[0001] L'invention concerne un procédé pour déposer une couche à base d'oxalate de zinc
sur le revêtement à base de zinc, à l'exclusion des alliages zinc-fer, de tôles ou
de bandes métalliques zinguées, et les tôles ou bandes obtenues par ce procédé.
[0002] L'oxalatation est un traitement de conversion de surface appliqué depuis longtemps
sur des surfaces métalliques, telles que l'acier, le zinc ou l'aluminium, et destiné
à former sur la surface un dépôt à base d'oxalate dont les propriétés de pré-lubrification
facilitent le formage à froid.
[0003] La présente invention concerne spécifiquement le traitement des surfaces zinguées,
notamment celles de tôles ou de bandes en acier dit « au carbone » ; on entend par
« acier au carbone », un acier dont la proportion d'éléments d'addition ou d'alliage
est nettement inférieure à celle que l'on trouve dans les aciers inoxydables.
[0004] Généralement juste après l'étape d'oxalatation de la surface zinguée, on enduit la
surface d'un film mince d'huile (de type QUAKER6130 par exemple) pour lui apporter
une protection temporaire contre la corrosion, de manière à ce que la tôle ainsi traitée
puisse être stockée pendant quelques semaines avant d'être mise en forme ultérieurement.
[0005] Le traitement d'oxalatation des surfaces zinguées remplace à ce titre le traitement
de pré-phosphatation conventionnel, et présente l'avantage d'être sans conséquence
néfaste sur les opérations ultérieures d'assemblage et de mise en peinture pratiquées
chez les clients, car il est totalement éliminé lors de l'opération de dégraissage
qui précède la phosphatation.
[0006] Ainsi, le brevet FR 1 066 186 (SOCIETE CONTINENTALE PARKER) décrit un procédé pour
traiter des métaux tels que l'acier ou le zinc dans un bain d'une solution aqueuse
comprenant de :
- 1 à 120 g/l d'acide oxalique soit 10-2 à 0,3 mole/l,
- 0,2 à 50 g/l de chlorure ferreux FeCl2 ou de chlorure ferrique FeCl3, soit 1,6.10-3 à 0,4 mole/l de Fe2+ ou 1,2.10-3 à 0,3 mole/l de Fe3+, et
- 5 à 50 g/l de phosphate. Les exemples indiquent que les temps de traitement sont de
l'ordre de la minute. L'application de cette solution sur une surface métallique à
l'aide de cette solution d'oxalate contenant des phosphates permet d'obtenir des revêtements
présentant une bonne adhérence au substrat et facilitant le formage à froid. Cependant
la présence de phosphates dans la solution n'est pas acceptable d'un point de vue
écologique.
[0007] Le document US 2 809 138 (HOECHST) concerne un procédé de traitement des surfaces
métalliques, telles que l'acier inoxydable ou le zinc, par une solution aqueuse comprenant
de :
- 0,5 à 200 g/l d'acide oxalique soit 5.10-3 à 2,2 mole/l,
- 0,5 à 15 g/l d'ion ferrique Fe3+ soit 9.10-3 à 0,27 mole/l, et
- 0,025 à 5 g/l d'un composé soluble choisi parmi : les xanthates, les esters d'acides
dithiophosphoriques, l'acide thioglycolique et les thiourées.
Ces derniers composés ne sont pas non plus acceptable d'un de vue écologique, et
présentent en outre une forte odeur gênante. Les temps de traitement sont de l'ordre
de 5 minutes.
[0008] Face aux exigences environnementales, les industriels ont recherché des solutions
d'oxalatation des surfaces zinguées qui soient plus respectueuses de l'environnement
que celles cités antérieurement. A ce titre, le phosphate, les xanthates, les esters
d'acides dithiophosphoriques, l'acide thioglycolique et les thiourées contenus dans
les solutions d'oxalatation de l'art antérieur font partie de ces composés dont les
industriels doivent limiter au maximum l'utilisation, voire supprimer, en raison des
problèmes liés à leur toxicité et à leur retraitement.
[0009] L'acide oxalique, seul, ne présente aucune toxicité ; les industriels ont donc mis
au point des procédés ne mettant en oeuvre que des solutions d'acide oxalique ne contenant
aucun composé toxique.
[0010] Le document US 2 060 365 (CURTIN HOWE CORP.) concerne le traitement des surfaces
zinguées au moyen d'une solution aqueuse comprenant de l'oxalate ferrique Fe
2(C2O4)
3 (1 à 10%, soit 0,05 à 0,5 mole/l de Fe
3+) et de l'acide oxalique libre en quantité suffisante pour inhiber l'hydrolyse du
sel ferrique. Il est indiqué, page 1, colonne 2, lignes 37 à 42, que la solution comprend
de préférence 4 à 5% d'oxalate ferrique (soit 0,2 à 0,26 mole/l) et 0,5 à 1% d'acide
oxalique (soit 5.10
-2 à 10
-1 mole/l d'acide oxalique). On forme ainsi sur la surface zinguée une couche mixte
d'oxalate ferrique à 66 % et d'oxalate de zinc à 33 % qui n'est pas adaptée pour améliorer
le formage du produit traité. En outre, en présence d'un agent de corrosion tel qu'une
base, on assiste à la décomplexation de l'oxalate ferrique et on obtient de l'hydroxyde
ferrique selon la réaction suivante :

Or, l'hydroxyde ferrique présente un aspect de rouille rouge qui sera inacceptable
pour le client.
[0011] En revanche, le produit résultant d'une attaque basique d'un substrat revêtu d'une
couche d'oxalate de zinc, c'est à dire l'hydroxyde de zinc, présente un aspect gris
qui ne sera pas pénalisant.
[0012] Comme la nature des éléments d'une surface zinguée est tout à fait différente de
ceux d'une surface d'acier au carbone ou inoxydable, le schéma réactionnel d'oxalatation
est différent. Sur l'acier, on obtient une couche d'oxalate ferreux FeC
2O
4 dont le comportement est similaire à celui de l'oxalate de zinc ZnC
2O
4, c'est à dire qu'elle améliore l'emboutissabilité du substrat ainsi traité. Cependant
la réaction d'oxalatation sur un substrat ferreux étant beaucoup plus lente que la
réaction d'oxalatation sur un substrat zingué, cette réaction sur l'acier est incompatible
avec les vitesses des lignes des procédés actuels. Pour obtenir des vitesses de réaction
d'oxalatation sur substrat ferreux compatibles avec les vitesses de lignes actuelles,
le seul moyen consiste à traiter le substrat sous polarisation anodique. Il est alors
nécessaire de travailler avec une installation de traitement équipée d'une cellule
d'électrolyse et qui est dédiée uniquement à l'oxalatation, ce qui représente un coût
d'investissement. Par ailleurs, la plage de fonctionnement de ce type de procédé est
étroite : il faut oxyder le fer pour initier la réaction d'oxalatation, tout en évitant
d'oxyder simultanément l'acide oxalique en CO
2, ce qui limite considérablement la fourchette accessible en terme de densités de
courant de dépôt et rend le procédé difficile à contrôler.
