[0001] L'invention concerne une feuille de papier résistante au froissement ainsi que son
procédé de fabrication. Au sens de l'invention « résistante au froissement » signifie
que la feuille a, suite au froissement, un faible marquage au pli.
[0002] Les billets de banque étant exposés durant leur vie à de nombreuses manipulations,
il est de manière constante recherché à améliorer leur durabilité et à ces fins notamment
à renforcer leur résistance mécanique.
[0003] D'une manière générale, il est constaté qu'au regard de nombreuses manipulations,
les billets de banque possèdent un aspect froissé et/ou plié. Or, les zones froissées
présentent des plis profonds, irréversibles, qui à terme donnent souvent lieu à des
déchirures. Ainsi, la présence de plis fragilise et réduit la durée de vie des billets
de banque. En outre, la présence de plis, rend le traitement automatisé de ces billets
de banque malaisé, par exemple lors des vérifications d'authenticité ou d'usure sur
machine de tri.
[0004] En particulier sur des substrats munis d'une couche « barrière », notamment des billets
de banque, ces zones froissées donnent lieu à une fragilisation de ladite couche «
barrière » permettant la pénétration des « salissures ».
[0005] Par « couche barrière » on entend une couche bouchant les pores du substrat considéré
par exemple une feuille de papier, et dédiée à conférer à ce support une protection
renforcée. Cette couche peut être hydrophobe et/ou oléophobe.
[0006] Par « salissures » on entend notamment des liquides aqueux ou oléagineux, ou encore
des particules sub-millimétriques, ainsi que leurs mélanges.
[0007] Un premier gain de résistance au froissement concernant le maintien d'une porosité
nulle après froissement a été obtenu
via l'incorporation dans le matériau cellulosique dédié à former le document de sécurité
d'un latex floculé. Comme décrit dans le document
FR 2 916 768, le latex est floculé dans les interstices du matelas fibreux lui conférant ainsi
une élasticité localisée et donc un gain en résilience.
[0008] Toutefois, il serait avantageux de pouvoir renforcer cette résistance au froissement
en améliorant d'autres caractéristiques et en particulier en diminuant le marquage
au pli.
[0009] Selon un de ses aspects, la présente invention vise donc à fournir un document de
sécurité à base de fibres cellulosiques qui présente une résistance au froissement
renforcée aussi bien en termes de résilience que de marquage au pli.
[0010] Selon un autre de ses aspects, le but de la présente invention est de fournir un
document de sécurité à base de fibres cellulosiques dont les propriétés mécaniques
ne sont pas altérées par le traitement visant à renforcer leur résistance au froissement.
[0011] Selon encore un autre de ses aspects, le but de la présente invention est de fournir
un document de sécurité capable de satisfaire par ailleurs de façon convenable à toutes
les contraintes de fabrication papetière.
[0012] Ainsi, l'invention concerne, selon un de ses aspects, une feuille de papier à haute
résistance au froissement et au pliage, notamment pour la fabrication de billets de
banque, comportant un substrat fibreux imprégné à coeur par au moins un liant polymérique
hydroxylé caractérisé en ce que ledit liant et les fibres dudit substrat sont au moins
en partie liés de manière covalente à au moins un dérivé siloxane.
[0013] Par « imprégnation à coeur » on entend que le liant polymérique hydroxylé s'établit
en profondeur dans le substrat et se retrouve à la surface également. Ainsi, les fibres
du substrat se trouvent pour l'essentiel en contact avec le liant polymérique hydroxylé.
[0014] Selon une variante, ledit substrat fibreux est également imprégné à coeur par au
moins un dérivé siloxane.
[0016] Toutefois, comme il ressort des exemples ci-après, le traitement d'un substrat fibreux
de type papier avec uniquement un dérivé silanol dans les conditions préconisées dans
ce document, s'avère préjudiciable aux propriétés mécaniques du support papier ainsi
obtenu.
[0017] De façon surprenante, les inventeurs ont constaté qu'en revanche la mise en oeuvre
de silanol en association avec un liant polymérique hydroxylé à l'image de l'alcool
polyvinylique (PVA) permet de s'affranchir de cette diminution significative en résistance
mécanique.
[0018] Avantageusement, et comme il ressort des exemples ci-après, les feuilles de papier
selon l'invention manifestent contre toute attente une bonne résistance au froissement
aussi bien en termes de résilience que de marquage au pli, sans altérer ses caractéristiques
mécaniques.
[0019] L'invention concerne également, selon un autre de ses aspects, un procédé de fabrication
d'une feuille de papier à haute résistance au froissement et au pliage, notamment
pour la fabrication de billets de banque telle que décrite ci-dessus, à partir d'un
substrat fibreux comprenant
- (i) l'imprégnation dudit substrat avec une solution aqueuse d'un liant polymérique
hydroxylé notamment en une proportion variant de 1 à 10 % en poids sec par rapport
au poids des fibres en sec,
- (ii) l'imprégnation dudit substrat avec une solution aqueuse d'au moins un dérivé
silanol, et
- (iii) le séchage du substrat modifié selon les étapes (i) et (ii),
[0020] l'étape (ii) pouvant être réalisée préalablement, simultanément ou consécutivement
à l'étape (i).
[0021] De préférence l'étape (ii) est réalisée simultanément ou consécutivement à l'étape
(i).
[0022] Selon un autre de ses aspects, la présente invention concerne une structure multicouche
comprenant une feuille de papier telle que décrite ci-dessus.
[0023] Ainsi, une structure multicouche peut être formée d'une superposition de plusieurs
couches de nature chimique identiques ou différentes avec au moins l'une d'entre elles
étant figurée par une feuille de papier selon l'invention.
[0024] Par exemple, il peut s'agir d'une structure formée d'une feuille de papier conforme
à l'invention, celle-ci étant revêtue sur l'une de ses faces externes voire sur les
deux, d'un film plastique.
[0025] Selon encore un autre de ses aspects, l'invention concerne l'utilisation d'un dérivé
silanol à titre d'agent d'insolubilisation en industrie papetière. Un agent d'insolubilisation
permet d'éviter la solubilisation du polymère hydroxylé présent dans le papier lors
d'un contact de longue durée avec une solution aqueuse (eau). Cet agent est constitué
de fonctions chimiques réagissant, lorsque soumises à une énergie thermique, avec
les fonctions hydroxyles du polymère hydroxylé.
[0026] Selon encore un autre de ses aspects, l'invention concerne l'utilisation d'un dérivé
silanol à titre d'agent de collage en industrie papetière. Un agent de collage permet
d'apporter de l'hydrophobie au substrat fibreux traité afin d'améliorer la répulsion
par le substrat des solutions aqueuses (eau) mises à son contact.
[0027] Contre toute attente, les inventeurs ont en effet constaté que les dérivés de silanol
notamment tels que définis ci-après s'avèrent efficaces pour augmenter l'insolubilisation
du liant polymérique hydroxylé tout en permettant l'obtention d'une feuille de papier
résistante à l'eau. Les inventeurs ont également constaté que l'insolubilisation grâce
aux dérivés de silanol est particulièrement augmentée lorsque l'étape (ii) du procédé
défini ci-dessous, est réalisée simultanément ou consécutivement à l'étape (i).
[0028] Par ailleurs, ces dérivés de silanol s'avèrent avantageusement dénués d'effets indésirables
notamment en terme de toxicité, par opposition notamment aux résines polyamide-épichlorhydrine
ou polyamine-amide-épichlorhydrine classiquement considérées pour cette fonction en
industrie papetière.
DERIVE SILOXANE
[0029] Comme précisé ci-dessus, au sens de l'invention, un dérivé de siloxane couvre tout
composé comprenant au moins un atome de silicium lié à au moins un atome d'oxygène.
Ils sont obtenus à partir de dérivés silanol selon l'invention ayant réagi avec des
fibres, d'autres dérivés silanol et/ou le liant polymérique hydroxylé.
[0030] Au regard précisément de la présence de dérivés siloxane liés au moins en partie
au liant polymérique hydroxylé et à des fibres la constituant, la feuille de papier
selon l'invention présente des bandes d'absorption infrarouge caractéristiques des
liaisons C-O-Si dans lesquelles C provient de la cellulose ou d'un liant polymérique
hydroxylé. Ces bandes s'observent respectivement entre 1100 cm
-1 et 1250 cm
-1.
[0031] Avantageusement, dans le cadre de l'invention, ce dérivé de siloxane répond à la
formule (I)

dans laquelle :
- □ représente une liaison covalente avec une fibre, un autre atome de silicium ou le
liant polymérique hydroxylé,
- A représente un groupement hydrocarboné divalent, saturé ou non, la chaîne hydrocarbonée
peut être le cas échéant interrompue par un ou plusieurs atome(s) d'azote, d'oxygène,
de soufre ou de phosphore, et substituée par un ou plusieurs groupement(s) hydrocarbonés
comprenant un ou plusieurs atome(s) d'azote, d'oxygène, de soufre, de phosphore et
d'halogène en particulier de fluor et/ou par un ou plusieurs groupement(s) cyclique(s)
en C3 à C6 ou aromatique(s) et dont la chaîne hydrocarbonée peut être le cas échéant
interrompue par un ou plusieurs atome(s) d'azote, d'oxygène de soufre ou de phosphore,
- B représente
- une liaison -O-□, ou
- un halogène, ou
- un groupement hydrocarboné, saturé ou non, linéaire ou ramifié ou cyclique, possédant
ou non un ou plusieurs groupe(s) cyclique(s) et dont la chaîne hydrocarbonée peut
être interrompue par un ou plusieurs atome(s) d'azote, d'oxygène ou de soufre,
- R représente
- un atome d'hydrogène,
- un atome d'halogène et de préférence de fluor, ou
- un motif de formule (II)

