[0001] L'invention concerne un procédé de renforcement des propriétés mécaniques d'une fibre
végétale. De manière plus particulière, l'invention concerne un procédé de traitement
hygro-thermo mécanique afin d'améliorer les propriétés mécaniques (par exemple la
rigidité) d'une fibre végétale.
[0002] Face aux problèmes environnementaux et à la crise énergétique actuelle, les matériaux
d'origine biologique sont l'objet d'un intérêt grandissant et de nombreuses investigations.
Les fibres végétales présentent en particulier de nombreux atouts : ressources renouvelables,
abondantes, bon marchés, aux propriétés mécaniques spécifiques élevées..., justifiant
leur utilisation dans la fabrication de composites. Les composites à fibres naturelles
sont déjà utilisés dans l'industrie automobile et dans le secteur de la construction.
D'autres applications nécessitant des performances mécaniques élevées sont envisagées
afin de valoriser pleinement cette ressource végétale. Bien sûr, les performances
mécaniques des composites dépendent des propriétés des constituants (fibres et matrice),
de leur microstructure et de la résistance de l'interface d'adhésion.
[0003] A l'heure actuelle, les industriels utilisent la fibre avec les propriétés mécaniques
qui lui sont conférées naturellement en réalisant éventuellement un séchage afin d'éliminer
l'eau contenue dans la fibre et ainsi la rendre plus rigide. D'autres traitements
sont connus de
FR-A-1,479,953 avec une résine réticulée.
[0004] Pour améliorer les propriétés mécaniques des matériaux renforcés par des fibres végétales,
des traitements sont effectués pour améliorer la liaison entre la matrice et la fibre
: traitements chimiques (ensimage, etc.) et physiques (traitement corona, etc.) de
la fibre, utilisation de produits de compatibilisation. Ces traitements ont pour objectif
d'améliorer, par la modification des propriétés de surface de la fibre (fonctionnalisation,
hydrophobicité...), l'adhésion de la fibre à la matrice utilisée pour fabriquer le
composite de manière à ce que la matrice soit capable de transmettre au mieux les
hautes propriétés de la fibre au matériau composite. Ces traitements ne visent donc
pas à améliorer les propriétés de la fibre elle-même, telles que sa rigidité et ses
propriétés mécaniques.
[0005] Divers auteurs se sont appliqués à déterminer les propriétés mécaniques des fibres
végétales. Il est connu que certaines fibres végétales comme le chanvre, le lin, le
jute, la ramie, le sisal présentent des propriétés mécaniques extrêmement intéressantes
avec un module d'Young proche de celui des fibres de verre.
[0006] Les fibres végétales présentent en outre l'avantage majeur de posséder une densité
largement plus faible que les fibres de verre (1 à 1,5 contre 2,5) conduisant à des
propriétés mécaniques spécifiques parfois supérieures à celles des fibres de verre.
[0007] Certains auteurs ont mis en évidence un phénomène assez surprenant chez les fibres
végétales : des sollicitations répétées axiales de traction entrainent une augmentation
de la rigidité de la fibre végétale (jusqu'à plus de 1,6 fois la valeur initiale).
Baley a mis en évidence ce phénomène sur des fibres de lin (Composites Part A : Applied
Sc. and Manufacturing, vol.33 :1, juillet 2002, pp.939-948),
Silva et al. sur le sisal (Composites Sc. and Technol., vol.68 :15-16, décembre 2008,
pp.3438-3443 et dans
Materials Sc. and Engineering, vol. 516 :1-2, août 2009, pp.90-95) et
Placet sur des fibres de chanvre (Composites Part A : Applied Sc. and Manufacturing,
vol.40 :8, août 2009, pp.1111-1118). Après un certain nombre de cycles, les propriétés mécaniques tendent à se stabiliser
(le module d'Young atteint un plateau) laissant penser à un phénomène d'accommodation
de la fibre.
[0008] Diverses hypothèses ont été formulées pour expliquer ce phénomène, la plus probable
s'appuyant sur la réorientation des microfibrilles constituant la paroi cellulaire
des fibres végétales. Effectivement, ces microfibrilles seraient initialement enroulées
en spirales avec un angle (AMF) d'une dizaine de degrés par rapport à l'axe de la
fibre (Fig.1), les sollicitations mécaniques répétées dans l'axe conduisant à une
diminution de cet angle et au redressement des fibres.
[0009] Diverses méthodes existent dans la littérature pour mesurer l'Angle des MicroFibrilles
(AMF). Ces méthodes reposent sur différentes techniques telles que : la lumière polarisée
(
R.D. Preston, The molecular architecture of plant cell walls, Wiley & Sons, New-York,
1988 ;
J.W. Cousins, Measurement of mean inicrofibril angles of wood tracheids, Wood Sci
& Tech 6(1) (1972) 58), la coloration à l'iode (
I. W. Bailey, M. R. Vestal, The orientation of cellulose in the secondary wall of
tracheary cells, J. Arnole Arboretum 18(3) (1937) 185-195;
J.F. Senft, B.A. Bendtsen, Measuring microfibrillar angles using light microscopy,
Wood and Fiber Sci 17(4) (1985) 564-567), le traitement par ultrasons (
C.L. Huang, Revealing fibril angle in wood sections by ultrasonic treatment, Wood
and Fiber Science 27(1) (1995) 49-54), orifice de ponctuation (
M.Y. Pilow, B.Z. Terrell, C. H. Hiller, Patterns of variation in fibril angles in
loblolly pine, USDA Serv. Forest Prod. Lab. Rep. D1935, 31p.). Une autre technique, celle de la diffraction des rayons X, permet de balayer un
grand nombre de fibres. Elle donne également une meilleure représentation de l'AMF
sur l'intégralité de la paroi cellulaire. Enfin, la technique de diffraction des rayons
X aux grands angles (WAXS) ne requiert aucune préparation de l'échantillon, permettant
ainsi aux fibres de demeurer au plus près de leur état naturel.
