[0001] L'invention est relative à une roue pour patin à roulettes, notamment pour un patin
à roues en ligne.
[0002] La pratique du patin à roulettes s'effectue sur des surfaces de natures et de qualités
diverses. Les irrégularités de surfaces peuvent provoquer des chocs ou vibrations
transmises aux pieds du patineur. Pour limiter les effets de telles irrégularités
on a déjà proposé une roue comprenant, autour d'un moyeu, une couche d'amortissement
intermédiaire entre le moyeu et une bande de roulement.
[0003] Mais comme la couche d'amortissment est d'autant plus efficace qu'elle est épaisse
une telle roue est sensible aux chocs latéraux.
[0004] De plus, on a constaté qu'une roue présentant une épaisseur de matière d'amortissement
suffisante était, dans certaines circonstances, peu stable et difficile à manoeuvrer.
[0005] L'invention remédie à ces inconvénients.
[0006] Elle est basée sur la constatation qu'une épaisseur de matériau d'amortissement trop
importante entraîne des flexions en direction latérale, notamment lors des changements
de direction du patineur, et que ces flexions altèrent la stabilité et la manoeuvrabilité
du patin.
[0007] La demande de brevet EP-A2- 0 714 682 concerne une roue de patin en ligne comprenant
un moyeu entouré d'une pluralité de couches de matériau disposées concentriquement
autour du moyeu ; chacune des couches consistant en un matériau ayant une dureté prédéterminée.
Dans la disposition recommandée, la couche interne est plus molle que la couche externe.
Le moyeu est muni de nervures de renfort internes noyées dans la couche interne pour
prévenir la surflexion naturelle latérale du fait de la plus grande déformabilité
de la couche interne relativement à la couche externe. L'inconvénient provient de
ce que la libre déformation au coeur de la couche interne est affectée par la nervure
du moyeu. La couche interne n'a donc pas la capacité de procurer les propriétés mécaniques
attendues telles que la résilience due à l'effet de rebond et l'amortissement.
[0008] Le brevet US 2,241,685 concerne une roue pour patins comprenant une portion interne
de bandage relativement fine assurant l'accrochage d'une portion externe plus souple
et plus épaisse avec le moyeu. La portion interne de fixation est réalisée dans un
caoutchouc vulcanisé en place sur le moyeu pour favoriser l'adhésion. Le moyeu est
aussi muni de protubérances internes permettant d'augmenter l'accroche mécanique de
la portion interne sur le moyeu.
[0009] Il existe donc un besoin de proposer une structure de roue simplifiée qui apporte
à la fois une bonne adhérence du bandage sur le moyeu sans risque de déjantage ou
surflexion latérale et tout en n'affectant pas, ou le moins possible, les propriétés
propres de la (des) couche(s) formant le bandage.
[0010] La roue selon l'invention est caractérisée en ce qu'elle comporte un moyeu dont la
surface extérieure a une section sensiblement en forme de U dont les branches forment
des flasques ou couronnes emprisonnant une couche de roulement et/ou d'amortissement
qui dépasse des branches, à l'opposé de la base du U.
[0011] Les flasques ou couronnes confèrent à la roue une rigidité latérale empêchant la
flexion, notamment lors des changements de direction, ce qui est favorable à la stabilité
et à la manoeuvrabilité. De ce fait, la couche d'amortissement peut présenter une
épaisseur plus importante que dans les patins connus sans préjudice pour la stabilité
et manoeuvrabilité.
[0012] De préférence, les flasques ont une épaisseur faible, c'est-à-dire une extension
limitée en direction parallèle à l'axe, de façon à maximiser l'extension axiale de
la couche d'amortissement.
[0013] Les flasques emprisonnant la couche d'amortissement empêchent la déformation de cette
dernière en direction axiale. Il en résulte une amélioration de l'amortissement.
[0014] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront avec la description
de certains de ses modes de réalisation, celleci étant effectuée en se référant aux
dessins ci-annexés sur lesquels :
la figure 1 est une vue en perspective d'un moyeu d'une roue conforme à l'invention,
la figure 2 est une vue en perspective et en coupe d'une roue équipée du moyeu représenté
sur la figure 1,
la figure 3 est une vue analogue à celle de la figure 1 mais pour une variante, et
la figure 4 est une vue en perspective partiellement coupée d'une roue de patin équipée
du moyeu représenté sur la figure 3.
