[0001] La présente invention est relative à un procédé de production de lipase mettant en
oeuvre des cellules de levure
Yarrowia lipolytica, productrices d'une lipase recombinante acido-résistante, lequel procédé permet l'obtention
d'une lipase apte à être mise en oeuvre comme médicament ; la présente invention est
également relative à une souche de
Yarrowia lipolytica surproductrice de lipase recombinante acido-résistante et à ses applications.
[0002] Les aliments ingérés quotidiennement par l'homme sont constitués essentiellement
de lipides, de protéines et de sucres. Tous ces constituants subissent, avant leur
absorption, une hydrolyse catalysée par les enzymes du tractus digestif. Un déficit
en l'une ou l'autre de ces enzymes peut donc entraîner des troubles digestifs, et
conduire à une malnutrition importante. C'est par exemple le cas dans certaines situations
pathologiques, comme la mucoviscidose ou l'insuffisance pancréatique exocrine, auxquelles
est associé un déficit en lipase pancréatique. Il est classiquement proposé pour corriger
ce déficit, d'administrer par voie orale des extraits pancréatiques. Toutefois l'efficacité
de cette thérapeutique est limitée par le fait que les enzymes contenues dans ces
extraits (lipases, amylases et protéases) sont rapidement inactivées par l'acidité
du milieu gastrique.
[0003] Il a donc été proposé d'utiliser des préparations de lipases qui résistent aux conditions
gastriques, telles que par exemple des préparations de lipase gastrique de mammifères
produites par génie génétique, comme celle décrite dans la Demande de Brevet Français
publiée sous le numéro 2 699 179, au nom de l'INSTITUT DE RECHERCHE JOUVENIAL SA ou
des préparations de lipases de microorganismes possédant une activité correcte en
milieu acide [
ZENTLER-MONRO et al., Pancreas, 7, 311-319 (1992)].
[0004] Parmi les lipases de microorganismes actives en milieu acide, on citera en particulier
des lipases fongiques, telles que celles de
Candida ernobii, [
YOSHIDA et al., Biochim. Biophys. Acta,; 154, 586-588, (1968)], de
Trichosporon asteroide [
DHARMSTHITI et al., Biotechnol. Appl. Biochem., 26, 111-116 (1997)], de
Rhizopus javanicus [(
UYTTENBROECK et al., Biol. Chem. Hoppe Seyler, 374, 245-254, (1993)], ou de
Yarrowia lipolytica [
HADEBALL, Acta Biotechnol., 2, 159-167 (1991) ;
NOVOTNY et al., J. Basic Microbiol., 28, 221-227 (1988)]. Outre leur activité à pH acide, ces lipases présentent les caractéristiques communes
d'être résistantes, en présence de leur substrat, à la digestion par les protéases
(trypsine, chymo-trypsine et pepsine), et d'être résistantes à l'action des sels biliaires
(leur activité est conservée en présence de 10 mM de taurocholate de sodium).
[0005] L'utilisation de
Yarrowia lipolytica pour la production d'un gène d'intérêt a déjà été décrite. Ainsi, la Demande
EP 1 108 043, aux noms de l'INRA et du CNRS, décrit l'utilisation d'un vecteur intégratif, comprenant
une cassette d'expression d'un gène d'intérêt et des séquences zêta, correspondant
aux séquences LTR du rétrotransposon Ylt de
Yarrowia lipolytica. Un tel vecteur d'expression permet l'intégration non homologue et dispersée de plusieurs
copies de l'insert d'intérêt dans l'ADN génomique d'une souche de
Yarrowia lipolytica dépourvue de séquences zêta. Ce système a notamment été utilisé pour l'intégration
du gène
LIP2, codant pour une lipase, dans l'ADN de
Yarrowia lipolytica et a permis, dans des conditions de culture qui ne sont pas détaillées, une sécrétion
de lipase 10 à 15 fois supérieure à celle des souches non transformées.
[0006] D'autres études décrivent l'utilisation du même vecteur d'expression que celui décrit
dans la Demande de Brevet
EP 1 108 043, pour la production d'une lipase recombinante chez
Yamowia lipolytica (Demande Internationale
WO 01/83773 ;
PIGNEDE et al., Journal of Bacteriology, Vol 182, No.10, p.2802-2810 (2000) et
PIGNEDE et al., Applied and Environmental Microbiology, Vol. 66, No.8, p3283-3289
(2000)). Ainsi :
- la Demande Internationale WO 01/83773, au nom des Laboratoires MAYOLY SPINDLER, décrit l'obtention du clone de Yarrowia lipolytica MS4 (CNCM I-2294), comprenant 10 copies de la cassette d'expression du gène LIP2 intégrées dans son ADN, ainsi que son utilisation pour la production de lipase avec
un rendement de l'ordre de 0,5 g de lipase par litre de surnageant de culture, et
une activité catalytique de 12 000 U/ml, mesurée en utilisant l'huile d'olive comme
substrat, une Unité correspondant à la quantité d'enzyme capable de catalyser la libération
de 1 µmole d'acide gras par minute, c'est-à-dire 200 fois plus que la souche initiale.
Cependant, le procédé de production de lipase décrit dans cette Demande présente un
inconvénient majeur, puisque il met en oeuvre des milieux de culture contenant du
bactopeptone ou du bactotryptone. Ces produits, qui ne sont pas caractérisés et qui
contiennent divers hydrolysats protéiques, sont classiquement utilisés comme source
d'azote et de carbone. En conséquence, le procédé décrit dans cette Demande ne permet
pas d'obtenir une lipase directement utilisable comme médicament.
- PIGNEDE et al. (Journal of Bacteriology, 2000) ont plus particulièrement caractérisé la lipase extracellulaire codée par le gène
LIP2 de Yarrowia lipolytica (souche POld). Dans cet article sont ainsi étudiées :
- la sécrétion de la lipase à partir de différentes souches sauvages (POld dans laquelle
Yltl est absent et E150, dans laquelle Yltl est présent) et de différentes souches
recombinantes dont JMY184 (POld-6-15) et JMY279 (POld-6-17) ainsi que
- la surproduction de lipase notamment par le transformant JMY184.
Cet article de PIGNEDE et al. compare la production de lipase par des souches sauvages, des souches mutantes et
des souches recombinantes obtenues selon le procédé décrit plus haut (Demande Internationale
WO 01/83773). Les souches sauvages secrètent entre 30 et 50 U de lipase/ml alors que des souches
mutantes, obtenues par l'action du N-méthyl-N'nitro-N-nitrosoguanidine (NNNG), produisent
25 fois plus de lipase, c'est-à-dire 1 200 U/ml dans des conditions de culture optimisées
faisant intervenir un milieu contenant du peptone (milieu de préculture) et un milieu
contenant du lactosérum (milieu de fermentation) (voir également DESTAIN et al., 1997). Les souches recombinantes sont obtenues à l'aide de la construction comprenant
le gène LIP2 régulé par le promoteur POX2 et par l'intégration non homologue, en multicopies et
de façon dispersée, de cette cassette d'expression. PIGNEDE et al. ont obtenu des transformants stables (par exemple la souche JMY184) qui produisent
2 000 U/ml dans des conditions non optimisées, c'est-à-dire en milieu YPDH (comprenant
10g/l d'extrait de levure, 10g/l de bactopeptone, 10g/l de glucose et 10g/l d'huile
d'olive) correspondant à environ 0,5 g de lipase/l de surnageant. De la même manière
que précédemment, les préparations de lipase décrites par PIGNEDE et al. et par DESTAIN et al., sont impropres, en tant que telles, à un usage médical et plus particulièrement à
la constitution de lots cliniques, puisque leur production nécessite l'utilisation
de milieux de culture contenant des peptones ou du lactosérum.
