[0001] La présente invention concerne un système de création d'un champ magnétique via un
aimant supraconducteur destiné à produire ledit champ magnétique. Un aimant supraconducteur
est formé d'un bobinage supraconducteur (par exemple un composite de Niobium-Titane)
maintenu à une température telle que l'état supraconducteur du matériau constituant
le bobinage soit assuré (par exemple à 4.2 K dans un bain d'hélium liquide à pression
atmosphérique pour un composite de Niobium-Titane soumis à un champ typiquement inférieur
à 10 T). La résistance électrique nulle ainsi atteinte permet de créer des intensités
de champ magnétique très élevées dans les limites des capacités de transport des matériaux
supraconducteurs. L'invention trouve une application particulièrement intéressante
dans le domaine de la résonance magnétique nucléaire (RMN) et de l'imagerie par résonance
magnétique (IRM).
[0002] Les applications dans le domaine de la RMN et de l'IRM nécessitent des champs magnétiques
intenses (pouvant atteindre plusieurs dizaines de teslas) et stables dans le temps.
[0003] Une configuration connue consiste à utiliser un aimant supraconducteur mis en court-circuit
: ce mode de fonctionnement, appelé mode persistant, est réalisé par la déconnexion
de l'alimentation électrique de la bobine et la présence d'un interrupteur supraconducteur
formant un circuit fermé avec la bobine. Un interrupteur supraconducteur formé par
un composite supraconducteur couplé à un élément chauffant (désigné indifféremment
dans la suite par le terme chaufferette) est un interrupteur thermique qui a une résistance
nulle lorsque la chaufferette qui lui est associée est éteinte, l'interrupteur est
alors dit « fermé » et une résistance grande devant les autres résistances du circuit
lorsque la chaufferette est sous tension, l'interrupteur est alors dit « ouvert ».
La résistance de l'interrupteur est celle de la matrice résistive du composite supraconducteur
au-dessus d'une température dite critique, et est quasi nulle en dessous de cette
température. Le circuit électrique équivalent ainsi formé est composé de l'inductance
de l'aimant, typiquement de plusieurs centaines d'henrys, de la résistance de l'aimant
et de la résistance du court-circuit formé par l'interrupteur supraconducteur.
[0004] Cette solution présente cependant certaines difficultés.
[0005] En effet, pour que la dérive du champ magnétique dans le temps soit faible, typiquement
de moins de 0,05 ppm/h, il est nécessaire que les résistances du circuit soient extrêmement
faibles, typiquement inférieures à 1 nΩ pour un aimant de 100 H.
[0006] Or pour des raisons liées à la technologie de l'aimant (utilisation de supraconducteur
à haute température critique), ou des causes accidentelles (défaut sur une jonction
à l'intérieur du bobinage de l'aimant), la résistance résiduelle de l'aimant peut
être supérieure à la valeur rendant possible un fonctionnement du système en mode
persistant.
[0007] Une solution connue à ce problème est décrite dans le document
US6624732 et consiste à compenser la dérive temporelle de l'aimant. La figure 1 illustre le
circuit électrique 1 permettant la mise en oeuvre de cette compensation. Le circuit
électrique 1 comporte :
- Une première branche comportant un électroaimant 2 supraconducteur modélisé par une
inductance L de bobinage en série avec une résistance R2 représentant la résistance résiduelle de l'aimant empêchant le fonctionnement en
mode persistant,
- une deuxième branche formée par un interrupteur supraconducteur thermique S1 en série avec une résistance R1.
- une troisième branche formée par une source d'alimentation en courant 3.
[0008] Les trois branches sont montées en parallèle.
[0009] La valeur de la résistance R
1 est comprise dans un rapport de 10 à 1000 fois la valeur de la résistance R
2.
[0010] Le circuit 1 fonctionne suivant les deux modes de fonctionnement suivants :
- un mode de charge de l'aimant : lorsque l'injection de courant par la source 3 dans
la bobine L de l'aimant commence, l'interrupteur supraconducteur S1 est ouvert ;
- un mode de fonctionnement normal (ou mode nominal) : lorsque le courant dans la bobine
de l'aimant a atteint sa valeur nominale (courant stabilisé), l'interrupteur supraconducteur
S1 est fermé ; après fermeture de cet interrupteur S1, au lieu de déconnecter la source d'alimentation 3, on la laisse connectée à la bobine
L de l'aimant pour compenser les pertes; le courant est injecté dans l'interrupteur
S1, jusqu'à la stabilisation du champ produit par l'aimant à la valeur souhaitée.
[0011] Pour limiter la dérive temporelle due à la source d'alimentation en courant 3, la
première branche résistive formée par R
1 est donc rajoutée de sorte que toutes les pulsations de l'alimentation passeront
dans cette branche, et le courant dans la bobine sera parfaitement continu. Si on
désigne par I
op le courant de fonctionnement nominal de l'aimant et ΔI le courant circulant dans
la résistance R
1, la stabilisation est obtenue par la relation :

[0012] Cependant, la mise en oeuvre du circuit tel que décrit dans le document
US6624732 pose également certaines difficultés.
[0013] Ainsi, l'aimant peut perdre localement ses propriétés supraconductrices et transiter
dans un mode dissipatif (On parle de « Quench » de l'aimant). Une telle transition
implique que ce dernier soit protégé sur lui-même (i.e. que la résistance développée
dans l'aimant lors de la transition soit suffisante pour décharger le courant dans
l'aimant à une vitesse telle que l'échauffement du conducteur reste limité). Toutefois,
pour des raisons technologiques comme l'énergie très élevée stockée dans l'aimant
(typiquement au dessus de 100 MJ) il est parfois difficile d'appliquer ce type de
protection. L'effet Joule qui est généré pourrait alors conduire à un échauffement
anormal de l'aimant et ainsi a une détérioration définitive de ses propriétés supraconductrices.
[0014] Une solution à ce problème consiste à ajouter une branche additionnelle aux bornes
de l'aimant et de l'alimentation constituée d'une résistance de protection : un tel
circuit 10 est illustré en figure 2.
[0015] Le circuit électrique 10 comporte (les éléments communs au circuit 1 de la figure
1 portent les mêmes références):
- Une première branche comportant un électroaimant 2 modélisé par une inductance L de
bobinage en série avec une résistance R2 représentant la résistance résiduelle de l'aimant empêchant le fonctionnement en
mode persistant,
- une deuxième branche formée par un interrupteur supraconducteur thermique S1 en série avec une résistance R1,
- une troisième branche formée par une source d'alimentation en courant 3 montée en
série avec un organe de coupure S2 (et éventuellement un organe de coupure de redondance S3),
- une quatrième branche formée par une résistance R3, dite résistance de protection, qui peut se situer aussi bien dans l'enceinte du
cryostat de l'aimant qu'à l'extérieur à température ambiante.
[0016] En cas de quench, l'organe de coupure S
2 est ouvert (et éventuellement S
3) de sorte que la bobine L se décharge dans la résistance R
3 dont la valeur est optimisée pour obtenir une décharge rapide sans dégradation de
l'aimant. La vitesse de décroissance du courant est alors déterminée par la valeur
de la résistance de protection.
[0017] Comme nous l'avons évoqué plus haut, l'interrupteur supraconducteur S
1 en série avec R
1, doit être fermé, i.e. à impédance faible en comparaison des autres résistances du
circuit, en fonctionnement normal avec courant stabilisé.
[0018] En revanche, ce même interrupteur S
1 doit être ouvert (i.e. à impédance élevée en comparaison des autres résistances du
circuit (R
1, R
2, R
3)) lors de la charge/décharge de la bobine L et lors de la protection de l'aimant
(décharge rapide de la bobine L dans R
3).
[0019] En effet, pour que le procédé de stabilisation fonctionne, il faut utiliser une résistance
R
1 présentant une valeur bien inférieure à la résistance de protection R
3 et une valeur supérieure à celle de R
2 (comprise dans un rapport de 10 à 1000 fois la valeur de la résistance R
2 comme nous l'avons déjà mentionné plus haut). Pour limiter les pertes thermiques,
la résistance R
1 doit être telle que la puissance Joule dissipée en régime de stabilisation reste
faible, typiquement inférieure à quelques milliwatts.
[0020] En cas de décharge rapide (mode de protection), le courant de l'aimant doit s'écouler
dans R
3, car c'est la seule résistance dimensionnée pour recevoir une forte énergie et c'est
elle qui pilote la vitesse de décroissance du courant pour protéger l'aimant : l'interrupteur
S
1 doit donc impérativement être ouvert.
