[0001] La présente invention se rapporte au domaine de l'horlogerie. Elle concerne plus
particulièrement un mouvement de type comportant :
- un module de base muni d'un premier bâti portant un premier ensemble de mobiles,
- un module complémentaire muni d'un deuxième bâti portant un deuxième ensemble de mobiles,
et
- un mobile de liaison qui comprend des première et deuxième roues engrenant respectivement
avec un mobile du module de base et un mobile du module complémentaire.
[0002] Un mouvement de ce type est décrit dans le document
EP 0'501'190. Il comprend un module de base et un module chronographe. Le premier bâti, du module
de base, porte une base de temps et un ensemble de mobiles formant les rouages de
minuterie et de finissage, ainsi que le mécanisme de quantième, dont un premier anneau
de quantième.
[0003] Le deuxième bâti, du module complémentaire, porte un deuxième ensemble de mobiles,
dont un deuxième anneau de quantième, assurant donc l'affichage d'une fonction horaire.
Le premier anneau entraîne le deuxième anneau par l'intermédiaire du mobile de liaison.
Ce dernier comprend, à cet effet, des première et deuxième roues qui engrènent respectivement
avec les premier et deuxième anneaux de quantième. Ce mobile de liaison porte, à ses
extrémités, des pivots engagés l'un dans le bâti du module de base, l'autre dans celui
du module de chronographe. Cela implique que le bâti du module complémentaire s'étend
au-dessus du mobile de liaison. Il en résulte une surépaisseur préjudiciable à l'esthétique
du mouvement.
[0004] Le document
EP 0 230 878 décrit un mouvement d'horlogerie comportant:
- un module de base muni d'un premier bâti portant un premier ensemble de mobiles,
- un module complémentaire muni d'un deuxième bâti portant un deuxième ensemble de mobiles,
et
- un mobile de liaison qui comprend un arbre cylindrique et des première et deuxième
roues fixées de part et d'autre dudit arbre et engrenant respectivement avec un mobile
du module de base et un mobile du module complémentaire.
[0005] L'un des bâtis est muni d'une fente pratiquée dans son épaisseur, dans laquelle est
engagé l'arbre du mobile de liaison. Un organe de retenue positionne le mobile de
liaison sur son bâti.
[0006] Dans ce mouvement d'horlogerie, le mobile de liaison est un pignon baladeur pouvant
avoir deux positions extrêmes occupées selon le sens de rotation de la tige et qui
permet de corriger deux fonctions différentes, par l'entraînement de composants disposés
sur le module complémentaire. Tout laisse à penser que ce pignon baladeur est monté
sur une pièce du mécanisme de mise à l'heure. Rien ne permet de déterminer comment
elle est positionnée.
[0007] Le positionnement du mobile de liaison est difficile à assurer. Dans ces conditions,
le risque est grand que le couple prélevé pour assurer l'entraînement des mobiles
du module complémentaire soit élevé. Un but de la présente invention est de pallier
ces inconvénients.
[0008] A cet effet, le mouvement selon l'invention comporte, en outre, un organe de retenue
coopérant avec le mobile de liaison et agencé de manière à empêcher son déplacement
à l'intérieur de la fente, tout en autorisant sa rotation.
[0009] De la sorte, le mobile de liaison est maintenu dans la fente, pouvant y tourner librement,
mais sans pouvoir se déplacer latéralement, et assure sa fonction de renvoi par les
roues disposées à ses extrémités, sans devoir prévoir de surépaisseur pour assurer
son pivotement.
[0010] De manière avantageuse, la fente est pratiquée dans le bâti du module complémentaire.
Elle est prolongée par un dégagement dimensionné de manière à pouvoir y engager l'une
au moins des roues du mobile de liaison.
[0011] Afin de réduire le nombre de pièces du mouvement, l'organe de retenue est formé d'un
premier mobile du module de base, et d'un deuxième mobile du module complémentaire.
