[0001] L'invention concerne un procédé de mise en oeuvre d'une ligne de recuit ou de galvanisation
en continu d'une bande métallique.
[0002] Le laminage à froid de l'acier provoque un durcissement de l'acier par écrouissage,
ce qui entraîne une fragilité de l'acier rendant difficile, voir impossible, la mise
en forme ultérieure des bandes d'acier laminées.
[0003] Afin de restaurer la ductilité de l'acier, on pratique un traitement thermique dit
« de recuit de recristallisation ». Le traitement thermique des bandes d'acier en
défilement continu est réalisé dans des fours assurant le chauffage, l'égalisation
et le maintien de la bande d'acier à la température requise pendant le temps requis.
Les bandes d'acier peuvent être chauffées dans des fours à tubes radiants (RT) ou
dans des fours comprenant un arrangement mixte de chauffage à flamme directe (DFF)
et d'égalisation / maintien de la température dans un four à tubes radiants.
[0004] En recuit continu, l'utilisation d'une section de four à flamme directe en amont
des sections à tubes radiants permet de réduire le temps de montée en température
et donc la longueur totale du four, ce qui facilite le bon guidage de la bande d'acier.
Le four à flamme directe assure, en plus, un nettoyage de surface de la bande d'acier,
permettant de supprimer l'étape de dégraissage de la bande d'acier avant recuit.
[0005] De tels fours sont également utilisés pour les procédés de galvanisation.
[0006] Pour certaines applications comme le bâtiment, l'automobile ou l'électroménager,
on dépose à la surface des bandes d'acier une mince couche de zinc ou d'alliage à
base de zinc, afin d'améliorer la résistance des bandes d'acier à la corrosion. Ce
revêtement est réalisé sur des lignes continues de galvanisation qui comportent un
four, tel que décrit ci-dessus, destiné à assurer le recuit de la bande d'acier et
sa mise en température correcte avant l'opération de galvanisation.
[0007] A la sortie du four, la bande d'acier doit être exempte de toute trace d'oxydation
de surface afin que l'alliation se fasse correctement avec l'alliage en fusion.
[0008] Dans leur principe, les fours à flamme directe assurent la combustion dans l'air
de combustibles tels que les gaz naturels ou les fuels. Le chauffage de la bande d'acier
est assuré à la fois par radiation et par convection au contact des gaz brûlés ou
gaz de combustion.
[0009] La température maximum des gaz brûlés est normalement obtenue dans les conditions
stoechiométriques, c'est-à-dire sans excès d'air, ni de combustible. Un excès d'air
conduit à la présence d'oxygène libre capable d'oxyder la surface de la bande. Un
excès de combustible libère au contraire du monoxyde de carbone et de l'hydrogène
qui sont des éléments réducteurs.
[0010] La capacité pour l'atmosphère du four d'oxyder ou de réduire la surface de la bande
d'acier, à une température de gaz brûlés donnée, varie avec le pourcentage d'éléments
réducteurs (CO + H
2) disponibles.
[0011] Le brevet
US 3,320,085 enseigne qu'il est possible de maintenir dans les fours à flamme directe des teneurs
en (CO + H
2) voisines de 3% à 6%, afin d'assurer une fin de chauffage de la bande d'acier en
conditions réductrices.
[0012] Dans les fours à flamme directe, le rapport air/combustible diminue tout au long
du four par enrichissement progressif en combustible. Cela entraîne une diminution
de la température des gaz brûlés vers la sortie du four. Les températures maximums
de gaz brûlés habituellement atteintes en conditions stoechiométriques et se situent
aux alentours de 1400°C, afin de maintenir une température d'environ 1300°C, au niveau
des réfractaires des murs.
[0013] Dans des conditions de fonctionnement du four à pleine capacité, la température maximum
des gaz brûlés peut diminuer de plus de 100°C dans les dernières sections du four,
ce qui conduit à un fonctionnement du four à capacité plus réduite. Cette diminution
de température entraîne une fin de chauffage de la bande d'acier en conditions non
réductrices.
[0014] D'autre part, cette diminution du rendement de la combustion et donc des capacités
de chauffage du four à flamme directe impose l'utilisation d'un four à tubes radiants,
en sortie du four à flamme directe, ayant une capacité plus importante. Il est donc
important d'optimiser la combustion du four à flamme directe.
[0015] Il a été proposé, dans le document
US 3,936,543, d'utiliser des rapports air / gaz stoechiométriques ou en léger excès d'air afin
d'améliorer le rendement de la combustion par suppression des gaz imbrûlés et d'augmenter
la capacité de chauffage du four à flamme directe.
[0016] Dans ces conditions légèrement oxydantes, une mince couche d'oxydes se forme en surface
de la bande d'acier. Ces oxydes sont ensuite réduits dans des sections de chauffage
de maintien en température, placées sous atmosphère composée d'un mélange d'au moins
5% d'hydrogène réducteur et d'azote.
