[0001] La présente invention concerne un organe de maintien élastique pour l'horlogerie,
plus particulièrement un organe permettant de maintenir un composant d'horlogerie
sur un élément de support fixe ou mobile, tel qu'un axe, par serrage élastique de
l'élément de support.
[0002] De tels organes de maintien élastique sont décrits dans les documents
EP 1 513 029 et
EP 1 515 200, où ils se présentent respectivement sous la forme d'une virole pour la fixation
de l'extrémité intérieure d'un spiral à l'axe d'un balancier, et d'une pince pour
la fixation de l'extrémité extérieure d'un spiral à un piton.
[0003] Ces organes de maintien élastique sont très avantageux en ce qu'ils permettent un
montage aisé et réglable en hauteur du spiral sur l'axe de balancier et le piton.
[0004] La présente invention vise à améliorer encore ces organes de maintien élastique en
les rendant capables d'exercer une force de serrage plus importante et/ou de se déformer
davantage.
[0005] A cette fin, il est prévu un organe de maintien selon la revendication 1 annexée,
des formes d'exécution particulières de cet organe de maintien étant définies dans
les revendications dépendantes.
[0006] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront à la
lecture de la description détaillée suivante faite en référence aux dessins annexés
dans lesquels :
- la figure 1 est une vue de dessus d'une roue dentée selon l'invention, chassée élastiquement
sur un axe;
- la figure 2 est une vue de détail de la partie centrale de la roue dentée de la figure
1 ;
- la figure 3 est une vue de dessus d'un disque selon l'invention, chassé élastiquement
sur un axe ;
- la figure 4 est une vue de dessus d'une roue dentée évidée selon l'invention, chassée
élastiquement sur un axe ;
- la figure 5 est une vue de dessus d'un disque évidé selon l'invention, chassé élastiquement
sur un axe ;
- la figure 6 est une vue de dessus d'une virole selon l'invention, pour le chassage
élastique d'un spiral sur un axe de balancier ;
- les figures 7 à 9 sont des vues de dessus de différentes formes d'exécution d'une
pince pour la fixation de l'extrémité extérieure d'un spiral à un piton.
[0007] Les figures 1 à 9 montrent différentes formes d'exécution d'un organe de maintien
élastique selon l'invention, pour le maintien d'un composant d'horlogerie tel qu'une
roue ou un spiral sur un élément de support tel qu'un axe ou un piton.
[0008] Dans la première forme d'exécution, illustrée aux figures 1 et 2, l'organe de maintien
élastique constitue la partie centrale d'une roue dentée 1. Cet organe de maintien
élastique comprend trois bras élastiques 2 en triangle équilatéral, définis par des
lumières 3 et une ouverture centrale 4 formées dans la roue 1. L'ouverture centrale
4 est destinée à recevoir un axe 5 à section circulaire. L'axe 5 a un diamètre supérieur
au diamètre du cercle inscrit dans le contour triangulaire de l'ouverture 4, de sorte
qu'il déforme élastiquement les bras 2 lorsqu'il est introduit dans l'ouverture 4,
permettant à la roue 1 d'être maintenue sur l'axe 5 par le serrage élastique exercé
sur celui-ci par les bras 2. Lorsque la roue 1 est ainsi montée sur l'axe 5, ce dernier
est en contact avec les bras élastiques 2 en trois points distincts, répartis à 120°.
[0009] Conformément à l'invention, les bras élastiques 2 en contact avec l'axe 5 ont une
largeur variable pour mieux répartir les contraintes exercées par l'axe 5 le long
de chacun de ces bras 2. Dans l'exemple illustré, la largeur de chaque bras 2 présente
des maxima L0, L1 et L2 (cf. figure 2) respectivement au centre et aux deux extrémités
du bras 2 et des minima L3 et L4 sensiblement à mi-distance entre le centre et les
deux extrémités du bras 2, respectivement. Typiquement, les maxima L0, L1 et L2 sont
égaux entre eux et les minima L3 et L4 sont égaux entre eux, comme montré sur les
figures 1 et 2.
[0010] Ainsi, là où les bras 2 sont soumis à une force de grande intensité, à savoir dans
leur partie centrale en contact avec l'axe 5 et à leurs deux extrémités, la largeur
(L0, L1, L2) est grande, ce qui localement augmente la résistance des bras 2 et diminue
la contrainte subie par ces derniers, et là où les bras 2 sont soumis à une contrainte
de petite intensité, voire d'intensité nulle, à savoir sensiblement à mi-distance
entre leur centre et leurs deux extrémités respectivement, la largeur (L3, L4) est
petite, ce qui favorise la déformation (ou flèche) des bras 2 par l'axe 5.
