[0001] La présente invention se rapporte à un procédé de maintenance d'une grue.
[0002] Elle concerne également une grue et un ensemble de maintenance adaptés à la mise
en œuvre d'un tel procédé de maintenance.
[0003] Dans le domaine des grues, par exemple des grues à tour présentant un mât supportant
une flèche et adaptées au déplacement de charges, il est souvent nécessaire de réaliser
des opérations de maintenance sur des grues en activité, déjà montées et installées
sur un site d'opération.
[0004] Par exemple, de telles opérations de maintenance peuvent avoir lieu dans le but de
réparer et remettre en état une grue en cas d'apparition de problèmes techniques empêchant
ladite grue de fonctionner, ou bien dans le but de prévenir de manière préventive
une détérioration de cette même grue menant à une dégradation de son fonctionnement.
[0005] Pour réaliser de telles opérations de maintenance sur une grue, un technicien de
maintenance, par exemple formé par le fabricant de ladite grue, doit se rendre sur
le site d'opération de ladite grue, accompagné d'un grutier : alors que le grutier
pilote, depuis une cabine de pilotage généralement située en hauteur sur le mât de
la grue, certaines manœuvres de la grue à la demande du technicien de maintenance,
ce dernier peut observer le fonctionnement de la grue, identifier les éventuels problèmes
techniques rencontrés et procéder aux réparations nécessaires.
[0006] Pendant ces opérations de maintenance, le technicien de maintenance est ainsi exposé
aux mouvements des pièces mobiles de la grue (par exemple, des mouvements de la flèche,
etc.) : il existe ainsi un risque que le technicien de maintenance se fasse heurter
par une pièce mobile de la grue au cours d'une manœuvre pilotée par le grutier. Plusieurs
dispositifs permettant d'améliorer la sécurité du technicien de maintenance pendant
une opération de maintenance sont déjà connus de l'état de la technique. Par exemple,
le document
CN201753235 décrit une grue configurable, au moyen d'un commutateur, entre une configuration
de travail dans laquelle la grue peut fonctionner normalement, et une configuration
de maintenance, dans laquelle aucun mouvement de la grue n'est autorisé : en faisant
passer la grue en configuration de maintenance avant l'intervention du technicien
de maintenance sur la grue, la sécurité de celui-ci est assurée.
[0007] Cependant, il est impossible pour le technicien de maintenance d'observer le fonctionnement
de la grue et d'identifier les réparations à effectuer tant que la grue est dans la
configuration de maintenance : le passage de la grue en configuration de maintenance
rend ainsi les opérations de maintenance malcommodes et fastidieuses. Le document
CN207566749 décrit quant à lui un dispositif capable de détecter la présence du technicien de
maintenance dans une zone de danger, puis de bloquer ou limiter automatiquement les
mouvements de la grue susceptibles de heurter celui-ci. Ce dispositif présente l'inconvénient
qu'en cas d'erreur lors de la détection du technicien de maintenance, la sécurité
de ce dernier n'est plus assurée et le technicien de maintenance peut être heurté
par la grue.
[0008] De plus, dans chacun des deux dispositifs précités, le technicien de maintenance
doit transmettre au grutier positionné dans la cabine de pilotage des consignes de
pilotage de chaque manœuvre particulière qu'il souhaite observer : cette transmission
de consignes est généralement réalisée vocalement ou par l'intermédiaire de moyens
de communication adaptés.
[0009] Il existe un risque que le grutier ne comprenne pas les consignes transmises par
le technicien de maintenance ou qu'il se trompe lors de leur exécution et réalise
une fausse-manoeuvre : dans ce cas, le technicien se trouve exposé à une manœuvre
soudaine de la grue qu'il n'a pas pu anticiper et est alors en danger.
[0010] L'état de la technique peut également être illustré par les enseignements du document
US2010/116767 qui concerne un procédé pour contrôler une grue soit par un grutier au moyen d'une
unité de commande fixe, soit par une personne distante au moyen d'une unité de radiocommande
mobile, permettant ainsi à la personne distante de prendre le contrôle des manœuvres
de la grue. Cependant, une telle solution n'est pas adaptée pour les opérations de
maintenance, car le pilotage des manœuvres de la grue s'effectue soit par le grutier,
soit par la personne distante, sans possibilité de permettre à la personne distante
d'agir sur le pilotage par le grutier; la personne distante se contentant de prendre
intégralement la main sur le pilotage.
[0011] La présente invention a ainsi pour but de résoudre en tout ou partie les inconvénients
précités, en proposant un procédé de maintenance d'une grue qui permette d'assurer
au technicien de maintenance une meilleure sécurité lors de la réalisation de manœuvres
de maintenance.
[0012] Un autre objectif de l'invention est de proposer un procédé de maintenance qui permette
de limiter les risques de réalisation d'une fausse-manœuvre par le grutier. Encore
un autre objectif de l'invention est de proposer un procédé de maintenance qui permette
au technicien de maintenance de limiter de manière automatique les manœuvres réalisables
par le grutier, afin de pouvoir mieux anticiper les différents mouvements de la grue
et limiter les risques de collision.
[0013] Enfin, un objectif de l'invention est de proposer un procédé de maintenance qui puisse
être facilement mis en œuvre sur des modèles de grues standard déjà existants.
[0014] A cet effet, elle propose un procédé de maintenance d'une grue, configurable entre
une configuration de travail et une configuration de maintenance, ladite grue comportant
un système de contrôle-commande relié à un dispositif de pilotage prévu pour permettre,
lorsque ladite grue se trouve dans la configuration de travail, un pilotage d'une
pluralité de manœuvres mettant chacune en œuvre au moins un déplacement d'au moins
une partie mobile de ladite grue,
ledit procédé de maintenance étant caractérisé en ce qu'il met en œuvre au moins les
étapes suivantes :
- une étape de changement de configuration de la grue au moyen d'un système de commande
de maintenance, de manière à faire passer ladite grue dans la configuration de maintenance,
dans laquelle le pilotage, au moyen du dispositif de pilotage, d'au moins une manœuvre
parmi la pluralité de manœuvres est initialement bloqué par le système de contrôle-commande,
- une étape de sélection pour sélectionner, au moyen d'un module de maintenance en liaison
avec le système de contrôle-commande, au moins une manœuvre de maintenance parmi la
ou les manœuvres dont le pilotage est initialement bloqué,
- une étape de déblocage dans laquelle le système de contrôle-commande débloque le pilotage
de ladite manœuvre de maintenance afin de libérer le pilotage de ladite manœuvre de
maintenance au moyen du dispositif de pilotage, et
- une étape de pilotage de ladite manœuvre de maintenance au moyen du dispositif de
pilotage.
[0015] La réalisation d'un tel procédé de maintenance selon l'invention nécessite ainsi
une coopération entre deux opérateurs présents sur le site d'opération de la grue
: un grutier, pilotant les différentes manœuvres de la grue au moyen du dispositif
de pilotage, et un technicien de maintenance, permettant de faire passer la grue en
configuration de maintenance, au moyen du système de commande de maintenance, et observant
les manœuvres pilotées par le grutier.
[0016] Il est à noter que le dispositif de pilotage, sur lequel agit un grutier, peut être
un dispositif de pilotage localisé dans une cabine de pilotage montée sur la grue,
ou bien peut être un dispositif de pilotage radiocommandé externe à la grue.
[0017] Le procédé de maintenance permet d'établir une hiérarchie entre le technicien de
maintenance et le grutier : le technicien de maintenance choisit quelles manœuvres
de la grue il souhaite voir réalisée tandis que le grutier n'a qu'un rôle d'exécutant,
ne pouvant piloter aucune manœuvre de la grue à l'exception de celles sélectionnées
par le technicien de maintenance.
