[0001] L'invention concerne un procédé de fabrication de tôles ou de pièces en acier à structure
martensitique, avec une résistance mécanique supérieure à celle qui pourrait être
obtenue par austénitisation puis simple traitement de refroidissement rapide avec
trempe martensitique, et des propriétés de résistance mécanique et d'allongement permettant
leur application à la fabrication de pièces à absorption d'énergie dans les véhicules
automobiles. Dans certaines applications, on cherche à réaliser des pièces en acier
combinant une résistance mécanique élevée, une grande résistance aux chocs et une
bonne tenue à la corrosion. Ce type de combinaison est particulièrement désirable
dans l'industrie automobile où l'on recherche un allègement significatif des véhicules.
Ceci peut être notamment obtenu grâce à l'utilisation de pièces d'aciers à très hautes
caractéristiques mécaniques dont la microstructure est martensitique ou bainito-martensitique.
Des pièces anti-intrusion, de structure ou participant à la sécurité des véhicules
automobiles telles que : traverses de pare-choc, renforts de portière ou de pied milieu,
bras de roue, nécessitent par exemple les qualités mentionnées ci-dessus. Leur épaisseur
est préférablement inférieure à 3 millimètres.
[0002] Le brevet
EP0971044 divulgue ainsi la fabrication d'une une tôle d'acier revêtue d'aluminium ou d'un
alliage d'aluminium, dont la composition comprend en teneur pondérale: 0,15-0,5%C,
0,5-3%Mn, 0,1-0,5%Si, 0,011%Cr, Ti<0,2%, Al<0,1%, P<0,1%, S<0,05%, 0,0005%<B<0,08%,
le reste étant du fer et des impuretés inhérentes à l'élaboration. Cette tôle est
chauffée de façon à obtenir une transformation austénitique puis emboutie à chaud
de manière à réaliser une pièce, celle-ci étant ensuite refroidie rapidement de façon
à obtenir une structure martensitique ou martensito-bainitique. De la sorte, on peut
obtenir par exemple une résistance mécanique supérieure à 1500MPa. On cherche cependant
à obtenir des pièces avec une résistance mécanique encore supérieure. On cherche encore,
à niveau donné de résistance mécanique, à diminuer la teneur en carbone de l'acier
de façon à améliorer son aptitude à la soudabilité.
[0003] On connaît également un procédé de fabrication appelé « ausforming » dans lequel
un acier est totalement austénitisé puis refroidi rapidement jusqu'à une température
intermédiaire, généralement vers 700-400°C, gamme dans laquelle l'austénite est métastable.
Cette austénite est déformée à chaud puis refroidie rapidement de façon à obtenir
une structure totalement martensitique. Le brevet
GB1,080,304 décrit ainsi la composition d'une tôle d'acier destinée à un tel procédé, qui comprend
0,15-1%C, 0,25-3%Mn, 1-2,5%Si, 0,5-3%Mo, 1-3%Cu, 0,2-1%V.
[0004] De même, le brevet
GB 1,166,042 décrit une composition d'acier adaptée à ce procédé d'ausforming, qui comprend 0,1-0,6%C,
0,25-5%Mn, 0,5-2%Al, 0,5-3%Mo, 0,01-2%Si, 0,01-1%V.
[0005] Ces aciers comportent des additions importantes de molybdène, de manganèse, d'aluminium,
de silicium et/ou de cuivre. Celles-ci ont pour but de créer un domaine de métastabilité
plus important pour l'austénite, c'est-à-dire de retarder le début de la transformation
de l'austénite en ferrite, bainite ou perlite, à la température à laquelle on effectue
la déformation à chaud. La plupart des études consacrées à l'ausforming ont été menées
sur des aciers présentant une teneur en carbone supérieure à 0,3%. Ainsi, ces compositions
adaptées à l'ausforming présentent l'inconvénient de nécessiter des précautions particulières
pour le soudage, et présentent également des difficultés particulières dans le cas
où l'on souhaite effectuer un revêtement métallique au trempé. De plus, ces compositions
comportent des éléments d'addition coûteux.
[0007] De plus, ce document ne contient pas d'enseignement sur le facteur d'allongement
des lattes de la martensite.
[0009] On cherche à disposer d'un procédé de fabrication de tôles ou de pièces d'acier ne
présentant pas les inconvénients ci-dessus, dotées d'une résistance à la rupture supérieure
de plus de 50 MPa à celle que l'on pourrait obtenir grâce à une austénitisation suivie
d'une simple trempe martensitique de l'acier en question. Les inventeurs ont mis en
évidence que, pour des teneurs en carbone allant de 0,15 à 0,40% en poids, la résistance
à la rupture en traction Rm d'aciers fabriqués par austénitisation totale suivie d'une
simple trempe martensitique, ne dépendait pratiquement que de la teneur en carbone
et était reliée à celle-ci avec une très bonne précision, selon l'expression (1) :
Rm (mégapascals) = 3220(C) + 908.
[0010] Dans cette expression, (C) désigne la teneur en carbone de l'acier exprimée en pourcentage
pondéral. A teneur en carbone C donnée pour un acier, on cherche donc un procédé de
fabrication permettant d'obtenir une résistance à la rupture supérieure de 50 MPa
à l'expression (1), c'est à dire une résistance supérieure à 3220(C)+ 958 MPa pour
cet acier. On cherche à disposer d'un procédé permettant la fabrication de tôle à
très haute limite d'élasticité, c'est à dire supérieure à 1300 MPa. On cherche également
à disposer d'un procédé permettant la fabrication de tôles ou de pièces utilisables
directement, c'est à dire sans nécessité impérative d'un traitement de revenu après
trempe. On cherche également à disposer d'un procédé de fabrication permettant la
fabrication d'une tôle ou d'une pièce aisément revêtable au trempé dans un bain métallique.
[0011] Ces tôles ou ces pièces doivent être soudables par les procédés usuels et ne pas
comporter d'additions coûteuses d'éléments d'alliage.
[0012] La présente invention a pour but de résoudre les problèmes évoqués ci-dessus. Elle
vise en particulier à mettre à disposition des tôles avec une limite d'élasticité
supérieure à 1300 MPa, une résistance mécanique exprimée en mégapascals supérieure
à (3220(C)+958) MPa, et de préférence un allongement total supérieur à 3%.
[0013] Dans ce but, l'invention a pour objet un procédé de fabrication d'une tôle d'acier
à structure totalement martensitique présentant une taille moyenne de lattes inférieure
à 1 micromètre, le facteur d'allongement moyen des lattes étant compris entre 2 et
5, étant entendu que le facteur d'allongement d'une latte de dimension maximale I
max et minimale I
min est défini par