[0012] Les mobiles formant l'organe de retenue sont avantageusement coaxiaux et engrènent
avec les roues du mobile de liaison dans des zones situées au-dessus et au-dessous
de la fente du bâti dans laquelle tourne l'arbre du mobile de liaison. Les mobiles
formant l'organe de retenue peuvent ainsi constituer les premier et deuxième anneaux
de quantième. Ces anneaux sont munis d'une denture intérieure, alors que la fente
est orientée radialement en référence à l'axe de rotation de ces anneaux.
[0013] L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui va suivre, donnée
à titre d'exemple et faite en référence au dessin dans lequel :
- La figure 1 est une vue en perspective coupée, d'une partie d'un mouvement selon l'invention
;
- La figure 2 montre le mouvement selon l'invention, vu de dessus ;
- Les figures 3a et 3b représentent, vu en coupe, le module complémentaire du mouvement
selon l'invention ;
- La figure 4 est une vue, en éclaté, d'un mobile équipant le module complémentaire
selon l'invention; et
- La figure 5 montre le mouvement de la figure 2 portant les moyens d'affichage.
[0014] Le mouvement représenté au dessin comporte un premier module 10, de base, comportant
un bâti 12, lequel porte des mobiles, dont un anneau de quantième 14, lequel comprend
une première bague 14a, une deuxième bague 14b et un organe de liaison 14c. La bague
14a est entraînée par un mécanisme de quantième bien connu de l'homme du métier, qui
n'a pas été représenté. La bague 14b est munie d'une denture intérieure 14d.
[0015] Le module de base 10 porte un module complémentaire 16, dont les caractéristiques
seront précisées plus loin, disposé coté cadran du mouvement et qui comprend un bâti
18. Ce dernier porte, notamment, un anneau de quantième 20, disposé côté cadran et
muni d'une denture intérieure 20a, coaxial à l'anneau 14.
[0016] Le bâti 18, avantageusement en laiton revêtu d'une couche de protection, par exemple
un dorage, comporte une planche 21 munie d'une fente 22, à orientation radiale en
référence à l'axe de pivotement des anneaux 14 et 20. Elle forme, dans sa partie la
plus éloignée du centre du mouvement, un dégagement cylindrique 22a, logé entre les
anneaux de quantième 14 et 20.
[0017] Un mobile de liaison 24, avantageusement en acier, est engagé dans la fente 22. Il
comprend deux roues 24a et 24b, un arbre 24c et deux portées 24d et 24e interposées
entre l'arbre 24c et respectivement les roues 24a et 24b. L'arbre 24c est de forme
cylindrique. Ce mobile 24 peut être réalisé en une seule pièce décolletée ou par assemblage
de l'une ou des deux roues, par exemple en laiton, chassées sur l'arbre en acier 24c
muni de ses portées 24d et 24e.
[0018] La fente 22 a une largeur légèrement supérieure au diamètre de l'arbre 24c. L'épaisseur
de la planche 21 est légèrement inférieure à la distance entre les portées 24d et
24e. De plus, le diamètre de l'une au moins des roues 24a et 24b est inférieur aux
dimensions du dégagement 22a. De la sorte, le mobile 24 peut être mis en place et
retiré par engagement de l'une des roues dans le dégagement 22a, puis être déplacé
latéralement pour pouvoir tourner librement tout en étant en butée dans la fente 22.
[0019] Lorsque le mobile 24 est en butée dans la fente 22, et les anneaux 14 et 20 en place,
ceux-ci sont respectivement en prise avec les roues 24a et 24b. Ils engrènent dans
des zones situées au-dessus et au-dessous de la fente 22, les anneaux 14 et 20 recouvrant
le dégagement 22a. Cela revient à dire que les anneaux 14 et 20 empêchent le mobile
24 de se déplacer radialement dans la fente 22. Ils assurent donc une fonction de
butée, garantissant ainsi le positionnement du mobile 24 sur le bâti 18.
