[0001] La présente invention concerne un procédé de calcul d'un intervalle de positions
d'un véhicule ferroviaire sur une voie ferrée, ledit intervalle de positions correspondant
à un segment de la voie entre une extrémité avant et une extrémité arrière.
[0002] L'invention s'applique au domaine de la sécurité ferroviaire, en particulier aux
systèmes de contrôle automatique du trafic ferroviaire. De tels systèmes sont, par
exemple, des systèmes dits « de gestion des trains basée sur la communication », ou
CBTC (de l'anglais « Communication Based Train Control »).
[0003] De façon classique, pour un véhicule ferroviaire circulant sur une voie ferrée, l'intervalle
de positions du véhicule sur la voie ferrée est déterminé par un calculateur embarqué
à bord du véhicule. L'intervalle de positions du véhicule est ensuite envoyé, par
exemple par ondes radio, à un ordinateur central au sol. L'ordinateur au sol est adapté
pour recevoir l'intervalle de positions d'une pluralité de véhicules ferroviaires
et pour commander la marche ou l'arrêt de chaque véhicule en fonction de l'intervalle
de positions des autres véhicules et d'autres points de contraintes présents sur la
voie. Par exemple un aiguillage mal positionné conduira l'ordinateur au sol à commander
l'arrêt des trains en approche de cet aiguillage.
[0004] Par « intervalle de positions », on entend au sens de la présente invention un segment
d'une voie ferrée dans lequel le véhicule ferroviaire est susceptible de se trouver
avec une incertitude inférieure à un seuil prédéterminé.
[0005] Le calculateur embarqué est adapté pour déterminer la position du véhicule à partir
par exemple de balises disposées sur la voie ferrée, et dont les emplacements sur
la voie ferrée sont préalablement connus. Plus précisément, le calculateur embarqué
détermine l'intervalle de positions du véhicule ferroviaire à partir de l'emplacement
de la dernière balise rencontrée et du déplacement du véhicule à partir de cette dernière
balise, ledit déplacement étant par exemple mesuré par un odomètre.
[0006] Dans certaines situations, le calculateur embarqué n'est plus en mesure de calculer
l'intervalle de positions du véhicule ferroviaire avec une précision suffisante. On
parle alors de perte de localisation. Une perte de localisation survient par exemple
si aucune nouvelle balise n'est détectée après que le véhicule ferroviaire a parcouru
une distance supérieure ou égale à un seuil prédéterminé, depuis la dernière balise
détectée. Pour des raisons de sécurité, un système de commande du véhicule ferroviaire
commande alors l'arrêt du véhicule.
[0007] En cas d'arrêt du véhicule ferroviaire, il est connu de faire intervenir un opérateur
pour manoeuvrer manuellement le véhicule ferroviaire arrêté et l'acheminer jusqu'à
la balise fonctionnelle suivante, afin que le calculateur embarqué détermine de nouveau
l'intervalle de positions du véhicule pour permettre un retour au fonctionnement autonome
et automatique du véhicule ferroviaire.
[0008] Il est également connu de permettre à un opérateur distant de manoeuvrer le véhicule
ferroviaire, après que l'opérateur a vérifié l'absence d'obstacle dans la direction
vers laquelle il souhaite acheminer le véhicule ferroviaire. Comme précédemment, un
fonctionnement automatique est retrouvé dès que le véhicule ferroviaire rencontre
une balise fonctionnelle.
[0009] Néanmoins, de tels procédés ne donnent pas entière satisfaction.
[0010] En effet, de tels procédés nécessitent l'intervention d'un opérateur, ce qui est
susceptible d'entraîner des incidents liés à l'erreur humaine. En outre, de tels procédés
impliquent l'immobilisation du véhicule ferroviaire durant des temps longs, par exemple
le temps d'intervention de l'opérateur, ce qui est d'autant plus pénalisant pour des
systèmes de transport sans conducteur. Ceci nuit à la qualité du trafic, notamment
pour des réseaux de transport urbains.
[0011] Un but de l'invention est donc de proposer un procédé de localisation d'un véhicule
ferroviaire qui permet un fonctionnement sûr et automatisé, et un rétablissement rapide
du trafic ferroviaire en cas de perte de localisation.