[0018] Dans une première réalisation, le système de commande de maintenance est un système
de commande de maintenance automatisée pour effectuer l'étape de changement de configuration
de manière automatisée.
[0019] Dans une seconde réalisation, le système de commande de maintenance est un commutateur
pour effectuer l'étape de changement de configuration de manière manuelle, comme par
exemple un commutateur physique ou un commutateur virtuel sur une interface écran.
[0020] Dans une première réalisation, le commutateur est positionné sur la grue et en dehors
d'une cabine de pilotage où est disposé le dispositif de pilotage, de manière à ne
pas pouvoir être actionné par le grutier présent dans la cabine de pilotage.
[0021] Selon une possibilité, la grue comporte un mât prévu pour s'étendre, lorsque ladite
grue est en fonctionnement, selon une direction sensiblement verticale entre un pied
positionné à proximité d'un sol et un sommet en hauteur supportant une flèche, le
commutateur étant localisé sur le pied et la cabine de pilotage étant localisée sur
le mât au-dessus du commutateur.
[0022] La cabine de pilotage est ainsi positionnée en hauteur sur le mât de la grue et le
commutateur est positionné à proximité du sol, par exemple dans une armoire électrique
de ladite grue, facilement accessible par le technicien de maintenance.
[0023] Dans une seconde réalisation, le commutateur est positionné sur la grue, et à l'intérieur
d'une cabine de pilotage où est disposé le dispositif de pilotage, et le commutateur
étant accessible via un accès sécurisé, comme par exemple une clé, un mot de passe,
un dispositif d'identification ; cet accès sécurisé permet ainsi que seul le technicien
de maintenance, et pas le grutier, puisse accéder au commutateur.
[0024] D'autres modes de réalisation concernant la disposition relative du commutateur et
de la cabine de pilotage sont bien évidemment envisageables mais il est particulièrement
avantageux que le commutateur soit manipulé par le technicien de maintenance (et non
par le grutier) afin que ce soit celui-ci qui choisisse de débuter le procédé de maintenance
en faisant passer la grue dans la configuration de maintenance.
[0025] En outre, divers types de commutateurs peuvent être envisagés, par exemple un commutateur
à clé, un interrupteur, un lecteur RFID, un clavier de saisie d'un mot de passe, etc.
[0026] Le procédé de maintenance selon l'invention comporte ainsi une succession d'étapes
permettant au technicien de maintenance d'imposer au grutier le pilotage de certaines
manœuvres spécifiques, à l'exclusion de toutes les autres.
[0027] La première étape, réalisée ou initiée par le technicien de maintenance manuellement
ou de manière automatisée, consiste ainsi à faire passer la grue de la configuration
de travail, dans laquelle le grutier peut piloter n'importe quelle manœuvre de la
grue au moyen du dispositif de pilotage, à la configuration de maintenance, dans laquelle
le pilotage d'au moins une de ces manœuvres est bloqué.
[0028] En d'autres termes, une fois la grue en configuration de maintenance, le grutier
ne peut plus réaliser, au moyen du dispositif de pilotage, certaines des manœuvres
qu'il pouvait piloter quand la grue était encore en configuration de travail.
[0029] Ainsi, le technicien de maintenance sait que le grutier ne peut effectuer qu'un nombre
restreint de manœuvres prédéfinies qu'il peut facilement anticiper : même en cas d'erreur
de pilotage du grutier, le technicien de maintenance ne peut être surpris par une
manœuvre inattendue, réduisant ainsi le risque de collision avec une partie mobile
de la grue.
[0030] Dans un mode de réalisation favori de l'invention, à l'issue de l'étape de changement
de configuration, le pilotage, au moyen du dispositif de pilotage, de chacune des
manœuvres parmi la pluralité de manœuvres est bloqué par le système de contrôle-commande.
[0031] Ainsi, lors du passage de la grue en configuration de maintenance, le grutier ne
peut initialement réaliser aucune manœuvre au moyen du dispositif de pilotage : la
sécurité du technicien de maintenance est alors maximale.
[0032] Le blocage du pilotage des manœuvres de la grue est réalisé par le système de contrôle-commande
de la grue, après le passage en configuration de maintenance, par exemple après une
manipulation du commutateur par le technicien de maintenance.
[0033] Ce système de contrôle-commande est présent sur de nombreux modèles de grues de l'état
de la technique et peut, par exemple, consister en une ou plusieurs cartes électroniques
et est adapté pour réaliser les déplacements des parties mobiles de la grue mis en
œuvre au cours des manœuvres pilotées depuis le dispositif de pilotage de la grue.
[0034] Ce système de contrôle-commande peut également être adapté pour contrôler, notamment
au moyen de capteurs physiques répartis sur la grue, ces déplacements des parties
mobiles de la grue.
[0035] Dans le cadre du procédé de maintenance selon l'invention, le système de contrôle-commande
est également configuré pour bloquer le pilotage, au moyen du dispositif de pilotage,
de certaines manœuvres de la grue, de sorte que, même lorsque le grutier manipule
le dispositif de pilotage en vue de réaliser ces mêmes manœuvres, celles-ci ne soient
pas effectivement réalisées par la grue.
[0036] En d'autres termes, si le grutier pilote une manœuvre dont le pilotage est bloqué
par le système de contrôle-commande, le ou les déplacements de la ou des parties mobiles
mis en œuvre par ladite manœuvre ne sont pas réalisés.
[0037] A l'issue de l'étape de changement de configuration de la grue, le système de contrôle-commande
empêche ainsi la réalisation de certaines manœuvres de la grue, même si le grutier
venait, par erreur, à piloter ces dernières au moyen du dispositif de pilotage. Selon
une caractéristique, le passage de la grue de la configuration de travail à la configuration
de maintenance est signalé par l'émission d'un signal d'avertissement, comme par exemple
un signal sonore et/ou un signal lumineux.
[0038] Il est également possible qu'un tel signal sonore et/ou lumineux soit émis de manière
répétée pendant toute la durée où la grue se trouve dans la configuration de maintenance.
[0039] Il est bien entendu envisageable, dans le cadre de l'invention, qu'aucun tel signal
avertissement ne soit émis lors du passage de la grue de la configuration de travail
à la configuration de maintenance.
[0040] Le procédé de maintenance comporte ensuite une étape de sélection, durant laquelle
au moins une manœuvre de maintenance parmi la ou les manœuvres dont le pilotage est
initialement bloqué.
[0041] Dans un premier mode de réalisation, cette étape de sélection est automatisée, par
exemple en suivant un scénario de maintenance préétabli ou enregistré, un tel scénario
de maintenance pouvant être paramétré à l'avance dans le module de maintenance. Dans
ce premier mode de réalisation, le module de maintenance comprend une mémoire dans
laquelle est enregistré un ou plusieurs scénarios de maintenance. Dans un second mode
de réalisation, cette étape de sélection est réalisée manuellement par le technicien
de maintenance qui sélectionne, au moyen du module de maintenance au moins une manœuvre
de maintenance parmi les manœuvres de la grue dont le pilotage est bloqué par le système
de contrôle-commande.
[0042] Le technicien de maintenance choisit donc une manœuvre particulière dont il désire
observer la réalisation par la grue, par exemple afin d'identifier la cause d'un problème
technique, ou de vérifier le bon fonctionnement de la grue à la suite d'une réparation.
Le module de maintenance, qui sera plus précisément décrit plus bas, est relié au
système de contrôle-commande de la grue.
[0043] Dans le second mode de réalisation, le module de maintenance comporte avantageusement
une interface permettant au technicien de maintenance d'effectuer la sélection de
la manœuvre de maintenance.
[0044] Bien entendu l'invention n'est pas limitée à la manière dont est réalisée la sélection
de la manœuvre de maintenance, que ce soit de manière automatisée ou préétablie, ou
de manière manuelle, ou via un logiciel de sélection lancé par le technicien de maintenance,
ou tout autre moyen équivalent pour effectuer une telle sélection.