[0020] Les figures 2, 3a et 3b représentent, respectivement vu de dessus et en coupe, le
module tel que partiellement représenté sur les figures 1 et 2. On retrouve le bâti
18 et sa planche 21, l'anneau de quantième 20, ainsi que le mobile 24 disposé dans
la fente 22.
[0021] En son centre, le bâti 18 comporte une ouverture 18a dans laquelle est logé un pignon
26 chassé sur une chaussée 27, elle-même montée à friction sur une roue de centre
28 portée par le bâti 12 du module de base 10. Une roue de minuterie 29, montée pivotante
sur le bâti 18, engrène avec le pignon 26. Elle entraîne un pignon 30 de l'aiguille
des minutes et, par son pignon 29a, une roue des heures 32. Cette dernière et le pignon
30 sont concentriques à un mobile de secondes 33 pivotant dans le bâti 18 du module
16 et entraîné par une roue chassée sur le mobile de moyenne du rouage de finissage.
Il est maintenu axialement par un ressort-pont 34 vissé dans le bâti 18.
[0022] Comme on peut le voir sur les figures 2 et 3b, le module complémentaire 16 porte,
en outre, des moyens d'affichage du temps relatif à un deuxième fuseau horaire 36,
comportant, disposés concentriquement, un premier mobile des heures 38 et un second
mobile des heures 40, effectuant respectivement un tour et deux tours par jour, et
un pignon des minutes 42.
[0023] La figure 4 montre de manière plus précise et en éclaté la structure du mobile 40.
Il comprend une première roue 40a munie de deux canons 40b et 40c s'étendant de part
et d'autre de la planche de la roue 40a. Un pignon 40d est chassé sur le canon 40b.
Une bague de retenue 40e est fixée à l'extrémité du canon 40b. Entre la planche de
la roue 40a et la bague 40e est disposée une roue 40f, au même niveau que le pignon
40d, munie de bras élastiques coopérant avec la denture du pignon 40d. En outre, une
roue à dents de loup 40g est chassée sur le canon 40c. Elle est destinée à coopérer
avec des cliquets de commande et de retenue, qui permettent de faire avancer par pas
les roues 38 et 40a et le pignon 40d, sans modifier la position du pignon des minutes
42. Cela est rendu possible grâce au fait que, sous l'action du cliquet de commande,
la roue 40a tourne avec la roue 40g, alors que la roue 40f reste fixe, les bras élastiques
sautant sur les dents du pignon 40d.
[0024] Une deuxième roue de minuterie 44 engrène avec le pignon 26 et entraîne le pignon
des minutes 42. La roue de minuterie 44 porte un pignon 44a qui engrène avec la roue
des heures 40a.La démultiplication entre les roues des heures 40a et 38 se fait par
un mobile 46 qui permet un rapport d'engrenages égal à deux.
[0025] Comme le montre la figure 5, le module complémentaire 16 permet donc d'afficher l'heure
d'un deuxième fuseau horaire, au moyen d'une aiguille des heures 48, une aiguille
des minutes 50 et un disque jour-nuit 52 comportant deux plages égales 52a et 52b.
L'aiguille des heures 48 est portée par le canon 40c du mobile 40, l'aiguille des
minutes par le pignon 42 et le disque 52 par la roue 38.
[0026] Grâce au fait que l'aiguille des heures 48 se déplace au-dessus du disque 52, il
est aisé de savoir si l'heure affichée correspond au jour et à la nuit. En effet,
dans la mesure où l'aiguille des heures 48 est placée de manière à ce qu'elle se trouve
à l'interface des plages jour et nuit lorsqu'elle affiche six heures, elle balaye
en douze heures, de six heures à six heures la plage de jour et la plage de nuit.
