[0001] La présente invention concerne un procédé de traitement d'un acier martensitique
qui comporte des teneurs en autres métaux telles qu'il est apte à être durci par une
précipitation de composés intermétalliques et de carbures, avec une teneur en Al comprise
entre 0,4% et 3%, et qui présente une température Mf de fin de transformation martensitique
inférieure à 0°C, ce procédé de traitement thermique comportant les étapes suivantes
:
- (a) on chauffe la totalité de l'acier au dessus de sa température d'austénisation
AC3,
- (b) on refroidit ledit acier jusqu'à environ la température ambiante,
- (c) on place ledit acier dans une ambiance cryogénique.
[0002] Pour certaines applications, notamment pour des arbres de transmission de turbomachines,
il est nécessaire d'utiliser de tels aciers, qui possèdent une très haute résistance
mécanique (limite élastique et charge à rupture) jusqu'à 400°C et en même temps une
bonne résistance à la rupture fragile (ténacité et ductilité élevées). Ces aciers
possèdent une bonne tenue en fatigue.
[0003] La composition d'un tel acier est donnée dans le document
FR 2,885,142 comme suit (pourcentages en poids) : 0,18 à 0,3% de C, 5 à 7% de Co, 2 à 5% de Cr,
1 à 2% d'AI, 1 à 4% de Mo+W/2, traces à 0,3% de V, traces à 0,1% de Nb, traces à 50
ppm de B, 10,5 à 15% de Ni avec Ni ≥ 7+3,5 Al, traces à 0,4% de Si, traces à 0,4%
de Mn, traces à 500 ppm de Ca, traces à 500 ppm de Terres rares, traces à 500 ppm
de Ti, traces à 50 ppm d'O (élaboration à partir de métal liquide) ou à 200 ppm d'O
(élaboration par métallurgie des poudres), traces à 100 ppm de N, traces à 50 ppm
de S, traces à 1% de Cu, traces à 200 ppm de P, le reste étant Fe.
[0004] Cet acier possède une très haute résistance mécanique (charge à rupture pouvant aller
de 2000 à 2500 Mpa) et en même temps une très bonne résilience (180·10
3 J/m
2) et ténacité (40 à 60

), et une bonne tenue en fatigue.
[0005] Ces propriétés mécaniques sont obtenues grâce aux traitements thermiques auquel cet
acier est soumis. En particulier, l'acier est soumis au traitement suivant : l'acier
est chauffé et maintenu au dessus de sa température d'austénisation AC3 jusqu'à ce
que sa température soit sensiblement homogène, l'acier est ensuite refroidi jusqu'à
environ la température ambiante, puis l'acier est placé et maintenu dans une enceinte
où règne une température cryogénique. On entend par "cryogénique" des températures
inférieures à 0°C.
[0006] Le placement de tels aciers en enceinte cryogénique a pour objet de minimiser la
teneur en austénite restante dans l'acier, c'est-à-dire optimiser la transformation
d'austénite en martensite dans l'acier. En effet, les propriétés de résistance mécanique
de l'acier augmentent inversement à sa teneur en austénite. Pour les aciers objets
de la présente demande, la température Mf de fin de transformation martensitique est
comprise entre - 30°C et - 40°C estimé dans des conditions d'équilibre thermodynamique.
Pour assurer une transformation optimale de l'austénite en martensite, il est en général
considéré que la température dans l'enceinte cryogénique doit donc être légèrement
en dessous de la température Mf. Ainsi, étant donné le caractère athermique de la
transformation de l'austénite en martensite, il est admis que la température dans
l'enceinte cryogénique doit être inférieure à - 40°C, et que la transformation optimale
en martensite est réalisée lorsque les parties les plus chaudes de l'acier ont atteint
cette température. L'acier est alors retiré de l'enceinte cryogénique.
[0007] Cependant, les résultats d'essais mécaniques de dureté et en traction réalisés sur
cet acier après un tel traitement cryogénique montrent une grande dispersion dans
les propriétés mécaniques de l'acier, ce qui est indésirable. De plus, ces résultats
ne suivent pas une loi statistique normale au regard des paramètres du traitement
cryogénique, à l'inverse les résultats se distribuent suivant une somme d'une multitude
de lois normales en fonction des conditions de traitement thermique et en particulier
de passage en milieu cryogéniques. Ce comportement multimodal accentue d'autant plus
la dispersion calculée (lorsqu'on englobe tous ces résultats dans une même famille)
et fait baisser la valeur de la moyenne. Les minima (calculés à trois écart-types
en dessous de la moyenne) des courbes de dimensionnement sont alors encore plus abaissés.