dans laquelle B' représente
- une liaison -O-□ ou
- un halogène, ou
- un groupement hydrocarboné, saturé ou non, linéaire ou ramifié ou cyclique, possédant
ou non un ou plusieurs groupe(s) cyclique(s) et dont la chaîne hydrocarbonée peut
être interrompue par un ou plusieurs atome(s) d'azote, d'oxygène ou de soufre.
[0032] Au sens de la présente invention, le terme « groupement hydrocarboné » ou « chaîne
hydrocarbonée » désigne plus particulièrement un groupement linéaire ou ramifié en
C1 à C30, notamment en C1 à C18.
[0033] Selon une première variante de réalisation préférée, B représente une liaison -O-□
et R représente un atome d'hydrogène ou de fluor dans la formule I de dérivé siloxane.
[0034] Dans ce mode de réalisation, A représente avantageusement un groupement hydrocarboné
divalent saturé ou insaturé, la chaîne hydrocarbonée pouvant être interrompue par
un ou plusieurs atome(s) d'oxygène, le cas échéant substituée par un groupement époxyde.
[0035] A titre illustratif et non limitatif de ces dérivés siloxane peuvent notamment être
cités les dérivés suivants :

dans laquelle R' représente un motif -CH=CH
2 ou une chaîne hydrocarbonée, le cas échéant substituée avec un ou plusieurs atome(s)
de fluor, un groupement époxyde ou une chaîne hydrocarbonée interrompue par un ou
plusieurs atome(s) d'oxygène et fonctionnalisée avec un groupement époxyde.
[0036] Selon une deuxième variante de réalisation préférée, R représente le motif de formule
(II) tel que décrit ci-dessus, et B et B' représentent une liaison -O-□. Dans ce mode
de réalisation, A comporte avantageusement un ou plusieurs atome(s) d'azote et/ou
d'oxygène.
[0037] A titre illustratif et non limitatif des dérivés siloxane présents dans le substrat
fibreux de la feuille de papier selon l'invention peuvent notamment être cités les
dérivés suivants :

avec n variant de 2 à 10 et de préférence de 2 à 7

avec □ représentant une liaison covalente avec une fibre, un autre atome de silicium
ou le liant polymérique hydroxylé.
[0038] Selon une troisième variante de réalisation préférée, R représente le motif de formule
(II) tel que décrit ci-dessus, et B et B' représentent :
- un halogène, ou
- un groupement hydrocarboné monovalent, saturé ou non, linéaire ou ramifié ou cyclique,
possédant ou non un ou plusieurs groupe(s) cyclique(s) et dont la chaîne hydrocarbonée
peut être interrompue par un ou plusieurs atome(s) d'azote, d'oxygène ou de soufre.
[0039] Dans ce mode de réalisation, A comporte avantageusement un ou plusieurs atome(s)
d'azote et/ou d'oxygène.
[0040] A titre illustratif et non limitatif de tels dérivés siloxane peuvent notamment être
cités les dérivés suivants :