[0011] De cette manière, la répartition des contraintes le long des bras 2 peut être rendue
sensiblement homogène. Par rapport à un organe de maintien à bras élastiques de largeur
constante, comme la virole selon
EP 1 513 029 ou la pince selon
EP 1 515 200, une telle largeur variable des bras 2 permet de faire subir à ces derniers par exemple
une force plus grande pour une même déformation (ou flèche) desdits bras (avec une
largeur L0, L1, L2 supérieure à la largeur des bras de l'organe de maintien à bras
élastiques de largeur constante), pour augmenter la force de serrage de l'axe 5, ou
une déformation plus grande pour une même force exercée sur l'axe 5 (avec une largeur
L0, L1, L2 égale à la largeur des bras de l'organe de maintien à bras élastiques de
largeur constante), pour rendre l'organe de maintien moins sensible aux tolérances
de fabrication. Des cas intermédiaires sont bien entendu également possibles dans
lesquels à la fois la force de serrage et la déformation sont augmentées par rapport
aux organes de maintien à bras élastiques de largeur constante.
[0012] Dans la forme d'exécution illustrée à la figure 3, l'organe de maintien élastique
selon l'invention constitue la partie centrale d'un disque 7, par exemple un disque
d'affichage portant des inscriptions (non représentées), tel qu'un disque d'affichage
de phase de lune ou de quantième, et comporte des bras élastiques 8 à largeur variable
similaires aux bras 2 de la roue 1.
[0013] Dans la forme d'exécution illustrée à la figure 4, l'organe de maintien élastique
selon l'invention constitue la partie centrale d'une roue dentée évidée 10, et se
présente sous la forme d'une bague ou virole 11 reliée à la périphérie de la roue
10 par des bras rigides 12 répartis à 120° et séparés par trois grandes lumières 13.
La virole 11 comporte trois bras élastiques 14 à largeur variable identiques au bras
2 de la roue 1 et permettant un chassage élastique de la roue 10 sur un axe 15. La
virole 11 comporte également une structure périphérique de rigidification 16 reliée
aux bras élastiques 14 et aux bras rigides 12.
[0014] Dans la forme d'exécution illustrée à la figure 5, l'organe de maintien élastique
selon l'invention constitue la partie centrale d'un disque évidé 18, tel qu'un disque
d'affichage, ayant la même forme que la roue 10 mais sans la denture.
[0015] Dans la forme d'exécution illustrée à la figure 6, l'organe de maintien élastique
selon l'invention est une virole 20 à laquelle est rattachée l'extrémité intérieure
21 d'un ressort-spiral, virole destinée à être chassée élastiquement sur l'axe 22
d'un balancier. La virole 20 a sensiblement la même forme que la virole 11 de la roue
10 .
[0016] Dans la forme d'exécution illustrée à la figure 7, l'organe de maintien élastique
selon l'invention est une pince 24 à laquelle est rattachée l'extrémité extérieure
25 d'un ressort-spiral et servant à fixer cette extrémité extérieure 25 à un élément
de support fixe ou « piton » 26 à section circulaire. La pince 24 est fermée et comporte
deux bras élastiques, à savoir un bras intérieur 27, plus proche du centre du spiral,
et un bras extérieur 28, plus éloigné du centre du spiral. Le bras intérieur 27 a
une forme générale légèrement convexe. Le bras extérieur 28 est constitué de deux
parties d'égale longueur formant un angle entre elles. L'ouverture 29 de la pince
24 a ainsi une forme sensiblement triangulaire isocèle, et peut se déformer élastiquement
pour recevoir et serrer le piton 26. Pour répartir de manière plus homogène les contraintes
exercées par le piton 26, les bras élastiques 27, 28 de la pince 24 ont une largeur
variable, qui présente des maxima au centre et aux extrémités de chaque bras 27, 28
et des minima sensiblement à mi-distance entre le centre et lesdites extrémités.
[0017] Dans la forme d'exécution illustrée à la figure 8, l'organe de maintien élastique
selon l'invention est une autre forme de pince 31 à laquelle est rattachée l'extrémité
extérieure 32 d'un ressort-spiral et servant à fixer cette extrémité extérieure 32
à un piton 33. La pince 31 comporte un bras extérieur élastique 34 à largeur variable
ayant une forme générale légèrement convexe et un bras élastique intérieur 35. Le
bras élastique intérieur 35 a lui aussi une largeur variable. A la différence toutefois
du bras extérieur 34, le bras intérieur 35 comprend, dans deux parties symétriques
de grande largeur, des lumières 36 qui définissent un V déformable servant d'appui
au piton 33 et définissant avec ce dernier deux points de contact 37. Un troisième
point de contact 38 avec le piton 33 est défini par la partie centrale du bras extérieur
34.
[0018] La forme du bras intérieur 35 de la pince 31 est telle que les contraintes exercées
par le piton 33 sur ce bras 35 soient réparties de manière sensiblement homogène dans
le bras 35. A cet effet, la pointe du V rejoint, dans la partie centrale 39 du bras
35, une partie sensiblement droite 40 du bras 35 séparée du V par les lumières 36,
et les extrémités du V sont reliées à cette partie sensiblement droite 40 en des points
41 du bras 35 situés sensiblement à mi-distance entre le centre 39 et les extrémités
du bras 35, c'est-à-dire en des points où les contraintes sont les moins élevées.
