[0001] La présente invention concerne une buse de détente pour générer des microbulles dans
une cellule de flottation.
[0002] On connaît des installations de traitement d'eaux comportant une cellule de flottation
dans laquelle est admise l'eau brute, préalablement floculée puis mélangée à de l'eau
pressurisée et détendue de façon que les matières en suspension contenues dans l'eau
brute soient entraînées par les microbulles résultant de cette détente, puis évacuées,
sous forme de boues, à la surface du liquide contenu dans la cellule, l'eau traitée
étant évacuée par le fond de cette cellule. Une telle installation est décrite notamment
dans EP-A-0 659 690 et dans WO 03/064326. Des installations semblables sont décrite
dans US-A-5 154 351 et US-A-5 332 100.
[0003] La flottation constitue donc une technologie de clarification (séparation solide/liquide)
qui est une alternative à la décantation au moins pour certains types d'eau.
[0004] Selon cette technologie rappelée ci-dessus, après l'étape de coagulation-floculation,
l'eau est mélangée avec un « lait » (émulsion) de microbulles généralement d'air (présentant
un diamètre moyen compris entre 30 à 80
µm).Ces microbulles s'accrochent aux flocs qui, de la sorte allégés, ont tendance à
monter vers la surface de la cellule de flottation où ils s'accumulent pour former
une nappe ou lit de boues. Ainsi qu'on l'a mentionné ci-dessus, les boues sont extraites
en surface du flottateur, alors que l'eau clarifiée est évacuée par le fond de l'appareil.
Une partie de cette eau clarifiée (en général de l'ordre de 10 % de l'eau à traiter)
est pompée à 4 ou 6. 10
5Pa dans un ballon spécifique (dit ballon de pressurisation) où l'air se dissout en
grande quantité (jusqu'à 5 fois la concentration maximale de l'air dans l'eau à la
pression atmosphérique). Lors d'une détente brutale à la pression atmosphérique, l'eau
est placée en condition de sursaturation et génère des microbulles. Cette détente
est réalisée par des systèmes statiques dits buses de détente. Ces buses de détente
sont placées dans une zone spécifique où les microbulles sont mélangées à l'eau floculée.
[0005] Pour être physiquement séparé de l'eau dans un décanteur, un floc doit être dense
ou de grande taille.
Or pour être séparé par flottation, il suffit que le dit floc soit formé ; il peut
être petit et très léger. La floculation peut donc être simplifiée, d'où l'absence
quasi générale de polymère pour le traitement par flottation des eaux peu chargées
et la mise en oeuvre de réacteurs de floculation plus petits que ceux des décanteurs.
[0006] En contre partie, les générateurs de microbulles doivent produire des microbulles
de très petit diamètre avec une énergie dissipée dans le milieu compatible avec la
fragilité du floc.
[0007] Jusqu'à présent, les flottateurs n'ont guère été en situation de concurrencer la
génération des décanteurs rapides lamellaires, à lit de boues ou à lest, pour les
raisons suivantes :
- volume généralement surdimensionné de leur zone de floculation,
- vitesses de séparation relativement faibles,
- coût énergétique de la pressurisation
[0008] Cependant depuis quelques années apparaissent des flottateurs rapides mettant en
oeuvre des modules lamellaires co-courant ou des systèmes de reprise spécifiques.
Des vitesses de 20 à 40 m/h sont annoncées. Par ailleurs, les temps de floculation
baissent en raison de l'objectif de floc recherché et des technologies plus performantes
mises en oeuvre.
[0009] Dans ces conditions de temps de floculation réduit et de vitesses élevées dans le
flottateur, la flottation se montre extrêmement compétitive par rapport aux décanteurs.
C'est la raison pour laquelle cette technologie fait actuellement un retour en force
spécialement en clarification des eaux peu chargées avec des arguments de compacité
et de simplicité d'exploitation.