[0017] Un autre moyen efficace et simple d'améliorer la combustion consiste à préchauffer
l'air avant combustion. Cette solution, à elle seule, ne peut toutefois pas être retenue
car elle augmente le rejet d'oxydes d'azote (NOx) avec l'utilisation de brûleurs conventionnels.
[0018] Enfin, on connaît du document
US 6,217,681, une méthode de combustion appelée « Oxy-fuel », consistant à assurer la combustion
dans l'oxygène pur. Cette méthode permet d'augmenter considérablement le rendement
du four. Cette solution présente toutefois l'inconvénient d'un coût important en oxygène.
[0019] L'objectif de l'invention consiste à proposer un procédé de traitement thermique
d'une bande métallique permettant d'augmenter la capacité de chauffage et le rendement
du four à flamme directe.
[0020] A cet effet, l'invention concerne un procédé de mise en oeuvre d'une ligne de recuit
ou de galvanisation en continu d'une bande métallique, comprenant une section de chauffage
à flamme directe, la section de chauffage à flamme directe étant suivie d'une section
de chauffage à tubes radiants, et la bande métallique étant indirectement chauffée
par la flamme dans la section de chauffage à flamme directe.
[0021] Selon l'invention :
la section de chauffage à flamme directe comporte une zone amont et une zone aval,
- dans la zone amont, le chauffage de la bande métallique est obtenu par combustion
d'un mélange d'air atmosphérique et de combustible tel que la température des gaz
de combustion soit comprise entre 1250°C et 1500°C, de préférence voisine de 1350°C,
et
- dans la zone aval, le chauffage de la bande métallique est obtenu par combustion d'un
mélange sous-stoechiométrique d'air et de combustible suroxygéné tel que la température
des gaz de combustion atteinte en fin de zone amont soit maintenue jusqu'à la fin
de la zone aval de la section de chauffage à flamme directe,
- le taux de suroxygénation du mélange d'air et de combustible est compris entre 1%
et 15%, en volume par rapport au taux moyen d'oxygène contenu dans l'air atmosphérique,
- dans la section de chauffage à flamme directe, le pourcentage en volume de gaz imbrûlés
(CO + H2) est inférieur à 6%, par rapport au volume de gaz de combustion, de préférence compris
entre 4% et 6%.
[0022] On entend par « mélange sous-stoechiométrique d'air et de combustible suroxygéné
», un mélange comprenant un léger excès de combustible.
[0023] On entend par « gaz de combustion », les gaz issus de la combustion, c'est-à-dire
les gaz brûlés et imbrûlés.
[0024] Dans différents modes de réalisation possibles, la présente invention concerne également
les caractéristiques suivantes qui pourront
être considérées isolément ou selon toutes leurs combinaisons techniquement possibles
et apportent chacune des avantages spécifiques :
- la suroxygénation du mélange d'air et de combustible est obtenue par une suroxygénation
de l'air atmosphérique,
- la suroxygénation du mélange d'air et de combustible est obtenue par une oxygénation
du combustible,
- le taux de suroxygénation du mélange d'air et de combustible est compris préférentiellement
entre 1% et 7% en volume par rapport au taux moyen d'oxygène contenu dans l'air atmosphérique,
- le taux de suroxygénation est croissant tout au long de la section de chauffage à
flamme directe,
- la zone aval de la section de chauffage à flamme directe consiste approximativement
en une moitié de section de chauffage à flamme directe,
- la section de chauffage à flamme directe est précédée d'une section de préchauffage
de la bande métallique, le préchauffage de la bande métallique étant obtenu par les
gaz de combustion issus de ladite section de chauffage à flamme directe,
- la section de chauffage à flamme directe est suivie d'une section de chauffage à tubes
radiants, la température de la bande métallique pouvant dépasser 800°C à l'entrée
de la section de chauffage à tubes radiants,
- l'oxygène nécessaire à la suroxygénation de l'air de combustion dans la zone aval
de la section de chauffage à flamme directe est un sous produit issu d'un procédé
de séparation d'air destiné à produire de l'azote.
[0025] Le procédé de mise en oeuvre d'une ligne de recuit ou de galvanisation en continu
d'une bande métallique, selon l'invention, permet d'augmenter la capacité de chauffage
et de production des fours à flamme directe tout en conservant les rapports air/combustible
habituels et en restant dans des conditions d'oxydation / réduction contrôlées. Ce
procédé est appelé procédé « SUROX ».
[0026] On entend par « rapport » ou « ratio » air / combustible, le rapport de masse entre
l'air et le combustible.
[0027] La température de la bande métallique est plus élevée en sortie du four à flamme
directe, ce qui permet d'améliorer le nettoyage de la bande métallique.
[0028] La consommation en combustible diminue.