[0008] La présente invention vise à remédier à ces inconvénients.
[0009] L'invention vise à proposer un procédé de traitement de ce type d'acier qui permette
de réduire les dispersions dans ses propriétés mécaniques, qui donne des dispersions
qui suivent des lois statistiques normales, et qui augmente en moyenne ces propriétés
mécaniques.
[0010] Ce but est atteint grâce à un procédé selon la revendication 1, dans lequel, en particulier,
la température T
1 est sensiblement inférieure à la température de transformation martensitique Mf,
et le temps de maintien t dudit acier dans ladite ambiance cryogénique à une température
T
1 depuis le moment où la partie la plus chaude de l'acier atteint une température inférieure
à la température de transformation martensitique Mf, est au moins égal à un temps
t
1 non-nul.
[0011] Grâce à ces dispositions, toute l'austénite qui peut potentiellement se transformer
en martensite dans l'acier tel qu'il est introduit dans l'ambiance cryogénique, se
transforme de façon optimale. Une transformation optimale signifie que la teneur restante
en austénite dans l'acier est minimale dans tout l'acier. La dispersion dans les valeurs
des propriétés mécaniques est donc diminuée, puisque la teneur en austénite est homogène
dans tout l'acier. De plus, ces valeurs sont en moyenne augmentées, puisque la teneur
en austénite dans l'acier est minimisée.
[0012] Par exemple, la température T
1 (en °C avec une tolérance de +/-5°C) et le temps t
1 (en heures avec une tolérance de +/-5%) sont liés sensiblement par la relation

[0013] Avantageusement, l'acier est placé dans l'ambiance cryogénique moins de 70 heures
après le moment où la température à la surface de la pièce durant son refroidissement
à l'étape (b) atteint la température de 80°C.
[0014] Ainsi, le taux de transformation maximal d'austénite en martensite qu'il est possible
d'atteindre dans l'acier par son placement dans une ambiance cryogénique est le plus
élevé possible.
[0015] L'invention sera bien comprise et ses avantages apparaîtront mieux, à la lecture
de la description détaillée qui suit, d'un mode de réalisation représenté à titre
d'exemple non limitatif. La description se réfère aux dessins annexés sur lesquels
:
- la figure 1 montre la relation T1 = f(t1) entre le temps t1 pendant lequel l'acier est maintenu dans l'enceinte cryogénique après que la partie
la plus chaude de l'acier atteint une température
- inférieure à la température de transformation martensitique Mf, et la température
T1 dans l'enceinte, dans le procédé selon l'invention,
- la figure 2 montre la variation du taux d'austénite restante dans un acier en fonction
de la température T1 dans l'enceinte cryogénique pour différents temps t1 pendant lequel l'acier est maintenu dans cette enceinte après que la partie la plus
chaude de l'acier atteint une température inférieure à la température de transformation
martensitique Mf,
- la figure 3 montre la variation de la dureté dans un acier en fonction de la température
T1 dans l'enceinte cryogénique pour différents temps t1 pendant lequel l'acier est maintenu dans cette enceinte après que la partie la plus
chaude de l'acier atteint une température inférieure à la température de transformation
martensitique Mf,
- la figure 4 montre la variation du taux d'austénite restante dans un acier en fonction
de la durée séparant la fin du refroidissement de cet acier depuis sa température
d'austénisation, et le placement de cet acier dans l'enceinte cryogénique, pour différents
temps t1 pendant lequel l'acier est maintenu dans cette enceinte après que la partie la plus
chaude de l'acier atteint une température inférieure à la température de transformation
martensitique Mf.
[0016] Comme indiqué en préambule, un acier objet de la présente demande est soumis au traitement
suivant avec pour objectif de minimiser sa teneur résiduelle en austénite : l'acier
est chauffé et maintenu au dessus de sa température d'austénisation jusqu'à ce que
sa température soit sensiblement homogène, l'acier est ensuite refroidi jusqu'à environ
la température ambiante, puis l'acier est placé et maintenu dans une enceinte où règne
une température cryogénique.
