Domaine de l'invention
[0001] La présente invention concerne un mécanisme horloger comportant un échappement comprenant
une roue et un pignon d'échappement, et un balancier-spiral, l'échappement et le balancier-spiral
étant montés dans une cage rotative prévue pour être pivotée sur le bâti d'un mouvement
horloger équipé d'un barillet moteur, et pour être entraînée en rotation par ledit
barillet moteur, et comportant en outre une denture circulaire, dite denture fixe,
prévue pour être fixée au bâti en position concentrique à l'axe de rotation de la
cage, le pignon d'échappement étant prévu pour être relié à ladite denture fixe par
un engrenage.
[0002] Un mécanisme qui correspond à la définition qui précède est communément appelé un
tourbillon.
[0003] La présente invention concerne également un mouvement horloger comportant un barillet
moteur, un échappement comprenant une roue et un pignon d'échappement, et un balancier-spiral,
l'échappement et le balancier-spiral étant montés dans une cage pivotée sur un bâti
du mouvement horloger et reliée cinématiquement au barillet moteur de sorte que la
cage puisse être entraînée en rotation, le pignon d'échappement étant relié par un
engrenage à une denture circulaire fixe solidaire du bâti, ladite denture fixe étant
arrangée concentriquement avec l'axe de rotation de la cage.
[0004] Un mouvement horloger qui correspond à la définition qui précède est communément
appelé un mouvement horloger à tourbillon.
Etat de la technique
[0005] On connaît des mécanismes horlogers à tourbillon qui correspondent à la définition
donnée dans le préambule ci-dessus. Le but du tourbillon est de compenser les écarts
de marche liés à la position verticale dans laquelle la montre est tenue.
[0006] Dans une montre idéale, le centre de gravité du système balancier-spiral devrait
être situé sur l'axe de rotation et s'y maintenir en permanence pendant les oscillations.
Lorsque le comportement réel du système balancier-spiral ne se conforme pas à cet
idéal, on observe des écarts de marche qui dépendent de l'orientation de la montre
relativement à la verticale. En effet, l'attraction terrestre a pour effet de rappeler
le centre de gravité du système balancier-spiral vers le bas. Ainsi, lorsque l'axe
du balancier n'est pas en position verticale, la force de gravitation produit un couple
variable qui agit sur le balancier et modifie l'intensité du couple engendré par l'élasticité
du spiral. Ce phénomène est la cause essentielle des écarts de marche entre positions
verticales de la montre.
[0007] La fonction du tourbillon est de faire tourner sur lui-même l'ensemble échappement-balancier
de manière à lui faire prendre toutes les positions, de manière à moyenner les écarts
de marche. On comprendra donc que le but du tourbillon n'est pas de supprimer les
différences entre positions verticales, mais de les compenser.
[0008] La figure 1, reproduite à partir du site
www.horlogerie-suisse.com, illustre un tourbillon connu. Le tourbillon 1 comprend un cage rotative 3 qui est
fixée coaxialement sur l'arbre d'un pignon 15, et qui est montée pour tourner avec
ce pignon entre deux paliers 5, 6. La cage 3 porte un dispositif constitué par un
balancier-spiral 9 et un assortiment à ancre 11 A, 12, 13. On peut observer que, dans
le tourbillon illustré, le balancier-spiral 9 est monté coaxialement avec la cage
3. On comprendra toutefois que le balancier-spiral pourrait tout aussi bien être porté
par la cage 3 en position décentrée.
[0009] Le pignon de cage 15 est relié à un barillet (non représenté) par le rouage de la
montre (dont seul la roue moyenne 17 est visible sur la figure). Le barillet renferme
un ressort moteur prévu pour entraîner le rouage et le tourbillon. Comme c'est habituellement
le cas, le tourbillon de la figure 1 occupe la place qui serait dévolue au mobile
de seconde dans le rouage d'une montre sans tourbillon. C'est la raison pour laquelle,
le pignon de cage 15 est souvent appelé pignon de seconde.