[0029] De plus, l'impact sur l'environnement est amélioré par réduction des NOx.
[0030] Le procédé de mise en oeuvre d'une ligne de recuit ou de galvanisation en continu
d'une bande métallique, selon l'invention, est compatible avec les fours à flamme
directe existants. En effet, la température des gaz brûlés est compatible avec celle
des réfractaires du mur du four. Il n'est pas nécessaire de changer la composition
du réfractaire, ce qui permet de modifier facilement, et sans arrêt de la production,
toutes les installations dotées de fours à flamme directe.
[0031] La mise en oeuvre du procédé « SUROX », selon l'invention, est bien plus économe
que les procédés « OXY-FUEL », de l'art antérieur, qui exigent une grande quantité
d'oxygène.
[0032] L'invention sera décrite plus en détail en référence aux dessins annexés dans lesquels
:
- la figure 1 représente la répartition des températures et du pourcentage de gaz imbrûlés
en fonction de la progression de la bande métallique dans la section de préchauffage
et la section de chauffage à flamme directe ;
- la figure 2 représente un diagramme d'oxydation/réduction dans lequel la température
des gaz de combustion est corrélée avec celle de la bande métallique ;
- la figure 3 représente le pourcentage de gaz imbrûlés (CO + H2) et d'oxygène en fonction du rapport air/combustible ;
[0033] La ligne de recuit ou de galvanisation en continu d'une bande métallique, selon l'invention,
comprend une section de chauffage à flamme directe 9. Cette section de chauffage à
flamme directe 9 comprend une zone amont 10 et une zone aval 11. Les termes « amont
» et « aval » sont définis par rapport au sens de progression de la bande métallique
dans la section de chauffage à flamme directe 9. Ainsi, lors de la progression de
la bande métallique dans la section de chauffage à flamme directe 9, cette dernière
traverse la zone amont 10, puis la zone aval 11. La limite entre les zones amont et
aval se situe au maximum de température de gaz brûlés atteinte en combustion sous
air atmosphérique.
[0034] La section de chauffage à flamme directe 9 du four comprend une pluralité de brûleurs.
Les brûleurs sont disposés à l'intérieur du four et répartis le long de ce dernier.
[0035] La bande métallique est chauffée dans le four à flamme directe par combustion directe
d'un combustible et d'air de combustion (air atmosphérique) à l'intérieur du four,
produisant des gaz de combustion (ou gaz brûlés) chauffant la bande métallique par
convection et rayonnement. La bande métallique est indirectement chauffée par la flamme
dans la section de chauffage à flamme directe 9. Autrement dit, la bande métallique
n'est pas en contact direct avec la flamme des brûleurs dans la section de chauffage
à flamme directe 9.
[0036] La section de chauffage à flamme directe 9 du four peut être précédée d'une section
de préchauffage de la bande métallique. Le préchauffage de la bande métallique est
obtenu par les gaz de combustion issus de la section de chauffage à flamme directe
9.
[0037] La figure 1 représente la répartition des températures et du pourcentage de gaz imbrûlés
en fonction de la progression de la bande métallique dans la section de préchauffage
8 et la section de chauffage à flamme directe 9.
[0038] Les valeurs de l'exemple de la figure 1 et du tableau 1 sont données pour une bande
d'acier d'une largeur de 1500 mm et un four à flamme directe comprenant quatre zones
de chauffage. Chaque zone de chauffage a une puissance de 3.250.000 Kcal/h. Un tel
four à flamme directe est capable de chauffer en continu 60 tonnes par heure de bande
d'acier à 680°C.
[0039] L'axe des abscisses 1 représente les différentes sections traversées par la bande
métallique. L'axe des ordonnées 2, situé à gauche de la figure 1, représente la température
en °C de la bande métallique, des gaz de combustion et des murs des fours. L'axe des
ordonnées 3, situé à droite de la figure 1, représente le pourcentage en volume de
gaz imbrûlés (CO + H
2), par rapport au volume de gaz de combustion.
[0040] La courbe 4 représente la température des gaz de combustion en fonction des sections
traversées par la bande métallique. Elle montre que lors de l'étape de préchauffage
de la bande métallique dans la section de préchauffage 8, la température des gaz de
combustion est d'environ 1000° C, et qu'elle augmente progressivement en fonction
de la progression de la bande métallique dans la section de chauffage 9,
jusqu'à atteindre une valeur maximum voisine de 1400°C en sortie de la zone amont
10 de la section de chauffage 9.
[0041] De manière générale, la température des gaz de combustion peut être comprise entre
1350°C et 1500°C en sortie de la zone amont 10 de la section de chauffage 9.
[0042] La courbe 5 représente la température de la bande métallique en fonction des sections
traversées par cette dernière.
[0043] La température de la bande métallique augmente progressivement dans la section de
chauffage 9 jusqu'à atteindre une valeur voisine de 700°C, en sortie de la section
de chauffage 9.
