[0001] Le domaine de la présente invention est celui de l'automobile, et plus particulièrement
celui de la circulation de l'air pour le refroidissement des équipements du moteur.
[0002] Les véhicules à moteur thermique ont besoin d'évacuer les calories que génère leur
fonctionnement et sont pour cela équipés d'échangeurs thermiques, notamment des radiateurs
de refroidissement, placés à l'avant du véhicule et traversés par de l'air extérieur.
Pour forcer la circulation de cet air à travers le ou les échangeurs, un ventilateur
est placé en amont ou en aval. L'hélice de ventilation qui sert à forcer la circulation
d'air présente un écoulement orienté de façon axiale. Elle comprend des pales raccordées
par leur pied à un moyeu central, et généralement maintenues ensemble en leur tête
par une virole tournante (comme cela est illustré sur la figure 1).
[0003] Certaines utilisations nécessitent que l'hélice produise un débit important au regard
de son diamètre et de sa vitesse de rotation, tout en fonctionnant avec des élévations
de pression faibles. Du fait de cette caractéristique de point de fonctionnement,
il est nécessaire de concevoir l'hélice avec des pales de grande envergure. Pour cela
on utilise généralement un moyeu central (appelé parfois bol) de petit diamètre, auquel
on adjoint des pales s'étendant vers le rayon extérieur. Les diamètres du bol central
et des pales se situent typiquement dans un rapport de 1 à 3. Cela confère à l'hélice
une grande section de passage, qui est délimitée par le bol en son centre et par l'extrémité
de pale (ou par la virole) en son pourtour extérieur. Cette section de passage correspond
à ce qui est appelé la veine. L'envergure de la pale, c'est-à-dire sa hauteur depuis
son pied jusqu'à son extrémité, correspond à la hauteur de veine.
[0004] Les concepteurs de ces hélices sont régulièrement confrontés à des difficultés d'équilibrage
de la charge aérodynamique entre le pied et la tête des pales, faute de quoi la veine
ne se remplit pas correctement ; en effet, pour que le rendement soit optimal, il
convient de minimiser les écoulements secondaires, les recirculations et les zones
ne travaillant pas d'un point de vue aérodynamique. Pour cela, il faut que les pales
soient chargées de façon la plus homogène possible du pied jusqu'à la tête, ce qui
permet de communiquer une énergie maximale au fluide en lui imprimant un mouvement
de giration sur toute l'envergure de la pale. Cette giration est à l'origine de la
vitesse du fluide que produit le ventilateur, et du débit qu'il lui impose.
[0005] Une pale correctement configurée doit donc produire à son aval une pression totale
(ou pression dynamique) relativement constante pour qu'aucun écoulement secondaire
ne s'établisse.
[0006] Or il est constaté que dans certaines conditions de fonctionnement, en particulier
lorsque l'on cherche des débits importants, des effets secondaires se produisent,
principalement au niveau de la tête, qui altèrent l'efficacité de l'hélice lorsqu'une
partie de l'envergure de la pale ne fonctionne pas. Cela se traduit, comme on peut
le voir sur la figure 2, par une pression totale P en aval de l'hélice, qui diminue
fortement et donc par un travail délivré par la tête qui est très faible. Le rendement
R décroit lui aussi fortement. Cela est d'autant plus préjudiciable que la zone de
la tête est celle où la vitesse due à la rotation est la plus importante (grand rayon)
et qu'elle devrait en conséquence contribuer majoritairement au travail de giration
produit sur l'air.
[0007] Il existe donc un besoin de concevoir des hélices qui soient capables de délivrer
de forts débits, tout en conservant un rendement élevé et une homogénéité de la pression
en aval.
[0008] A cet effet, l'invention a pour objet un hélice de ventilation comprenant un moyeu
et des pales s'étendant radialement vers l'extérieur à partir du moyeu entre un pied
de pale et une tête de pale, caractérisée en ce que lesdites pales présentent, dans
les vingt derniers pourcents de leur envergure, au moins, une corde dont la longueur
est au moins égale à 1,5 fois la plus petite longueur de corde sur toute l'envergure
de la pale. Par vingt derniers pourcents, on entend la partie de la pale se trouvant
entre 80 et 100% de l'envergure de la pale, à partir du pied de pale. Autrement dit,
sur cette partie distale de la pale, la longueur de la corde est au moins égale à
1,5 fois la plus petite longueur de corde sur toute l'envergure de la pale, sans être
nécessairement constante. Une telle condition pourra éventuellement être remplie sur
une fraction plus grande et/ou sur une autre fraction de l'envergure de la pale sans
pour autant sortir du cadre de l'invention. Avantageusement, une telle condition ne
sera cependant remplie que sur cette partie distale de la pale.