- Poursuivant ses travaux, l'équipe de PIGNEDE (Applied and Environmental Microbiology,
2000) a étudié des souches de Yarrowia lipolytica transformées par un vecteur comprenant une cassette d'expression du gène LIP2. Les Auteurs ont déterminé que pour 8 de ces transformants, le nombre de copies de
la cassette d'expression du gène LIP2 est compris entre 6 et 16 (10 copies en moyenne), ce qui se traduit par 2 à 15 évènements
d'intégration de ladite cassette à des loci différents. La souche JMY184 comprend
ainsi 12 copies de la cassette d'expression du gène LIP2, intégrées à 4 loci différents. Les Auteurs ont par ailleurs plus précisément étudié
ce transformant JMY184. Ils confirment que la souche JMY 184 produit 0,5 g de lipase/l
de surnageant avec une activité de 1 500 U/ml sur milieu riche YPDH (qui contient
du bactopeptone) (contre 50 U/ml pour une souche sauvage POld), mesurée en utilisant
l'huile d'olive comme substrat. Ces valeurs permettent de déduire une activité spécifique
d'environ 3 000 U/mg de lipase. Les Auteurs annoncent en outre que la production optimisée
de lipase en fermenteur par la souche JMY184 permet d'obtenir des préparations ayant
une activité jusqu'à 10 000 U/ml. Cependant les conditions de culture qui ont permis
ce résultat ne sont pas divulguées. Dans cet article, les Auteurs ont en outre étudié
la stabilité en culture de ces transformants, et notamment du clone JMY184, et ont
montré leur stabilité pendant 120 générations. PIGNEDE et al. ont considéré que pour optimiser la production de lipase, les facteurs à prendre
en compte sont la stabilité des transformants et les conditions de culture.
[0007] Par ailleurs, ils ont montré qu'il existe une forte corrélation entre le nombre de
copies du gène
LIP2 intégrées et la surproduction de lipase.
[0008] Cependant, pour la production de lipase, les seuls milieux de culture envisagés dans
cet article sont des milieux qui contiennent des peptones, tels que le milieu riche
YPDH.
[0009] Les procédés de production de lipase de l'art antérieur, même s'ils permettent d'obtenir
des rendements améliorés en lipase, ne sont pas adaptés à la production d'une lipase
apte à être utilisée à des fins médicales.
[0010] En effet, les milieux de culture habituellement mis en oeuvre contiennent tous des
mélanges non caractérisés et/ou des produits d'origine animale, tels que des peptones,
des tryptones ou du lactosérum. Il existe donc un besoin de développer un système
permettant la production de préparations de lipase recombinante adaptée à un usage
médical.
[0011] Pour résoudre ce problème, les Inventeurs ont mis au point un procédé de production
de lipase qui répond mieux à ces besoins que les procédés de production de l'art antérieur.
Plus précisément, les Inventeurs ont mis au point un procédé de production de lipase
dans lequel le milieu de culture mis en oeuvre est dépourvu des produits précités,
c'est-à-dire qu'il ne contient aucun produit d'origine animale ni aucun mélange non
caractérisé, tel que le peptone, le tryptone ou le lactosérum. Les Inventeurs ont
en outre sélectionné une nouvelle souche de
Yarrowia lipolytica recombinante productrice de la lipase Lip2, qui, associée audit procédé, permet en
outre d'augmenter de manière significative, le rendement en lipase produite.
[0012] La présente invention a donc pour objet un procédé de production de lipase, mettant
en oeuvre une souche de
Yarrowia lipolytica transformée par un vecteur comprenant une cassette d'expression d'une lipase acido-résistante
de levure, caractérisé en ce que le milieu de culture utilisé ne contient pas de produits
d'origine animale ni de mélanges non caractérisés, tel que le peptone, le tryptone
ou le lactosérum.
[0013] Plus précisément, la présente invention a pour objet un procédé de production de
lipase recombinante, comprenant :
- a) une étape de mise en culture de cellules de Yarrowia lipolytica transformées par un vecteur d'expression comprenant une cassette d'expression d'une
lipase acido-résistante de levure, dans des conditions permettant la production de
lipase ;
- b) une étape de récupération, au cours de laquelle on recueille, dans le surnageant
de ladite culture, de la lipase recombinante ainsi produite par lesdites cellules
;
lequel procédé est caractérisé en ce que l'étape a) de mise en culture est mise en
oeuvre dans un milieu de culture dépourvu de produits d'origine animale ou de mélanges
non caractérisés constitués de matières protéiques d'origine animale (lactosérum par
exemple) ou de leurs produits de digestion enzymatique (tryptone, ou peptone par exemple)
et en ce que ladite étape a) comprend :
al) la pré-culture des cellules transformées de Yarrowia lipolytica dans un milieu contenant une source de carbone d'origine glucidique, de l'azote minéral,
de préférence du sulfate d'ammonium, et sels minéraux, des oligoéléments et des vitamines
; et
a2) une étape de fermentation, comprenant une phase de croissance cellulaire dans
un milieu contenant comme seule source de carbone une source de carbone d'origine
glucidique, de l'azote minéral et sels minéraux, des oligoéléments et des vitamines
et une phase de production de lipase dans un milieu contenant comme seule source de
carbone l'acide oléique, de l'azote minéral et sels minéraux, des oligoéléments et
des vitamines.
[0014] La fermentation est avantageusement mise en oeuvre avec une pO2 constante comprise
entre 15 % et 25 % et un pH de préférence inférieur à 6,5. La fermentation peut par
exemple être mise en oeuvre avec un débit d'air d'environ 1 vvm, une unité vvm étant
1
volume d'air par
volume de liquide par
minute (par exemple pour un fermenteur de 30 litres, 1 vvm est égal à 30 1/min et pour
un fermenteur de 5 litres, 1 vvm est égal à 5 1/min).
[0015] Selon une disposition avantageuse de ce mode de mise en oeuvre, l'étape al) de pré-culture
est réalisée jusqu'à atteindre une valeur de DO
600nm comprise entre 3 et 10 pour 1 ml, et à l'étape a2) de fermentation, ladite phase
de synthèse de lipase est initiée lorsque la DO
600nm de la culture atteint une valeur comprise entre 60 et 70 pour 1 ml.
[0016] Selon une autre disposition avantageuse de ce mode de mise en oeuvre, l'étape b)
est initiée lorsque la DO
600nm atteint une valeur comprise entre 300 et 350 par ml. L'étape b) peut en outre comprendre
:
b1) la séparation de la lipase dudit surnageant de culture ;
b2) la purification de la lipase obtenue en b1).
[0017] Ces deux étapes sont réalisées par des techniques classiques connues en elles-mêmes
: séparation physique (filtration, chromatographie, centrifugation) ou physico-chimique
(précipitation).
[0018] La séparation de la lipase du surnageant peut être mise en oeuvre par l'homme du
métier par exemple par une technique choisie parmi la filtration tangentielle en fibre
creuse, la filtration frontale et la centrifugation continue ou discontinue.
[0019] La purification de la lipase consiste notamment à réduire la biocharge, c'est-à-dire
la présence de microorganismes, et peut être mise en oeuvre par toute technique de
purification adéquate connue de l'homme du métier, telle qu'une technique choisie
parmi la filtration, la précipitation fractionnée, la chromatographie d'échange d'ions,
la chromatographie d'interactions hydrophobes et la chromatographie par gel-filtration.