[0017] Les inventeurs ont réalisés des essais sur de tels aciers ayant subi le traitement
ci-dessus. Ces aciers ont la composition suivante : 0,18 à 0,3% de C, 5 à 7% de Co,
2 à 5% de Cr, 1 à 2% d'Al, 1 à 4% de Mo+W/2, traces à 0,3% de V, traces à 0,1% de
Nb, traces à 50 ppm de B, 10,5 à 15% de Ni avec Ni ≥ 7+3,5 Al, traces à 0,4% de Si,
traces à 0,4% de Mn, traces à 500 ppm de Ca, traces à 500 ppm de Terres rares, traces
à 500 ppm de Ti, traces à 50 ppm d'O (élaboration à partir de métal liquide) ou à
200 ppm d'O (élaboration par métallurgie des poudres), traces à 100 ppm de N, traces
à 50 ppm de S, traces à 1% de Cu, traces à 200 ppm de P, le reste étant Fe. Ces aciers
ont plus particulièrement la composition suivante : 0,200% à 0,250% en C, 12,00% à
14,00% en Ni, 5,00% à 7,00% en Co, 2,5% à 4,00% en Cr, 1,30 à 1,70% en Al, 1,00% à
2,00% en Mo.
[0018] La figure 2 montre, selon les résultats de ces essais, la variation du taux d'austénite
restante dans un acier en fonction de la température T
1 dans l'enceinte cryogénique pour différentes durées t
1, où t
1 est la durée pendant laquelle cet acier est maintenu dans cette enceinte cryogénique
après que la partie la plus chaude de l'acier atteint une température inférieure à
la température de transformation martensitique Mf.
[0019] Ces résultats montrent que si l'acier est maintenu dans l'enceinte pendant 2 heures
après que la partie la plus chaude de l'acier atteint une température inférieure à
la température de transformation martensitique Mf, il est nécessaire que la température
de l'enceinte soit inférieure ou égale à - 90°C pour que le taux d'austénite résiduelle
soit minimal. Au dessus de cette température, le taux d'austénite résiduelle est supérieur.
En dessous de - 90°C, le taux d'austénite résiduelle reste sensiblement constant et
égal à sa valeur minimale, en l'espèce environ 2,5% (mesure tenant compte de la dispersion
naturelle de la mesure).
[0020] De façon similaire, si l'acier est maintenu dans l'enceinte pendant 5 heures ou 8
heures après que la partie la plus chaude de l'acier atteint une température inférieure
à la température de transformation martensitique Mf, il est nécessaire que la température
de l'enceinte soit égale ou plus basse que respectivement environ - 71°C et - 67°C
pour que le taux d'austénite résiduelle soit minimal.
[0021] Les résultats montrent que dans tous les cas, le taux d'austénite résiduelle est
sensiblement égal.
[0022] Plus généralement, la teneur résiduelle en austénite est minimale et sensiblement
constante lorsque le temps t
1 et la température T
1 se situent sous la courbe T
1 =
f(t
1) donnée en figure 1.
[0023] Cette courbe a pour équation :

[0024] La courbe T
1 =
f(t
1) donne la température T
1 (exprimée en °C) dans la chambre cryogénique où l'acier doit être maintenu pendant
un temps t
1 (exprimé en heures) après que la partie la plus chaude de l'acier atteint une température
inférieure à la température de transformation martensitique Mf de façon que toutes
les régions de l'acier soient transformées au maximum en martensite, et aient donc
une teneur résiduelle en austénite minimale et homogène.
[0025] La courbe T
1 =
f(t
1) est obtenue par approximation statistique des résultats expérimentaux donnés dans
le tableau 1 ci-dessous. Il est donc entendu que pour un temps t
1 donné de maintien de l'acier dans la chambre cryogénique après que la partie la plus
chaude de l'acier atteint une température inférieure à la température de transformation
martensitique Mf, la température dans cette chambre doit être environ égale ou inférieure
à celle donnée par la courbe T
1 =
f(t
1). La dérivée première de la fonction f par rapport à t,
f'(t), est positive, et la dérivée seconde de
f par rapport à t,
f"(t), est négative.
