Domaine technique
[0001] La présente invention concerne des mousses de décontamination, utilisables pour la
décontamination d'équipements industriels de grand volume, notamment d'installations
nucléaires.
[0002] Elle s'applique en particulier à la décontamination d'équipements métalliques, par
exemple en acier inoxydable, pour lesquels il est intéressant de réaliser une attaque
chimique de la surface métallique afin de dissoudre superficiellement le matériau
et d'entraîner la contamination fixée dans celui-ci.
Etat de la technique antérieur.
[0003] Les mousses de décontamination sont des microdispersions ou émulsions gaz-liquides
constituées :
- d'une phase liquide formant le milieu de dispersion, qui renferme le ou les réactifs
de décontamination et le ou les additifs nécessaire(s) pour former la mousse, et
- d'une phase gazeuse constituant la phase dispersée qui est généralement formée d'air,
d'azote ou d'un gaz neutre.
[0004] Dans une telle mousse, le volume de la phase liquide peut être faible car la mousse
contient généralement 5 à 50 fois plus de gaz que de liquide. En conséquence, les
effluents actifs liquides provenant de la décontamination au moyen d'une mousse sont
sensiblement réduits.
[0005] Compte tenu du nombre important d'installations nucléaires devant être mises à l'arrêt
puis démantelées dans les prochaines décennies, on recherche des formulations de mousses
particulièrement agressives et adaptées à la décontamination de matériaux chimiquement
résistants tels certains aciers inoxydables ou l'Inconel. Pour cela, des formulations
mettant en oeuvre du Ce(IV) en milieu sulfurique ou nitrique ont été envisagées, ces
mélanges oxydants ayant donné de très bons résultats de décontamination en phase liquide.
[0006] Le document EP-A-0 526 305 [1] décrit une mousse de décontamination dans laquelle
la phase liquide comprend au moins un réactif de décontamination et deux agents tensioactifs
pour favoriser la formation de la mousse. Les réactifs de décontamination peuvent
être constitués par de l'acide sulfurique, de l'acide phosphorique et du cérium (IV).
Dans cette mousse, le cérium (IV) joue le rôle d'agent oxydant puissant, ce qui permet
dans le cas de la décontamination d'équipements en acier inoxydable, d'assurer une
attaque chimique de la surface de l'acier afin de dissoudre superficiellement celui-ci
et d'éliminer la contamination fixée.
[0007] Le document EP-A-727 243 [2] illustre aussi une mousse de décontamination utilisant
le Ce (IV) avec un acide tels que HNO3 ou H2SO4 et des tensioactifs du type sulfobétaïne
et/ou éther alkylique d'oligosaccharides.
[0008] Cependant, dans de telles compositions de mousse, la présence d'un agent oxydant
puissant tel que le cérium (IV), conduit généralement à l'oxydation du ou des tensioactif(s)
organique(s) utilisés qui comportent généralement des fonctions oxydables telles que
-COOH et -OH. De ce fait, la quantité de réactif disponible pour l'attaque de la surface
métallique s'en trouve considérablement réduite.
[0009] Ainsi, dans le cas d'une mousse conforme à l'exemple 3 du document [1], la cinétique
de réduction de la solution acide contenant le cérium (IV) est de quelques minutes,
ce qui est largement insuffisant pour réaliser une opération de décontamination.
[0010] La difficulté principale soulevée par une formulation comprenant du Ce(IV) consiste
à trouver des tensioactifs moussants susceptibles de résister au mélange fortement
oxydant associant un acide fort et le cérium IV. Pour mémoire, le potentiel normal
d'oxydoréduction du couple Ce(IV)/Ce(III) s'élève à 1,72 V. La deuxième difficulté
consiste à formuler, sur la base des tensioactifs retenus, une mousse possédant de
bonnes propriétés rhéologiques et hydrodynamiques permettant sa mise en oeuvre dans
des installations avec recirculation en boucle fermée comme celle décrite dans [1].
[0011] Aussi, les recherches ont porté sur le choix de tensioactifs compatibles avec le
Ce(IV), le critère de sélection retenu étant une réduction de Ce(IV) en Ce(III) inférieure
à 80 % sur une durée de 12 heures.
[0012] Dans le cas des tensioactifs utilisés dans [1], la cinétique de réduction du Ce(IV)
en Ce(III) est telle qu'en moins de 2 heures, le Ce(IV) est totalement réduit en Ce(III).
Le rendement d'érosion des matériaux à décontaminer est donc fortement ralenti par
la consommation de l'oxydant par les tensioactifs. Il convient donc de trouver de
meilleures formulations de mousses.
[0013] La présente invention a précisément pour objet une composition de mousse contenant
un agent oxydant tel que Ce (IV), qui permet d'éviter cet inconvénient grâce à l'utilisation
d'un tensioactif approprié, tout en présentant de bonnes propriétés de ruissellement
et en étant compatible avec une mise en oeuvre avec recirculation en boucle fermée.
Exposé de l'invention
[0014] Selon l'invention, la mousse de décontamination comprend :
a) une phase liquide constituée par une solution aqueuse comprenant :
- au moins un acide inorganique,
- au moins un agent oxydant choisi parmi l'argent (II), le cobalt (III), le permanganate
de potassium et le cérium (IV).
- un tensioactif comprenant au moins un oxyde d'amine ; et
b) une phase gazeuse dispersée dans la phase liquide.
[0015] Dans cette mousse, l'utilisation d'un tensioactif constitué par au moins un oxyde
d'amine permet d'éviter la réduction des agents oxydants mentionnés et d'obtenir ainsi
une mousse de décontamination présentant une tenue chimique significative et compatible
avec la durée d'une opération de décontamination, qui est généralement de 1 à 10 heures.