à limite d'élasticité supérieure à 1300 MPa, à résistance mécanique supérieure à
(3220(C)+958) mégapascals, étant entendu que (C) désigne la teneur en carbone en pourcentage
pondéral de l'acier, comprenant les étapes successives et dans cet ordre selon lesquelles
:
- on approvisionne un demi-produit d'acier dont la composition comprend, les teneurs
étant exprimées en poids, 0,15% ≤ C ≤ 0,40%, 1,5%≤ Mon ≤ 3%, 0,005% ≤ Si ≤ 2%, 0,005%≤
Al ≤ 0,1%, 1,8% ≤ Cr≤ 4%, 0%≤ Mo ≤2%, étant entendu que 2,7%≤0,5 (Mn)+(Cr)+3(Mo)≤5,7%,
S ≤ 0,05%, P≤ 0,1%, et optionnellement: 0%≤ Nb≤0,050%, 0,01%≤ Ti≤0,1%, 0,0005% ≤ B
≤ 0,005%, 0,0005% ≤ Ca ≤ 0,005%, le reste de la composition étant constitué de fer
et d'impuretés inévitables résultant de l'élaboration,
- on réchauffe le demi-produit à une température T1 comprise entre 1050°C et 1250°C, puis
- on effectue un laminage de dégrossissage du demi-produit réchauffé, à une température
T2 comprise entre 1000 et 880°C, avec un taux de réduction εa cumulé supérieur à 30% de façon à obtenir une tôle avec une structure austénitique
complètement recristallisée de taille moyenne de grain inférieure à 40 micromètres
et préférentiellement à 5 micromètres, le taux de réduction cumulé εa étant défini par:

eia désignant l'épaisseur du demi-produit avant le laminage à chaud de dégrossissage
et efa l'épaisseur de la tôle après le laminage de dégrossissage, puis
- on refroidit non complètement la tôle jusqu'à une température T3 comprise entre 600°C et 400°C dans le domaine austénitique métastable, à une vitesse
VR1 supérieure à 2°C/s, puis
- on effectue un laminage à chaud de finition à la température T3, de la tôle non complètement refroidie, avec un taux de réduction cumulé εb supérieur à 30% de façon à obtenir une tôle, le taux de réduction cumulé εb étant défini par:

eib désignant l'épaisseur de la tôle avant le laminage à chaud de finition et efa l'épaisseur de la tôle après le laminage de finition, puis
- on refroidit la tôle à une vitesse VR2 supérieure à la vitesse critique de trempe martensitique.
[0014] L'invention a également pour objet un procédé de fabrication d'une pièce d'acier
à structure totalement martensitique présentant une taille moyenne de lattes inférieure
à 1 micromètre, le facteur d'allongement moyen des lattes étant compris entre 2 et
5, comprenant les étapes successives et dans cet ordre selon lesquelles :
- on approvisionne un flan d'acier dont la composition comprend, les teneurs étant exprimées
en poids, 0,15% ≤ C ≤ 0,40%, 1,5%≤ Mn ≤ 3%, 0,005% ≤ Si ≤ 2%, 0,005%≤ Al ≤ 0,1%, 1,8%
≤ Cr≤ 4%, 0%≤ Mo ≤2%, étant entendu que 2,7%≤0,5 (Mn)+(Cr)+3(Mo)≤5,7%, S ≤ 0,05%,
P≤ 0,1%, optionnellement: 0%≤ Nb≤0,050%, 0,01%≤ Ti≤0,1%, 0,0005% ≤ B ≤ 0,005%, 0,0005%
≤ Ca ≤ 0,005%, le reste de la composition étant constitué de fer et d'impuretés inévitables
résultant de l'élaboration,
- on chauffe le flan à une température T1 comprise entre AC3 et AC3+250°C de telle sorte que la taille moyenne de grain austénitique soit inférieure
à 40 micromètres, et préférentiellement à 5 micromètres, puis
- on transfère le flan chauffé au sein d'une presse d'emboutissage à chaud ou d'un dispositif
de mise en forme à chaud, puis
- on refroidit le flan jusqu'à une température T3 comprise entre 600°C et 400°C, à une vitesse VR1 supérieure à 2°C/s de façon à éviter une transformation de l'austénite,
- l'ordre des deux dernières étapes pouvant être interverti, puis,
- on emboutit ou on met en forme à chaud à la température T3 le flan refroidi, d'une quantité εc supérieure à 30% dans au moins une zone, pour obtenir une pièces, εc étant défini par