[0009] L'évolution de la corde vers une grande longueur sur les vingt derniers pourcents
de son envergure permet de produire des hélices de ventilation qui sont optimisées
pour l'aérodynamique et, entre autres, pour un remplissage effectif de la veine en
tête.
[0010] De façon préférentielle ladite corde sur les vingt derniers pourcents est au moins
égale à 2 fois ladite plus petite longueur de corde.
[0011] Avantageusement ladite plus petite longueur de corde est située entre 50 et 80% de
l'envergure de la pale.
[0012] Dans un mode particulier de réalisation la corde est en constante décroissance du
pied de pale jusqu'à ladite corde de plus petite longueur puis constamment croissante
de ce point jusqu'à la tête de pale.
[0013] Selon un autre aspect de l'invention, qui pourra être combiné ou non avec le précédent,
l'invention a également pour objet une hélice de ventilation dans laquelle la pale
comporte, dans lesdits vingt derniers pourcents, au moins, une portion de sa ligne
à mi-corde ayant une courbure arrière. Autrement dit, sur cette partie distale de
la pale, une portion de sa ligne à mi-corde présente une courbure arrière. Une telle
condition pourra éventuellement être remplie sur une fraction plus grande et/ou sur
une autre fraction de l'envergure de la pale sans pour autant sortir du cadre de l'invention.
[0014] Avantageusement la pale comporte une courbure maximale, orientée vers l'avant, qui
est située entre 50 et 80% de l'envergure de la pale.
[0015] Dans un mode particulier de réalisation la courbure est en constante croissance du
pied de pale jusqu'à une courbure avant maximale puis constamment décroissante de
ce point jusqu'à la tête de pale. Plus particulièrement cette décroissance est supérieure
ou égale à 7°.
[0016] Selon un autre aspect de l'invention, qui pourra être combiné ou non avec les ou
l'un des aspects précédents, l'invention porte encore sur une hélice de ventilation
dans laquelle le calage évolue d'au moins +5° sur lesdits vingt c inq, voire les vingt
derniers pourcents d'envergure de la pale. Autrement dit, entre le point situé à 80%
de l'envergure de la pale et son extrémité, le calage évolue d'au moins +5°.
[0017] Avantageusement le calage évolue d'au moins +10° entre 33 et 75% de l'envergure de
la pale.
[0018] De façon préférentielle le calage est inférieur à 65° sur le premier tiers de l'envergure.
[0019] Dans un mode particulier de réalisation le calage est en constante décroissance du
pied de pale jusqu'à un calage minimum situé sur le premier tiers de l'envergure puis
en constante croissance de ce point jusqu'à la tête de pale.
[0020] Selon un autre aspect de l'invention, qui pourra être combiné ou non avec les ou
l'un des aspects précédents, l'invention porte aussi sur une hélice de ventilation
dans laquelle la pale comporte, dans lesdits vingt derniers pourcents, une cambrure
supérieure ou égale à 8%, en au moins un point de sa ligne à mi-corde. Autrement dit,
sur cette partie distale de la pale, la cambrure de la pale est supérieure ou égale
à 8%, en au moins un point de sa ligne à mi-corde, sans être nécessairement constante.
Une telle condition pourra éventuellement être remplie sur une fraction plus grande
et/ou sur une autre fraction de l'envergure de la pale sans pour autant sortir du
cadre de l'invention.
[0021] Avantageusement la cambrure est comprise entre 8 et 10% tout au long des vingt derniers
pourcents.
[0022] Dans un mode particulier de réalisation la cambrure est constante sur toute l'envergure
de la pale.
[0023] L'invention concerne également un groupe moto-ventilateur comprenant une hélice telle
que décrite plus haut ainsi qu'un système de refroidissement comprenant un tel groupe
moto-ventilateur. Un tel système pourra comprendre un ou des échangeurs de chaleur
traversés par le flux d'air généré par l'hélice.