[0045] On notera que la manœuvre de maintenance, choisie parmi l'ensemble des manœuvres
réalisables par la grue, est également réalisable sans sélection préalable lorsque
la grue est en configuration de travail.
[0046] Après que le technicien de maintenance a sélectionné cette manœuvre de maintenance
qu'il souhaite voir réalisée ou qui se réalise automatique dans un scénario de maintenance,
le module de maintenance transmet au système de contrôle-commande de la grue pendant
l'étape de déblocage, un signal de commande forçant le déblocage du pilotage, au moyen
du dispositif de pilotage, de cette manœuvre de maintenance. Un fois le pilotage de
la manœuvre de maintenance débloqué par le système de contrôle-commande, le grutier
peut réaliser celle-ci au moyen du dispositif de pilotage. Il est important de remarquer
que le pilotage des autres manœuvres précédemment bloquées reste bloqué : seul le
pilotage de la manœuvre de maintenance peut être réalisé par le grutier.
[0047] Il est également envisageable que le module de maintenance puisse servir aussi à
mettre en marche et arrêter la grue.
[0048] Ainsi, le procédé de maintenance selon l'invention permet au technicien de maintenance
de sélectionner précisément la ou les manœuvres particulières qu'il souhaite voir
réalisées par le grutier, en interdisant à ce dernier le pilotage de toute autre manœuvre
non autorisée.
[0049] Le procédé de maintenance selon l'invention présente donc de multiples avantages
:
- il permet d'éviter toute erreur de pilotage du grutier susceptible de mettre en danger
la sécurité du technicien de maintenance,
- il permet au technicien de maintenance d'imposer au grutier, par l'intermédiaire du
système de contrôle-commande, le pilotage de certaines manœuvres particulières en
évitant tout problème de communication entre eux, et
- il est simple d'application, les manœuvres de la grues restant pilotées par le grutier
:
la mise en œuvre du procédé de maintenance selon l'invention ne nécessite en particulier
aucun dispositif de prise de contrôle à distance de la grue par le technicien de maintenance,
qui présenteraient une complexité et un coût bien supérieure.
[0050] Dans un mode de réalisation, la manœuvre de maintenance met en œuvre au moins un
déplacement de maintenance d'au moins une partie mobile de ladite grue, ledit déplacement
de maintenance étant caractérisé, lorsque la grue est dans la configuration de travail,
par au moins un paramètre cinématique présentant un seuil maximal de travail,
ledit procédé de maintenance comportant une étape de limitation pour limiter la cinématique
dudit déplacement de maintenance lorsque la manœuvre de maintenance est pilotée pendant
l'étape de pilotage, de sorte que le paramètre cinématique dudit déplacement de maintenance
présente un seuil maximal de maintenance inférieur ou égal audit seuil maximal de
travail, ladite étape de limitation comportant au préalable une sous-étape de sélection
consistant à sélectionner ledit seuil maximal de maintenance sur le module de maintenance.
[0051] Dans ce mode de réalisation, le technicien de maintenance peut, en plus de sélectionner
de manière précise une manœuvre de maintenance à réaliser, choisir de limiter la cinématique
de cette manœuvre de maintenance afin de pouvoir étudier de manière plus précise le
fonctionnement de la grue.
[0052] Il est à noter que cette étape de sous-sélection peut également être réalisée de
manière automatisée dans le cadre d'un scénario de maintenance préétabli.
[0053] Il est également à noter que cette étape de limitation, bien qu'avantageuse, est
facultative, et qu'ainsi, en configuration de maintenance, il n'y a pas obligatoirement
d'action sur les limitations cinématiques du ou des déplacements de maintenance.
[0054] Le procédé de maintenance comporte une étape de limitation comportant elle-même une
sous-étape de sélection : pendant cette sous-étape de sélection, le technicien de
maintenance peut sélectionner un seuil maximal de maintenance qui constituera une
limite supérieure indépassable pour le paramètre cinématique lors du pilotage de la
manœuvre de maintenance pendant l'étape de pilotage.
[0055] Plus précisément, chaque manœuvre de la grue réalisable dans la configuration de
travail est caractérisée par un ou plusieurs paramètres cinématiques à chacun desquels
est associé un seuil maximal de travail : ce seuil maximal de travail présente une
valeur en dessous de laquelle les valeurs du paramètre cinématique doivent rester,
afin de garantir un bon fonctionnement de la grue et éviter d'endommager cette dernière.
Par exemple, le paramètre cinématique peut correspondre à un paramètre de vitesse
de l'une des pièces mobiles de la grue mise en mouvement par les manœuvres de la grue,
et le seuil maximal de travail correspond alors à une vitesse maximale que ladite
pièce mobile ne doit pas dépasser lorsque la grue est utilisée en configuration de
travail. La sous-étape de sélection consiste alors à associer (par exemple au moyen
du module de maintenance) à chaque manœuvre de maintenance sélectionnée pendant l'étape
de sélection un seuil maximal de maintenance inférieur ou égal au seuil maximal de
travail : ce seuil maximal de maintenance présente une valeur en dessous de laquelle
les valeurs du paramètre cinématique doivent rester lorsque la manœuvre de maintenance
est réalisée pendant l'étape de pilotage.
[0056] Par exemple, lorsque le paramètre cinématique correspond à un paramètre de vitesse
de l'une des pièces mobiles de la grue mise en mouvement par la manœuvre de maintenance,
le seuil maximal de maintenance correspond à une vitesse maximale que ladite pièce
mobile ne doit pas dépasser lorsque la grue est utilisée en configuration de maintenance.
[0057] La sous-étape de sélection permet donc au technicien de maintenance de choisir la
valeur du seuil maximal de maintenance en dessous duquel les valeurs du paramètre
cinématique devront rester pendant l'étape de pilotage.
[0058] En variante, cette valeur du seuil maximal de maintenance peut également être choisie
ou paramétrée préalablement dans le cadre d'un scénario de maintenance préétabli.
Une fois la valeur de ce seuil maximal de maintenance choisie sur le module de maintenance,
celui-ci transmet au système de contrôle-commande de la grue un signal de commande
forçant la limitation du pilotage de la manœuvre de maintenance.
[0059] Il est important de noter que, à l'issue de cette étape de limitation, le paramètre
cinématique ne pourra pas dépasser le seuil maximal de maintenance, quelles que soient
les commandes de pilotage envoyées par le grutier au moyen du dispositif de pilotage.
[0060] L'étape de limitation permet ainsi au technicien de maintenance de « brider » le
fonctionnement de la grue et d'imposer des limites hautes à la cinématique de la manœuvre
de maintenance, afin de pouvoir étudier la manœuvre de maintenance de manière moins
rapide et moins dangereuse que si cette manœuvre de maintenance était réalisée dans
les conditions normales de travail, lorsque la grue est en configuration de travail.
[0061] Selon une possibilité, le paramètre cinématique correspond à une vitesse du déplacement
de maintenance, le seuil maximal de travail correspond à une vitesse maximale de travail
et le seuil maximal de maintenance correspond à une vitesse maximale de maintenance,
ledit déplacement de maintenance présentant alors, pendant l'étape de pilotage, une
vitesse inférieure ou égale à ladite vitesse maximale de maintenance, ladite vitesse
maximale de maintenance étant inférieure ou égale à ladite vitesse maximale de travail.
Dans une variante, le paramètre cinématique correspond à une amplitude du déplacement
de maintenance, le seuil maximal de travail correspond à une amplitude maximale de
travail et le seuil maximal de maintenance correspond à une amplitude maximale de
maintenance,
ledit déplacement de maintenance présentant alors, pendant l'étape de pilotage, une
amplitude inférieure ou égale à ladite amplitude maximale de maintenance, ladite amplitude
maximale de maintenance étant inférieure ou égale à ladite amplitude maximale de travail.