[0021] La mise en oeuvre de la configuration 10 de la figure 2 présente dès lors plusieurs
difficultés :
- Première difficulté : l'interrupteur supraconducteur S1 a maintenant un rôle prépondérant dans la sécurisation du fonctionnement de l'aimant
car en l'absence d'ouverture, le courant dans l'aimant ne décroît pas à la vitesse
attendue. Or ce retard peut causer un échauffement anormal du bobinage conduisant
à une détérioration irréversible de ses propriétés supraconductrices,
- Deuxième difficulté : en cas de décharge de l'aimant, la tension aux bornes de l'interrupteur
supraconducteur S1 peut être de plusieurs centaines voire milliers de volts. L'énergie déposée lors
de la décharge dans l'interrupteur S1 est donc très grande. Afin d'éviter une détérioration de l'interrupteur S1, la masse de ce dernier doit donc être telle que son échauffement reste limité à
typiquement moins de 100 K. L'interrupteur supraconducteur S1 présente donc une grande difficulté de réalisation par rapport aux interrupteurs
de l'état de l'art (qui supportent 1000 A sous quelques volts) et est nécessairement
volumineux et lourd.
- Troisième difficulté : lors des opérations de charge et décharge en courant de l'aimant,
l'interrupteur S1 doit être maintenu dans l'état résistif à l'aide de sa chaufferette électrique (usuellement
quelques centaines de milliwatt). Or, du fait de la taille imposée par la forte tension
de décharge, la puissance nécessaire pour le maintenir ouvert est de quelques watts,
ce qui est très sollicitant pour les systèmes cryogéniques assurant la régulation
de la température de l'aimant.
[0022] Une solution connue consiste à remplacer l'interrupteur supraconducteur thermique
par un interrupteur mécanique. Une configuration de ce type est décrite dans le document
US2007/0024404. Cette solution fournit une réponse technologique de principe aux deuxième et troisième
difficultés mentionnées ci-dessus mais laisse en suspens la première difficulté liée
au fait que la fiabilité de la protection de l'aimant est tributaire de la fiabilité
de l'interrupteur et de son circuit de commande.
[0023] Dans ce contexte, la présente invention vise à fournir un système de création d'un
champ magnétique visant à s'affranchir des trois difficultés mentionnées ci-dessus
tout en assurant une charge efficace de la bobine, une très faible dérive du champ
magnétique dans le temps et une décharge rapide sans dégradation de l'aimant en cas
de quench.
[0024] A cette fin, l'invention propose un système de création d'un champ magnétique incluant
:
- une première branche comportant un aimant supraconducteur destiné à produire ledit
champ magnétique, ledit aimant étant modélisé par une inductance de bobinage en série
avec une résistance résiduelle ;
- une deuxième branche comportant une résistance, dite résistance de protection,
- une troisième branche comportant une source d'alimentation ;
ledit système étant caractérisé en ce qu'il comporte une quatrième branche formée
par une résistance montée en série avec un dispositif supraconducteur limiteur de
courant basculant d'un état à résistance basse vers un état à résistance haute lorsque
le courant le traversant dépasse un courant de déclenchement, ledit dispositif supraconducteur
ayant une inductance au moins 10
5 fois inférieure à celle de la bobine, et lesdites première, deuxième, troisième et
quatrième branches étant montées en parallèle,
ledit système présentant au moins trois modes de fonctionnement :
- un premier mode de fonctionnement, dit mode de charge ou de décharge de l'aimant,
dans lequel :
o ladite source d'alimentation est reliée au dit aimant de façon à augmenter ou diminuer
le courant dans l'aimant,
o ledit limiteur de courant est dans son état à résistance haute ;
- un deuxième mode de fonctionnement, dit mode normal de fonctionnement, dans lequel
:
o ladite source d'alimentation est reliée au dit aimant,
o ledit limiteur est dans son état à résistance basse ;
- un troisième mode de fonctionnement, dit mode de décharge rapide de l'aimant dans
ladite résistance de protection, dans lequel :
o ladite source d'alimentation est déconnectée dudit aimant,
o ledit limiteur est dans son état à haute résistance ;
l'activation de l'état dudit limiteur dans lesdits trois modes de fonctionnement se
faisant de manière passive sans recours à une commande externe.
[0025] Le limiteur doit avoir une inductance la plus faible possible, d'une part pour assurer
la fonction de stabilisation telle décrite dans le brevet
US6624732, et d'autre part pour minimiser le temps de transition entre l'état « fermé » et
l'état « ouvert ». Avec les dispositifs expérimentaux utilisés, elle est de l'ordre
de quelques microhenry.
[0026] Le matériau supraconducteur est choisi tel que sa température critique soit supérieure
à la température du milieu dans lequel il est placé.
[0027] Au cours de la phase de décharge rapide de l'aimant dans la résistance de protection,
la température du fil supraconducteur formant ledit limiteur passe par une valeur
maximale appelée T
max. Cette valeur doit être telle que le limiteur ne soit pas détérioré si le fil supraconducteur
le constituant atteint, localement ou en totalité, la valeur T
max. Cette valeur T
max doit au moins être inférieure à la température à partir de laquelle les propriétés
supraconductrices du fil supraconducteur choisi ne sont pas dégradées, par exemple
autour de 300°C pour du NbTi. Dans le choix de cette valeur, il est parfois nécessaire
de tenir compte de l'effet de la déformation mécanique liée à la dilatation des matériaux.
Afin de s'affranchir de cet effet, on choisit parfois T
max inférieure à 100 K car en-dessous de cette valeur, la plupart des matériaux ne se
déforment plus sous l'effet d'une variation de température.
[0028] On entend par limiteur supraconducteur un dispositif basé sur la transition des supraconducteurs
entre un état non dissipatif (résistance quasi nulle) et un état dissipatif (résistance
non nulle). Cette transition des supraconducteurs se caractérise notamment par la
présence d'un courant critique au-delà duquel le dispositif bascule dans l'état dissipatif.
Le limiteur selon l'invention se distingue des limiteurs destinés aux réseaux de distribution
électrique où les nécessités de limitation en courant ne durent que quelques centaines
de millisecondes. A l'opposé, dans le cadre de l'invention, le fonctionnement en limitation
doit pouvoir durer plusieurs minutes ou même plusieurs heures. Les échanges thermiques
qui étaient négligés dans ce type d'application prennent ici une grande importance.
[0029] En effet, ces conditions temporelles ont une influence directe sur les échanges entre
le supraconducteur et le refroidisseur (fluide cryogénique ou point froid). Ces échanges
sont presque négligeables dans le cas d'un limiteur d'un réseau (régime pratiquement
adiabatique) alors que les échanges prennent une grande importance dans l'invention
et permettent d'optimiser le dimensionnement du limiteur. On notera en outre que les
limiteurs utilisés dans les réseaux de distribution limite le courant à une valeur
crête ; inversement, le rôle du limiteur selon l'invention est bien d'abaisser (et
non d'écrêter) le courant lorsque celui-ci atteint une valeur critique.
[0030] Grâce à l'invention, l'interrupteur supraconducteur commandé par un système à chaufferette
selon l'état de l'art est avantageusement remplacée par un limiteur supraconducteur
ne nécessitant aucune commande extérieure pour basculer en mode résistif lors de la
charge ou la décharge de la bobine ou de sa décharge rapide. Une telle configuration
présente un avantage considérable en termes de sécurité de fonctionnement dans la
mesure où l'efficacité de la décharge rapide en cas de quench n'est plus conditionnée
par l'ouverture de l'interrupteur commandé par sa commande externe ; le limiteur selon
l'invention permet intrinsèquement de basculer de son état passant à son état résistif
lors des trois modes de fonctionnement que sont la charge ou la décharge de la bobine,
le mode de fonctionnement normal et la décharge rapide de la bobine dans la résistance
de protection à la détection d'un quench de l'aimant.
[0031] Les avantages d'un limiteur de courant par rapport à un interrupteur supraconducteur
commandé sont donc les suivants:
- le limiteur ne perturbe pas la charge ou la décharge de l'aimant car il réagit intrinsèquement
sans action extérieure ; les pertes dans le limiteur dans ces régimes peuvent être
maintenues à un niveau faible par un dimensionnement adapté du limiteur,
- le limiteur en limitant naturellement et automatiquement le courant lors d'une décharge
rapide de l'aimant ne modifie pas la protection de l'aimant,
- le fonctionnement du limiteur est automatique, il ne nécessite ni circuit de détection
ni de donneur d'ordre.