[0020] Optionnellement, le procédé de production de lipase selon l'invention peut également
comprendre une étape de concentration, ou enrichissement, consistant en l'augmentation
de la concentration en lipase dans la préparation. Une telle étape peut être mise
en oeuvre par exemple après l'étape de purification. Elle peut également avoir lieu
simultanément à cette étape de purification.
[0021] Le procédé de production selon l'invention permet notamment de produire la lipase
recombinante en quantités situées entre environ 1 à 3 g de lipase purifiée par litre
de surnageant de culture. De manière particulièrement avantageuse, le procédé selon
l'invention permet l'obtention d'une préparation de la lipase recombinante codée par
le gène Lip2 ou LIP2 avec une activité catalytique supérieure à 15000 U par ml de
surnageant de culture. De manière préférée, ladite préparation possède une activité
supérieure à 20000 U/ml de surnageant de culture. Ces valeurs sont déterminées à pH
6, en utilisant la trioctanoïne comme substrat. Cette valeur d'activité de la préparation
de lipase revêt un intérêt tout particulier dans le cadre du développement de produits
pharmaceutiques. Il est en effet maintenant envisageable d'administrer des doses réduites
de lipase, produite par le procédé selon l'invention, tout en gardant une efficacité
suffisante pour obtenir l'effet thérapeutique désiré, qui peut être par exemple la
correction d'une malabsorption de graisse liée à une insuffisance pancréatique associée
à un déficit en lipase.
[0022] Le fait de pouvoir désormais produire la lipase Lip2 en utilisant des souches de
Yarrowia lipolytica recombinantes sans faire appel à des produits d'origine animale, comme c'est le cas
avec le procédé selon l'invention, constitue un avantage considérable et facilite
grandement l'utilisation de la lipase à des fins médicales.
[0023] Le vecteur d'expression utilisé pour obtenir les cellules de
Yarrowia lipolytica recombinantes utilisées dans le procédé de la présente invention est un vecteur intégratif
possédant au moins une copie du gène
LIP2 et des éléments de régulation de l'expression. Ce vecteur peut être alors intégré
soit dans l'ADN plasmidique soit dans l'ADN génomique de la levure. Un exemple de
vecteur intégratif particulièrement préféré est le vecteur JMP6 ou le vecteur JMP10
tels que décrits dans la Demande Internationale
WO01/83773. Le vecteur JMP6 comprend une cassette d'expression du gène
LIP2, codant pour le précurseur Lip2p de la lipase Lip2 de
Yarrowia lipolytica, en amont duquel est placé le promoteur de l'acyl CoA oxydase ACO2 de
Yarrowia lipolytica, dénommé POX2. Le vecteur JMP10 comprend également le gène
LIP2, en amont duquel se trouve le promoteur de la lipase Lip2 de
Yarrowia lipolytica. Ces deux promoteurs sont inductibles par les triglycérides et les acides gras. Dans
chacun de ces vecteurs, la cassette d'expression et le promoteur sont placés entre
des séquences zêta comme décrit plus haut. L'intégration peut être ciblée, c'est-à-dire
dirigée sur des sites, ou bien aléatoire. Ainsi, lorsque la souche de
Yarrowia lipolytica transformée est dépourvue de séquence zêta (c'est par exemple le cas pour la souche
POld), l'intégration de la cassette d'expression est dispersée dans l'ADN génomique
de ladite souche. En revanche, lorsque la souche de
Yarrowia lipolytica comporte des séquences zêta (c'est par exemple le cas de la souche E150), l'intégration
est principalement ciblée au niveau de ces séquences.
[0024] Selon un autre mode de mise en oeuvre avantageux dudit procédé, la souche transformée
de
Yarrowia lipolytica est de préférence la souche dénommée YL-LIP2-6C, déposée auprès de la Collection
Nationale de Cultures de Microorganismes (C.N.C.M.), 28 rue du Docteur Roux, 75724
Paris Cedex 15, le 15 décembre 2005, sous le numéro I-3542. Cette souche YL-LIP2-6C
est génétiquement stable.
[0025] Au sens de la présente invention, les expressions « stable » « génétiquement stable
», « stabilité génétique », ainsi que leurs variantes, sont utilisées en référence
à la conservation d'un même nombre de loci d'intégration d'un acide nucléique d'intérêt
dans l'ADN du clone considéré, pendant au moins 30 générations. Ce nombre de 30 générations
est choisi comme base de calcul de la stabilité génétique car les inventeurs ont constaté
qu'il correspond à un nombre de doublements de la population cellulaire suffisant
pour permettre la production de lipase en utilisant un procédé comprenant au moins
une étape de pré-culture de cellules
Yarrowia lipolytica recombinantes et une étape de production de lipase proprement dite en condition de
fermentation. Au sens de la présente invention, une génération est définie par le
doublement de la population cellulaire et peut être calculée selon la formule Y =
X*2
g où Y est la population cellulaire au temps t (par exemple exprimée en densité cellulaire),
X est la population cellulaire initiale au temps t
0 et g représente le nombre de générations nécessaires pour que la population cellulaire
passe de la valeur X à la valeur Y. De manière préférée, le clone est dit génétiquement
stable lorsque au moins 90% des colonies analysées, après au moins 30 générations,
contiennent le même nombre de loci du gène d'intérêt que le clone de départ. Ainsi,
comme il ressort des exemples, le clone YL-LIP2-6C est dit stable car près de 100%
des colonies analysées après 100 générations contiennent 6 loci du gène
LIP2 (un locus correspondant au gène
LIP2 endogène + 5 loci d'intégration de la cassette d'expression du gène
LIP2)
.
[0026] De manière surprenante, lorsque le procédé selon l'invention met en oeuvre cette
souche particulière, les Inventeurs ont réussi à produire la lipase recombinante en
grande quantité et à avoir un meilleur contrôle sur ladite production. Les Inventeurs
ont en effet réussi à améliorer le rendement de production de lipase et ont notamment
pu obtenir une production de l'ordre de 1 à 3 g de lipase pure par litre de surnageant
de culture. Ils ont également pu obtenir des préparations de lipase présentant une
activité proche de 20 000 U/ml.
[0027] Au sens de la présente invention, l'activité de la lipase correspond à son activité
enzymatique. L'activité catalytique d'une solution de lipase est exprimée en unité
(U) par ml de solution analysée. L'activité spécifique est exprimée en unité (U) par
mg de protéine (lipase) purifiée. Une unité correspond à la quantité d'enzyme capable
de catalyser la libération de 1 µmole d'acide gras par minute. L'activité spécifique
d'une lipase varie en fonction de la nature du triglycéride utilisé comme substrat.
[0028] Outre l'amélioration du rendement de production de la lipase, les Inventeurs ont
également pu assurer une meilleur reproductibilité du procédé de production, améliorer
l'homogénéité du produit final et améliorer les conditions de purification de la lipase.
[0029] Ces différentes modifications permettent donc d'obtenir une lipase répondant aux
conditions requises pour un usage médical. En effet, dans le cadre de leur recherche,
les Inventeurs ont maintenant observé que la lipase Lip2 est active dans des valeurs
de pH supérieures à 3 et jusqu'à une valeur de pH proche de 8, avec une activité optimale
pour un pH compris entre 5 et 6. En revanche, elle est inactivée de manière irréversible
lors d'une incubation de 2 heures à pH3 ou pH8,5. L'activité spécifique de la lipase
Lip2 a également été analysée en fonction de différents substrats et les Inventeurs
ont ainsi déterminé à pH4 les valeurs d'environ 10 760 U/mg, environ 16 920 U/mg et
environ 12 260 U/mg de lipase purifiée, respectivement avec des triglycérides à chaîne
courte (tributyrine), moyenne (trioctanoïne) et longue (huile d'olive). Enfin, les
Inventeurs ont constaté de manière surprenante que la lipase Lip2 est active en présence
de sels biliaires et que cette activité augmente avec la concentration en sels biliaires.