[0062] Dans une autre variante, le paramètre cinématique correspond à une accélération du
déplacement de maintenance, le seuil maximal de travail correspond à une accélération
maximale de travail et le seuil maximal de maintenance correspond à une accélération
maximale de maintenance,
ledit déplacement de maintenance présentant alors, pendant l'étape de pilotage, une
accélération inférieure ou égale à ladite accélération maximale de maintenance, ladite
accélération maximale de maintenance étant inférieure ou égale à ladite accélération
maximale de travail.
[0063] Le technicien de maintenance peut ainsi limiter en amplitude, en vitesse ou encore
en accélération la manœuvre de maintenance qu'il a sélectionnée, afin de pouvoir observer,
par exemple, des déplacements des pièces mobiles mises en œuvre par celle-ci plus
petits et moins rapides.
[0064] Selon une possibilité, lors de la sous-étape de sélection de l'étape de limitation,
le seuil maximal de maintenance est sélectionné parmi au moins deux seuils distincts
incluant un seuil bas et un seuil haut.
[0065] Selon une autre possibilité, lors de la sous-étape de sélection de l'étape de limitation,
le seuil maximal de maintenance est sélectionné uniquement entre le seuil bas et le
seuil haut.
[0066] L'invention envisage donc que le seuil maximal de maintenance soit choisi par le
technicien de maintenance dans une liste finie de seuils possibles pré-paramétrés,
chacun étant inférieur ou égal au seuil maximal de travail.
[0067] En particulier, il est envisageable que cette liste comporte :
- un seuil haut, dont la valeur est égale à celle du seuil maximal de travail, et
- un seuil bas, dont la valeur est strictement inférieure, voire même largement inférieure,
à celle du seuil maximal de travail.
[0068] Ainsi, le technicien de maintenance peut par exemple choisir, pendant la sous-étape
de sélection, de faire fonctionner la grue dans un « mode lent », dans lequel la cinématique
de la manœuvre de maintenance est limitée en vitesse sous un seuil bas de vitesse
très inférieur au seuil maximal de travail.
[0069] A l'inverse, il peut également choisir, pendant la sous-étape de sélection, de faire
fonctionner la grue dans un « mode rapide », dans lequel la cinématique de la manœuvre
de maintenance est limitée en vitesse sous un seuil haut de vitesse égal au seuil
maximal de travail : la manœuvre de maintenance peut alors être pilotée par le grutier
de la même manière que si la grue se trouvait dans la configuration de travail. Avantageusement,
le procédé de maintenance comprend une étape de calibration consistant à ajuster une
valeur du seuil haut et/ou une valeur du seuil bas.
[0070] Cette étape de calibration peut ainsi permettre au technicien de maintenance d'attribuer
une valeur de son choix au seuil bas et au seuil haut, avant de choisir l'un ou l'autre
pendant la sous-étape de sélection.
[0071] Par exemple, il est envisageable que l'étape de calibration soit antérieure à la
sous-étape de sélection et que l'étape de limitation soit postérieure à l'étape de
sélection : le technicien de maintenance commence alors par ajuster la valeur du seuil
bas et du seuil haut avant l'étape de sélection, puis sélectionne la manœuvre de maintenance
pendant l'étape de sélection, puis choisit l'un ou l'autre du seuil bas et du seuil
haut pendant la sous-étape de sélection, afin de limiter la cinématique de la manœuvre
de maintenance.
[0072] Il est à noter que chacune de ces actions du technicien de maintenance est réalisée
au moyen du module de maintenance.
[0073] D'autres modes de réalisation sont bien entendu envisageables, par exemple des modes
de réalisation dans lesquels le technicien de maintenance a la possibilité de directement
attribuer une valeur au seuil maximal de maintenance (au moyen d'un clavier ou d'un
autre dispositif de saisie) pendant la sous-étape de sélection.
[0074] De nombreux modes de réalisation sont également envisageables concernant le module
de maintenance, pouvant notamment présenter des natures de types différents et être
localisé en des positions variées relativement à la grue.
[0075] Dans un mode de réalisation favori de l'invention, le module de maintenance est un
dispositif portatif et n'est pas fixé sur la grue, ledit module de maintenance étant
en liaison sans fil avec le système de contrôle-commande de la grue.
[0076] Le technicien de maintenance peut ainsi emporter avec lui le module de maintenance
lors de ses déplacements autour de la grue, de manière à pouvoir effectuer les étapes
de sélection, de limitation et/ou de calibration à l'endroit même où il se trouve,
sans devoir continuellement retourner à une position fixe où ledit module de maintenance
serait localisé.
[0077] Ce mode de réalisation présente par ailleurs un grand avantage opérationnel : un
technicien de maintenance peut effectuer des opérations de maintenance sur plusieurs
grues distinctes au moyen d'un unique module de maintenance compatible avec chacune
d'entre elles (c'est-à-dire, étant adapté pour être mis en liaison avec le système
de contrôle-commande de chacune des grues concernées), par exemple dans le cadre d'un
service après-vente assuré par le fabricant desdites grues auprès de leurs exploitants
respectifs.
[0078] Dans un autre mode de réalisation, le module de maintenance est un dispositif intégré
à la grue, par exemple localisé à proximité du commutateur sur le pied de la grue.
[0079] Il est également envisageable que le module de maintenance soit un dispositif externe
à la grue et pouvant être directement branché sur celle-ci à un emplacement dédié.
[0080] Le module de maintenance peut également être un dispositif externe à la grue pouvant
être relié par connexion filaire au système de contrôle-commande de ladite grue.
[0081] Le module de maintenance peut présenter également une interface adaptée pour permettre
notamment au technicien de maintenance d'effectuer de manière simple et rapide la
sélection de la manœuvre de maintenance pendant l'étape de sélection, de sélectionner
le seuil maximal de maintenance pendant la sous-étape de sélection de l'étape de limitation.
[0082] De nombreuses possibilités sont envisageables, l'interface du module de maintenance
pouvant présenter un dispositif de sélection comprenant par exemple écrans tactiles,
des claviers, ou encore des touches ou boutons fonctionnels (ou une combinaison de
ces éléments), ledit dispositif de sélection pouvant être associé à un ou plusieurs
écrans d'affichage.
[0083] Selon une caractéristique, la sous-étape de sélection est réalisée au moyen d'un
dispositif de sélection du module de maintenance, ledit dispositif de sélection présentant
au moins un premier organe de sélection et un deuxième organe de sélection prévus
pour être manipulés par un opérateur, lesdits premier organe de sélection et deuxième
organe de sélection étant séparés l'un de l'autre par une distance dont la mesure
est supérieure à 20 ou 30 centimètres, de sorte que lesdits premier organe de sélection
et deuxième organe de sélection ne puissent pas être simultanément manipulés d'une
seule main par un même opérateur.
[0084] Cette caractéristique est facultative, mais elle est tout de même avantageuse car
elle permet d'améliorer la sécurité du technicien de maintenance lorsque celui-ci
choisit comme seuil maximal de maintenance la valeur du seuil haut, c'est-à-dire lorsqu'il
choisit d'autoriser le pilotage de la manœuvre de maintenance par le grutier dans
des conditions proches de celles de la configuration de travail (le seuil haut présentant
une valeur égale à celle du seuil maximal de travail) : en effet, le grutier peut
alors par exemple piloter la manœuvre de maintenance à grande vitesse, mettant potentiellement
le technicien de maintenance en danger.
[0085] Ainsi, il est prévu que le premier organe de sélection et le deuxième organe de sélection
soient disposés pour que le technicien de maintenance ne puisse pas les actionner
par accident ou inadvertance tous les deux en même temps d'une seule main : si le
technicien de maintenance souhaite sélectionner le seuil haut, il est alors nécessaire
qu'il se serve de ses deux mains pour effectuer cette sélection au moyen du module
de maintenance, réduisant ainsi la probabilité d'erreurs.