[0010] On voit encore sur la figure 1 une roue dentée fixe 19 en forme de couronne qui est
ajustée et fixée à une platine 21 en position concentrique à l'axe de rotation de
la cage 3. On peut observer en outre que les dents de la roue fixe 19 pénètrent entre
les ailes du pignon d'échappement 11 B porté par la cage de sorte à réaliser un engrenage.
Comme la roue fixe 19 engrène avec le pignon d'échappement 11 B, on appelle parfois
la roue fixe « roue de seconde ».
[0011] La cage 3 est sous l'effet de la force motrice agissant sur le pignon de cage 15.
En réaction, la denture fixe 19 exerce une force en sens inverse sur le pignon d'échappement
11 B. Ainsi, dans une montre à tourbillon comme dans une montre classique, l'échappement
reçoit l'énergie dispensée à la base par le barillet. A l'intérieur de la cage 3 le
rôle de l'échappement est conventionnel, et on comprendra que l'échappement peut réguler
la vitesse de rotation de la cage par l'intermédiaire du pignon 11 B qui engrène avec
la roue fixe 19 à la manière d'un satellite. On comprendra que lorsque la montre est
en position verticale, la cage occupe successivement toutes les positions verticales
au cours de sa rotation. L'erreur verticale est donc moyennée.
[0012] Le tourbillon présente théoriquement l'avantage de compenser les écarts de marche
entre positions verticales. Toutefois, une étude réalisée par la demanderesse montre
que cet avantage est souvent annulé par des fluctuations de l'énergie transmise. Ces
fluctuations sont causées par un jeu existant au niveau de l'entraxe entre le pignon
d'échappement et la roue fixe. Ce jeu est dû à l'emploi de pivotements classiques,
dans lesquels le pivot est tenu dans le palier avec un certain ébat latéral, pour
la réalisation d'un engrenage de type planétaire.
[0013] Les figures 2A, 2B et 2C représentent schématiquement les positions relatives de
la roue fixe 19 et du pignon d'échappement 11 B dans trois positons verticales de
la cage 3 (non représentée sur les figures 2). Pour ce fixer les idées, à titre d'exemple,
on admettra que les deux pivots 23A, 23B de la cage 3 (figure 1) ont un diamètre de
0,20 mm et que les paliers 5, 6 (figure 1) possèdent un trou de 0,21 mm. On admettra
également à titre d'exemple que les pivots du mobile d'échappement ont un diamètre
de 0,09 mm et que leurs paliers ont des trous de 0,10 mm. On admettra encore qu'en
position horizontale de la montre, la roue fixe et la cage sont parfaitement concentriques,
et l'entraxe « a » entre la roue fixe 19 et le pignon d'échappement 11 B vaut 3,50
mm.
[0014] La figure 2A montre le pignon d'échappement 11 B et la roue fixe 19 côte à côte dans
une première position verticale de la cage. Dans cette position, les axes de pivotements
de la cage et de l'échappement sont dans le même plan horizontal. La roue fixe étant
solidaire de la platine 21, elle n'est pas affectée par la position verticale. En
revanche, en position verticale, sous l'influence de la gravité, la cage se décale
de 0,005 mm vers le bas par rapport au centre de la roue fixe (ces 0,005 mm correspondent
à l'ébat des pivots de la cage dans leur palier). Les paliers qui maintiennent le
pignon d'échappement étant montés dans la cage, ils suivent le mouvement et se décalent
également vers le bas parallèlement à l'axe de la cage. Le mobile d'échappement va
également se déplacer de 0,005 mm vers le bas dans son palier qui s'est lui-même décalé.
Au final, on constate que l'axe du mobile d'échappement se déplace de 0.010 mm par
rapport au centre de la roue fixe. Toutefois, ce déplacement étant pratiquement perpendiculaire
au plan contenant les deux axes, il ne change pratiquement pas la valeur de l'entraxe
a
1.
[0015] La figure 2B montre le pignon d'échappement 11B directement au dessous de la roue
fixe 19, dans ce qui correspond à une deuxième position verticale de la cage. Comme
déjà expliqué en relation avec la figure 2A, en position verticale, l'axe du pignon
d'échappement se décale de 0.01 mm vers le bas par rapport au centre de la roue fixe.