Cette activité en présence de sels biliaires avait jusqu'à présent seulement été observée
avec la lipase gastrique et la lipase pancréatique associée à la co-lipase. Ainsi
l'utilisation de lipase Lip2 avec une importante activité spécifique ne nécessite
pas la présence de co-lipase.
[0030] Le clone YL-LIP2-6C contient plusieurs copies de la cassette d'expression de cette
lipase Lip2 se traduisant par 5 évènements d'intégration du gène
LIP2 à des loci différents. Lorsqu'il est mis dans des conditions adaptées à la production
de lipase, le clone YL-LIP2-6C produit davantage de lipase que les souches transformées
de
Yarrowia lipolytica de l'art antérieur. La lipase est produite selon un rendement supérieur à 1 g/l de
surnageant de culture, c'est-à-dire supérieur au rendement observé avec les clones
de l'art antérieur, décrits plus haut.
[0031] La présente invention a également pour objet une préparation de lipase susceptible
d'être obtenue par le procédé selon l'invention.
[0032] Selon un mode de réalisation avantageux de ladite préparation de lipase, elle présente
une activité au moins égale à 15000 U/ml, de préférence supérieure à 20000 U/ml lorsqu'elle
est déterminée comme indiqué plus haut.
[0033] L'invention a en outre pour objet l'utilisation de la préparation de lipase selon
l'invention pour la préparation d'un médicament destiné au traitement d'une pathologie
associée à un dérèglement de l'absorption des graisses (par exemple acides gras à
chaînes courtes, moyennes ou longues), notamment lié à une insuffisance pancréatique,
notamment exocrine.
[0034] L'invention a également pour objet un médicament, caractérisé en ce qu'il comprend
une préparation de lipase telle que définie ci-dessus.
[0035] La présente invention a également pour objet une cellule de
Yarrowia lipolytica transformée par un vecteur d'expression d'une lipase acido-résistante de levure,
caractérisée en ce qu'il s'agit du clone dénommé YL-LIP2-6C, déposé auprès de la Collection
Nationale de Cultures de Microorganismes (C.N.C.M.), 28 rue du Docteur Roux, 75724
Paris Cedex 15, le 15 décembre 2005 sous le numéro I-3542.
[0036] La présente invention a, en outre, pour objet l'utilisation d'une cellule telle que
définie ci-dessus pour la production de la lipase acido-résistante de levure codée
par le gène Lip2 ou LIP2.
[0037] Outre les dispositions qui précèdent, l'invention comprend encore d'autres dispositions,
qui ressortiront de la description qui va suivre, qui se réfère à des exemples de
mise en oeuvre du procédé objet de la présente invention ainsi qu'aux dessins annexés,
dans lesquels :
- La figure 1 représente l'approche globale du contrôle de la stabilité génétique du
clone YL-LIP2-6C au cours du procédé de production de lipase.
- La figure 2 représente la variation de la densité optique à 600 nm (DO600, axe des ordonnées gauche) (-◆-) et la variation du taux de croissance (h-1, axe des ordonnées droit) (-■-) en fonction du temps (heures, axe des abscisses)
durant le procédé de fermentation. La flèche indique l'induction de la production
de lipase.
- La figure 3 représente l'analyse par Southern blot du nombre d'événements d'intégration
du gène LIP2 à des loci différents dans le génome de 23 colonies (pistes 24 à 43) prélevées au
temps T33, correspondant à la fin de la fermentation, environ 100 heures après le
début de la fermentation. Copies 1 à 6 : 6 loci du gène LIP2 (5 loci pour l'intégration de la cassette d'expression du gène LIP2 + un locus pour le gène LIP2 endogène). M : marqueur de taille.
- La figure 4 représente le suivi, par SDS-PAGE, de la production de lipase recombinante
par le clone YL-LIP2-6C pendant le procédé de production, de T16 à T33. La flèche
indique l'induction de la production de lipase (T17, 48 heures de fermentation). M
: échelle de poids moléculaire ; les cinq pistes de la partie droite du gel correspondent
à des quantités connues (2,5 µg à 20 µg) de la lipase Lip2 purifiée.
- La figure 5 représente l'analyse, par SDS-PAGE, de la pureté de la lipase dans le
surnageant au temps T33 (fin du procédé de fermentation). MW : échelle de poids moléculaire
; Ref.Lip2 F5 : gamme de lipase Lip2 de 1 à 10 µg ; YL-LIP2-6C surnageant : volumes,
en µl, du surnageant analysé.
- La figure 6 représente le spectre de masse, déterminé par spectrométrie de masse de
type MALDI-TOF, de la lipase recombinante produite par le clone YL-LIP2-6C.
EXEMPLE 1- MATERIELS ET METHODES
1) Milieux utilisés
[0038] Les concentrations finales indiquées sont les concentrations dans les solutions-mères.
Milieu de base 02130S non enrichi
| Ingrédients |
concentration finale |
| Glucose |
10 g/l |
| KH2PO4 |
3 g/l |
| Na2HPO4 |
3 g/l |
| H3BO3 |
0,34 g/l |
| (NH4)2SO4 |
3 g/l |
| C5H8O4NNa (Glutamate) |
1 g/l |
| MgSO4 |
0,5 g/l |
| CaCl2 |
0,023 g/l |
| MnSo4 |
0,038 g/l |
| ZnSO4 |
0,04 g/l |
[0039] Le milieu 02130S enrichi comprend en outre les additifs suivants :
| Additifs |
Concentration finale |
| Solution d'oligoéléments |
1 ml/l |
| Solution de vitamines |
1 ml/l |
Composition de la solution d'oligoéléments
| Ingrédients |
Concentration finale |
| CoCl2 |
0,5 g/l |
| Na2MoO4 |
0,06 g/l |
| CuSO4 |
0,9 g/l |
Composition de la solution de vitamines
| Ingrédients |
Concentration finale |
| D-biotine |
0,05 g/l |
| Pantothénate de calcium |
1 g/l |
| Acide nicotinique |
1 g/l |
| Myoinositol |
25 g/l |
| Thiamine HCl |
0,25 g/l |
| Pyzidoxol HCl |
0,25 g/l |
| Acide p-aminobenzoïque |
0,05 g/l |
Composition de la solution de sels minéraux
| Ingrédients |
Concentration finale |
| MgSO4 |
26,76 g/l |
| CaCl2 |
6,40 g/l |
| FeSO4 |
5,61 g/l |
| CoCl2 |
0,29 g/l |
| ZnSO4 |
7,72 g/l |
| Na2MoO4 |
0,09 g/l |
| H3BO3 |
0,34 g/l |
| MnCl2 |
0,47 g/l |
| CuSO4 |
0,61 g/l |
Composition de la solution de FeSO
4
| Ingrédients |
Concentration finale |
| FeSO4 |
0,9 g/l |
Solution d'ammoniac, 14%
Solution anti-mousse : Struktol J673 diluée au 1/10 (Schill+Seilacher AG, Moorfleeter
Str.28,22113, Hamburg, Allemagne)
2) Extraction d'ADN génomique et analyse Southern blot
a) Extraction de l'ADN génomique
[0040] Le culot cellulaire obtenu à partir d'une culture de 4 ml est mis en suspension dans
0,5 ml de tampon sorbitol (0,9 M de sorbitol ; 0,1 M de Tris-HCl, pH = 8,0 ; 0,1 M
d'EDTA). 50 µl de Zymolase® 20T (6 mg/ml) (Euromedéx, 67458 Mundolsheim cedex, France),
50 µl de 2-mercaptoéthanol à 0,28 M sont ajoutés et la solution est incubée 1 heure
à 37°C sous agitation (180 rpm). La solution est soumise à centrifugation et le culot
est mis en suspension dans 0,5 ml de tampon TE (50 mM de Tris-HCl, pH = 8; 20 mM d'EDTA).