[0086] Par exemple, le premier organe de sélection et le deuxième organe de sélection peuvent
consister en des boutons pressoirs dont la manipulation combinée permet au technicien
de maintenance de réaliser les étapes de sélection et la sous-étape de sélection de
l'étape de limitation.
[0087] Un exemple d'un mode de réalisation du dispositif de sélection du module de maintenance
et de sa manipulation par le technicien de maintenance pourra être trouvé plus bas.
[0088] Dans un mode de réalisation, le système de contrôle-commande de la grue est adapté
pour mettre en œuvre, pendant l'étape de pilotage, au moins un cycle de contrôle de
maintenance comportant les étapes suivantes :
- une étape de mesure d'une valeur du paramètre cinématique,
- une étape de comparaison de ladite valeur avec un seuil limite de maintenance, dont
la valeur correspond à celle du seuil maximal de maintenance augmentée d'une marge
de tolérance de maintenance prédéfinie, et
- une étape d'arrêt immédiat du fonctionnement de la grue si la valeur du paramètre
cinématique est supérieure audit seuil limite de maintenance.
[0089] Le système de contrôle-commande de la grue est ainsi adapté pour mettre en place
une surveillance de la cinématique de la manœuvre de maintenance réalisée pendant
l'étape de pilotage, de manière à garantir que la limitation en vitesse imposée par
le technicien de maintenance au grutier lors de l'étape de limitation est effectivement
respectée.
[0090] A cet effet, le système de contrôle-commande comporte au moins un capteur physique
capable de mesurer la vitesse d'une pièce mobile de la grue mise en mouvement au cours
de la réalisation de la manœuvre de maintenance. Cette mesure peut être directe, par
exemple au moyen d'un ou plusieurs tachymètres, ou bien indirecte.
[0091] Cette mesure de vitesse est ensuite comparée par le système de contrôle-commande
au seuil limite de maintenance, obtenu en additionnant le seuil maximal de maintenance
et une marge de tolérance de maintenance prédéfinie : cette marge de tolérance de
maintenance permet de prendre en compte les incertitudes de la mesure de vitesse et
peut être librement fixée.
[0092] Si la valeur de la mesure de vitesse excède ce seuil limite de maintenance, le système
de contrôle-commande déclenche un arrêt d'urgence de la grue, interrompant toute manœuvre
en cours de pilotage.
[0093] En effet, la limitation en vitesse imposée par le technicien de maintenance n'étant
pas effectivement respectée, il est nécessaire d'interrompre le fonctionnement de
la grue pour garantir sa sécurité.
[0094] Selon une possibilité, le système de contrôle-commande de la grue est adapté pour
mettre en œuvre, pendant une réalisation de la manœuvre de maintenance lorsque la
grue se trouve dans la configuration de travail, au moins un cycle de contrôle de
travail comportant les étapes suivantes :
- une étape de mesure d'une valeur du paramètre cinématique,
- une étape de comparaison de ladite valeur avec un seuil limite de travail, dont la
valeur correspond à celle du seuil maximal de travail augmentée d'une marge de tolérance
de travail prédéfinie, et
- une étape d'arrêt immédiat du fonctionnement de la grue si la valeur du paramètre
cinématique est supérieure audit seuil limite de travail,
ladite marge de tolérance de travail étant strictement supérieure à la marge de tolérance
de maintenance.
[0095] Le système de contrôle-commande de la grue est ainsi également adapté pour mettre
en place une surveillance de la cinématique de la manœuvre de maintenance lorsque
la grue est en configuration de travail, de manière à garantir que la vitesse d'une
pièce mobile de la grue mise en mouvement au cours de la réalisation de la manœuvre
de maintenance n'excède pas le seuil maximal de travail, afin d'éviter toute détérioration
de la grue.
[0096] De même qu'au cours du cycle de contrôle de maintenance, le système de contrôle-commande
est adapté pour comparer la mesure de vitesse effectuée au moyen du ou des capteurs
physiques du système de contrôle-commande au seuil limite de travail, obtenu en additionnant
le seuil maximal de travail et une marge de tolérance de travail prédéfinie permettant
de prendre en compte les incertitudes de la mesure de vitesse et pouvant être librement
fixée.
[0097] On remarquera que la marge de tolérance de maintenance est choisie inférieure à la
marge de tolérance de travail : la cinématique de la manœuvre de de maintenance est
ainsi surveillée avec une tolérance plus stricte lorsque la grue est en configuration
de maintenance que lorsque celle-ci est en configuration de travail, afin de garantir
la sécurité du technicien de maintenance.
[0098] Avantageusement, le module de maintenance envoie au système de contrôle-commande
des signaux d'acquittement,
ledit système de contrôle-commande étant adapté pour mesurer une durée écoulée depuis
la réception d'un dernier signal d'acquittement envoyé par le module de maintenance,
ledit système de contrôle-commande étant configuré pour déclencher une étape d'arrêt
immédiat du fonctionnement de la grue lorsque ladite durée est supérieure à une durée
limite préalablement définie.
[0099] Cette caractéristique permet de garantir la sécurité du technicien de maintenance
en cas d'interruption de la communication entre le module de maintenance et le système
de contrôle-commande de la grue.
[0100] En effet, le module de maintenance et le système de contrôle-commande échangent,
par exemple à intervalles réguliers, des signaux d'acquittement permettant de confirmer
la bonne réception des informations et commandes transmises entre eux : si le système
de contrôle-commande de la grue ne reçoit aucun signal d'acquittement pendant un intervalle
de temps supérieur à une durée limite (parfois appelée durée « de
time-out ») préalablement établie, cela signifie que la communication avec le module de maintenance
est rompue et que les instructions du technicien de maintenance saisies au moyen du
module de maintenance ne pourront pas être prises en compte et appliquées par le système
de contrôle-commande de la grue.
[0101] Le système de contrôle-commande déclenche donc un arrêt d'urgence de la grue en cas
de dépassement de cette durée limite.
[0102] Par exemple, la durée limite est fixée à 100 millisecondes.
[0103] Dans un mode de réalisation, le système de contrôle-commande de la grue est adapté
pour détecter, pour chaque manœuvre, au moins un déplacement caractéristique de ladite
manœuvre,
ledit système de commande de maintenance étant configuré pour déclencher un arrêt
immédiat du fonctionnement de la grue s'il détecte au moins un déplacement caractéristique
d'une manœuvre n'ayant pas été préalablement sélectionnée pendant l'étape de sélection.
[0104] Le système de contrôle-commande de la grue est ainsi capable d'identifier chaque
manœuvre possible de la grue par au moins un déplacement caractéristique, et comporte
au moins un capteur de mouvement permettant de détecter lesdits mouvements caractéristiques
desdites manœuvres.
[0105] Si le système de contrôle-commande détecte un mouvement caractéristique de l'une
des manœuvres dont le pilotage a été bloqué lors de l'étape de l'étape de changement
de configuration de la grue mais n'a pas été débloqué lors de l'étape de déblocage
(c'est-à-dire, la manœuvre n'ayant pas été sélectionnée par le technicien de maintenance
lors de l'étape de sélection), cela signifie que le blocage du pilotage des manœuvres
de la grue n'est pas parfaitement réalisé par le système de contrôle-commande et que
le procédé de maintenance selon l'invention n'est pas correctement mis en œuvre.
[0106] Le système de contrôle-commande déclenche alors dans ce cas un arrêt d'urgence de
la grue pour garantir la sécurité du technicien de maintenance.