[0012] A cet effet, l'invention a pour objet un procédé du type précité, dans lequel le
procédé comporte les étapes :
- d'identification, par des capteurs à la voie, d'un canton de la voie ferrée occupé
par le véhicule ferroviaire ;
- de transmission, à un ordinateur au sol, d'un identifiant du canton occupé ; et,
- de calcul, par l'ordinateur au sol, d'un intervalle de positions du véhicule ferroviaire
en tenant compte d'une position géographique du canton occupé associée à l'identifiant
dudit canton occupé.
[0013] En effet, le calcul de l'intervalle de positions du véhicule ferroviaire par un ordinateur
au sol à partir d'informations fournies par des capteurs à la voie permet une localisation
sûre et automatisée du véhicule ferroviaire, même si le calculateur embarqué n'est
plus en mesure de calculer cette localisation.
[0014] Suivant d'autres aspects avantageux de l'invention, le procédé comporte une ou plusieurs
des caractéristiques suivantes, prise(s) isolément ou suivant toute combinaison techniquement
possible :
- le procédé comprend une étape de transmission, depuis un calculateur embarqué à bord
du véhicule ferroviaire vers l'ordinateur au sol, d'un intervalle de positions du
véhicule ferroviaire déterminé par ledit calculateur embarqué, l'étape de calcul d'un
intervalle de positions du véhicule ferroviaire tenant également compte de l'intervalle
de positions déterminé par ledit calculateur embarqué ;
- l'étape de calcul d'un intervalle de positions comprend une première phase dans laquelle
l'intervalle de positions est pris égal à l'intervalle de positions du véhicule ferroviaire
déterminé par le calculateur embarqué, et une deuxième phase dans laquelle une extrémité
avant de l'intervalle de positions est déplacée suivant la direction de déplacement
du véhicule ferroviaire jusqu'à atteindre une extrémité du canton occupé, qui se trouve
en avant du véhicule ferroviaire ;
- l'extrémité avant de l'intervalle de positions est déplacée au cours de cycles de
calcul successifs de durée prédéterminée d'une distance égale au produit de la vitesse
du véhicule ferroviaire par la durée prédéterminée ;
- le procédé comporte en outre une étape de calcul, par l'ordinateur au sol, d'un deuxième
intervalle de positions du véhicule ferroviaire à partir de l'intervalle de positions
du véhicule ferroviaire déterminé par le calculateur embarqué, l'étape de calcul comportant
une première phase dans laquelle l'ordinateur détermine une position limite avant
que le véhicule ferroviaire n'est pas autorisé à dépasser, une deuxième phase dans
laquelle le deuxième intervalle de position est prise égale à l'intervalle de positions
déterminé par le calculateur embarqué, et une troisième phase dans laquelle une extrémité
avant de la deuxième position est déplacée jusqu'à atteindre la limite avant ;
- l'extrémité avant du deuxième intervalle de positions est déplacée au cours de cycles
de calcul successifs de durée prédéterminée d'une distance égale au produit de la
vitesse du véhicule ferroviaire par la durée prédéterminée ;
- si la vitesse du véhicule n'est pas disponible, la distance est égale au produit de
la vitesse maximale du véhicule ferroviaire par la durée prédéterminée ;
- le procédé comporte une étape de calcul d'un intervalle auxiliaire du véhicule ferroviaire,
l'intervalle auxiliaire étant égal à une intersection du premier intervalle de positions
et d'un deuxième intervalle de positions.
[0015] En outre, l'invention a pour objet un dispositif de calcul d'un intervalle de positions
d'un véhicule ferroviaire sur une voie ferrée, pour la mise en oeuvre du procédé de
calcul tel que défini ci-dessus.