[0026] L'allure de cette courbe est valable pour tous les aciers de cette famille et se
translate dans la direction verticale (variation en température) en fonction de la
composition chimique de l'acier. L'asymptote horizontale de cette équation (la température
T
1 pour laquelle un temps de maintien t
1 infini est nécessaire, c'est-à-dire la température la plus haute possible pour l'enceinte)
est fonction de la composition chimique de l'acier (cette composition influe directement
sur les températures de début Ms et de fin Mf de transformation martensitique). Pour
le présent acier, cette température est environ égale à - 40°C. Le temps de maintien
t
1 minimum nécessaire est environ égal à 1 heure, et est sensiblement constant pour
tous les aciers de cette famille.
Tableau 1
| Temps t1 (heures) |
Température T1 (°C) |
| 2 |
-90 |
| 5 |
-70 |
| 8 |
-68 |
[0027] On note, de façon inattendue, que ces températures T
1 sont bien inférieures à la température de - 40°C communément admise comme permettant
une transformation optimale de l'austénite en martensite, et que le temps de maintien
t
1 n'est pas nul. Ainsi, les inventeurs montrent qu'il n'est pas suffisant que les parties
les plus chaudes de l'acier aient atteint la température Mf (ou une température légèrement
inférieure) pour que la transformation en martensite dans ces parties soit optimale,
mais il faut en plus que ces parties les plus chaudes soient maintenues dans la chambre
cryogénique (où règne une température T
1) après qu'elles atteignent une température inférieure à la température de transformation
martensitique Mf pendant une durée au moins égale à t
1.
[0028] La figure 3 montre, selon d'autres résultats d'essais réalisés par les inventeurs,
la variation de la dureté dans un tel acier en fonction de la température T
1 dans l'enceinte cryogénique pour différentes durées t
1, où t
1 est la durée pendant laquelle cet acier est maintenu dans cette enceinte cryogénique
après que la partie la plus chaude de l'acier atteint une température inférieure à
la température de transformation martensitique Mf.
[0029] Ces résultats montrent que la dureté est maximale et sensiblement constante lorsque
le temps t
1 et la température T
1 se situent sous la courbe T
1 =
f(t
1) donnée en figure 1.
[0030] En comparant les courbes des figures 2 et 3, on peut donc établir une corrélation
entre le taux d'austénite résiduel dans l'acier, et la dureté de cet acier. On en
conclut que plus la teneur en austénite dans l'acier est faible, plus la dureté de
l'acier est élevée. Les résultats d'essais effectués par les inventeurs sur d'autres
propriétés mécaniques montrent une tendance similaire, à savoir que les propriétés
mécaniques augmentent quand le taux d'austénite diminue.
[0031] Grâce au procédé selon l'invention, on minimise la teneur en austénite dans l'acier,
et par conséquent on augmente en moyenne les propriétés mécaniques de l'acier.
[0032] Par ailleurs, la teneur minimale en austénite dans une région d'une pièce en acier
n'est atteinte que lorsque cette région a atteint une température inférieure à la
température Mf et y est maintenue suffisamment longtemps, comme le montre la courbe
de la figure 1.
[0033] Dans le cas où, après que la partie la plus chaude de l'acier atteint une température
inférieure à la température de transformation martensitique Mf, la pièce est maintenue
dans l'enceinte cryogénique où règne une température T
1 pendant un temps t inférieur au temps t
1 satisfaisant la relation T
1 =
f(t
1), alors certaines régions plus centrales de la pièce ne sont pas restées suffisamment
longtemps en dessous de la température Mf, tandis que certaines régions situées plus
en surface de la pièce sont restées suffisamment longtemps à la température Mf. Le
taux résiduel d'austénite augmente donc depuis ces régions en surface vers ces régions
centrales. Cette variation spatiale du taux résiduel d'austénite entraîne une dispersion
des valeurs des propriétés mécaniques obtenues lors des essais.
[0034] Or, dans le procédé selon l'invention, l'acier est maintenu dans l'enceinte cryogénique
suffisamment longtemps après que la partie la plus chaude de l'acier atteint une température
inférieure à la température de transformation martensitique Mf, ce qui assure une
transformation optimale en martensite de cette partie. On comprend donc pourquoi,
grâce au procédé selon l'invention qui permet d'obtenir un taux résiduel d'austénite
dans l'acier qui soit homogène et minimum, la dispersion des valeurs des propriétés
mécaniques est minimisée, comme l'ont constaté les inventeurs. Par exemple, en appliquant
un procédé de traitement selon l'art antérieur, la moyenne en dureté de l'acier traité
est de 560 Hv avec statistiquement un minimum à 535 Hv et un maximum à 579 Hv. En
utilisant le procédé selon l'invention, la moyenne en dureté de l'acier traité est
de 575 Hv avec statistiquement un minimum à 570Hv et un maximum à 579 Hv.
