selon l'invention tel que défini précédemment,
pour trois angles d'incidence, 0°, 30° et 60°, respectivement, pour les polarisations
HH et VV ; HH et VV signifiant respectivement une polarisation horizontale-horizontale
et une polarisation verticale-verticale de l'onde électromagnétique. Le premier terme
correspond à la polarisation de l'onde incidente, et le deuxième terme à celle de
l'onde réfléchie. Le calcul est basé sur les conditions de passage au travers d'un
dioptre.
[0038] Les valeurs du coefficient de réflexion spéculaire en dB pour les trois angles d'incidence
0, 30 et 60°, pour les deux polarisations HH et VV, et pour les fréquences 10 GHz
et 36,5 GHz qui correspond à la valeur moyenne de la bande passante du radar de désignation
de cible, sont reportées dans le tableau 2 suivant :
TABLEAU 2
| |
Polarisation HH |
Polarisation VV |
| Angle d'incidence |
10 GHz |
36,5 GHz |
10 GHz |
36,5 GHz |
| 0° |
-13 |
-20 |
-13 |
-20 |
| 30° |
-11 |
-20 |
-13 |
-20 |
| 60° |
-6 |
-6 |
-8 |
-7 |
[0039] Les valeurs en incidence ne sont données qu'à titre indicatif car, dans une telle
application où la forme de la cible est simple, seule la valeur en incidence normale
est réellement représentative de la réduction de signature radar de la cible.
[0040] Le tableau 3 suivant permet d'illustrer l'intervalle de valeurs dans lequel les caractéristiques
données peuvent varier tout en permettant une valeur du coefficient de réflexion spéculaire
en incidence normale de -10dB pour les deux bandes radar considérées, 10 et 36-37
Ghz, pour une résistance de surface d'environ 330n pour la couche 2.
TABLEAU 3
| Couche |
Permittivité (réelle) |
Conductivité électrique (Ω-1.m-1) |
Epaisseur |
| 1 |
1-8 |
- |
< 650 µm |
| 2 |
- |
9-108 |
< 320 µm |
| 3 |
2,4-3,6 |
0-1 |
3,1-3,6 mm |
[0041] Une épaisseur typique moyenne d'un revêtement selon l'invention est inférieure ou
égale à environ 4 mm. L'augmentation de masse du revêtement liée aux propriétés de
la réduction de SER, abréviation pour Surface Equivalente Radar, est négligeable devant
la masse du revêtement de base car une masse initiale minimale est imposée pour la
protection contre les éclats.
[0042] En conservant les performences de réduction de la SER du revêtement selon l'invention,
un gain de masse peut être obtenu, par exemple en remplaçant l'aramide constituant
le matériau de la couche 3 par un textile moins dense, par exemple du PVC ; toutefois,
dans ce cas, la protection contre les éclats n'est plus assurée.
[0043] Les performances d'un revêtement selon l'invention sont données ci-après à titre
d'exemple non limitatif. Compte tenu de la forme simple d'un corps humain, on peut
supposer qu'il se comporte comme une structure plane, voire convexe (pas d'effet de
dièdre, trièdre...) vis-à-vis des ondes électromagnétiques.
[0044] En partant de cette approximation, on peut déduire de la seule valeur du coefficient
de réflexion spéculaire en incidence normale à 10 GHz, la réduction de portée d'un
radar du type radar de surveillance de champ de bataille. La portée de ce radar, pour
une cible humaine, passe de 7 km à 3,3 km.
[0045] En partant du principe que seul le tronc et la tête du fantassin sont à protéger
contre les éclats ou plus généralement les parties vitales du fantassin, un revêtement
selon l'invention peut s'appliquer à la réalisation d'une tenue de combat protégeant
le fantassin contre les éclats et autres projectiles.
[0046] La figure 4 illustre un fantassin 5 portant une tenue de combat réalisée à partir
d'un revêtement selon l'invention.
[0047] Selon ce principe, la troisième couche diélectrique 3 du revêtement selon l'invention
recouvrant le casque 6 et formant le gilet 7 de la tenue de combat, est réalisée dans
un matériau du type aramide, polycarbonate, etc... Cette couche diélectrique peut
soit être rapportée sur le casque ou faire partie intégrante du casque.
[0048] Les zones de protection assurées par le gilet peuvent s'étendre en débordant sur
les membres sans pour autant entraver les mouvements du fantassin en opération.
[0049] La troisième couche diélectrique 3 du revêtement recouvrant les membres inférieurs
8 et supérieurs 9, est réalisée dans un matériau diélectrique plus souple, tel qu'un
tissu, dont les propriétés diélectriques sont proches de celles de l'aramide.
[0050] Une tenue de combat telle que décrite précédemment doit être conçue pour ne pas gêner
les mouvements du fantassin 5 en opération.
[0051] La tenue de combat peut être en outre équipée d'un système de ventilation par convection
naturelle ou forcée.