[0016] L'invention sera mieux comprise à l'aide de la description qui va suivre, donnée
uniquement à titre d'exemple non limitatif et faite en se référant aux dessins annexés
sur lesquels :
- la figure 1 est une représentation schématique d'un dispositif de localisation propre
à mettre en oeuvre un procédé de localisation selon l'invention ;
- la figure 2 est une représentation schématique d'une situation de fonctionnement normal
du véhicule ferroviaire ;
- la figure 3 est une représentation schématique d'une phase intermédiaire d'une première
étape du procédé de localisation selon l'invention ;
- la figure 4 est une représentation schématique d'une phase finale de l'étape de la
figure 3 ;
- la figure 5 est une représentation schématique d'une phase intermédiaire d'une deuxième
étape du procédé selon l'invention ;
- la figure 6 est une représentation schématique d'une phase finale de l'étape de la
figure 5 ;
- la figure 7 est une représentation schématique d'une première étape du procédé de
localisation d'un véhicule ferroviaire suite à la remise en service d'un calculateur
embarqué du dispositif de localisation ;
- la figure 8 est une représentation schématique d'une étape successive à l'étape de
la figure 7 ;
- la figure 9 est une représentation schématique d'une étape successive à l'étape de
la figure 8 ; et
- la figure 10 est une représentation schématique d'une étape successive à l'étape de
la figure 9.
[0017] Un véhicule ferroviaire 2 circulant sur une voie ferrée 4 est représenté sur la figure
1.
[0018] La localisation du véhicule ferroviaire 2 est réalisée par un dispositif de localisation
3 comportant une composante au sol et une composante embarquée.
[0019] Par « localisation », on entend le calcul d'un intervalle de positions du véhicule
ferroviaire 2 sur la voie ferrée 4.
[0020] Pour la composante au sol, la voie ferrée 4 est subdivisée en une pluralité de cantons
6 successifs. Chaque canton est identifié par un identifiant, qui est associé à la
position géographique du canton.
[0021] Une pluralité de dispositifs de détections secondaires 8, également appelés capteurs
à la voie, sont disposés le long de la voie ferrée 4. Chaque dispositif de détection
secondaire 8 est associé à un canton 6. Par exemple, la voie ferrée 4 comporte un
premier canton 6A, un deuxième canton 6B et un troisième canton 6C, chaque canton
6A, 6B, 6C étant associé à un dispositif de détection secondaire 8 correspondant.
[0022] Chaque dispositif de détection secondaire 8 est propre à déterminer si le canton
6 correspondant est vacant ou occupé. Par « occupé », on entend un canton 6 sur lequel
le véhicule ferroviaire 2 est engagé au moins partiellement.
[0023] Les dispositifs de détection secondaires 8 sont par exemple des circuits de voie
ou des compteurs d'essieux.
[0024] Chaque dispositif de détection secondaire 8 est en outre relié à un ordinateur au
sol 12 pour transmettre à l'ordinateur au sol 12 une information relative à l'état
occupé ou vacant du canton 6 correspondant. En outre, chaque dispositif de détection
secondaire 8 est propre à transmettre à l'ordinateur au sol 12 l'identifiant du canton
6 correspondant.
[0025] Pour la composante embarquée, une pluralité de balises (non représentées) sont disposées
le long de la voie ferrée 4. Les balises sont disposées successivement le long de
la voie ferrée 4, à des emplacements géographiques prédéterminés. Chaque balise est
identifiée par un identifiant de balise unique.
[0026] Le véhicule ferroviaire 2 comporte au moins un capteur de balise, c'est-à-dire une
antenne, propre à détecter la présence d'une balise lorsqu'il se trouve à proximité
de celle-ci et à capter des informations relatives à cette balise détectée. De préférence,
la balise est propre à communiquer son identifiant de balise au capteur de balise
du véhicule ferroviaire 2.
[0027] Le véhicule ferroviaire 2 comporte également des instruments de mesure du déplacement,
de la vitesse ou de l'accélération du véhicule ferroviaire 2. Les instruments de mesure
sont par exemple des odomètres ou des accéléromètres.
[0028] En outre, le véhicule ferroviaire 2 comporte un calculateur embarqué 10.
[0029] Les instruments de mesure et le capteur de balise sont reliés au calculateur embarqué
10.
[0030] Le capteur de balise est propre à émettre, à destination du calculateur embarqué
10, des données relatives aux balises détectées. Notamment, le capteur de balise est
propre à émettre, à destination du calculateur embarqué 10, l'identifiant de balise
de chaque balise détectée durant le déplacement du véhicule ferroviaire 2 le long
de la voie ferrée 4.