avec n variant de 2 à 10 et de préférence de 2 à 7

avec □ représentant une liaison covalente avec une fibre, un autre atome de silicium
ou le liant polymérique hydroxylé.
[0041] Le dérivé siloxane peut être présent dans le substrat fibreux dans une proportion
variant de 5 à 30 % et en particulier de 10 à 20 % en poids sec par rapport au poids
total des fibres en sec.
[0042] Le dérivé siloxane peut être présent dans le substrat fibreux dans une proportion
variant de 100 à 350 % et en particulier de 200 à 300 % en poids sec par rapport au
poids total de liant polymérique hydroxylé.
LIANT POLYMERIOUE HYDROXYLE
[0043] Le liant polymérique hydroxylé selon l'invention comprend au moins un groupe hydroxyle,
et avantageusement plus de un groupe hydroxyle.
[0044] Le liant polymérique hydroxylé imprégnant le substrat est de préférence à base d'alcool
polyvinylique (PVA), d'amidon, de pullulane, de polyhydroxy-alkyl-méthacrylate, de
polyglycérol-monométhacrylate ou d'un polysaccharide.
[0045] De préférence, il est à base de PVA.
[0046] Ledit liant polymérique hydroxylé est dans une proportion variant de 1 à 10 % en
poids sec par rapport au poids total des fibres en sec.
[0047] Le composé considéré pour former le liant polymérique est généralement mis en contact
avec le substrat fibreux sous la forme d'une préparation aqueuse, de préférence en
ligne sur la machine à papier, de préférence à l'aide d'une imprégnatrice et/ou d'un
dispositif de surfaçage.
[0048] L'alcool polyvinylique peut être par exemple dissous dans de l'eau à hauteur de 1
% à 10 % en masse, de préférence entre 3 % et 6 %, avant imprégnation du substrat
papier.
[0049] Pour appliquer la préparation aqueuse de PVA on peut utiliser une imprégnatrice et/ou
un dispositif de surfaçage en ligne, comportant notamment des rouleaux de prédosage,
des rouleaux gravés, des rouleaux à transfert avant dosage en sortie.
[0050] Une autre alternative peut consister à tremper le substrat fibreux dans un bain aqueux
contenant le composé destiné à former le liant polymérique.
[0051] Le cas échéant, la solution aqueuse contenant ce liant polymérique hydroxylé peut
en outre être supplémentée d'autres additifs usuellement mis en oeuvre dans l'industrie
papetière.
SUBSTRAT FIBREUX
[0052] Le substrat utile à la mise en oeuvre de la présente invention peut être tout papier
ou non tissé adapté à fabrication de papier et plus particulièrement de documents
de sécurité à l'image des billets de banque.
[0053] Cela englobe les papiers fibreux non tissés, comprenant des fibres naturelles, en
particulier cellulosiques ou des fibres synthétiques ou encore un mélange de fibres
naturelles et synthétiques.
[0054] En particulier, lesdites fibres peuvent être des fibres cellulosiques en mélange
avec des fibres synthétiques.
[0055] Parmi les fibres naturelles, on peut citer les fibres de bois, par exemple de feuillus,
de résineux ou leur mélange, d'eucalyptus, de coton, de bambou, de viscose, de paille,
d'abaca, d'asperto, de chanvre, de jute, de lin, de sisal ou leurs mélanges.
[0056] Les fibres peuvent être blanchies, semi-blanchies ou non blanchies.
[0057] Parmi les fibres synthétiques, on peut citer les fibres de polyester, de polyamide,
de rayonne et de viscose.
[0058] Les fibres peuvent être courtes ou longues.
[0059] Les fibres peuvent présenter une longueur moyenne variant de 0,1 à 30 mm, en particulier
de 1 à 15 mm.
[0060] Selon un mode de réalisation de l'invention, le substrat fibreux peut par exemple
être constitué uniquement de fibres cellulosiques.
[0061] De préférence, selon un autre mode de réalisation de l'invention, les fibres entrant
dans la composition de la feuille peuvent comprendre des fibres synthétiques. Ce mode
de réalisation est particulièrement avantageux, car il permet d'améliorer encore les
propriétés de résistance à la déchirure de la feuille selon l'invention.
[0062] En particulier, les feuilles de papier selon l'invention comprenant des fibres synthétiques
présentent une résistance à la déchirure supérieure à 1300 mN.
[0063] Selon un sous mode de ce mode de réalisation de l'invention, les fibres synthétiques
sont en une proportion variant de 5 à 30 % en poids sec par rapport au poids total
des fibres.
[0064] Selon un autre sous mode de ce mode de réalisation de l'invention, la feuille comprend
des fibres de coton en une proportion d'au moins 70 % en poids sec par rapport au
poids total des fibres et des fibres synthétiques en une proportion variant de 10
à 30 % en poids sec par rapport au poids total des fibres, la somme totale des fibres
de coton et des fibres synthétiques étant égale à 100 %.
[0065] Selon encore un sous mode de ce mode de réalisation l'invention, lesdites fibres
synthétiques sont choisies parmi des fibres de polyamide et/ou les fibres de polyester.
Il peut s'agir, par exemple de fibres de polyamide 6-6 ou de fibres de polyester notamment
commercialisées par la société Kuraray sous le nom commercial EP 133.
[0066] Selon l'invention, le substrat fibreux peut par exemple être constitué de fibres
cellulosiques et de fibres synthétiques de polyamide 6-6, avantageusement en une proportion
de 90 % en poids de fibres cellulosiques par rapport au poids total de fibres en sec.
[0067] Selon encore un autre mode de réalisation de l'invention, le substrat fibreux selon
l'invention, peut en outre comprendre un latex floculé notamment en une proportion
variant de 6 à 50 % en poids par rapport au poids total de fibres en sec, avantageusement
en une proportion de 10 % en poids par rapport au poids total de fibres en sec.
[0068] Les feuilles de papiers selon l'invention, comprenant un tel latex floculé peuvent
être préparées selon le brevet
FR 2 916 768.
[0069] Le substrat fibreux peut présenter, en tant que papier fini et sec, avant traitement
selon l'invention, un grammage compris entre 20 et 120 g/m
2 et une épaisseur variant de 30 à 180 µm.
[0070] Selon une variante de réalisation, le substrat fibreux considéré selon l'invention
peut comporter un ou plusieurs filigrane(s) et/ou un ou plusieurs élément(s) de sécurité.
[0071] Parmi les éléments de sécurité pouvant être incorporés dans le substrat fibreux,
certains sont détectables à l'oeil, en lumière du jour ou en lumière artificielle,
sans utilisation d'un appareil particulier. Ces éléments de sécurité comportent par
exemple des fibres ou planchettes colorées, des fils imprimés ou métallisés totalement
ou partiellement. Ces éléments de sécurité sont dits de premier niveau.
[0072] D'autres types d'éléments de sécurité supplémentaires sont détectables seulement
à l'aide d'un appareil relativement simple, tel qu'une lampe émettant dans l'ultraviolet
(UV) ou l'infrarouge (IR). Ces éléments de sécurité comportent par exemple des fibres,
des planchettes, des bandes, des fils ou des particules. Ces éléments de sécurité
peuvent être visibles à l'oeil nu ou non, étant par exemple luminescents sous un éclairage
d'une lampe de Wood émettant dans une longueur d'onde de 365 nm. Ces éléments de sécurité
sont dits de deuxième niveau.
[0073] D'autres types d'éléments de sécurité nécessitent pour leur détection un appareil
de détection plus sophistiqué. Ces éléments de sécurité sont par exemple capables
de générer un signal spécifique lorsqu'ils sont soumis, de manière simultanée ou non,
à une ou plusieurs sources d'excitation extérieure. La détection automatique du signal
permet d'authentifier, le cas échéant, le document. Ces éléments de sécurité comportent
par exemple des traceurs se présentant sous la forme de matières actives, de particules
ou de fibres, capables de générer un signal spécifique lorsque ces traceurs sont soumis
à une excitation optronique, électrique, magnétique ou électromagnétique. Ces éléments
de sécurité sont dits de troisième niveau.
[0074] Ainsi, selon un mode de réalisation préféré de l'invention, la feuille de papier
telle que décrite ci-dessus est un document de sécurité.
[0075] A titre illustratif et non limitatif des documents de sécurité entrant dans le champ
d'application de la présente invention, on peut notamment citer un passeport, une
carte d'identité, un moyen de paiement, en particulier un billet de banque, un bon
d'achat, un chèque, un bon de valeur, une carte de crédit, un ticket d'accès à des
manifestations sportives ou un certificat d'authenticité. Un document de sécurité
selon l'invention peut également comporter un livret.
[0076] De préférence, un document de sécurité selon l'invention est un billet de banque.
[0077] Le substrat fibreux peut être au préalable obtenu sur une table inclinée, « former
», table plate (Fourdrinier) ou forme ronde ou tout autre outil capable de former
une nappe de fibres à partir de leur mélange par voie sèche comme selon les technologies
« dry-laid » (voie sèche) ou de leur mélange en suspension dans l'eau par voie humide
comme selon les technologies « wet-laid » (voie humide). Le substrat peut être obtenu,
par exemple, grâce à une suspension aqueuse en toute proportion de fibres naturelles
et/ou synthétiques. Ces fibres une fois mises en suspension sont préférentiellement
raffinées et complétées par des adjuvants bien connus de l'homme de l'art permettant
leur mise en oeuvre. En particulier, on peut faire appel à des antimousses, des agents
de rétention, des liants, des pigments, des charges minérales, des agents de résistance
à l'état humide et des agents de collage. Ce mélange fibreux peut être ensuite égoutté
sur une toile pour aboutir à la formation du substrat fibreux attendu qui est ensuite
séché avant d'être traité conformément à l'invention, en ligne.
COUCHE EXTERNE
[0078] Selon un autre mode de réalisation de l'invention, la feuille de sécurité peut comprendre
en outre une couche externe.
[0079] Cette couche externe, appliquée sur au moins une face d'une feuille, est bien connue
de l'homme du métier et permet, par exemple de renforcer les propriétés de durabilité
de la feuille. La composition d'une telle couche est par exemple décrite dans la demande
EP 1 319 104.
[0080] La couche externe est initialement, de préférence, une préparation en phase aqueuse,
notamment une émulsion ou une dispersion.
[0081] La couche d'imprimabilité externe est de préférence à base de polyuréthane.
[0082] Le polyuréthane est appliqué, de préférence, sous forme de dispersion aqueuse de
particules de polyuréthane ou pro polyuréthane.
[0083] Le polyuréthane peut être présent dans la composition destinée à former la couche
externe en une teneur massique comprise entre 40 et 100 % par rapport au poids total
de la composition.
[0084] La composition destinée à former la couche externe peut comporter un réticulant choisi
parmi les isocyanates, les carbodiimides ou les aziridines. Le réticulant peut être
en une teneur massique, en poids sec, comprise entre 1 et 15 % mieux 1 à 3 %, par
rapport au poids total de la composition avant couchage.
[0085] La composition destinée à former la couche externe comporte également, de préférence,
une charge minérale choisie parmi la silice, le kaolin, le talc ou le carbonate de
calcium.
[0086] La composition destinée à former la couche externe comporte également, de préférence,
une charge dans une proportion massique en poids sec comprise entre 1 et 60 %, mieux
3 et 10 %, par rapport au poids total de la composition.
PROCEDE
[0087] Comme il ressort de ce qui précède, la feuille de papier selon l'invention peut être
obtenue selon le procédé comprenant
- (i) l'imprégnation dudit substrat avec une solution aqueuse d'un liant polymérique
hydroxylé notamment en une proportion variant de 1 à 10 % en poids sec par rapport
au poids des fibres en sec,
- (ii) l'imprégnation dudit substrat avec une solution aqueuse d'au moins un dérivé
silanol, et
- (iii) le séchage du substrat modifié selon les étapes (i) et (ii),
[0088] l'étape (ii) pouvant être réalisée préalablement, simultanément ou consécutivement
à l'étape (i).
[0089] De préférence l'étape (ii) est réalisée simultanément et/ou consécutivement à l'étape
(i).
[0090] Dans cette dernière alternative, le terme « et » signifie que le substrat peut subir
une 1
ère imprégnation avec une solution aqueuse d'un liant polymérique hydroxylé et d'au moins
un dérivé silanol puis une 2
ème imprégnation avec uniquement une solution aqueuse d'au moins un dérivé silanol.
[0091] Si les étapes sont consécutives, une étape supplémentaire de séchage est réalisée
entre les étapes (i) et (ii).
Silanol
[0092] Comme détaillé ci après les silanols peuvent être de type monopodal ou dipodal.
[0093] Par « silanol monopodal » on entend un silanol qui ne comporte qu'un seul atome de
silicium, celui-ci étant lié à au moins un groupe hydroxyle.
[0094] Par « silanol dipodal » on entend un silanol qui comporte deux atomes de silicium,
chacun étant lié à au moins un groupe hydroxyle.
[0095] Les silanols monopodaux susceptibles d'être mis en oeuvre selon l'invention peuvent
être ou non obtenus au préalable par une réaction d'hydrolyse d'un alkoxysilane correspondant.
Cette réaction relève des compétences de l'homme de l'art.
[0096] Avantageusement, les alkoxysilanes mis en oeuvre dans des réactions d'hydrolyse afin
de fournir des silanols monopodaux au sens de l'invention, sont des trialkoxysilanes.
[0097] De même, la synthèse des silanols dipodaux relève des compétences de l'homme de l'art.
[0098] Selon une première variante de réalisation de l'invention, le substrat peut être
mis en contact avec un dérivé silanol de formule (III) :

dans laquelle - A représente un groupement hydrocarboné divalent, saturé ou non, la
chaîne hydrocarbonée peut être le cas échéant interrompue par un ou plusieurs atome(s)
d'azote, d'oxygène, de soufre ou de phosphore, et substituée par un ou plusieurs groupements(s)
hydrocarboné(s) comprenant un ou plusieurs atome(s) d'azote, d'oxygène, de soufre,
de phosphore et d'halogène en particulier de fluor et/ou par un ou plusieurs groupement(s)
cyclique(s) hydrocarbonées et dont la chaîne hydrocarbonée peut être le cas échéant
interrompue par un ou plusieurs atome(s) d'azote, d'oxygène de soufre ou de phosphore,
[0099] Avantageusement, le motif A-R est inerte vis-à-vis des fibres et du liant polymérique
associé.
[0100] Par ailleurs, lorsque le silanol est obtenu selon une réaction d'hydrolyse d'un alkoxysilane,
de préférence le motif A-R présent sur l'alkoxysilane est tel qu'il ne s'avère pas
préjudiciable à la réaction d'hydrolyse. Ainsi des motifs A-R stériquement encombrants
et/ou très hydrophobes sont à proscrire.
[0101] La prise en compte de ces exigences relève clairement des compétences de l'homme
de l'art.
[0102] Dans ce mode de réalisation la feuille de papier obtenue selon l'invention comprend
des dérivés siloxane de formule (I) telle que représentée préalablement, dans laquelle
B est une liaison -O-□ et R est un atome d'hydrogène ou de fluor.
[0103] Selon une deuxième variante de réalisation de l'invention, le substrat peut être
mis en contact avec deux dérivés silanol de formule (IV) et (V) :