[0013] Les deux étapes mises en jeu dans un traitement d'oxalatation de tôle zinguée sont
:
1. la dissolution du zinc : Zn → Zn2+ + 2 e- ; dans le cas d'une dissolution chimique en milieu acide, on aurait en outre : 2
H+ + 2 e- → H2, soit la réaction globale : Zn + 2 H+ → Zn2+ + H2.
2. la complexation des ions formés et la précipitation de complexes oxalates du type
Zn C2O4 ou autres.
[0014] Cependant, comme on l'a déjà mentionné précédemment, la formation d'une couche d'oxalate
de fer étant beaucoup plus lente que la formation d'une couche d'oxalate de zinc (à
conditions de traitement égales), il est plus avantageux pour un industriel de travailler
avec de l'acier zingué qu'avec de l'acier nu. En outre en travaillant avec de l'acier
zingué, il bénéficie de la protection contre la corrosion conférée par la couche de
zinc.
[0015] L'oxalatation des surfaces métalliques est susceptible d'être mise en oeuvre par
l'une des techniques suivantes : au trempé, par enduction ou par aspersion.
[0016] La technique au trempé consiste à faire défiler à vitesse élevée (80 à 100 m/min)
une bande d'acier zinguée dans un bac contenant une solution ne comprenant que de
l'acide oxalique et éventuellement un agent mouillant. Lorsqu'on effectue le traitement
d'oxalatation au trempé, le dépôt d'oxalate de zinc sur la tôle zinguée est hétérogène
; pour obtenir un effet pré-lubrifiant significatif sur la tôle ainsi traitée, il
faut donc que l'épaisseur de la couche d'oxalate de zinc soit supérieur à environ
0,7 µm, ce qui correspond à un grammage de l'ordre de 2 g/m
2 d'oxalate de zinc. Or, la bande défilant à vitesse élevée (80 m/min), le temps de
traitement permettant d'obtenir une couche d'oxalate de zinc susceptible d'améliorer
l'aptitude au formage à froid de la surface ainsi traitée, est très court, de l'ordre
de 1 à 5 s. C'est pourquoi on a recours à des solutions d'acide oxalique fortement
concentrées, comprises entre 0,3 et 0,8 mole/l, de manière à obtenir des couches d'oxalate
de zinc sur le substrat qui soient suffisamment épaisses. Cependant, les solutions
d'acide oxalique fortement concentrées présentent l'inconvénient d'être agressives
vis à vis de l'installation de traitement ; en effet, les bacs contenant la solution
de traitement sont généralement en acier inoxydable. Pour éviter ce problème, on peut
travailler avec des concentrations en solution d'acide oxalique beaucoup plus faibles
(concentrations inférieures à 0,3 mole/l) ; cependant le temps de réaction pour obtenir
une couche d'oxalate de zinc sur la surface zinguée est beaucoup plus long et dans
ce cas :
- soit on ralentit la ligne de traitement et on pénalise la productivité globale;
- soit on prévoit des bacs de traitement beaucoup plus longs, ce qui représente un surcoût
d'investissement et par ailleurs n'est pas toujours possible en raison de l'encombrement.
[0017] Après application de cette solution, la tôle peut être rincée et séchée d'une manière
classique. Elle est ensuite revêtue d'une fine couche d'huile de type QUAKER6130 pour
lui apporter une protection temporaire contre la corrosion.
[0018] Ainsi, en travaillant avec des solutions fortement concentrées pendant un temps très
court, la réaction d'oxalatation de la surface zinguée est très rapide et complète.
La couche d'oxalate de zinc obtenue, qu'elle soit rincée ou non, ne présente pas de
dégradation du comportement en tenue à la corrosion temporaire. Cependant on est confronté
au problème de l'agressivité du bain acide vis à vis des installations.
[0019] Par ailleurs, en travaillant avec des solutions faiblement concentrées pendant des
temps suffisamment longs pour avoir une réaction d'oxalatation complète, on n'observe
pas non plus de dégradation du comportement en tenue à la corrosion temporaire (que
le produit soit rincé ou non). Le problème réside ici dans les temps de traitement
trop longs et incompatibles avec un procédé au défilé à grande vitesse.
[0020] Le problème est encore aggravé si on travaille avec des solutions faiblement concentrées
pendant des temps courts. On est alors confronté à deux problèmes :
- la durée du traitement n'est pas suffisamment longue pour atteindre le gain escompté
en emboutissage, que le produit soit rincé ou non ;
- la réaction de conversion n'est pas complète ; ainsi, le dépôt d'oxalate comporte
de l'acide oxalique qui n'a pas réagi avec le zinc mais qui va réagir avec la couche
d'huile dont on revêt ultérieurement le produit, si on ne l'élimine pas par rinçage
; dans ce cas les performances de l'huile sont fortement détériorées. Ceci étant,
que le produit ait été rincé ou non, la couche déposée est insuffisamment épaisse
pour conduire à une amélioration de l'emboutissabilité du produit.
[0021] La technique par enduction consiste à faire défiler à grandes vitesses (80 à 100
m/min) une bande d'acier zinguée entre deux rouleaux d'enduction en rotation, lesquels
trempent dans deux bacs contenant une solution ne comprenant que de l'acide oxalique
additionné éventuellement d'un agent mouillant. Dans ce cas, l'épaisseur de la couche
d'oxalate de zinc est gouvernée par la quantité de matière déposée par les rouleaux,
et donc par la distance rouleau-tôle et le temps d'application de la solution d'acide
oxalique est également très court, de l'ordre de la seconde. Or, l'application de
la solution de traitement par enduction sans rinçage avant séchage permet d'accéder
à une répartition plus homogène de la couche de conversion que l'application de la
solution au trempé, et des grammages inférieurs à 0,5 g/m
2, voire inférieurs ou égaux à 0,1 g/m
2, peuvent alors suffire pour obtenir les propriétés pré-lubrifiantes optimales. Dans
ce cas, la concentration de la solution en acide oxalique est comprise entre 0,3 et
0,8 mole/l, de manière à obtenir des couches d'oxalate de zinc sur le substrat qui
soient suffisamment épaisses.
[0022] Cependant, l'utilisation de solutions d'acide oxalique fortement concentrées présente
des inconvénients :
- d'une part, comme on l'a vu précédemment, les solutions acides concentrées sont agressives
vis à vis de l'installation de traitement ; les bacs de traitement sont généralement
en acier inoxydable, et les rouleaux d'enduction de la solution sont en caoutchouc
ou en polyuréthane.
- d'autre part, immédiatement après l'enduction de la bande en défilement, on sèche
la couche d'oxalate de zinc formée par des sécheurs portés à 180 °C, et placés juste
en dessous des bacs de traitement. La chaleur dégagée par les sécheurs provoque dans
un premier temps l'évaporation des solutions aqueuses d'acide oxalique contenues dans
les bacs, puis dans un deuxième temps la précipitation de l'acide oxalique. On obtient
alors assez rapidement des solutions d'aspect laiteux inaptes à la réaction d'oxalatation
recherchée. On doit donc stopper la ligne de production, nettoyer les bacs et les
recharger en solution propre d'acide oxalique.