Comme dans le présent exemple, le pignon d'échappement se trouve à la verticale de
la roue fixe, l'amplitude de son déplacement s'ajoute à la valeur de l'entraxe entre
le pignon d'échappement et la roue fixe. Ainsi dans le présent exemple, l'entraxe
a
2 vaut 3,51 mm, et la pénétration des dents de la roue fixe entre les ailes du pignon
d'échappement diminue de 0.01 mm. Cette diminution de la pénétration peut conduire
à un défaut d'engrenage connu sous le nom d'arc-boutement qui se manifeste par une
diminution de la force transmise, voir un blocage du rouage.
[0016] La figure 2C montre le pignon d'échappement 11 B directement au dessus de la roue
fixe 19, dans ce qui correspond à une troisième position verticale de la cage. Dans
ce dernier cas de figure, le pignon d'échappement se trouve à la verticale et au dessus
de la roue fixe. Ainsi, le décalage du pignon vers le bas réduit la valeur de l'entraxe
entre le pignon d'échappement et la roue fixe. Dans le présent exemple, l'entraxe
a
3 vaut 3,49 mm, ce qui correspond à une augmentation de la pénétration des dents de
la roue fixe entre les ailes du pignon d'échappement de 0.01 mm. Cette augmentation
peut conduire à un défaut d'engrenage connu sous le nom de chute et qui se manifeste
par une augmentation de la force transmise et par une vitesse irrégulière.
[0017] En résumé, le tourbillon permet de compenser les écarts de marche liés à la position
verticale dans laquelle la montre est tenue. Toutefois, le tourbillon peut lui-même
être la cause d'une instabilité de la marche ; cette instabilité traduisant le fait
que la marche d'une montre à tourbillon à tendance à varier avec l'orientation de
la cage relativement à la verticale.
[0018] Le tourbillon décrit dans l'exemple qui précède est un tourbillon classique qui est
pivoté entre deux paliers 5, 6. On connaît également des tourbillons volants dont
la cage est montée sur un seul pivot qui la supporte par la base. Avec un tel arrangement,
il est possible de supprimer le palier supérieur et le pont sur lequel ce palier est
monté, de manière à ce que la cage soit entièrement libre sur le dessus. En position
verticale de la montre, la cage du tourbillon se trouve en porte-à-faux, et la gravité
a donc tendance à incliner vers le bas l'axe de la cage. Si un jeu important existe
au niveau de l'unique palier, l'inclinaison sera suffisante pour influencer également
la pénétration de des dents de la roue fixe entre les ailes du pignon d'échappement.
Bref exposé de l'invention
[0019] Un but de la présente invention est de remédier aux défauts des tourbillons qui viennent
d'être décrits. La présente invention atteint ce but en fournissant, soit un mécanisme
horloger conforme à la revendication 1, soit un mouvement horloger comportant un tel
mécanisme horloger.
[0020] Selon la présente invention, au lieu d'engrener directement avec le pignon d'échappement,
la denture fixe engrène avec lesdits au moins deux mobiles. Lesdits mobiles sont régulièrement
espacés le long de la circonférence de la denture fixe et ils engrènent également
avec la roue dentée qu'ils entourent. C'est finalement la roue dentée qui engrène
avec le pignon d'échappement. Ainsi, la liaison entre la denture fixe est le pignon
d'échappement est réalisé par un engrenage comprenant la denture fixe, lesdits aux
moins deux mobiles, la roue dentée et, enfin, le pignon d'échappement. Comme ce n'est
pas la denture fixe, mais la roue dentée qui engrène avec le pignon d'échappement,
nous appellerons la roue dentée la « fausse » roue fixe. On comprendra que la fausse
roue fixe est placée juste au dessus, et sensiblement dans l'axe, de la denture fixe.