[0107] L'invention concerne également une grue configurable entre une configuration de travail
et une configuration de maintenance, ladite grue comportant un système de contrôle-commande
relié à un dispositif de pilotage prévu pour permettre, lorsque ladite grue se trouve
dans la configuration de travail, un pilotage d'une pluralité de manœuvres mettant
chacune en œuvre au moins un déplacement d'au moins une partie mobile de ladite grue,
dans laquelle le système de contrôle-commande est adapté pour bloquer le pilotage,
au moyen du dispositif de pilotage, d'au moins une manœuvre parmi la pluralité de
manœuvres,
ladite grue comportant un système de commande de maintenance relié au système de contrôle-commande
et adapté pour faire passer ladite grue dans la configuration de maintenance, dans
laquelle le pilotage, au moyen du dispositif de pilotage, d'au moins une manœuvre
parmi la pluralité de manœuvres est bloqué par le système de contrôle-commande,
et dans laquelle le système de contrôle-commande est prévu pour être mis en liaison
avec un module de maintenance et est adapté pour débloquer, lorsque la grue est en
configuration de maintenance et en fonction de commandes émises par ledit module de
maintenance, le pilotage d'au moins une manœuvre parmi la pluralité de manœuvres dont
le pilotage est bloqué par le système de contrôle-commande, ledit pilotage s'effectuant
au moyen du dispositif de pilotage.
[0108] Dans une première réalisation, le système de commande de maintenance est un système
de commande de maintenance automatisée.
[0109] Dans une seconde réalisation, le système de commande de maintenance est un commutateur,
déjà décrit précédemment et comme par exemple un commutateur physique ou un commutateur
virtuel sur une interface écran.
[0110] Elle se rapporte aussi à un ensemble de maintenance comportant une grue telle que
précédemment décrite et un module de maintenance prévu pour être mis en liaison avec
le système de contrôle-commande de ladite grue,
ledit module de maintenance étant adapté pour :
- permettre à un opérateur de sélectionner au moins une manœuvre de maintenance parmi
la ou les manœuvres dont le pilotage est bloqué par ledit système de contrôle-commande,
- envoyer un signal de déblocage audit système de contrôle-commande, afin de commander
un déblocage du pilotage de ladite manœuvre de maintenance, ledit pilotage s'effectuant
au moyen du dispositif de pilotage.
[0111] Selon une possibilité, le module de maintenance est un dispositif portatif et n'est
pas fixé sur la grue, ledit module de maintenance étant en liaison sans fil avec le
système de contrôle-commande de la grue.
[0112] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront à la
lecture de la description détaillée ci-après d'un exemple de mise en œuvre non limitatif,
faite en référence aux figures annexées dans lesquelles :
[Fig. 1] est une vue schématique d'un ensemble de maintenance selon l'invention, formé
d'une grue et d'un module de maintenance ;
[Fig. 2] est une représentation schématique d'un procédé de maintenance selon l'invention,
mis en œuvre au moyen de l'ensemble de maintenance selon l'invention.
[0113] La figure 1 représente une grue 1 selon l'invention, comportant un mât M s'étendant
sensiblement selon une direction verticale V (perpendiculairement à un sol S sur lequel
le mât M est disposé) et supportant une flèche F sensiblement horizontale et articulée
en rotation par rapport au mât M.
[0114] Le mât M présente ainsi un pied P, situé à proximité du sol S, et un sommet SO, à
proximité de son articulation avec la flèche F.
[0115] La grue 1 comporte également une cabine de pilotage C, fixée sur le sommet SO du
mât M et à l'intérieur de laquelle est disposé un dispositif de pilotage 2.
[0116] Ce dispositif de pilotage 2 est prévu pour être manipulé par un grutier présent dans
la cabine de pilotage C, afin de réaliser diverses manœuvres de la grue. Dans une
variante non illustrée, le dispositif de pilotage est un dispositif de pilotage radiocommandé
pour un pilotage à distance par le grutier.
[0117] Par exemple, le grutier peut, au moyen du dispositif de pilotage 2, piloter un mouvement
de pivotement horizontal de la flèche F par rapport au mât M, ou un déplacement d'un
moufle MO de la grue le long de ladite flèche F, ou encore un mouvement de soulèvement
vertical d'une charge (non représentée) reliée audit moufle MO.
[0118] Ce dispositif de pilotage 2 est en liaison avec un système de contrôle-commande 4
(non représenté sur la figure 1) de la grue, ledit système de contrôle-commande 4
étant notamment adapté pour piloter des actionneurs (également non représentés) de
ladite grue afin de réaliser les manœuvres pilotées par le grutier au moyen du dispositif
de pilotage 2.
[0119] Par exemple, afin de réaliser un mouvement de pivotement de la flèche F, le système
de contrôle-commande 4 peut être adapté pour piloter, en fonction de commandes transmises
par le dispositif de pilotage 2, un moteur disposé au sommet du mât M de manière à
exercer sur la flèche F un couple mécanique susceptible d'entraîner celle-ci en rotation.
[0120] La grue 1 comporte de plus un commutateur 3 fixé sur le pied P du mât M et relié
au système de contrôle-commande 4, ledit commutateur 3 étant adapté pour faire passer
la grue 1 entre :
- une configuration de travail, dans laquelle toutes les manœuvres de la grue 1 peuvent
être pilotées au moyen du dispositif de pilotage 2, et
- une configuration de maintenance, dans laquelle le pilotage d'au moins une de ces
manœuvres est bloqué par le système de contrôle-commande 4 (c'est-à-dire, dans laquelle
au moins une manœuvre de la grue 1 ne peut plus être pilotée au moyen du dispositif
de pilotage 2).
[0121] La configuration de travail est la configuration dans laquelle la grue 1 se trouve
la plupart du temps lorsque celle-ci est en opération, tandis que la configuration
de maintenance est particulièrement adaptée pour mettre en œuvre un procédé de maintenance
100 selon l'invention, ledit procédé de maintenance 100 permettant de réaliser des
opérations de maintenance sur la grue 1.
[0122] Une description plus précise du procédé de maintenance 100 sera trouvée plus bas.
[0123] Dans le mode de réalisation représenté par la figure 1, le commutateur 3 consiste
en un système à clef comprenant une serrure 31 coopérant avec une clef 32 : en tournant
la clef 32 dans la serrure 31 dans des directions opposées, le technicien de maintenance
peut ainsi alternativement faire passer la grue 1 de la configuration de travail à
la configuration de maintenance, et vice-versa.
[0124] De nombreux autres modes de réalisation sont évidemment envisageables.
[0125] Le commutateur 3 est positionné à proximité du sol S et est destiné à être manipulé
par un technicien de maintenance T (non représenté sur la figure 1) : du fait du positionnement
relatif de la cabine de pilotage C (en hauteur sur le mât M) et le commutateur 3 (proche
du sol S), un même opérateur ne peut donc pas simultanément piloter les manœuvres
de la grue 1 au moyen du dispositif de pilotage 2 et activer le commutateur 3.
[0126] En effet, la réalisation des opérations de maintenance rendues possibles par la manipulation
du commutateur 3 nécessite la présence d'au moins deux opérateurs sur la grue 1 :
un technicien de maintenance T, positionné à l'extérieur de la cabine de pilotage
C, étudiant les mouvements de la grue 1 et procédant à d'éventuelles réparations,
et un grutier, positionné dans la cabine de pilotage C, exécutant certaines manœuvres
de la grue à la demande du technicien de maintenance T, comme cela sera décrit plus
loin.
[0127] Le technicien de maintenance est par ailleurs équipé d'un module de maintenance 5
portatif et n'étant pas fixé sur la grue 1.
[0128] Ce module de maintenance 5 est en liaison sans fil avec le système de contrôle-commande
4 de la grue 1 et permet au technicien de maintenance T, d'imposer le pilotage de
certaines manœuvres au grutier pendant le procédé de maintenance 100 selon l'invention.