Mais avec des appareils présentant de telles performances en floculation et en vitesse
de séparation, il faut que les microbulles soient particulièrement adaptées en nombre
et en qualité.
Les temps réduits de la floculation exigent des microbulles très fines, la fragilité
des flocs demande des énergies de mélange douces, les fortes vitesses de séparation
n'admettent pas de défaut de microbulles actives.
[0010] Ces contraintes ont fait que dans certains cas, les buses de détente classiques,
de taille industrielle, n'ont pas permis d'atteindre les performances escomptées.
Par exemple sur des pilotes de taille semi-industrielle, des petites buses de détente
(100 l/h à 500l/h) permettaient d'atteindre des vitesses de séparation dans la cellule
de flottation de 30m/h, alors que sur une installation industrielle équipée de buses
de détente plus grosses (1000 à 1500 l/h) la vitesse du flottateur ne pouvait pas
dépasser 20 m/h.
Il a donc fallu développer une nouvelle buse mieux adaptée aux exigences des flottateurs
rapides de taille industrielle.
[0011] Il existe à l'heure actuelle de nombreux types de buses de détente pour la clarification
des eaux. A cet égard on peut se référer à l'article de E.M.Rykaart et J.Haarhoff
(Wat.Sc. Tech. Vol 31, n° 3-4, pp 25-35. 1995) intitulé « Behaviour or air injection
nozzles in dissolved air flotation » qui mentionne les principaux types de buses :
Cet article se réfère notamment à des buses caractérisées par :
- une double détente (buse WRC et DWL) ou une simple détente (NIWR)
- une détente suivie d'une chambre d'amortissement de la vitesse (NIWR et DWL)
- une détente suivie d'une section divergente pour ralentir la vitesse (ci-après dénommée
buse « B ») .
[0012] La buse WRC est décrite notamment dans FR-P-1 444 026. Elle comporte :
- un premier étage de détente réalisant l'essentiel de la détente, cet étage étant réalisé
sous la forme d'un diaphragme ;
- une chambre intermédiaire de transfert et d'expansion dans laquelle le gaz (par exemple
de l'air) est quasiment désorbé grâce au premier étage de détente et à la turbulence
régnant dans cette chambre. La hauteur de cette chambre est relativement importante.
A titre d'exemple dans le brevet cité ci-dessus, il est indiqué que cette hauteur
est égale au diamètre de l'orifice du deuxième étage de détente.
- un deuxième étage de détente réalisant en fait le transfert d'une zone à forte énergie
à une zone à faible énergie ou faible vitesse. Cet étage est réalisé sous la forme
d'un diaphragme dont l'orifice présente un diamètre qui est toujours supérieur à celui
de l'orifice du premier étage de détente et de préférence 2 fois plus grand. L'objectif
de cette invention est d'obtenir les vitesses les plus faibles possibles en sortie
de buse pour ne pas casser les flocs sur lesquels les bulles vont s'accrocher.
- un tube de sortie et de diffusion dont le rôle est de protéger le floc des vitesses
encore relativement fortes en sortie de diaphragme et d'obtenir une vitesse suffisamment
faible à la sortie du tube.
[0013] Partant de cet état de la technique (buse WRC), l'invention se propose d'apporter
une nouvelle buse permettant d'obtenir sur des installations industrielles (buses
de grandes capacités > 500 l/h) des performances hydrauliques tout à fait inattendues,
et notamment un fonctionnement à plus de 30 m/h au lieu de 20 m/h avec la buse « B
» selon l'état antérieur de la technique.