[0032] Le système selon l'invention peut également présenter une ou plusieurs des caractéristiques
ci-dessous, considérées individuellement ou selon toutes les combinaisons techniquement
possibles :
- ledit limiteur est formé par un fil supraconducteur comportant une pluralité de filaments
élémentaires supraconducteurs intégrés dans une matrice résistive ;
- le fil supraconducteur peut aussi être constitué du dépôt ou de plusieurs dépôts d'un
matériau supraconducteur sur un substrat résistif (par exemple un matériau supraconducteur
fait à partir de céramiques tel qu'YBaCuO par exemple) ;
- la résistivité de ladite matrice résistive est supérieure à 10-7 Ω.m ;
- ladite matrice résistive est réalisée en CuNi ;
- lesdits filaments élémentaires sont réalisés en NbTi ou dans un matériau dit « haut
Tc » tel que le MgB2 ;
- ladite résistance montée en série avec ledit limiteur présente une valeur 10 à 1000
fois supérieure à celle de la résistance résiduelle de l'aimant ;
- le fil supraconducteur formant ledit limiteur est choisi de sorte de son courant critique
soit supérieur à (R'2/R'1)Iop où R'2 désigne la valeur de ladite résistance résiduelle dudit aimant, R'1 désigne ladite deuxième résistance montée en série avec ledit limiteur et Iop désigne le courant circulant dans ladite première branche lors dudit mode normal
de fonctionnement ;
- la longueur du fil supraconducteur formant ledit limiteur est déterminée de sorte
que la température dudit fil supraconducteur reste toujours inférieure ou égale à
une valeur maximale de température prédéterminée Tmax ;
- ladite longueur dudit fil supraconducteur est inférieure à une longueur I déterminée
par

où S, Cp et ρ sont respectivement la section, la chaleur spécifique volumique et la résistivité
dudit fil avec ses brins supraconducteurs et sa matrice, THe désigne la température initiale du bain cryogénique dudit limiteur, U0 désigne la tension initiale aux bornes dudit aimant avant ladite décharge rapide
dans ladite résistance de protection et τ désigne une constante de temps donnée par
le rapport L'/R'3, L' représentant ladite inductance de bobinage et R'3 représentant ladite résistance de protection ;
- ledit limiteur est formé par un fil supraconducteur entouré par une couche isolante
dont l'épaisseur est déterminée de sorte que la puissance déposée dans le bain cryogénique
dudit limiteur soit inférieure à une valeur prédéterminée ;
- ledit limiteur et ledit aimant sont localisés dans des bains cryogéniques séparés
;
- ledit limiteur est formé par un bobinage en deux couches, les deux couches étant bobinées
en sens inverse et étant mises soit en parallèle soit en série, ceci dans le but d'obtenir
un limiteur avec la plus faible inductance possible;
- le système selon l'invention comporte des moyens de commande pour faire basculer ledit
limiteur de son état à résistance basse vers son état à résistance haute ;
- lesdits moyens de commande sont formés par un élément chauffant ;
- lesdits moyens de commande comportent des moyens pour générer un signal de courant
alternatif circulant dans ledit limiteur de sorte que ledit limiteur bascule de son
état à résistance basse vers son état à résistance haute, notamment sous l'effet de
l'élévation de la température entraînée par la circulation dudit courant alternatif
;
- lesdits moyens pour générer un signal de courant alternatif comportent des moyens
transformateurs de tension recevant en entrée la tension du réseau électrique et fournissant
en sortie une tension abaissée à la même fréquence que la tension du réseau électrique
;
- la fréquence f dudit signal de courant alternatif est choisie suffisamment élevée
pour que le courant alternatif soit bloqué par l'inductance de la bobine ;
- lesdits moyens de commande comportent des moyens pour générer un courant supérieur
au dit courant de déclenchement permettant de faire basculer ledit limiteur ;
- lesdits moyens pour générer un courant supérieur au dit courant de déclenchement permettant
de faire basculer ledit limiteur sont formés par des moyens générant une impulsion
de courant d'intensité et de durée suffisante pour faire basculer ledit limiteur ;
- lesdits des moyens pour générer un courant supérieur au dit courant de déclenchement
permettant de faire basculer ledit limiteur sont intégrés à ladite source d'alimentation.
[0033] La présente invention a également pour objet un procédé d'ajustement du courant dans
un aimant compris dans un système selon l'invention comportant les étapes suivantes
considérées dans un ordre quelconque:
- génération d'une rampe de courant avec une consigne fixée à la nouvelle valeur de
courant à atteindre dans l'aimant ;
- génération d'une impulsion de courant dont la durée et l'intensité sont telles que
ledit limiteur bascule dans son état à haute résistance.
[0034] Avantageusement, le procédé selon l'invention comporte une étape de génération d'un
créneau en courant qui suit l'étape de génération de ladite impulsion de courant,
la valeur du courant de ce créneau étant égale à la somme du courant circulant dans
ladite résistance de protection et du courant circulant dans ledit limiteur lorsque
celui-ci est dans son état haute résistance.
[0035] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront clairement de
la description qui en est donnée ci-dessous, à titre indicatif et nullement limitatif,
en référence aux figures annexées, parmi lesquelles :
- la figure 1 est une représentation schématique d'un premier circuit selon l'art antérieur;
- la figure 2 est une représentation schématique d'un second circuit selon l'art antérieur;
- la figure 3 est une représentation schématique d'un système selon l'invention ;
- la figure 4 est une représentation schématique d'un système selon l'invention incorporant
des moyens de commande pour faire basculer le limiteur de son état à résistance basse
vers son état à résistance haute selon un premier mode de réalisation ;
- la figure 5 est une représentation schématique d'un système selon l'invention incorporant
des moyens de commande pour faire basculer le limiteur de son état à résistance basse
vers son état à résistance haute selon un deuxième mode de réalisation ;
- la figure 6 représente respectivement l'évolution du courant de l'alimentation, le
courant dans l'aimant et le courant dans le limiteur en fonction du temps en utilisant
un système tel que représenté en figure 5.
[0036] Dans toutes les figures, les éléments communs portent les mêmes numéros de référence.
Les figures 1 et 2 ont déjà été décrites en référence à l'état de la technique.
La figure 3 est une représentation schématique d'un système 100 de création d'un champ
magnétique selon l'invention.
[0037] Le système 100 comporte :
- Une première branche comportant un électroaimant supraconducteur 102 modélisé par
une inductance L' de bobinage en série avec une résistance R'2 représentant la résistance résiduelle de l'aimant empêchant le fonctionnement en
mode persistant,
- une deuxième branche formée par une résistance de protection R'3 localisée dans l'enceinte du cryostat de l'aimant ou à l'extérieur de l'enceinte
à température ambiante
- une troisième branche formée par une source d'alimentation en courant 103 montée en
série avec un organe de coupure 104 (et éventuellement un organe de coupure de redondance
105),
- une quatrième branche formée par un limiteur de courant supraconducteur 106 en série
avec une résistance R'1.
[0038] Le limiteur supraconducteur 106 est composé d'un fil supraconducteur formé par une
pluralité de filaments élémentaires supraconducteurs intégrés dans une matrice résistive,
le fil supraconducteur peut aussi être constitué du dépôt d'un matériau supraconducteur
sur un substrat résistif ; nous reviendrons dans la suite de la description sur le
choix du matériau pour la réalisation de la matrice résistive.
[0039] Le limiteur 106 est caractérisé par deux courants : le courant de déclenchement de
la limitation I
o et le courant de récupération I
r.
[0040] Le courant de déclenchement représente le courant au-delà duquel le limiteur développe
une résistance importante qui limite le courant. Ce courant est proche du courant
critique I
c caractéristique du matériau supraconducteur et est défini par le courant pour lequel
le conducteur développe un champ électrique donné (10 µV/m ou 100 µV/m).
[0041] Le courant de récupération est le courant d'équilibre thermique du conducteur avec
son environnement. Ce courant est atteint après un temps assez long (de l'ordre de
quelques secondes) et n'est pas un paramètre classique d'un limiteur. Il est défini
par les caractéristiques du conducteur, en particulier sa résistance par unité de
longueur, et les conditions de refroidissement (épaisseur d'isolant entourant le limiteur
et conductivité thermique du limiteur).
[0042] On peut distinguer trois phases de fonctionnement du limiteur pour l'application
concernée :
- La charge (ou décharge) lente de l'aimant 102 constitue un premier mode de fonctionnement
qui peut être très long (plusieurs heures). Pendant ce mode de fonctionnement, les
organes de coupure 104 et 105 sont fermés. Au début de ce fonctionnement, le limiteur
106 transite vers son état haute résistance et le courant s'établit rapidement à son
courant de récupération Ir. La puissance dissipée dans le limiteur est égale à |Vo|Ir où Vo est la tension de charge ou de décharge. Le dimensionnement du limiteur, en particulier
son isolation thermique permet d'adapter son courant de récupération et d'ajuster
la puissance dissipée dans les phases de montée et de descente du courant. A titre
d'exemple, en considérant un aimant présentant une inductance de L'=300 H sous une
tension de Vo=10V et si on souhaite atteindre un courant nominal IN=1500A, on a en faisant l'approximation que la montée en courant dans l'aimant est
linéaire:

Durant cette période, il est important que le limiteur 106 n'échange pas trop d'énergie
avec le bain d'hélium du cryostat dans lequel il se trouve.
- Une deuxième phase de fonctionnement est formée par le mode nominal ou mode normal
de fonctionnement. Dans ce cas, les organes de coupure 104 et 105 sont fermés et ce
mode de fonctionnement correspond au régime établi de courant dans l'aimant 102. La
source d'alimentation 103, reste connectée à l'aimant 102. Le courant ΔI qui traverse
le limiteur 106 est une faible fraction du courant opérationnel Iop traversant la bobine L'. Ce courant ΔI est fonction du rapport R'2/R'1. En première approximation, on a ΔI= (R'2/R'1)Iop. Bien entendu, ΔI doit être inférieur au courant de déclenchement Io du limiteur 106 pour que le limiteur 106 présente une résistance basse.