[0021] On comprendra que, comme, selon l'invention, la fausse roue fixe étant montée dans
la cage comme le pignon d'échappement, l'entraxe entre ces deux mobiles n'est pas
influencé par un éventuel jeu existant au niveau du pivotement de la cage. En revanche,
les entraxes entre chacun des dits au moins deux mobiles et la denture fixe sont susceptibles
de changer en fonction de l'orientation de la cage par rapport à la verticale. Toutefois,
lesdits au moins deux mobiles étant régulièrement espacés le long de la circonférence
de la denture fixe, toute réduction de la valeur d'un des entraxes est sensiblement
compensée par l'augmentation concomitante de la valeur d'au moins un autre des entraxes,
et inversement. Ce phénomène permet de réduire considérablement la variation de la
marche qui accompagne la rotation de la cage du tourbillon lorsque la montre est en
position verticale.
[0022] Selon un mode particulier de réalisation de la présente invention, la denture fixe
est constituée par la denture d'une roue fixée au bâti. Selon une variante avantageuse
de ce mode de réalisation, la fausse roue fixe et la roue fixée au bâti (la roue fixe)
ont le même rayon primitif et tournent donc à la même vitesse. On comprendra que,
comme la roue fixée au bâti ne tourne pas, la fausse roue fixe ne tourne pas non plus
relativement au bâti. Cette caractéristique permet d'utiliser pour le tourbillon selon
ce mode de réalisation un échappement fonctionnant à la même vitesse que celui d'un
tourbillon classique.
[0023] Il est également possible de prévoir que la roue fixe et la fausse roue fixe ont
le même nombre de dents. Dans ces conditions, chacun des dits au moins deux mobiles
peut être un pignon.
[0024] Selon un autre mode de réalisation avantageux de la présente invention, lesdits au
moins deux mobiles espacés régulièrement autour de la fausse roue fixe sont deux mobiles
occupant des positions diamétralement opposées. Cette variante permet de limiter le
nombre de mobiles à deux, et donc de simplifier la construction du tourbillon.
Brèves description des figures
[0025] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront à la
lecture de la description qui va suivre, donnée uniquement à titre d'exemple non limitatif,
et faite en référence aux dessins annexés dans lesquels :
- la figure 1 est une vue partielle en coupe d'un mécanisme horloger à tourbillon de
l'art antérieur ;
- les figures 2A, 2B et 2C sont des représentations schématiques illustrant les positions
relatives de la roue fixe et du pignon d'échappement correspondant à trois positions
verticales de la cage d'un mécanisme horloger à tourbillon de l'art antérieur ;
- la figure 3 est une vue partielle en perspective montrant une roue fixe et la partie
inférieure de la cage d'un mécanisme horloger à tourbillon selon un premier mode de
réalisation de l'invention ;
- la figure 4 est une vue partielle en perspective de la roue fixe et de la cage de
la figure 3, montrant notamment le mobile d'échappement monté dans la cage ;
- la figure 5 est une vue partielle en perspective de la roue fixe et de la cage des
figures 3 et 4, la cage étant entièrement assemblée ;
- la figure 6 est une représentation schématique de dessus qui montre la denture fixe
et la fausse roue fixe, ainsi que l'engrenage les reliant l'une à l'autre, selon un
deuxième mode de réalisation de l'invention.
Description détaillée d'un mode de réalisation exemplaire
[0026] La figure 3 est une vue partielle en perspective d'un mécanisme horloger à tourbillon
montrant la denture fixe et la partie inférieure de la cage rotative. Sur la figure,
on peut voir une roue fixe 119A dont la denture constitue la denture fixe. La roue
fixe 119A est prévue pour être ajustée et fixée au bâti d'un mouvement horloger (non
représenté). Un palier (non représenté), par exemple un palier à billes, est arrangé
dans le moyeu de la roue fixe. Ce palier est traversé par l'arbre d'un pignon 115
qui est disposé pour tourner dans un espace existant sous la roue fixe, entre la roue
fixe et la platine. La cage rotative 103, dont seul la partie inférieure est représentée
sur la figure 3, est fixée coaxialement sur l'arbre du pignon 115 dont elle est solidaire.
A fin que la cage 103 puisse être entraînée en rotation, le pignon 115 (appelé pignon
de cage) est prévu pour être relié cinématiquement au barillet d'un mouvement horloger
(non représenté) par le rouage de la montre (non représenté).