où ε1 et ε2 sont les déformations principales cumulées sur l'ensemble des étapes de déformation
à la température T3, puis,
- on refroidit la pièce à une vitesse VR2 supérieure à la vitesse critique de trempe martensitique.
[0015] Selon un mode préféré, le flan est embouti à chaud de façon à obtenir une pièce,
puis la pièce est maintenue au sein de l'outillage d'emboutissage de façon à la refroidir
à une vitesse V
R2 supérieure à la vitesse critique de trempe martensitique.
[0016] Selon un mode préféré, le flan est pré-revêtu d'aluminium ou d'un alliage à base
d'aluminium.
[0017] Selon un autre mode préféré, le flan est pré-revêtu de zinc ou d'un alliage à base
de zinc.
[0018] Préférentiellement, la tôle ou la pièce d'acier obtenue par l'un quelconque des procédés
de fabrication ci-dessus, est soumise à un traitement thermique ultérieur de revenu
à une température T
4 comprise entre 150 et 600°C pendant une durée comprise entre 5 et 30 minutes.
[0019] L'invention a également pour objet une tôle d'acier non revenu de limite d'élasticité
supérieure à 1300 MPa, de résistance mécanique supérieure à (3220(C)+958) mégapascals,
étant entendu que (C) désigne la teneur en carbone en pourcentage pondéral de l'acier,
obtenue selon un quelconque des procédés de fabrication ci-dessus, de structure totalement
martensitique, présentant une taille moyenne de lattes inférieure à 1 micromètre,
le facteur d'allongement moyen des lattes étant compris entre 2 et 5
[0020] L'invention a également pour objet une pièce d'acier non revenu obtenue par l'un
quelconque des procédés de fabrication de pièce ci-dessus, la pièce comportant au
moins une zone de structure totalement martensitique présentant une taille moyenne
de lattes inférieure à 1 micromètre, le facteur d'allongement moyen des lattes étant
compris entre 2 et 5, la limite d'élasticité dans ladite zone étant supérieure à 1300
MPa et la résistance mécanique étant supérieure à (3220(C)+958) mégapascals, étant
entendu que (C) désigne la teneur en carbone en pourcentage pondéral de l'acier. L'invention
a également pour objet une tôle ou une pièce d'acier obtenue par le procédé avec traitement
de revenu ci-dessus, l'acier ayant une structure totalement martensitique, présentant
dans au moins une zone une taille moyenne de lattes inférieure à 1,2 micromètre, le
facteur d'allongement moyen des lattes étant compris entre 2 et 5.
[0021] Les inventeurs ont mis en évidence que les problèmes exposés ci-dessus étaient résolus
grâce à un procédé d'ausforming spécifique mis en oeuvre sur une gamme particulière
de compositions d'aciers. Contrairement aux études précédentes qui montraient que
l'ausforming requérait l'addition d'éléments d'alliage coûteux, les inventeurs ont
mis en évidence de façon surprenante que cet effet peut être obtenu grâce à des compositions
nettement moins chargées en éléments d'alliage.
[0022] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront au cours de la
description ci-dessous donnée à titre d'exemple et faite en référence aux figures
jointes suivantes :
La figure 1 présente un exemple de microstructure de tôle d'acier fabriquée par le
procédé selon l'invention.
La figure 2 présente un exemple de microstructure du même acier fabriqué par un procédé
de référence, par chauffage dans le domaine austénitique puis simple trempe martensitique.
La figure 3 présente un exemple de microstructure de pièce d'acier fabriquée par le
procédé selon l'invention.
[0023] La composition des aciers mis en oeuvre dans le procédé selon l'invention va maintenant
être détaillée.
[0024] Lorsque la teneur en carbone de l'acier est inférieure à 0,15% en poids, la trempabilité
de l'acier est insuffisante compte tenu du procédé mis en oeuvre et il n'est pas possible
d'obtenir une structure totalement martensitique. Lorsque cette teneur est supérieure
à 0,40%, les joints soudés réalisés à partir de ces tôles ou de ces pièces présentent
une ténacité insuffisante. La teneur optimale en carbone pour la mise en oeuvre de
l'invention est comprise entre 0,16 et 0,28%.
[0025] Le manganèse abaisse la température de début de formation de la martensite et ralentit
la décomposition de l'austénite. Afin d'obtenir des effets suffisants pour permettre
la mise en oeuvre de l'ausforming, la teneur en manganèse ne doit pas être inférieure
à 1,5%. Par ailleurs, lorsque la teneur en manganèse dépasse 3%, des zones ségrégées
sont présentes en quantité excessive ce qui nuit à la mise en oeuvre de l'invention.
Une gamme préférentielle pour la mise en oeuvre de l'invention est 1,8 à 2,5%Mn.
[0026] La teneur en silicium doit être supérieure à 0,005% de façon à contribuer à la désoxydation
de l'acier en phase liquide. Le silicium ne doit pas excéder 2% en poids en raison
de la formation d'oxydes superficiels qui réduisent notablement la revêtabilité dans
les procédés comportant un passage en continu de la tôle d'acier dans un bain métallique
de revêtement.
[0027] Le chrome et le molybdène sont des éléments très efficaces pour retarder la transformation
de l'austénite et pour séparer les domaines de transformation ferrito-perlitique et
bainitique, la transformation ferrito-perlitique intervenant à des températures supérieures
à la transformation bainitique. Ces domaines de transformation se présentent sous
forme de deux « nez » bien distincts dans un diagramme de transformation isotherme
TTT (Transformation-Température-Temps) à partir de l'austénite, ce qui permet la mise
en oeuvre du procédé selon l'invention.
[0028] La teneur en chrome de l'acier doit être comprise entre 1,8% et 4% en poids pour
que son effet de retardement sur la transformation de l'austénite soit suffisant.
La teneur en chrome de l'acier tient compte de la teneur d'autres éléments augmentant
la trempabilité tels que la manganèse et le molybdène : en effet, compte tenu des
effets respectifs du manganèse, du chrome et du molybdène sur les transformations
à partir de l'austénite, une addition combinée de ces éléments doit être effectuée
en respectant la condition suivante, les quantités respectivement notées (Mn) (Cr)
(Mo) étant exprimées en pourcentage pondéral : 2,7%≤0,5 (Mn)+(Cr)+3(Mo)≤5,7%. La teneur
en molybdène ne doit cependant pas excéder 2% en raison de son coût excessif.
[0029] La teneur en aluminium de l'acier selon l'invention n'est pas inférieure à 0,005%
de façon à obtenir une désoxydation suffisante de l'acier à l'état liquide. Lorsque
la teneur en aluminium est supérieure à 0,1% en poids, des problèmes de coulée peuvent
apparaitre. Il peut également se former des inclusions d'alumine en quantité ou en
taille trop importantes qui jouent un rôle néfaste sur la ténacité:
[0030] Les teneurs en soufre et en phosphore de l'acier sont respectivement limitées à 0,05
et 0,1% pour éviter une réduction de la ductilité ou de la ténacité des pièces ou
des tôles fabriquées selon l'invention.
[0031] L'acier peut contenir optionnellement du niobium et/ou du titane, ce qui permet d'affiner
un affinement supplémentaire du grain. En raison du durcissement à chaud que ces additions
confèrent, celles-ci doivent être cependant limitées à 0,050% pour le niobium et comprises
entre 0,01 et 0,1% pour le titane de façon ne pas augmenter les efforts lors du laminage
à chaud.
[0032] A titre optionnel, l'acier peut également contenir du bore : en effet, la déformation
importante de l'austénite peut accélérer la transformation en ferrite au refroidissement,
phénomène qu'il convient d'éviter. Une addition de bore, en quantité comprise entre
0,0005 et 0,005% en poids permet de se prémunir d'une transformation ferritique précoce.
[0033] A titre optionnel, l'acier peut également contenir du calcium en quantité comprise
entre 0,0005 et 0,005% : en se combinant avec l'oxygène et le soufre, le calcium permet
d'éviter la formation d'inclusions de grande taille, néfastes pour la ductilité des
tôles ou des pièces ainsi fabriquées.
[0034] Le reste de la composition de l'acier est constitué de fer et d'impuretés inévitables
résultant de l'élaboration.
[0035] Les tôles ou les pièces d'acier fabriquées selon l'invention sont caractérisées par
une structure totalement martensitique en lattes d'une grande finesse : en raison
du cycle thermomécanique et de la composition spécifiques, la taille moyenne des lattes
martensitiques est inférieure à 1 micromètre et leur facteur d'allongement moyen est
compris entre 2 et 5. Ces caractéristiques microstructurales sont déterminées par
exemple en observant la microstructure par microscopie électronique à balayage au
moyen d'un canon à effet de champ (technique « MEB-FEG ») à un grandissement supérieur
à 1200x, couplé à un détecteur EBSD (« Electron Backscatter Diffraction »). On définit
que deux lattes contigües sont distinctes lorsque leur désorientation est supérieure
à 5 degrés. La taille moyenne de lattes est définie par la méthode des intercepts
connue en elle-même : on évalue la taille moyenne des lattes interceptées par des
lignes définies de façon aléatoire par rapport à la microstructure. La mesure est
réalisée sur au moins 1000 lattes martensitiques de façon à obtenir une valeur moyenne
représentative. La morphologie des lattes individualisées est déterminée par analyse
d'images au moyen de logiciels connus en eux-mêmes : on détermine la dimension maximale
I
max et minimale I
min de chaque latte martensitique et son facteur d'allongement

Afin d'être statistiquement représentative, cette observation porte sur au moins
1000 lattes martensitiques. Le facteur d'allongement moyen

est ensuite déterminé pour l'ensemble de ces lattes observées.
[0036] Le procédé selon l'invention permet de fabriquer soit des tôles laminées, soit des
pièces embouties à chaud ou mises en forme à chaud. Ces deux modes vont être successivement
exposés.
[0037] Le procédé de fabrication de tôles laminées à chaud selon l'invention comporte les
étapes suivantes :
On approvisionne tout d'abord un demi-produit d'acier dont la composition a été exposée
ci-dessus. Ce demi-produit peut se présenter par exemple sous forme de brame issue
de coulée continue, de brame mince ou de lingot. A titre d'exemple indicatif, une
brame de coulée continue a une épaisseur de l'ordre de 200mm, une brame mince une
épaisseur de l'ordre de 50-80mm. On réchauffe ce demi-produit à une température T1 comprise entre 1050°C et 1250°C. La température T1 est supérieure à Ac3, température de transformation totale en austénite au chauffage. Ce réchauffage permet
donc d'obtenir une austénitisation complète de l'acier ainsi que la dissolution d'éventuels
carbonitrures de niobium existant dans le demi-produit. Cette étape de réchauffage
permet également de réaliser les différentes opérations ultérieures de laminage à
chaud qui vont être présentées : on effectue un laminage, dit de dégrossissage, du
demi-produit à une température T2 comprise entre 1000 et 880°C.
[0038] Le taux de réduction cumulé des différentes étapes de laminage au dégrossissage est
noté ε
a. Si e
ia désigne l'épaisseur du demi-produit avant le laminage à chaud de dégrossissage et
e
fa l'épaisseur de la tôle après ce laminage, on définit le taux de réduction cumulé
par