[0024] L'invention sera mieux comprise, et d'autres buts, détails, caractéristiques et avantages
de celle-ci apparaîtront plus clairement au cours de la description explicative détaillée
qui va suivre, d'un mode de réalisation de l'invention, donné à titre d'exemple purement
illustratif et non limitatif, en référence aux dessins schématiques annexés.
[0025] Sur ces dessins :
- la figure 1 est une vue de face d'une hélice, selon l'art antérieur,
- la figure 2 est une vue schématique donnant les évolutions, en fonction du débit,
de la pression en aval et du rendement de l'hélice de la figure 1,
- la figure 3 est une vue en coupe d'une pale d'une hélice de ventilateur automobile,
- la figure 4 est une vue de face d'une hélice selon l'invention,
- la figure 5 est une vue en perspective d'une pale de l'hélice de la figure 4,
- la figure 6 est un graphique donnant l'évolution du calage de la pale de la figure
5 le long de son envergure,
- la figure 7 est un graphique donnant l'évolution de la corde de la pale de la figure
5 le long de son envergure,
- la figure 8 est un graphique donnant l'évolution de la cambrure de la pale de la figure
5 le long de son envergure,
- la figure 9 est un graphique donnant l'évolution de la courbure de la pale de la figure
5 le long de son envergure,
- la figure 10 est un graphique donnant l'évolution de la pression en aval de l'hélice,
le long de l'envergure de la pale, et
- la figure 11 un graphique donnant les évolutions, en fonction du débit, de la pression
en aval et du rendement de l'hélice de la figure 4.
[0026] La figure 1 montre une hélice 1, de l'art antérieur, qui est montée en rotation autour
d'un axe passant par son centre O et orienté ici orthogonalement au plan de la figure.
Le sens de rotation de l'hélice 1 est désigné par la flèche F. Lorsque l'hélice 1
est entraînée en rotation, par exemple par un moteur électrique (non visible), l'hélice
1 brasse l'air qui la traverse. Le flux d'air s'écoule alors selon un sens d'écoulement
orienté sensiblement axialement.
[0027] Dans la suite de la description les termes "amont" et "aval" se comprennent en référence
au sens d'écoulement du flux d'air. Les termes "axial", "radial" ou "tangentiel" sont,
eux, utilisés en référence à l'axe de rotation de l'hélice.
[0028] Cette hélice 1, comprend :
- un moyeu central 2, avantageusement destiné à coiffer le moteur d'entrainement de
l'hélice,
- une pluralité de pales 3, ici au nombre de six, avec leurs premières extrémités 3a,
fixées sur le moyeu 2, qui s'étendent radialement à partir de ce moyeu,
- et, bien que cet élément ne soit pas impératif, une virole périphérique 4, de forme
annulaire cylindrique, à laquelle se raccordent les deuxièmes extrémités 3b des pales
3.
[0029] En ce qui concerne les pales 3, elles sont généralement identiques les unes aux autres
et peuvent présenter une section transversale sensiblement en aile d'avion, avec un
extrados 3E et un intrados 3I, comme cela est illustré par la figure 3. Elles s'étendent
ainsi transversalement entre, respectivement, un bord d'attaque 31 qui entre en premier
en contact avec le flux d'air lors de la rotation de l'hélice 1, et un bord de fuite
32 qui lui est opposé.
[0030] La figure 2 donne les performances d'une hélice selon l'art antérieur en fonction
du débit qui la traverse, celle-ci étant modulée par sa vitesse de rotation. La courbe
P donne les écarts de pression entre l'amont et l'aval de l'hélice 1 en fonction du
débit qui traverse l'hélice, alors que la courbe R donne les valeurs du rendement
de cette hélice dans les mêmes conditions. On constate que les rendements sont de
l'ordre de 30 à 40% pour les débits couramment recherchés (entre 1500 et 3000 m
3/h) et qu'ils s'effondrent, de même que l'écart de pression, dès que le débit mis
en oeuvre s'élève, et notamment dépasse les 2500 m
3/h. L'écart de pression deviendrait même négatif aux très forts débits (supérieurs
à 3000 m
3/h), ce qui résulte de recirculations et, donc, de zones de l'hélice qui ne travaillent
pas d'un point de vue aérodynamique.