Par ailleurs, le choix de ce tensioactif permet d'obtenir une mousse ayant des propriétés
rhéologiques adaptées à la décontamination d'installations nucléaires.
[0016] Le document US-A-4 857 22, décrit l'utilisation d'oxydes d'alkyldiméthylamines comme
tensioactifs dans des compositions de nettoyage de surfaces en aluminium pour éliminer
des huiles, des lubrifiants et des résidus de poudre d'aluminium.
[0017] Les oxydes d'amines utilisés dans l'invention peuvent répondre à la formule suivante
:

dans laquelle R
1, R
2 et R
3 qui peuvent être identiques ou différents, sont des groupes hydrocarbonés de 1 à
20 atomes de carbone, éventuellement substitués, l'un au moins des R
1, R
2 et R
3 étant un groupe hydrocarboné d'au moins 8 atomes de carbone, pour que l'oxyde d'amine
puisse jouer le rôle de tensioactif.
[0018] Les groupes hydrocarbonés utilisés pour R
1, R
2 et R
3 peuvent être des groupes aliphatiques, linéaires ou ramifiés, saturés ou insaturés.
A titre d'exemple de groupes saturés, on peut citer les groupes alkyle linéaires ou
ramifiés.
[0019] Les substituants utilisables dans les groupes hydrocarbonés peuvent être par exemple
des atomes d'halogènes, des groupes amido, hydroxyles, esters,...
[0020] De préférence, les groupes R
1, R
2 et R
3 ont au plus 16 atomes de carbone.
[0021] Généralement, l'oxyde d'amine utilisé répond à la formule donnée ci-dessus dans laquelle
R
1 et R
3 sont des groupes alkyle inférieur de 1 à 4 atomes de carbone tels que les groupes
méthyle, éthyle et propyle, et R
2 est un groupe alkyle de 10 à 16 atomes de carbone.
[0022] A titre d'exemple d'oxydes d'amine utilisables dans l'invention, on peut citer les
produits commerciaux suivants :
- Aromox® fourni par la société AKZO NOBEL, et
- Ninox® fourni par la Société STEPAN.
[0023] L'Aromox®, ou cocodiméthylamine oxyde, est un mélange d'oxydes d'amines répondant
à la formule(I) donnée ci-dessus avec R
1 et R
3 représentant le groupe méthyle et R
2 étant un groupe alkyle en C
16, C
14 ou C
12.
[0024] Dans le produit commercial, l'oxyde d'amine avec R
2 en C
12 prédomine devant l'oxyde d'amine où R
2 est en C
14, puis devant l'oxyde d'amine avec R
1 en C
16.
[0025] Le Ninox FCA, ou cocamidopropylamine oxyde, est également un mélange d'oxydes d'amines
de formule (I) dans laquelle R
1 représente le groupe propyle, R
2 représente une chaîne aliphatique et R
3 est un groupe alkyle.
[0026] On peut encore utiliser les oxydes de lauramine et de myristamine commercialisés
sous les noms NINOX L et NINOX M.
[0027] On peut bien entendu utiliser dans l'invention un mélange de ces produits commerciaux.
[0028] Dans la mousse de l'invention, l'agent oxydant peut être constitué par de l'argent
(II), du cobalt (III), du permanganate de potassium ou du cérium (IV). De préférence,
on utilise le cérium (IV).
[0029] L'acide utilisé dans la phase liquide de la mousse peut être l'acide nitrique, l'acide
sulfurique ou des mélanges de ceux-ci.
[0030] De préférence, la concentration en acide de la solution aqueuse est de 0,3 N à 4
N.
[0031] Elle est choisie en fonction du traitement de décontamination envisagé, et aussi
du tensioactif utilisé pour qu'il reste soluble dans la solution aqueuse.
[0032] Ainsi, dans le cas de l'Aromox®, lorsqu'on utilise l'acide nitrique, la concentration
en acide nitrique de la phase liquide est faible, par exemple de 0,3 à 2 mol/l, et
de préférence de 0,3 à 0,35 mol/l, en raison des problèmes d'insolubilité partielle
de cet oxyde d'amine en milieu nitrique. Une acidité trop faible, par exemple inférieure
à 0,3 N, n'est pas souhaitable car elle conduit à l'insolubilisation du cérium. A
l'inverse une acidité importante conduit à des cinétiques de solubilisation du cérium
plus lentes et n'augmente pas par ailleurs l'efficacité du procédé de manière significative.
[0033] Une acidité de l'ordre de 2N convient en particulier pour la décontamination de surfaces
en acier inoxydables.
[0034] Le cérium (IV) peut être présent dans la phase liquide de la mousse sous la forme
de sulfate de cérium ou de nitrate double d'ammonium et de cérium. Lorsque l'acide
inorganique est l'acide nitrique, on préfère ajouter le cérium à la phase liquide
sous la forme de nitrate en électrogénérant celui-ci dans une cellule d'électrolyse
à partir du nitrate de cérium (III). En effet, ceci permet d'éviter l'introduction
dans la mousse d'ions sulfate ou ammonium qui pourraient être gênants.
[0035] La concentration en cérium (IV) de la phase liquide de la mousse est avantageusement
de 0,01 à 0,2 mol/l. La valeur optimale se situe autour de 0,05 mol/l.
[0036] Dans la phase liquide de la mousse, la concentration totale en tensioactif à base
d'oxyde d'amine se situe généralement dans la gamme de 5 à 50 g/l.