[0129] On notera que la communication sans fil entre le module de maintenance 5 et la grue
1 est réciproque, le module de maintenance 5 pouvant envoyer et recevoir des informations
du système de contrôle-commande 4 de la grue 1, et inversement.
[0130] Le module de maintenance 5 et la grue 1 forment ainsi un ensemble de maintenance
101 adapté à la mise en œuvre du procédé de maintenance 100.
[0131] La figure 2 détaille les différentes étapes d'un procédé de maintenance 100 selon
l'invention, adapté à la réalisation d'opérations de maintenance sur la grue 1 par
la coopération entre le technicien de maintenance T et le grutier.
[0132] Comme précédemment évoqué, le procédé de maintenance 100 comporte une étape de changement
de configuration 6 permettant de faire passer la grue 1 de la configuration de travail
à la configuration de maintenance.
[0133] Cette étape de changement de configuration 6 comporte plusieurs sous-étapes successives
:
- une sous-étape 61, dans laquelle le technicien de maintenance T manipule le commutateur
3,
- une sous-étape 62, dans laquelle le commutateur 3 envoie au système de contrôle-commande
4 une consigne de passage en configuration de maintenance, et
- une sous-étape 63, dans laquelle le système de contrôle-commande 4 bloque le pilotage
de toutes les manœuvres possibles de la grue 1.
[0134] Ainsi, à l'issue de l'étape de changement de configuration 6, le grutier ne peut
piloter aucune manœuvre de la grue 1 au moyen du dispositif de pilotage 2.
[0135] En d'autres termes, la manipulation du dispositif de pilotage 2 par le grutier ne
peut pas se traduire pas par la réalisation d'une quelconque manœuvre de la grue tant
que le pilotage de ces manœuvres reste bloqué par le système de contrôle-commande
4. Dans le mode de réalisation favori du procédé de maintenance 100, le système de
contrôle-commande 4 empêche le pilotage de l'ensemble des manœuvres de la grue : d'autres
modes de réalisation sont envisageables, dans lesquels certaine manœuvres prédéfinies
restent pilotables par le grutier à l'issue de la sous-étape 63.
[0136] Le procédé de maintenance 100 comporte ensuite une étape de calibration 7 formée
d'une unique sous-étape 71 durant laquelle le technicien de maintenance a la possibilité
d'attribuer au moyen du module de maintenance 5 des valeurs de son choix à deux paramètres,
un seuil haut et un seuil bas, dont le rôle sera explicité plus bas. Les valeurs de
ces deux paramètres sont gardées en mémoire par le module de maintenance 5 et sont
telles que la valeur du seuil bas est inférieure à celle du seuil haut.
[0137] Le procédé de maintenance 100 comporte ensuite une étape de sélection 8 formée d'une
unique sous-étape 81, au cours de laquelle le technicien de maintenance T sélectionne
au moyen du module de maintenance 5 une manœuvre de maintenance parmi les manœuvres
de la grue dont le pilotage est bloqué par le système de contrôle-commande 4 : cette
manœuvre de maintenance est une manœuvre de la grue que le technicien de maintenance
T souhaite voir réalisée par le grutier au moyen du dispositif de pilotage 2, par
exemple pour vérifier l'efficacité de certaines réparations.
[0138] La sous-étape 81 peut être réalisée de nombreuses manières différentes, en fonction
du type du module de maintenance 5.
[0139] Dans le mode de réalisation représenté sur la figure 1, le module de maintenance
5 comporte un premier bouton pressoir B1 et un deuxième bouton pressoir B2, ainsi
que des voyants lumineux 51, chacun de ces voyants lumineux 51 correspondant à une
manœuvre particulière de la grue 1.
[0140] Pour sélectionner la manœuvre de maintenance, le technicien de maintenance T maintient
le premier bouton pressoir B1 enfoncé et appuie de manière répétée sur le deuxième
bouton pressoir B2 : chaque pression sur ce deuxième bouton pressoir B2 permet de
sélectionner une nouvelle manœuvre et le voyant lumineux 51 associé à cette dernière
s'allume afin d'informer de technicien de maintenance T de la manœuvre sélectionnée.
[0141] De nombreux autres modes de réalisation restent envisageables, par exemple des modes
de réalisations dans lequel le module de maintenance 5 comporte un écran tactile sur
lequel le technicien de maintenance T peut directement sélectionner une manœuvre de
maintenance.
[0142] Une fois la manœuvre de maintenance sélectionnée, le module de maintenance 5 transmet
au système de contrôle-commande 4 une consigne de déblocage de ladite manœuvre de
maintenance pendant une sous-étape 91, puis le système de contrôle-commande 4 débloque
effectivement le pilotage par le dispositif de pilotage 2 de cette manœuvre de maintenance.
[0143] La sous-étape 91 et la sous-étape 92 forment ensemble une étape de déblocage 9 du
procédé de maintenance 100.
[0144] Ainsi, à l'issue de la sous-étape 92, le grutier est capable de piloter la manœuvre
de maintenance au moyen du dispositif de pilotage 2.
[0145] Le pilotage de toutes les autres manœuvres de la grue 1, reste cependant bloqué par
le système de contrôle-commande 4.
[0146] Le procédé de maintenance 100 comporte ensuite une étape de limitation 10, permettant
au technicien de maintenance T de limiter la cinématique de la manœuvre de maintenance
pilotée par le grutier, et en particulier de limiter la vitesse de la ou des pièces
mobiles mises en mouvement au cours de cette manœuvre de maintenance. Cette étape
de limitation 10 comporte plus précisément une sous-étape 101 de sélection, durant
laquelle le technicien de maintenance T choisit l'un ou l'autre du seuil haut et du
seuil bas dont les valeurs ont été paramétrées lors de la sous-étape 71.
[0147] Ce seuil haut et ce seuil bas constituent deux valeurs possibles d'un seuil maximal
de maintenance qui définit une limite de vitesse que la ou des pièces mobiles mises
en mouvement au cours de la manœuvre de maintenance ne doivent pas dépasser.
[0148] En d'autres termes, le seuil maximal de maintenance représente la vitesse en dessous
de laquelle le technicien de maintenance T souhaite voir la manœuvre de maintenance
réalisée.
[0149] Ainsi, si le technicien de maintenance T souhaite que le grutier réalise la manœuvre
de maintenance à vitesse réduite, par exemple pour pouvoir observer en détail le fonctionnement
de la grue 1 ou pour limiter les dégâts subis par celle-ci en cas de dysfonctionnement,
il choisira le seuil bas au cours de la sous-étape 101.
[0150] Si au contraire il souhaite que le grutier réalise la manœuvre de maintenance à vitesse
plus élevée, plus proche des conditions normales d'exploitation de la grue 1, il choisira
le seuil haut au cours de la sous-étape 101.
[0151] Dans un mode de réalisation favori, le seuil haut est égal à un seuil maximal de
travail, qui définit une limite de vitesse que la ou des pièces mobiles mises en mouvement
au cours de la manœuvre de maintenance ne doivent pas dépasser lorsque la grue 1 est
en configuration de travail : le choix du seuil haut par le technicien de maintenance
T revient alors à autoriser au grutier un pilotage de la manœuvre de maintenance dans
les mêmes conditions que si la grue était en configuration de travail.
[0152] Afin d'effectuer la sélection entre le seuil bas et le seuil haut, le module de maintenance
5 présente (comme visible sur la figure 1) un troisième bouton pressoir B3 : le technicien
de maintenance peut indiquer son choix du seuil bas en maintenant enfoncé le deuxième
bouton pressoir B2, et son choix du seuil haut en maintenant enfoncés simultanément
le deuxième bouton pressoir B2 et le troisième bouton pressoir B3.
[0153] De même que précédemment, de nombreux modes de réalisation sont envisageables concernant
la réalisation de cette sous-étape 101.