[0044] La courbe 6 représente le pourcentage de gaz imbrûlés (CO + H
2) en fonction des sections traversées par la bande métallique.
[0045] Le pourcentage de gaz imbrûlés (CO + H
2) augmente progressivement dans la section de chauffage 9. Dans l'exemple de la figure
1, il est d'environ 4,5% en volume par rapport au volume de gaz de combustion. Il
augmente ensuite assez vite dès la fin de la zone amont 10 et surtout dans la zone
aval 11 de la section de chauffage 9 à la sortie de laquelle il peut atteindre plus
de 6% en volume par rapport au volume de gaz de combustion.
[0046] Les variations de température des murs du four de préchauffage, représentées par
la courbe 7, suivent celles des gaz de combustion, la température des murs du four
de préchauffage restant inférieure à celle des gaz de combustion.
[0047] Comme dit précédemment, la section de chauffage à flamme directe 9 comprend une zone
amont 10. La température des gaz de combustion augmente progressivement dans la zone
amont 10 jusqu'à atteindre à sa sortie, une valeur voisine de 1350°C à 1450°C.
[0048] Le tableau 1, ci-dessous, donne des valeurs de température de gaz de combustion,
de température de bande métallique et de rapport air/combustible pour des sections
de chauffage à flamme directe de ligne de recuit ou de galvanisation en continu d'une
bande métallique.
| |
|
Section de chauffage à flamme directe |
| Section de préchauffage |
| aval |
| Zone 1 |
Zone 2 |
Zone 3 |
Zone 4 |
| Rapport air/combustible |
|
|
|
1,02 |
0,95 |
0,92 |
0,85 |
| Température de bande |
120°C |
120°C |
310°C |
415°C |
510°C |
600°C |
680°C |
| Température des gaz |
|
|
1260°C |
1380°C |
1404°C |
1354°C |
1326°C |
[0049] Dans cet exemple, la zone amont 10 et la zone aval 11 comprennent chacune deux zones.
[0050] Dans la première zone (zone 1) de la zone amont 10, la température des gaz de combustion
est de 1380°C et celle de la bande métallique est de 415°C pour un rapport air / combustible
de 1,02.
[0051] Dans la deuxième zone (zone 2) de la zone amont 10, la température des gaz de combustion
est de 1404°C et celle de la bande métallique est de 510°C pour un rapport air / combustible
de 0,95.
[0052] Dans la zone amont 10, la température des gaz de combustion et de la bande métallique
augmente progressivement, comme illustrée sur la figure 1 par les courbes 4 et 5 respectives.
Quant au rapport air / combustible, il diminue en raison d'un apport croissant en
combustible dans le mélange air / combustible en fonction de la progression de la
bande métallique dans la zone amont 10. Cet apport en combustible croissant contribue
à une augmentation du pourcentage en gaz imbrûlés (CO + H
2), qui augmente jusqu'à environ 5,1% en volume, par rapport au volume de gaz de combustion,
en fin de zone amont 10. Le pourcentage d'oxygène dans l'air de combustion alimentant
les brûleurs de la zone amont 10 est d'environ 20,8% en volume, ce qui correspond
au pourcentage moyen d'oxygène dans l'air atmosphérique.
[0053] Dans l'exemple ci-dessus, la zone aval 11 de la section de chauffage à flamme directe
9 est également constituée de deux zones dont une première zone (zone 3), positionnée
après la deuxième zone (zone 2) de la zone amont 10, et une deuxième zone (zone 4)
positionnée entre la première zone (zone 3) de la zone aval 11 et la sortie de la
section de chauffage à flamme directe 9.
[0054] Cet exemple n'est pas limitatif et le nombre de zones peut varier dans les zones
amont et aval.
[0055] Sur la figure 1, la portion de courbe 4a de la courbe 4 représente l'évolution de
la température des gaz de combustion dans la zone aval 11, selon l'art antérieur.
[0056] Cette portion de courbe 4a montre que la température des gaz de combustion diminue
dans la zone aval 11 jusqu'à une valeur comprise entre 1250°C et 1350°C. Cette diminution
de la température des gaz de combustion entraîne une diminution de l'allure de chauffage
de la bande métallique. La température de la bande métallique est comprise entre 650°C
et 700°C en sortie de la zone aval 11. Quant au pourcentage de gaz imbrûlés (CO +
H
2), il augmente jusqu'à environ 6,2% en volume par rapport au volume de gaz de combustion.
[0057] Dans l'exemple du tableau 1, la température des gaz de combustion est de 1354°C et
celle de la bande métallique est de 600°C pour un rapport air / combustible de 0,92,
dans la première zone (zone 3) de la zone aval 11.