avec
- A tel que défini ci-dessus,
- G1 figurant un groupement fonctionnel réactif selon une réaction de couplage covalent,
et
- G2 figurant un groupement fonctionnel complémentaire du groupement G1 au regard de
la réaction de couplage considérée.
[0104] Les groupements G1 et G2 peuvent par exemple être de type amino, époxy, sulfure,
mercapto, méthacryle, vinyle, uréido ou fluorine.
[0105] L'homme du métier est à même de sélectionner G1 et G2 de manière à ce qu'ils réagissent
ensemble.
[0106] Par exemple, le substrat peut être mis en contact avec un dérivé silanol comportant
à titre de G1 un groupe époxyde et un dérivé silanol comportant à titre de G2 un groupe
amine.
[0107] Dans ce mode de réalisation la feuille de papier obtenue selon l'invention comprend
des dérivés siloxane de formule (I) telle que représentée préalablement, dans laquelle
B et B' sont des liaisons -O-□ et R est un motif de formule (II) telle que représentée
préalablement.
[0108] Selon une troisième variante de réalisation de l'invention, le substrat peut être
mis en contact avec deux dérivés silanol de formule (IV) et (V), avec G1 et G2 figurant
respectivement un groupement fonctionnel réactif selon une réaction de couplage covalent
mais n'étant pas complémentaires l'un de l'autre, en présence, simultanée ou non,
d'un composé annexe porteur de deux groupements fonctionnels réactifs selon une réaction
de couplage covalent et complémentaires respectivement de G1 et G2.
[0109] L'homme du métier est à même de sélectionner G1, G2 et le composé annexe de manière
à ce qu'ils réagissent ensemble tel que décrit ci-dessus.
[0110] Par exemple, le substrat peut être mis en contact avec des dérivés silanol comportant
à titre de G1 et de G2 un groupe époxyde et un dérivé comportant deux groupements
amine terminaux.
[0111] Dans ce mode de réalisation la feuille de papier selon l'invention comprend des dérivés
siloxane de formule (I) telle que représentée préalablement, dans laquelle B et B'
sont des liaisons -O-□ et R est un motif de formule (II) telle que représentée préalablement.
[0112] Selon une quatrième variante de réalisation de l'invention, le substrat peut être
mis en contact avec un dérivé silanol de type dipodal de formule (VI) de telle sorte
à créer un pontage flexible entre fibres :