[0010] Evidemment, ce phénomène de rigidification de la fibre sous l'effet de la contrainte
pourrait représenter un point extrêmement intéressant pour une utilisation comme renfort
dans des composites à matrice organique.
[0011] Par ailleurs, il est connu que contrairement aux fibres synthétiques classiques (carbone,
verre...), le comportement des fibres végétales dépend étroitement de la température
et de l'humidité. Toutefois, l'influence de l'humidité sur les propriétés mécaniques
est peu étudiée dans la littérature et constitue un champ de recherches complètement
ouvert.
[0012] Il est connu que pour les matériaux d'origine végétale, l'eau joue généralement un
rôle de plastifiant et qu'en absence de sollicitations mécaniques de traction, la
rigidité (exprimée grâce au module d'Young ou module d'élasticité) d'une fibre végétale
a tendance à diminuer lorsque le taux d'humidité augmente. Toutefois, à la connaissance
des demandeurs, rien ne permettait à l'homme du métier de présager qu'une amélioration
importante des propriétés mécaniques, notamment la rigidité, des fibres végétales
puisse être obtenue par l'exposition de la fibre à des sollicitations mécaniques de
traction associées à des conditions variables du taux d'humidité relative (et en outre
à des conditions variables de température).
[0013] Dans le cadre de leurs recherches, les demandeurs ont réussi à démontrer que le phénomène
de rigidification était partiellement réversible à température et humidité ambiantes.
Ainsi de façon tout à fait inattendue, les demandeurs ont observé que lorsque des
sollicitations mécaniques de traction étaient appliquées sur des fibres végétales
exposées à un environnement où le taux d'humidité est élevé, la rigidité avait tendance
à augmenter fortement. Ils ont également observé que ce phénomène de rigidité était
amplifié à la suite d'une baisse progressive du taux d'humidité dans l'environnement
immédiat de la fibre végétale. Ils ont ainsi eu le mérite de mettre au point un procédé
qui, par l'application de contraintes de traction axiales à différents taux d'humidité
relative dans l'air environnant la fibre végétale, permet de renforcer davantage les
propriétés mécaniques des fibres végétales et notamment leur rigidité.
[0014] Ainsi l'invention porte sur un procédé de renforcement des propriétés mécaniques
d'une fibre végétale comprenant l'application de contraintes de traction axiales sur
la fibre végétale, les contraintes de traction appliquées étant comprises entre 1%
et 70%, de préférence 10% de la contrainte de rupture de la fibre végétale et le taux
d'humidité relative dans l'air environnant la fibre végétale étant au départ celui
de l'humidité relative ambiante (HRa), puis éventuellement diminué jusqu'à une valeur
(HR1) d'au plus 20% d'humidité relative, puis augmenté jusqu'à une valeur (HR2) comprises
entre 75% et 100%, de préférence entre 80% à 95% et très préférentiellement à 90%
d'humidité relative et ensuite diminué jusqu'à une valeur (HR3) d'au plus 25%, de
préférence entre 5% et 20% et très préférentiellement à 10% d'humidité relative.
[0015] Dans le cadre de la présente invention :
- « renforcement des propriétés mécaniques » s'entend de la rigidité exprimé grâce au module d'Young. Ce module d'Young (dit
également module d'élasticité ou module de traction) est la constante qui relie la
contrainte de traction (ou de compression) et la déformation pour un matériau élastique
isotrope. Un matériau dont le module de Young est très élevé est dit rigide. Expérimentalement,
lors d'un essai de traction, le module d'Young est calculé à partir de la courbe contrainte-déformation.
La contrainte est le rapport de la force axiale sur la section de l'éprouvette. La
déformation est le ratio de l'extension sur la longueur initiale de la fibre. Le module
d'Young peut être calculé à partir de la courbe contrainte-déformation par trois méthodes
: régression linéaire, méthode de la corde et méthode de la tangente. Toutefois dans
le cas de la plupart des fibres végétales, il est préférable d'utiliser la méthode
de la tangente. Enfin, il est préférable de toujours utiliser la même méthode de manière
à ce que la comparaison des résultats soit objective.
- « contraintes de traction axiales » s'entend d'une traction qui est réalisée sur un échantillon (par exemple, une fibre
végétale), lorsque celui-ci est fixe à l'une des ses extrémités et que l'on tire sur
l'autre extrémité avec une force F ou lorsque celui-ci est fixe aux deux extrémités
et que l'on tire sur les deux extrémités avec une force F.