[0031] Le calculateur embarqué 10 comporte une mémoire dans laquelle sont stockés l'identifiant
de balise et l'emplacement géographique de chacune des balises de la voie ferrée 4.
[0032] Le calculateur embarqué 10 est propre à convertir les mesures réalisées par les instruments
de mesure en une mesure de déplacement et/ou de vitesse du véhicule ferroviaire 2.
Par exemple, pour les instruments de mesures adaptés pour mesurer le déplacement du
véhicule ferroviaire 2, le calculateur embarqué 10 est propre à déterminer la vitesse
du véhicule ferroviaire 2 par dérivation par rapport au temps du déplacement. Par
exemple, pour les instruments de mesure adaptés pour mesurer la vitesse instantanée
de déplacement du véhicule ferroviaire 2, le calculateur embarqué 10 est propre à
calculer la distance parcourue par le véhicule ferroviaire 2 par intégration par rapport
au temps de la vitesse du véhicule ferroviaire 2. Par exemple, pour les instruments
de mesure adaptés pour mesurer l'accélération instantanée du véhicule ferroviaire
2, le calculateur embarqué 10 est propre à calculer la vitesse du véhicule ferroviaire
2, puis la distance parcourue par le véhicule ferroviaire 2, par intégrations successives
par rapport au temps de l'accélération du véhicule ferroviaire 2.
[0033] Le calculateur embarqué 10 est également propre à calculer un intervalle de positions
S
0 du véhicule ferroviaire 2. Comme illustré par la figure 2, l'intervalle S
0 correspond à un segment d'extrémité avant A
0 et d'extrémité arrière Z
0. Notamment, le calculateur embarqué 10 est propre à calculer un intervalle S
0 du véhicule ferroviaire 2 à partir de l'emplacement de la dernière balise détectée
par le détecteur de balise. En particulier, le calculateur embarqué 10 est propre
à déterminer un intervalle S
0 du véhicule ferroviaire 2 à partir de l'emplacement de la dernière balise détectée
et du déplacement du véhicule ferroviaire depuis ladite dernière balise détectée,
le déplacement étant mesuré par les instruments de mesure du véhicule ferroviaire
2 ou calculé par le calculateur embarqué 10 à partir des mesures réalisées par les
instruments de mesure du véhicule ferroviaire 2. Avantageusement, le calculateur embarqué
10 est propre à prendre en compte, lors du calcul de l'intervalle S
0, une marge d'erreur potentielle liée à la précision des instruments de mesure utilisés,
ce qui conduit à un calcul sécuritaire de l'intervalle de position S
0. Par exemple, pour un odomètre, la marge d'erreur tient compte du coefficient d'adhérence
entre une roue du véhicule ferroviaire 2 et un rail de la voie ferrée 4, ce coefficient
n'étant pas de 100%.
[0034] Le calculateur embarqué 10 est en outre propre à générer un signal d'alerte en cas
de perte de localisation. Par « perte de localisation », on entend une situation dans
laquelle les données reçues par le calculateur embarqué 10 ne permettent pas de déterminer
l'intervalle de positions S
0 du véhicule ferroviaire 2 avec une erreur inférieure à un seuil prédéterminé. Le
calculateur embarqué 10 est par exemple configuré pour générer un signal d'alerte
si l'emplacement d'une balise détectée se trouve en dehors de l'intervalle de positions
S
0 du véhicule ferroviaire calculée à cet instant par le calculateur embarqué 10. Le
calculateur embarqué 10 est par exemple configuré pour générer un signal d'alerte
si aucune balise n'a été détectée à l'issue d'un déplacement de longueur prédéterminée
depuis la détection de la dernière balise. En outre, le calculateur embarqué 10 est
par exemple configuré pour générer un signal d'alerte si, à un même instant, les valeurs
des mesures de déplacement ou de vitesse sont différentes d'un instrument de mesure
à l'autre. Par exemple lorsque les moyens d'odométries sont redondées dans le train
il est possible de générer une alerte si l'un des odomètres indique que le train est
à l'arrêt alors que l'autre odomètre indique que le train se déplace.