[0037] Cette concentration est choisie en fonction de l'oxyde d'amine utilisé.
[0038] Ainsi, dans le cas où l'oxyde d'amine est l'Aromox®, on utilise avantageusement une
concentration en Aromox® d'environ 10 à 40 g/l, et de préférence de 25 à 30 g/l.
[0039] Dans le cas du Ninox®, on peut également utiliser des concentrations de 10 à 40 g/l,
mais de préférence de 20 à 30 g/l.
[0040] Le Ninox® conduit à des mousses plus sèches et plus stables ayant donc une durée
de vie plus longue tandis que l'Aromox® a tendance à humidifier la mousse et à diminuer
sa stabilité.
[0041] Lorsque le tensioactif est constitué par un mélange d'oxydes d'amines, on choisit
une concentration adaptée en fonction des proportions des oxydes d'amines dans le
mélange.
[0042] A titre d'exemples, on donne ci-après les formulations de trois solutions aqueuses
destinées à former la phase liquide de mousses conformes à l'invention.
1. Solution aqueuse comprenant :
- 0,3 à 2 mol/l de HNO3,
- 0,01 à 0,1 mol/l de cérium (IV), et
- 25 à 30 g/l d'oxyde de cocodiméthylamine.
2. Solution aqueuse comprenant :
- 0,2 à 3 mol/l de H2SO4,
- 0,01 à 0,2 mol/l de cérium (IV), et
- 25 à 30 g/l d'oxyde de cocodiméthylamine.
3. Solution aqueuse comprenant :
- 0,3 à 2 mol/l de HNO3,
- 0,01 à 0,1 mol/l de cérium (IV), et
- 20 à 30 g/l d'oxyde de cocamidopropylamine.
[0043] Pour préparer la phase liquide de la mousse, on peut opérer de la façon suivante.
On introduit tout d'abord le ou les acides dans une cuve agitée, puis on ajoute le
cérium (IV) sous la forme de sulfate de cérium, de nitrate double de cérium et d'ammonium
ou de cérium (IV) électrogénéré à partir de nitrate de cérium (III), et on ajoute
en dernier le ou les tensioactifs à base d'oxyde d'amine. Cet ordre d'introduction
est choisi pour faciliter la solubilisation du cérium (IV) car celle-ci diminue en
présence des tensioactifs.
[0044] Après avoir préparé la phase liquide, on utilise une technique classique pour préparer
la mousse. Ceci peut être effectué en utilisant un générateur de mousse dans lequel
on fait passer la phase gazeuse sous pression dans un diffuseur mis au sein de la
phase liquide introduite dans le générateur. La dimension des bulles de gaz est fonction
du débit de phase gazeuse, de sa répartition à travers les pores de la plaque frittée
constituant le diffuseur et surtout de la perte de charge provoquée par le garnissage
poreux. Avec un tel générateur de mousse, on règle la teneur en gaz de la mousse en
choisissant de façon appropriée les débits et les pressions d'introduction de la phase
liquide et de la phase gazeuse dans le générateur. La phase gazeuse peut être un gaz
ou un mélange de gaz, par exemple l'oxygène, le dioxyde d'azote, l'argon et le plus
souvent l'air. Les débits de gaz et de liquide sont choisis de façon à obtenir une
mousse dont le foisonnement se situe dans la gamme allant de 5 à 40 et, de préférence,
de 10 à 20.
[0045] On rappelle que le foisonnement d'une mousse est défini par la relation suivante
:

dans laquelle V représente le volume du gaz (V
gaz), du liquide (V
liq) ou de la mousse (V
mousse).
[0046] En utilisant un foisonnement de 10 à 20, on obtient une humidité suffisante de la
mousse, qui permet ainsi un renouvellement efficace des réactifs au niveau de la paroi
à décontaminer.
[0047] Les mousses de l'invention peuvent être utilisées dans une gamme de températures
allant de 15 à 65°C. A température élevée, on accélère la cinétique d'attaque de la
surface métallique à décontaminer, mais dans le même temps la réduction du cérium
(IV) en cérium (III) par les tensioactifs est favorisée. Les mousses obtenues sont
de qualité moindre car plus sèches et moins stables. Si la température est trop faible,
les cinétiques d'attaque chimique de la surface à décontaminer seront lentes. Pour
une utilisation optimale des mousses au cérium (IV), la température doit se situer
dans la gamme allant de 20 à 50°C.
[0048] Pour réaliser la décontamination d'objets au moyen des mousses de l'invention, on
peut utiliser l'installation décrite dans le document [1].
[0049] Par ailleurs, les mousses de l'invention peuvent être déstabilisées par des moyens
mécaniques, par exemple par des ultrasons, afin de séparer rapidement la phase liquide
de la mousse en fin d'opération.
[0050] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront mieux à la lecture
de la description qui suit d'exemples de réalisation donnés bien entendu à titre illustratif
et non limitatif, en référence au dessin annexé.
Brève description du dessin
[0051] La figure unique représente le dispositif utilisé pour les essais de moussabilité
des mousses de décontamination.
Exposé détaillé des modes de réalisation
[0052] Dans les exemples qui suivent, on utilise comme tensioactifs les produits commerciaux
Aromox® et Ninox® décrits précédemment.
[0053] Des essais préliminaires de tenue au cérium (IV) de ces tensioactifs ont été effectués
en utilisant une solution d'acide nitrique 1M contenant 0,03 mol/l de cérium (IV)
et une proportion massique d'Aromox® de 2,8 à 3 % ou de NinoxFCA de 2,5 à 3 %. Dans
le tableau 1 qui suit on a indiqué la proportion molaire de cérium (IV) non consommé
après 24 heures et 60 heures en présence d'un excès de ces tensioactifs, ainsi que
l'aspect de la phase liquide.