[0058] Dans la deuxième zone (zone 4) de la zone aval 11, la température des gaz de combustion
est de 1326°C et celle de la bande métallique n'atteint que 680°C pour un rapport
air / combustible de 0,85. La capacité de chauffage du four à flamme directe est plus
faible dans la zone aval 11 que dans la zone amont 10.
[0059] La section de chauffage à flamme directe 9 est habituellement suivie d'une section
de chauffage à tubes radiants sous atmosphère neutre, comprenant de l'azote. La température
de la bande métallique, comprise entre 650°C et 700°C, est alors insuffisante et impose
la poursuite du chauffage dans la section du four à tubes radiants qui doit avoir
une capacité importante, ce qui augmente le coût de l'installation et aggrave les
problèmes de guidage de la bande métallique sur d'aussi grande distance.
[0060] De plus, à ces températures, on peut se trouver en limite des conditions de réduction
de la surface de la bande métallique, comme le montre la figure 2.
[0061] La figure 2 illustre un diagramme d'oxydation/réduction sur lequel sont représenté
les courbes 14a et 14b correspondant à l'évolution corrélative de la température des
gaz de combustion et de celle de la bande métallique, selon l'art antérieur et l'invention
respectivement.
[0062] Cet exemple est donné pour une bande d'acier doux dans un four à flamme directe avec
une atmosphère comprenant 4% à 6% de gaz imbrûlés (CO + H
2) en volume par rapport au volume de gaz de combustion.
[0063] L'axe des abscisses 15 représente la température de la bande métallique en °C et
l'axe des ordonnées 16 représente la température des gaz de combustion en °C.
[0064] Le diagramme d'oxydation/réduction de la figure 2 montre que lorsque la température
des gaz de combustion est inférieure à environ 1000°C, on se trouve dans des conditions
d'oxydation de la surface de la bande d'acier.
[0065] La courbe 14a représentant l'évolution corrélative de la température des gaz de combustion
et de celle de la bande métallique, selon l'art antérieur, montre qu'on atteint les
limites de la zone de réduction lorsque la température des gaz de combustion diminue
jusqu'à environ 1300°C et que celle de la bande métallique se trouve aux alentours
de 690°C.
[0066] Pour résoudre ce problème, l'invention propose d'utiliser, lors du chauffage à flamme
directe de la bande métallique dans la zone aval 11, une combustion d'un mélange sous-stoechiométrique
d'air et de combustible suroxygéné, tel que la température des gaz de combustion atteinte
en fin de zone amont 10 soit au moins maintenue jusqu'à la fin de la zone aval 11
de la section de chauffage à flamme directe 9.
[0067] La température des gaz de combustion dans la zone aval 11 peut varier de plus ou
moins 10°C par rapport à la température de gaz de combustion atteinte en fin de zone
amont 10.
[0068] Par rapport à l'art antérieur, la température des gaz de combustion dans la chambre
de combustion de la zone aval 11 de la section de chauffage 9 est plus élevée en utilisant
un air suroxygéné, tout en conservant les mêmes conditions de teneur en gaz imbrûlés
réducteurs CO + H
2.
[0069] La zone aval 11 de la section de chauffage à flamme directe peut correspondre approximativement
à la dernière moitié de la section de chauffage à flamme directe 9. La zone aval 11
de la section de chauffage à flamme directe peut également correspondre à plus ou
moins d'une moitié de section de chauffage à flamme directe 9.
[0070] Selon un mode de réalisation de l'invention, la suroxygénation du mélange d'air et
de combustible est obtenue par une augmentation du pourcentage en volume d'oxygène
dans l'air de combustion.
[0071] Autrement dit, le taux de suroxygénation du mélange d'air et de combustible peut
être compris entre 1% et 15% en volume par rapport au taux moyen d'oxygène contenu
dans l'air atmosphérique. Préférentiellement, on limite ce taux entre 1% et 7% afin
de ne pas augmenter la température des gaz de combustion au-delà des capacités des
murs réfractaires existants.
[0072] Le taux moyen d'oxygène contenu dans l'air atmosphérique étant d'environ 20,8%, le
pourcentage d'oxygène dans l'air de combustion suroxygéné est donc préférentiellement
porté entre 21,8% et 27,8% en volume.
[0073] L'enrichissement en oxygène de l'air du mélange air/combustible permet de diminuer
le ballast d'azote du mélange au profit du mélange oxygène / combustible, sans modifier
le rapport air/combustible habituel qui évolue naturellement le long du four par accumulation
des gaz imbrûlés. Dans l'exemple donné précédemment, le rapport air/combustible varie
d'environ 1 à 0,85. La suroxygénation de l'air du mélange air/combustible ne change
pas cette évolution du rapport air/combustible.
[0074] On utilise de l'oxygène pur, tel qu'habituellement fourni dans le commerce. L'oxygène
peut également être avantageusement obtenu par des procédés de séparation de l'oxygène,
décris plus loin.