[0035] Avantageusement, le calculateur embarqué 10 est également configuré pour générer
un signal d'alerte si des détecteurs d'intégrité du véhicule ferroviaire 2 détectent
une perte d'intégrité du véhicule ferroviaire 2, durant un intervalle temporelle de
durée inférieure à une durée prédéterminée. Le véhicule ferroviaire 2 est dit intègre
s'il n'a perdu aucun wagon au cours de son déplacement. De préférence, le calculateur
embarqué 10 est configuré pour émettre un signal d'alerte suite à sa mise en fonctionnement
après une mise en veille ou une extinction. Dans ce cas, lors de la mise en veille
ou de l'extinction du calculateur embarqué 10, l'ordinateur au sol 12 mémorise l'orientation
du véhicule ferroviaire 2 par rapport à la voie ferrée 4, c'est-à-dire que l'ordinateur
au sol 12 mémorise le sens de la marche du véhicule ferroviaire 2.
[0036] Le calculateur embarqué 10 est propre à communiquer avec l'ordinateur au sol 12.
Le calculateur embarqué 10 et l'ordinateur au sol 12 sont par exemple propres à communiquer
entre eux par ondes radio.
[0037] Le calculateur embarqué 10 est propre à émettre, à destination de l'ordinateur au
sol 12, le dernier intervalle de positions S
0 du véhicule ferroviaire 2 calculé par le calculateur embarqué 10.
[0038] Le calculateur embarqué 10 est également propre à émettre, à destination de l'ordinateur
au sol 12, les valeurs de déplacement et les valeurs de vitesse mesurées et/ou calculées.
[0039] Le calculateur embarqué 10 est en outre propre à émettre le signal d'alerte à destination
de l'ordinateur au sol 12, l'alerte indiquant une perte de localisation.
[0040] L'ordinateur au sol 12 comporte une mémoire (non représentée) dans laquelle l'identifiant
de chaque canton 6 est associé à la position géographique du canton 6.
[0041] L'ordinateur au sol 12 est propre à calculer une position limite avant A
max et une position limite arrière Z
max pour le véhicule ferroviaire 2. Les positions limites avant A
max et arrière Z
max sont respectivement le point de la voie ferrée 4 en aval du véhicule ferroviaire
2 et le point de la voie ferrée 4 en amont du véhicule ferroviaire 2 que le véhicule
ferroviaire 2 n'est pas autorisé à dépasser par les ordres de mouvements données par
l'ordinateur sol 12. En fonctionnement normal, la position instantanée du véhicule
ferroviaire 2 est toujours comprise entre les positions limites avant A
max et arrière Z
max.
[0042] L'ordinateur au sol 12 est propre à retransmettre les positions limites avant A
max et arrière Z
max à destination du calculateur embarqué 10 et/ou à un système de commande (non représenté)
du véhicule ferroviaire 2. Les positions limites A
max, Z
max correspondent aux autorisations de mouvements maximales données au train. Le calculateur
embarqué 10 est propre à garantir en sécurité que ces positions ne sont jamais dépassées
par le véhicule ferroviaire 2.
[0043] La position limite avant A
max dépend de l'espacement avec le véhicule ferroviaire se trouvant en aval du véhicule
ferroviaire 2 considéré. La position limite avant A
max se situe avantageusement, en aval du véhicule ferroviaire 2, et par rapport à l'avant
du véhicule ferroviaire 2, à une distance supérieure à 100 m, de préférence supérieure
à 200 m, par exemple égale à 500 m.
[0044] La position limite arrière Z
max se situe avantageusement, en amont du véhicule ferroviaire 2, et par rapport à l'arrière
du véhicule ferroviaire 2, à une distance inférieure à 100 m, de préférence inférieure
à 50 m, par exemple égale à 20 m.
[0045] L'ordinateur au sol 12 est propre à calculer un intervalle de positions du véhicule
ferroviaire 2 dit « intervalle auxiliaire S
x, à partir des informations reçues en provenance du calculateur embarqué 10, des dispositifs
de détection secondaires 8 et des positions limites A
max, Z
max fournies par l'ordinateur au sol 12 lui-même. Comme illustré sur la figure 1, l'intervalle
auxiliaire S
x comporte une extrémité avant A
x et une extrémité arrière Z
x.