[0035] Avant son placement dans l'enceinte cryogénique, l'acier subit, à l'étape (b), une
trempe dans un fluide (un milieu) afin de refroidir l'acier jusqu'à température ambiante.
Idéalement, ce fluide possède une drasticité au moins égale à celle de l'air. Par
exemple, ce fluide est de l'air.
[0036] Par drasticité d'un milieu de trempe, on entend la capacité de ce milieu d'absorber
les calories dans les couches les plus proches de la pièce qui y est plongée, et de
les diffuser dans le reste du milieu. Cette capacité conditionne la vitesse de refroidissement
de la surface de la pièce plongée dans ce milieu.
[0037] Les essais effectués par les inventeurs montrent que l'acier doit idéalement être
placé dans l'ambiance cryogénique moins de 70 heures après le moment où la température
à la surface de la pièce durant son refroidissement à l'étape (b) atteint la température
de 80°C.
[0038] La figure 4 montre les résultats de ces essais. Lorsque l'acier est placé dans l'ambiance
(enceinte) cryogénique 70 heures ou moins après le moment où la température à la surface
de la pièce durant son refroidissement à l'étape (b) atteint la température de 80°C,
alors la teneur résiduelle en austénite dans l'acier peut atteindre son minimum après
maintien dans l'enceinte cryogénique selon les conditions de l'invention. En revanche,
lorsque l'acier est placé dans l'ambiance cryogénique plus de 70 heures après ce moment,
alors la teneur résiduelle en austénite ne peut atteindre son minimum, quelles que
soient la durée ultérieure de maintien et la température dans l'enceinte cryogénique.
[0039] Le minimum de la teneur résiduelle en austénite est de l'ordre de 2,5% pour la nuance
d'acier testée lors des essais. Plus généralement, pour le type d'aciers selon l'invention,
le minimum de la teneur résiduelle en austénite est inférieur à 3%.
[0040] Pour d'autres familles d'acier, les valeurs minimum du temps t
1 varient. Par exemple, le temps t
1 peut être supérieur à 2 heures, ou supérieur à 3 heures, ou supérieur à 4 heures.
[0041] Pour chacun de ces temps t
1, la température T
1 en dessous de laquelle doit être la température de l'enceinte est par exemple égale
à - 50°C, ou à - 60°C, ou à - 70°C.
[0042] L'invention concerne également une pièce dans un acier obtenu selon un procédé selon
l'invention, le taux d'austénite résiduel dans cet acier étant inférieur à 3%.
[0043] Par exemple, cette pièce est un arbre de turbomachine.
1. Procédé de traitement d'un acier martensitique qui comporte des teneurs en autres
métaux telles qu'il est apte à être durci par une précipitation de composés intermétalliques
et de carbures, qui présente une température Mf de fin de transformation martensitique
inférieure à 0°C, ce procédé de traitement thermique comportant les étapes suivantes
(a) on chauffe la totalité de l'acier au dessus de sa température d'austénisation,
(b) on refroidit ledit acier jusqu'à environ la température ambiante,
(c) on place ledit acier dans une ambiance cryogénique où règne une température T1,
ce procédé étant
caractérisé en ce que la température T
1 est sensiblement inférieure à la température de fin de transformation martensitique
Mf, et le temps de maintien dudit acier dans ladite ambiance cryogénique depuis le
moment où la partie la plus chaude de l'acier atteint une température inférieure à
la température de fin de transformation martensitique Mf, est au moins égal à un temps
t
1 supérieur à 1 heure, la température T1 (en °C) et le temps t1 (en heures) étant liés
par la relation T1 =
f(t1), la fonction
f étant donnée sensiblement par

ou par une courbe translatée en température par rapport à
f(t), dans lequel ledit acier a pour composition : 0,18 à 0,3% de C, 5 à 7% de Co,
2 à 5% de Cr, 1 à 2% d'Al, 1 à 4% de Mo+W/2, traces à 0,3% de V, traces à 0,1% de
Nb, traces à 50 ppm de B, 10,5 à 15% de Ni avec Ni ≥ 7+3,5 Al, traces à 0,4% de Si,
traces à 0,4% de Mn, traces à 500 ppm de Ca, traces à 500 ppm de Terres rares, traces
à 500 ppm de Ti, traces à 50 ppm d'O si élaboration à partir de métal liquide ou à
200 ppm d'O si élaboration par métallurgie des poudres, traces à 100 ppm de N, traces
à 50 ppm de S, traces à 1% de Cu, traces à 200 ppm de P, le reste étant Fe.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit acier a pour composition : 0,200% à 0,250% en C, 12,00% à 14,00% en Ni, 5,00%
à 7,00% en Co, 2,5% à 4,00% en Cr, 1,30 à 1,70% en Al, 1,00% à 2,00% en Mo.