[0023] La plupart des lignes industrielles en ligne de revêtements par enduction ou au trempé
ne prévoient pas d'étape de rinçage avant séchage, car cela alourdirait considérablement
le coût de traitement d'oxalatation. En effet, il faudrait équiper la ligne de bacs
de rinçage, ce qui n'est pas toujours possible à cause de l'encombrement, mais surtout
il faudrait retraiter les effluents de rinçage. Ainsi, la solution qui consiste à
utiliser des compositions aqueuses faiblement concentrées (< 0,3 mole/l) en acide
oxalique, et qui permettrait d'éviter les inconvénients précités, ne peut être mise
en oeuvre ; en effet, la réaction d'oxalatation devenant trop lente, l'acide oxalique
ne réagit pas complètement avec le zinc et on dépose une couche qui contient, en plus
de l'oxalate de zinc (ZnC
2O
4), de l'acide oxalique qui n'a pas réagi, et un complexe intermédiaire de type Zn(HC
2O
4)
2. Ces entités réagissent, par l'intermédiaire de leurs fonctions acides carboxyliques
libres avec l'huile dont on revêt ultérieurement la tôle ainsi traitée. Cela a pour
effet d'affecter la tenue à la corrosion temporaire de la tôle ainsi traitée.
[0024] Bien que les solutions mentionnées précédemment soient respectueuses de l'environnement,
celles-ci sont très contraignantes et ne sont pas satisfaisantes d'un point de vue
économique, dans la mesure où elles dégradent rapidement les installations, et où
elles obligent à des arrêts fréquents de la ligne de traitement.
[0025] Au regard du schéma réactionnel d'oxalatation mentionné ci-dessus, il apparaît que
l'étape 2 d'oxalatation ne peut se produire que si l'étape 1 de dissolution a été
préalablement amorcée, ce qui est un schéma classique et général des traitements de
conversion ; pour augmenter la vitesse d'oxalatation à un niveau compatible avec la
vitesse de défilement de tôles d'acier dans les installations industrielles, il convient
donc d'augmenter la vitesse de dissolution du zinc (étape 1) tout en se maintenant
dans des conditions de précipitation de l'oxalate (étape 2). Ainsi, si l'on se fixe
des critères concernant la vitesse minimum d'oxalatation et le grammage minimum de
dépôt, on peut déterminer, notamment d'une manière expérimentale, la fourchette de
concentration en acide oxalique que doit présenter la solution de traitement pour
satisfaire ces critères ; cette fourchette détermine la « plage de fonctionnement
» du traitement, dont on souhaite qu'elle soit la plus large possible pour simplifier
le contrôle des conditions industrielles de traitement de surface par oxalatation.
[0026] Une première solution pour augmenter la vitesse d'oxalatation consisterait à créer
des conditions plus oxydantes, par addition de quantités importantes d'eau oxygénée
ou par polarisation électrochimique, ce qui est économiquement pénalisant ; le brevet
US 5 795 661 (BETHLEHEM STEEL) décrit ainsi l'intérêt d'un traitement d'oxalatation
pour la prélubrification de tôles zinguées, notamment dans le cadre de la mise en
forme de ces tôles au moyen d'une solution aqueuse comprenant de l'acide oxalique
et de l'eau oxygénée ;
[0027] Cependant, l'emploi de quantités importantes d'eau oxygénée dans les installations
industrielles pose des problèmes de contrôle du procédé relatifs à la stabilité de
l'eau oxygénée, qui se transforme en eau et dilue le bain, et de graves problèmes
de corrosion et de sécurité.
[0028] Une deuxième solution consisterait à diminuer le pH et à augmenter la concentration
en acide oxalique ; malheureusement, cette solution présente les inconvénients de
diminuer la largeur de la « plage de fonctionnement » précédemment décrite et complique
sérieusement le contrôle des conditions industrielles d'application du traitement.
[0029] Par ailleurs, on a déjà évoqué le fait que, si on travaille avec des solutions d'acide
oxalique peu concentrées, la réaction d'oxalatation n'est pas suffisamment rapide,
et l'acide oxalique n'a pas le temps de réagir complètement avec la surface zinguée
de la tôle. On obtient ainsi une couche d'un mélange d'oxalate de zinc, de complexe
de type Zn(HC
2O
4)
2 et d'acide oxalique résiduel. Lorsqu'on protège ultérieurement cette surface contre
la corrosion temporaire par une couche d'huile, l'huile réagit avec les fonctions
acides résiduelles ; on observe alors une mauvaise tenue à la corrosion temporaire
des surfaces ainsi traitées.
[0030] Le but de la présente invention est donc de mettre à disposition un procédé permettant
de traiter des bandes d'acier zinguées au moyen de solutions d'oxalatations écologiques,
de manière à obtenir des dépôts d'oxalates de zinc présentant de bonnes propriétés
de pré-lubrification (donc d'épaisseur suffisante), tout en accroissant sensiblement
la vitesse d'oxalatation, et en évitant ou en limitant les inconvénients précités.
[0031] A cet effet, l'invention a pour objet un procédé pour former une couche d'oxalate
de zinc sur la surface d'une bande ou d'une tôle métallique revêtue d'une couche de
zinc ou d'alliage de zinc, à l'exception des alliages zinc-fer, au moyen d'une solution
aqueuse d'oxalatation constituée d'acide oxalique à une concentration comprise entre
5.10
-3 et 0,1 mole/l, d'au moins un composé et/ou un ion d'un métal oxydant du zinc à une
concentration comprise entre 10
-6, d'eau et 10
-2 mole/l, et éventuellement d'un agent mouillant.
[0032] En tout état de cause, la concentration en ions oxydants est inférieure au seuil
de concentration à partir de laquelle on observe des précipitations du métal correspondant.
[0033] L'invention peut également présenter une ou plusieurs des caractéristiques suivantes
:
- la concentration en acide oxalique est de préférence comprise entre 5.10-3 et 5.10-2 mole/l.
- la concentration en composés et/ou ions oxydants du zinc dans ladite solution est
de préférence comprise entre 10-6 et 10-3 mole/l.
- l'au moins un ion est choisi dans le groupe comprenant Ni2+, Co2+, Cu2+, Fe2+, Fe3+, Mo3+, Sn2+, Sn4+.
- ladite solution est appliquée sur ladite surface zinguée sans polarisation électrique
de ladite tôle.
- le grammage de ladite couche d'oxalate de zinc est compris entre 0,05 et 3 g/m2.
[0034] L'invention a également pour objet un procédé de lubrification et de protection temporaire
d'une tôle zinguée, caractérisé en ce qu'il comprend une étape de traitement d'oxalatation
de surface selon l'invention, suivie d'une étape d'application d'une couche d'huile.