50 µl de SDS 10% sont ajoutés et la solution est mélangée par retournements et incubée
20 min à 65°C. 0,2 ml d'acétate de potassium 5M sont ajoutés, puis la solution est
mélangée et gardée dans la glace pendant 30 min, puis centrifugée pendant 5 min.
[0041] Le surnageant est transféré dans un tube de 1,5 ml puis 0,8 ml d'éthanol 100%, préalablement
refroidi dans la glace, sont ajoutés. La solution est mélangée par retournements puis
centrifugée. Après élimination du surnageant, 0,4 ml de tampon TE contenant 100 µg/ml
de RNase A (Invitrogen, USA) sont ajoutés et la solution est incubée 1 heure à 37°C.
Après l'ajout de 1 ml d'éthanol 100%, préalablement refroidi dans la glace, la solution
est délicatement mélangée jusqu'à la précipitation de l'ADN, puis est centrifugée.
Le surnageant est éliminé puis le culot d'ADN est séché à l'air libre puis mis en
suspension dans 100 µl d'eau stérile puis incubé une nuit à 4°C.
b) Digestion par l'enzyme HindIII
[0042] La concentration en ADN génomique est mesurée par détermination de l'absorbance à
260 nm (A
260) et à 280 nm (A
280). 1 µg de l'ADN génomique est mélangé avec de l'eau stérile jusqu'à un volume final
de 42,5 µl. 5 µl de tampon (5X) et 2,5 µl de HindIII (50 u/µl) (Invitrogen, USA) sont
ajoutés et la solution est incubée à 37°C pendant 4 heures.
c) Analyse Southern Blot
[0043] Les transferts de type Southern blot sont effectués en suivant les procédures du
kit « DIG High Prime DNA Labeling and Detection » de la société Roche Diagnostic.
d) Procédure de marquage de la sonde
[0044] La sonde correspondant à la totalité du gène codant pour la lipase Lip2 est obtenue
par PCR effectuée sur l'ADN génomique à l'aide de l'enzyme Phusion DNA polymerase
(Finzyme) et des deux amorces suivantes :
Amorce sens : 5'-GTGTACACCTCTACCGAGACCTCT-3' (SEQ ID NO: 1)
Amorce antisens : 5'-TTAGATACCACAGACACCCTCGGT-3' (SEQ ID NO: 2)
[0045] Après la réaction de PCR, la sonde est purifiée sur gel à l'aide du kit « Nucleospin
Extract II » (Macherey Nagel). La sonde purifiée est ensuite marquée à froid (digoxygénine)
à l'aide du kit « DIG high prime DNA labeling » de Roche.
e) Séparation sur gel, transfert d'ADN et détection du signal
[0046] 2 µg de l'ADN digéré par HindIII est mélangé avec du tampon de charge puis est déposé
sur un gel d'agarose 0,8%. La migration est effectuée sous 50 V pendant 2h30 puis
l'ADN est transféré sur membrane Hybond+ (Amersham Bioscience). Le nombre de loci
du gène
Lip2 dans l'ADN génomique est détecté grâce à l'hybridation, sur les membranes, de la
sonde marquée, suivie de la visualisation par l'exposition aux rayons X.
3) Détermination de la concentration protéique
[0047] La concentration protéique est déterminée par la méthode de Bradford. Les protéines
sont quantifiées à l'aide de la méthode de Bradford directement sur le surnageant
de la culture en fermentation. La quantité de protéines ainsi déterminée est comparée
avec des quantités connues de lipase Lip2 purifiée. 20 µl d'échantillons de standards,
aux dilutions appropriées, sont mélangés dans des tubes avec 1 ml du réactif dilué
(5 fois) contenant le colorant. La DO
595 est alors déterminée relativement à la DO
595 obtenue pour le contrôle (colorant dilué seul).
4) Mesure de l'activité spécifique de la lipase recombinante
[0048] L'activité de la lipase est mesurée potentiométriquement à 37°C à l'aide d'un dispositif
pH-stat (RADIOMETER). Le substrat utilisé est la trioctanoïne. 10 mM de substrat sont
mis en émulsion dans 15 ml de tampon de réaction contenant 1mM de Tris-HCl (pH 5,5),
150 mM de NaCl, 5 mM de CaCl
2 et 4 mM de taurodésoxycholate de sodium (SIGMA). Une unité d'activité spécifique
est définie comme 1 µmole d'acide gras libéré par min et par mg de protéine.
4) Electrophorèse sur gel de polyacrylamide en condition dénaturante (SDS-PAGE)
[0049] 12 µl d'un échantillon comprenant 25% d'un mélange contenant du SDS et des agents
réducteurs sont chargés sur un gel bis tris 4-12% (Biorad). La migration est effectuée
pendant 45 min à 160 V.
[0050] Le gel est ensuite analysé par coloration au bleu de Coomassie.
5) Détermination par spectrométrie de masse de type « Désorption-Ionisation Laser
Assistée par Matrice - Temps de Vol » (MALDI-TOF : Matrix-assisted Desorption lonization-Time
of Flight) de la masse moléculaire de la lipase Lip2 produite par le clone YL-LIP2-6C
[0051] Une analyse de spectrométrie de masse de type désorption/ionisation laser est effectuée
en utilisant un spectromètre de masse « Voyager Elite XL time of flight » de la société
Perseptive Biosystems (Framingham, MA) mis en oeuvre avec un laser à azote émettant
à 337 nm. Le spectre de masse en mode positif est obtenu en utilisant un mode d'extraction
linéaire et retardée avec un potentiel d'accélération de 25 kV, une tension de grille
de 0,3%, une tension de guide d'ion de 0,3%, et un temps de retard de 1000 ns pour
la protéine Lip2. Chaque spectre est le résultat de la moyenne de 100 impulsions laser.
Le matériel à analyser est mélangé à un volume égal d'une solution saturée d'acide
sinapinique (Fluka) préparé dans une solution à 50% (v/v) d'acétonitrile/acide trifluoroacétique
aqueux. Des aliquots de 2µl de ce mélange sont déposés sur la plaque d'échantillon
en acier inoxydable et sont séchés à l'air libre avant d'effectuer l'analyse. La calibration
externe est effectuée à l'aide de l'alpha chymotrypsinogène A (Sigma). Les valeur
exprimées sont des moyennes et correspondent à l'ion [M+H]
+.
EXEMPLE 2 - Construction du vecteur d'expression et obtention du clone YL-LIP2-6C
[0052] La souche YL-LIP2-6C est obtenue par transformation d'une souche de
Yarrowia lipolytica POld, dépourvue de séquences zêta par un vecteur d'expression, dénommé JMP6, décrit
dans la Demande
EP 1 108 043, et comprenant le gène
LIP2 codant pour le précurseur Lip2p de la lipase Lip2 de
Yarrowia lipolytica en amont duquel se trouve le promoteur ACO2. Ladite cassette est encadrée par des
séquences zêta, comme décrit plus haut. La construction du vecteur JMP6 et la transformation
de la souche POld sont réalisés selon le même mode opératoire que dans la Demande
EP1 108043. Cette souche YL-LIP2-6C, comprenant 5 loci différents d'intégration de la cassette
d'expression du gène
LIP2, a été déposée auprès de la Collection Nationale de Cultures de Microorganismes (CNCM),
28 rue du Docteur Roux, 75724 Paris Cedex 15, sous le numéro I-3542, le 15 décembre
2005.