- « humidité relative ambiante » s'entend de l'humidité relative ambiante des salles d'essais. Elle peut varier selon
les saisons et les moments de la journée si la salle n'est pas climatisée. Les valeurs
courantes se situent entre 10 et 85%, de préférence entre 25% et 50% et plus préférentiellement
entre 30% et 50% d'humidité relative.
[0016] Le procédé de l'invention est mis en oeuvre par exemple à l'aide d'un appareil DMA
(
Dynamic Mechanical Analysis) de la marque Bose (Electroforce 3230). Cet appareil DMA utilise un actionneur électromagnétique
pour appliquer des contraintes de traction axiale. Ces contraintes de traction peuvent
être exercées soit aux deux extrémités de la fibre végétale, soit à seulement l'une
des extrémités de la fibre végétale. L'appareil est également doté d'un système de
haute résolution assurant un contrôle en déplacement de l'ordre de 0,1 micron et en
effort de 1 mN. Il permet également d'appliquer les contraintes de traction axiales
à des fréquences comprises entre 10
-4 et 200 Hz pour des températures variant de -150 à 300°C. Cet appareil commercial
peut éventuellement être implémenté d'un générateur d'humidité relative qui permet
de contrôler l'humidité relative de l'air environnant la fibre végétale et ainsi permettre
l'exposition des fibres végétales à des taux d'humidité relative élevée et à des taux
d'humidité relative basse.
[0017] Par ailleurs, le procédé selon l'invention peut également être mis en oeuvre à l'aide
d'une machine d'essais traditionnelle dotée des résolutions requises en déplacement
et en effort. Ces machines traditionnelles sont le plus souvent électriques, pneumatiques
ou hydrauliques.
[0018] Le procédé selon l'invention est également caractérisé en ce que les contraintes
de traction axiales appliquées sur la fibre végétale sont des fonctions sinusoïdales
du temps possédant une fréquence (f) comprise entre 10
-4 et 200 Hz, de préférence entre 1 à 10 Hz et très préférentiellement à 1 Hz. La réponse
du matériau est de la même fréquence f que la sollicitation mais déphasée d'un angle
δ par rapport à la sollicitation.
[0019] Selon un mode de réalisation particulier de l'invention, l'application des contraintes
de traction axiales sur la fibre végétale sont répétées à intervalles réguliers.
[0020] Typiquement, le nombre de contraintes de traction axiales requises selon l'invention
pour que la rigidité de la fibre soit augmentée à une valeur de 3.5 est compris entre
1000 et 120 000, de préférence entre 10 000 et 80 000 et plus préférentiellement 65
000.
[0021] Selon un mode de réalisation particulier du procédé selon l'invention,
- le taux d'humidité relative est éventuellement diminué de la valeur HRa à la valeur
HR1 en 1 minute à 60 minutes,
- le taux d'humidité relative est éventuellement stabilisé à la valeur HR1 pendant 1
minute à 60 minutes,
- le taux d'humidité relative est augmenté de la valeur HRa ou HR1 à la valeur HR2 en
1 minute à 60 minutes, c'est-à-dire qu'il n'est pas essentiel de d'abord diminuer
le taux d'humidité à la valeur HR1 ; on peut effectivement augmenter le taux d'humidité
de HRa à HR2 directement;
- le taux d'humidité relative est ensuite stabilisé à HR2 pendant 1 minute à 60 minutes,
de préférence entre 5 minutes et 40 minutes et plus préférentiellement pendant 30
minutes ;
- le taux d'humidité relative est diminué de la valeur HR2 à la valeur HR3 en 1 minute
à 60 minutes, et
- le taux d'humidité relative est éventuellement stabilisé à HR3 pendant 1 minute à
60 minutes, de préférence entre 5 minutes et 40 minutes et plus préférentiellement
pendant 30 minutes.
[0022] Selon un mode de réalisation particulier du procédé selon l'invention,
- le taux d'humidité relative est éventuellement diminué de la valeur HRa à la valeur
HR1 en 1 minute à 60 minutes,
- le taux d'humidité relative est éventuellement stabilisé à la valeur HR1 pendant 1
minute à 60 minutes,
- le taux d'humidité relative est augmenté de la valeur HR1 à la valeur HR2 en 1 minute
à 60 minutes,
- le taux d'humidité relative est ensuite stabilisé à HR2 pendant 1 minute à 60 minutes,
de préférence entre 5 minutes et 40 minutes et plus préférentiellement pendant 30
minutes,
- le taux d'humidité relative est diminué de la valeur HR2 à la valeur HR3 en 1 minute
à 60 minutes, et
- le taux d'humidité relative est éventuellement stabilisé à HR3 pendant 1 minute à
60 minutes, de préférence entre 5 minutes et 40 minutes et plus préférentiellement
pendant 30 minutes.
[0023] Selon un autre mode de réalisation particulier du procédé selon l'invention,
- le taux d'humidité relative est augmenté de la valeur HRa à la valeur HR2 en 1 minute
à 60 minutes,
- le taux d'humidité relative est ensuite stabilisé à HR2 pendant 1 minute à 60 minutes,
de préférence entre 5 minutes et 40 minutes et plus préférentiellement pendant 30
minutes ;
- le taux d'humidité relative est diminué de la valeur HR2 à la valeur HR3 en 1 minute
à 60 minutes, et
- le taux d'humidité relative est éventuellement stabilisé à HR3 pendant 1 minute à
60 minutes, de préférence entre 5 minutes et 40 minutes et plus préférentiellement
pendant 30 minutes.