Selon l'invention, le taux de réduction cumulé ε
a lors du laminage de dégrossissage doit être supérieur à 30%. Dans ces conditions,
l'austénite obtenue est totalement recristallisée avec une taille moyenne de grain
inférieure à 40 micromètres, voire à 5 micromètres lorsque la déformation ε
a est supérieure à 200% et lorsque la température T
2 est comprise entre 950 et 880°C. On refroidit ensuite non complètement la tôle, c'est
à dire jusqu'à une température intermédiaire T
3, de façon à éviter une transformation de l'austénite, à une vitesse V
R1 supérieure à 2°C/s jusqu'à une température T
3 comprise entre 600°C et 400°C, domaine de température dans lequel l'austénite est
métastable, c'est à dire dans un domaine où elle ne devrait pas être présente dans
des conditions d'équilibre thermodynamique. On effectue alors un laminage à chaud
de finition à la température T
3, le taux de réduction cumulé ε
b étant supérieur à 30%. Dans ces conditions, on obtient une structure austénitique
déformée plastiquement dans laquelle n'intervient pas la recristallisation. On refroidit
ensuite la tôle à une vitesse V
R2 supérieure à la vitesse de trempe critique martensitique.
[0039] Bien que le procédé ci-dessus décrive la fabrication de produits plats (tôles) à
partir notamment de brames, l'invention n'est pas limitée à cette géométrie et à ce
type de produits, et peut être mise en oeuvre pour la fabrication de produits longs,
de barres, de profilés, par des étapes successives de déformation à chaud.
[0040] Le procédé de fabrication de pièces embouties ou mises en forme à chaud est le suivant
:
On approvisionne tout d'abord un flan en acier dont la composition contient en poids
: 0,15% ≤ C ≤ 0,40%, 1,5%≤ Mn ≤ 3%, 0,005% ≤ Si ≤ 2%, 0,005%≤ Al ≤ 0,1%, 1,8% ≤ Cr≤
4%, 0%≤ Mo ≤2%, étant entendu que 2,7%≤0,5 (Mn)+(Cr)+3(Mo)≤5,7%, S ≤ 0,05%, P≤ 0,1%,
et optionnellement : 0%≤ Nb≤0,050%, 0,01%≤ Ti≤0,1%, 0,0005% ≤ B ≤ 0,005%, 0,0005%
≤ Ca ≤ 0,005%.
[0041] Ce flan plan est obtenu par découpage d'une tôle ou d'une bobine selon une forme
en rapport avec la géométrie finale de la pièce visée. Ce flan peut être non-revêtu
ou optionnellement pré-revêtu. Le pré-revêtement peut être de l'aluminium ou un alliage
à base d'aluminium. Dans ce dernier cas, la tôle peut être avantageusement obtenue
par passage au trempé en continu dans un bain d'alliage aluminium-silicium comprenant
en poids 5-11% de silicium, 2 à 4% de fer, optionnellement entre 15 et 30 ppm de calcium,
le reste étant de l'aluminium et des impuretés inévitables résultant de l'élaboration.
[0042] Le flan peut être également pré-revêtu de zinc ou d'un alliage à base de zinc. Le
pré-revêtement peut être notamment du type galvanisé au trempé en continu (« GI »)
ou galvanisé-allié (« GA »)
[0043] On chauffe le flan à une température T
1 comprise entre A
c3 et A
c3+250°C. Dans le cas où le flan est pré-revêtu, on effectue préférentiellement le chauffage
dans un four sous atmosphère ordinaire ; on assiste durant cette étape à une alliation
entre l'acier et le pré-revêtement. Le revêtement formé par alliation protège l'acier
sous-jacent de l'oxydation et de la décarburation et se révèle apte à une déformation
ultérieure à chaud. On maintient le flan à la température T
1 pour assurer l'homogénéité de la température en son sein. Selon l'épaisseur du flan,
comprise par exemple de 0,5 à 3 mm, la durée de maintien à la température T
1 varie de 30 secondes à 5 minutes.
[0044] Dans ces conditions, la structure de l'acier du flan est complètement austénitique.
La limitation de la température à A
c3+250°C a pour effet de restreindre le grossissement du grain austénitique à une taille
moyenne inférieure à 40 micromètres. Lorsque la température est comprise entre Ac3
et Ac3+50°C, la taille moyenne de grain est préférentiellement inférieure à 5 micromètres.
- on transfère le flan ainsi chauffé au sein d'une presse d'emboutissage à chaud ou
bien au sein d'un dispositif de mise en forme à chaud : ce dernier peut être par exemple
un dispositif de « roll-forming » dans lequel le flan est déformé progressivement
par profilage à chaud dans une série de rouleaux jusqu'à atteindre la géométrie finale
de la pièce désirée. Le transfert du flan jusqu'à la presse ou jusqu'au dispositif
de mise en forme doit s'effectuer suffisamment rapidement pour ne pas provoquer de
transformation de l'austénite.
- on refroidit ensuite le flan à une vitesse VR1 supérieure à 2°C/s de façon à éviter la transformation de l'austénite, jusqu'à une
température T3 comprise entre 600°C et 400°C, domaine de température dans lequel l'austénite est
métastable.
[0045] Selon une variante, il est aussi possible d'inverser l'ordre de ces deux dernières
étapes, c'est à dire de refroidir d'abord le flan avec une vitesse V
R1 supérieure à 2°C/s, puis de transférer ce flan au sein de la presse d'emboutissage
ou du dispositif de mise en forme à chaud, de telle sorte que celui-ci puisse être
embouti ou mis en forme à chaud de la façon qui suit.
[0046] On emboutit ou on met en forme à chaud le flan à une température T
3 comprise entre 400 et 600°C, cette déformation à chaud pouvant être effectuée en
une seule étape ou en plusieurs étapes successives, comme dans le cas du roll-forming
mentionné ci-dessus. A partir d'un flan initial plan, l'emboutissage permet d'obtenir
une pièce dont la forme n'est pas développable. Quel que soit le mode de mise en forme
à chaud, la déformation cumulée
εc doit être supérieure à 30% de façon à obtenir une austénite déformée non recristallisée.
Comme les modes de déformation peuvent varier d'un endroit à un autre en raison de
la géométrie de la pièce et du mode local de sollicitation (expansion, rétreint, traction
ou compression uniaxiale), on désigne par
εc la déformation équivalente définie en chaque point de la pièce par