[0015] On se réfère tout d'abord au mode de réalisation représenté sur les figures 1 et
2.
[0016] Dans ce mode de réalisation le moyeu 10 présente une âme 12 avec un trou cylindrique
central 14 dans lequel, de façon classique, est logé un roulement à billes (non montré).
Cette àme 12 se termine, en direction de l'axe 16, par des parois ou flasques d'extrémités
18 et 20, dont le diamètre extérieur est sensiblement supérieur au diamètre de la
surface extérieure 22 de l'âme 12.
[0017] Ainsi, le moyeu 10 a la forme générale d'une bobine dont la surface périphérique
a une section en U.
[0018] Le profil en U peut être rempli soit par un matériau monocouche 24 ayant des propriétés
d'adhérence et d'amortissement comme montré à la figure 2, soit par plusieurs couches
de matériaux distincts présentant chacun des qualités spécifiques d'amortissement,
d'adhérence et de dureté, comme cela sera décrit en relation avec la figure 4.
[0019] Dans le cas de la figure 2, le matériau 24 forme également la partie de roulement.
Il dépasse, en direction radiale, des flasques 18 et 20 d'une hauteur h (figure 2).
[0020] La qualité de l'amortissement dépend de l'épaisseur radiale du matériau d'amortissement,
c'est-à-dire, dans le cas de la figure 2, de la distance h' + h séparant la surface
26 en contact avec le sol de la surface extérieure 22 de l'âme 12. Cette qualité d'amortissement
dépend aussi de l'extension axiale du matériau d'amortissement.
[0021] La présence des flasques 18 et 20 permet d'augmenter l'épaisseur radiale h' + h du
matériau 24. Par exemple une roue sans flasques présente une couche d'amortissement
d'épaisseur radiale pouvant aller au maximum de 10 à 15 mm, alors qu'une roue de mêmes
dimensions et pourvue des flasques selon l'invention peut présenter une couche d'amortissement
pouvant aller jusqu'à 20 mm d'épaisseur radiale h + h', soit un gain d'au moins 5
à 10 mm. En outre, les flasques étant d'une épaisseur (en direction axiale) limitée
et se trouvant aux extrémités axiales de la roue, ils n'altèrent pas l'extension L
en direction axiale du matériau 24, ni n'altèrent la qualité de l'amortissement.
[0022] En pratique, avec la construction selon l'invention, et avec une épaisseur de flasque
18, 20, de l'ordre de 2 à 4 mm, on obtient une épaisseur entre flasques L (dimension
axiale) de la couche d'amortissement 24 (hors ouvertures 36, 38) de l'ordre de 16
à 22 mm (pour une largeur L' de roue standard de 24 mm), soit au moins le double des
épaisseurs de couche d' amortissement dans les roues connues actuellement et un ratio
L/L' de l'ordre de 67% à 92%, et en tout cas supérieur à 50%.
[0023] Par ailleurs, comme noté précédemment, cette épaisseur entre flasques L n'est interrompue
par aucune saillie radiale du moyeu qui pourrait interférer avec la fonction d'amortissement,
de sorte que l'effet d'amortissement est maximal.
[0024] De préférence, la surface extérieure 22 présente des irrégularités pour faciliter
l'accrochage du matériau 24 qui est moulé sur le moyeu.
[0025] Ces irrégularités sont constituées par des parties concaves 30, 32, séparées par
des bandes 34 de portions d'un cylindre d'axe 16 constituant des cannelures axiales.
[0026] De même pour faciliter l'accrochage du matériau 24 les flasques 18 et 20 présentent
des ouvertures 36, 38, etc ...