[0054] Dans ce tableau figurent également les résultats obtenus avec NINOX L et NINOX M.
Tableau 1
| Oxyde d'amine |
Proportion massique |
Teneur en cérium (IV) après 24 h. |
Teneur en cérium (IV) après 60 h. |
Aspect de la phase liquide. |
| Aromox |
3 % |
77 % |
55 % |
Diphasique |
| Ninox FCA |
3 % |
63 % |
19 % |
Solubilité partielle |
| Ninox L |
3 % |
74 % |
50 % |
Diphasique |
| Ninox M |
3 % |
80 % |
54 % |
Diphasique |
[0055] On remarque ainsi que la tenue au cérium (IV) après 24 heures est très bonne puisque
dans le cas de l'Aromox®, il reste 77 % en mol de cérium (IV) et dans le cas des Ninox®,
il reste 63 % en mol de cérium (IV).
[0057] Parmi d'autres tensioactifs testés, certains conduisent à une stabilité du cérium
satisfaisante, mais ils ne permettent pas l'obtention de mousses stables ou conduisent
à des quantités importantes de produits de dégradation. C'est le cas par exemple des
tensioactifs commercialisés sous les noms NANSA, SILWETT et BIOTERGE.
[0058] Dans le tableau 5, on a donné les caractéristiques de moussabilité des oxydes d'amines
AROMOX et NINOX.
Tableau 5
| Tensioactif |
Nom commercial |
Réduct. totale du Ce(IV) |
Moussabilité |
Produit de déformation |
| Oxyde de myristamine |
NINOX M |
27 h |
++ |
précipité |
| Oxyde de lauramine |
NINOX L |
23 h |
++ |
Totalement soluble |
| Oxyde de cocoamido propylamine |
NINOX FCA |
27 h |
+ |
" |
| Oxyde de diméthylalkylamine |
AROMOX |
8 jours |
++ |
diphasique |
| ++ : mousse abondante et stable. |
| + : mousse peu abondante et stable. |
[0059] Les résultats des tableaux 1 à 4 montrent que les oxydes d'amines sont les tensioactifs
qui résistent le mieux à l'oxydation du Ce(IV). Cependant, les oxydes d'amines ne
sont pas totalement inertes vis-à-vis du Ce (IV) ; la résistance à l'oxydation s'explique
davantage par une cinétique de réaction lente. En effet, la tête polaire de la molécule,
un azote lié à un oxygène, rend l'approche de la molécule tensioactive par le cérium
(IV) beaucoup plus difficile, ce qui ralentit la réaction d'oxydoréduction.
[0060] Les tableaux 1 et 5 font apparaître une stabilité exceptionnelle des oxydes d'amines
AROMOX par rapport à celle de tout autre tensioactif et un bon comportement des oxydes
d'amines NINOX du point de vue moussabilité. C'est donc sur la base de ces molécules
que l'étude de formulation d'amines a été réalisée.
Exemple 1
[0061] Dans cet exemple, on prépare une phase liquide de mousse, formée d'une solution aqueuse
de cérium (IV) et d'Aromox® contenant 1 mol/l d'acide nitrique, 2,8 % en poids d'Aromox®
et 0,03 mol/l de cérium (IV), puis on détermine l'évolution de la concentration en
cérium (IV) de cette solution en fonction du temps. Les résultats obtenus sont donnés
dans le tableau 6 qui suit.
Tableau 6
| Temps (h) |
Concentration en cérium (IV) (mol.l-1) |
% de cérium (IV) restant |
| 0 |
0,03 |
100 |
| 12 |
0,027 |
90 |
| 24 |
0,023 |
77 |
| 36 |
0,019 |
63 |
| 48 |
0,016 |
53 |
[0062] Au vu de ces résultats, on constate que la concentration en cérium (IV) de la solution
reste importante même après 48 heures.
Exemple 2
[0063] Dans cet exemple, on prépare une phase liquide de mousse, constituée par une solution
d'acide sulfurique à 1 mol/l comprenant 0,06 mol/l de cérium (IV) et de 2,8 % en poids
d'Aromox®.
[0064] On teste également l'évolution de cette phase liquide en fonction du temps. Les résultats
obtenus sont donnés dans le tableau 7.
Tableau 7
| Temps (h) |
Concentration en cérium (IV) (mol.l-1) |
% de cérium (IV) restant |
| 0 |
0,06 |
100 |
| 68 |
0,051 |
85 |
[0065] On remarque ainsi qu'après 68 heures, le pourcentage de cérium restant dans la phase
liquide est de 85 %. Cette phase liquide est donc très stable.
Exemple 3
[0066] Dans cet exemple, on prépare une phase liquide de mousse constituée par une solution
d'acide nitrique à 1 mol/l comprenant 0,03 mol/l de cérium (IV) et 2,5 % en poids
de tensioactif constitué par le Ninox FCA.
[0067] On détermine comme dans l'exemple 1 l'évolution de la concentration en cérium de
la solution en fonction du temps.
[0068] Les résultats obtenus sont donnés dans le tableau 8.
Tableau 8
| Temps (min) |
Concentration en cérium (IV) (mol.l-1) |
% de cérium (IV) restant |
| 0 |
0,03 |
100 |
| 25 |
0,023 |
77 |
| 30 |
0,017 |
57 |
| 90 |
0,014 |
47 |
[0069] Les résultats du tableau 8 montrent qu'un milieu nitrique le Ninox® est moins efficace
que l'Aromox®, le pourcentage de cérium (IV) restant après 1 h.30 min. étant seulement
de 47 %.