3. Procédé selon la revendication 1 ou 2 caractérisé en ce qu'à l'étape (b), on refroidit ledit acier jusqu'à environ la température ambiante par
trempe dans un milieu avec une drasticité au moins égale à celle de l'air.
4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3 caractérisé en ce que ledit acier est placé dans ladite ambiance cryogénique moins de 70 heures après le
moment où la température à la surface de la pièce durant son refroidissement à l'étape
(b) atteint la température de 80°C.
5. Pièce dans un acier obtenu selon un procédé selon l'une quelconque des revendications
précédentes, caractérisée en ce que le taux d'austénite résiduel dans ledit acier est inférieur à 3%.
6. Arbre de transmission de turbomachine dans un acier obtenu selon un procédé selon
l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisée en ce que le taux d'austénite résiduel dans ledit acier est inférieur à 3%.
1. Verfahren zur Behandlung eines martensitischen Stahls, der einen Gehalt an anderen
Metallen aufweist, sodass er geeignet ist, durch Ausfällen von intermetallischen Verbindungen
und Karbiden gehärtet zu werden, er eine Endtemperatur Mf der martensitischen Umwandlung
von unter 0°C aufweist, wobei das Wärmebehandlungsverfahren die folgenden Schritte
umfasst:
(a) Erhitzen des gesamten Stahls über seine Austenitisierungstemperatur,
(b) Abkühlen des Stahls auf etwa Raumtemperatur,
(c) Einbringen des Stahls in eine kryogene Umgebung, in der eine Temperatur T1 herrscht,
wobei das Verfahren
dadurch gekennzeichnet ist, dass die Temperatur T
1 wesentlich niedriger ist als die Endtemperatur der martensitischen Umwandlung Mf
und die Zeit des Haltens des Stahls in der kryogenen Umgebung ab dem Zeitpunkt, zu
dem der heißeste Teil des Stahls eine Temperatur erreicht, die niedrigerer als die
Endtemperatur der martensitischen Umwandlung Mf ist, mindestens gleich einer Zeit
t
1 von mehr als 1 Stunde ist, wobei Temperatur T1 (in °C) und die Zeit t1 (in Stunden)
durch die Beziehung T1 =
f(t1) verknüpft sind, wobei die Funktion f im Wesentlichen gegeben ist durch

oder durch eine translatierte Temperaturkurve in Bezug auf
f(t), wobei der Stahl die folgende Zusammensetzung aufweist: 0,18 bis 0,3 % C, 5 bis
7% Co, 2 bis 5 % Cr, 1 bis 2 % AI, 1 bis 4 % Mo + W/2, bis 0,3 % Spuren von V, bis
0,1 % Spuren von Nb , bis 50 ppm Spuren von B, 10,5 bis 15 % Ni mit Ni ≥ 7 + 3,5 Al,
bis 0,4 % Spuren von Si, bis 0,4 % Spuren von Mn, bis 500 ppm Spuren von Ca, bis 500
ppm Spuren von Seltenen Erden, bis 500 ppm Spuren von Ti, bis 50 ppm Spuren von O
bei Verarbeitung aus Flüssigmetall oder bis 200 ppm O bei pulvermetallurgischer Verarbeitung,
bis 100 ppm Spuren von N, bis 50 ppm Spuren von S, bis 1% Spuren von Cu, bis 200 ppm
Spuren von P und der Rest Fe ist.