[0046] Par exemple, l'ordinateur au sol 12 est propre à calculer l'intervalle auxiliaire
S
x du véhicule ferroviaire 2 en cas de réception d'un signal d'alerte en provenance
du calculateur embarqué 10. L'ordinateur au sol 12 est propre à calculer l'intervalle
auxiliaire S
x du véhicule ferroviaire 2 à partir de la dernière position du véhicule ferroviaire
2 qui a été calculée par le calculateur embarqué 10, à partir des valeurs mesurées
et/ou calculées de déplacement et/ou de vitesse, à partir des dispositifs de détection
secondaires 8 et à partir des positions limites A
max et Z
max fournies par l'ordinateur sol 12 lui-même.
[0047] L'ordinateur au sol 12 est propre à émettre, à destination du calculateur embarqué
10, l'intervalle auxiliaire S
x du véhicule ferroviaire 2.
[0048] Le dispositif de localisation 3 est propre à déterminer l'intervalle S
0 et/ou l'intervalle auxiliaire S
x du véhicule ferroviaire à partir de données reçues par le calculateur embarqué 10
et/ou l'ordinateur au sol 12.
[0049] Le fonctionnement du dispositif de localisation 3 va maintenant être décrit.
[0050] Au cours d'une étape initiale de fonctionnement normal du véhicule ferroviaire 2,
il n'y a pas de perte de localisation par le calculateur embarqué et aucune alerte
n'a été émise. Le calculateur embarqué 10 détermine l'intervalle de positions S
0 du véhicule ferroviaire 2. L'intervalle S
0 est dit « intervalle initial» du véhicule ferroviaire 2.
[0051] Dans l'exemple illustré par la figure 2, le véhicule ferroviaire 2 occupe le deuxième
canton 6B. Ainsi, le deuxième canton 6B est occupé et les premier et troisième cantons
6A, 6C sont vacants.
[0052] A l'issue de l'étape initiale, une perte de localisation survient. Le calculateur
embarqué 10 émet alors un signal d'erreur à destination de l'ordinateur au sol 12.
Le calculateur embarqué 10 transmet également à l'ordinateur au sol 12 l'intervalle
initial S
0 du véhicule ferroviaire 2 avant la survenue de la perte de localisation. En outre,
le calculateur embarqué 10 transmet à l'ordinateur au sol 12 la valeur du déplacement
et/ou de la vitesse du véhicule ferroviaire 2 qui est mesurée respectivement par les
instruments de mesure de déplacement et par les instruments de mesure de vitesse.
[0053] L'ordinateur au sol 12 calcule alors un premier intervalle auxiliaire S
p, au cours d'une première étape du procédé, et un deuxième intervalle auxiliaire S
d, au cours d'une deuxième étape du procédé de localisation. L'ordinateur au sol 12
calcule ensuite l'intersection des intervalles auxiliaires S
p et S
d pour déterminer l'intervalle auxiliaire S
x, visible sur la figure 1.
[0054] Le premier intervalle auxiliaire S
p et le deuxième intervalle auxiliaire S
d sont respectivement visibles sur les figures 4 et 6. Le premier intervalle auxiliaire
S
p comporte une extrémité avant A
p et une extrémité arrière Z
p. Le deuxième intervalle auxiliaire S
d comporte une extrémité avant A
d et une extrémité arrière Z
d.
[0055] Comme illustré par les figures 3 et 4, l'ordinateur au sol 12 calcule le premier
intervalle auxiliaire S
p à partir de l'intervalle initial S
0 et des positions limites avant A
max et arrière Z
max.