Exemple 4
[0070] Dans cet exemple, on prépare 5 mousses conformes à l'invention, en utilisant les
quantités d'acide (acide nitrique ou acide sulfurique), de cérium (IV) et d'oxyde
d'amine (Aromox® ou Ninox®) mentionnées dans le tableau 9.
[0071] Pour la fabrication de la mousse, on utilise un générateur de mousse alimenté en
liquide au débit donné dans le tableau 9 et une phase gazeuse constituée par de l'air
introduite au débit indiqué dans le tableau 9.
[0072] Pour vérifier les caractéristiques de moussabilité, on génère une mousse selon un
protocole de laboratoire donné et on récupère le liquide ayant drainé au cours du
temps. La forme des courbes illustrant la masse de liquide m en fonction du temps
t répond à une équation du type m = mo(1 - e
-kt) avec mo étant la masse initiale de liquide introduit dans la mousse.
[0073] Ce type de résultat est l'indice que le débit du liquide de drainage est proportionnel
à la quantité de liquide présente au temps t dans le lit de mousse soit

= -kmdt. A partir des pentes de droites, on peut calculer le paramètre 1/k qui est
constante de temps caractéristique du drainage, 1/k est d'autant plus grand que le
drainage est rapide. Dans ce type d'essai, des constantes de l'ordre de 300s sont
recherchées. C'est une approche très simplifiée du phénomène de drainage qui, cependant,
fournit des indications intéressantes avec peu de produit. Les tendances observées
doivent ensuite faire l'objet d'un essai sur pilote en circulation et non plus en
statique avec mesure du débit de drainage en paroi en parties haute et basse de la
maquette afin d'accéder au gradient d'humidité dans le lit de mousse en écoulement.
[0074] Il n'existe pas de moyen idéal pour caractériser sans ambiguïté la qualité d'une
mousse. De plus, les critères de qualité dépendent étroitement de l'application recherchée.
En décontamination, certains critères qualitatifs peuvent être fixés, c'est la première
étape. Dans une deuxième étape, il est possible, à l'aide d'une maquette représentative
de l'application envisagée, ici la décontamination de gros composants, de quantifier
certaines propriétés.
[0075] L'objectif est d'obtenir une formulation conférant à la mousse les propriétés suivantes
:
- drainage homogène en paroi sur la hauteur de la colonne (assez important pour assurer
un bon renouvellement de la solution au niveau des parois du composant),
- une stabilité pas trop importante pour permettre la gestion de la mousse en boucle
fermée (durée de vie de l'ordre de vingt minutes),
- des tailles de bulles homogènes dans la colonne pour favoriser une décontamination
uniforme dans le composant.
[0076] Ces critères découlent essentiellement de l'expérience de mise en oeuvre de mousses
de décontamination décrites dans [1] auxquelles il est fait implicitement référence
lors des appréciations qualitatives effectuées lors des essais décrits ici.
[0077] Les essais se sont déroulés à température ambiante (20 ± 2°C) en milieu nitrique
à 1 mol.l
-1 additionné de cérium (IV) à 0,03 mol.l
-1.
[0078] Le dispositif expérimental représenté sur la figure annexée est constitué d'une boucle
1,3 permettant la circulation de mousse. Il se compose :
- d'un réacteur agité 5 contenant une solution tensioactive liquide,
- d'une pompe pneumatique 7 permettant de transférer la solution liquide vers le générateur
de mousse 9,
- d'un générateur statique de mousse 9,
- d'une colonne 11 d'une trentaine de litres simulant l'enceinte à décontaminer,
- d'une tuyauterie 3 permettant le retour de la mousse vers le réacteur,
- d'un dispositif d'injection de déstabilisation de la mousse de manière réversible.
[0079] La vitesse de génération de la mousse, le foisonnement de la mousse obtenue et le
drainage haut et bas de la mousse de la colonne verticale 11 d'un mètre de haut et
de 0,20 mètre de diamètre sont donnés également dans le tableau 9.
[0080] Le taux de drainage qualifie la proportion de liquide présente dans la mousse au
niveau haut et au niveau bas. Il est défini comme le rapport du débit de liquide en
paroi sur le débit liquide introduit à l'entrée, en bas de la colonne verticale, multiplié
par 100. L'essai est réalisé à 20 ± 2°C.
[0081] Les résultats obtenus sont donnés dans le tableau 9.
Tableau 9
| |
MOUSSE CERIUM 1 |
MOUSSE CERIUM 2 |
MOUSSE CERIUM 3 |
MOUSSE CERIUM 4 |
MOUSSE CERIUM 5 |
| Composition tensioactifs (% massique) |
Aromox®
2,8 % |
Ninox ®
2,5 % |
Aromox®
2,8 % |
Aromox ®
2,8 % |
Aromox ®
2,8 % |
| Composition réactifs (mol.l-1) |
HNO3 :
0,35 mol.l-1
Ce IV :
0,03 mol.l-1 |
HNO3:
0,35 mol.l-1
Ce IV :
0,03 mol.l-1 |
H2SO4: 1
mol.l-1
Ce IV :
0,03 mol.l-1 |
H2SO4:
1 mol.l-1
Ce IV :
0,03 mol.l-1 |
H2SO4:
1 mol.l-1
Ce IV :
0,12 mol.l-1 |
| Débit liquide (10-6 m3.s-1) |
5 |
5 |
5 |
3,33 |
3,83 |
| Débit d'air (m3.s-1) |
50 |
50 |
50 |
44 |
50 |
| Foisonnement |
11 |
11 |
11 |
14,3 |
14 |
| Vitesse de génération (10-6 m3.s-1) |
31 |
26 |
36 |
54 |
55,7 |
| Drainage haut % du débit liquide total |
13 % |
13 % |
16,5 |
14 % |
16 % |
| Drainage bas % du débit liquide total |
20 % |
23 % |
29,5 % |
25 % |
26 % |
[0082] Les résultats du tableau 9 montrent qu'en milieu acide sulfurique avec l'Aromox®,
on obtient des mousses d'excellente qualité, ce qui se traduit par une vitesse de
génération élevée et un taux de drainage en partie haute également élevé, de l'ordre
de 15 %.