[0035] De préférence, dans la mise en oeuvre de ce procédé de lubrification :
- ladite huile comprend au moins un ester gras et/ou du carbonate de calcium dans une
proportion supérieure ou égale à 5%.
[0036] L'invention a également pour objet un procédé d'emboutissage d'une tôle zinguée caractérisé
en ce qu'il comprend, préalablement à l'emboutissage, une étape de lubrification selon
l'invention.
[0037] L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui va suivre, donnée
à titre d'exemple non limitatif.
[0038] De manière tout à fait inattendue, les inventeurs ont mis en évidence qu'en ajoutant
une très faible quantité d'un composé et/ou d'un ion d'un métal susceptible d'oxyder
le zinc dans la solution d'oxalatation selon l'invention, on obtenait une couche d'oxalate
de zinc sur la surface zinguée des tôles ou des bandes d'acier traitées par ladite
solution d'oxalatation, dont l'épaisseur est suffisante pour conférer à la tôle ou
la bande ainsi traitée une bonne protection temporaire contre la corrosion et de bonnes
propriétés pré-lubrifiantes.
[0039] On entend par surface zinguée d'une tôle ou d'une bande d'acier, une surface revêtue
essentiellement de zinc, ou d'un alliage à base de zinc, à l'exception pour cette
invention des alliage zinc-fer.
[0040] Dans le cas du traitement d'oxalatation selon l'invention d'une tôle revêtue d'une
couche de zinc, les inventeurs ont mis en évidence que la couche de conversion obtenue
comportait au moins 99% d'oxalate de zinc.
[0041] La concentration en composés et/ou en ions métalliques oxydant du zinc est comprise
entre 10
-6 et 10
-2 mole/l, de préférence entre 10
-6 et 10
-3 mole/l.
[0042] Pour une concentration en ions métalliques inférieure à 10
-6 mole/l, l'effet de ces ions sur la vitesse d'oxalatation n'est pas significatif.
[0043] Pour une concentration en ions métalliques supérieure ou égale à 10
-2 mole/l, on assiste au dépôt chimique par cémentation de l'élément métallique correspondant
à ces ions, aux dépens de l'oxalatation poursuivie.
[0044] Pour des bains d'oxalatation dont la concentration en acide oxalique est supérieure
à 0,1 mole/l, l'utilisation de ces ions métalliques n'est pas toujours indispensable
pour accélérer la réaction d'oxalatation, sauf, par exemple, dans le cas de l'application
par enduction pour obtenir rapidement une réaction complète de la solution de traitement
avec la surface ; notamment pour les bains d'oxalatation dont la concentration en
acide oxalique est inférieure à 0,05 mole/l, l'addition de ces ions en faible concentration
dans la solution de traitement est un moyen efficace et économique pour obtenir des
cinétiques d'oxalatation industriellement viables en immersion. L'invention s'applique
donc aux bains d'oxalatation dont la concentration en acide oxalique est comprise
entre 5.10
-3 et 0,1 mole/l, de préférence entre 5.10
-3 et 5.10
-2 mole/l.
[0045] Grâce aux ions métalliques oxydants du zinc pourtant en faible concentration, on
obtient alors une vitesse très élevée d'oxalatation, non seulement même si la concentration
en acide oxalique est inférieure à 0,05 mole/l, mais également même si la solution
ne contient pas d'oxydant comme l'eau oxygénée en quantités significatives et/ou même
si la tôle n'est pas polarisée ; l'installation de traitement est donc plus économique
et plus facile à exploiter.
[0046] Le tableau I décrit des bains d'oxalatation de performances comparables ; par rapport
aux bains de l'art antérieur, on constate que le bain selon l'invention est moins
concentré en acide oxalique ou ne contient pas d'eau oxygénée.
Tableau I :
| Bains d'oxalatation à performances en emboutissabilité comparables. |
| Solution d'oxalatation |
US 5 795 661 |
Pratiques industrielles |
Invention |
| Acide Oxalique : |
7 à 14 g/l |
27 à 72 g/l |
9 g/l ≈ 0,1 mole/l |
| Eau oxygénée : |
2 à 4 g/l |
Sans |
sans |
| Ions métalliques oxydant du zinc |
Sans |
Sans |
10-3 mole/l (Ni2+) |
[0047] De préférence, on choisit l'ion métallique dans le groupe d'ions répertoriés dans
le tableau II ; ce tableau indique également la valeur du potentiel normal du couple
redox (ion/élément métallique correspondant ou autre ion) en volts (V) par rapport
à l'Électrode Normale à Hydrogène (« ENH »).
Tableau II :
| Ions utilisables dans les solutions d'oxalatation selon l'invention. |
| Ions |
Couple Redox |
Potentiel V/ENH |
Ions |
Couple Redox |
Potentiel V/ENH |
| Ni2+ |
Ni2+/Ni |
-0,26 |
Fe3+ |
Fe3+/Fe |
-0,037 |
| Co2+ |
Co2+/Co |
-0,28 |
Mo3+ |
Mo3+/Mo |
-0,20 |
| Cu2+ |
Cu2+/Cu |
+0,34 |
Sn2+ |
Sn2+/Sn |
-0,14 |
| Fe2+ |
Fe2+/Fe |
-0,44 |
Sn4+ |
Sn4+/Sn2+ |
-0,151 |
[0048] Enfin, le bain de traitement d'oxalatation peut comprendre des agents mouillants
et d'inévitables impuretés.
[0049] Pour appliquer la solution de traitement contenant les ions métalliques de manière
à obtenir un dépôt d'oxalate de zinc sur la surface zinguée de la tôle, on procède
d'une manière classique, par exemple par trempé, par aspersion, ou par enduction ;
l'étape d'application est suivie d'une étape de séchage ; entre l'étape d'application
et l'étape de séchage, on peut effectuer un rinçage de la tôle traitée.
[0050] La composition optimale du bain (concentrations en acide oxalique et en ions métallique)
et la morphologie du dépôt obtenu à base d'oxalate dépendent des conditions d'application
; on adapte d'une manière connue en elle-même ces conditions pour obtenir le grammage
de dépôt à base d'oxalate nécessaire à l'obtention des propriétés souhaitées, par
exemple des propriétés pré-lubrifiantes.
[0051] Pour obtenir un effet prélubrifiant significatif sur une tôle zinguée, lorsqu'on
effectue le traitement d'oxalatation au trempé, l'épaisseur minimum nécessaire est
de l'ordre de 0,7 µm environ, ce qui correspond à un grammage de l'ordre de 2 g/m
2 d'oxalate de zinc ; l'application de la solution de traitement par enduction sans
rinçage avant séchage permet d'accéder à une répartition plus homogène de la couche
de conversion et des grammages inférieurs à 0,5 g/m
2, voire inférieurs ou égaux à 0,1 g/m
2, peuvent alors suffire pour obtenir les propriétés prélubrifiantes optimales.