où ε
c et ε
2 sont les déformations principales cumulées sur l'ensemble des étapes de déformation
à la température T
3. Dans une première variante, le mode de formage à chaud est choisi de telle sorte
que la condition
εc >30% soit satisfaite en tout endroit de la pièce formée.
[0047] Optionnellement, il est également possible de mettre en oeuvre un procédé de formage
à chaud où cette condition ne se trouve remplie qu'à certains endroits particuliers,
correspondant aux zones les plus sollicitées des pièces où l'on souhaite obtenir des
caractéristiques mécaniques particulièrement élevées. On obtient dans ces conditions
une pièce dont les propriétés mécaniques sont variables, pouvant résulter à certains
endroits d'une trempe martensitique simple (cas de zones éventuelles non déformées
localement lors de la mise en forme à chaud) et résulter dans d'autres zones du procédé
selon l'invention qui conduit à une structure martensitique avec une taille de lattes
extrêmement réduite et des propriétés mécaniques accrues.
[0048] Après déformation à chaud, on refroidit la pièce à une vitesse V
R2 supérieure à la vitesse critique de trempe martensitique de façon à obtenir une structure
totalement martensitique. Dans le cas de l'emboutissage à chaud, ce refroidissement
peut être réalisé par maintien de la pièce dans l'outillage avec un contact étroit
avec celui-ci. Ce refroidissement par conduction thermique peut être accéléré par
refroidissement de l'outillage d'emboutissage, par exemple grâce à des canaux usinés
dans l'outillage permettant la circulation d'un fluide réfrigérant.
[0049] Outre par la composition d'acier mis en oeuvre, le procédé d'emboutissage à chaud
de l'invention diffère donc du procédé usuel qui consiste à débuter l'emboutissage
à chaud dès que le flan a été positionné dans la presse. Selon ce procédé usuel, la
limite d'écoulement de l'acier est la plus faible à haute température et les efforts
requis par la presse sont les moins élevés. Par comparaison, le procédé selon l'invention
consiste à observer un temps d'attente de façon à ce que le flan atteigne un domaine
de température adapté pour l'ausforming, puis à emboutir à chaud le flan à température
nettement plus basse que dans le procédé usuel. Pour une épaisseur de flan donnée,
l'effort d'emboutissage requis par la presse est légèrement plus élevé mais la structure
finale obtenue plus fine que dans le procédé usuel conduit à des propriétés mécaniques
plus importantes de limite d'élasticité, de résistance et de ductilité. Pour satisfaire
un cahier des charges correspondant à un niveau de sollicitation donné, il est donc
possible de diminuer l'épaisseur des flans et par là même de diminuer l'effort d'emboutissage
des pièces selon l'invention.
[0050] De plus, selon le procédé d'emboutissage à chaud usuel, la déformation à chaud immédiatement
après emboutissage doit être limitée, cette déformation à haute température ayant
tendance à favoriser la formation de ferrite dans les zones les plus déformées, ce
que l'on cherche à éviter. Le procédé selon l'invention ne comporte pas cette limitation.
[0051] Quelle que soit la variante du procédé selon l'invention, les tôles ou les pièces
d'acier peuvent être utilisés telles quelles ou soumises à un traitement thermique
de revenu, effectué à une température T
4 comprise entre 150 et 600°C pendant une durée comprise entre 5 et 30 minutes. Ce
traitement de revenu a pour effet d'augmenter la ductilité au prix d'une diminution
de la limite d'élasticité et de la résistance. Les inventeurs ont cependant mis en
évidence que le procédé selon l'invention, qui confère une résistance mécanique en
traction Rm d'au moins 50 MPa plus élevée que celle obtenue après trempe conventionnelle,
conservait cet avantage, même après traitement de revenu avec des températures allant
de 150 à 600°C. Les caractéristiques de finesse de la microstructure sont conservées
par ce traitement de revenu, la taille moyenne de lattes étant inférieure à 1,2 micromètre,
le facteur d'allongement moyen des lattes étant compris entre 2 et 5.
[0052] A titre d'exemple non limitatif, les résultats suivants vont montrer les caractéristiques
avantageuses conférées par l'invention.
Exemple 1 :
[0053] On a approvisionné des demi-produits d'acier dont les compositions, exprimées en
teneurs pondérales (%), sont les suivantes :
| Acier |
C |
Mn |
Si |
Cr |
Mo |
Al |
S |
P |
Nb |
Ti |
B |
0,5Mn+Cr+3 Mo |
| A |
0,195 |
1,945 |
0,01 |
1,909 |
0,05 |
003 |
0,003 |
0,02 |
0,01 |
0,012 |
0,0014 |
3,03 |
| B |
0,24 |
1,99 |
0,01 |
1,86 |
0,008 |
0.027 |
0,003 |
0,02 |
0,008 |
- |
- |
2,88 |
[0054] Des demi-produits de 31 mm d'épaisseur ont été réchauffés et maintenus 30 minutes
à une température T
1 de 1050°C puis soumis à un laminage de dégrossissage en 5 passes à une température
T
2 de 910°C jusqu'à une épaisseur de 6 mm, soit un taux de réduction cumulé ε
a de 164%. A ce stade, la structure est totalement austénitique et complètement recristallisée
avec une taille moyenne de grain de 30 micromètres. Les tôles ainsi obtenues ont été
ensuite refroidies à la vitesse de 25°C/s jusqu'à la température T
3 de 550°C où elles ont été laminées en 5 passes avec un taux de réduction cumulé ε
b de 60% puis refroidies ensuite jusqu'à la température ambiante avec une vitesse de
80°C/s de façon à obtenir une microstructure complètement martensitique. Par comparaison,
des tôles d'aciers de composition ci-dessus ont été chauffées et maintenues 30 minutes
à 1250°C puis refroidies par trempe à l'eau de façon à obtenir une microstructure
complètement martensitique (traitement de référence)
[0055] Au moyen d'essais de traction, on a déterminé la limite d'élasticité Re, la résistance
à la rupture Rm, et l'allongement total A des tôles obtenues par ces différents modes
de fabrication. On a également fait figurer la valeur estimée de la résistance après
trempe martensitique simple (3220%(C)+908) (MPa) ainsi que la différence ΔRm entre
cette valeur estimée et la résistance effectivement mesurée.
[0056] On a également observé la microstructure des tôles obtenues par Microscopie Electronique
à Balayage au moyen d'un canon à effet de champ (technique « MEB-FEG ») et détecteur
EBSD et quantifié la taille moyenne des lattes de la structure martensitique ainsi
que leur facteur d'allongement moyen