- Le troisième mode de fonctionnement concerne la décharge rapide de l'aimant, en cas
de transition du type quench. Cette phase assure la protection de l'aimant lorsqu'on
vide l'aimant de son courant dans la résistance de protection R'3. Dans ce cas, l'un au moins des organes de coupure 104 ou 105 est ouvert. Ce mode
est caractérisé par une tension élevée (plusieurs centaines à milliers de Volts) aux
bornes de l'aimant pour décharger rapidement le courant et ainsi limiter la montée
en température du conducteur supraconducteur qui se trouve à l'état normal. L'aimant
se décharge alors dans la résistance de protection R'3. Durant cette phase, le limiteur 106 développe automatiquement et naturellement une
résistance élevée et limite le courant dans la quatrième branche comportant la résistance
R'1 à une valeur bien inférieure au courant qui circule dans la résistance de protection
R'3. Cette phase est sensible car la protection de l'aimant en dépend. Le limiteur 106
présente une caractéristique très sûre de ce point de vue puisque le pire défaut pour
le limiteur est sa destruction qui conduit à une résistance équivalente infinie et
donc à une protection de l'aimant. Même si le temps de décharge est ici beaucoup plus
court (de l'ordre de quelques minutes) que le temps de charge mentionné plus haut
en référence au premier mode de fonctionnement, la tension appliquée aux bornes du
limiteur 106 est beaucoup haute et entraîne une température du limiteur 106 beaucoup
plus élevée que dans le mode de charge.
[0043] Les trois modes de fonctionnement décrits ci-dessus permettent de définir un procédé
de dimensionnement du limiteur 106 comportant les étapes suivantes :
Etape 1 : on définit la valeur de la résistance R'1 en fonction de la valeur de la résistance résiduelle R'2 de l'aimant dans un rapport de 10 à 1000.
Etape 2 : de façon à ne pas faire transiter le limiteur 106 vers une impédance haute lors du
mode de fonctionnement normal, on choisit un fil supraconducteur présentant un courant
critique Ic supérieur à (R'2/R'1)Iop.
Etape 3 : comme nous l'avons déjà mentionné plus haut, la température maximale Tmax vue par le limiteur 106 se produit pendant la phase de décharge rapide de l'aimant
102 dans la résistance de protection R'3. Le dimensionnement du limiteur 106 implique le choix de cette température maximale
admissible, Tmax, sur le limiteur 106 en cas de décharge de l'aimant 102.
Etape 4 : Il est important que le limiteur 106 n'échange pas trop d'énergie avec le bain d'hélium,
notamment pendant les opérations de chargement et déchargement de l'aimant 102 avec
l'alimentation 103. Dès lors, le dimensionnement du limiteur 106 implique également
le choix de la puissance maximale admissible sur le bain cryogénique, Wmax, lors des opérations de chargement et déchargement de l'aimant.
Etape 5 : Cette étape vise à calculer la longueur de fil strictement nécessaire pour maintenir
le fil à une température inférieure à la température Tmax fixée à l'étape 3 (lors de la décharge rapide de l'aimant 102). La tension aux bornes
de l'aimant 102, U(t), et donc du limiteur 106, est fournie par la relation suivante
:

où τ est une constante de temps caractéristique de décharge donnée par le rapport
L'/R'3. Dans une hypothèse adiabatique où on néglige tout transfert de chaleur entre le
limiteur 106 et le bain d'hélium, la chaleur produite par effet joule est absorbée
par le fil lui-même. Par ailleurs, en supposant que la vitesse du front résistif qui
fait transiter le fil supraconducteur est infinie, on obtient la relation suivante
:

où I, S, Cp et ρ sont respectivement la longueur, la section, la chaleur spécifique volumique
et la résistivité du fil avec ses brins supraconducteurs et sa matrice. Ainsi, si
on néglige de façon très conservative l'échange thermique entre le bain d'hélium et
le limiteur 106, la longueur maximale de fil qu'il est avantageux de donner au limiteur
est donnée par la formule suivante (obtenue en intégrant la relation précédente) :

Il convient bien entendu de noter que le calcul précédent donne une valeur maximale
de la longueur de fil (liée à l'hypothèse adiabatique) ; une longueur de fil plus
faible permet donc également de répondre aux exigences en température. Une longueur
plus importante est également possible du point de vue technique, mais peu intéressante
du point de vue économique.
Etape 6 : cette étape vise à déterminer l'isolation thermique nécessaire sur le limiteur 106
pour limiter la puissance déposée sur le bain. Cette isolation est caractérisée par
le flux thermique par unité de longueur de fil, wisolation, entre le bain d'hélium et le limiteur 106 une fois le régime stationnaire établi.
Lors des charges et décharges de l'aimant 102, la tension aux bornes du limiteur est
constante et imposée par l'alimentation 103, UAlim. L'équilibre thermique entre le bain et le limiteur s'écrit donc

où Rlim est la résistance par unité de longueur de fil et Itrans est la longueur de fil transité dans le limiteur une fois l'équilibre thermique atteint.
Pour une tension d'alimentation fixée, la longueur de fil transité est donc imposée
par l'isolation. La nature et l'épaisseur de l'isolation peuvent donc être ajustées
de sorte que la puissance déposée sur le bain soit inférieure à Wmax.
[0044] Cette relation montre également que c'est la tension fournie par l'alimentation qui
maintient le limiteur ouvert,
Itrans non nul, lors des opérations de charge et décharge.
[0045] Le fait de placer le limiteur de courant 106 dans l'hélium liquide entraîne que le
limiteur est par exemple composé d'un fil supraconducteur formé par une pluralité
de filaments élémentaires en niobium-titane (NbTi) dont la température de transition
est égale à 9,5K si il est soumis à une induction magnétique nulle et dont le diamètre
est préférentiellement inférieur à 120 µm intégrés dans une matrice résistive. La
matrice résistive est de préférence fortement résistive de façon à diminuer la longueur
de fil (comme nous l'avons mentionné plus haut, la longueur maximale de fil est inversement
proportionnelle à la résistivité du fil et de sa matrice) : une matrice fortement
résistive permet donc de réduire l'encombrement du limiteur. La matrice peut par exemple
être réalisée en cupronickel (CuNi). Le fait de choisir une matrice fortement résistive
permet en outre d'accélérer la transition supraconductrice et d'avoir une grande résistance
après transition. En effet comme la résistivité du cupronickel est très élevée (environ
0,4.10
-6 Ω.m) en comparaison d'une matrice en cuivre (10
-10 Ω.m à 4.2 K) par exemple, la limitation s'en trouvera améliorée.
[0046] On peut également placer le limiteur à plus haute température et utiliser dans ce
cas un matériau supraconducteur du type haut Tc (à plus haute température critique)
tel que le diborure de magnésium (MgB
2) ou un supraconducteur de type céramique, tel qu'YBaCuO par exemple.
[0047] La présence du limiteur de courant 106 à proximité de l'aimant 102 qui a pour objectif
d'être le plus stable possible impose au limiteur d'avoir une inductance la plus faible
possible afin que les variations de courant circulent bien dans la branche du limiteur
et non dans l'aimant. De plus, plus l'inductance du limiteur 106 sera faible plus
rapide sera la limitation de courant. La longueur de fil doit donc être disposée de
telle sorte que l'inductance propre du limiteur 106 soit la plus faible possible pour
avoir un temps de réponse réduit, ne pas induire des surtensions et assurer une bonne
stabilisation. Une solution consiste à utiliser un bobinage en deux couches, les deux
couches étant bobinées en sens inverse (deux bobines de même longueur imbriquées l'une
dans l'autre et séparées par un isolant pour éviter le claquage diélectrique entre
les deux bobines).
[0048] Selon une première configuration, les deux couches sont mises en parallèle à chaque
extrémité : cette configuration est intéressante car elle répartit la tension sur
une distance importante (la distance entre les deux extrémités) et permet d'éviter
le claquage diélectrique.
[0049] Selon une deuxième configuration, les deux couches sont mises en série.
[0050] Nous allons appliquer dans ce qui suit le procédé de dimensionnement décrit ci-dessus
à un aimant supraconducteur produisant un champ de 7 teslas formé d'un bobinage supraconducteur
de Niobium-Titane (intégré dans une matrice de cuivre) baigné dans de l'hélium liquide
à pression atmosphérique (i.e. à une température de 4,2K). Les valeurs numériques
suivantes (données à la température de 4,2 K) utilisées sont données dans le tableau
1 suivant :
Tableau 1
| Courant nominal de l'aimant |
Iop |
400 A |
| Résistance résiduelle de l'aimant |
R'2 |
10µΩ |
| Inductance de l'aimant |
L' |
0,68 H |
| Résistance de protection |
R'3 |
0,5Ω |
[0051] En déroulant les six étapes mentionnées plus haut :
Etape 1 : Choix de la résistance de stabilisation R'1 à 1 mΩ pour assurer un rapport R1/R2 de 100.