EXEMPLE 3.- Production de la lipase avec la souche YL-LIP2-6C et vérification de la
stabilité génétique de YL-LIP2-6C
[0053] La souche YL-LIP2-6C est mise en oeuvre dans un procédé de production de lipase comprenant
une étape de pré-culture et une étape de fermentation adaptée à la production de lipase.
L'approche globale de ce procédé est illustrée à la figure 1. La lipase ainsi produite
a ensuite été analysée en terme d'activité et de qualité. Par ailleurs, la stabilité
génétique de YL-LIP2-6C est analysée par détermination du nombre de loci de la cassette
d'expression du gène
LIP2.
1) Procédé de production
Pré-cultures et fermentation
[0054] Une ampoule de solution-mère du clone YL-LIP2-6C dans du glycérol est décongelée
et 5 µl sont mis en culture dans 25 ml de milieu 02130S enrichi, contenant 1‰ (v/v)
de la solution de vitamines et 1‰ (v/v) de la solution d'oligoéléments, dans une bouteille
Erlen Meyer de 250 ml. La culture est incubée à 28°C pendant 36 heures sous agitation
(180 rpm). La préculture de 25 ml résultante (préculture 1) est ensemencée dans 200
ml de milieu 02130S enrichi dans un flacon Erlen Meyer de 2 litres puis la culture
est incubée 36 heures à 28°C sous agitation (180 rpm). La préculture 2 ainsi obtenue
(225 ml) est ensemencée dans du milieu 02130S enrichi dans un fermenteur.
[0055] Au temps To du procédé de fermentation, 2 ml de la solution de FeSO
4 sont ajoutés dans la culture. Toutes les 6 à 9 heures, 2 à 3 ml de la solution de
vitamines sont ajoutés à la culture en fermentation et après 34 heures de fermentation
(à T12), l'apport en glucose est initié. L'alimentation en glucose est progressivement
augmentée pendant 14 heures puis est interrompue à T17 (correspondant à 48 heures
de fermentation) et l'induction par l'acide oléique est alors initiée. L'alimentation
en acide oléique est progressivement augmentée durant les 54 heures suivantes, puis
à T33 (102 heures de fermentation) une DO
600 de 340 est atteinte et le procédé de fermentation est arrêté. La culture finale de
3 litres est centrifugée (14000 rpm). Le surnageant est récupéré et conservé à -20°C.
Monitorage des cultures
[0056] Au cours de la fermentation, la température, la pression partielle en oxygène et
le pH sont surveillés et maintenus à 28°C, 20% et 6,2 respectivement. Toutes les 3
heures environ, un échantillon de la culture est prélevé et la DO
600 est mesurée afin de suivre l'évolution du taux de croissance. Les résultats sont
indiqués dans la figure 2. Deux extraits de 1 ml de ces échantillons sont centrifugés
5 min à 14000 rpm et les culots et surnageants sont conservés à -20°C. Le Tableau
I montre le monitorage du procédé de fermentation.

Purification de la lipase
[0057] Optionnellement, une étape supplémentaire de purification de la lipase est réalisée.
[0058] La lipase est séparée de la culture à l'aide d'un dispositif de micro-filtration
tangentielle sur membrane céramique (pilote X6 de PALL) permettant la rétention des
levures de taille supérieure au seuil de coupure (0,1 µm). Le perméat contenant la
lipase est récupéré d'abord en mode concentration, puis en mode diafiltration. Ces
étapes sont mises en oeuvre en suivant les recommandations du fabricant avec les modifications
appropriées. La concentration en microorganismes contenus dans le perméat est ensuite
réduite par filtration (0,2 µm) (Millipore) de façon à obtenir une biocharge inférieure
à 10 cfu/ml. A l'aide d'un dispositif Profux M12 (Millipore), la solution de lipase
est concentrée, jusqu'à un volume d'environ 5 litres, et soumise à une ultrafiltration
tangentielle en utilisant une membrane Pellicon standard Biomax 10 kDa afin d'éliminer
les contaminants de faibles poids moléculaire. L'ultrafiltrat, ne contenant pas la
lipase, est éliminé. La solution de lipase est alors une nouvelle fois purifiée par
élimination des microorganismes, comme indiqué plus haut, de façon à obtenir une biocharge
inférieure à 5 cfu/ml. La lipase ainsi purifiée peut en outre subir une lyophilisation.
3) Caractérisation de la lipase recombinante produite par YL-LIP2-6C
a) Contrôle de la production de lipase par la souche YL-LIP2-6C au cours du procédé de
fermentation
[0059] A chaque point de mesure, un échantillon de culture est soumis à centrifugation et
le surnageant est analysé par SDS-PAGE. 75 µl du surnageant sont mélangés avec 75
µl d'eau puis 5 µl sont chargés sur un gel à 26 puits. Des échantillons contenant
des quantités connues de lipase Lip2 sont également analysés. Les résultats sont illustrés
à la figure 4. En comparant la quantité de lipase obtenue à la fin de la fermentation
(T33), avec le gradient de quantités connues de lipase Lip2, la concentration de lipase
obtenue après 100 heures de fermentation peut être estimée à 1,5 g/l.
[0060] Par ailleurs, les inventeurs ont mis en oeuvre le procédé de production de lipase
selon l'invention pour un volume final d'environ 35 litres, ce qui a permis l'obtention
de lipase selon un rendement situé entre 1 et 3 g par litre de surnageant de culture.
b) Détermination de la concentration protéique et estimation du rondement de production
de lipase recombinante
[0061] La concentration protéique dans le surnageant de culture est déterminée comme indiqué
à l'exemple 1 (méthode de Bradford). Sept mesures indépendantes sont effectuées et
la concentration de protéines dans le surnageant est de 2,3 g/l. La pureté de la protéine
Lip2 dans le surnageant est estimée par SDS-PAGE. Les résultats sont illustrés à la
figure 5. Le niveau de pureté est estimé à environ 70%. Le rendement résultant de
production de lipase de l'étape de fermentation avec le clone YL-LIP2-6C est donc
de 1,6 g/l.
c) Mesure de l'activité spécifique de la lipase recombinante produite par YL-LIP2-6C
[0062] L'activité spécifique de la lipase produite par le clone YL-LIP2-6C est mesurée comme
indiqué à l'exemple 1. L'échantillon correspondant au surnageant de fermentation est
dilué 100 fois dans un tampon contenant 50 mM de Na
2HPO
4, 50mM de KH
2PO
4, 150 mM de NaCl, pH 6,0. L'activité catalytique déterminée à 37°C avec le trioctanoïne
sur 3 expériences indépendantes est de 21883,33 U/ml du surnageant (Tableau II).