[0014] En conséquence cette invention concerne une buse de détente d'eau pressurisée pour
générer des microbulles dans une installation de flottation comportant un premier
étage de détente, une chambre intermédiaire de transfert, un second étage de détente
et un tube de sortie, cette buse étant caractérisée en ce que :
- le premier étage de détente réalise une pré-détente en absorbant de 5 à 20% de la
pression disponible ;
- le second étage de détente, sur lequel s'effectue l'essentiel de la détente, fait
passer l'eau pressurisée de la pression de saturation à la pression de sortie de la
buse ;
- la chambre intermédiaire est une chambre de transit dans laquelle l'eau pressurisée
approche de la pression de saturation en absorbant 5 à 30 % de la pression disponible
et
- le tube de sortie constitue un tube de détente brutale et de confinement de la cavitation,
sa longueur minimale correspondant sensiblement à la distance séparant l'extrémité
dudit tube côté second étage de détente du point de recollement des jets sur les parois
du tube, avec un angle α de divergence des jets, avant recollement, compris entre
3 et 12° de préférence entre 6 et 9°.
[0015] Selon une caractéristique de cette invention, les premier et second étages de détente
sont réalisés sous la forme d'un diaphragme comportant un ou plusieurs orifices de
forme quelconque, le diamètre hydraulique de l'orifice du premier étage, ou de l'orifice
équivalent si cet étage comporte plusieurs orifices, étant supérieur au diamètre hydraulique
de l'orifice du second étage, ou de l'orifice équivalent si cet étage en comporte
plusieurs.
[0016] Selon une autre caractéristique de l'invention, la détente d
1 est effectuée au moyen d'une vanne, d'une chicane ou de tout autre dispositif de
restriction de flux.
[0017] Selon une autre caractéristique de l'invention, la chambre intermédiaire ou de transit
présente une hauteur, c'est-à-dire une distance séparant le premier étage de détente
du second étage qui est inférieure au diamètre de l'orifice de la première détente
(ou de l'orifice équivalent si cet étage comporte plusieurs orifices), de préférence
égale à la moitié de ce diamètre.
[0018] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention ressortiront de la
description faite ci-après en référence aux dessins annexés qui en illustrent un exemple
de réalisation ainsi que les résultats obtenus. Sur ces dessins :
La figure 1 est un schéma représentant, en coupe axiale verticale une buse selon la
présente invention ;
La figure 2 concerne des expérimentations de laboratoire et illustre les résultats
apportés par l'invention par rapport à ceux obtenus à l'aide de buses selon l'état
antérieur de la technique rappelé ci-dessus et
La figure 3 traduit des données industrielles qui illustrent les résultats apportés
par l'invention par rapport à ceux obtenus à l'aide des buses selon cet état antérieur
de la technique.
[0019] En se référant aux dessins, on voit que la buse selon la présente invention comporte
un premier étage de détente 1 réalisé ici sous la forme d'un diaphragme comportant
un orifice de diamètre d1, une chambre intermédiaire ou de transfert 3, un second
étage de détente 2 comportant deux ou plusieurs orifices (le diamètre hydraulique
équivalent de ces orifices étant égal à d2), et un tube de sortie 4.
[0020] Ainsi, selon l'invention, le diaphragme constituant la détente d'un étage peut comporter
un ou plusieurs orifices. S'il comporte plusieurs orifices (comme c'est le cas du
second étage de détente 2 de cet exemple de réalisation), le diamètre hydraulique
d (soit d2 dans cet exemple de réalisation) est le diamètre équivalent d'un orifice
dont la surface est égale à la somme des surfaces des orifices de ce diaphragme.
[0021] Comme il a été mentionné ci-dessus, le premier étage de détente 1, réalise une simple
pré-détente, l'objectif étant qu'en amont du second étage de détente 2, la pression
soit proche de la pression de saturation de l'eau pressurisée. Le diamètre hydraulique
d1 de l'orifice du système de restriction de flux constituant ce premier étage 1 est
supérieur à celui du diamètre hydraulique d2 de l'orifice du diaphragme constituant
le second étage 2 (ou de l'orifice équivalent lorsque ce diaphragme comporte plusieurs
orifices comme c'est le cas du mode de réalisation illustré par la figure 1). De préférence,
d1 est égal à 1,5 d2. Dans cet étage la perte de charge est de l'ordre de 5 à 35%,
de préférence de l'ordre de 15%.