dans laquelle A peut par exemple être une entité dérivant d'un polyéthylène glycol
tel que le diéthylène glycol, triéthylène glycol, tétraéthylène glycol, pentaéthylène
glycol, hexaéthylène glycol, un polypropylène glycol tel que le dipropylène glycol
ou tripropylène glycol, triéthylène glycol diamine, 2,2'-oxy(biséthylamine) ou tétraéthylène
glycol amine.
[0113] Comme composés susceptibles d'être considérés pour former l'entité A, peuvent notamment
être cités les dérivés commerciaux Jeffamine D-230® (commercialisée par Huntsman)
et Jeffamine D-400® (commercialisée par Huntsman).
[0114] Dans ce mode de réalisation le papier selon l'invention comprend des dérivés siloxane
de formule (I) telle que représentée préalablement, dans laquelle R est un motif de
formule (II) telle que représentée préalablement.
[0115] Les silanols monopodaux susceptibles d'être mis en oeuvre selon l'invention peuvent
être ou non obtenus au préalable par une réaction d'hydrolyse d'un alkoxysilane correspondant.
Cette réaction relève des compétences de l'homme de l'art.
[0116] A titre d'exemples illustratifs et non limitatifs d'alkoxysilanes, on peut citer
:
- le vinyltriéthoxysilane notamment celui commercialisé par Momentive (référence Silquest
A-151NT),
- le γ-aminopropyltriéthoxysilane notamment celui commercialisé par Momentive (référence
Silquest A-1100 silane),
- l'octyltriéthoxysilane notamment celui commercialisé par Momentive (référence Silquest
A-137 silane),
- le γ-glycidyloxypropyl-triméthoxysilane notamment celui commercialisé par Struktol
(référence SCA 960).
[0117] Toutefois, certains silanols sont également disponibles commercialement comme par
exemple le fluoroalkyl-triéthoxysilane hydrolysé notamment celui commercialisé par
Degussa (référence Dynasylan® F 8815).
[0118] Les composés référencés Dynasylan
® SIVO 110, Dynasylan
® SIVO 121 et Dynasylan
® SIVO 160 commercialisés par Evonik peuvent également être considérés.
[0119] Les silanols et alkoxysilanes commercialisés par Gelest Inc. et choisis parmi ceux
référencés dans la brochure « Silane Coupling Agents » disponible à partir de l'adresse
http://www.gelest.com/gelest/forms/GeneralPages/literature.aspx peuvent également
être considérés, notamment les composés SILICLAD
®, SIT 8378.5, SIC 2263.0, SIS 6984.0 et SIT 8378.3.
[0120] L'étape (ii) d'imprégnation dudit substrat avec au moins un dérivé silanol s'effectue
avec une solution aqueuse d'au moins un dérivé silanol.
[0121] Le ou les dérivé(s) silanol sont mis en oeuvre en une proportion supérieure à 0,5
%, de préférence variant de 5 à 30 %, de préférence de 10 à 20 % en poids sec par
rapport au poids total des fibres en sec.
[0122] En effet, à partir d'une proportion de 0,5 % de dérivé silanol, en poids sec par
rapport au poids total des fibres en sec, l'insolubilisation du polymère hydroxylé
est déjà constatée.
[0123] Un silanol peut être par exemple dissous dans de l'eau à hauteur de plus de 0,5 %,
de préférence entre 5 à 50% et plus préférentiellement entre 10 % à 50 % en masse,
de préférence entre 15 % et 40 %, avant imprégnation du substrat papier.
[0124] Comme précisé précédemment le ou les silanol considéré(s) peuvent être mis en contact
simultanément ou non audit liant polymérique hydroxylé avec le substrat fibreux.
[0125] En ce qui concerne l'opération d'imprégnation, elle peut être réalisée par trempage
c'est-à-dire immersion du substrat fibreux dans un bain aqueux contenant au moins
un dérivé silanol et ledit liant polymérique hydroxylé, ou dans deux bains consécutifs
contenant respectivement au moins ledit liant polymérique hydroxylé et un dérivé silanol.
Dans ce mode de réalisation, la ou les solutions aqueuses sont mises en contact avec
le substrat fibreux
via une imprégnatrice en ligne.
[0126] Cette imprégnation peut être également réalisée
via la mise en oeuvre de dispositifs usuellement considérés pour le surfaçage, l'encollage
ou le couchage du papier. Dans ce mode de réalisation, la ou les solutions aqueuses
sont déposées en surface du substrat fibreux
via un dispositif de surfaçage, d'encollage ou de couchage en ligne, comportant notamment
des rouleaux de prédosage, des rouleaux gravés, des rouleaux à transfert avant dosage
en sortie. Ledit dispositif de surfaçage, d'encollage ou de couchage est de préférence
une presse-encolleuse (« size-press » ou « film-press ») ou une coucheuse. Il s'agit
plus préférentiellement d'une presse-encolleuse afin de favoriser une imprégnation
« à coeur ».
[0127] En outre, cette imprégnation peut être réalisée par pulvérisation.
[0128] Selon une variante de l'invention, les étapes d'imprégnation (i) et (ii) s'effectuent
indépendamment l'une de l'autre par trempage, par surfaçage, encollage, pulvérisation
ou couchage.
[0129] Selon un mode de réalisation préféré de l'invention, les étapes d'imprégnation (i)
et (ii) s'effectuent simultanément et par trempage.
[0130] Le procédé selon l'invention est particulièrement avantageux dans la mesure où il
permet d'incorporer le silanol
via un procédé conventionnel de fabrication d'une feuille de papier, c'est-à-dire concomitamment
aux étapes conventionnelles de fabrication.
[0131] Il ne nécessite donc avantageusement pas d'étape additionnelle autre que celles requises
pour la fabrication de la feuille de papier.
[0132] Comme décrit précédemment, les inventeurs ont en outre constaté que la mise en oeuvre
du silanol permet de s'affranchir de l'insolubilisant usuellement requis à l'égard
du liant polymérique hydroxylé.
[0133] Ainsi, dans le procédé tel que décrit ci-dessus de fabrication d'une feuille de papier,
le silanol est en outre utilisé à titre d'agent insolubilisant dudit liant polymérique
hydroxylé.
[0134] Le séchage du substrat ainsi traité peut être réalisé par exemple par air chaud ou
infrarouge, possiblement secondé par des rouleaux chauffeurs.
[0135] La température de surface atteinte sera au minimum de 30°C et au maximum de 180°C,
et ce en relation avec le temps de séjour du papier couché dans l'unité de chauffage.
[0136] Plus précisément, le substrat fibreux est par exemple passé au travers d'une section
de séchage formée de cylindres chauffés à la vapeur d'eau mis en contact avec les
deux côtés du substrat fibreux, ou soumis aux rayonnement infrarouge, ou passé dans
un tunnel soufflant de l'air chaud au travers du substrat fibreux.
[0137] Le séchage peut être effectué à une température variant de 50 à 250°C, notamment
de 60 à 150 °C.
[0138] L'eau est par exemple évaporée pour atteindre une teneur variant de 4 à 6 % en poids
dans le substrat fibreux fini.
[0139] Cette étape de séchage est également propice à la réticulation des dérivés silanol
entre eux et/ou avec les groupes hydroxyles du substrat fibreux et/ou du liant polymérique
hydroxylé en raison des conditions de déshydratation.
EXEMPLES
[0140] Les exemples figurant ci-après sont présentés à titre illustratif et non limitatif
de l'invention.
Méthodes de mesure
La Résilience :
[0141] Cette mesure s'effectue à 23°C et 50 % de taux d'humidité sur un échantillon de 10cm
x 2,5cm. Elle permet de visualiser « la nervosité ou effet ressort » du papier traité.
L'échantillon est plié sur lui même, sans marquer le pli au préalable, sous l'action
d'un poids de 2 kg pendant 30s. Le poids est ensuite retiré et une lecture de l'angle
de résilience est effectuée après 30s. Plus le papier sera « nerveux », plus l'angle
de résilience sera important, moins le pli sera marqué.
[0142] La figure 1 qui se trouve en annexe propose une illustration de cette mesure.
Le Taux de plis :
[0144] Il comprend :
- a) un dispositif pour rouler l'éprouvette de papier en un cylindre. Ce dispositif
est constitué d'un manchon fendu à l'intérieur duquel est placée une fourche mobile
à deux dents,
- b) un tube dont l'une des extrémités est pourvue d'un couvercle mobile,
- c) un guide cylindre glissant à l'intérieur dudit tube,
- d) un guide cylindrique permettant de maintenir à l'intérieur et en position verticale
ledit piston dont la base inférieure repose à l'extrémité d'un levier. Le guide cylindrique
est conçu de telle manière que le tube peut coulisser entre ledit guide et le piston,
- e) un levier monté sur un pivot, et
- f) un poids à l'extrémité du bras long dudit levier, opposée à celle du bras court
qui supporte le piston.
[0145] La force de froissage est réglée par la position du poids sur le bras du levier de
manière à ce que la pression sur le piston soit de 10kg/cm
2 ± 0,1 kg/cm
2.
[0146] Les différentes pistes cylindriques, à savoir, le guide, le tube et le piston doivent
pouvoir coulisser librement et notamment glisser sous le poids. Le tube et le piston
étant en place dans le guide, le piston doit tomber ou se lever selon que l'on soulève
ou l'on rabaisse le poids à l'extrémité du levier. En cas d'empêchement, il faut vérifier
qu'il n'y a pas un corps étranger et essuyer ces pièces.
[0147] Un échantillon carré de 6,7cm x 6,7cm est froissé à 8 reprises au moyen de l'appareil
pré-cité. Il est ensuite extrait de l'appareil puis maintenu aux 4 coins. L'analyse
de quatre images (rotation de l'échantillon de ¼ de tour) haute résolution de l'échantillon
via un logiciel permet d'exprimer le taux de plis moyen présents sur la surface analysée.
Cette analyse se fait en trois étapes :
- éclairage de l'échantillon en lumière rasante avec une source Schott KL1500 LED (Source
lumière froide LED, intensité maximale) équipé du guide et de la rampe de lumière
fixée à 2cm du bord de l'échantillon.
- photographie de l'échantillon avec un appareil photo numérique Canon A1100 IS (Mode
Macro, Noir et Blanc avec préréglage du niveau de blanc à la lumière tungstene, ISO
100, Resolution 3264x2448 pixels) placé à 28 cm à la verticale de l'échantillon.
- analyse automatique d'une zone de la photographie (centrée ; résolution 1800x1800
pixels) à l'aide du logiciel Image J 1.43. L'analyse est effectuée par le lancement
du programme basé sur le calcul du ratio (%) de pixels représentant les « creux »
(noirs) et les « bosses » (blancs). Les différentes étapes du programme sont :
✔ conversion de l'image (1800x1800 pixels) en 8 bit correspondant à 256 niveaux de
gris,
✔ opération de seuillage simple (ou binarisation) à 64. Ceci consiste à mettre à zéro
tous les pixels ayant un niveau de gris inférieur à 64 et à la valeur maximale les
pixels ayant une valeur supérieure. Ainsi le résultat du seuillage est une image binaire
contenant des pixels noirs et blancs,
✔ calcul du ratio pixels noirs / pixels blancs sur la totalité de l'image (1800x1800
pixels) correspondant au pourcentage de creux (% creux).
[0148] Une illustration de cette mesure se trouve notamment dans l'exemple 5 ci-après.
L'absoiption d'eau :
[0149] Les mesures sont réalisées selon la norme ISO 535 « Papier et carton - Détermination
de l'absorption d'eau, méthode de Cobb ».
Solubilisation du PVA :
[0150] Cinq carrés de 5 cm x 5 cm de papier sont pesés au milligramme près puis coupés en
morceaux et mis dans un Erlenmeyer de 250 mL bouché avec 100 mL d'eau distillée.
[0151] L'Erlenmeyer est fermé puis mis au bain-marie à 50°C pendant 45 minutes sous agitation
magnétique.
[0152] L'extrait est ensuite filtré dans un creuset filtrant de porosité n°1 puis dilué
dans une fiole jaugée de 200 mL. Une prise d'essai de 20 mL est prélevée, à laquelle
on ajoute 15 mL d'acide borique à une concentration de 40 g/L et 3 mL d'une solution
d'iode réalisée en mélangeant 25 g d'iodure de potassium (KI) et 12,7 g de diiode
(I
2) dans un litre d'eau distillée dans une fiole jaugée de 50 mL. La coloration verte
obtenue suite à la réaction chimique permet
via une analyse spectrophotométrique à 690 nm d'effectuer une quantification à l'aide
d'une courbe d'étalonnage.
La résistance à la traction sèche et la résistance à la traction humide:
[0155] Les mesures sont réalisées selon la norme ISO 1924-2 «Papier et carton - Détermination
des propriétés de traction - Partie 2: Méthode à gradient d'allongement constant (20
mm/min) ».
Exemple 1 :
[0156] Dans cet exemple, une série (série 1) de 4 échantillons de papier (1A, 1B, 1C et
1D) ayant subit un traitement standard a été comparée à une série (série 2) de ces
mêmes papiers (2A, 2B, 2C et 2D) fonctionnalisés avec du γ-glycidyloxypropyl-triméthoxysilane
(commercialisé par Struktol sous la référence SCA 960) hydrolysé (dérivé silanol).
Type de papier et mode d'obtention :
[0157] Dans cet exemple, les différents types de papier sont appelés A, B, C et D.
[0158] Le papier A est constitué de fibres cellulosiques (100 % fibres de coton). (échantillons
1A et 2A)
[0159] Le papier B est constitué de fibres cellulosiques et de 10 % de latex par rapport
au poids des fibres, il est préparé selon le brevet
FR 2 916 768. (échantillons 1B et 2B)
[0160] Le papier C est constitué de 90 % de fibres cellulosiques de coton et de 10 % de
fibres synthétiques polyamide 6-6. (échantillons 1C et 2C)
[0161] Le papier D est constitué de 90 % de fibres cellulosiques de coton, de 10 % de fibres
synthétiques polyamide 6-6 et de 10 % de latex par rapport au poids total des fibres,
il est préparé selon le brevet
FR 2 916 768. (échantillons 1D et 2D)
[0162] Le substrat peut comporter des adjuvants connus de l'homme du métier et couramment
utilisés dans le domaine papetier, notamment des agents de rétention et de résistance
à l'état humide.
Mode opératoire :
[0163] Le γ-glycidyloxypropyl-triméthoxysilane a tout d'abord été hydrolysé de la façon
suivante : dans un bécher contenant l'alkoxysilane sous agitation magnétique est ajouté
un mélange d'eau et d'acide acétique de telle sorte à ajuster le pH à 3,5. La solution
est maintenue sous agitation 15 minutes.
[0164] A titre de remarque, l'homme de l'art adaptera le temps et les conditions d'hydrolyse
en fonction du silane à hydrolyser.
[0165] Le protocole retenu pour le traitement des papiers détaillés ci-dessous est le suivant
:
- chaque échantillon est plongé dans un premier bain, séché à 110°C pendant 10 minutes,
puis immergé dans un second bain,
- pour les échantillons de la série 1 (non conforme à l'invention), le 1er bain est standard (c'est-à-dire dénué de γ-glycidyloxypropyl-triméthoxysilane hydrolysé).
Il contient de l'alcool polyvinylique (PVA), de la glycérine et de l'eau,
- pour les échantillons de la série 2 (conforme à l'invention), le 1er bain est complémenté par une solution aqueuse de γ-glycidyloxypropyl-triméthoxysilane
hydrolysé,
- pour les 2 séries, le 2ème bain est standard, et contient du PVA, un agent de collage, de la glycérine, un agent
insolubilisant et de l'eau,
- les papiers traités sont ensuite séchés à 110°C pendant 10 minutes.
[0166] Le tableau 1 suivant renseigne sur :
- les composés présents dans les bains aqueux d'imprégnation, et
- la reprise sèche de chaque échantillon (différence de poids par unité de surface entre
l'échantillon après et avant imprégnation sans tenir compte de l'eau).