[0052] Le dépôt à base d'oxalate obtenu sur la surface zinguée de la tôle apporte des propriétés
comparables à celles de dépôts classiques à base d'oxalate de l'art antérieur, du
moins sur les plans suivants :
- effets prélubrifiants comparables : absence de broutage au frottement, diminution
sensible du coefficient de frottement (> 50%) par rapport à la même tôle huilée sans
oxalatation préalable.
- dégraissabilité aisée en milieu alcalin, élimination facile du dépôt d'oxalate permettant,
par exemple, d'effectuer un traitement de phosphatation dans de très bonnes conditions.
[0053] Le procédé selon l'invention permet d'élargir la « plage de fonctionnement » du traitement,
c'est à dire la fourchette de concentrations en acide oxalique qui permettent d'obtenir
un dépôt suffisamment prélubrifiant ; par exemple :
- si la fourchette est comprise entre 0,3 à 0,8 mole/l d'acide oxalique sans addition
d'ions oxydants du zinc,
- la fourchette qu'on obtient avec addition d'ions oxydants du zinc selon l'invention
est comprise entre 5.10-3 à 0,8 mole/litre.
[0054] Cet effet facilite la gestion des bains d'oxalatation en application industrielle.
[0055] Grâce à l'invention, on obtient ainsi des dépôts d'oxalate sur des tôles zinguées
:
- à des vitesses plus élevées, sans utiliser d'oxydant en quantité importante comme
de l'eau oxygénée et/ou sans polarisation de la tôle,
- et/ou à l'aide de solutions moins concentrées en acide oxalique que dans l'art antérieur.
[0056] Comme illustré dans les exemples ci-après par des mesures comparatives de potentiel
à l'abandon de tôles zinguées plongées dans différentes solutions d'oxalatation :
- En présence d'acide oxalique seul, on observe systématiquement un léger retard avant
obtention d'une couche d'oxalate de zinc totalement couvrante, ce qui reflète un phénomène
d'inhibition de formation du dépôt sur le revêtement zingué ; on observe également
que ce retard est d'autant plus court que la concentration en acide oxalique est élevée.
- En présence d'ions métalliques oxydants du zinc selon l'invention, on observe une
diminution très importante voire la disparition de ce phénomène d'inhibition (voir
en particulier la figure 3).
- En présence d'ions métalliques au contraire réducteurs du zinc, à l'opposé de l'invention,
on observe une aggravation de ce phénomène d'inhibition.
[0057] L'activité importante des ions oxydants du zinc à faible concentration indique un
effet catalyseur empêchant l'inhibition temporaire de formation de la couche d'oxalate.
[0058] Le traitement d'oxalatation de tôles zinguées selon l'invention peut être utilisé
pour toutes les applications usuelles de l'oxalatation telles celles décrites en introduction,
notamment pour la prélubrification de ces tôles.
[0059] Observé au microscope électronique à balayage, le dépôt obtenu se présente sous forme
de cristaux cubiques, ou, dans le cas d'épaisseurs inférieures à 0,1 µm, sous forme
de paillettes ; la taille moyenne de ces cristaux peut être assez différente, notamment
en fonction des conditions d'application de la solution de traitement :
- 0,1 à 0,5 µm pour un dépôt appliqué par enduction,
- 0,5 à 0,8 µm pour un dépôt appliqué au trempé.
[0060] Grâce à l'analyse par spectroscopie de décharge luminescente (« SDL ») du taux de
carbone de différents dépôts, qui sert d'élément traceur de l'oxalate, on constate
que le dépôt selon l'invention présente un taux de carbone environ deux fois plus
important que celui d'un dépôt effectué dans les mêmes conditions mais sans ajout
d'ion métallique oxydant du zinc à la solution d'oxalatation (analyses basées sur
des dépôts réalisés à l'aide d'une solution d'oxalatation contenant 0,1 mole/l d'acide
oxalique).
[0061] L'analyse par érosion ionique et spectroscopie de masse des ions éjectés (SIMS :
Ion Mass Spectroscopy en langue anglaise) révèle la présence des ions oxydants du
zinc (Ni
2+) dans l'épaisseur du dépôt, comme l'illustre l'exemple 3 ; ces ions ne sont pas détectables
en extrême surface du dépôt par spectroscopie de photoélectron X (XPS : X-Ray Photoelectron
Spectroscopy » en langue anglaise) ; ces ions ne pas détectables non plus dans l'épaisseur
par analyse chimique.
[0062] Par rapport aux dépôts qu'on obtient sans addition d'ions oxydants du zinc dans la
solution d'oxalatation, on constate, toujours par « SIMS » dans l'épaisseur du dépôt,
une proportion plus importante de zinc oxydé à l'état Zn
2+, ce qui expliquerait la couleur plus foncée que présente le dépôt selon l'invention
et illustre l'épaisseur plus importante de la couche déposée.
[0063] D'autres avantages du procédé de l'invention apparaîtront à la lecture des exemples
présentés ci-après à titre non limitatif de la présente invention.
MATÉRIELS :
[0064]
1) Tôle d'acier zinguée utilisée : tôle d'acier zingué USICAR™, revêtue par électrodéposition d'une couche de zinc d'une
épaisseur de 7,5 µm environ, dégraissée en milieu alcalin.
2) Bains d'oxalatation :
Concentration en acide oxalique : variable.
Nature et concentration en ions métalliques ajoutés : variable.
Autres composants : sans.
MÉTHODES :
[0065]
1) Conditions de réalisation du dépôt :
Température du bain : sauf indications contraires, température ambiante (25°C environ).
Mode d'application : au trempé avec rinçage à l'eau décarbonatée, ou par enduction
sans rinçage avant séchage.
Mode de séchage : à l'air chaud.
Densité surfacique de dépôt sec obtenu : sauf indication contraire, 2 g/m2 au trempé (soit 0,7 µm environ), 0,1 à 0,3 g/m2 par enduction.
2) Évaluation de l'effet pré-lubrifiant :
On procède à l'évaluation du comportement tribologique de surfaces traitées ou non
traitées par oxalatation d'éprouvettes d'acier zingué, en mesurant le coefficient
de frottement comme suit :
- avant test de frottement, l'éprouvette est préalablement huilée d'une manière standard,
sauf indication contraire, à l'aide d'huile référencée 6130 de la Société QUAKER,
- le test de frottement est effectué à l'aide d'un tribomètre classique plan-plan, sous
une pression de serrage croissante de 0 à 800.10+5 Pa ; la mesure retenue correspond en général à la moyenne des coefficients de frottement
mesurés au cours de l'essai.
3) Évaluation du grammage du dépôt à base d'oxalate :
On procède en deux étapes :
- à partir d'une éprouvette d'acier zingué traitée par oxalatation, une première étape
de dissolution du dépôt et de la couche sous-jacente de zinc,
- à partir de la solution obtenue, une deuxième étape de dosage de la quantité d'acide
oxalique contenue dans la solution.
On rapporte cette quantité à la surface traitée pour obtenir le grammage.