[0024] Puisque les fibres végétales peuvent être stockées dans des pièces ou récipients
dans lesquels l'humidité est variable, les phases de stabilisation HRa et/ou HR1 permettent
d'amener les fibres à une humidité relative de début de traitement qui est toujours
identique. Par ailleurs, puisque la présence d'eau et en particulier l'évaporation
de l'eau contenue dans les fibres lors d'une phase de chauffage au moment de la fabrication
du composite engendre souvent une diminution des propriétés mécaniques du composite,
le séchage des fibres, par exemple par l'éventuelle phase de stabilisation HR3, est
une étape importante avant la réalisation des composites.
[0025] Dans le cadre de la présente invention, tout traitement produisant une baisse d'humidité
dans l'air environnant la fibre végétale à moins de 20% d'humidité relative peut être
utilisé. Cette baisse d'humidité relative peut donc s'effectuer par exemple à l'aide
d'un générateur d'humidité intégré à un appareil de type DMA, par l'utilisation de
sels dessiccateurs et/ou par l'augmentation de la température.
[0026] De façon générale, il a été observé que si la teneur en eau de la fibre végétale
ou l'humidité environnant la fibre végétale est élevée, alors on remarque une augmentation
de la rigidité de la fibre végétale. Sans vouloir être tenu à une hypothèse définitive,
les demandeurs soumettent que l'eau pourrait jouer le rôle d'un activateur du phénomène
d'accommodation. L'intégration de macromolécules d'eau dans la structure macromoléculaire
de la paroi végétale pourrait ainsi faciliter et accélérer les réorientations dans
l'axe des microfibrilles et ainsi augmenter la rigidité de la fibre (par exemple à
la phase HR2).
[0027] Selon un mode de réalisation particulier du procédé selon l'invention, les contraintes
de traction axiales sont appliquées sur la fibre végétale pendant la durée complète
du procédé. Par exemple, l'application de contraintes de traction axiales sur la fibre
végétale se fait de manière simultanée à l'exposition de ladite fibre à des conditions
variables d'humidité relative dans l'air environnant la fibre végétale.
[0028] Selon un autre mode de réalisation particulier du procédé selon l'invention, les
contraintes de traction axiales sont appliquées sur la fibre végétale pendant au moins
une des phases de stabilisation de l'humidité relative, c'est-à-dire à HRa, à HR1,
à HR2 ou à HR3, de préférence à HR2 et à HR3. Par exemple, l'application de contraintes
de traction axiales sur la fibre végétale se fait avant ou après avoir exposé ladite
fibre à des conditions variables d'humidité relative dans l'air environnant la fibre
végétale. Un protocole d'essai type pourrait être le suivant : 1) stabilisation de
l'humidité relative à une certaine valeur avant de débuter l'application des contraintes
de traction axiales ; 2) début de l'application des contraintes de traction axiales
sur la fibre végétale ; 3) arrêt de l'application des contraintes de traction axiales
au bout d'un certain temps ; 4) variation du taux d'humidité relative et recommencement
de l'application des contraintes de traction axiales.
[0029] Une caractéristique de l'invention est que le procédé comprend en outre l'exposition
de la fibre végétale à des conditions de température variables, lesdites conditions
de température étant comprises entre 10°C et 90°C, de préférence entre 15°C et 70°C
et très préférentiellement à 25°C.
[0030] De façon générale, lorsque la température ambiante est augmentée, ceci accélère le
processus de rigidification de la fibre végétale.
[0031] Dans un mode de réalisation particulière, la température pendant la durée complète
du procédé reste stable à 25°C.
[0032] Selon un autre mode de réalisation particulier de l'invention, le procédé selon l'invention
est caractérisé en ce que la fibre végétale est issue de plantes annuelles, de préférence
choisies parmi le chanvre, le lin, le jute, la ramie, le sisal, le kénaf, l'ortie
ou l'abaca et très préférentiellement le chanvre et qu'elle est présente sous forme
d'une fibre végétale unitaire ou élémentaire, d'un faisceau de fibres, d'un fil de
fibres ou d'un mat de fibres.
[0033] Dans le cadre de la présente invention :
- « fibre végétale » s'entend d'une fibre unitaire ou élémentaire, un faisceau de fibres, un fil de
fibres ou un mat de fibres ;
- « fibre unitaire ou élémentaire » signifie une cellule végétale allongée. La fibre unitaire est composée d'une paroi
cellulaire englobant un vide cellulaire. Le diamètre varie généralement d'environ
15 à 40 microns pour une longueur de quelques dizaines de mm à quelques mm en fonction
des espèces considérées (voir Fig.1) ;
- « faisceau de fibres » signifie un ensemble de 10 à 40 fibres unitaires en forme de fuseau à section généralement
polygonale et de longueur variable. Une tige de plante annuelle comporte généralement
entre 30 à 40 faisceaux de fibres disposés longitudinalement (voir Fig.1) ;
- « fil de fibres » signifie un brin long et fin de fibres unitaires ou faisceaux de fibres parallèles
les un(e)s par rapport aux autres, plus ou moins torsadé(e)s ;
- un « mat de fibres » est une structure composite anisotrope. Il existe différentes géométries et textures
de renforts, souvent appelé mats : 1) les unidirectionnels (UD) qui sont des fibres assemblés parallèlement les unes
par rapport aux autres et 2) les tissus ou tissés qui se composent de fils de chaîne
et de trame perpendiculaires entre eux, le mode d'entrecroisement ou armure les caractérisant.