Ainsi, dès lors que l'aiguille des heures se trouve à quatre heures et dans la plage
52a, qui apparaît en sombre, ou porte par exemple une lune ou des étoiles, il est
aisé d'en déduire qu'il est quatre heures du matin.
[0027] La mise à l'heure peut être effectuée de manière classique, par une tige non représentée
au dessin, qui entraîne, par des moyens bien connus de l'homme du métier, le pignon
26.
[0028] Le deuxième fuseau horaire est corrigé au moyen d'un poussoir agissant, par un levier
non référencé, sur le cliquet de commande, qui fait tourner les mobiles 38 et 40a
et, avec eux, l'aiguille des heures 48 et le disque 52.
[0029] Le mouvement tel qu'il vient d'être décrit peut faire l'objet de nombreuses variantes
sans pour autant sortir du cadre de l'invention. Ainsi, le mobile de liaison 24 pourrait
être positionné dans la fente 22 par un organe spécifique, par exemple un pont fixé
rigidement sur la planche 21 muni de la fente 22.
[0030] Le module 16 peut aussi assurer l'affichage de n'importe quel type de fonction complémentaire,
par exemple une fonction chronographe, une phase de lune, ou encore un affichage de
la date de grande dimension.
[0031] Le dégagement 22a pourrait aussi être supprimé et la fente 22 s'étendre jusqu'à la
périphérie de la planche 21.
[0032] Les mobiles du module de base et du module complémentaire coopérant avec le mobile
de liaison peuvent aussi ne pas être annulaires. La qualité du positionnement de ce
dernier est toutefois moins bonne.
[0033] Ainsi, grâce à la configuration particulière que présente le mouvement selon l'invention,
il est possible de réaliser une liaison cinématique entre un module de base et un
module complémentaire, de manière simple et nécessitant peut de place et de pièces.
1. Mouvement d'horlogerie comportant :
- un module de base (10) muni d'un premier bâti (12) portant un premier ensemble de
mobiles,
- un module complémentaire (16) muni d'un deuxième bâti (18) portant un deuxième ensemble
de mobiles, et
- un mobile de liaison (24) qui comprend un arbre cylindrique (24c) et des première
et deuxième roues (24a, 24b) fixées de part et d'autre dudit arbre (24c) engrenant
respectivement avec un mobile du module de base et un mobile du module complémentaire,
l'un desdits bâtis (12, 18) étant muni d'une fente (22) pratiquée dans son épaisseur,
dans laquelle est engagé ledit arbre (24c),
caractérisé en ce qu'il comporte, en outre, un organe de retenue coopérant avec ledit mobile de liaison
et agencé de manière à empêcher son déplacement à l'intérieur de ladite fente (22),
tout en autorisant sa rotation.
2. Mouvement selon la revendication 1, caractérisé en ce que ladite fente (22) est pratiquée dans le bâti (18) dudit module complémentaire (16).
3. Mouvement selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que ladite fente (22) est prolongée par un dégagement (22a) dimensionné de manière à
pouvoir y engager l'une au moins desdites roues (24a, 24b).
4. Mouvement selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que ledit organe de retenue est formé d'un premier mobile porté par le premier bâti (12),
et d'un deuxième mobile porté par le deuxième bâti (18).
5. Mouvement selon la revendication 4, caractérisé en ce que les mobiles formant l'organe de retenue sont coaxiaux et engrènent avec les roues
(24a, 24b) du mobile de liaison (24) dans des zones situées au-dessus et au-dessous
de ladite fente (22).
6. Mouvement selon la revendication 5, caractérisé en ce que lesdits mobiles formant l'organe de retenue constituent des premier et deuxième anneaux
de quantième (14, 20).
7. Mouvement selon la revendication 6, caractérisé en ce que lesdits anneaux de quantième (14, 20) sont munis d'une denture intérieure (14d, 20a),
et en ce que ladite fente (22) est orientée radialement en référence à l'axe de rotation desdits
anneaux (14, 20).