[0083] Avec de telles mousses, le cérium (IV) est de préférence introduit sous forme de
sulfate, on peut l'introduire en une seule fois ou l'ajouter progressivement sous
forme d'ajouts dosés. On préfère ne pas dépasser une concentration molaire en cérium
(IV) de 0,15 mol/l.
[0084] En milieu nitrique, le fonctionnent est meilleur avec le Ninox®, mais compte tenu
de sa tenue chimique plus faible vis-à-vis du cérium (IV), l'Aromox® peut être préféré
pour des applications de longue durée. Avec l'Aromox®, on emploiera toutefois de préférence
des solutions nitriques de concentration de l'ordre de 0,35 mol/l et une concentration
en cérium (IV) inférieure à 0,03 mol/l en raison des problèmes d'insolubilité partielle
de l'Aromox® en milieu nitrique.
[0085] Dans le tableau 10, on a donné à titre comparatif les résultats obtenus avec des
mousses de références telles que celles décrites dans [1].
[0086] Ces mousses ont les compositions données dans le tableau 10 et elles ont été préparées
comme celles du tableau 9 en utilisant les débits de liquide et les débits d'air donnés
dans le tableau 9.
[0087] Dans ces mousses de référence, on a utilisé deux tensioactifs constitués par les
produits vendus sous la marque Oramix® par la Société Seppic, et le produit Amonyl®
commercialisé également par la Société Seppic.
[0088] L'Amonyl® est une sulfobétaïne répondant à la formule suivante :

dans laquelle R
1 est un groupe alkyle et X représente COO
- ou SO
-3.
[0089] L'Oramix® est un éther alkylique d'oligosaccharide répondant à la formule suivante
:

dans laquelle n est un entier de 1 à 5 et R
2 est un groupe alkyle en C
8 à C
10.
[0090] Dans les mousses de référence, on utilise comme réactif la soude, ou un mélange d'acide
sulfurique et de sulfate de sodium, ou un mélange d'acide sulfurique et d'acide nitrique.
On ajoute de plus du méthyl-4 pentanol-2 comme agent de déstabilisation de la mousse.
[0091] Une comparaison des tableaux 9 et 10 montre que les mousses obtenues conformément
à l'invention présentent des caractéristiques équivalentes ou même supérieures à celles
des mousses de référence.

Exemple 5
[0092] Dans cet exemple, on vérifie l'intérêt de mélanger les deux tensioactifs Ninox® et
Aromox® pour obtenir une mousse conforme à l'invention. Dans ce but, on utilise une
solution nitrique à 1 mol/l avec des proportions variables des deux tensioactifs,
et on prépare 5 1 de la mousse dans les conditions suivantes :
- débit de liquide : 5 m3.s-1
- débit d'air : 50 m3.s-1
[0093] On mesure ensuite le volume de la colonne de laboratoire remplie par la mousse pour
chaque cas.
[0094] Les résultats obtenus sont donnés dans le tableau 11.
Tableau 11
| Fraction massique % Ninox® |
Fraction massique % Aromox® |
Observations |
| 0,1 |
1,44 |
remplissage maximal de la colonne : < 15 litres |
| 0,13 |
1,33 |
remplissage maximal de la colonne : 17 litres |
| 0,167 |
1,2 |
remplissage maximal de la colonne : 21 litres |
| 0,214 |
1,03 |
remplissage maximal de la colonne : 24 litres |
[0095] Les résultats du tableau 11 montrent que la diminution de la concentration en Aromox®
associée à une augmentation de la concentration en Ninox® permet d'augmenter la capacité
de remplissage de la mousse, ce qui se traduit par une augmentation progressive du
volume maximal atteint. On observe ainsi l'effet stabilisateur du Ninox® sur la mousse
constituée à partir des deux tensioactifs.
Exemples 6 à 10
[0096] Dans cet exemple, on utilise des mousses au cérium ayant les caractéristiques données
dans le tableau 12, pour décontaminer par érosion superficielle une plaque en acier
inoxydable de type 304 L en utilisant les débits de liquide et les débits d'air mentionnés
dans le tableau 8 pour la préparation de la mousse, et en mettant en contact la plaque
d'acier inoxydable avec la mousse pendant les durées indiquées dans le tableau 12.
[0097] Les résultats obtenus, c'est-à-dire l'érosion totale et la vitesse d'érosion moyenne
de la plaque d'acier inoxydable sont évaluées à partir de la perte de masse de la
plaque. Ces résultats sont donnés dans le tableau 12.