a) Chacun des échantillons ainsi obtenus est caractérisé en terme :
[0167]
- d'absorption d'eau (poids d'eau absorbé par l'échantillon par unité de surface),
- de dépose de silanol, c'est-à-dire de poids de silanol greffé sur l'échantillon par
unité de surface (calculée en multipliant la reprise sèche par le taux de silanol
en sec dans la composition du bain d'imprégnation),
- de résilience,
- et de taux de plis.
[0168] Les résultats obtenus sont reportés dans le tableau 2 suivant.
Tableau 2
| Echantillon |
Dépose (g/m2) |
Absorption d'eau ou Cobb (g/m2) |
Taux de plis (% creux) |
Résilience (°) |
| 1A |
0 |
24 |
44 |
25 |
| 2A |
8 |
18 |
40 |
65 |
| 1B |
0 |
18 |
45 |
31 |
| 2B |
6 |
14 |
32 |
61 |
| 1C |
0 |
23 |
47 |
32 |
| 2C |
10 |
18 |
33 |
78 |
| 1D |
0 |
17 |
41 |
40 |
| 2D |
8 |
13 |
31 |
90 |
[0169] On peut aussi noter que la mise en oeuvre de silanol conjointement au PVA engendre
une diminution significative du taux de plis pour l'ensemble des échantillons (de
9 à 30 %) ainsi qu'une augmentation de la résilience (de 97 à 160 %).
[0170] D'autre part, les papiers ainsi obtenus possèdent des propriétés hydrophobes puisque
l'absorption d'eau a diminué pour l'ensemble des échantillons de façon comparable
selon la nature du papier (de 22 à 25 %).
b) Parallèlement, les propriétés mécaniques ont été caractérisées comme suit :
[0171] La résistance à la traction humide et la résistance à la traction sèche ont ainsi
été mesurées sur les 8 échantillons. La résistance à l'état humide (ReH) est égale
au rapport de la résistance à la traction humide sur la résistance à la traction sèche.
[0172] La présence de silanol dans le bain de PVA affecte peu la traction sèche des échantillons
(variations comprises entre 2 et 12 %).
[0173] En revanche, l'absorption d'eau ayant diminué en présence de silanol dans le bain
de PVA, la résistance à la traction humide augmente significativement pour les échantillons
de la série 2 (de 16 à 25 %).
[0174] En conséquence, la résistance à l'état humide est améliorée pour l'ensemble des échantillons
de la série 2 (de 12 à 21 %).
[0175] En conclusion, les documents de sécurité conformes à l'invention présentent des propriétés
hydrophobes, de la résilience et de la résistance au froissement, et ce, sans que
les propriétés mécaniques desdits documents ne soient altérées. En ce qui concerne
plus particulièrement la résistance à l'état humide, celle-ci est même améliorée pour
les documents de sécurité conformes à l'invention.
Exemple 2 :
[0176] Cet exemple a été réalisé sur le papier C tel que défini dans l'exemple 1.
[0177] Le silanol utilisé a été obtenu comme dans l'exemple 1, par hydrolyse du γ-glycidyloxypropyl-triméthoxysilane
(référence SCA 960 commercialisé par Struktol) selon le mode opératoire de l'exemple
1.
[0178] En revanche, le traitement par le silanol et le PVA est réalisé cette fois en 2 étapes
distinctes. En effet, le papier C a tout d'abord été mis en contact avec le silanol
par couchage avant imprégnation dans les deux bains PVA de la série 1 de l'exemple
1. Les étapes de séchage s'effectuent dans les mêmes conditions que dans l'exemple
1.
[0179] La dépose, la résilience et le taux de plis ont été mesurés après traitement.
[0180] Les résultats obtenus sont reportés dans le tableau 3 suivant. De même les résultats
de l'échantillon 2C provenant de l'exemple 1 apparaissent à titre comparatif. La seule
différence entre l'exemple 2 et l'échantillon 2C de l'exemple 1 réside dans le mode
de fonctionnalisation. En effet, l'échantillon 2C avait été fonctionnalisé par imprégnation.
Tableau 3
| Echantillon |
Dépose (g/m2) |
Taux de plis (% creux) |
Résilience (°) |
| Témoin |
0 |
47 |
35 |
| Exemple 2 |
11 |
35 |
66 |
| 2C |
10 |
33 |
78 |
[0181] Les améliorations attendues concernant le taux de plis et la résilience sont observées
à un degré moindre comparativement à celles obtenues lorsque le papier est fonctionnalisé
par imprégnation mais demeurent toutefois très satisfaisantes au regard des valeurs
obtenues avec le témoin.
Exemple 3 :
[0182] Cet exemple diffère de l'exemple 2 en ce que :
- le papier utilisé est le D, tel que défini dans l'exemple 1,
- le couchage du silanol a été effectué après imprégnation dans les deux bains PVA de
la série 1 de l'exemple 1.
Les mesures de dépose, résilience et taux de plis sont reportées dans le tableau 4
suivant. De même, les résultats de l'échantillon 2D provenant de l'exemple 1 apparaissent
à titre comparatif. La seule différence entre l'exemple 3 et l'échantillon 2D de l'exemple
1 réside dans le fait que l'échantillon 2D avait été fonctionnalisé par imprégnation.
Tableau 4
| Echantillon |
Dépose (g/m2) |
Taux de plis (% creux) |
Résilience (°) |
Cobb (g/m2) |
| Témoin |
0 |
41 |
45 |
20 |
| Exemple 3 |
15 |
33 |
82 |
6 |
| 2D |
8 |
31 |
90 |
13 |
[0183] Les améliorations attendues concernant le taux de plis et la résilience sont observées
à un degré moindre comparativement à celles obtenues lorsque le papier est fonctionnalisé
par imprégnation mais demeurent toutefois très satisfaisantes au regard des valeurs
obtenues avec le témoin.
[0184] D'autre part, les papiers obtenus selon l'exemple 3 possèdent des propriétés hydrophobes
puisque l'absorption d'eau a diminué de 70 % par rapport au témoin.
Exemple 4 :
[0185] Cet exemple diffère de l'exemple 3 uniquement par le silanol utilisé pour la fonctionnalisation.
En effet dans cet exemple le silanol utilisé et le SIVO 160 de chez Evonik Degussa.
[0186] Une variante 4bis de cet exemple a été réalisée sans agent d'insolubilisation ni
agent de collage dans le 2
ème bain de la série 1 de l'exemple 1.
[0187] Les mesures de dépose, résilience, de Cobb, de taux de plis et de PVA solubilisé
sont reportées dans le tableau 5 suivant. De même, les résultats de l'exemple 3 apparaissent
à titre comparatif.
Tableau 5
| Echantillon |
Dépose (g/m2) |
Taux de plis (% creux) |
Résilience (°) |
Cobb (g/m2) |
PVA solubilisé (mg/100g de papier) |
| Témoin |
0 |
41 |
45 |
20 |
771 |
| Exemple 4 |
8 |
38 |
60 |
6 |
68 |
| Exemple 4bis |
8 |
38 |
60 |
6 |
68 |
| Exemple 3 |
15 |
33 |
82 |
6 |
Non mesuré |
[0188] Les améliorations attendues concernant le taux de plis et la résilience sont observées
à un degré moindre comparativement à celles obtenues lorsque le papier est fonctionnalisé
avec le silanol obtenu par hydrolyse du γ-glycidyloxypropyl-triméthoxysilane mais
demeurent toutefois très satisfaisantes au regard des valeurs obtenues avec le témoin.
[0189] D'autre part, les papiers obtenus selon l'exemple 4 possèdent des propriétés hydrophobes
puisque l'absorption d'eau a diminué de 70 % par rapport au témoin.
[0190] En comparant les valeurs de taux de plis, de résilience, de Cobb et de PVA solubilisé
pour les échantillons des exemples 4 (comprenant outre le silanol un agent insolubilisant
et un agent de collage) et 4 bis (dénué d'agent insolubilisant et d'agent de collage),
il apparaît qu'il est possible de s'affranchir de l'agent d'insolubilisation et de
l'agent de collage.
[0191] En outre en comparant les valeurs de PVA solubilisé pour l'échantillon témoin et
l'échantillon de l'exemple 4bis, il apparaît que le silanol obtenu par hydrolyse du
γ-glycidyloxypropyl-triméthoxysilane (utilisé dans l'exemple 4bis) exerce un effet
d'insolubilisation amélioré par rapport à la résine de type polyamide-épichlorhydrine
(PAE) (utilisée dans l'échantillon témoin).
Exemple 5 :
[0192] Cet exemple représente une visualisation de la mesure du taux de plis pour deux échantillons
:
- la référence 1D de l'exemple 1,
- le papier traité 2D de l'exemple 1.
[0193] Le tableau 6 met en évidence la relation entre le taux de plis mesuré selon la méthode
explicitée ci-dessus et l'appréciation visuelle des échantillons après froissement
selon la norme BNIP 07 90.
Tableau 6
| Echantillons |
Photos |
Taux de plis (% creux) |
| Référence |
Figure 2a |
41 % |
| Papier traité |
Figure 2b |
31 % |
[0194] Il apparaît de façon très claire en regardant les figures 2a et 2b que le papier
fonctionnalisé par un silanol possède une plus grande résistance au froissement que
le papier non fonctionnalisé. Ceci coïncide avec les mesures du taux de plis réalisées.
1. Feuille de papier à haute résistance au froissement et au pliage, notamment pour la
fabrication de billets de banque, comportant un substrat fibreux imprégné à coeur
par au moins un liant polymérique hydroxylé caractérisé en ce que ledit liant et les fibres dudit substrat sont au moins en partie liés de manière
covalente à au moins un dérivé siloxane.
2. Feuille de papier selon la revendication 1,
caractérisée en ce que ledit dérivé siloxane répond à la formule (I) suivante :