Tableau II : mesure de l'activité d'échantillons du surnageant de fermentation
| |
Activité lipasique (U/ml) |
| |
Essais |
Moyenne |
SD |
| Echantillon |
20800,00 |
22750,00 |
22100,00 |
21883,33 |
992,89 |
[0063] D'après la concentration estimée de lipase Lip2 dans le surnageant (voir plus haut),
l'activité spécifique de la lipase est de 13675 U/mg, comparable à l'activité spécifique
de la lipase produite pour les études cliniques. L'activité spécifique de la lipase
produite par le clone YL-LIP2-6C est conforme aux conditions requises pour les lots
cliniques.
d) Masse moléculaire de la lipase recombinante
[0064] L'analyse du spectre de masse (voir exemple 1) est faite sur le surnageant de culture
de fermentation après centrifugation sans purification. Le résultat est illustré à
la figure 6. Le pic majeur observé révèle une masse moléculaire de 37648 Da. La lipase
Lip2 produite par YL-LIP2-6C a une masse moléculaire correcte car la valeur observée
est conforme aux conditions requises pour les lots cliniques, c'est à dire 37500 +/-
1000 Da.
[0065] Cet exemple illustre la sélection d'un clone stable, YL-LIP2-6C (en l'espèce, 100%
des clones analysés après 30 générations présentent le même nombre de Loci du gène
Lip2 que le clone initial). En outre, la stabilité génétique dudit clone n'est pas
affectée par les conditions de culture mises en oeuvre pour la production de lipase
(pendant les pré-cultures ; juste avant la fermentation ; juste avant l'induction
par l'acide oléique de la production de lipase ; fin de la fermentation).
3) Stabilité génétique du clone YL-LIP2-6C
[0066] La stabilité génétique du clone YL-LIP2-6C au cours du procédé de production de lipase,
comprenant une étape de préculture et une étape de fermentation, est analysée en déterminant
le nombre d'évènements d'intégration de la cassette d'expression du gène
LIP2 à des loci différents dans l'ADN de
Yarrowia lipolytica, dans les colonies sélectionnées à T0, T17 .et T33.
a) Sélection des colonies
[0067] Un échantillon de la préculture 2 (T0, initiation de la fermentation), un échantillon
de la culture en condition de fermentation à T17 (juste avant l'induction) et à T33
(fin de la fermentation) sont dilués, dans un premier temps jusqu'à atteindre une
DO
600 = 1, puis sont dilués au 1/1000. 10 µl de ces solutions diluées sont chacune étalées
sur 3 plaques de culture sur milieu YPD. Les plaques sont ensuite incubées à 28°C
pendant 48 heures puis sont conservées à 4°C jusqu'à la sélection de colonies pour
l'analyse du nombre de loci.
[0068] 20 colonies dérivées de l'échantillon prélevé au point de départ de la fermentation
(T0), 20 colonies dérivées de l'échantillon prélevé juste avant l'induction (T17)
et 100 colonies dérivées de l'échantillon prélevé à la fin de la fermentation (T33)
sont ensemencées séparément dans 4 ml de milieu 02130S enrichi puis mis en culture
pendant 72 heures. Ensuite, des stocks dans du glycérol 30% sont constitués en prévision
de l'extraction de l'ADN et de l'analyse par Southern blot (Matériels et Méthodes).
c) Détermination du nombre d'évènements d'intégration du gène LIP2 à des loci différents pour 140 colonies dérivées
de la souche YL-LIP2-6C
[0069] Les résultats de l'analyse par Southern blot du nombre d'événements d'intégration
à des loci différents du gène
LIP2 sur 20 colonies prélevées au temps T0 (début de fermentation), 20 colonies prélevées
au temps T17 (48 heures de fermentation) et 100 colonies prélevées au temps T33 (100
heures de fermentation) sont illustrés à la figure 3. Ces résultats montrent que toutes
les colonies analysées contiennent 6 loci du gène
LIP2. Dans la mesure où la souche sauvage contient une copie du gène
LIP2 endogène, la souche YL-LIP2-6C contient donc 5 loci d'intégrations de la cassette
d'expression du gène
LIP2. Le clone YL-LIP2-6C est donc 100% stable durant un procédé de fermentation de 100
heures.
SEQUENCE LISTING
[0070]
<110> LABORATOIRES MAYOLY SPINDLER
LEBLOND, Yves
MOUZ, Nicolas
<120> procédé de production de lipase, cellule de Yarrowia lipolytica transformée
apte à produire ladite lipase et leurs applications.
<130> F269Cas39PCT
<160> 2
<170> PatentIn version 3.3
<210> 1
<211> 24
<212> DNA
<213> artificial sequence
<220>
<223> amorce sens
<400> 1
gtgtacacct ctaccgagac ctct 24
<210> 2
<211> 24
<212> DNA
<213> artificial sequence
<220>
<223> amorce antisens
<400> 2
ttagatacca cagacaccct cggt 24
1. Procédé de production de lipase recombinante, comprenant :
a) une étape au cours de laquelle on procède à la mise en culture de cellules de Yarrowia lipolytica transformées par un vecteur comprenant une cassette d'expression d'une lipase acido-résistante
de levure, et
b) une étape au cours de laquelle on recueille, dans le surnageant de culture, la
lipase recombinante produite par lesdites cellules,
lequel procédé est
caractérisé en ce que l'étape a) de mise en culture est mise en oeuvre dans un milieu de culture dépourvu
de produits d'origine animale ou de mélanges non caractérisés constitués de matières
protéiques d'origine animale ou de leurs produits de digestion enzymatique
et
en ce que ladite étape a) comprend :
a1) la pré-culture des cellules transformées de Yarrowia lipolytica dans un milieu contenant une source de carbone d'origine glucidique, de l'azote minéral
et sels minéraux, des oligoéléments et des vitamines ; et
a2) une étape de fermentation, comprenant une phase de croissance cellulaire dans
un milieu contenant comme seule source de carbone une source de carbone d'origine
glucidique, de l'azote minéral et sels minéraux, des oligoéléments et des vitamines
et une phase de production de lipase dans un milieu contenant comme seule source de
carbone l'acide oléique, de l'azote minéral et sels minéraux, des oligoéléments et
des vitamines.
2. Procédé de production de lipase recombinante selon la revendication 1, caractérisé en ce que ladite source d'azote est le sulfate d'ammonium.
3. Procédé de production selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que la fermentation est avantageusement mise en oeuvre avec une pO2 constante comprise
entre 15 % et 25 % et un pH de préférence inférieur à 6,5.
4. Procédé de production selon la revendication 2 ou la revendication 3, caractérisé en ce que l'étape a1) de pré-culture est réalisée jusqu'à atteindre une valeur de DO600nm comprise entre 3 et 10 pour 1 ml, et en ce qu'à l'étape a2) de fermentation, ladite phase de production de lipase est initiée lorsque
la DO600nm de la culture atteint une valeur comprise entre 60 et 80 pour 1 ml.
5. Procédé de production selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que l'étape b) au cours de laquelle on recueille la lipase, est réalisée lorsque la DO600nm atteint une valeur comprise entre 300 et 350 pour 1 ml.
6. Procédé de production selon l'une quelconque des revendications 1 à 5,
caractérisé en ce que l'étape b) comprend :
b1) la séparation de la lipase dudit surnageant de culture, et
b2) la purification de la lipase obtenue en b1).
7. Procédé de production selon la revendication 6, caractérisé en ce que ladite séparation est effectuée par une technique choisie parmi la filtration tangentielle
en fibre creuse, la filtration frontale et la centrifugation continue ou discontinue,
et ladite purification est effectuée par une technique choisie parmi la filtration,
la précipitation fractionnée, la chromatographie d'échange d'ions, la chromatographie
d'interactions hydrophobes et la chromatographie par gel-filtration.
8. Procédé de production selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que l'étape a) consiste en la mise en culture du clone dénommé YL-LIP2-6C, déposé auprès
de la Collection Nationale de Cultures de Microorganismes (C.N.C.M.), 28 rue du Docteur
Roux, 75724 Paris Cedex 15, sous le numéro I-3542, le 15 décembre 2005.