Tableau 12
| Ex |
6 |
7 |
8 |
9 |
10 |
| Tensioactifs (% massique) |
Aromox®
2,8 % |
Ninox®
2,5 % |
Aromox®
2,8 % |
Aromox®
2,8 % |
Aromox ®
2,8 % |
| Composition réactifs (mol.l-1) |
HNO3 :
0,35 mol.l-1
Ce IV :
0,03 mol.l-1 |
HNO3 : 1 mol.l-1 Ce IV : 0,03 mol.l-1 |
H2SO4: 1 mol.l-1 Ce IV : 0,03 mol.l-1 |
H2SO4 : 1 mol.l-1 Ce IV : 0,06 mol.l-1 |
H2SO4 1 mol.l-1 Ce IV : 0,12 mol.l-1 |
| Débit liquide (10-6 m3.s) |
5 |
5 |
3,33 |
3,33 |
3,83 |
| Débit d'air (m3.s-1) |
50 |
50 |
44 |
44 |
50 |
| Foisonnement |
11 |
11 |
14,3 |
14,3 |
14 |
| Durée de l'essai (s) |
9000 |
7200 |
7200 |
7200 |
7200 |
| Erosion totale (µm) |
0,16 |
0,01 |
0,12 |
0,16 |
0,36 |
| Vitesse d'érosion moyenne (µm.h-1) |
0,064 |
0,005 |
0,06 |
0,08 |
0,18 |
[0098] Les résultats d'érosion du tableau 12 sont comparables à ce qui est observé lorsqu'on
remplace la mousse par une phase liquide ayant la composition de la phase liquide
de la mousse sans tensioactifs, pour une température du même ordre de grandeur (20
± 2°C). Ceci démontre l'efficacité des mousses de l'invention.
Références citées
[0099]
[1] : EP-A- 0 526 305.
[2] : EP-A6 0 727 243
1. Mousse de décontamination comprenant :
a) une phase liquide constituée par une solution aqueuse comprenant :
- au moins un acide inorganique,
- au moins un agent oxydant choisi parmi l'argent (II), le cobalt (III), le permanganate
de potassium et le cérium (IV), et
- un tensioactif comprenant au moins un oxyde d'amine ; et
b) une phase gazeuse dispersée dans la phase liquide.
2. Mousse selon la revendication 1, dans laquelle l'acide inorganique est choisi parmi
HNO3, H2SO4 et leurs mélanges.
3. Mousse selon la revendication 2, dans laquelle la concentration en acide de la solution
aqueuse est de 0,3 N à 4 N.
4. Mousse selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, dans laquelle l'agent oxydant
est le cérium (IV).
5. Mousse selon la revendication 4, dans laquelle la concentration en cérium (IV) de
la solution aqueuse est de 0,01 à 0,2 mol/l.
6. Mousse selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, dans laquelle l'oxyde d'amine
répond à la formule :

dans laquelle R
1, R
2 et R
3 qui peuvent être identiques ou différents, sont des groupes hydrocarbonés de 1 à
20 atomes de carbone, éventuellement substitués, l'un au moins des R
1, R
2 et R
3 étant un groupe hydrocarboné d'au moins 8 atomes de carbone.
7. Mousse selon la revendication 6, dans laquelle la concentration en oxyde d'amine de
la solution aqueuse est de 5 à 50 g/l.
8. Mousse selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, dans laquelle l'oxyde d'amine
est l'oxyde de cocodiméthylamine.
9. Mousse selon la revendication 8, dans laquelle la concentration en oxyde d'amine de
la solution aqueuse est d'environ 10 à 40 g/l.
10. Mousse selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, dans laquelle l'oxyde d'amine
est l'oxyde de cocamidopropylamine.
11. Mousse selon la revendication 10, dans laquelle la concentration en oxyde d'amine
de la solution aqueuse est de 10 à 40 g/l.
12. Mousse selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, dans laquelle l'oxyde d'amine
est l'oxyde de lauramine ou l'oxyde de myristamine.
13. Mousse selon la revendication 1, dans laquelle la phase liquide est une solution aqueuse
comprenant 0,3 à 2 mol/l de HNO3, 0,01 à 0,1 mol/l de cérium (IV) et 25 à 30 g/l d'oxyde de cocodiméthylamine.
14. Mousse selon la revendication 1, dans laquelle la phase liquide est une solution aqueuse
comprenant 0,2 à 3 mol/l de H2SO4, 0,01 à 0,2 mol/l de cérium (IV) et 25 à 30 g/l d'oxyde de cocodiméthylamine.
15. Mousse selon la revendication 1, dans laquelle la phase liquide est une solution aqueuse
comprenant 0,3 à 2 mol/l de HNO3, 0,01 à 0,1 mol/l de cérium (IV) et 20 à 30 g/l d'oxyde de cocamidopropylamine.
16. Utilisation d'une mousse selon l'une quelconque des revendications 1 à 14, dans la
gamme de température allant de 15°C à 65°C.
17. Utilisation d'une mousse selon l'une quelconque des revendications 1 à 15, pour la
décontamination d'équipements métalliques.
1. Decontamination foam comprising:
a) a liquid phase constituted by an aqueous solution comprising:
- at least one inorganic acid,
- at least one oxidising agent chosen from amongst silver (II), cobalt (III), potassium
permanganate and cerium (IV), and
- a surfactant comprising at least one amine oxide; and
b) a gaseous phase dispersed in the liquid phase.
2. Foam according to Claim 1, in which the inorganic acid is chosen from amongst HNO3, H2SO4 and their mixtures.
3. Foam according to Claim 2, in which the concentration of the acid in the aqueous solution
is 0.3 N to 4 N.
4. Foam according to any one of Claims 1 to 3, in which the oxidising agent is cerium
(IV).
5. Foam according to Claim 4, in which the concentration of the cerium (IV) in the aqueous
solution is from 0.01 to 0.2 mol/l.