Etape 2 : Choix d'un fil supraconducteur de diamètre 0,2 mm non isolé composé de filaments
supraconducteurs en NbTi de 30 µm de diamètre dans une matrice en CuNi avec 30% de
Ni en poids. Le rapport de la section de Cu sur la section de NbTi est de 1.2 ce qui
permet d'assurer un courant critique supérieur à (R'2/R'1)Iop, soit 4 A.
Etape 3 : Choix de la température maximale admissible Tmax à 100 K.
Etape 4 : Choix de la puissance maximale admissible sur le bain cryogénique Wmax à 1 W.
Etape 5 : En appliquant la relation 1, on trouve une longueur maximale de fil nécessaire d'environ
250 m. Comme nous l'avons déjà précisé, cette valeur est fortement majorée ; ainsi,
des essais démontrent qu'une longueur 50 m est suffisante.
Etape 6 : Le limiteur est isolé du bain hélium par exemple avec une résine isolante (d'époxy
par exemple) présentant une épaisseur de 1 mm. Si cela est nécessaire, l'épaisseur
de la couche isolante peut être augmentée afin de diminuer la puissance dissipée à
une valeur inférieure à la valeur seuil Wmax souhaitée en régime stationnaire avec le limiteur dans son état haute impédance.
[0052] On notera que l'invention s'applique à la fois à une configuration dans laquelle
l'aimant 102 et le limiteur 106 sont dans le même bain cryogénique qu'à une configuration
dans laquelle l'aimant 102 et le limiteur 106 sont dans des bains séparés ; dans ce
dernier cas, une application possible consiste à utiliser deux bains d'hélium, l'un
contenant de l'hélium superfluide à une température comprise entre 1,7 et 2,2 K (de
l'ordre de 1,8 K) pour les besoins de l'aimant 102 et l'autre contenant de l'hélium
liquide à 4,2 K, les deux bains étant reliés entre eux par un canal de section réduite
selon le principe du « Bain Claudet ». Une telle configuration permet un accès plus
facile au limiteur 106 séparé de l'aimant 102.
[0053] Dans le cas de certaines applications en IRM ou RMN, il peut être parfois nécessaire
d'ouvrir de façon commandée le limiteur par exemple pour ajuster le courant circulant
dans l'aimant. Avec un limiteur sans commande d'ouverture, cet ajustement pourrait
causer un problème car il serait nécessaire d'augmenter le courant dans le limiteur
jusqu'au courant de limitation seuil qui se retrouve alors injecté dans l'aimant,
puis d'ajuster la valeur du courant une fois le limiteur ouvert. Pour des aimants
dimensionnés très proche de leurs valeurs critiques, ou dont la protection est sensible
aux variations rapides du courant, une telle contrainte peut s'avérer rédhibitoire.
[0054] Une première solution consiste à ajouter une chaufferette permettant de mettre temporairement
le limiteur en mode « ouvert », sans pour autant dégrader la sécurité liée au fonctionnement
intrinsèque du limiteur.
[0055] Avantageusement, une seconde solution consiste à injecter via les amenées de courant
de l'aimant (dans la bobine de l'aimant et les branches de protection situés en parallèle
entre les organes de coupure 104 et 105), un courant alternatif sinusoïdal ou impulsif
qui se superpose au courant de fonctionnement. La fréquence de ce courant est choisie
suffisamment élevée pour que le courant alternatif soit bloqué par l'inductance L'
de la bobine, de sorte que cette dernière ne reçoive pas une énergie thermique susceptible
de la faire transiter hors de l'état supraconducteur. La fréquence peut par exemple
être choisie pour que plus de 99,9% de ce courant alternatif passe à travers le limiteur.
La transition du limiteur de son état basse impédance à son état haute impédance est
obtenue soit par l'élévation de température entraînée par la circulation dudit courant
alternatif (élévation créée par les pertes induites par le courant alternatif) soit
parce que la valeur efficace du courant alternatif dépasse la valeur du courant de
déclenchement du limiteur. En pratique, une fréquence égale ou supérieure à 50 Hz
suffit pour les applications connues. Ce courant alternatif peut être généré par des
circuits internes spécifiques conçus à cet effet, ou encore de manière externe à l'alimentation
par une alimentation secondaire située de préférence en parallèle avec l'alimentation
principale. Il n'est cependant pas contraire à l'invention de réaliser cette alimentation
secondaire par un dispositif placé en série avec l'alimentation principale. Un exemple
de système 200 de création d'un champ magnétique selon l'invention incorporant un
dispositif de commande 201 générant un tel signal est illustré en figure 4.
[0056] Le système 200 est identique au système 100 de la figure 3 à la différence qu'il
comporte le dispositif de commande 201 formant des moyens pour le basculement du limiteur
106 de son état basse résistance à son état haute résistance en permettant la génération
d'un signal de courant sinusoïdal apte à faire basculer le limiteur 203 et qu'il ne
comporte pas de deuxième organe de coupure de redondance 105.
[0057] Le dispositif de commande 201 comporte :
- un transformateur abaisseur de tension TBT (Très Basse Tension) 205 dont le courant
de court circuit Icc est supérieur au courant nécessaire pour faire transiter le limiteur
106 et la tension de sortie suffisante pour maintenir le limiteur 106 dans l'état
résistif compte tenu des résistances des lignes (Icc = 38 A avec Ucc = 0,80 V),
- un autotransformateur variable 204 permettant d'ajuster la tension du réseau (230
V) pour obtenir ces deux valeurs de courant de court-circuit et de tension de sortie
suffisante pour maintenir le limiteur 106 dans son état résistif,
- un interrupteur 203 permettant de connecter le dispositif de commande 201 au circuit
de l'aimant pendant la phase opératoire.
- un interrupteur 202 permettant de connecter le dispositif de commande 201 au réseau
électrique 230V/50Hz (ou 115V/60Hz) pour sa mise en service.
[0058] Nous allons illustrer le fonctionnement du dispositif de commande 201 dans le cas
d'un aimant supraconducteur d'inductance L'=0,68 H donnant un champ magnétique nominal
de 7 T pour un courant de 400 A. Une résistance R'
2 de 10 µΩ (résistance simulant les connexions résistives d'un aimant supraconducteur)
est montée en série avec la bobine L'.
[0059] L'interrupteur 203 étant fermé, le dispositif de commande 201 est mis en service
par la fermeture de l'interrupteur 202 (connexion au réseau 230V/50Hz).
[0060] Dans une première phase, l'autotransformateur 204 est réglé à la tension de 230 V.
[0061] Comme 2πfL' est bien supérieur à la résistance du limiteur 106, le courant circule
seulement dans la maille du limiteur 106 jusqu'à la transition de ce dernier. On notera
que dans l'exemple cité ici, le limiteur 106 transite car le courant de court circuit
Icc (correspondant à la valeur efficace du courant sinusoïdal fourni par le transformateur
TBT 205) est supérieur au courant de déclenchement nécessaire pour faire transiter
le limiteur 106. Toutefois, on peut également commander l'ouverture du limiteur 106
si on choisit une tension fourni par le transformateur TBT 205 telle que le courant
circulant dans le limiteur entraîne, non pas un dépassement du courant de déclenchement,
mais une élévation de température allant au-delà de la température critique permettant
de faire basculer le limiteur 106 : une telle solution nécessite de travailler à des
fréquences de fonctionnement plus élevées.
[0062] Dans une deuxième phase, le limiteur 106 étant résistif, le courant le traversant
est faible (quelques dizaines de mA) et la tension nécessaire pour maintenir le limiteur
106 transité est donc de quelques volts (1 V environ en sortie de l'autotransformateur
205). Cette tension fera circuler un courant d'environ 2 A dans la résistance de décharge
R'
3 et un très faible courant alternatif dans la maille de la bobine inversement proportionnel
à son inductance L'. Ce courant alternatif ne modifie pas le courant continu principal
dans la bobine.
[0063] Dans une troisième phase, on peut augmenter (ou diminuer) le courant principal dans
la bobine en modifiant le courant fourni par l'alimentation 103. Pendant cette phase,
l'interrupteur 203 est soit fermé pour maintenir le limiteur 106 ouvert soit ouvert
(dans ce cas, le courant qui maintient le limiteur 106 ouvert est fourni par l'alimentation
103 pendant le temps nécessaire à la modification du courant). L'interrupteur 203
ouvert permet d'effectuer les ajustements en courant sans être perturbé par les signaux
alternatifs.
[0064] Dans une quatrième phase, dés que les ajustements nécessaires ont été effectués,
le limiteur 106 redevient supraconducteur suite à l'ouverture de l'interrupteur 203.