[0057] Les résultats de ces différentes caractérisations sont présentés ci-dessous. Les
essais A1 et A2 désignent des essais réalisés sur la composition d'acier A dans deux
conditions différentes, l'essai B1 a été réalisé à partir de la composition d'acier
B.
Conditions d'essais et résultats mécaniques obtenus
| |
Essai |
Température T3 (°C) |
Re (MPa) |
Rm (MPa) |
A (%) |
3220 %C+908 (MPa) |
ΔRm (MPa) |
Taille moyenne de lattes (μm) |
 |
| Invention |
A1 |
550 |
1588 |
1889 |
5,9 |
1536 |
353 |
0,9 |
3 |
| B1 |
550 |
1572 |
1986 |
6,5 |
1681 |
306 |
0,8 |
4 |
| Référence |
A2 |
Sans |
1223 |
1576 |
6,9 |
1536 |
40 |
2 |
7 |
| Valeurs soulignées : non conformes à l'invention |
[0058] La figure 1 présente la microstructure obtenu dans le cas de l'essai A1. Par comparaison,
la figure 2 présente la microstructure du même acier simplement chauffé à 1250°C,
maintenu 30 minutes à cette température et trempé ensuite à l'eau (essai A2) Le procédé
selon l'invention permet d'obtenir une martensite avec une taille moyenne de lattes
nettement plus fine et moins allongées que dans la structure de référence.
[0059] Dans le cas de l'essai A2 (trempe martensitique simple), on observe que la valeur
de la résistance estimée (1536MPa) à partir de l'expression (1) est voisine de celle
déterminée expérimentalement (1576MPa)
[0060] Dans les essais A1 et B1 selon l'invention, les valeurs de ΔRm sont de 353 et de
306 MPa respectivement. Le procédé selon l'invention permet donc d'obtenir des valeurs
de résistance mécanique nettement supérieures à celles qui seraient obtenues par une
trempe martensitique simple. Cette augmentation de résistance (353 ou 306 MPa) est
équivalente à celle qui serait obtenue, d'après la relation (1) par une trempe martensitique
simple appliquée à des aciers dans lesquels une addition supplémentaire de 0,11% ou
de 0,09% environ aurait été réalisée. Une telle augmentation de la teneur en carbone
aurait cependant des conséquences néfastes vis-à-vis de la soudabilité et de la ténacité,
alors que le procédé selon l'invention permet d'atteindre de très hautes valeurs de
résistance mécanique sans ces inconvénients.
[0061] Les tôles fabriquées selon l'invention en raison de leur teneur en carbone plus faible,
présentent une bonne aptitude au soudage par les procédés usuels, en particulier au
soudage par résistance par points.
[0062] Des traitements thermiques de revenu ont été ensuite réalisés dans différentes conditions
de température et de durée sur l'acier dans la condition B1 ci-dessus : pour une température
allant jusqu'à 600°C et une durée allant jusqu'à 30 minutes, la taille moyenne de
lattes martensitiques reste inférieure à 1,2 micromètre.
Exemple 2 :
[0063] On a approvisionné des flans en acier d'épaisseur 3mm de composition suivante, exprimée
en teneurs pondérales (%):
| Acier |
C |
Mn |
Si |
Cr |
Mo |
Al |
S |
P |
Nb |
0,5Mn+ Cr+3Mo |
| B |
0,24 |
1,99 |
0,01 |
1,86 |
0,008 |
0,027 |
0,003 |
0,02 |
0,008 |
2,88 |
[0064] Les flans ont été soumis à un chauffage à 1000°C (soit Ac3+210°C environ) pendant
5 minutes. Ceux-ci ont été ensuite :
- soit refroidis à 50°C/s jusqu'à la température T3 de 525°C puis emboutis à cette température avec une déformation équivalente εc supérieure à 50%, et enfin refroidis à une vitesse supérieure à la vitesse critique
de trempe martensitique (essai B2)
- soit refroidis à 50°C/s jusqu'à la température de 525°C, puis refroidis à une vitesse
supérieure à la vitesse critique de trempe martensitique (essai B3)
[0065] Le tableau ci-dessous présente les propriétés mécaniques obtenues :
Conditions d'essais et résultats mécaniques obtenus
| |
Essai |
Température T3 (°C) |
Re (MPa) |
Rm (MPa) |
3220 %C+908 (MPa) |
|ΔRm| (MPa) |
Taille moyenne de lattes (µm) |
 |
| Invention |
B2 |
525 |
1531 |
1912 |
1681 |
299 |
0,9 |
3 |
| Référence |
B3 |
- |
1320 |
1652 |
1681 |
29 |
1,8 |
5 |
| Valeurs soulignées : non conformes à l'invention |
[0066] La figure 3 présente la microstructure obtenue dans la condition B3 selon l'invention,
caractérisée par une taille moyenne de lattes très fine (0,9 micromètre) et un faible
facteur d'allongement.
[0067] Ainsi, l'invention permet la fabrication de tôles, ou de pièces nues ou revêtues,
à très hautes caractéristiques mécaniques, dans des conditions économiques très satisfaisantes.
[0068] Ces tôles ou ces pièces seront utilisées avec profit pour la fabrication de pièces
de sécurité, et notamment de pièces anti-intrusion ou de soubassement, de barres de
renforcement, de pieds milieu, pour la construction de véhicules automobiles.
1. Procédé de fabrication d'une tôle d'acier à structure totalement martensitique, présentant
une taille moyenne de lattes inférieure à 1 micromètre, le facteur d'allongement moyen
desdites lattes étant compris entre 2 et 5, étant entendu que le facteur d'allongement
d'une latte de dimension maximale I
max et minimale I
min est défini par

à limite d'élasticité supérieure à 1300 MPa, à résistance mécanique supérieure à
(3220(C)+958) mégapascals, étant entendu que (C) désigne la teneur en carbone en pourcentage
pondéral dudit acier, comprenant les étapes successives et dans cet ordre selon lesquelles
:
- on approvisionne un demi-produit d'acier dont la composition comprend, les teneurs
étant exprimées en poids,






étant entendu que



et optionnellement:




le reste de la composition étant constitué de fer et d'impuretés inévitables résultant
de l'élaboration,
- on réchauffe ledit demi-produit à une température T1 comprise entre 1050°C et 1250°C, puis
- on effectue un laminage de dégrossissage dudit demi-produit réchauffé, à une température
T2 comprise entre 1000 et 880°C, avec un taux de réduction εa cumulé supérieur à 30% de façon à obtenir une tôle avec une structure austénitique
complètement recristallisée de taille moyenne de grain inférieure à 40 micromètres
et préférentiellement à 5 micromètres, étant entendu que ledit taux de réduction cumulé
εa est défini par :

eia désignant l'épaisseur du demi-produit avant ledit laminage à chaud de dégrossissage
et efa l'épaisseur de la tôle après ledit laminage de dégrossissage, puis
- on refroidit non complètement ladite tôle jusqu'à une température T3 comprise entre 600°C et 400°C dans le domaine austénitique métastable, à une vitesse
VR1 supérieure à 2°C/s, puis
- on effectue un laminage à chaud de finition à ladite température T3, de ladite tôle non complètement refroidie, avec un taux de réduction cumulé εb supérieur à 30% de façon à obtenir une tôle, étant entendu que ledit taux de réduction
cumulé εb est défini par:

eib désignant l'épaisseur de la tôle avant ledit laminage à chaud de finition et efa l'épaisseur de la tôle après ledit laminage de finition, puis
- on refroidit ladite tôle à une vitesse VR2 supérieure à la vitesse critique de trempe martensitique.
2. Procédé de fabrication d'une pièce d'acier à structure totalement martensitique présentant
une taille moyenne de lattes inférieure à 1 micromètre, le facteur d'allongement moyen
desdites lattes étant compris entre 2 et 5, étant entendu que le facteur d'allongement
d'une latte de dimension maximale I
max et minimale I
min est défini par

comprenant les étapes successives et dans cet ordre selon lesquelles :
- on approvisionne un flan d'acier dont la composition comprend, les teneurs étant
exprimées en poids,






étant entendu que



optionnellement:




le reste de la composition étant constitué de fer et d'impuretés inévitables résultant
de l'élaboration,
- on chauffe ledit flan à une température T1 comprise entre AC3 et AC3+250°C de telle sorte que la taille moyenne de grain austénitique soit inférieure
à 40 micromètres, et préférentiellement à 5 micromètres, puis
- on transfère ledit flan chauffé au sein d'une presse d'emboutissage à chaud ou d'un
dispositif de mise en forme à chaud, puis
- on refroidit ledit flan jusqu'à une température T3 comprise entre 600°C et 400°C, à une vitesse VR1 supérieure à 2°C/s de façon à éviter une transformation de l'austénite,
- l'ordre des deux dernières étapes pouvant être interverti, puis,
- on emboutit ou on met en forme à chaud à ladite température T3 ledit flan refroidi, d'une quantité εc supérieure à 30% dans au moins une zone, pour obtenir une pièce, étant entendu que
ladite quantité εc est définie par