On distingue classiquement les taffetas, sergé et satin.
[0034] La figure 1 représente une fibre végétale de la tige à la paroi cellulaire dans laquelle
(1) représente une tige (quelques millimètres de diamètre), (2) représente un faisceau
de fibres (quelques dizaines de fibres unitaires), (3) représente une fibre unitaire/élémentaire
de 20 à 40 micromètres de diamètre comprenant un vide cellulaire (4), une paroi primaire
(5), une lamelle moyenne assurant la cohésion entre fibres unitaires (6), une paroi
secondaire (7) comportant des sections S1, S2 et S3. On peut également visualiser
sur cette figure les fibrilles (environ 0,1 µm de diamètre) et des microfibrilles
(environ 100 angström de diamètre). Enfin, on peut également visualiser l'angle d'une
dizaine de degré (10) qui est formé avec l'axe longitudinal de la fibre.
[0035] Les techniques pour préparer ces différents types de fibres sont connues par l'homme
du métier. Par exemple, des fibres unitaires peuvent être prélevés manuellement à
partir de faisceaux de fibres (dite méthode « laboratoire »), par des machines (dite
méthode mécanique - souvent dérivée de l'industrie textile) ou en utilisant une produit
dégradant les pectines qui assurent la cohésion entre fibres unitaires (dite méthode
chimique).
[0036] Le procédé selon l'invention présente l'avantage majeur de conférer des propriétés
mécaniques renforcées à un matériau (fibre végétale) sans avoir recours à un traitement
chimique ni à des procédés gourmands en énergie. C'est une manière d'exploiter toute
la potentialité d'un matériau délivré par la nature en « remodelant » sa structure
sous l'effet de sollicitations physiques et mécaniques. En outre, c'est un procédé
de traitement qui est tout à fait à la portée des industriels et qui ne devrait pas
entraîner de surcoût important en regard du niveau d'augmentation des propriétés mécaniques
du matériau.
[0037] Un autre objet de l'invention concerne une fibre végétale à propriétés mécaniques
améliorées susceptible d'être obtenue par le procédé tel que défini selon la présente
invention.
[0038] Dans un autre aspect, l'invention concerne tout particulièrement l'utilisation du
procédé tel que défini selon la présente invention pour renforcer les propriétés mécaniques
de fibres végétales.
[0039] Un autre objet de l'invention concerne une fibre végétale à propriétés mécaniques
améliorées caractérisée en ce que sa rigidité initiale est augmentée d'un facteur
supérieur à 1,6 dans l'axe longitudinal, de préférence d'un facteur compris entre
2,5 et 4 et encore plus préférentiellement d'un facteur de 3,5 (ce facteur étant exprimé
grâce au module d'Young).
[0040] D'autres aspects et avantages de la présente invention sont décrits dans les figures
et exemples suivants, qui doivent être considérés à titre illustratif et comme ne
limitant pas la portée de l'invention.
FIGURES
[0041]
Fig. 1 : Représentation schématique d'une fibre végétale de la tige à la paroi cellulaire.
Fig. 2 : Courbe représentant le module de stockage et le module de perte en fonction du
temps lors de sollicitations cycliques en tension et de variation du taux d'humidité
à une température constante de 25°C.
Fig. 3 : Courbe représentant l'évolution de la longueur de la fibre pendant l'essai décrit
sur la figure 2, c'est-à-dire en fonction du temps lors de sollicitations cycliques
en tension et de variation du taux d'humidité à une température constante de 25°C.
EXEMPLES
[0042] Dans le cadre de la présente invention, les inventeurs ont étudié l'influence de
contraintes de traction axiales sur les propriétés mécaniques d'une fibre de chanvre
(
Cannabis sativa L., approvisionnée par la Chanvrière de l'Aube) en association à une variation du taux
d'humidité relative et à température constante à 25°C.
Préparation des fibres :
[0043] Des fibres unitaires de chanvre sont prélevées manuellement à partir de faisceaux
de fibres et positionnées sur un cadre en papier fenêtré. Un point de colle est ajouté
à chaque extrémité de la fibre. Le cadre papier est ensuite mis en place dans les
mors d'ancrage de la machine de traction. Le cadre papier est ensuite sectionné afin
d'appliquer des contraintes de traction axiales à la fibre uniquement.
Applications des contraintes de traction axiales :
[0044] La fibre de chanvre est ensuite soumise à des contraintes de traction axiales répétées
et sinusoïdale à une fréquence de 1 Hz grâce à un appareil de type DMA (Electroforce
3230) avec générateur d'humidité relative intégré. L'amplitude pic à pic de la contrainte
appliquée est égale à environ 10% de la contrainte à rupture (soit environ 50 mN pic
à pic). L'humidité relative de l'atmosphère environnant la fibre est alors augmentée
progressivement pour atteindre une valeur de 90%. Après un temps de stabilisation
à ce niveau d'humidité supérieur à 30 min, l'humidité relative est alors diminuée
jusqu'à une valeur proche de 10%, puis stabilisée pendant plus d'une demi-heure. Les
contraintes de traction axiales sont répétées à intervalles réguliers durant la durée
complète du protocole et la température environnant la fibre végétale est maintenue
constante à 25°C.