En effet, sans apport d'énergie extérieur, le limiteur 106 retrouve la température
du bain cryogénique typiquement au bout de quelques secondes. Le temps de retour à
l'état fermé dépend avant tout du niveau d'isolation thermique entre le limiteur et
le bain cryogénique.
[0065] On notera que l'exemple ci-dessus concerne un signal sinusoïdal mais que d'autres
types de signaux alternatifs (carré - triangulaire - à impulsions,...) peuvent également
être utilisés.
[0066] On peut également utiliser directement l'alimentation principale 103 pour générer
une impulsion de courant de quelques millisecondes à une valeur de courant supérieure
au courant de déclenchement du limiteur 106 suffisante pour faire transiter ce dernier.
[0067] La figure 5 illustre la mise en oeuvre d'une telle commande sur un circuit 300 sensiblement
identique au circuit 100 de la figure 3 (à la différence qu'il ne comporte pas d'interrupteur
105).
[0068] Le circuit 300 présentée en figure 5 est composée d'un aimant supraconducteur d'inductance
0,68 H donnant un champ magnétique nominal de 7 T pour un courant I
2 de 400 A. La résistance R'
2 simulant les connexions résistives de l'aimant supraconducteur et montée en série
avec la bobine L' a une valeur de 10 µΩ. Une alimentation 103 (1000 A - 10 V) régulée
en courant est connectée à la charge par la fermeture de l'interrupteur 104.
[0069] Comme nous l'avons déjà expliqué en référence à la figure 1, pour protéger l'aimant,
la résistance R'
3 (d'une valeur ici égale à 0,5 Ω) est montée en parallèle à la branche de l'aimant.
Dans le cas du circuit 300, la résistance R'
3 est à l'intérieur du cryostat C. Lors d'un problème grave, l'interrupteur 104 est
ouvert entraînant la décharge rapide de l'énergie de l'aimant dans la résistance de
protection R'
3. Le limiteur 106 et la résistance de stabilisation R'
1 (ici égale à 1 mΩ) sont montés en parallèle sur l'aimant. Le courant I
1 dans cette branche doit être tel que R'
2.I
2 = R'
1.I
1 en régime permanent, où I
2 désigne le courant circulant dans l'inductance L'.
[0070] L'alimentation 103 comporte des moyens pour générer une impulsion de courant pendant
une durée suffisante (ici >5ms) et d'amplitude I
p (ici >40 A) supérieure au courant de déclenchement permettant de faire basculer le
limiteur 106 de son état basse résistance à son état haute résistance. Une solution
pour générer cette impulsion consiste à intervenir dans la boucle d'asservissement
de l'alimentation 103. On peut également utiliser une alimentation auxiliaire permettant
de générer cette impulsion.
[0071] L'alimentation 103 régulée en courant, génère une rampe en courant (avec un di/dt
ici choisie entre 2 et 10 A/s). Une valeur de rampe minimale est imposée afin que
la tension U
c aux bornes de l'aimant soit suffisante pour maintenir le limiteur 106 dans son mode
résistif.
[0072] En régime établi on peut écrire la relation suivante :

où R'
1O ≈ 10 Ω désigne la résistance du limiteur supraconducteur 106 dans son état haute
résistance.
[0074] Il convient de noter que, juste après le basculement du limiteur 106 dans son état
résistif, le courant va essentiellement basculer dans la résistance R'
3. Dès lors, la montée en courant I
2 dans l'aimant s'établit avec une rampe de constante de temps proche de L'/R'
3 (i.e. il y a un certain délai avant que le courant I
2 dans l'aimant ne rattrape la rampe de courant délivrée par l'alimentation 103). De
même, à la fin de la rampe, le courant finit de s'établir dans l'aimant avec la même
constante de temps. Un tel comportement du courant, I
2 peut entraîner deux inconvénients :
- d'une part des phases transitoires de durées d'autant plus importantes que l'inductance
L' de l'aimant est élevée et,
- d'autre part le risque que la tension Uc soit trop faible pendant les premières secondes pour maintenir le limiteur 106 en
mode résistif et ce particulièrement pour des aimants de grande inductance.
[0075] Une solution efficace pour palier à ces inconvénients consiste à faire générer un
créneau en courant Ic par l'alimentation 103 immédiatement après l'impulsion Ip de
basculement du limiteur 106, la valeur de Ic étant choisie telle que Ic = I
3 + I
1. Ce créneau en courant aura la même durée que la rampe de montée (i.e. correspondant
au temps d'ajustement de l'aimant).
[0076] Deux autres solutions peuvent également être utilisées :
- réaliser le chargement de l'aimant avec une tension constante aux bornes de l'aimant
avec une alimentation régulée en tension et une valeur de di/dt inférieure à 10 A/s.
Cette solution nécessite une alimentation spécifique pour le chargement et n'est pas
particulièrement adaptée à des petits ajustements en courant.
- monter une diode en opposition en série avec R'3 ce qui permet d'annuler le courant I3. Dans ce cas, le circuit électrique n'est plus symétrique et ne fonctionne pour des
descentes en courant.
[0077] Nous allons décrire dans ce qui suit les étapes permettant le passage (i.e. ajustement)
d'un courant de 400 A à un courant de 410 A dans l'aimant, la rampe de courant étant
toujours de 2 A/s :
- on commence par annuler le courant de stabilisation I1 en passant la consigne de l'alimentation 103 à 400 A ;
- après quelques secondes (typiquement 2 s), on fixe une nouvelle consigne de courant
de 410 A ;
- on génère impulsion de 40 A pendant quelques millisecondes (typiquement 10 ms) pour
rendre le limiteur 106 résistif ;
- on génère immédiatement après l'impulsion un créneau en courant à une valeur de courant
Ic telle que Ic = I3 + I1 = 2,72 + 0,14 = 2,86 A
- dès que le courant de l'alimentation 103 atteint 410 A (typiquement après 5 s), on
arrête le créneau de courant (Ic = 0). Le courant dans l'aimant est alors de 410 A
et les courants I1 et I3 sont quasiment nuls (< 10 mA). Le limiteur 106 se refroidit et redevient supraconducteur
en quelques secondes, recouvrant ainsi son état basse résistance.
- après quelques secondes, on injecte un courant de stabilisation I1 égal à 4,1 A dans la résistance R '1 choisi de sorte que R '1I1 = R '2I2, l'injection se faisant par une nouvelle consigne donnée à l'alimentation à 414,1
A.
[0078] A titre illustratif, une montée de 0 à 30 A (le principe serait identique en passant
de 400 à 410 A) a été réalisée expérimentalement en appliquant les étapes exposées
ci-dessus (sans l'étape de génération de créneau). Cette montée est illustrée sur
la figure 6 qui représente l'évolution en fonction du temps respectivement du courant
de l'alimentation 103, du courant dans l'aimant et du courant dans le limiteur 106.
Les échelles de courant et de temps sont les mêmes pour les trois courbes. On peut
distinguer les étapes suivantes :
- 1. à t=2s (valeur purement illustrative correspondant au départ de la rampe), on fixe
une consigne de chargement de 30 A à l'alimentation : on observe donc le démarrage
d'une rampe de courant pour la courbe d'alimentation.
- 2. Le limiteur étant passant, il a l'impédance la plus faible du circuit ; le courant
s'écoule donc dans sa branche et la courbe du limiteur suit la rampe de courant de
l'alimentation.
- 3. On envoie alors une impulsion de courant (35 A) sur l'alimentation qui dépasse
le courant de déclenchement du limiteur. On observe que l'impulsion est également
vue par le limiteur.
- 4. Le limiteur passe en mode résistif et le courant bascule essentiellement dans la
résistance de protection R'3. La montée en courant dans l'aimant s'établit avec une rampe de constante de temps
proche de L'/R'3. Cette phase transitoire peut être évitée en utilisant un créneau de courant tel
qu'évoqué plus haut. Le courant dans l'aimant rattrape ensuite la rampe de courant
délivrée par l'alimentation.
- 5. Durant toute la poursuite de la rampe de courant, le limiteur reste en mode résistif
car une tension est maintenue à ses bornes et le chargement de l'aimant se poursuit
donc normalement.
- 6. Une fois arrivé à la consigne de courant souhaitée dans l'aimant, le limiteur redevient
passant (non représenté sur la figure 6).
[0079] Le bruit observé sur la mesure du courant dans l'aimant est lié au bruit de mesure
du fait de la très faible valeur de résistance (R
2=10µΩ) utilisée pour la mesure de ce courant.
[0080] On notera que, dans l'exemple donné, le délai est important (environ 3 s) entre le
début de la rampe et l'impulsion ; ce délai vise uniquement à illustrer le principe
de fonctionnement mais peut être réduit à zéro.