1ère étape : à l'aide d'un montage à trois électrodes (l'éprouvette d'acier zingué traité, une
contre-électrode en acier inoxydable, une électrode de référence au Calomel Saturé
: « ECS »), on réalise l'électro-dissolution du dépôt et du revêtement de zinc par
application d'un potentiel de - 800 mV/ECS à l'éprouvette d'acier zingué traité ;
lorsque le courant s'annule, on considère que la totalité du zinc est passée en solution
dans l'électrolyte ; dans la solution obtenue qui présente un pH très acide, on considère
que l'oxalate de zinc est entièrement décomplexé selon la réaction :

2ème étape : dans la solution obtenue, on ajoute quelques gouttes de sulfate de manganèse pour
catalyser la réaction d'oxydo-réduction ; on dose ensuite l'acide oxalique H2C2O4 à l'aide d'une solution de permanganate de potassium de normalité connue, selon les
réactions :
- oxydation de l'acide oxalique : H2C2O4 → 2 CO2 + 2 H+ + 2 e-
- réduction du permanganate : MnO4 + 8 H+ + 5 e- → Mn2+ + 4 H2O
Au cours de l'ajout de permanganate, on mesure l'évolution du potentiel de la solution
entre une électrode de platine et une électrode au calomel. saturé ; le saut de potentiel
correspond au dosage d'équivalence selon la formule : N
o x V
o = N x V
éq. , où N
o est la normalité de la solution d'acide oxalique à titrer, Vo le volume de cette
solution à titrer, N la normalité de la solution de permanganate de titrage et V
éq. le volume de cette solution de titrage ajoutée pour aboutir au saut de potentiel.
A partir de N
o, du volume de la solution d'électro-dissolution, de la surface traitée de l'éprouvette,
on calcule d'une manière connue en elle-même la densité surfacique de dépôt à base
d'oxalate de l'éprouvette initiale et/ou l'épaisseur moyenne de ce dépôt.
4) Caractérisation en corrosion humidotherme (Norme DIN 51160):
Les éprouvettes à tester sont placées dans une enceinte climatique correspondant à
la norme DIN 51160, ce qui simule les conditions de corrosion d'une spire extérieure
de bobine de tôle ou d'une tôle découpée en feuille pendant le stockage.
Le détail du cycle (un cycle = 24 heures) en humidotherme est décrit ci-dessous :
- 8 h à 40°C et 100% d'humidité relative
- 16 h à température et humidité ambiante.
Les éprouvettes sont suspendues individuellement verticalement.
L'observation visuelle des échantillons permet de quantifier la dégradation du revêtement
par apparition de rouille blanche en fonction du nombre de cycles successifs d'exposition.
Les cotations sont arrêtées lorsqu'au moins 10 % de la surface totale de l'échantillon
est touchée par la rouille blanche.
Exemple comparatif 1 :
[0066] Cet exemple a pour but d'illustrer, en référence à la figure 1, l'évolution de la
vitesse d'oxalatation au trempé d'une tôle zinguée en fonction de la concentration
en acide oxalique du bain de traitement et/ou en fonction de la température de ce
bain.
[0067] La figure 1 représente la variation d'épaisseur de dépôt au trempé d'oxalate de zinc
(µm) en fonction de la durée du traitement d'oxalatation, soit ici la durée de trempage(s),
pour différentes concentrations en acide oxalique - 0,1, 0,3, 0,5 et 0,8 mole/litre,
et deux températures 25°C et 50°C, soit huit courbes au total (les courbes 0,1 mole/l
à 25°C et à 50°C sont confondues).
[0068] Les résultats obtenus sont reportés à la figure 1 pour les solutions de traitement
et les températures suivantes :
A : [H2C2O4] = 0,1 mole/l soit à 25°C, soit à 50°C
B : [H2C2O4] = 0,3 mole/l à 25°C
C : [H2C2O4] = 0,5 mole/l à 25°C
D : [H2C2O4] =0,8 mole/l à 25°C
E : [H2C2O4] = 0,3 mole/l à 50°C
F : [H2C2O4] = 0,5 mole/l à 50°C
G : [H2C2O4] = 0,8 mole/l à 50°C
[0069] Pour obtenir un effet pré-lubrifiant significatif dans le cas de l'application au
trempé, les essais de routine ont montré par ailleurs que l'épaisseur du dépôt d'oxalate
de zinc devait être supérieure ou égale à 0,7 µm environ.
[0070] Selon les courbes de la figure 1, pour une durée de 0,5 s de traitement, on constate
qu'on parvient à cette épaisseur de 0,7 µm :
- à 25°C, dès que [C2O42-] ≥ 0,8 mole/litre,
- à 50°C, dès que [C2O42-] ≥ 0,3 mole/litre.
[0071] On constate donc que, pour obtenir une vitesse d'oxalatation élevée sans polarisation
électrique de la tôle à traiter et sans oxydant du zinc à une concentration élevée,
il convient d'utiliser des solutions dont la concentration en acide oxalique est largement
supérieure à 0,1 mole/l, au minimum : 0,3 mole/l à 50°C, 0,8 mole/l à 25°C.
[0072] Les figures 2A, 2B et 3 illustrent les exemples 1 et 2 : en ordonnée, potentiel à
l'abandon (mesuré en mV par rapport à une Électrode au Calomel Saturé : « ECS ») d'une
tôle d'acier zingué en fonction du temps (s) en abscisse, mesuré à partir de l'instant
d'immersion de la tôle (temps zéro) par chronopotentiométrie à courant quasi-nul.
Exemple 1 :
[0073] Cet exemple a pour but d'illustrer, selon l'invention, l'effet de l'addition, à très
faible concentration, d'ions Ni
2+ dans la solution de traitement sur la vitesse d'oxalatation de la tôle zinguée, en
utilisant ici, toujours au trempé, différentes solutions de traitement à 25°C contenant
la même proportion de 0,5 mole/l d'acide oxalique ; les ions Ni
2+ sont oxydants du zinc.
[0074] Pour évaluer en continu la vitesse d'oxalatation d'une solution d'oxalatation, on
procède par mesure du potentiel à l'abandon de la tôle d'acier zingué à partir de
l'instant (temps zéro) de début de trempage de cette tôle dans ladite solution ; l'électrode
de tôle d'acier se présente sous la forme d'un disque circulaire de surface 0,2 cm
2 ; pendant la mesure, l'électrode est entraînée en rotation à 1250 tours par minute.
[0075] Les résultats obtenus sont reportés à la figure 2A pour les solutions de traitement
suivantes :
- C = comparatif : [H2C2O4] = 0,5 mole/l sans addition d'ions,
- A : [H2C2O4] = 0,5 mole/l et [NiCl2] = 10-3 mole/l
- B : [H2C2O4] = 0,5 mole/l et [NiCl2] = 10-4 mole/l
[0076] La courbe C (comparatif) concerne une solution de l'art antérieur, sans addition
d'ions oxydants du zinc; elle montre une première phase d'augmentation régulière du
potentiel jusqu'à 100 secondes environ suivie d'une deuxième phase de légère diminution
lente et régulière ; dans la première phase, on constate que la vitesse d'oxalatation
est très faible dans les premiers instants puis augmente régulièrement (augmentation
de la pente de la courbe) ; cette très faible vitesse d'oxalatation traduit un phénomène
d'inhibition temporaire de la surface zinguée que l'invention permet précisément de
limiter.