6. Foam according to any one of Claims 1 to 5, in which the amine oxide meets the formula:

in which R
1, R
2 and R
3, which could be identical or different, are hydrocarbon groups with 1 to 20 carbon
atoms, possibly substituted, one at least of R
1, R
2 and R
3 being a hydrocarbon group with at least 8 carbon atoms.
7. Foam according to Claim 6, in which the concentration of amine oxide in the aqueous
solution is from 5 to 50 g/l.
8. Foam according to any one of Claims 1 to 5, in which the amine oxide is the oxide
of cocodimethylamine.
9. Foam according to Claim 8, in which the concentration of amine oxide in the aqueous
solution is about 10 to 40 g/l.
10. Foam according to any one of Claims 1 to 5 in which the amine oxide is the oxide of
cocamidopropylamine.
11. Foam according to Claim 10, in which the concentration of amine oxide in the aqueous
solution is from 10 to 40 g/l.
12. Foam according to any one of Claims 1 to 5, in which the amine oxide is the oxide
of lauramine or the oxide of myristamine.
13. Foam according to Claim 1, in which the liquid phase is an aqueous solution comprising
0.3 to 2 mol/l of HNO3, 0.01 to 0.1 mol/l of cerium (IV) and 25 to 30 g/l of the oxide of cocodimethylamine.
14. Foam according to Claim 1, in which the liquid phase is an aqueous solution comprising
0.2 to 3 mol/l of H2SO4, 0.01 to 0.2 mol/l of cerium (IV) and 25 to 30 g/l of the oxide of cocodimethylamine.
15. Foam according to Claim 1, in which the liquid phase is an aqueous solution comprising
0.3 to 2 mol/l of HNO3, 0.01 to 0.1 mol/l of cerium (IV) and 20 to 30 g/l of the oxide of cocamidopropylamine.
16. The use of a foam according to any one of Claims 1 to 14 within the temperature range
running from 15°C to 65°C.
17. The use of a foam according to any one of Claims 1 to 15 for the decontamination of
metallic equipment.
1. Dekontaminationsschaum, umfassend:
a) eine flüssige Phase, die von einer wässrigen Lösung, die
- mindestens eine anorganische Säure,
- mindestens ein Oxidationsmittel, das aus Silber (II), Cobalt (III), Kaliumpermanganat
und Cer (IV) ausgewählt ist, und
- ein tensioaktives Mittel, das mindestens ein Aminoxid umfasst,
umfasst, gebildet wird; und
b) eine gasförmige Phase, die in der flüssigen Phase verteilt ist.
2. Schaum gemäß Anspruch 1, in dem die anorganische Säure aus HNO3, H2SO4 und Gemischen derselben ausgewählt ist.
3. Schaum gemäß Anspruch 2, in dem die Säurekonzentration der wässrigen Lösung 0,3 N
bis 4 N beträgt.
4. Schaum gemäß einem der Ansprüche 1-3, in dem das Oxidationsmittel Cer (IV) ist.
5. Schaum gemäß Anspruch 4, in dem die Konzentration der wässrigen Lösung an Cer (IV)
0,01-0,2 mol/l beträgt.
6. Schaum gemäß einem der Ansprüche 1-5, in dem das Aminoxid der Formel:

worin R
1, R
2 und R
3, die identisch oder verschieden sein können, Kohlenwasserstoffgruppen mit 1-20 Kohlenstoffatomen,
die ggf. substituiert sind, sind, wobei mindestens einer der Reste R
1, R
2 und R
3 eine Kohlenwasserstoffgruppe mit mindestens 8 Kohlenstoffatomen ist, entspricht.
7. Schaum gemäß Anspruch 6, in dem die Konzentration der wässrigen Lösung an Aminoxid
5-50 g/l beträgt.
8. Schaum gemäß einem der Ansprüche 1-5, in dem das Aminoxid Cocodimethylaminoxid ist.
9. Schaum gemäß Anspruch 8, in dem die Konzentration der wässrigen Lösung an Aminoxid
etwa 10-40 g/l beträgt.
10. Schaum gemäß einem der Ansprüche 1-5, in dem das Aminoxid Cocamidopropylaminoxid ist.
11. Schaum gemäß Anspruch 10, in dem die Konzentration der wässrigen Lösung an Aminoxid
10-40 g/l beträgt.
12. Schaum gemäß einem der Ansprüche 1-5, in dem das Aminoxid Lauraminoxid oder Myristaminoxid
ist.
13. Schaum gemäß Anspruch 1, in dem die flüssige Phase eine wässrige Lösung ist, die 0,3-2
mol/l HNO3, 0,01-0,1 mol/l Cer (IV) und 25-30 g/l Cocodimethylaminoxid umfasst.
14. Schaum gemäß Anspruch 1, in dem die flüssige Phase eine wässrige Lösung ist, die 0,2-3
mol/l H2SO4, 0,01-0,2 mol/l Cer (IV) und 25-30 g/l Cocodimethylaminoxid umfasst.
15. Schaum gemäß Anspruch 1, in dem die flüssige Phase eine wässrige Lösung ist, die 0,3-2
mol/l HNO3, 0,01-0,1 mol/l Cer (IV) und 20-30 g/l Cocamidopropylaminoxid umfasst.
16. Verwendung eines Schaums gemäß einem der Ansprüche 1-14 in einem Temperaturbereich
von 15 °C bis 65 °C.
17. Verwendung eines Schaums gemäß einem der Ansprüche 1-15 zur Dekontamination von metallischen
Einrichtungen.