[0022] Dans la chambre de transfert 3, le gaz (notamment de l'air) ne doit pas être désorbé.
Il existe une sorte de continuité avec le premier étage de détente 1 et, selon la
présente invention, la hauteur de la chambre 3 doit être inférieure au diamètre hydraulique
équivalent de l'orifice du système de restriction de flux du premier étage de détente
1, cette hauteur e étant la distance séparant les deux étages de détente ainsi qu'on
le voit sur la figure 1. Cette chambre intermédiaire de transfert 3 constitue une
chambre de transit permettant d'approcher la saturation. La perte de charge obtenue
dans cette chambre 3 est de l'ordre de 5 à 30%.
[0023] Le second étage de détente, 2, est, selon la présente invention, la seule détente
efficace qui fait passer l'eau pressurisée de la pression de saturation à la pression
de sortie de la buse (hauteur d'immersion de la buse). Ainsi qu'on l'a mentionné ci-dessus
le diamètre hydraulique d2 de l'orifice (ou de l'orifice équivalent) du diaphragme
constituant cet étage 2 est toujours inférieur à celui du premier étage 1 et de préférence
environ 1.5 fois plus petit. La perte de charge obtenue grâce à ce second étage de
détente 2 est de l'ordre de 60 à 90%, de préférence 70%. L'objectif est de concentrer
en un point la totalité de la détente et la génération de microbulles. Ce second étage
de détente 2 est à élargissement brutal, l'angle de sortie du ou des orifices du diaphragme
le constituant étant plat (180°) ou compris entre 90 et 270°.
[0024] Dans le tube de sortie 4 s'effectue la génération de microbulles qui permet de réaliser
deux phénomènes :
- une expansion brutale (pas de divergent)
- une zone de cavitation (pression absolue =0) effective et maintenue derrière le second
étage de détente 2.
[0025] Ces phénomènes sont réalisés si la seconde détente est brutale (sans divergent ou
divergent d'un angle au centre < à 90° ou > 270°) et si le tube présente une longueur
suffisante pour que la zone de dépression ne soit pas alimentée par le liquide extérieure
à la buse. Selon l'invention, cette longueur L est fonction du diamètre du tube et
essentiellement de la distance entre la paroi externe du ou des jets et la paroi interne
du tube. Selon l'invention, et comme on le voir clairement sur la figure 1, la longueur
minimale L du tube 4 correspond sensiblement à la distance séparant l'extrémité dudit
tube côté second étage de détente 2 du point de recollement des jets sur les parois
du tube, avec un angle α de divergence des jets, avant recollement, compris entre
3 et 12°, de préférence entre 6 et 9°.
[0026] Selon la présente invention, afin de réaliser une bonne fermeture de cette zone de
cavitation, il est nécessaire que le diaphragme constituant le second étage de détente
2, comporte soit un seul orifice central de forme quelconque (circulaire, carrée,
rectangulaire, elliptique), soit plusieurs orifices situés à égale distance du centre
du diaphragme.
[0027] Le tube peut se terminer par un divergent d'extrémité 5 présentant la forme d'une
trompette de façon à améliorer les performances et à réduire la vitesse de sortie.
Cette caractéristique apporte deux avantages :
- Un meilleur recollement de la ou des veines liquides et donc une meilleure fermeture
de la zone de cavitation,
- Un ralentissement des vitesses de sortie buse compatible avec la tenue mécaniques
des flocs.
[0028] Ce type de réalisation permet de générer plus de grosses bulles que les buses WRC
mais les microbulles sont plus fines.
[0029] Ces buses ont été caractérisées en laboratoire puis testées sur des appareils industriels
en situation de production.
[0030] Résultats d'essais et performances
1) Essais en laboratoire
[0031] Une cinquantaine de buses ont été testées. Ces buses étaient dérivées des types suivants
:
- Buses désignées ci-après par B comportant une détente suivie d'une section divergente
pour ralentir la vitesse ;
- Buses du type WRC qui ont été décrites ci-dessus, et
- Buses objet de la présente invention, désignées par la référence DGT.