[0031] La figure 3 représente une coupe de la pale 3 dans un plan parallèle à l'axe de rotation,
perpendiculairement à la ligne reliant les points à mi-corde. Dans ce plan, la ligne
C reliant le bord d'attaque 31 au bord de fuite 32 est dénommée ligne de corde, alors
que la ligne reliant les points équidistant des extrados 3E et intrados 3I de la pale
est dénommée ligne de cambrure A. Les caractéristiques aérodynamiques de la pale sont
définies par les paramètres suivants, qui sont éventuellement évolutifs tout le long
de la pale :
- sa corde qui est la longueur de la ligne de corde C, exprimée en mm,
- sa cambrure qui est la valeur maximale d de la distance entre la ligne de corde C
et la ligne de cambrure A, rapportée à la longueur de la ligne de corde et exprimée
en pourcents,
- son calage qui est l'angle que fait la ligne de corde C avec l'axe de rotation de
l'hélice.
(Nota : par convention dans ce texte, l'angle de calage est l'angle complémentaire
de l'angle de calage habituellement défini en aérodynamique).
[0032] Une quatrième caractéristique, qui influe sur ses performances aérodynamiques est
la courbure de la ligne qui relie, en projection sur un plan radial, les points à
mi-corde de la pale. La courbure de la pale est dite avant si, pour la corde considérée,
la tangente à cette ligne est orientée, en se déplaçant du pied vers la tête, dans
le sens de rotation F ; elle est dite arrière dans le sens contraire. La courbure,
en chaque point à mi-corde le long de l'envergure, est exprimée par la valeur en degrés
de l'angle que fait le rayon en ce point avec le rayon du point à mi-corde en pied
de pale.
[0033] La figure 4 montre, en plan, une hélice de ventilateur automobile selon l'invention.
Elle comporte, ici, sept pales et une virole, sans que ces caractéristiques spécifiques
soient essentielles pour la réalisation de l'invention.
[0034] La figure 5 donne une vue frontale d'une pale d'une telle hélice. Les caractéristiques
particulières de cette hélice sont données par les figures 6 à 9, en ce qui concerne
l'évolution, respectivement, de son calage, de sa corde, de sa cambrure et de sa courbure,
le long de son envergure.
[0035] L'hélice qui est représentée sur les figures 4 et 5 intègre les caractéristiques
particulières qui sont définies par l'invention pour ces quatre paramètres, mais l'invention
porte sur l'une quelconque des combinaisons possibles entre les paramètres mentionnés,
ceux-ci pouvant varier indépendamment les uns des autres. Elle porte néanmoins plus
particulièrement sur les valeurs que prennent ces paramètres dans les vingt derniers
pourcents de l'envergure de la pale et sur les combinaisons entre eux sur cette plage.
[0036] Tout d'abord, en ce qui concerne le calage de la pale, la figure 6 donne l'évolution
optimale, le long de l'envergure de la pale, de l'angle de la corde par rapport à
la direction axiale. Pour optimiser la performance aérodynamique de l'hélice, la valeur
retenue selon l'invention pour le calage est différente de celle qui est retenue habituellement,
à savoir celle qui se base simplement sur le triangle des vitesses. Dans l'art antérieur,
le calage donné à la corde de la pale est défini par une incidence aérodynamique qui
est ajoutée à la direction résultant de la somme vectorielle des vitesses tangentielle
et axiale du fluide.
[0037] A contrario dans l'invention, telle qu'illustrée ici et sans que toutes les caractéristiques
représentées soient essentielles pour la réalisation de l'invention, le calage prend
localement une valeur faible, qui reste inférieure à 65°sur tout le premier tiers
de l'envergure de la pale (de 0 à 33%). Il présente une valeur minimale sur cette
plage, qui est désignée sous la référence Pt1. Ensuite, il croît globalement, entre
ce premier tiers et 75% de l'envergure de pale, avec une valeur Pt2 en fin de plage
(soit à 75%) qui est supérieure d'au moins +10°à la valeur minimale Pt1 retenue sur
le premier tiers. Enfin, par rapport à la valeur Pt2 obtenue à 75%, le calage croît
encore sur les 25 derniers pourcents d'envergure de la pale, avec une progression
sur ce segment qui est supérieure ou égale à +5°, en restant toutefois inférieur à
90°. Au final on observe une croissance sur les deu x derniers tiers qui est d'au
moins 15° par rapport au point de plus faible calage, celui-ci étant positionné dans
le premier tiers de l'envergure de la pale.