[0056] L'extrémité avant A
p est d'abord prise égale à l'extrémité avant A
0 de l'intervalle S
0. Au cours de cycles de calcul successifs de durée T, l'ordinateur au sol 12 calcule
un nouvel emplacement du point A
p du premier intervalle auxiliaire S
p. En particulier, au cours des cycles de calcul successifs, le point A
p est déplacé sur la voie ferrée 4 selon la direction de déplacement du véhicule ferroviaire
2, d'une quantité égale à la vitesse v du véhicule ferroviaire 2 à l'instant de calcul,
multipliée par la durée T. Par exemple, sur la figure 3, et pour une vitesse v constante
du véhicule ferroviaire 2, à l'issue d'un nombre entier N strictement positif de cycles
de calcul, le point A
p est situé à une distance N*v*T selon la direction de déplacement du véhicule ferroviaire
2 par rapport à l'extrémité avant A
0 de l'intervalle S
0. Avantageusement, dans le cas d'une perte de localisation due à une incohérence de
mesure entre les différents instruments de mesures du véhicule ferroviaire 2, la vitesse
v utilisée est la vitesse maximale accessible au véhicule ferroviaire 2.
[0057] En outre, l'extrémité arrière Z
p est prise égale au point limite arrière Z
max.
[0058] Le calcul s'arrête quand le point A
p du premier intervalle auxiliaire atteint le point limite avant A
max.
[0059] En variante, les extrémités avant A
p et arrière Z
p du premier intervalle auxiliaire S
p sont prises respectivement égales aux points limites avant A
max et arrière Z
max dès le premier cycle de calcul.
[0060] Comme illustré par les figures 5 et 6, l'ordinateur au sol 12 calcule le deuxième
intervalle auxiliaire S
d à partir de l'intervalle initial S
0 et des informations émises par les dispositifs de détection secondaires 8 et relatives
à l'état occupé ou vacant des cantons 6.
[0061] Dans l'exemple illustré par la figure 2, à l'issue de l'étape initiale, le deuxième
canton 6B est occupé et les premier et troisième cantons 6A, 6C sont vacants.
[0062] L'extrémité avant A
d est d'abord prise égale à l'extrémité avant A
0 de l'intervalle initial S
0. Au cours de cycles de calcul successifs de durée T, l'ordinateur au sol 12 calcule
un nouvel emplacement du point A
d du deuxième intervalle auxiliaire S
d. En particulier, au cours des cycles de calcul successifs, le point A
d est déplacé sur la voie ferrée 4 selon la direction de déplacement du véhicule ferroviaire
2 d'une quantité égale à la vitesse v du véhicule ferroviaire 2 à l'instant de calcul,
multipliée par la durée T. Par exemple, sur la figure 5, et pour une vitesse v constante
du véhicule ferroviaire 2, à l'issue d'un nombre entier N strictement positif de cycles
de calcul, le point A
d est situé à une distance N*v*T selon la direction de déplacement du véhicule ferroviaire
2 par rapport à l'extrémité avant A
0 de l'intervalle initial S
0. Avantageusement, dans le cas d'une perte de localisation due à une incohérence de
mesure entre les différents instruments de mesures du véhicule ferroviaire 2, la vitesse
v utilisée est la vitesse maximale accessible au véhicule ferroviaire 2.
[0063] Le calcul s'arrête quand l'extrémité avant A
d du deuxième intervalle auxiliaire S
d atteint la transition entre le canton actuellement occupé et le canton vacant avant,
c'est-à-dire, dans l'exemple, à la transition entre le deuxième canton 6B et le troisième
canton 6C. L'emplacement de extrémité arrière Z
d est alors pris égal à la transition entre le canton actuellement occupé et le canton
vacant arrière, c'est-à-dire, dans l'exemple, à la transition entre le deuxième canton
6B et le premier canton 6A.
[0064] En fonction de la position instantanée du véhicule ferroviaire 2 au moment de la
survenue de la perte de localisation, le canton 6 occupé à l'issue du calcul du deuxième
intervalle auxiliaire S
d est le même ou est différent du canton 6 occupé au début du calcul du deuxième intervalle
auxiliaire S
d.
[0065] De préférence, et comme cela apparaît sur la figure 6, à l'issue du calcul précédemment
défini, l'extrémité avant A
d est décalée vers l'avant d'un premier décalage prédéfini D
A et l'extrémité arrière Z
d est décalée vers l'arrière d'un deuxième décalage prédéfini D
Z. Le premier décalage D
A et le deuxième décalage D
Z permettent de tenir compte des éventuels retards, pour chaque dispositif de détection
secondaire 8, de détection de l'entrée du véhicule ferroviaire 2 sur un canton 6 correspondant
ou de la sortie du véhicule ferroviaire 2 d'un canton 6 correspondant.