dans laquelle :
- □ représente une liaison covalente avec une fibre, un autre atome de silicium ou
ledit liant polymérique hydroxylé,
- A représente un groupement hydrocarboné divalent, saturé ou non, la chaîne hydrocarbonée
peut être le cas échéant interrompue par un ou plusieurs atome(s) d'azote, d'oxygène,
de soufre ou de phosphore, et substituée par un ou plusieurs groupement(s) hydrocarbonés
comprenant un ou plusieurs atome(s) d'azote, d'oxygène, de soufre, de phosphore et
d'halogène en particulier de fluor et/ou par un ou plusieurs groupement(s) cycliques
en C3 à C6 ou aromatique(s) et dont la chaîne hydrocarbonée peut être le cas échéant
interrompue par un ou plusieurs atome(s) d'azote, d'oxygène ou de soufre ou de phosphore,
- B représente
- une liaison -O-□, ou
- un halogène, ou
- un groupement hydrocarboné, saturé ou non, linéaire ou ramifié ou cyclique, possédant
ou non un ou plusieurs groupe(s) cyclique(s) et dont la chaîne hydrocarbonée peut
être interrompue par un ou plusieurs atome(s) d'azote, d'oxygène ou de soufre,
- R représente
- un atome d'hydrogène,
- un atome d'halogène et de préférence de fluor, ou
- un motif de formule (II)

dans laquelle B' représente
une liaison -O-□, ou
- un halogène, ou
- un groupement hydrocarboné, saturé ou non, linéaire ou ramifié ou cyclique, possédant
ou non un ou plusieurs groupe(s) cycliques et dont la chaîne hydrocarbonée peut être
interrompue par un ou plusieurs atome(s) d'azote, d'oxygène ou de soufre.
3. Feuille de papier selon la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce que B représente une liaison -O-□ et R représente un atome d'hydrogène ou de fluor.
4. Feuille de papier selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que A représente un groupement hydrocarboné divalent saturé ou insaturé, la chaîne hydrocarbonée
pouvant être interrompue par un ou plusieurs atome(s) d'oxygène, le cas échéant substituée
par un groupement époxyde.
5. Feuille de papier selon la revendication 2, caractérisée en ce que R représente le motif de formule (II) tel que défini dans la revendication 2 et B
et B' représentent une liaison -O-□.
6. Feuille de papier selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que ledit liant polymérique hydroxylé est à base d'alcool polyvinylique (PVA), d'amidon,
de pullulane, de polyhydroxy-alkyl-méthacrylate, de polyglycérol-monométhacrylate
ou d'un polysaccharide, de préférence ledit liant est à base de PVA, ledit liant polymérique
hydroxylé étant préférentiellement dans une proportion variant de 1 à 10 % en poids
sec par rapport au poids total des fibres en sec.
7. Feuille de papier selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que lesdites fibres sont des fibres cellulosiques en mélange avec des fibres synthétiques.
8. Feuille de papier selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée par le fait que le substrat fibreux comprend en outre un latex floculé notamment en une proportion
variant de 6 à 50 % en poids par rapport au poids total de fibres en sec, de préférence
en une proportion de 10 %en poids.
9. Feuille de papier selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée par le fait que le substrat fibreux comporte un ou plusieurs filigrane(s) et/ou un ou plusieurs élément(s)
de sécurité.
10. Feuille de papier selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce qu'il s'agit d'un document de sécurité et en particulier d'un billet de banque.
11. Structure multicouche comprenant une feuille de papier selon l'une quelconque des
revendications précédentes.
12. Procédé de fabrication d'une feuille de papier à haute résistance au froissement et
au pliage, notamment pour la fabrication de billets de banque telle que décrite dans
l'une quelconque des revendications précédentes, à partir d'un substrat fibreux comprenant
(i) l'imprégnation dudit substrat avec une solution aqueuse d'un liant polymérique
hydroxylé notamment en une proportion variant de 1 à 10 % en poids sec par rapport
au poids des fibres en sec,
(ii) l'imprégnation dudit substrat avec une solution aqueuse d'au moins un dérivé
silanol, et
(iii) le séchage du substrat modifié selon les étapes (i) et (ii),
l'étape (ii) pouvant être réalisée préalablement, simultanément ou consécutivement
à l'étape (i).
13. Procédé de fabrication d'une feuille de papier selon la revendication précédente,
caractérisée en ce que le ou les dérivé(s) silanol sont mis en oeuvre en une proportion variant de 5 et
30 %, de préférence de 10 et 20 % en poids sec par rapport au poids des fibres en
sec.
14. Procédé de fabrication d'une feuille de papier selon la revendication 12 ou 13, caractérisée en ce que les étapes d'imprégnation (i) et (ii) s'effectuent indépendamment l'une de l'autre
par trempage, par surfaçage, encollage, pulvérisation ou couchage, de préférence,
les étapes d'imprégnation (i) et (ii) s'effectuent simultanément et par trempage.
15. Utilisation d'un dérivé de silanol dans le procédé de fabrication d'une feuille de
papier à haute résistance au froissement tel que décrit à la revendication 12, à titre
d'agent insolubilisant dudit liant polymérique hydroxylé.
1. Papierblatt mit hoher Beständigkeit gegen Knittern und Falten, insbesondere zur Herstellung
von Banknoten, mit einem Fasersubstrat, welches im Inneren mit mindestens einem hydroxylierten
polymeren Bindemittel imprägniert ist, dadurch gekennzeichnet, dass das Bindemittel und die Fasern des Substrats zumindest teilweise kovalent an mindestens
ein Siloxanderivat gebunden sind.
2. Papierblatt nach Anspruch 1,
dadurch gekennzeichnet, dass das Siloxanderivat die folgende Formel (I) aufweist:

worin:
- □ eine kovalente Bindung mit einer Faser, einem anderen Siliciumatom oder dem hydroxylierten
polymeren Bindemittel darstellt,
- A eine zweiwertige, gesättigte oder ungesättigte Kohlenwasserstoffgruppe darstellt,
wobei die Kohlenwasserstoffkette gegebenenfalls durch ein oder mehrere Stickstoff-,
Sauerstoff-, Schwefel- oder Phosphoratom(e) unterbrochen sein kann und durch eine
oder mehrere Kohlenwasserstoffgruppe(n) substituiert sein kann, die ein oder mehrere
Stickstoffatom(e), Sauerstoffatom(e), Schwefelatom(e), Phosphoratom(e) oder Halogen,
insbesondere Fluor, aufweisen, und/oder durch ein oder mehrere zyklische Gruppe(n)
mit C3 bis C6 oder aromatischen Gruppen, wobei die Kohlenwasserstoffkette gegebenenfalls
durch eine oder mehrere Stickstoffatom(e), Sauerstoffatom(e), Schwefelatom(e) oder
Phosphoratom(e) unterbrochen sein kann,
- B
- eine Bindung -O-□ darstellt, oder
- ein Halogen oder
- eine gesättigte oder ungesättigte, lineare oder verzweigte oder zyklische Kohlenwasserstoffgruppe,
die ein oder mehrere zyklische Gruppen aufweist oder nicht, und wobei die Kohlenwasserstoffkette
durch ein oder mehrere Stickstoffatom(e), Sauerstoffatom(e) oder Schwefelatom(e) unterbrochen
sein kann,
- R
- ein Wasserstoffatom darstellt,
- ein Halogenatom, bevorzugt Fluor, oder
- eine Gruppe der Formel (II)