[0027] Dans le mode de réalisation de l'invention représenté sur les figures 3 et 4 le moyeu
50 se distingue du moyeu 10 représenté sur la figure 1 par la forme des irrégularités
de surface de l'âme 52. Ces irrégularités de surface, qui sont destinées à faciliter
l'accrochage de la matière moulée autour du moyeu, se présentent sous la forme de
cannelures 54 et 56 d'axe 58. De préférence, les cannelures ont une épaisseur relativement
faible, en tous les cas, inférieure à la hauteur h
' des flasques de façon à altérer le moins possible les propriétés mécaniques de la
couche d'amortissement. Autrement dit en section par un plan passant par l'axe 58
du moyeu la surface extérieure se présente sous la forme d'une ligne ondulée.
[0028] Par ailleurs, entre les flasques 60 et 62 (figure 4) est disposé un matériau spécifique
d'amortissement ou couche interface 64. Ce matériau 64 est emprisonné, d'une part,
dans la section en U du moyeu, et, d'autre part, dans une couche externe de roulement
66 de dureté égale ou plus importante que la couche 64. Cette couche 66 est moulée
sur la couche 64 et sur les faces externes cylindriques périphériques 70 et 72, respectivement
des flasques 60 et 62. Les mêmes remarques relative à l'épaisseur radiale h + h' ou
axiale L de la couche 24 de la figure 2 sont valables pour les dimensions h + h' ou
L de la couche amortissante 64 de la figure 4.
[0029] Le matériau d'amortissement présente une dureté shore A comprise entre 50 et 85.
Le matériau de la bande de roulement 66 présente une dureté qui est égale ou supérieure
à celle du matériau d'amortissement, dans la même gamme de 50 à 85 shore A.
[0030] Il est à noter que, quel que soit le mode de réalisation, les flasques 60, 62 (ou
18 et 20), présentent une hauteur h' au-delà de la surface extérieure ou périphérique
22 ou 52 de l'âme du moyeu qui est comprise entre 50% et 85% de la hauteur h de matériau
moulé 24, 64, dépassant de ces flasques.
[0031] Les matériaux utilisés pour constituer le moyeu sont, par exemple, l'aluminium, un
polyamide tel que le Zytel pa 6.6, un polyuréthanne tel que le matériau connu sous
la dénomination Estalloc, un polybutylène téréphtalate tel que le matériau connu sous
la dénomination Pocan, un polycarbonate tel que le matériau connu sous la dénomination
Macrolon, un alliage à base de titane ou un alliage à base de magnésium.
[0032] Divers procédés de fabrication peuvent être utilisés, en particulier le moulage par
injection, la coulée sans pression, l'estampage, le forgeage et le matriçage, ou l'extrusion/usinage.
[0033] L' estampage et le forgeage permettent une fabrication économique et confèrent une
bonne résistance mécanique. Dans ce type de fabrication, le moyeu est par exemple
fabriqué en deux parties, chaque partie étant réalisée par estampage et forgeage,
et ces deux parties sont assemblées, selon un plan perpendiculaire à l'axe, par soudage,
vissage ou collage. Selon les épaisseurs de paroi du moyeu, celui-ci peut également
être réalisé en une partie par ces procédés d'estampage ou forgeage.
[0034] Dans le cadre d'un procédé de fabrication, d'extrusion/usinage, le moyeu est de préférence
réalisé en deux parties assemblées ensuite par collage, soudage ou tout autre moyen
d'assemblage connu.
[0035] D'une façon générale, lorsque le moyeu est réalisé en deux parties, celles-ci peuvent
être obtenues par tout procédé connu tel que estampage, forgeage, extrusion, usinage,...
[0036] Pour réaliser la couche d'amortissement on peut faire appel à un polyuréthanne thermodurcissable
tel que celui connu sous la dénomination "Pur", à un polyéther, blocamide par exemple
le "Pebax", ou encore à un polybutylène téréphtalate à base de polyéther, par exemple
le "Hytrel".
[0037] Cette couche peut être moulée par injection ou par coulée.
[0038] La bande de roulement (figure 4) est réalisée en polyuréthanne thermodurcissable
chargé ou non, ou en caoutchouc. Elle est moulée par injection ou par coulée gravitée
(sans pression) ou par vulcanisation.