[0052] Le casque 6 recouvert d'un revêtement selon l'invention peut être muni en outre d'une
visière 10 transparente pour les fréquences du domaine visible, portant des filtres
anti-laser, réfléchissante pour les longueurs d'onde dans l'infrarouge et traitée
pour minimiser la surface équivalente radar. Le casque 6 est d'autre part conformé
pour présenter des facettes interdisant les réflexions spéculaires dans les directions
d'incidence radar.
[0053] Enfin, l'ensemble de la tenue de combat peut être rendu imperméable aux produits
toxiques utilisés sur champ de bataille. C'est à la première couche externe 1 qu'est
imparti ce rôle.
1. Revêtement pour la protection personnelle d'un fantassin, compatible avec la protection
contre les éclats, et permettant une réduction de la signature radar et infrarouge
du fantassin, caractérisé en ce qu'il est formé d'un empilement de couches (1 à 4)
de matériaux isotropes et homogènes aux fréquences considérées, absorbant les ondes
électromagnétiques radar reçues par le revêtement pour optimiser simultanément la
signature radar du fantassin dans des bandes de fréquences déterminées ; l'empilement
comportant, en partant de sa couche la plus externe :
- une couche (1) discrète pour les fréquences visibles et infrarouges, d'épaisseur
déterminée, de permittivité diélectrique déterminée et d'émissivité proche de 1 pour
les bandes de fréquences infrarouges considérées ;
- une couche (2) résistive, de résistivité électrique et d'épaisseur déterminées pour
que l'inverse de leur produit présente une résistance de surface déterminée ;
- une couche (3) de matériau diélectrique d'épaisseur et de permittivité diélectrique
déterminées ; et
- une couche conductrice (4) de conductivité électrique déterminée pour être considérée
comme un plan réflecteur pour les fréquences radar considérées ;
l'épaisseur et la résistivité de la couche résistive (2) ainsi que l'épaisseur
et les propriétés éléctromagnétiques de la couche diélectrique (3) étant adaptées
pour optimiser l'interaction destructive entre les réflexions et les transmissions
multiples créées aux interfaces de chacune des couches (1 à 4) du revêtement, afin
que ce dernier apparaisse globalement vis-à-vis de l'extérieur comme un matériau absorbant
pour les bandes de fréquences considérées.
2. Revêtement selon la revendication 1, caractérisé en ce que la couche (1) discrète
pour les fréquences visibles et infrarouges comporte un bariolage bidimensionnel ou
tridimensionnel d'émissivité proche de 1 pour les bandes de fréquences infrarouges.
3. Revêtement pour la protection personnelle d'un fantassin, compatible avec la protection
contre les éclats et permettant une réduction de la signature radar et infrarouge
du fantassin, caractérisé en ce qu'il est formé d'un empilement de couches (1 à 4)
de matériaux isotropes et homogènes aux fréquences considérées, absorbant les ondes
électromagnétiques radar reçues par le revêtement pour optimiser simultanément la
signature radar du fantassin dans les bandes de fréquence radar respectivement X et
Ka ; l'empilement comportant en partant de sa couche la plus externe :
- une couche (1) discrète pour les fréquences visibles et infrarouges, d'épaisseur
déterminée, de permittivité diélectrique déterminée et d'émissivité proche de 1 pour
les bandes de fréquences infrarouges considérées ;
- une couche (2) résistive, de résistivité électrique et d'épaisseur déterminées pour
que l'inverse de leur produit présente une résistance de surface déterminée ;
- une couche (3) de matériau diélectrique d'épaisseur et de permittivité diélectrique
déterminées ; et
- une couche conductrice (4) de conductivité électrique déterminée pour être considérée
comme un plan réflecteur pour les fréquences radar considérées ;
l'épaisseur et la résistivité de la couche résistive (2) ainsi que l'épaisseur
et les propriétés éléctromagnétiques de la couche diélectrique (3) étant adaptées
pour optimiser l'interaction destructive entre les réflexions et les transmissions
multiples créées aux interfaces de chacune des couches (1 à 4) du revêtement, afin
que ce dernier apparaisse globalement vis-à-vis de l'extérieur comme un matériau absorbant
pour les bandes de fréquences considérées.
4. Revêtement selon la revendication 3, caractérisé en ce que la couche (1) discrète
pour les fréquences visibles et infrarouges a une épaisseur comprise entre une épaisseur
proche de 0 et environ 650 µm, et une permittivité diélectrique complexe dans les
deux bandes dont la partie réelle est comprise entre environ 1 et 8.
5. Revêtement selon la revendication 3, caractérisé en ce que la couche résistive (2)
a une épaisseur et une conductivité électrique déterminées pour que la résistance
de surface de la couche (2) soit environ égale à 330Ω.