2. Verfahren gemäß Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass der Stahl folgende Zusammensetzung aufweist: 0,200 % bis 0,250 % C, 12,00 % bis 14,00
% Ni, 5,00 % bis 7,00 % Co, 2,5 % bis 4,00 % Cr, 1,30 % bis 1,70 % AI, 1,00 % bis
2,00 % Mo.
3. Verfahren gemäß Anspruch 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, dass in Schritt (b) der Stahl durch Abschrecken in einem Medium mit einer Abschreckleistung,
die mindestens gleich der von Luft ist, auf etwa die Umgebungstemperatur abgekühlt
wird.
4. Verfahren gemäß einem der Ansprüche 1 bis 3, dadurch gekennzeichnet, dass der Stahl weniger als 70 Stunden nach dem Zeitpunkt, zu dem die Temperatur an der
Oberfläche des Werkstücks während seiner Abkühlung in Schritt (b) die Temperatur von
80°C erreicht, in die kryogene Umgebung eingebracht wird.
5. Werkstück aus einem Stahl, der durch ein Verfahren gemäß einem der vorangehenden Ansprüche
erhalten wird, dadurch gekennzeichnet, dass der Restaustenitgehalt in diesem Stahl weniger als 3 % beträgt.
6. Turbomaschinen-Getriebewelle aus einem Stahl, der durch ein Verfahren gemäß einem
der Ansprüche 1 bis 4 erhalten wird, dadurch gekennzeichnet, dass der Restaustenitgehalt in diesem Stahl weniger als 3 % beträgt.
1. A method for producing martensitic steel that comprises a content of other metals
such that the steel can be hardened by an intermetallic compound and carbide precipitation,
with a martensitic transformation temperature Mf below 0°C, this thermal treatment
method comprising the following steps:
(a) heating the entirety of the steel above the austenizing temperature thereof,
(b) cooling said steel to around the ambient temperature,
(c) placing said steel into a cryogenic medium at a temperature T1,
the method being
characterized in that the temperature T
1 is substantially less than the martensitic transformation temperature Mf, and the
time for keeping said steel in said cryogenic medium from the moment when the hottest
portion of the steel reaches a temperature lower than the martensitic transformation
temperature Mf, is at least equal to a time t
1 longer than 1 hour, the temperature T
1 (in °C) and the time t
1 (in hours) being substantially linked by the equation T
1 =
f(t
1), the function f being substantially given by

or by a temperature-translated curve relative to
f(t), wherein
said steel has for composition: 0.18 to 0.3% of C, 5 to 7% of Co, 2 to 5% of Cr, 1
to 2% of Al, 1 to 4% of Mo+W/2, traces to 0.3% of V, traces to 0.1% of Nb, traces
to 50 ppm of B, 10.5 to 15% of Ni with Ni ≥ 7+3.5 Al, traces to 0.4% of Si, traces
to 0.4% of Mn, traces to 500 ppm of Ca, traces to 500 ppm of rare earths, traces to
500 ppm of Ti, traces to 50 ppm of O if developed from molten metal or to 200 ppm
of O if developed through powder metallurgy, traces to 100 ppm of N, traces to 50
ppm of S, traces to 1% of Cu, traces to 200 ppm of P, the rest being Fe.
2. The method according to claim 1, characterized in that said steel has for composition: 0.200% to 0.250% in C, 12.00% to 14.00% in Ni, 5.00%
to 7.00% in Co, 2.5% to 4.00% in Cr, 1.30 to 1.70% in Al, 1.00% to 2.00% in Mo.
3. The method according to claim 1 or 2, characterized in that in step (b), said steel is cooled to approximately ambient temperature by quenching
in a medium with a drasticity at least equal to that of the air.
4. The method according to any one of claims 1 to 3, characterized in that said steel is placed in said cryogenic medium less than 70 hours after the moment
when the surface temperature of the piece during cooling thereof in step (b) reaches
the temperature of 80°C.
5. A piece made from a steel obtained using a method according to any one of the preceding
claims, characterized in that the residual austenite level in said steel is less than 3%.
6. A turbomachine transmission shaft made from a steel obtained according to a method
according to any one of claims 1 to 4, characterized in that the residual austenite level in said steel is less than 3%.