9. Préparation de la lipase recombinante acido-résistante de levure codée par le gène
Lip2 ou LIP2, caractérisée en ce qu'elle est susceptible d'être obtenue par un procédé selon la revendication 8, en ce qu'elle a une activité catalytique à pH6 d'au moins 15000 unités par ml de surnageant
de culture, de préférence supérieure à 20000 unités par ml de surnageant de culture,
une unité correspondant à la quantité d'enzyme capable de catalyser la libération
de 1 µmole d'acide gras par minute lorsque le substrat utilisé est la trioctanoïne,
et en ce que la concentration de ladite lipase dans ladite préparation est supérieure à 1 g de
lipase par litre.
10. Utilisation d'une préparation de lipase selon la revendication 9 pour l'obtention
d'un médicament destiné au traitement d'un syndrome de malabsorption de graisses,
lié à une insuffisance pancréatique.
11. Préparation de lipase selon la revendication 9 pour une utilisation comme médicament.
12. Cellule de Yarrowia lipolytica transformée par un vecteur comprenant une cassette d'expression d'une lipase extracellulaire
acido-résistante de levure, caractérisée en ce qu'il s'agit du clone dénommé YL-LIP2-6C, déposé auprès de la Collection Nationale de
Cultures de Microorganismes (C.N.C.M.) sous le numéro I-3542, le 15 décembre 2005.
13. Utilisation de la cellule selon la revendication 12 pour la production de la lipase
acido-résistante de levure codée par le gène Lip2 ou LIP2.
1. Ein Verfahren zur Herstellung rekombinanter Lipase, umfassend:
a) einen Schritt, bei dem man Yarrowia lipolytica-Zellen kultiviert, die mit einem Vektor transformiert sind enthaltend eine Expressionskassette
einer säurebeständigen Hefe-Lipase, und
b) einen Schritt, bei dem man in dem Kulturüberstand die durch die Zellen hergestellte
rekombinante Lipase gewinnt,
wobei das Verfahren
dadurch gekennzeichnet ist, dass der Schritt a) der Kultivierung in einem Kulturmedium durchgeführt wird, das frei
ist von Produkten tierischen Ursprungs oder von nicht charakterisierten Mischungen
bestehend aus proteinhalti-gen Materialien tierischen Ursprungs oder ihren enzymatischen
Abbauprodukten; und dadurch, dass der Schritt a) umfasst:
a1) die Vorkultivierung der transformierten Yarrowia lipolytica-Zellen in einem Medium, das eine auf Kohlenhydrate basierende Kohlenstoffquelle, anorgani-schen
Stickstoff und anorganische Salze, Spurenelemente und Vitamine aufweist; und
a2) einen Fermentationsschritt, umfassend eine Zellwachstumsphase in einem Medium
enthaltend eine auf Kohlenhydrate basierende Kohlenstoffquelle als einzige Kohlenstoffquelle,
anorganischen Stickstoff und anorganische Salze, Spurenelemente und Vitamine, und
eine Produktionsphase der Lipase in einem Medium enthaltend Ölsäure als einzige Kohlenstoffquelle,
anorganischen Stickstoff und anorganische Salze, Spurenelemente und Vitamine.
2. Das Verfahren zur Herstellung rekombinanter Lipase gemäß Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass die Stickstoffquelle Ammoniumsulfat ist.
3. Das Herstellungsverfahren gemäß Anspruch 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, dass die Fermentation vorteilhafterweise mit einem konstanten p02 zwischen 15% und 25%
und einem pH-Wert vorzugsweise unter 6,5 durchgeführt wird.
4. Das Herstellungsverfahren gemäß Anspruch 2 oder Anspruch 3, dadurch gekennzeichnet, dass der Schritt a1) der Vorkultivierung durchgeführt wird bis ein OD600nm-Wert zwischen 3 und 10 für 1 ml erreicht wird, und dadurch, dass in Schritt a2) der
Fermentation, die Produktionsphase der Lipase initiiert wird, wenn der OD600nm-Wert der Kultur einen Wert zwischen 60 und 80 für 1 ml erreicht.
5. Das Herstellungsverfahren gemäß irgendeinem der Ansprüche 1 bis 4, dadurch gekennzeichnet, dass der Schritt b), bei dem die Lipase gewonnen wird, durchgeführt wird, wenn der OD600nm-Wert einen Wert zwischen 300 und 350 für 1 ml erreicht.
6. Das Herstellungsverfahren gemäß irgendeinem der Ansprüche 1 bis 5,
dadurch gekennzeichnet, dass der Schritt b) umfasst:
b1) die Abtrennung der Lipase aus dem Kulturüberstand, und
b2) die Aufreinigung der in b1) erhaltenen Lipase.
7. Das Herstellungsverfahren gemäß Anspruch 6, dadurch gekennzeichnet, dass die Trennung durch eine Technik erreicht wird ausgewählt aus der Tangentialflussfiltration
über Hohlfasern, der Frontalfiltration und der kontinuierlichen oder diskontinuierlichen
Zentrifugation, und die Aufreinigung durchgeführt wird durch eine Technik ausgewählt
aus der Filtration, der fraktionierten Fällung, der lonenaustauschchromatographie,
der hydrophoben Interaktionschromatographie und der Chromatographie über Gelfiltration,
8. Das Herstellungsverfahren gemäß irgendeinem der Ansprüche 1 bis 7, dadurch gekennzeichnet, dass der Schritt a) auf der Kultivierung des Klons mit der Bezeichnung YL-LIP2-6C beruht,
der bei der Collection Nationale de Cultures de Microorganismes (C.N.C.M.), 28 rue
du Docteur Roux, 75724 Paris Cedex 15, unter der Nummer I-3542 am 15. Dezember 2005
hinterlegt wurde.
9. Zubereitung einer rekombinanten säurebeständigen Hefe-Lipase, wobei die Lipase von
dem Gen Lip2 oder LIP2 kodiert wird, dadurch gekennzeichnet, dass sie durch ein Verfahren nach Anspruch 8 erhältlich ist, und dadurch, dass sie eine
katalytische Aktivität bei pH 6 von mindestens 15.000 Einheiten pro ml Kulturüberstand,
vorzugsweise mehr als 20.000 Einheiten pro ml Kulturüberstand aufweist, wobei eine
Einheit der Menge eines Enzyms entspricht, die in der Lage ist, die Freisetzung von
1 µMol Fettsäure pro Minute zu katalysieren, wenn das verwendete Substrat Glycerintrioctanoat
ist, und dadurch, dass die Konzentration der Lipase in der Zubereitung mehr als 1
g Lipase pro Liter beträgt.
10. Verwendung einer Lipase-Zubereitung gemäß Anspruch 9 zur Bereitstellung eines Medikaments
für die Behandlung eines Fett-Malabsorptionssyndroms, welches mit einer Pankreasinsuffizienz
verbunden ist.
11. Lipase-Zubereitung gemäß Anspruch 9 zur Verwendung als Arzneimittel.
12. Yarrowia lipolytica-Zelle, welche mit einem Vektor transformiert ist, enthaltend eine Expressionskassette für
eine extrazelluläre säurebeständige Hefe-Lipase, dadurch gekennzeichnet, dass es sich um den Klon mit der Bezeichnung YL-LIP26C handelt, der bei der Collection
Nationale de Cultures de Microorganismes (C.N.C.M.), 28 rue du Docteur Roux, 75724
Paris Cedex 15, unter der Nummer I-3542 am 15. Dezember 2005 hinterlegt wurde.
13. Verwendung der Zelle gemäß Anspruch 12 zur Herstellung der säurebeständigen Hefe-Lipase,
die von dem Gen Lip2 oder LIP2 kodiert wird.