[0077] Les courbes A et B concernent des solutions selon l'invention, contenant des ions
oxydants du zinc ; elles montrent que l'oxalatation est quasiment instantanée, ce
qui indique que de très faibles quantités d'ions Ni
2+ ajoutés à la solution permettent de limiter voire de supprimer ce phénomène d'inhibition,
d'accroître considérablement la réactivité de la surface zinguée, et d'augmenter très
fortement la vitesse d'oxalatation.
[0078] La figure 2B montre que cet effet résulte d'une synergie entre les ions C
2O
42- et les ions Ni
2+; les résultats reportés concernent les solutions de traitement suivantes :
- A : [H2C2O4] = 0,5 mole/l et [NiCl2] = 0,001 mole/l
- I : concerne une solution ne contenant que les ions oxydants du zinc à faible concentration,
sans acide oxalique : [NiCl2] = 0,001 mole/l
[0079] Des résultats reportés sur cette figure, on déduit clairement que les ions Ni
2+ seuls n'ont pas d'effet comparable à celui des ions C
2O
42- + Ni
2+.
Exemple 2 :
[0080] Cet exemple a pour but d'illustrer que seuls les ions qui sont oxydants du zinc apportent,
même à faible concentration, cet effet de synergie et permettent d'augmenter la vitesse
d'oxalatation.
[0081] Comme dans l'exemple 1, on utilise la mesure de potentiel à l'abandon de la même
tôle d'acier zingué trempée dans la solution de traitement à évaluer.
[0082] Pour mieux différencier l'effet des ions métalliques ajoutés à la solution sur la
vitesse d'oxalatation, on utilise ici des solutions ne contenant que 0,05 mole/l d'acide
oxalique, toujours à 25°C ; pour toutes les solutions (sauf celle de référence, B),
la concentration en ions ajoutés est de 10
-3 mole/l.
[0083] Sur la figure 3, on trouve, les courbes d'évolution de potentiel à l'abandon correspondant
aux solutions de traitement suivantes :
A : [H2C2O4] = 5.10-2 Mole/l et [MnCl2] = 10-3 mole/l
B = référence : [H2C2O4] = 5.10-2 mole/l
C : [H2C2O4] = 5.10-2 mole/l et [NiCl2] = 10-3 mole/l
D : [H2C2O4] = 5.10-2 mole/l et [CoCl2] = 10-3 mole/l
E : [H2C2O4] = 5.10-2 mole/l et [CuCl2] = 10-3 mole/l
[0084] Les ions Cu
2+, Co
2+ et Ni
2+ sont oxydants du zinc et sont donc utilisables pour l'invention, les ions Mn
2+ ne sont pas oxydants du zinc et ne sont pas utilisables pour l'invention.
[0085] Les potentiels normaux d'oxydo-réduction des couples (ions métalliques / métal correspondant)
par rapport à l'électrode normale à hydrogène sont :
- E0 (Cu2+/Cu) = + 0,34 V
- E0 (Ni2+/Ni) = - 0,26 V
- E0 (Co2+/Co) = - 0,28 V
- Pour mémoire : E0 (Zn2+/Zn) = - 0,76 V
- E0(Mn2+/Mn) = - 1,18V
[0086] En comparant les courbes de la figure 3 et ces valeurs de potentiel d'oxydo-réduction,
on déduit clairement que l'action accélératrice de l'ion métallique sur la vitesse
d'oxalatation est d'autant plus prononcée que cet ion est oxydant du zinc ; à l'inverse,
l'ion Mn
2+, qui est réducteur et sort du champ de l'invention, a au contraire un effet ralentissant
sur l'oxalatation.
Exemple 3 :
[0087] Cet exemple a pour but de rechercher dans quel domaine de concentration l'ion oxydant
du zinc ajouté à la solution de traitement est efficace pour catalyser et accélérer
l'oxalatation de la surface zinguée.
[0088] Comme dans l'exemple 2, on trace les courbes de potentiel à l'abandon d'une électrode
d'acier zingué dans des solutions comprenant 0,05 mole/litre d'acide oxalique et différentes
concentrations en NiCl
2 s'échelonnant entre 10
-7 et 10
-1 mole/litre ; on constate que l'effet catalytique des ions Ni
2+ se produit dès que la concentration NiCl
2 atteint 10
-6 mole/litre ; on observe toujours cet effet pour des concentrations supérieures, jusqu'à
10
-2 mole/litre ; au delà de cette concentration, on observe à l'oeil un dépôt de nickel
chimique.
Exemple 4 :
[0089] Cet exemple a pour but d'illustrer les caractéristiques physico-chimiques du dépôt
selon l'invention qui le différencient d'un dépôt d'oxalatation effectué selon l'art
antérieur (référence).
[0090] La méthode analytique qui permet de repérer ces différences est la Spectroscopie
de Masse des Ions éjectés du dépôt d'oxalate par bombardement ionique (« SIMS »).
[0091] La figure 4 illustre, du haut vers le bas, les profils de Ni
+58, O
-16 et ZnO
+80 obtenus par spectroscopie de masse ionique (« SIMS ») sur un dépôt à base d'oxalate
réalisé selon l'invention (courbes A) et sur un dépôt réalisé dans les mêmes conditions
mais sans addition d'ions métalliques oxydants (courbes B) ; les courbes indiquent
l'intensité du signal en fonction du temps d'érosion ionique (0 à 25 min.), c'est
à dire en fonction de la profondeur à partir de l'extrême surface.
[0092] La figure 4, subdivisée en trois parties repérées du haut vers le bas « Ni », « O
» et « ZnO » donne les résultats obtenus respectivement pour trois types d'ions :
Ni
+58, O
-16 et ZnO
+80 ; sur chaque partie, on repère deux courbes ou profils : courbes A pour un dépôt
effectué selon l'invention en présence d'ions de nickel, courbes B pour un dépôt de
référence effectué dans les mêmes conditions mais sans addition d'ions de nickel.
[0093] Le temps d'érosion (« sputter time » en langue anglaise) s'étend à 25 minutes et
correspond à une profondeur de l'ordre de 1 à 1,5 µm environ.
[0094] On déduit de ces résultats que :
- le nickel ajouté dans le bain d'oxalatation est présent dans l'épaisseur du dépôt
réalisé en présence de Ni2+ à une concentration au moins 5 fois plus élevée que dans l'épaisseur du dépôt de
référence ; le nickel détecté dans le dépôt de référence correspond au nickel des
impuretés inévitables présentes dans le bain.