[0032] Leur débit est d'environ 1.5 m3/h. Elles sont alimentées en eau par un ballon de
pressurisation sous 5. 10
5Pa. Les buses sont plongées dans une cuve transparente présentant une capacité d'un
m
3 où sont réalisées un certain nombre de mesures :
- Quantité de grosses bulles générées par la buse. Ce débit est comparé en % à la quantité
d'air effectif dissous dans le ballon.
- Qualité du lait de microbulles. Une mesure spécifique par turbidimètre permet d'apprécier
la qualité globale des microbulles. Une forte turbidité correspond à des microbulles
plus nombreuses et/ ou plus fines.
- Vitesse à la sortie de la buse. L'objectif est d'obtenir la vitesse la plus faible.
[0033] Les courbes illustrées sur la figure 2 visualisent les résultats obtenus en turbidité
du lait de microbulles et en % de grosses bulles. La meilleure buse est normalement
la buse qui génère le moins de grosses bulles et qui a le lait le plus dense.
[0034] Les résultats montrent que :
- les buses WRC génèrent peu de grosses bulles mais la densité du lait de micro bulles
est faible.
- les buses B et DGT (selon l'invention) génèrent plus de grosses bulles et paradoxalement
présentent un lait plus dense. Plus il y a de grosses bulles, plus le lait est dense,
la quantité d'air disponible étant plus faible, l'augmentation de densité ne s'explique
que par des microbulles plus fines. La buse DGT selon la présente invention est plus
performante que la buse B sur les 2 paramètres.
[0035] Les chiffres associés aux buses DGT (25, 35, 65, 90) correspondent aux longueurs
L en mm des tubes 4 munis d'une extrémité en trompette 5 (carrés noirs). On vérifie
qu'une longueur insuffisante 25 mm ne permet pas de générer un lait dense. Il est
nécessaire d'avoir une longueur d'au moins 35 mm pour que les veines liquides recollent
sur les parois et in fine obtenir un lait de qualité. Compte tenu du fait que le diaphragme
constituant le second étage de détente 2 comportait 3 orifices, l'angle α de diffusion
du jet pour recoller à la paroi en 35 mm est compris entre 6 à 9° (12 à 18° au centre)
Une longueur trop importante augmente la quantité de grosses bulles probablement par
frottement. La qualité du lait a tendance à diminuer.
[0036] Les performances des buses DGT selon la présente invention, avec tubes de sortie
4 dépourvus de trompette sont représentées par des carrés clairs. Les extrémités en
trompette 5 font gagner de 5% à 20% en turbidité et réduisent les vitesses de sortie
buse de 10 à 40%.
[0037] En conclusion, les meilleures buses semblent être la buse WRC+ améliorée (faible
quantité de grosses bulles et turbidité correcte) et les buses DGT 35 et DGT 65 (forte
densité de lait malgré un taux important de grosses bulles).
2) Tests sur des flottateurs industriels
[0038] Ces tests ont été réalisés sur une grande usine d'eau potable comportant cinq flottateurs
travaillant en parallèle, dans les mêmes conditions, chacun étant équipé de buses
d'un type différent.
A l'exception de la buse « B » prise comme référence, les buses retenues toutes équipées
de tubes de sorties à extrémités en trompettes étaient les suivantes :
- buse B
- buse WRC+
- buse DGT 35
- buse DGT 65
- buse DGT 100
[0039] Sur une eau difficile et pour 2 débits testés (vitesse ramenée à la surface de séparation
par flottation : 20 m3/m2/h et 30 m3/m2/h) les résultats, obtenus en turbidité de
l'eau flottée et en vitesse sur le flottateur, sont consignés sur la figure 3.
[0040] L'examen de cette figure 3 montre que :
- Toutes les buses donnent des quantités de microbulles à peu près suffisantes à 20
m/h (taux de pressurisation =13%).