[0019] Dans la forme d'exécution illustrée à la figure 9, l'organe de maintien élastique
selon l'invention est une autre forme de pince 43 à laquelle est rattachée l'extrémité
extérieure 44 d'un ressort-spiral et servant à fixer cette extrémité extérieure 44
à un piton 45. Cette pince 43 diffère de la pince 24 illustrée à la figure 7 en ce
que seul le bras extérieur 46 est élastiquement déformable, le bras intérieur 47 ayant
une largeur suffisamment grande pour le rendre sensiblement rigide.
[0020] De préférence, dans chacune des formes d'exécution décrites ci-dessus, le composant
d'horlogerie (roues dentées 1, 10, disques 7, 18, spiraux 21, 25, 32, 44) à fixer
sur un élément de support (axes 5, 15, 22, pitons 26, 33, 45) est en une seule pièce
avec son organe de maintien élastique, et est réalisé dans une matière à base de silicium.
[0021] Dans la plupart des applications de la présente invention, le serrage élastique exercé
sur l'élément de support par l'organe de maintien élastique est suffisant pour maintenir
le composant d'horlogerie dans une position axiale et angulaire fixe par rapport à
l'élément de support pendant l'assemblage et le fonctionnement de la montre. II est
néanmoins possible, dans les cas où cela est souhaité, de prévoir sur l'élément de
support une butée axiale (portée) contre laquelle viendrait s'appuyer le composant
d'horlogerie. Une rondelle pourrait de plus être appliquée contre le composant d'horlogerie
et être fixée sur l'élément de support, par exemple par chassage, pour bloquer le
composant d'horlogerie en appui contre la butée axiale.
1. Organe de maintien élastique pour le maintien d'un composant d'horlogerie (1) sur
un élément de support (5), comprenant une ouverture (4) définissant au moins un bras
élastique (2) permettant la réception et le serrage de l'élément de support (5) dans
l'ouverture (4), caractérisé en ce que le ou l'un au moins des bras élastiques (2) a une largeur variable pour rendre plus
homogène la répartition des contraintes exercées sur ce bras (2) par l'élément de
support (5).
2. Organe de maintien élastique selon la revendication 1, caractérisé en ce que le contour de l'ouverture (4) est fermé et en ce que ladite largeur variable présente des maxima (L0, L1, L2) sensiblement en un point
du bras (2) destiné à être en contact avec l'élément de support (5) et aux deux extrémités
du bras (2) et des minima (L3, L4) entre ledit point et les deux extrémités du bras
(2).
3. Organe de maintien élastique selon la revendication 2, caractérisé en ce que ladite largeur variable présente des maxima (L0, L1, L2) sensiblement au centre et
aux deux extrémités du bras (2) et des minima (L3, L4) sensiblement à mi-distance
entre le centre et les deux extrémités du bras.
4. Organe de maintien élastique selon la revendication 2 ou 3, caractérisé en ce que les maxima (L0, L1, L2) sont sensiblement égaux entre eux et les minima (L3, L4)
sont sensiblement égaux eux.
5. Organe de maintien élastique selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'il constitue la partie centrale d'une roue d'horlogerie (1 ; 7 ; 10 ; 18) et sert
à maintenir cette roue sur un axe (5).
6. Organe de maintien élastique selon la revendication 5, caractérisé en ce que ladite roue est de l'un des types suivants : roue dentée (1 ; 10), disque (7, 18),
disque d'affichage (7, 18).
7. Organe de maintien élastique selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'il consiste en une virole (20) pour la fixation de l'extrémité intérieure (21) d'un
spiral à l'axe (22) d'un balancier.
8. Organe de maintien élastique selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce qu'il comporte trois bras élastiques (2) à largeur variable disposés en triangle.
9. Organe de maintien élastique selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'il consiste en une pince (24 ; 31 ; 43) pour la fixation de l'extrémité extérieure
(25 ; 32 ; 44) d'un spiral à un piton (26 ; 33 ; 45).
10. Organe de serrage selon la revendication 9, caractérisé en ce que le ou l'un au moins des bras élastiques (35) à largeur variable de la pince (31)
comporte des ouvertures (36) qui définissent un V servant d'appui au piton (33).
11. Organe de serrage selon l'une quelconque des revendications 1 à 10, caractérisé en ce qu'il forme une seule pièce avec ledit composant d'horlogerie (1 ; 7 ; 10 ; 18 ; 21 ;
25 ; 32 ; 44).
12. Organe de serrage selon l'une quelconque des revendications 1 à 11, caractérisé en ce qu'il est réalisé dans une matière à base de silicium.