[0027] La cage 103 porte deux pignons 125A, 125B. Ces deux pignons sont pivotés dans la
cage et ils occupent des positions diamétralement opposées de part et d'autre de la
roue fixe 119A. Bien que la vue en perspective ne le montre pas, les ailes des pignons
125A, 125B engrènent avec la denture fixe. La cage 103 porte encore une roue 127 (appelée
ci-après la fausse roue fixe) qui a le même diamètre et le même nombre de dents que
la roue fixe. La fausse roue fixe est pivotée au centre de la cage concentriquement
avec l'arbre du pignon 115. On peut voir encore que les deux pignons 125A, 125B engrènent
également avec la roue 127. On comprendra donc que dans l'exemple illustré les deux
pignons fonctionnent comme des renvois insérés entre la roue 119A et la roue 127.
Ces deux roues vont donc tourner à la même vitesse, et comme la roue fixe 119A est
fixée au bâti du mouvement horloger, la roue 127 (la fausse roue fixe) est également
animée d'une vitesse de rotation nulle relativement au bâti.
[0028] On peut voir encore sur la figure 3 que la partie inférieure de la cage 103 porte
à sa périphérie un palier 126 qui est prévu pour recevoir l'extrémité inférieure du
pivot du mobile d'échappement (non visible sur la figure 3).
[0029] En plus des éléments déjà décrits en relation avec la figure 3, la figure 4 montre
un premier pont 129 de la cage 103. Le pont 129 porte un palier 131 prévu pour recevoir
l'extrémité inférieure de l'arbre du balancier-spiral (non visible dans la figure
4). On peut observer que dans le présent exemple, le balancier-spiral est pivoté dans
la cage en position décentrée. Toutefois, l'homme du métier comprendra que la présente
invention s'applique tout aussi bien à des mécanismes horlogers à tourbillon dans
lesquels le balancier-spiral est porté par la cage en position coaxiale. On peut voir
encore que le premier pont 129 porte encore trois autres paliers (non référencés).
Un palier au centre qui est prévu pour l'extrémité supérieure du pivot de la roue
127 et deux paliers latéraux prévus pour recevoir les extrémités supérieures des pivots
des deux pignons 125A, 125B.
[0030] La figure 4 montre encore le mobile d'échappement formé par le pignon d'échappement
111 B et la roue d'échappement 111 A. On voit sur la figure que les ailes du pignon
111 B pénètrent entre les deux de la roue 127. On comprendra que lorsque le mécanisme
horloger à tourbillon fonctionne, le mobile d'échappement est animé d'un mouvement
planétaire autour de la roue 127. La fausse roue fixe n'ayant pas la possibilité de
tourner pas par rapport au bâti, sa denture exerce une force de réaction en sens inverse
de la rotation planétaire du pignon d'échappement 111 B. La fausse roue fixe joue
donc exactement le même rôle que la roue fixe d'un mécanisme horloger à tourbillon
de l'art antérieur. Toutefois, selon la présente invention, la fausse roue fixe et
le mobile d'échappement sont tous les deux portés par la cage 103. Ainsi, dans un
mécanisme horloger selon la présente invention, la force de gravité agissant sur la
cage n'influence pas la valeur de l'entraxe entre la fausse roue fixe et le mobile
d'échappement.
[0031] En se référant à nouveau à la figure 3, on peut comprendre que les entraxes entre
la roue fixe 119A, d'une part, et les deux pignons 125A, 125B, d'autre part, sont
susceptibles de varier selon l'orientation momentanée de la cage par rapport à la
verticale. Toutefois, comme les pignons 125A et 125B occupent des positions diamétralement
opposées relativement à la roue fixe 119A, toute variation de l'entraxe entre la roue
fixe et l'un des pignons et compensée par une variation opposée de l'entraxe entre
la roue fixe et l'autre pignon. Ainsi, lorsqu'en raison d'une variation de l'entraxe,
la force transmise à l'un des pignons diminue, la force transmise à l'autre pignon
augmente, et inversement. On comprendra donc que le fait d'avoir au moins deux pignons
régulièrement espacés permet de moyenner la force transmise.