[0075] Le tableau 2, ci-dessous, basé sur les données de la figure 1 et du tableau 1, donne
des valeurs de température de gaz de combustion dans les première (zone 3) et deuxième
(zone 4) zones de la zone aval 11 en fonction du pourcentage en volume d'oxygène dans
l'air de combustion.

[0076] On constate que la température des gaz de combustion est presque identique dans les
première et deuxième zones (zones 3 et 4) de la zone aval 11 pour un pourcentage d'oxygène
dans l'air compris entre 24,8% et 26,8% en volume, soit un taux de suroxygénation
de l'air compris entre 4% et 6% en volume par rapport au taux moyen d'oxygène contenu
dans l'air atmosphérique. La température des gaz de combustion est alors maintenue
à environ 1400°C.
[0077] Dans la première zone (zones 3) de la zone aval 11, lorsque le pourcentage en volume
d'oxygène dans l'air varie entre 21,8% et 25,8%, la température des gaz de combustion
varie entre 1366°C et 1418°C. Dit autrement, la température des gaz de combustion
peut être maintenue à environ 1400°C, dans la première zone (zones 3) de la zone aval
11.
[0078] Dans la deuxième zone (zones 4) de la zone aval 11, lorsque le pourcentage en volume
d'oxygène dans l'air varie entre 21,8% et 27,8%, la température des gaz de combustion
varie entre 1341°C et 1417°C. Dit autrement, la température des gaz de combustion
peut être maintenue à environ 1400°C, dans la deuxième zone (zones 4) de la zone aval
11.
[0079] Sur la figure 1, la portion de courbe 4b de la courbe 4 représente l'évolution de
la température des gaz de combustion en fonction de la progression de la bande métallique
dans la zone aval 11, selon l'invention.
[0080] Dans cet exemple, la température des gaz de combustion est maintenue à environ 1400°C,
lors de la progression de la bande métallique dans la zone aval 11. La température
de bande métallique augmente jusqu'à atteindre une valeur pouvant dépasser 800°C en
sortie du four à flamme directe (non représenté sur la figure 1).
[0081] On obtient ainsi une température de gaz brûlés homogène d'environ 1400°C sur toute
la zone aval de la section de chauffage à flamme directe 9.
[0082] Dans la section de chauffage à flamme directe 9, le pourcentage en volume de gaz
imbrûlés (CO + H
2) est conservé entre 4% et 6% par rapport au volume de gaz de combustion, soit un
rapport air/combustible supérieur à 0,85, comme le montre la figure 3.
[0083] La figure 3 représente le pourcentage de gaz imbrûlés (CO + H
2) et d'oxygène en fonction du rapport air/combustible.
[0084] L'axe des abscisses 12 représente le rapport air/combustible et l'axe des ordonnées
13 représente le pourcentage de gaz imbrûlés (CO + H
2) et d'oxygène.
[0085] La figure 3 montre qu'un excès d'air conduit à la présence d'oxygène libre capable
d'oxyder la surface de la bande métallique et qu'un excès de combustible libère, au
contraire, du monoxyde de carbone et de l'hydrogène qui sont réducteurs.
[0086] Selon un mode de réalisation préféré de l'invention, on se place avantageusement
dans des conditions telles que l'atmosphère à l'intérieur du four contienne un léger
excès de gaz imbrûlés.
[0087] La courbe 14b de la figure 2 représentant l'évolution corrélative de la température
des gaz de combustion et de celle de la bande métallique, selon l'invention, montre
que la suroxygénation du mélange air/ combustible permet de rester dans les conditions
de réduction, avec une température de gaz de combustion homogène, d'environ 1400°C,
et une température de bande métallique pouvant dépasser 800°C. D'une manière générale,
et toutes autres choses égales par ailleurs, la suroxygénation contrôlée de l'air
de combustion permet d'atteindre des températures de bande supérieures à celles obtenues
en combustion dans l'air atmosphérique.
[0088] Les équilibres d'oxydoréduction sont dépendants de la température et composition
des gaz de combustion mais aussi de la température de la bande.
[0089] Selon un autre mode de réalisation de l'invention possible, le pourcentage en volume
d'oxygène dans l'air est différent dans les première et deuxième zones. Le pourcentage
en volume d'oxygène dans l'air de la deuxième zone de la zone aval 11 est supérieur
à celui de la première zone de la zone aval 11. Ce mode de réalisation permet, plus
facilement et avec une moindre consommation d'oxygène, d'obtenir une température homogène
dans toute la section de chauffage à flamme directe 9.
[0090] Le taux de suroxygénation peut être croissant tout au long de la section de chauffage
à flamme directe 9, de façon continu ou discontinue.
[0091] Selon un autre mode de réalisation de l'invention possible, la suroxygénation du
mélange d'air et de combustible, dans la zone aval 11, est obtenue par une oxygénation
du combustible. Le combustible est oxygéné avant injection dans les brûleurs dans
des proportions permettant de rester hors du domaine d'explosivité.