1. Système (100) de création d'un champ magnétique incluant :
- une première branche comportant un aimant supraconducteur (102) destiné à produire
ledit champ magnétique, ledit aimant étant modélisé par une inductance (L') de bobinage
en série avec une résistance résiduelle (R'2);
- une deuxième branche comportant une résistance (R'3), dite résistance de protection,
- une troisième branche comportant une source d'alimentation (103);
ledit système étant
caractérisé en ce qu'il comporte une quatrième branche formée par une résistance (R'
1) montée en série avec un dispositif supraconducteur limiteur (106) de courant basculant
d'un état à résistance basse vers un état à résistance haute lorsque le courant le
traversant dépasse un courant de déclenchement, ledit dispositif supraconducteur (106)
ayant une inductance au moins 10
5 fois inférieure à celle de la bobine (L'), et lesdites première, deuxième, troisième
et quatrième branches étant montées en parallèle,
ledit système (100) présentant au moins trois modes de fonctionnement :
- un premier mode de fonctionnement, dit mode de charge ou de décharge de l'aimant,
dans lequel :
o ladite source d'alimentation (103) est reliée au dit aimant (102) de façon à augmenter
ou diminuer le courant dans l'aimant,
o ledit limiteur (106) de courant est dans son état à résistance haute ;
- un deuxième mode de fonctionnement, dit mode normal de fonctionnement, dans lequel
:
o ladite source d'alimentation (103) est reliée au dit aimant (102),
o ledit limiteur (106) est dans son état à résistance basse ;
- un troisième mode de fonctionnement, dit mode de décharge rapide de l'aimant dans
ladite résistance (R'3) de protection, dans lequel :
o ladite source d'alimentation (103) est déconnectée dudit aimant (102),
o ledit limiteur (106) est dans son état à haute résistance ;
l'activation de l'état dudit limiteur (106) dans lesdits trois modes de fonctionnement
se faisant de manière passive sans recours à une commande externe.
2. Système (100) selon la revendication précédente caractérisé en ce que ladite résistance (R'1) montée en série avec ledit limiteur (106) présente une valeur 10 à 1000 fois supérieure
à celle de la résistance résiduelle de l'aimant (R'2).
3. Système (100) selon l'une des revendications précédentes caractérisé en ce que le fil supraconducteur formant ledit limiteur (106) est choisi de sorte que son courant
critique soit supérieur à (R'2/R'1)Iop où R'2 désigne la valeur de ladite résistance résiduelle dudit aimant, R'1 désigne ladite résistance montée en série avec ledit limiteur (106) et Iop désigne le courant circulant dans ladite première branche lors dudit mode normal
de fonctionnement.
4. Système (100) selon l'une des revendications précédentes caractérisé en ce que la longueur du fil supraconducteur formant ledit limiteur (106) est déterminée de
sorte que la température dudit fil supraconducteur reste toujours inférieure ou égale
à une valeur maximale de température prédéterminée Tmax.
5. Système selon l'une des revendications précédentes caractérisé en ce que ledit limiteur est formé par un fil supraconducteur entouré par une couche isolante
dont l'épaisseur est déterminée de sorte que la puissance déposée dans le bain cryogénique
dudit limiteur soit inférieure à une valeur prédéterminée.
6. Système selon l'une des revendications précédentes caractérisé en ce que ledit limiteur est formé par un bobinage en deux couches, les deux couches étant
bobinées en sens inverse et étant mises soit en parallèle soit en série.
7. Système (200) selon l'une des revendications précédentes caractérisé en ce qu'il comporte des moyens de commande (201) pour faire basculer ledit limiteur (106)
de son état à résistance basse vers son état à résistance haute.
8. Système selon la revendication précédente caractérisé en ce que lesdits moyens de commande sont formés par un élément chauffant.
9. Système (200) selon la revendication 7 caractérisé en ce que lesdits moyens de commande (201) comportent des moyens (202, 203, 204, 205) pour
générer un signal de courant alternatif circulant dans ledit limiteur (106) de sorte
que ledit limiteur (106) bascule de son état à résistance basse vers son état à résistance
haute.
10. Système (200) selon la revendication 9 caractérisé en ce que lesdits moyens (202, 203, 204, 205) pour générer un signal de courant alternatif
comportent des moyens transformateurs (204, 205) de tension recevant en entrée la
tension du réseau électrique et fournissant en sortie une tension abaissée à la même
fréquence que la tension du réseau électrique.
11. Système (200) selon l'une des revendications 9 ou 10 caractérisé en ce que la fréquence f dudit signal de courant alternatif est choisie suffisamment élevée
pour que ledit courant alternatif soit bloqué par l'inductance de la bobine (L').
12. Système selon la revendication 7 caractérisé en ce que lesdits moyens de commande comportent des moyens pour générer un courant supérieur
au dit courant de déclenchement permettant de faire basculer ledit limiteur.
13. Système selon la revendication 12 caractérisé en ce que lesdits moyens pour générer un courant supérieur au dit courant de déclenchement
permettant de faire basculer ledit limiteur sont formés par des moyens générant une
impulsion de courant d'intensité et de durée suffisante pour faire basculer ledit
limiteur.
14. Système selon l'une des revendications 12 ou 13 caractérisé en ce que lesdits des moyens pour générer un courant supérieur au dit courant de déclenchement
permettant de faire basculer ledit limiteur sont intégrés à ladite source d'alimentation.
15. Procédé d'ajustement du courant dans un aimant compris dans un système selon l'une
des revendications 13 ou 14 comportant les étapes suivantes considérées dans un ordre
quelconque :
- génération d'une rampe de courant avec une consigne fixée à la nouvelle valeur de
courant à atteindre dans l'aimant ;
- génération d'une impulsion de courant dont la durée et l'intensité sont telles que
ledit limiteur bascule dans son état à haute résistance.
16. Procédé selon la revendication précédente caractérisé en ce qu'il comporte une étape de génération d'un créneau en courant qui suit l'étape de génération
de ladite impulsion de courant, la valeur du courant de ce créneau étant égale à la
somme du courant circulant dans ladite résistance de protection et du courant circulant
dans ledit limiteur lorsque celui-ci est dans son état haute résistance.
1. A system (100) for creating a magnetic field including:
- a first branch comprising a superconducting magnet (102) intended to produce said
magnetic field, said magnet being formed by a coil inductance (L') in series with
a residual resistance (R'2);
- a second branch comprising a resistance (R'3), said protection resistance,
- a third branch comprising a power supply (103);
said system being
characterized in that it comprises a fourth branch formed by a resistance (R'1) mounted in series with
a current-limiting superconducting device (106) switching from a low-resistance state
to a high-resistance state when the current passing therethrough exceeds a breaking
current, said superconducting device (106) having an inductance at least 10
5 times less than that of the coil (L'), and said first, second, third and fourth branches
being mounted in parallel,
said system (100) presenting at least three modes of operation:
- a first mode of operation, known as charge mode or discharge mode of the magnet,
in which:
o said power source (103) is connected to said magnet (102) so as to increase or reduce
the current in the magnet, ○ said current limiter (106) is in its high-resistance
state;
- a second mode of operation, known as normal mode of operation, in which:
o said power source (103) is connected to said magnet (102),
o said limiter (106) is in its low-resistance state; - a third mode of operation,
known as the rapid discharge mode of the magnet in said protection resistance (R'3),
in which:
o said power source (103) is disconnected from said magnet (102),
o said limiter (106) is in its high-resistance state; Activation of the state of said
limiter (106) in said three operation modes is done in a passive manner without resorting
to an external command.
2. The system (100) according to the previous claim characterized in that said resistance (R'1) mounted in series with said limiter (106) presents a value 10 to 1000 times greater
than that of the residual resistance of the magnet (R'2).
3. The system (100) according to one of the previous claims characterized in that the superconductor wire forming said limiter (106) is chosen such that its critical
current is greater than (R'2/R'1)Iop where R'2 designates the value of said residual
resistance of said magnet, R'1 designates said resistance mounted in series with said limiter (106) and Iop designates
the current circulating in said first branch during said normal operation mode.
4. The system (100) according to one of the previous claims characterized in that the length of the superconductor wire forming said limiter (106) is determined such
that the temperature of said superconductor wire always remains less than or equal
to a predetermined maximum temperature value Tmax.
5. The system according to one of the previous claims characterized in that said limiter is formed by a superconductor wire surrounded by an insulating layer
whose thickness is determined such that the power deposited in the cryogenic bath
of said limiter is less than a predetermined value.
6. The system according to one of the previous claims characterized in that said limiter is formed by a coil in two layers, the two layers being wound in opposing
directions and being placed either in parallel or in series.
7. The system (200) according to one of the previous claims characterized in that the system comprises control means (201) to cause said limiter (106) to switch from
its low-resistance state to its high-resistance state.
8. The system according to the previous claim characterized in that said control means are formed by a heating element.
9. The system (200) according to claim 7 characterized in that said control means (201) comprise means (202, 203, 204, 205) for generating a signal
of alternating current circulating in said limiter (106) such that said limiter (106)
switches from its low-resistance state to its high-resistance state.