[0032] La figure 5 représente la cage 103 entièrement assemblée. La figure 5 montre notamment
le balancier-spiral 133.
[0033] On comprendra en outre que diverses modifications et/ou améliorations évidentes pour
un homme du métier peuvent être apportées au mode de réalisation qui fait l'objet
de la présente description sans sortir du cadre de la présente invention définie par
les revendications annexées. En particulier, la denture fixe n'est pas forcément la
denture d'une roue fixe. En effet, il est également possible d'utiliser pour la denture
fixe, par exemple, la denture intérieure d'une couronne solidaire du bâti. Une réalisation
utilisant une couronne fixe en lieu et place d'une roue fixe est partiellement illustrée
par la figure 6. La figure 6 montre de manière schématisée une couronne fixe 219A
avec une denture intérieure 219, et une fausse roue fixe 227 portée par la cage (non
représentée). Le mécanisme horloger à tourbillon selon ce deuxième mode de réalisation
comporte encore trois mobiles 225A, 225B, 225C pivotés dans la cage et régulièrement
espacés (tous les 120°) autour de la fausse roue fixe 227. Les mobiles 225A, 225B
et 225C sont formés chacun de d'un premier pignon de plus grand diamètre et d'un second
pignon de plus petit diamètre ; les deux pignons étant assemblés dans le prolongement
l'un de l'autre. Le premier pignon de chaque mobile engrène avec la denture intérieure
de la couronne fixe et le second pignon engrène avec la fausse roue fixe. Dans l'exemple
illustré, on a encore choisi le rapport entre les diamètres du premier et du second
pignon égal au rapport entre les rayons primitifs de la couronne fixe et de la fausse
roue fixe.
[0034] Conformément à l'exemple illustré, lorsque le mécanisme à tourbillon fonctionne,
la cage tourne dans le sens horaire concentriquement à la couronne fixe ainsi qu'à
la fausse roue fixe. A titre d'exemple toujours, la vitesse de rotation de la cage
peut être d'un tour par minute. Dans ces conditions, en se plaçant dans le référentiel
de la cage, on peut dire que, relativement à la cage, c'est la couronne fixe qui tourne
à la vitesse d'un tour par minute dans le sens anti-horaire. La rotation de la couronne
fixe par rapport à la cage entraîne les trois mobiles 225A, 225B et 225C dans le sens
anti-horaire. Les trois mobiles entraînent à leur tour la fausse roue fixe dans le
sens horaire. Comme le rapport entre les circonférences primitives de la denture fixe
et du premier pignon et égal au rapport entre les circonférences primitives de la
fausse roue fixe et du second pignon, la fausse roue fixe tourne à la vitesse d'un
tour par minute dans le sens horaire relativement à la cage. Cela veut dire que relativement
à la couronne fixe, la fausse roue fixe tourne à la vitesse de 2 tours par minute
dans le sens horaire.
[0035] Selon ce deuxième mode de réalisation, la fausse roue fixe tourne donc dans le sens
horaire relativement à la cage. Dans ces conditions, le mobile d'échappement doit
tourner en sens inverse de ce qui est le cas avec un mouvement horloger habituel.
Toutefois, l'homme du métier sait réaliser des échappements tournant dans un sens
ou dans l'autre. Il ne rencontrera donc pas de difficultés particulières pour réaliser
le tourbillon du présent exemple. D'autre part, une conséquence avantageuse des rapports
entre rayons primitifs utilisés dans l'exemple qui précède est que le balancier et
l'échappement peuvent fonctionner à la même fréquence que dans un mouvement horloger
habituel.
[0036] Ce deuxième mode de réalisation illustre notamment le fait que, selon l'invention,
la vitesse de la fausse roue fixe par rapport au bâti n'est pas forcément nulle. La
seule exigence liée à l'invention étant que la fausse roue fixe et la cage tourne
l'une relativement à l'autre. On comprendra d'autre part que, lesdits « au moins deux
mobiles espacés régulièrement autour de la roue dentée » ne sont pas forcément formés
uniquement de pignons, il pourrait s'agir tout aussi bien d'une roue et d'un pignon
assemblés. De plus, les mobiles ne sont pas forcément au nombre de deux ou de trois.