[0038] Ensuite la figure 7 donne l'évolution optimale, selon l'invention, pour la valeur
de la corde, le long de l'envergure de la pale.
[0039] Telle qu'illustrée, la corde est globalement décroissante depuis le pied de pale,
sur la première moitié de son envergure. Elle présente ensuite un minimum qui est
placé dans la tranche allant de 50 à 80% de l'envergure, puis elle croît en se dirigeant
vers la tête de pale. Elle prend alors une valeur maximale en un point situé au delà
de 80% d'envergure. La valeur maximale sur le segment des vingt derniers pourcents,
est, selon l'invention, supérieure à une fois et demi et, préférentiellement, au double
de la valeur minimale de corde qui a été constatée entre 50 et 80% d'envergure.
[0040] La figure 8 illustre, ensuite, l'évolution selon l'invention pour la cambrure de
la pale, le long de son envergure.
[0041] Telle qu'illustrée, la cambrure prend une valeur qui est supérieure à 8% au delà
de 80% d'envergure. Dans le mode illustré sur la figure, sans que cette configuration
soit essentielle pour la réalisation de l'invention, la cambrure reste la même sur
toute l'envergure, en étant supérieure à ces 8 % ; la valeur retenue dans ce cas particulier,
qui correspond à un optimum, est de 9.5 %.
[0042] Enfin la figure 9 donne l'évolution selon l'invention pour la courbure de la pale,
le long de son envergure.
[0043] Telle qu'illustrée sur la figure, et sans que toutes les caractéristiques représentées
soient, là encore, essentielles pour la réalisation de l'invention, la courbure est
nulle au niveau du pied, ce qui signifie que la pale part perpendiculairement au moyeu
2. La courbure augmente progressivement vers une courbure avant de plus en plus prononcée,
pour atteindre une valeur maximale qui est située entre 50 et 80% de l'envergure.
Elle redescend ensuite d'au moins 7°par rapport à cette valeur maximale pour atteindre
sa valeur en tête de pale.
[0044] D'une façon plus générale, selon l'invention, la courbure passe en courbure arrière
dans la zone des 80 à 100% de la pale. Cela se traduit par le fait que l'évolution
de la position angulaire du bord d'attaque, traduit une position plus reculée de la
tête de pale comparée à la position angulaire la plus avancée entre 0 et 80% d'envergure.
[0045] La valeur minimale de la courbure de la pale, en tête, est en outre avantageusement
inférieure d'au moins 7° à la valeur maximale de la courbure constatée entre 50 et
80% d'envergure, avec une décroissance globale entre ce point et la tête de la pale.
[0046] Les figures 10 et 11 donnent les résultats aérodynamiques obtenus avec une hélice
qui comprend les quatre améliorations proposées.
[0047] On constate sur la figure 10 que la pression en aval de l'hélice, pour un débit donné,
reste globalement élevée et, en particulier, qu'elle ne s'affaiblit pas en se rapprochant
de la tête de pale.
[0048] Cela se confirme à la lecture de la figure 11 où l'on voit que l'écart de pression
entre l'amont et l'aval de l'hélice reste élevé, même à des forts débits allant jusqu'à
3500 m
3/h, ce qui n'était pas le cas avec l'hélice de l'art antérieur illustrée par la figure
2.
[0049] De même les rendements atteignent des valeurs pouvant même dépasser 50% à 2500 m
3/h et, en tout état de cause, ils restent supérieurs à ceux obtenus avec l'état de
l'art pour un débit de 3500 m
3/h.
[0050] La combinaison des paramètres aboutissant à la forme de pale décrite dans les figures
ci-dessus, et, notamment, associant une variation forte de la corde dans la zone supérieure
à 80% de l'envergure avec des longueurs de corde maximales dans cette zone, aboutit
à la production d'hélices de ventilation optimisées pour l'aérodynamique et, entre
autres, pour un remplissage effectif de la veine en tête.
[0051] Il s'avère en outre que des cambrures importantes en tête (hauteur de cambrure comprise
entre 8 et 10% de la corde) et une courbure arrière de la pale, combinées à l'augmentation
de corde en tête sont efficaces pour charger la pale en tête et améliorer le rendement
de l'hélice.