Mesure des propriétés viscoélastiques :
[0045] Les propriétés viscoélastiques sont calculées à partir des valeurs de force et de
déplacement mesurées ainsi qu'à partir des dimensions de l'échantillon. Le diamètre
de la fibre est calculé à partir de mesures effectuées en 5 points le long de la fibre.
La déformation est calculée à partir de la valeur du déplacement de la traverse de
la machine. La contrainte, à partir de la valeur de la force est de la section initiale
de la fibre. Pour le calcul de la section de la fibre, le vide cellulaire a été négligé
du fait de la difficulté de mesurer ses dimensions.
[0046] Les modules de stockage et de perte sont calculés selon la méthode suivante.
[0047] D'une manière générale, pour déterminer le comportement rhéologique d'un matériau,
il est nécessaire d'établir à chaque instant une relation entre l'état de contrainte
σ et l'état de déformation ε. Or contraintes et déformations sont des grandeurs locales.
En pratique, on impose des efforts et l'on mesure des déplacements ou inversement.
Le passage de l'information globale (force, déplacement) à l'information locale (contrainte,
déformation) se fait moyennant certaines approximations qui dépendent du mode de déformation
et de la géométrie de l'échantillon.
[0048] La particularité des essais harmoniques réside dans le fait qu'efforts et déplacements
sont des fonctions sinusoïdales du temps qui possèdent la même fréquence f mais qui
sont déphasées d'un angle δ l'une par rapport à l'autre. La contrainte et la déformation
sont également des fonctions sinusoïdales du temps de même fréquence f et qui présenteront
le même déphasage δ entre elles. En régime établi, la déformation et la contrainte
représentent respectivement la partie réelle des fonctions complexes ε* et σ*.

avec ω la pulsation et α la phase.
[0049] Par analogie avec la loi de Hooke dans une direction donnée, il est possible d'écrire
la relation suivante :

[0050] A partir des mesures de δ et E
0, il est possible de calculer le module de stockage (E') et le module de perte (E")
(« j » parfois noté « i » est l'unité imaginaire des nombres complexes).

[0051] Le coefficient de perte ou facteur de perte, tanδ (encore appelé tangente de perte),
est directement relié aux propriétés viscoélastiques et s'exprime comme suit :

[0052] Dans le cas des matériaux issus de la biomasse, tels que des fibres végétales selon
l'invention, le déphasage δ entre la contrainte et la déformation dépend de la fréquence,
de la température et de la teneur en eau.
[0053] Les modules de stockage et de perte s'expriment en Pascal (Pa) et sont homogènes
à une densité volumique d'énergie. Lorsque l'on soumet un échantillon de volume unité
à un test mécanique, E' représente l'énergie de déformation stockée et E" l'énergie
de déformation dissipée.
Résultats :
[0054] Les résultats sont reportés sur la figure 2 et démontrent:
- qu'une baisse de l'humidité relative (entre 95 et 150 minutes) des fibres entraine
une augmentation de la rigidité de la fibre. En effet une diminution de la teneur
en eau entraîne généralement une augmentation du module d'élasticité (ces données
correspondent aux enseignements de l'art antérieur)
- que par la suite une augmentation du taux d'humidité (entre environ 150 et 160 minutes)
entraine dans un premier temps une chute de la rigidité ;
- que par contre, si des sollicitations mécaniques de traction sont appliquées lors
d'une phase d'humidification (entre 160 à 215 minutes), la rigidité de la fibre (après
une légère chute) tend à augmenter très fortement ;
- qu'une baisse du taux d'humidité dans l'air environnant la fibre (entre 215 et 225
minutes) suite à cette phase d'humidification, entraîne à nouveau une forte augmentation
de la rigidité de la fibre et bloque la fibre dans cette configuration. La rigidité
de la fibre mesurée par le module d'Young est ainsi améliorée d'un facteur 3,5 et
la capacité d'amortissement s'en trouve amoindrie.
[0055] Par ailleurs, la figure 3 démontre que la longueur de la fibre augmente sensiblement
simultanément à l'augmentation de rigidité.
1. Procédé de renforcement des propriétés mécaniques d'une fibre végétale comprenant
l'application de contraintes de traction axiales sur la fibre végétale, caractérisé en ce que les contraintes de traction appliquées sont comprises entre 1% et 70%, de préférence
10% de la contrainte de rupture de la fibre végétale et le taux d'humidité relative
dans l'air environnant la fibre végétale est au départ celui de l'humidité relative
ambiante (HRa), puis éventuellement diminué jusqu'à une valeur (HR1) d'au plus 20%
d'humidité relative, puis augmenté jusqu'à une valeur (HR2) comprise entre 75% et
100%, de préférence entre 80% à 95% et très préférentiellement à 90% d'humidité relative
et ensuite diminué jusqu'à une valeur (HR3) d'au plus 25%, de préférence entre 5%
et 20% et très préférentiellement à 10% d'humidité relative.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que les contraintes de traction axiales sont répétées à intervalles réguliers.