10. The system (200) according to claim 9 characterized in that said means (202, 203, 204, 205) to generate an alternating current signal comprise
voltage transformer means (204, 205) receiving in input the voltage from the electrical
network and providing in output a lowered voltage at the same frequency as the voltage
of the electrical network.
11. The system (200) according to one of claims 9 or 10 characterized in that the frequency f of said alternating current signal is chosen sufficiently high so
that said alternating current is blocked by the coil inductance (L').
12. The system according to claim 7 characterized in that said control means comprise means for generating a current greater than said breaking
current enabling said limiter to be caused to switch.
13. The system according to claim 12 characterized in that said means for generating a current greater than said breaking current enabling said
limiter to be caused to switch are formed by means generating a current pulse of a
sufficient intensity and duration to cause said limiter to switch.
14. The system according to one of claims 12 or 13 characterized in that said means for generating a current greater than said breaking current enabling said
limiter to be caused to switch are integrated into said power source.
15. A method of adjusting the current in a magnet included in a system according to one
of claims 13 or 14 comprising the following steps, considered in any order:
- generation of a current ramp with a setting set to the new current value to be reached
in the magnet;
- generation of a current pulse in which the duration and intensity are such that
said limiter switches in its high-resistance state.
16. The method according to the previous claim characterized in that the method comprises a step of generating a current slot that follows the step of
generating said current pulse, the value of the current in this slot being equal to
the sum of the current circulating in said protection resistance and of the current
circulating in said limiter when it is in its high-resistance state.
1. System (100) zur Erzeugung eines Magnetfelds, das Folgendes umfasst:
- einen ersten Schenkel, der einen supraleitenden Magneten (102) umfasst, der dazu
bestimmt ist, das Magnetfeld zu erzeugen, wobei der Magnet durch eine Wicklungsinduktivität
(L') in Reihe mit einem Restwiderstand (R'2) modelliert ist;
- einen zweiten Schenkel, der einen Widerstand (R'3) umfasst, der Schutzwiderstand genannt wird,
- einen dritten Schenkel, der eine Stromversorgung (103) umfasst;
wobei das System
dadurch gekennzeichnet ist, dass es einen vierten Schenkel umfasst, der durch einen Widerstand (R'
1) gebildet ist, der mit einer supraleitenden Strombegrenzungsvorrichtung (106) in
Reihe geschaltet ist, die von einem Zustand mit niedrigem Widerstand in einen Zustand
mit hohem Widerstand kippt, wenn der sie durchfließende Strom einen Auslösestrom überschreitet,
wobei die supraleitende Vorrichtung (106) eine Induktivität aufweist, die mindestens
10
5 mal kleiner ist als diejenige der Spule (L'), und der erste, zweite, dritte und vierte
Schenkel parallel geschaltet sind,
wobei das System (100) mindestens drei Arbeitsweisen aufweist:
- eine erste Arbeitsweise, die Ladungs- oder Entladungsbetriebsweise des Magneten
genannt wird, in der:
o die Stromversorgung (103) mit dem Magneten (102) verbunden ist, derart, dass der
Strom im Magneten erhöht oder vermindert wird,
o der Strombegrenzer (106) sich in seinem Zustand mit hohem Widerstand befindet;
- eine zweite Arbeitsweise, die normale Arbeitsweise genannt wird, in der:
o die Stromversorgung (103) mit dem Magneten (102) verbunden ist,
o der Strombegrenzer (106) sich in seinem Zustand mit niedrigem Widerstand befindet;
- eine dritte Arbeitsweise, die Betriebsweise zur Schnellentladung des Magneten in
den Schutzwiderstand (R'3) genannt wird, in der:
o die Stromversorgung (103) vom Magneten (102) getrennt ist,
o der Strombegrenzer (106) sich in seinem Zustand mit hohem Widerstand befindet;
wobei die Aktivierung des Zustands des Strombegrenzers (106) in den drei Arbeitsweisen
passiv ohne Zurückgreifen auf eine externe Steuerung erfolgt.
2. System (100) nach dem vorhergehenden Anspruch, dadurch gekennzeichnet, dass der Widerstand (R'1), der mit dem Strombegrenzer (106) in Reihe geschaltet ist, einen Wert aufweist,
der 10 bis 1000 mal höher ist als derjenige des Restwiderstands des Magneten (R'2).
3. System (100) nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass der supraleitende Draht, der den Strombegrenzer (106) bildet, derart ausgewählt ist,
dass sein kritischer Strom höher ist als (R'2/(R'1) Iop, wo R'2 den Wert des Restwiderstands des Magneten bezeichnet, R'1 den Widerstand bezeichnet, der mit dem Strombegrenzer (106) in Reihe geschaltet ist,
und Iop den Strom bezeichnet, der in der normalen Arbeitsweise im ersten Schenkel zirkuliert.
4. System (100) nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass die Länge des supraleitenden Drahtes, der den Strombegrenzer (106) bildet, derart
bestimmt ist, dass die Temperatur des supraleitenden Drahtes immer niedriger als oder
gleich einem vorbestimmten Höchstwert für die Temperatur Tmax bleibt.
5. System nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass der Strombegrenzer durch einen supraleitenden Draht gebildet ist, der von einer isolierenden
Schicht umgeben ist, deren Dicke derart bestimmt ist, dass die im Kältemittelbad des
Strombegrenzers abgegebene Leistung geringer ist als ein vorbestimmter Wert.
6. System nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass der Strombegrenzer durch eine Wicklung in zwei Schichten gebildet ist, wobei die
zwei Schichten in umgekehrte Richtungen gewickelt sind und entweder parallel oder
in Reihe geschaltet sind.
7. System (200) nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass es Steuerungsmittel (201) umfasst, um den Strombegrenzer (106) von seinem Zustand
mit niedrigem Widerstand in seinen Zustand mit hohem Widerstand zum Kippen zu bringen.
8. System nach dem vorhergehenden Anspruch, dadurch gekennzeichnet, dass die Steuerungsmittel durch ein Heizelement gebildet sind.
9. System (200) nach Anspruch 7, dadurch gekennzeichnet, dass die Steuerungsmittel (201) Mittel (202, 203, 204, 205) zum Generieren eines Signals
von Wechselstrom umfassen, der im Strombegrenzer (106) zirkuliert, derart, dass der
Strombegrenzer (106) von seinem Zustand mit niedrigem Widerstand in seinen Zustand
mit hohem Widerstand kippt.
10. System (200) nach Anspruch 9, dadurch gekennzeichnet, dass die Mittel (202, 203, 204, 205) zum Generieren eines Wechselstromsignals Spannungswandlermittel
(204, 205) umfassen, die am Eingang die Spannung des Stromnetzes empfangen und am
Ausgang eine gesenkte Spannung mit derselben Frequenz wie die Spannung des Stromnetzes
liefern.
11. System (200) nach einem der Ansprüche 9 oder 10, dadurch gekennzeichnet, dass die Frequenz f des Wechselstromsignals ausreichend hoch ausgewählt ist, damit der
Wechselstrom durch die Induktivität der Spule (L') gesperrt wird.
12. System nach Anspruch 7, dadurch gekennzeichnet, dass die Steuerungsmittel Mittel zum Generieren eines Stroms umfassen, der höher ist als
der Auslösestrom, der es ermöglicht, den Strombegrenzer zum Kippen zu bringen.
13. System nach Anspruch 12, dadurch gekennzeichnet, dass die Mittel zum Generieren eines Stroms, der höher ist als der Auslösestrom, der es
ermöglicht, den Strombegrenzer zum Kippen zu bringen, durch Mittel gebildet sind,
die einen Stromimpuls generieren, dessen Stärke und Dauer ausreicht, um den Strombegrenzer
zum Kippen zu bringen.
14. System nach einem der Ansprüche 12 oder 13, dadurch gekennzeichnet, dass die Mittel zum Generieren eines Stroms, der höher ist als der Auslösestrom, der es
ermöglicht, den Strombegrenzer zum Kippen zu bringen, in die Stromversorgung integriert
sind.
15. Verfahren zur Einstellung des Stroms in einem Magneten, der in einem System nach einem
der Ansprüche 13 oder 14 enthalten ist, das die folgenden Schritte in einer beliebigen
Reihenfolge umfasst:
- Generierung einer Stromrampe mit einem Sollwert, der auf den neuen im Magneten zu
erreichenden Stromwert festgelegt wird;
- Generierung eines Stromimpulses, dessen Dauer und Stärke derart sind, dass der Strombegrenzer
in seinen Zustand mit hohem Widerstand kippt.
16. Verfahren nach dem vorhergehenden Anspruch, dadurch gekennzeichnet, dass es einen Schritt der Generierung eines Auftastimpulses im Strom umfasst, der dem
Schritt der Generierung des Stromimpulses folgt, wobei der Wert des Stroms dieses
Auftastimpulses gleich der Summe des im Schutzwiderstand zirkulierenden Stroms und
des im Strombegrenzer zirkulierenden Stroms ist, wenn dieser sich in seinem Zustand
mit hohem Widerstand befindet.