[0052] L'invention a été décrite dans le cas d'une hélice présentant une virole reliant
l'extrémité des pales. Il est bien évident que qu'elle peut tout aussi bien être réalisée
en l'absence de virole, pour autant que la forme donnée aux pales soit celle décrite
ci-dessus.
[0053] L'invention concerne aussi un groupe moto-ventilateur comprenant une telle hélice,
et son moteur d'entrainement. Ledit groupe pourra comprendre une buse munie d'un orifice
de passage d'air à l'intérieur duquel l'hélice tourne autour de son axe, ledit moteur
d'entrainement étant porté par la buse par l'intermédiaire de bras radiaux formant
avantageusement des pales de stator.
[0054] L'invention concerne encore un système ou module de refroidissement d'un bloc moteur
de véhicule automobile. Il comprend alors, notamment, le groupe moto-ventilateur évoqué
plus haut et un radiateur de refroidissement. L'hélice pourra être située entre le
radiateur de refroidissement et le bloc moteur ou en amont dudit radiateur. Ces éléments
sont, par exemple, sensiblement alignés selon l'axe de rotation de l'hélice.
1. Hélice de ventilation (1) comprenant un moyeu (2) et des pales (3) s'étendant radialement
vers l'extérieur à partir du moyeu (2) entre un pied de pale (3a) et une tête de pale
(3b),
caractérisée en ce que lesdites pales (3) présentent, dans les vingt derniers pourcents de leur envergure,
au moins, une corde dont la longueur est au moins égale à 1,5 fois la plus petite
longueur de corde sur toute l'envergure de la pale.
2. Hélice de ventilation selon la revendication 1, dans laquelle ladite corde sur les
vingt derniers pourcents est au moins égale à 2 fois ladite plus petite longueur de
corde.
3. Hélice de ventilation selon l'une quelconque des revendications 1 ou 2, dans laquelle
ladite plus petite longueur de corde est située entre 50 et 80% de l'envergure de
la pale.
4. Hélice de ventilation selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, dans laquelle
la corde est en constante décroissance du pied de pale (3a) jusqu'à ladite corde de
plus petite longueur puis constamment croissante de ce point jusqu'à la tête de pale
(3b).
5. Hélice de ventilation selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, dans laquelle
la pale comporte, dans lesdits vingt derniers pourcents, au moins, une portion de
sa ligne à mi-corde ayant une courbure arrière.
6. Hélice de ventilation selon la revendication 5, dans laquelle la pale comporte une
courbure maximale, orientée vers l'avant, qui est située entre 50 et 80% de l'envergure
de la pale.
7. Hélice de ventilation selon l'une quelconque des revendications 5 ou 6, dans laquelle
la courbure est en constante croissance du pied de pale (3a) jusqu'à une courbure
avant maximale puis constamment décroissante de ce point jusqu'à la tête de pale (3b),
cette décroissance étant supérieure ou égale à 7°.
8. Hélice de ventilation selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, dans laquelle
le calage évolue d'au moins +5°sur lesdits vingt c inq derniers pourcents d'envergure
de la pale.
9. Hélice de ventilation selon la revendication précédente dans laquelle le calage évolue
d'au moins +10° entre 33 et 75% de l'envergure de la pale
10. Hélice de ventilation selon l'une quelconque des revendications 8 ou 9, dans laquelle
le calage est en constante décroissance du pied de pale (3a) jusqu'à un calage minimum
(Pt1) situé sur le premier tiers de l'envergure puis en constante croissance de ce
point jusqu'à la tête de pale (3b)
11. Hélice de ventilation selon l'une quelconque des revendications 1 à 10, dans laquelle
la pale comporte, dans lesdits vingt derniers pourcents, une cambrure supérieure ou
égale à 8%, en au moins un point de sa ligne à mi-corde.
12. Hélice de ventilation selon la revendication 11 dans laquelle la cambrure est comprise
entre 8 et 10% tout au long des vingt derniers pourcents.
13. Hélice de ventilation selon la revendication 11 dans laquelle la cambrure est constante
sur toute l'envergure de la pale.
14. Groupe moto-ventilateur comprenant une hélice (1) selon l'une quelconque des revendications
précédentes.
15. Système de refroidissement de véhicule automobile comprenant un groupe moto-ventilateur
selon la revendication précédente et un ou plusieurs échangeurs de chaleur traversés
par le flux d'air généré par ladite hélice.