- A 30m/h et avec un taux de pressurisation de 8.5 %, la différence entre buses apparaît
nettement :
- Les buses B décrochent par déficit de microbulles dû probablement à un excès de grosses
bulles.
- Les buses WRC+ perdent en efficacité sans doute car leurs microbulles sont globalement
plus grosses.
- Seules les buses DGT65 et DGT 100 ne décrochent pas avec la vitesse. Ce sont donc
les buses qui génèrent la plus grande quantité de microbulles. La longueur du divergent
de la DGT 35 n'est pas suffisante pour générer des microbulles de même qualité.
[0041] En conclusion, il apparaît que, de façon surprenante, la buse qui génère cinq fois
plus de grosses bulles (50% contre 10%) est finalement la buse la plus performante
en flottation. Ceci est probablement dû au fait, comme on l'a déjà mentionné, que
les microbulles générées sont plus petites. Les conditions de génération de ces microbulles
sont une détente brutale avec formation d'une zone de cavitation non réalimentée grâce
à un tube divergeant à extrémité en trompette suffisamment long.
[0042] Il demeure bien entendu que la présente invention n'est pas limitée aux exemples
de réalisation ou de mise en oeuvre décrits et/ou mentionnés ci-dessus mais qu'elle
en englobe toutes les variantes. C'est ainsi que notamment, le diamètre hydraulique
d1 de l'orifice du premier étage de détente 1 ou de l'orifice équivalent si cet étage
comporte plusieurs orifices peut être compris entre 1,6 et 1,1 fois le diamètre de
l'orifice du second étage de détente ou de l'orifice équivalent si cet étage comporte
plusieurs orifices.
1. Buse de détente d'eau pressurisée pour générer des microbulles dans une installation
de flottation comportant un premier étage de détente (1), une chambre intermédiaire
de transfert (3), un second étage de détente (2) et un tube de sortie (4), cette buse
étant
caractérisée en ce que :
- les premier et second étages de détente sont réalisés sous la forme d'un diaphragme
comportant un ou plusieurs orifices, le diamètre hydraulique (d1) de l'orifice du
premier étage (1), ou de l'orifice équivalent si cet étage comporte plusieurs orifices,
étant supérieur au diamètre (d2) de l'orifice du second étage, ou de l'orifice équivalent
si cet étage en comporte plusieurs, les orifices susmentionnés pouvant être de forme
quelconque mais de préférence circulaire,
et
en ce que :
- le premier étage de détente (1) réalise une pré-détente en absorbant de 5 à 20%
de la pression disponible ;
- le second étage de détente (2), sur lequel s'effectue l'essentiel de la détente,
fait passer l'eau pressurisée de la pression de saturation à la pression de sortie
de la buse ;
- la chambre intermédiaire (3) est une chambre de transit dans laquelle l'eau pressurisée
approche de la pression de saturation en absorbant 5 à 30 % de la pression disponible
et
- le tube de sortie (4) constitue un tube de détente brutale et de confinement de
la cavitation, sa longueur minimale (L) correspondant sensiblement à la distance séparant
l'extrémité dudit tube côté second étage de détente du point de recollement des jets
sur les parois du tube, avec un angle de divergence (α) des jets, avant recollement,
compris entre 3 et 12°, de préférence entre 6 et 9° .
2. Buse selon la revendication 1, caractérisée en ce que l'orifice du premier étage de détente est constitué d'une vanne, d'une chicane ou
de tout autre dispositif de restriction de flux.
3. Buse selon la revendication 1, caractérisée en ce que la chambre intermédiaire ou de transit (3) présente une hauteur (e), c'est-à-dire
une distance séparant le premier étage de détente (1) du second étage (2), qui est
inférieure au diamètre (d1) de l'orifice du diaphragme constituant le premier étage
de détente, de préférence égale à la moitié de ce diamètre.
4. Buse selon la revendication 1, caractérisée en ce que le diaphragme constituant le second étage comporte un seul orifice central.