[0092] Enfin, la section de chauffage à flamme directe 9 de la ligne de recuit ou de galvanisation
en continu est suivie d'une section de chauffage à tubes radiants. La température
de la bande métallique peut atteindre plus de 800°C à l'entrée de la section de chauffage
à tubes radiants, ce qui permet d'utiliser un four à tubes radiants de capacité de
chauffage réduite ou standard.
[0093] Dans le cas d'une ligne de recuit continue ou dans le cas d'une ligne de galvanisation
continue, la section à tubes radiants doit être continuellement alimentée en azote
pour assurer le balayage de l'atmosphère du four ainsi que les purges de ce four après
chaque arrêt et avant chaque redémarrage.
[0094] L'azote peut être fourni par un approvisionnement auprès de distributeurs de gaz.
Il peut être fourni par l'aciérie en cas de site intégré car l'azote est un sous-produit
abondant de la fabrication de l'oxygène.
[0095] Il peut être produit sur place par combustion et affinage (générateur endothermique)
ou par séparation d'air.
[0096] La séparation d'air peut être réalisée par « Pressure Swing Adsorption » (PSA) délivrant
de l'oxygène en phase gazeuse sous pression.
[0097] La séparation d'air peut être réalisée par des membranes délivrant de l'oxygène en
phase gazeuse sous pression.
[0098] Enfin, elle peut être réalisée par distillation de l'air liquide, générant de l'oxygène
en phase liquide à 10% et en phase gazeuse à 90%.
[0099] Dans les procédés de séparation d'air, l'azote est produit à une pureté supérieure
à 99,99%. Un flux de sous produit nommé « tail gas », riche en oxygène, est rejeté
dans l'atmosphère.
[0100] Dans un mode de réalisation de l'invention, l'oxygène nécessaire à la suroxygénation
de l'air de combustion dans la zone aval 11 de la section de chauffage à flamme directe
9 est un sous produit issu d'un procédé de séparation d'air destiné à produire de
l'azote.
[0101] Il est possible de récupérer ce gaz très riche en oxygène pour l'utiliser dans les
fours afin d'assurer une suroxygénation contrôlée ou même un fonctionnement « Oxy-fuel
». Le coût de revient en oxygène est alors quasi nul.
[0102] A titre d'exemple, la consommation en azote d'une ligne de galvanisation est de l'ordre
de 300 à 1200 Nm
3/h en continu et jusqu'à 5000 Nm
3/H pendant une phase de purge. La production équivalente d'oxygène (dans la proportion
de 1/5 environ du volume d'air traité) est largement suffisante pour assurer la marche
partielle ou totale du four en suroxygénation, avec le double avantage de ne pas être
tributaire des livraisons d'oxygène et de réduire les coûts d'exploitation.
[0103] Ainsi, le procédé de mise en oeuvre d'une ligne de recuit ou de galvanisation en
continu d'une bande métallique, selon l'invention, permet d'augmenter la capacité
de chauffage et de production des fours à flamme directe tout en conservant les rapports
air/combustible habituels et en restant dans des conditions d'oxydation / réduction
contrôlées de la bande.
[0104] La température de la bande métallique est plus élevée en sortie du four à flamme
directe, ce qui permet d'améliorer le nettoyage de la bande métallique.
[0105] La consommation de gaz de combustion diminue.
[0106] De plus, l'impact sur l'environnement est amélioré par réduction des NOx. Le procédé
selon l'invention, procure, à quantité d'air égale, une proportion plus importante
d'oxygène et une diminution corrélative de la quantité d'azote.
[0107] Le procédé de mise en oeuvre d'une ligne de recuit ou de galvanisation en continu
d'une bande métallique, selon l'invention, est compatible avec les fours à flamme
directe existants. En effet, la température de la bande métallique est compatible
avec celle des réfractaires du mur du four. Il n'est pas nécessaire de changer la
composition du réfractaire, ce qui permet de modifier facilement, et sans arrêt de
la production, toutes les installations dotées de fours à flamme directe.
[0108] L'invention n'est pas limitée aux lignes de recuit ou de galvanisation continues,
mais peut être généralisée à tout procédé incluant une étape de traitement thermique
d'une bande métallique.
[0109] La mise en oeuvre du procédé « SUROX », selon l'invention, est bien plus économe
que les procédés « OXY-FUEL », de l'art antérieur, qui exigent une grande quantité
d'oxygène.