où ε1 et ε2 sont les déformations principales cumulées sur l'ensemble des étapes de déformation
à la température T3, puis,
- on refroidit ladite pièce à une vitesse VR2 supérieure à la vitesse critique de trempe martensitique.
3. Procédé de fabrication d'une pièce selon la revendication 2, caractérisé en ce que ledit flan est embouti à chaud de façon à obtenir une pièce, puis ladite pièce est
maintenue au sein de l'outillage d'emboutissage de façon à refroidir ladite pièce
à une vitesse VR2 supérieure à la vitesse critique de trempe martensitique.
4. Procédé de fabrication d'une pièce d'acier selon l'une quelconque des revendications
2 ou 3, caractérisé en ce que ledit flan est pré-revetu d'aluminium ou d'un alliage à base d'aluminium
5. Procédé de fabrication d'une pièce d'acier selon l'une quelconque des revendications
2 à 4, caractérisé en ce que ledit flan est pré-revetu de zinc ou d'un alliage à base de zinc
6. Procédé de fabrication d'une tôle ou d'une pièce d'acier selon l'une quelconque des
revendications 1 à 5, caractérisée en ce qu'on soumet ladite tôle ou ladite pièce à un traitement thermique ultérieur de revenu
à une température T4 comprise entre 150 et 600°C pendant une durée comprise entre 5 et 30 minutes
7. Tôle de limite d'élasticité supérieure à 1300 MPa d'acier, de résistance mécanique
supérieure à (3220(C)+958) mégapascals, étant entendu que (C) désigne la teneur en
carbone en pourcentage pondéral dudit acier, obtenue par un procédé selon la revendication
1, de structure totalement martensitique, présentant une taille moyenne de lattes
inférieure à 1 micromètre, le facteur d'allongement moyen desdites lattes étant compris
entre 2 et 5
8. Pièce d'acier obtenue par un procédé selon l'une quelconque des revendications 2 à
5, comportant au moins une zone de structure totalement martensitique présentant une
taille moyenne de lattes inférieure à 1 micromètre, le facteur d'allongement moyen
desdites lattes étant compris entre 2 et 5, la limite d'élasticité dans ladite au
moins une zone étant supérieure à 1300 MPa et la résistance mécanique étant supérieure
à (3220(C)+958) mégapascals, étant entendu que (C) désigne la teneur en carbone en
pourcentage pondéral dudit acier.
9. Tôle ou pièce d'acier obtenue par un procédé selon la revendication 6, de structure
totalement martensitique, présentant dans au moins une zone une taille moyenne de
lattes inférieure à 1,2 micromètre, le facteur d'allongement moyen desdites lattes
étant compris entre 2 et 5
1. Verfahren zum Herstellen eines Stahlblechs mit vollständiger Martensitstruktur, die
eine mittlere Lattengröße kleiner als 1 Mikrometer aufweist, wobei der mittlere Dehnungsfaktor
der Latten zwischen 2 und 5 liegt, mit der Maßgabe, dass der Dehnungsfaktor einer
Latte mit der maximalen Abmessung I
max und der minimalen Abmessung I
min durch I
max/I
min definiert ist, mit einer Elastizitätsgrenze größer als 1300 MPa, mit einer mechanischen
Festigkeit größer als (3220(C)+958) Megapascal, wobei (C) den Kohlenstoffgehalt in
Gewichtsprozenten des Stahls bezeichnet, umfassend die aufeinanderfolgenden Schritte
und in dieser Reihenfolge, nach denen:
- ein Stahlhalbzeug beschafft wird, dessen Zusammensetzung umfasst, wobei die Gehalte
in Gewichtsprozenten ausgedrückt sind,






mit der Maßgabe, dass



und optional:




wobei der Rest der Zusammensetzung aus Eisen und nicht vermeidbaren Verunreinigungen,
die aus der Bearbeitung resultieren, gebildet ist,
- das Halbzeug auf eine Temperatur T1 zwischen 1050°C und 1250°C aufgeheizt wird, dann
- ein Grobwalzen des aufgeheizten Halbzeugs bei einer Temperatur T2 zwischen 1000 und 880°C mit einem kumulierten Reduktionsfaktor εa größer als 30% durchgeführt wird, um ein Blech mit einer vollständig rekristallisierten
Austenitstruktur mit einer mittleren Korngröße kleiner als 40 Mikrometer und vorzugsweise
kleiner als 5 Mikrometer zu erhalten, wobei der kumulierte Reduktionsfaktor εa definiert ist durch: Ln (eia/efa), wobei eia die Dicke des Halbzeugs vor dem Grobwarmwalzen und efa die Dicke des Blechs nach dem Grobwalzen bezeichnen, dann
- das Blech nicht vollständig bis auf eine Temperatur T3 zwischen 600°C und 400°C in den metastabilen Austenitbereich bei einer Geschwindigkeit
VR1 größer als 2°C/s abgekühlt wird, dann
- ein Feinwarmwalzen bei der Temperatur T3 des nicht vollständig abgekühlten Blechs mit einem kumulierten Reduktionsfaktor εb größer als 30% durchgeführt wird, um ein Blech zu erhalten, wobei das kumulierte
Untersetzungsverhältnis εb definiert ist durch: Ln (eib/efb), wobei eib die Dicke des Blechs vor dem Feinwarmwalzen und efb die Dicke des Blechs nach dem Feinwalzen bezeichnen, dann
- das Blech mit einer Geschwindigkeit VR2 größer als die kritische Geschwindigkeit des martensitischen Abschreckens abgekühlt
wird.
2. Verfahren zum Herstellen eines Stahlteils mit vollständiger Martensitstruktur, die
eine mittlere Lattengröße kleiner als 1 Mikrometer aufweist, wobei der mittlere Dehnungsfaktor
der Latten zwischen 2 und 5 liegt, mit der Maßgabe, dass der Dehnungsfaktor einer
Latte mit der maximalen Abmessung I
max und der minimalen Abmessung I
min durch I
max/I
min definiert ist, umfassend die aufeinanderfolgenden Schritte und in dieser Reihenfolge,
nach denen:
- eine Stahlscheibe beschafft wird, deren Zusammensetzung umfasst, wobei die Gehalte
in Gewichtsprozenten ausgedrückt werden,






- mit der Maßgabe, dass



- optional:




wobei der Rest der Zusammensetzung aus Eisen und nicht vermeidbaren Verunreinigungen
der Bearbeitung resultieren,
- die Scheibe auf eine Temperatur T1 zwischen AC3 und AC3+250°C aufgeheizt wird, derart, dass die mittlere Austenitkorngröße kleiner als 40
Mikrometer und vorzugsweise kleiner als 5 Mikrometer ist, dann
- die aufgeheizte Scheibe zu einer Warmtiefziehpresse oder einer Warmverformungsvorrichtung
überführt wird, dann
- die Scheibe bis zu einer Temperatur T3 zwischen 600°C und 400°C mit einer Geschwindigkeit VR1 größer als 2°C/s abgekühlt wird, um eine Umwandlung des Austenits zu vermeiden,
- wobei die Reihenfolge der zwei letzten Schritte vertauscht werden kann, dann
- die abgekühlte Scheibe bei der Temperatur T3 um eine Quantität εc größer als 30% in mindestens einer Zone tiefgezogen oder warm umgeformt wird, um
ein Teil zu erhalten, mit der Maßgabe, dass die Quantität εc definiert ist durch