5. Buse selon la revendication 1, caractérisée en ce que le diaphragme constituant le second étage comporte une pluralité d'orifices situés
à égale distance du centre du diaphragme.
6. Buse selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisée en ce que le diamètre hydraulique (d1) de l'orifice du premier étage de détente (1) ou de l'orifice
équivalent si cet étage comporte plusieurs orifices est compris entre 1,6 et 1,1 fois
le diamètre de l'orifice du second étage de détente ou de l'orifice équivalent si
cet étage comporte plusieurs orifices.
7. Buse selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en que le second étage de détente (2) est à élargissement brutal, l'angle de sortie du ou
des orifices du diaphragme le constituant étant plat (180°) ou compris entre 90°et
270°.
8. Buse selon la revendication 1, caractérisée en ce que le tube de sortie (4) se termine par un divergent d'extrémité en forme de trompette
(5).
1. Expansion nozzle for pressurised water for generating microbubbles in a flotation
installation comprising a first expansion stage (1), an intermediate transfer chamber
(3), a second expansion stage (2) and an outlet tube (4), this nozzle being
characterised in that:
- the first and second expansion stages are produced in the form of a diaphragm comprising
one or more orifices, the hydraulic diameter (d1) of the orifice of the first stage
(1), or of the equivalent orifice if this stage comprises several orifices, being
greater than the diameter (d2) of the orifice of the second stage, or of the equivalent
orifice if this stage has several of them, the abovementioned orifices being able
to have any shape but preferably circular,
and
in that:
- the first expansion stage (1) effects a preliminary expansion, absorbing from 5%
to 20% of the available pressure;
- the second expansion stage (2), on which the main part of the expansion is effected,
makes the pressurised water change from saturation pressure to the outlet pressure
of the nozzle;
- the intermediate chamber (3) is a transit chamber in which the pressurised water
approaches saturation pressure, absorbing 5% to 30% of the available pressure, and
- the outlet tube (4) constitutes an abrupt expansion and cavitation confinement tube,
its minimum length (L) corresponding substantially to the distance separating the
end of the said tube at the same side as the second expansion stage from the point
of sticking of the jets to the walls of the tube with a jet divergence angle (α),
before sticking, of between 3° and 12° preferably between 6° and 9°.
2. Nozzle according to claim 1, characterised in that the orifice of the first expansion stage consists of a valve, a baffle or any other
flow restriction device.
3. Nozzle according to claim 1, characterised in that the intermediate or transit chamber (3) has a height (e), that is to say a distance
separating the first expansion stage (1) from the second stage (2), that is less than
the diameter (d1) of the orifice of the diaphragm constituting the first expansion
stage, preferable equal to one half of this diameter.
4. Nozzle according to claim 1, characterised in that the diaphragm constituting the second stage comprises a single central orifice.
5. Nozzle according to claim 1, characterised in that the diaphragm constituting the second stage comprises a plurality of orifices situated
at equal distances from the centre of the diaphragm.
6. Nozzle according to any one of claims 1 to 5, characterised in that the hydraulic diameter (d1) of the orifice of the first expansion stage (1) or of
the equivalent orifice if this stage has several orifices is between 1.6 and 1.1 times
the diameter of the orifice of the second expansion stage or of the equivalent orifice
if this stage has several orifices.
7. Nozzle according to any one of the preceding claims, characterised in that the second expansion stage (2) is an abrupt broadening, the exit angle of the orifice
or orifices of the diaphragm constituting it being flat (180°) or between 90° and
270°.
8. Nozzle according to claim 1, characterised in that the exit tube (4) terminates in an end divergent part in the shape of a trumpet (5).