1. Verfahren zum Betreiben einer durchgehenden Glüh- oder Galvanisierungsleitung für
einen Metallstreifen, umfassend eine Heizsektion (9) mit direkter Flamme, wobei die
Heizsektion (9) mit direkter Flamme von einer Heizsektion mit Strahlröhren gefolgt
wird und der Metallstreifen indirekt durch die Flamme in der Heizsektion (9) mit direkter
Flamme erhitzt wird,
dadurch gekennzeichnet, dass:
- die Heizsektion (9) mit direkter Flamme eine stromaufwärtige Zone (10) und eine
stromabwärtige Zone (11) umfasst,
- in der stromaufwärtigen Zone (10) das Erhitzen des Metallstreifens durch Verbrennung
eines Gemischs aus Atmosphärenluft und Brennstoff derart erhalten wird, dass die Temperatur
der Verbrennungsgase am Ende der stromaufwärtigen Zone (10) zwischen 1250 °C und 1500
°C, vorzugsweise ungefähr 1350 °C, beträgt,
- in der stromabwärtigen Zone (11) das Erhitzen des Metallstreifens durch Verbrennung
eines unterstöchiometrischen Gemischs aus Luft und mit Sauerstoff übersättigtem Brennstoff
derart erhalten wird, dass die Temperatur der Verbrennungsgase, die am Ende der stromaufwärtigen
Zone (10) erreicht wird, bis zum Ende der stromabwärtigen Zone (11) der Heizsektion
(9) mit direkter Flamme aufrechterhalten wird,
- der Sauerstoffübersättigungsgrad des Gemischs aus Luft und Brennstoff zwischen 1
und 15 Vol.-% in Bezug auf den mittleren Sauerstoffgehalt, der in der Atmosphärenluft
enthalten ist, beträgt,
- in der Heizsektion (9) mit direkter Flamme der Volumenprozentsatz der unverbrannten
Gase (CO + H2) kleiner als 6 % in Bezug auf das Volumen der Verbrennungsgase, vorzugsweise zwischen
4 % und 6 %, ist.
2. Verfahren zum Betreiben einer durchgehenden Glüh- oder Galvanisierungsleitung für
einen Metallstreifen nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass die Sauerstoffübersättigung des Gemischs aus Luft und Brennstoff durch eine Sauerstoffübersättigung
der Atmosphärenluft erhalten wird.
3. Verfahren zum Betreiben einer durchgehenden Glüh- oder Galvanisierungsleitung für
einen Metallstreifen nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass die Sauerstoffübersättigung des Gemischs aus Luft und Brennstoff durch eine Sauerstoffanreicherung
des Brennstoffs erhalten wird.
4. Verfahren zum Betreiben einer durchgehenden Glüh- oder Galvanisierungsleitung für
einen Metallstreifen nach einem der Ansprüche 1 bis 3, dadurch gekennzeichnet, dass der Sauerstoffübersättigungsgrad des Gemischs aus Luft und Brennstoff vorzugsweise
zwischen 1 % und 7 % beträgt.
5. Verfahren zum Betreiben einer durchgehenden Glüh- oder Galvanisierungsleitung für
einen Metallstreifen nach einem der Ansprüche 1 bis 4, dadurch gekennzeichnet, dass der Sauerstoffübersättigungsgrad entlang der gesamten Heizsektion (9) mit direkter
Flamme zunimmt.
6. Verfahren zum Betreiben einer durchgehenden Glüh- oder Galvanisierungsleitung für
einen Metallstreifen nach einem der Ansprüche 1 bis 5, dadurch gekennzeichnet, dass die stromabwärtige Zone (11) der Heizsektion mit direkter Flamme ungefähr aus der
Hälfte der Heizsektion (9) mit direkter Flamme besteht.
7. Verfahren zum Betreiben einer durchgehenden Glüh- oder Galvanisierungsleitung für
einen Metallstreifen nach einem der Ansprüche 1 bis 6, dadurch gekennzeichnet, dass der Heizsektion (9) mit direkter Flamme eine Vorheizsektion (8) für den Metallstreifen
vorausgeht, wobei das Vorheizen des Metallstreifens durch die Verbrennungsgase erhalten
wird, die aus der Heizsektion (9) mit direkter Flamme stammen.
8. Verfahren zum Betreiben einer durchgehenden Glüh- oder Galvanisierungsleitung für
einen Metallstreifen nach einem der Ansprüche 1 bis 7, dadurch gekennzeichnet, dass die Temperatur des Metallstreifens am Eingang der Sektion mit Strahlröhren 800 °C
übersteigt.
9. Verfahren zum Betreiben einer durchgehenden Glüh- oder Galvanisierungsleitung für
einen Metallstreifen nach einem der Ansprüche 1 bis 8, dadurch gekennzeichnet, dass der Sauerstoff, der für die Sauerstoffübersättigung der Verbrennungsluft in der stromabwärtigen
Zone (11) der Heizsektion (9) mit direkter Flamme notwendig ist, ein Nebenprodukt
ist, das aus einem Verfahren zur Trennung von Luft stammt, welches dazu bestimmt ist,
Stickstoff zu erzeugen.