3. Procédé selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que les contraintes de traction axiales appliquées sur la fibre végétale sont des fonctions
sinusoïdales du temps possédant une fréquence (f) comprise entre 10-4 et 200 Hz, de préférence entre 1 à 10 Hz et très préférentiellement à 1 Hz.
4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3,
caractérisé en ce que :
- le taux d'humidité relative est éventuellement diminué de la valeur HRa à la valeur
HR1 en 1 minute à 60 minutes,
- le taux d'humidité relative est éventuellement stabilisé à la valeur HR1 pendant
1 minute à 60 minutes,
- le taux d'humidité relative est augmenté de la valeur HRa ou HR1 à la valeur HR2
en 1 minute à 60 minutes,
- le taux d'humidité relative est ensuite stabilisé à HR2 pendant 1 minute à 60 minutes,
- le taux d'humidité relative est diminué de la valeur HR2 à la valeur HR3 en 1 minute
à 60 minutes, et
- le taux d'humidité relative est éventuellement stabilisé à HR3 pendant 1 minute
à 60 minutes.
5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que les contraintes de traction axiales sont appliquées sur la fibre végétale pendant
la durée complète du procédé.
6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que les contraintes de traction axiales sont appliquées sur la fibre végétale pendant
au moins une des phases de stabilisation de l'humidité relative, c'est-à-dire à HRa,
à HR1, à HR2 ou à HR3, de préférence à HR2 et à HR3.
7. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que la fibre végétale est exposée à des conditions variables de température, lesdites
conditions de température étant comprises entre 10°C et 90°C, de préférence entre
15°C et 70°C et très préférentiellement à 25°C.
8. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que la fibre végétale est issue de plantes annuelles, de préférence choisies parmi le
chanvre, le lin, le jute, la ramie, le sisal, le kénaf, l'ortie ou l'abaca et très
préférentiellement le chanvre et qu'elle est présente sous forme d'une fibre végétale
unitaire ou élémentaire, d'un faisceau de fibres, d'un fil de fibres ou d'un mat de
fibres.
9. Fibre végétale à propriétés mécaniques améliorées susceptible d'être obtenue par le
procédé tel que défini à l'une quelconque des revendications 1 à 8.
10. Utilisation du procédé tel que défini à l'une quelconque des revendications 1 à 8
pour renforcer les propriétés mécaniques d'une fibre végétale.
11. Fibre végétale à propriétés mécaniques améliorées caractérisée en ce que sa rigidité initiale est augmentée d'un facteur supérieur à 1,6 dans l'axe longitudinal,
de préférence d'un facteur compris entre 2,5 et 4 et encore plus préférentiellement
d'un facteur de 3,5.
1. Verfahren zur Verstärkung der mechanischen Eigenschaften von Pflanzenfasern, umfassend
die Anwendung axialer Zugspannungen auf die Pflanzenfasern, dadurch gekennzeichnet, dass die angewandten Zugspannungen zwischen 1% und 70% liegen, vorzugsweise 10% der Bruchspannung
der Pflanzenfasern, und die relative Luftfeuchtigkeit in der Luft, die die Pflanzenfasern
umgibt, anfangs im Bereich der relativen Luftfeuchtigkeit (rF) liegt und dann gegebenenfalls
bis auf einen Wert (rF1) von höchstens 20% relative Luftfeuchtigkeit verringert wird,
darauf gegebenenfalls auf einen Wert (rF2) zwischen 75% und 100% erhöht wird, bevorzugt
zwischen 80% bis 95% und stärker bevorzugt bis 90% relative Luftfeuchtigkeit und dann
auf einen Wert (rF3) von höchstens 25% verringert wird, bevorzugt zwischen 5% und
20% und stärker bevorzugt bis 10% relative Luftfeuchtigkeit.
2. Verfahren nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass die axialen Zugspannungen in regelmäßigen Zeitabständen wiederholt werden.
3. Verfahren nach Anspruch 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, dass die auf die Pflanzenfasern angewandten Zugspannungen sinusförmige Funktionen der
Zeit sind und eine Frequenz (F) zwischen 10-4 und 200 Hz haben, vorzugsweise zwischen 1 bis 10 Hz und stärker bevorzugt 1 Hz.
4. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 3,
dadurch gekennzeichnet, dass:
- die relative Luftfeuchtigkeit gegebenenfalls für 1 Minute bis 60 Minuten vom Wert
rF auf den Wert rF1 verringert wird,
- die relative Luftfeuchtigkeit gegebenenfalls für 1 Minute bis 60 Minuten beim Wert
rF1 stabilisiert wird,
- die relative Luftfeuchtigkeit für 1 Minute bis 60 Minuten vom Wert rF oder rF1 auf
den Wert rF2 erhöht wird,
- die relative Luftfeuchtigkeit dann für 1 Minute bis 60 Minuten beim Wert rF2 stabilisiert
wird,
- die relative Luftfeuchtigkeit für 1 Minute bis 60 Minuten vom Wert rF2 auf den Wert
rF3 verringert wird, und
- die relative Luftfeuchtigkeit gegebenenfalls für 1 Minute bis 60 Minuten bei rF3
stabilisiert wird.
5. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 4, dadurch gekennzeichnet, dass die axialen Zugspannungen während der Gesamtdauer des Verfahrens auf die Pflanzenfasern
angewandt werden.
6. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 5, dadurch gekennzeichnet, dass die axialen Zugspannungen während mindestens einer der Phasen der Stabilisierung
der relativen Luftfeuchtigkeit auf die Pflanzenfasern angewandt werden, d.h. bei rF,
rF1, rF2 oder rF3, vorzugsweise bei rF2 und bei rF3.
7. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 6, dadurch gekennzeichnet, dass die Pflanzenfasern variablen Temperaturbedingungen ausgesetzt werden, wobei die Temperaturen
zwischen 10°C und 90°C, vorzugsweise zwischen 15°C und 70°C und stärker bevorzugt
bei 25°C liegen.
8. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 6, dadurch gekennzeichnet, dass die Pflanzenfasern von einjährigen Pflanzen stammen, vorzugsweise ausgewählt aus
Hanf, Flachs, Jute, Ramie, Sisal, Kenaf, Brennnessel oder Abaca, stärker bevorzugt
Hanf, der in Form von einzelnen Pflanzenfasern oder Elementarfasern, eines Faserbündels,
eines Fasergarns oder einer Fasermatte vorliegt.
9. Pflanzenfasern mit verbesserten mechanischen Eigenschaften, die durch das in einem
der Ansprüche 1 bis 8 definierte Verfahren erhältlich sind.
10. Verwendung des wie in einem der Ansprüche 1 bis 8 definierten Verfahrens zur Verstärkung
der mechanischen Eigenschaften von Pflanzenfasern.
11. Pflanzenfasern mit verbesserten mechanischen Eigenschaften, dadurch gekennzeichnet, dass ihre anfängliche Festigkeit auf der Längsachse um einen Faktor höher als 1,6 erhöht
wird, vorzugsweise um einen Faktor zwischen 2,5 und 4, und stärker bevorzugt um einen
Faktor von 3,5.
1. Method of enhancing mechanical properties of a plant fibre, comprising applying axial
tensile stresses to the plant fibre, characterised in that the tensile stresses applied are between 1 % and 70 %, preferably 10 %, of the breaking
stress of the plant fibre and the relative humidity in the air surrounding the plant
fibre is initially that of ambient relative humidity (HRa), then is optionally reduced
to a value (HR1) of at most 20 % relative humidity, then increased to a value (HR2)
of between 75 % and 100 %, preferably between 80 % and 95 % and very preferably 90
% relative humidity, and then reduced to a value (HR3) of at most 25 %, preferably
between 5% and 20 % and very preferably 10 % relative humidity.
2. Method as claimed in claim 1, characterised in that the axial tensile stresses are repeated at regular intervals.
3. Method as claimed in claim 1 or 2, characterised in that the axial tensile stresses applied to the plant fibre are sinusoidal time functions
having a frequency (f) of between 10-4 and 200 Hz, preferably between 1 to 10 Hz and very preferably 1 Hz.
4. Method as claimed in any one of claims 1 to 3,
characterised in that:
- the relative humidity is optionally reduced from the value HRa to the value HR1
in 1 minute to 60 minutes,
- the relative humidity is optionally stabilised at the value HR1 for 1 minute to
60 minutes,
- the relative humidity is increased from the value HRa or HR1 to the value HR2 in
1 minute to 60 minutes,
- the relative humidity is then stabilised at HR2 for 1 minute to 60 minutes,
- the relative humidity is reduced from the value HR2 to the value HR3 in 1 minute
to 60 minutes, and
- the relative humidity is optionally stabilised at HR3 for 1 minute to 60 minutes.
5. Method as claimed in any one of claims 1 to 4, characterised in that the axial tensile stresses are applied to the plant fibre for the entire duration
of the method.
6. Method as claimed in any one of claims 1 to 5, characterised in that the axial tensile stresses are applied to the plant fibre during at least one of
the relative humidity stabilisation phases, i.e. at HRa, at HR1, at HR2 or at HR3,
preferably at HR2 and at HR3.
7. Method as claimed in any one of claims 1 to 6, characterised in that the plant fibre is exposed to variable temperature conditions, said temperature conditions
being comprised between 10°C and 90°C, preferably between 15°C and 70°C and very preferably
at 25°C.
8. Method as claimed in any one of claims 1 to 6, characterised in that the plant fibre is obtained from annual plants, preferably selected from hemp, linen,
jute, ramie, sisal, kenaf, nettle or abaca and very preferably hemp, and in that it is present in the form of a unitary or elementary plant fibre, a bundle of fibres,
a fibre strand or a fibre mat.
9. Plant fibre with improved mechanical properties obtainable by the method as defined
in any one of claims 1 to 8.
10. Use of the method as defined in any one of claims 1 to 8 for enhancing the mechanical
properties of a plant fibre.
11. Plant fibre with improved mechanical properties, characterised in that its initial rigidity is increased by a factor greater than 1.6 in the longitudinal
axis, preferably by a factor ranging between 2.5 and 4 and even more preferably by
a factor of 3.5.