Il pourrait par exemple y en avoir quatre espacés de 90 degrés les uns des autres.
1. Mécanisme horloger comportant un échappement comprenant une roue (111 A) et un pignon
(111 B) d'échappement, et un balancier-spiral (133), l'échappement et le balancier-spiral
étant montés dans une cage rotative (103) prévue pour être pivotée sur le bâti d'un
mouvement horloger équipé d'un barillet moteur et pour être entraînée en rotation
par ledit barillet moteur, et comportant en outre une denture circulaire (119 ; 219),
dite denture fixe, prévue pour être fixée au bâti en position concentrique à l'axe
de rotation de la cage, le pignon d'échappement (111 B) étant prévu pour être relié
à ladite denture fixe par un engrenage (119, 125A, 125B, 127 ; 219, 225A, 225B, 225C,
227), caractérisé en ce le mécanisme horloger comprend en outre une roue dentée (127 ; 227) ainsi qu'au moins
deux mobiles (125A, 125B ; 225A, 225B, 225C) pivotés dans la cage (103), ladite roue
dentée, avec laquelle engrène le pignon d'échappement (111 B), étant montée folle
dans la cage en position coaxiale, et lesdits aux moins deux mobiles (125A, 125B ;
225A, 225B, 225C) étant espacés régulièrement autour de ladite roue dentée (127 ;
227) avec laquelle ils engrènent, lesdits aux moins deux mobiles étant chacun prévus
pour être également en prise avec la denture fixe (119 ; 219), de façon à relier le
pignon d'échappement à la denture fixe.
2. Mécanisme horloger selon la revendication 1, caractérisé en ce que la denture fixe (119) est constituée par la denture d'une roue (119A) fixée au bâti.
3. Mécanisme horloger selon la revendication 1, caractérisé en ce que denture fixe (219) est constituée par la denture intérieure d'une couronne (219A)
fixée au bâti.
4. Mécanisme horloger selon la revendication 2, caractérisé en ce que ladite roue dentée (127) et la roue (119A) fixée au bâti ont le même diamètre primitif
et en ce que la vitesse de rotation de la roue dentée par rapport au bâti est nulle.
5. Mécanisme horloger selon la revendication 4, caractérisé en ce que lesdits aux moins deux mobiles sont des pignons (125A, 125B).
6. Mécanisme horloger selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que lesdits aux moins deux mobiles sont deux mobiles (125A, 125B) occupant des positions
diamétralement opposées autour de la roue dentée (127).
7. Mécanisme horloger selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que lesdits aux moins deux mobiles sont trois mobiles (225A, 225B, 225C) occupant des
positions diamétralement opposées autour de la roue dentée (227).
8. Mouvement horloger comportant un barillet moteur, un échappement comprenant une roue
(111 A) et un pignon (111 B) d'échappement, et un balancier-spiral (133), l'échappement
et le balancier-spiral étant montés dans une cage rotative (103) pivotée sur un bâti
du mouvement horloger et reliée cinématiquement au barillet moteur de sorte que la
cage puisse être entraînée en rotation, le pignon d'échappement (111 B) étant relié
par un engrenage (119, 125A, 125B, 127 ; 219, 225A, 225B, 225C, 227) à une denture
circulaire (119 ; 219) fixe solidaire du bâti, ladite denture fixe étant arrangée
concentriquement avec l'axe de rotation de la cage (103), caractérisé en que l'engrenage qui relie le pignon d'échappement (111 B) à la denture fixe (129 ; 219)
comprend une roue dentée (127 ; 227) ainsi qu'au moins deux mobiles (125A, 125B ;
225A, 225B, 225C) pivotés dans la cage, ladite roue dentée, avec laquelle engrène
le pignon d'échappement, étant montée folle dans la cage en position coaxiale, et
lesdits aux moins deux mobiles (125A, 125B ; 225A, 225B, 225C) étant espacés régulièrement
autour de ladite roue dentée (127 ; 227)) avec laquelle ils engrènent, lesdits aux
moins deux mobiles étant chacun également en prise avec la denture fixe (119 ; 219).