worin B'
eine Bindung -O-□ darstellt, oder
- ein Halogen oder
- eine gesättigte oder eine nicht gesättigte, lineare oder verzweigte oder zyklische
Kohlenwasserstoffgruppe, die ein oder mehrere zyklische Gruppen aufweisen kann oder
nicht, und wobei die Kohlenwasserstoffkette durch ein oder mehrere Stickstoffatom(e),
Sauerstoffatom(e) oder Schwefelatom(e) unterbrochen sein kann.
3. Papierblatt nach Anspruch 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, dass B eine Bindung -O-□ darstellt und R ein Wasserstoffatom oder Fluor darstellt.
4. Papierblatt nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass A eine zweiwertige, gesättigte oder ungesättigte Kohlenwasserstoffgruppe darstellt,
deren Kohlenwasserstoffkette durch ein oder mehrere Sauerstoffatom(e) unterbrochen
sein kann und gegebenenfalls durch eine Epoxidgruppe substituiert ist.
5. Papierblatt nach Anspruch 2, dadurch gekennzeichnet, dass R die Gruppe der Formel (II) wie in Anspruch 2 definiert darstellt und B und B' eine
Bindung -O-□ darstellen.
6. Papierblatt nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass das hydroxylierte polymere Bindemittel auf Polyvinylalkohol (PVA), Stärke, Pullulan,
Polyhydroxyalkylmethacrylat, Polyglycerolmonomethacrylat oder einem Polysaccharid
basiert, wobei das Bindemittel bevorzugt auf PVA basiert, wobei das hydroxylierte
polymere Bindemittel bevorzugt in einem Anteil im Bereich von 1 bis 10 Trockengew.-%
bezogen auf das Gesamttrockengewicht der Fasern vorliegt.
7. Papierblatt nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass die Fasern Cellulosefasern im Gemisch mit synthetischen Fasern sind.
8. Papierblatt nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass das Fasersubstrat weiterhin ein geflocktes Latex umfasst, insbesondere in einem Anteil
von 6 bis 50 Gew.-% in Bezug auf das Gesamttrockengewicht der Fasern, bevorzugt in
einem Anteil von 10 Gew.-%.
9. Papierblatt nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass das Fasersubstrat ein oder mehrere Wasserzeichen und/oder ein oder mehrere Sicherheitselement(e)
aufweist.
10. Papierblatt nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass es sich um ein Sicherheitsdokument handelt, insbesondere um eine Banknote.
11. Mehrlagenstruktur, welche ein Papierblatt nach einem der vorhergehenden Ansprüche
umfasst.
12. Verfahren zur Herstellung eines Papierblatts mit hoher Beständigkeit gegenüber Knittern
und Falten, insbesondere zur Herstellung von Banknoten, wie in einem der vorhergehenden
Ansprüche beschrieben, aus einem Fasersubstrat, umfassend:
(i) Imprägnieren des Substrats mit einer wässrigen Lösung eines hydroxylierten polymeren
Bindemittels, insbesondere in einem Anteil im Bereich von 1 bis 10 Trockengew.-% in
Bezug auf das Trockengewicht der Fasern,
(ii) Imprägnieren des Substrats mit einer wässrigen Lösung mindestens eines Silanolderivats
und
(iii) Trocknen des gemäß den Schritten (i) und (ii) modifizierten Substrats,
wobei der Schritt (ii) vor, gleichzeitig oder nach dem Schritt (i) durchgeführt werden
kann.
13. Verfahren zur Herstellung eines Papierblatts nach dem vorhergehenden Anspruch, dadurch gekennzeichnet, dass das oder die Silanolderivat(e) in einem Anteil im Bereich von 5 bis 30 %, bevorzugt
10 bis 20 Trockengew.-% in Bezug auf das Trockengewicht der Fasern eingesetzt werden.
14. Verfahren zur Herstellung eines Papierblatts nach Anspruch 12 oder 13, dadurch gekennzeichnet, dass die Imprägnierschritte (i) und (ii) unabhängig voneinander durch Einweichen, Bedecken,
Leimen, Zerkleinern oder Beschichten erfolgt, wobei die Imprägnierschritte (i) und
(ii) bevorzugt gleichzeitig und durch Einweichen durchgeführt werden.
15. Verwendung eines Silanolderivats in dem Herstellungsverfahren eines Papierblatts mit
hoher Beständigkeit gegenüber Knittern nach Anspruch 12 als unlöslich machendes Mittel
für das hydroxylierte polymere Bindemittel.
1. A sheet of paper which is highly resistant to creasing and folding, particularly for
the production of banknotes, comprising a fibrous substrate thoroughly impregnated
with at least one hydroxylated polymeric binder, characterized in that said binder and the fibres of said substrate are at least partially covalently bonded
to at least one siloxane derivative.
2. A sheet of paper according to Claim 1,
characterized in that said siloxane derivative corresponds to the following formula (I):

in which:
- □ represents a covalent bond with a fibre, another silicon atom or said hydroxylated
polymeric binder.
- A represents a divalent, saturated or unsaturated, hydrocarbon group, the hydrocarbon
chain can be interrupted if appropriate by one or more atom(s) of nitrogen, oxygen,
sulphur or phosphorus, and substituted by one or more hydrocarbon group(s) comprising
one or more atom(s) of nitrogen, oxygen, sulphur, phosphorus and halogen, particularly
fluorine, and/or by one or more cyclic C3 to C6 group(s) or aromatic(s), and wherein
the hydrocarbon chain can be interrupted if appropriate by one or more atom(s) of
nitrogen, oxygen or sulphur or phosphorus,
- B represents
- a -O- □ bond, or
- a halogen, or
- a saturated or unsaturated, linear or branched or cyclic hydrocarbon group, having
or not having one or more cyclic group(s) and wherein the hydrocarbon chain can be
interrupted by one or more atom(s) of nitrogen, oxygen or sulphur,
- R represents
- an atom of hydrogen,
- an atom of halogen and preferably of fluorine, or
- a unit of formula (II)

in which B' represents
- a -O- □ bond, or
- a halogen, or
- a saturated or unsaturated, linear or branched or cyclic hydrocarbon group, having
or not having one or more cyclic group(s) and wherein the hydrocarbon chain can be
interrupted by one or more atom(s) of nitrogen, oxygen or sulphur.
3. A sheet of paper according to Claim 1 or 2, characterized in that B represents a -O- □ bond and R represents an atom of hydrogen or of fluorine.
4. A sheet of paper according to any one of the preceding claims, characterized in that A represents a divalent, saturated or unsaturated, hydrocarbon group, in which the
hydrocarbon chain can be interrupted by one or more atom(s) of oxygen and substituted
if appropriate by an epoxide group.
5. A sheet of paper according to Claim 2, characterized in that R represents the unit of formula (II) as defined in Claim 2, and B and B' represent
a -O- □ bond.
6. A sheet of paper according to any one of the preceding claims, characterized in that said hydroxylated polymeric binder is made from polyvinyl alcohol (PVA), starch,
pullulan, polyhydroxy-alkyl-methacrylate, polyglycerol-monomethacrylate or polysaccharide,
said binder preferably being PVA-based and said hydroxylated polymeric binder preferably
being in a proportion varying from 1 to 10% by dry weight related to the total weight
of dry fibres.
7. A sheet of paper according to any one of the preceding claims, characterized in that said fibres are cellulose fibres mixed with synthetic fibres.
8. A sheet of paper according to any one of the preceding claims, characterized by the fact that the fibrous substrate also comprises a flocculated latex, particularly
in a proportion varying from 6 to 50% by weight related to the total weight of dry
fibres, and preferably in a proportion of 10% by weight.
9. A sheet of paper according to any one of the preceding claims, characterized by the fact that the fibrous substrate includes one or more watermark(s) and/or one
or more security element(s).
10. A sheet of paper according to any one of the preceding claims, characterized in that it is a security document and in particular a banknote.
11. A multilayered structure comprising a sheet of paper according to any one of the preceding
claims.
12. A method of manufacturing a sheet of paper which is highly resistant to creasing and
folding, particularly for the production of banknotes as described in any one of the
preceding claims, from a fibrous substrate, comprising:
(i) impregnation of said substrate with an aqueous solution of a hydroxylated polymeric
binder, in particular in a proportion varying from 1 to 10% by dry weight related
to the weight of dry fibres,
(ii) impregnation of said substrate with an aqueous solution of at least one silanol
derivative, and
(iii) drying of the substrate modified according to steps (i) and (ii),
in which step (ii) can be carried out ahead of step (i), or simultaneously with step
(i) or following step (i).
13. A method of manufacturing a sheet of paper according to the preceding claim, characterized in that the silanol derivative(s) is/are used in a proportion varying from 5 to 30% and preferably
10 to 20% by dry weight related to the weight of dry fibres.
14. A method of manufacturing a sheet of paper according to Claim 12 or 13, characterized in that the impregnation steps (i) and (ii) are carried out independently of one another
by soaking, surfacing, sizing, spraying or coating, but preferably said impregnation
steps (i) and (ii) are carried out simultaneously by soaking.
15. Use of a silanol derivative, in the process of manufacturing a sheet of paper having
high resistance to creasing as described in Claim 12, as agent for rendering said
hydroxylated polymeric binder insoluble.