1. Düse zum Entspannen von unter Druck gesetztem Wasser zum Erzeugen von Mikrobläschen
in einer Flotationsanlage, umfassend eine erste Entspannungsstufe (1), eine Zwischen-Überführungskammer
(3), eine zweite Entspannungsstufe (2) und ein Auslassrohr (4), wobei diese Düse
dadurch gekennzeichnet ist, dass:
- die erste und die zweite Entspannungsstufe in Form von Drosselscheiben ausgeführt
sind, die eine oder mehrere Öffnungen aufweisen, wobei der hydraulische Durchmesser
(d1) der Öffnung der ersten Stufe (1), oder der äquivalenten Öffnung, wenn diese Stufe
mehrere Öffnungen aufweist, größer ist als der Durchmesser (d2) der Öffnung der zweiten
Stufe oder der äquivalenten Öffnung, wenn diese Stufe mehrere davon umfasst, wobei
die vorerwähnten Öffnungen irgendeine Form haben können, jedoch vorzugsweise kreisförmig
sind,
und
dadurch, dass:
- die erste Entspannungsstufe (1) eine Vor-Entspannung bewirkt, in der 5 bis 20 %
des verfügbaren Drucks abgebaut werden,
- die zweite Entspannungsstufe (2), in der sich der wesentliche Teil der Entspannung
abspielt, das unter Druck gesetzte Wasser vom Sättigungsdruck bis zum Druck am Auslass
der Düse entspannen lässt;
- die Zwischenkammer (3) eine Durchlaufkammer ist, in der das unter Druck gesetzte
Wasser sich an den Sättigungsdruck annähert und 5 bis 30 % des verfügbaren Drucks
absorbiert werden und
- das Auslassrohr (4) ein Rohr zum sprunghaften Entspannen und zum Einschließen der
Kavitation bildet, wobei seine Mindestlänge (L) im Wesentlichen dem Abstand entspricht,
der das Ende des besagten Rohrs auf Seiten der zweiten Entspannungsstufe von dem Punkt
des Wiederanhaftens der Strahlen auf den Wänden der Düse trennt, bei einem Divergenzwinkel
(α) der Strahlen vor dem Wiederanhaften zwischen 3 und 12°, vorzugsweise zwischen
6 und 9°.
2. Düse nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass die Öffnung der ersten Entspannungsstufe von einem Schieber, einer Schikane oder
irgendeinem anderen Mittel zum Behindern der Strömung gebildet ist.
3. Düse nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass die Zwischen- oder Übergangskammer (3) eine Höhe (e), d. h. einen die erste Entspannungsstufe
(1) von der zweiten Stufe (2) trennenden Abstand aufweist, der geringer als der Durchmesser
(d1) der Öffnung der die erste Entspannungsstufe bildenden Drosselscheibe ist, vorzugsweise
gleich der Hälfte dieses Durchmessers.
4. Düse nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass die die zweite Stufe bildende Drosselscheibe eine einzige, zentrale Öffnung aufweist.
5. Düse nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass die die zweite Stufe bildende Drosselscheibe eine Mehrzahl von Öffnungen aufweist,
die mit gleichen Abständen vom Mittelpunkt der Drosselscheibe angeordnet sind.
6. Düse nach einem der Ansprüche 1 bis 5, dadurch gekennzeichnet, dass der hydraulische Durchmesser (d1) der Öffnung der ersten Entspannungsstufe, oder
der äquivalenten Öffnung, wenn diese Stufe mehrere Öffnungen aufweist, zwischen dem
1,6fachen und dem 1,1 fachen des Durchmessers der Öffnung der zweiten Entspannungsstufe
oder der äquivalenten Öffnung liegt, wenn diese Stufe mehrere Öffnungen aufweist.
7. Düse nach einem der vorstehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass die zweite Entspannungsstufe (2) eine abrupte Querschnittserweiterung aufweist, wobei
der Auslasswinkel der Öffnung(e)n der sie bildenden Membran ein flacher Winkel (180°)
ist oder zwischen 90° und 270° liegt.
8. Düse nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass das Auslassrohr (4) in einer Enderweiterung in Trompetenform (5) endet.