[0039] La roue selon l'invention assure à la fois un bon amortissement pour limiter la transmission
des chocs ou vibrations vers le pied du patineur tout en conservant une raideur suffisante
à l'égard des efforts de direction axiale pour assurer une bonne stabilité et une
bonne manoeuvrabilité du patin équipé de la roue. Dans ces conditions, la roue permet
des vitesses importantes du fait de l'augmentation du confort et du contrôle de la
conduite.
[0040] De façon générale, l'invention concerne une roue pour patins à roulettes, qui comporte
un moyeu dont la surface extérieure a une section sensiblement en forme de U et dont
les branches se trouvent aux extrémités axiales de la roue.
1. Roue pour patin à roulettes, notamment du type en ligne, caractérisée en ce qu'elle
comporte un moyeu (10 ; 50) et au moins une couche de roulement et/ou d'amortissement
;
le moyeu étant muni d'une surface extérieure (22, 52) ayant une section sensiblement
en forme de U dont les branches (18, 20 ; 60, 62) forment des flasques emprisonnant
la couche de roulement et/ou d'amortissement (24, 64) ;
la couche de roulement et/ou d'amortissement s'étendant au delà des flasques, à l'opposé
de la base du U.
2. Roue selon la revendication 1, caractérisée en ce que la couche de roulement et/ou
d'amortissement est moulée sur le moyeu.
3. Roue selon la revendication 2, caractérisée en ce que les flasques présentant des
ouvertures (36, 38) pour l'accrochage de la matière moulée.
4. Roue selon la revendication 2 ou 3, caractérisée en ce que la base du U présente des
irrégularités pour l'accrochage de la matière moulée au moyeu.
5. Roue selon la revendication 4, caractérisée en ce que les irrégularités sont sous
forme de cannelures axiales (34) ou périphériques (54, 56).
6. Roue selon la revendication 5, caractérisée en ce que les cannelures s'étendent sur
une hauteur inférieure à la hauteur des branches (18, 20, 60, 62) des flasques.
7. Roue selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce qu'elle
comporte une bande de roulement (66), la couche d'amortissement (64) étant disposée
entre la bande de roulement et le moyeu.
8. Roue selon la revendication 7, caractérisée en ce que la bande de roulement (66) forme
avec le U une surface fermée emprisonnant la couche d'amortissement.
9. Roue selon la revendication 7 ou 8, caractérisée en ce que la bande de roulement est
en une matière moulée.
10. Roue selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que
le matériau de la couche d'amortissement présente une dureté comprise entre 50 et
85 shore A.
11. Roue selon l'une quelconque des revendications 7 à 9, caractérisée en ce que la bande
de roulement est en un matériau présentant une dureté shore comprise entre 50 et 85
shore A.
12. Roue pour patin à roulettes, notamment pour patin à roues en ligne, caractérisée en
ce qu'elle comporte un moyeu (10 ; 50) dont la surface extérieure a une section sensiblement
en forme de U dont les branches forment des flasques emprisonnant un matériau qui
dépasse des flasques, à l'opposé de la base du U.
13. Roue selon l'une quelconque des revendications 1 à 12, caractérisée en ce que le moyeu
est réalisé par estampage/forgeage.
14. Roue selon l'une quelconque des revendications 1 à 13, caractérisée en ce que le moyeu
est réalisé en deux parties.
15. Roue selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que
les flasques ont une hauteur radiale (h') comprise entre 50% et 85% de la hauteur
(h) de matériau (24, 64) moulé entre ces flasques.
16. Roue selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que
l'épaisseur (L) en direction axiale de matériau (24, 64) disposé entre les flasques
(18, 20 ; 60, 62) est supérieure à la moitié de la largeur totale (L') de la roue.
17. Roue pour patin à roulettes, notamment pour patin à roues en ligne, caractérisée en
ce qu'elle comporte un moyeu et un bandage disposé concentriquement par rapport au
moyeu;
le bandage comprenant une couche interne et une couche externe;
la couche interne étant choisie parmi le polyuréthanne, le polyéther bloc amide et
le polybutylène téréphtalate;
la couche externe étant en matériau caoutchouc.