6. Revêtement selon la revendication 3, caractérisé en ce que la couche de matériau diélectrique
(3) a une épaisseur comprise entre environ 3,1 et 3,6 mm, une conductivité électrique
comprise entre environ 0 et 1Ω-1.m-1 , et une permittivité complexe dont la partie réelle est comprise entre environ 2,4
et 3,6.
7. Revêtement selon l'une quelconque des revendications 3 à 6, caractérisé en ce que
la couche (1) discrète pour les fréquences visibles et infrarouges comporte un bariolage
bidimensionnel ou tridimensionnel d'émissivité proche de 1 pour les bandes I et II
de l'infrarouge.
8. Revêtement pour fantassin compatible de la protection contre les éclats et permettant
une réduction de la signature radar et infrarouge du fantassin, caractérisé en ce
qu'il est formé d'un empilement de couches (1 à 4) de matériaux isotropes et homogènes
aux fréquences considérées, absorbant les ondes électromagnétiques radar reçues par
le revêtement pour optimiser simultanément la signature radar de la cible dans les
bandes de fréquences radar respectivement X et Ka ; l'empilement comportant en partant
de sa couche la plus externe :
- une couche (1) de matériau diélectrique imperméable de permittivité complexe dont
la partie réelle est égale à environ 2,85 et d'épaisseur égale à environ 150 µm,
- une couche (2) résistive de résistance de surface égale à environ 330 et correspondant
à l'inverse du produit de la conductivité électrique égale à environ 15Ω-1.m-1 et d'épaisseur environ égale à 200 µm,
- une couche (3) de matériau diélectrique de permittivité diélectrique complexe dont
la partie réelle est environ égale à 3,2 et d'épaisseur environ égale à 3,4 mm, et
- une couche (4) conductrice d'épaisseur au moins égale à quelques µm, et de conductivité
électrique pouvant être considérée comme infinie ; l'épaisseur et la résistivité de
la couche résistive (2) ainsi que l'épaisseur et les propriétés électromagnétiques
de la couche diélectrique (3) étant adaptées pour optimiser l'interaction destructive
entre les réflexions, et les transmissions multiples créées aux interfaces de chacune
des couches (1 à 4) du revêtement, afin que ce dernier apparaisse globalement vis-à-vis
de l'extérieur comme un matériau absorbant pour les bandes de fréquences considérées.
9. Revêtement selon la revendication 8, caractérisé en ce que :
- la couche (1), discrète pour les fréquences visibles et infrarouges est un film
PVC,
- la couche (2) résistive est un tissu polyamide chargé de carbone,
- la couche (3) de matériau diélectrique est un tissu d'aramide, et
- la couche (4) conductrice est un film d'aluminium.
10. Revêtement selon la revendication 9, caractérisé en ce que la couche (1) en PVC comporte
un bariolage bidimensionnel ou tridimensionnel d'émissivité proche de 1 pour les bandes
de fréquences infrarouges.
11. Revêtement selon la revendication 9, caractérisé en ce que la couche (1) en PVC est
recouverte d'un filet en PVC bariolé avec de la peinture polyuréthanne.
12. Tenue de combat pour fantassin (5) réalisée à partir d'un revêtement selon l'une quelconque
des revendications 1 à 11, caractérisée en ce qu'elle comporte :
- une première partie de revêtement protégeant la tête (6) et le tronc (7) du fantassin
(5) ; la couche (3) diélectrique du revêtement étant en matériau diélectrique sensiblement
rigide possédant une épaisseur et des propriétés mécaniques déterminées pour assurer
une protection contre les éclats ;
et en ce qu'elle comporte :
- une deuxième partie du revêtement recouvrant les membres inférieurs (8) et supérieurs
(9) du fantassin (5) ; la couche (3) diélectrique du revêtement étant en matériau
diélectrique souple, de propriétés diélectriques proches de celles du matériau diélectrique
sensiblement rigide, permettant d'assurer la mobilité des membres inférieurs (8) et
supérieurs (9) du fantassin (5).
13. Tenue de combat selon la revendication 12, caractérisée en ce que le matériau diélectrique
sensiblement rigide est de l'aramide, et en ce que le matériau diélectrique souple
est en PVC.
14. Tenue de combat selon l'une quelconque des revendications 12 et 13, caractérisée en
ce qu'elle est équipée d'un système de ventilation par convection naturelle ou forcée.
15. Tenue de combat selon l'une quelconque des revendications 12 à 14, caractérisée en
ce que le casque (6) comporte des facettes interdisant les réflexions spéculaires
dans les directions d'incidence radar, et en ce qu'il comporte une visière (10) transparente
pour les fréquences visibles, portant des filtres anti-laser, réfléchissante pour
les fréquences infrarouges et traitée pour minimiser la surface équivalente radar.
16. Tenue de combat selon l'une quelconque des revendications 12 à 15, caractérisée en
ce que la surface externe de la tenue de combat correspondant à la première couche
(1) du revêtement est rendue imperméable aux produits toxiques habituellement utilisés
sur un champ de bataille.