wobei ε1 und ε2 die kumulierten Hauptverformungen über die Gesamtheit der bei der Temperatur T3 durchgeführten Verformungsschritte sind, dann
- das Teil bei einer Geschwindigkeit VR2 größer als die kritische Geschwindigkeit des martensitischen Abschreckens abgekühlt
wird.
3. Verfahren zur Herstellung eines Teils nach Anspruch 2, dadurch gekennzeichnet, dass die Scheibe warmgezogen wird, derart dass ein Teil erhalten wird, dann das Teil im
Tiefziehwerkzeug gehalten wird, derart dass das Teil bei einer Geschwindigkeit VR2 größer als die kritische Geschwindigkeit des martensitischen Abschreckens abgekühlt
wird.
4. Verfahren zur Herstellung eines Stahlteils nach einem beliebigen der Ansprüche 2 oder
3, dadurch gekennzeichnet, dass die Scheibe mit Aluminium oder einer Legierung auf der Basis von Aluminium vorbeschichtet
ist.
5. Verfahren zur Herstellung eines Stahlteils nach einem beliebigen der Ansprüche 2 oder
4, dadurch gekennzeichnet, dass die Scheibe mit Zink oder einer Legierung auf der Basis von Zink vorbeschichtet ist.
6. Verfahren zur Herstellung eines Blechs oder eines Stahlteils nach einem beliebigen
der Ansprüche 1 bis 5, dadurch gekennzeichnet, dass das Blech oder das Teil einer späteren Anlasswarmbehandlung bei einer Temperatur
T4 zwischen 150 und 600°C während einer Dauer zwischen 5 und 30 Minuten unterzogen wird.
7. Stahlblech einer Elastizitätsgrenze größer 1300 MPa, einer mechanischer Festigkeit
größer als (3220(C)+958) Megapascal, mit der Maßgabe, dass (C) den Kohlenstoffgehalt
in Gewichtsprozenten des Stahls bezeichnet, erhalten durch ein Verfahren nach Anspruch
1, mit vollständiger Martensitstruktur, die eine mittlere Lattengrößer kleiner als
1 Mikrometer aufweist, wobei der mittlere Dehnungsfaktor der Latten zwischen 2 und
5 liegt.
8. Stahlteil, erhalten durch ein Verfahren nach einem beliebigen der Ansprüche 2 bis
5, mindestens eine Zone vollständiger Martensitstruktur aufweisend, die eine mittlere
Lattengrößer kleiner als 1 Mikrometer aufweist, wobei der mittlere Dehnungsfaktor
der Latten zwischen 2 und 5 liegt, die Elastizitätsgrenze in der mindestens einen
Zone größer als 1300 MPa ist und die mechanische Festigkeit größer als (3220(C)+958)
Megapascal ist, wobei (C) den Kohlenstoffgehalt des Stahls in Gewichtsprozenten bezeichnet.
9. Stahlblech oder Stahlteil, erhalten durch ein Verfahren nach Anspruch 6, mit vollständiger
Martensitstruktur, die in mindestens einer Zone eine mittlere Lattengröße kleiner
als 1,2 Mikrometer aufweist, wobei der mittlere Dehnungsfaktor der Latten zwischen
2 und 5 liegt.
1. Method for manufacturing a steel sheet with a completely martensitic structure having
a mean lath size of less than 1 micrometre, the mean elongation factor of said laths
being between 2 and 5, it being understood that the elongation factor of a lath with
a maximum dimension l
max and minimum dimension l
min is defined by

with an elastic limit greater than 1300 MPa and a mechanical strength greater than
(3220(C)+958) megapascals, it being understood that (C) designates the carbon content
as a percentage by weight of said steel, comprising the successive steps in this order,
according to which:
- a semi-finished product is procured, the composition of which comprises, the proportions
being expressed by weight,






it being understood that



and optionally:




the rest of the composition consisting of iron and unavoidable impurities resulting
from the production,
- the semi-finished product is heated to a temperature T1 of between 1050°C and 1250°C, and then
- a roughing-down rolling of said heated semi-finished product is carried out, at
a temperature T2 between 1000 and 880°C, with a total degree of reduction εa greater than 30% so as to obtain a sheet with a completely recrystallised austenitic
structure with a mean grain size of less than 40 micrometres and preferably less than
5 micrometres, it being understood that the total reduction rate εa is defined by:

eia designating the thickness of the semi-finished product before said roughing-down
hot rolling and efa the thickness of the sheet after said roughing-down rolling, and then
- the sheet is cooled not completely to a temperature T3 of between 600°C and 400°C in the metastable austenitic range, at a rate VR1 greater than 2°C/s, then
- a finishing hot rolling is carried out, at said temperature T3, of the not completely cooled sheet, with a total degree of reduction εb greater than 30% so as to obtain a sheet, it being understood that said total degree
of reduction εb is defined by:

eib designating the thickness of the sheet before said finished hot rolling and efa the thickness of the sheet after said finishing rolling, then
- said sheet is cooled at a rate VR2 greater than the critical martensitic hardening rate.
2. Method for manufacturing a steel piece with a completely martensitic structure having
a mean lath size of less than 1 micrometre, the mean elongation factor of said laths
being between 2 and 5, it being understood that the elongation factor of a lath with
a maximum dimension
lmax and minimum dimension
lmin is defined by

comprising the successive steps in this order according to which:
- a steel blank is procured, the composition of which comprises, the proportions being
expressed by weight,






it being understood that



and optionally:




the rest of the composition consisting of iron and unavoidable impurities resulting
from the production,
- said blank is heated to a temperature T1 of between Ac3 and Ac3+250°C so that the mean austenitic grain size is less than 40 micrometres, and preferably
less than 5 micrometres, then
- said heated blank is transferred into a hot drawing press or a hot forming device,
then
- said blank is cooled to a temperature T3 between 600°C and 400°C, at a rate VR1 greater than 2°C/s so as to prevent transformation of the austenite,
- the order of the last two sections being able to be inverted, then
- said cooled blank is pressed or formed hot at said temperature T3, by a quantity εc greater than 30% in at least one region, in order to obtain a piece, it being understood
that said quantity εc is defined by εc =

where ε1 and ε2 are the total main deformations over all the deformation steps at the temperature
T3, then
- said piece is cooled at a rate VR2 greater than the critical martensitic hardening rate.
3. Method for manufacturing a piece according to claim 2, characterised in that said blank is hot drawn so as to obtain a piece, then said piece is kept in the drawing
tool so as to cool said piece at a speed VR2 greater than the critical martensitic hardening speed.
4. Method for manufacturing a steel piece according to either one of claims 2 or 3, characterised in that said blank is precoated with aluminium or an aluminium-based alloy.
5. Method for manufacturing a steel piece according to any one of claims 2 to 4, characterised in that said blank is precoated with zinc or a zinc-based alloy.
6. Method for manufacturing a steel sheet or piece according to any one of claims 1 to
5, characterised in that said sheet or piece is subjected to subsequent tempering heat treatment at a temperature
T4 between 150°C and 600°C for a period of between 5 and 30 minutes.
7. Steel sheet with an elastic limit greater than 1300 MPa, and a mechanical strength
greater than (3220(C)+958) megapascals, it being understood that (C) designates the
carbon content as a percentage by weight of said steel, obtained by a method according
to claim 1, with a totally martensitic structure, having a mean lath size of less
than 1 micrometre, the mean elongation factor of said laths being between 2 and 5.
8. Steel piece obtained by a method according to any one of claims 2 to 5, comprising
at least one region with a totally martensitic structure having a mean lath size of
less than 1 micrometre, the mean elongation factor of said laths being between 2 and
5, the elastic limit in said at least one region being greater than 1300 MPa, and
the mechanical strength being greater than (3220(C)+958) megapascals, it being understood
that (C) designates the carbon content as a percentage by weight of said steel.
9. Steel sheet or piece obtained by a method according to claim 6, with a totally martensitic
structure, having, in at least one region, a mean lath size of less than 1.2 micrometres,
the mean elongation factor of said laths being between 2 and 5.