- l'ajout de Ni2+ dans le bain d'oxalatation augmente la proportion de zinc à l'état oxydé Zn2+ dans le dépôt, ce qui confirme que cet ajout favorise la dissolution et l'oxydation
du zinc (en Zn2+) de la surface à traiter et permet d'augmenter l'épaisseur de la couche déposée.
Exemple 5 :
[0095] Cet exemple a pour but d'illustrer les synergies possibles entre le dépôt à base
d'oxalate et une huile de lubrification, notamment dans le cas où cette huile contient
des esters gras et/ou du carbonate de calcium.
[0096] Les esters gras sont des composants classiques des huiles de lubrification ; les
carbonates de calcium sont des additifs classiques de ces huiles, dispersés et mis
en émulsion dans la phase huileuse en général à l'aide de sulfonates d'alkyl ou de
sulfonates d'alkyl-aryles ; le terme usuel pour ce mélange est « sulfonate de calcium
surbasé ».
[0097] L'huile QUAKER 6130 utilisée dans la procédure d'évaluation de l'effet pré-lubrifiant
(point 2, § MÉTHODES ci-dessus) contient, outre de l'huile minérale oléfinique ou
paraffinique, les deux composants à la fois : 16% environ d'esters gras et 5% environ
de carbonate de calcium.
[0098] On procède à des essais de frottement (point 2, § MÉTHODES ci dessus, ici, avec une
pression de serrage constante de 400 10
+5 Pa) sur des éprouvettes zinguées non traitées par oxalatation et sur des éprouvettes
traitées par enduction selon l'invention de manière à obtenir un dépôt à base d'oxalate
de grammage de l'ordre de 0,3 g/m
2.
[0099] Avant l'essai de frottement, les éprouvettes sont revêtues :
- soit d'huile purement minérale ne contenant pas d'esters gras ni de carbonate de calcium
(huile SHELL référencée 2881),
- soit d'huile QUAKER 6130,
- soit d'une couche de carbonate de calcium, appliquée par enduction d'une solution
de sulfonates de calcium surbasés diluée dans de l'hexadécane ;
- soit d'une couche d'ester gras, appliquée également par enduction d'une solution d'oléate
de méthyle (ester gras) dilué dans de l'hexadécane ;
[0100] Pour les tests de frottement, on mesure ensuite le coefficient de frottement minimum
en fin d'essai (µ
min) ; les résultats obtenus sont reportés au tableau III.

[0101] On constate donc que le dépôt à base d'oxalate apporte un effet pré-lubrifiant beaucoup
plus important avec une huile comprenant au moins un ester gras et/ou du carbonate
de calcium dans une proportion supérieure ou égale à 5% qu'avec une huile ne contenant
pas ces composants ; les résultats mettent clairement en évidence la synergie du dépôt
à base d'oxalate avec chacun de ces composants.
Exemple 6 :
[0102] Cet exemple a pour but d'illustrer que les tôles zinguées traitées selon l'invention
(application de la solution selon l'invention par la technique de l'enduction) puis
revêtues d'un film mince d'huile QUAKER 6130 ont un bon comportement à la fois en
emboutissage et en corrosion temporaire.
Tableau IV :
| résultats du comportement en humidotherme et en emboutissage. |
| MODALITES |
Grammage (g/m2 +/- 0,02) |
Comportement en humidotherme; Nombre de cycles avant apparition de 10% de rouille
blanche |
Emboutissage |
| Référence USICAR™ |
- |
20 cycles |
mauvais |
| USICAR™ traité par H2C2O4 à 0,1 M |
0,2 |
Mauvais : 2 cycles |
excellent |
| USICAR™ traité par H2C2O4 à 0,05 M |
0,2 |
Mauvais : 2 cycles |
excellent |
| USICAR™ traité par H2C2O4 à 0,05 M + CuCl2 10-4 M Non rincé |
0,23 |
Bon : 20 cycles |
excellent |
| USICAR™ traité par H2C2O4 à 0,05 M+ CuCl210-4 M Rincé |
0,21 |
Bon : 18 cycles |
excellent |
| USICAR™ traité par H2C2O4 à 0,05 M + CuCl210-3 M Non rincé |
0,16 |
Bon : 24 cycles |
excellent |
| USICAR™ traité par H2C2O4 à 0,05 M + CuCl2 10-3 M Rincé |
0.18 |
Bon : 17 cycles |
excellent |
| USICAR™ traité par H2C2O4 à 0,1 M + CuCl2 10-4 M Non rincé |
0,21 |
Bon : 20 cycles |
excellent |
| USICAR™ traité par H2C2O4 à 0,1 M+ CuCl2 10-4 M Rincé |
0,19 |
Bon : 18 cycles |
excellent |
| USICAR™ traité par H2C2O4 à 0,1 M + CuCl2 10-3 M Non rincé |
0,21 |
Bon : 20 cycles |
excellent |
| USICAR™ traité par H2C2O4 à 0.1 M+ CuCl210-3 M Rincé |
0,20 |
Bon : 16 cycles |
excellent |
| (Remarque : dans ce tableau, nous avons remplacé l'unité mole/l par M) |
[0103] Ces résultats montrent que les tôles zinguées (USICAR™) traitées à l'acide oxalique
seul et à faibles concentrations (0,1 mole/l et 0,05 mole/l), et avec un grammage
de 0,2 g/m
2 présentent un bon comportement en emboutissage, mais un mauvais comportement en humidotherme.
Ce mauvais comportement en humidotherme est très probablement lié au fait que la réaction
d'oxalatation mise en jeu ne conduit pas à la seule formation d'un complexe de type
ZnC
2O
4, mais au dépôt d'une couche mixte constitué en plus du complexe précité, d'acide
oxalique n'ayant pas réagi et/ou d'un autre complexe de type Zn(HC
2O
4)
2, également porteur de fonctions acides. En présence de l'huile, les fonctions acides
libres de la couche viendraient réagir avec les fonctions sulfonates de l'huile (composés
inhibiteur de corrosion) par une réaction acido-basique. De ce fait, l'huile serait
appauvrie en espèces inhibitrices de corrosion et ne serait plus à même d'assurer
sa fonction protectrice vis à vis de la corrosion.
[0104] Par ailleurs, l'ajout d'un activateur, tel que le Cu
2+, en très faible quantité dans un bain d'oxalatation faiblement concentré (10
-3 ou 10
-4 mole/l) permet l'élaboration de dépôts sur la surface zinguée traitée qui sont quasi
exempts de phase soluble. En effet, les résultats montrent clairement qu'il n'y a
pas de différence significative de grammage entre les échantillons rincés et les échantillons
non rincés.
[0105] En outre, à partir des solutions selon l'invention, c'est à dire celles dont la concentration
en acide oxalique varie de 0,05 mole/l à 0,1 mole/l et la concentration en CuCl
2 varie de 10
-3 à 10
-4 mole/l, les grammages des couches d'oxalate de zinc déposées sur la surface zinguée
traitée sont voisins du grammage visé (0,2 g/m
2), et conduisent à un bon comportement en humidotherme, ainsi qu'à un excellent comportement
en emboutissage.