[0066] Le premier décalage D
A est avantageusement compris entre 10 m et 400 m, de préférence compris entre 50 m
et 300 m, par exemple compris entre 100 m et 200 m.
[0067] Le deuxième décalage D
Z est avantageusement compris entre 10 m et 200 m, de préférence compris entre 20 m
et 150 m, par exemple compris entre 30 m et 100 m.
[0068] L'ordinateur au sol 12 calcule ensuite l'intervalle auxiliaire S
x. L'intervalle auxiliaire S
x est l'intersection du premier intervalle auxiliaire S
p et du deuxième intervalle auxiliaire S
d. En particulier :

[0069] L'ordinateur au sol 12 émet ensuite l'intervalle auxiliaire S
x vers le calculateur embarqué 10.
[0070] A la réception de l'intervalle auxiliaire S
x, le calculateur embarqué 10 prend l'intervalle auxiliaire S
x comme son intervalle de positions S
0 courant. Le calculateur embarqué 10 n'émet plus de signal d'alerte. Le véhicule ferroviaire
2 est alors autorisé à reprendre sa marche sur la voie ferrée 4.
[0071] Avantageusement, la durée entre l'émission du signal d'alerte par le calculateur
embarqué 10 à destination de l'ordinateur au sol 12, et la réception de l'intervalle
auxiliaire Sx par le calculateur embarqué 10 depuis l'ordinateur au sol 12, est inférieure
à 20 s, de préférence inférieure à 10 s, par exemple inférieure à 5 s.
[0072] Comme cela est représenté sur la figure 7, dans le cas d'une remise en fonctionnement
du calculateur embarqué 10 après une mise en veille ou une extinction, le calculateur
embarqué 10 émet un signal d'alerte indiquant une perte de localisation à destination
de l'ordinateur au sol 12. L'ordinateur au sol 12 a préalablement mémorisé l'orientation
du véhicule ferroviaire 2 par rapport à la voie ferrée 4, c'est-à-dire la position
relative du wagon de tête du véhicule ferroviaire 2, encore appelé « avant » par rapport
à la position du wagon de queue, encore appelé « arrière ».
[0073] Au cours d'une étape suivante, illustrée par la figure 8, l'ordinateur au sol 12
calcule le deuxième intervalle auxiliaire S
d selon le procédé décrit précédemment. Notamment, l'emplacement de l'extrémité avant
A
d du deuxième intervalle auxiliaire S
d est pris égal à la transition entre le canton actuellement occupé et le canton vacant
avant, c'est-à-dire, dans l'exemple, à la transition entre le deuxième canton 6B et
le troisième canton 6C. Puis l'extrémité avant A
d est décalée vers l'avant du premier décalage prédéfini D
A.
[0074] Au cours d'une étape suivante, illustrée par la figure 9, l'ordinateur au sol 12
détermine l'emplacement d'un point P de la voie ferrée 4. Le point P est un point
situé en aval, suivant l'orientation du véhicule ferroviaire 2, de l'extrémité arrière
Z
d du deuxième intervalle auxiliaire S
d. Le point P se trouve à une distance L de l'extrémité arrière Z
d, la distance L étant égale à la longueur du véhicule ferroviaire 2. Le point P est
le point le plus en amont de la voie ferrée 4 où est susceptible de se trouver la
tête du véhicule ferroviaire 2.
[0075] Au cours d'une étape suivante, illustrée par la figure 10, l'ordinateur au sol 12
calcule l'emplacement de la limite avant A
max à partir de l'emplacement du point P. L'ordinateur au sol 12 émet ensuite le deuxième
intervalle auxiliaire S
d vers le calculateur embarqué 10, ainsi que la limite avant A
max.
[0076] A la réception du deuxième intervalle auxiliaire S
d, le calculateur embarqué 10 prend le deuxième intervalle auxiliaire S
d comme son intervalle de positions S
0 courant. Le calculateur embarqué 10 n'émet plus de signal d'alerte. Le véhicule ferroviaire
2 est alors autorisé à se mouvoir sur la voie ferrée 4.