[0154] On remarquera que le deuxième bouton pressoir B2 et le troisième bouton pressoir
B3 sont positionnés sur le module de maintenance 5 de manière qu'il soit impossible
au technicien de maintenance T de les maintenir simultanément enfoncés à l'aide d'une
seule main : le deuxième bouton pressoir B2 et le troisième bouton pressoir B3 sont
en effet séparés l'un de l'autre par une distance d'écartement 52 supérieure à 20
ou 30 centimètres, excédant l'envergure des mains du technicien de maintenance T.
[0155] Ainsi, pour sélectionner le seuil haut, le technicien de maintenance T doit utiliser
ses deux mains : cette caractéristique permet de réduire le risque que le technicien
de maintenance T choisisse ce seuil haut par erreur ou inadvertance, la réalisation
de la manœuvre de maintenance à grande vitesse étant susceptible de mettre sa sécurité
en danger.
[0156] On notera également que le premier bouton pressoir B1, le deuxième bouton pressoir
B2 et le troisième bouton pressoir B3 ne saillent pas du module de maintenance 5 et
affleurent la surface de celui-ci : de la sorte, le risque de manipulation de l'un
de ces boutons pressoirs B1, B2, B3 par inadvertance par le technicien de maintenance
T est minimisé.
[0157] Une fois l'un des seuils haut et bas choisi par le technicien de maintenance T, le
module de maintenance 5 transmet au système de contrôle-commande 4 une consigne de
limitation au cours d'une sous-étape 102, puis le système de contrôle-commande 4 limite
effectivement la cinématique de la manœuvre de maintenance au cours d'une sous-étape
103, de sorte que le ou les mouvements mis en œuvre par celle-ci ne puissent pas dépasser
le seuil haut ou seuil bas choisi.
[0158] L'étape de limitation 10 permet donc au technicien de maintenance T de « brider »
le fonctionnement de la grue 1 et imposer au grutier un pilotage de la manœuvre de
maintenance à vitesse réduite.
[0159] Une fois l'étape de limitation 10 terminée, le grutier peut piloter la manœuvre de
maintenance sélectionnée par le technicien de maintenance (pendant la sous-étape 81),
à la vitesse également sélectionnée par le technicien de maintenance (pendant la sous-étape
101).
[0160] Le grutier manipule ainsi le dispositif de pilotage 2, puis ce dispositif de pilotage
transmet au système de contrôle-commande 4, pendant une sous-étape 111, des consignes
de pilotage, afin que celui-ci réalise effectivement la manœuvre de maintenance demandée
par le technicien de maintenance T.
[0161] Ainsi, la succession des étapes de changement de configuration 6, de sélection 8,
de déblocage 9, puis de limitation 10 permet au technicien de maintenance T de travailler
en toute sécurité sur la grue 1, en s'assurant que le grutier ne puisse piloter que
l'unique manœuvre de maintenance qu'il a lui-même sélectionnée sur le module de maintenance
5, et à la vitesse maximale qu'il a également choisie : tout danger lié à une erreur
de pilotage du grutier ou à une mauvaise communication entre le grutier et le technicien
de maintenance T est ainsi évité.
[0162] On notera que ces étapes du procédé de maintenance 100 peuvent être répétées plusieurs
fois successivement, de manière à autoriser consécutivement plusieurs manœuvres de
maintenance distinctes et ainsi réaliser tour à tour plusieurs opérations de maintenance
sur la grue 1.
1. Procédé de maintenance (100) d'une grue (1), configurable entre une configuration
de travail et une configuration de maintenance, ladite grue (1) comportant un système
de contrôle-commande (4) relié à un dispositif de pilotage (2) prévu pour permettre,
lorsque ladite grue (1) se trouve dans la configuration de travail, un pilotage d'une
pluralité de manœuvres mettant chacune en œuvre au moins un déplacement d'au moins
une partie mobile de ladite grue (1),
ledit procédé de maintenance (100) étant
caractérisé en ce qu'il met en œuvre au moins les étapes suivantes :
- une étape de changement de configuration (6) de la grue (1) au moyen d'un système
de commande de maintenance, de manière à faire passer ladite grue (1) dans la configuration
de maintenance, dans laquelle le pilotage, au moyen du dispositif de pilotage (2),
d'au moins une manœuvre parmi la pluralité de manœuvres est initialement bloqué par
le système de contrôle-commande (4),
- une étape de sélection (8) pour sélectionner, au moyen d'un module de maintenance
(5) en liaison avec le système de contrôle-commande (4), au moins une manœuvre de
maintenance parmi la ou les manœuvres dont le pilotage est initialement bloqué,
- une étape de déblocage (9) dans laquelle le système de contrôle-commande (4) débloque
le pilotage de ladite manœuvre de maintenance afin de libérer le pilotage de ladite
manœuvre de maintenance au moyen du dispositif de pilotage (2), et
- une étape de pilotage (11) de ladite manœuvre de maintenance au moyen du dispositif
de pilotage (2).
2. Procédé de maintenance (100) selon la revendication précédente, dans lequel, à l'issue
de l'étape de changement de configuration, le pilotage, au moyen du dispositif de
pilotage (2), de chacune des manœuvres parmi la pluralité de manœuvres est bloqué
par le système de contrôle-commande (4).
3. Procédé de maintenance (100) selon l'une quelconque des revendications précédentes,
dans lequel la manœuvre de maintenance met en œuvre au moins un déplacement de maintenance
d'au moins une partie mobile de ladite grue (1), ledit déplacement de maintenance
étant caractérisé, lorsque la grue (1) est dans la configuration de travail, par au
moins un paramètre cinématique présentant un seuil maximal de travail,
ledit procédé de maintenance (100) comportant une étape de limitation (10) pour limiter
la cinématique dudit déplacement de maintenance lorsque la manœuvre de maintenance
est pilotée pendant l'étape de pilotage, de sorte que le paramètre cinématique dudit
déplacement de maintenance présente un seuil maximal de maintenance inférieur ou égal
audit seuil maximal de travail, ladite étape de limitation (10) comportant au préalable
une sous-étape (101) de sélection consistant à sélectionner ledit seuil maximal de
maintenance sur le module de maintenance (5).
4. Procédé de maintenance (100) selon la revendication 3, dans lequel le paramètre cinématique
correspond à une vitesse du déplacement de maintenance, le seuil maximal de travail
correspond à une vitesse maximale de travail et le seuil maximal de maintenance correspond
à une vitesse maximale de maintenance,
ledit déplacement de maintenance présentant alors, pendant l'étape de pilotage, une
vitesse inférieure ou égale à ladite vitesse maximale de maintenance, ladite vitesse
maximale de maintenance étant inférieure ou égale à ladite vitesse maximale de travail.
5. Procédé de maintenance (100) selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, dans
lequel le système de commande de maintenance est un système de commande de maintenance
automatisée pour effectuer l'étape de changement de configuration (6) de manière automatisée.
6. Procédé de maintenance (100) selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, dans
lequel le système de commande de maintenance est un commutateur (3) pour effectuer
l'étape de changement de configuration (6) de manière manuelle, comme par exemple
un commutateur physique ou un commutateur virtuel sur une interface écran.
7. Procédé de maintenance (100) selon la revendication 6, dans lequel le commutateur
(3) est positionné sur la grue (1), en dehors d'une cabine de pilotage (C) où est
disposé le dispositif de pilotage (2).
8. Procédé de maintenance (100) selon l'une quelconque des revendications précédentes,
dans lequel le module de maintenance (5) est un dispositif portatif et n'est pas fixé
sur la grue (1), ledit module de maintenance (5) étant en liaison sans fil avec le
système de contrôle-commande (4) de la grue (1).
9. Procédé de maintenance (100) selon la revendication 3, dans lequel le système de contrôle-commande
(4) de la grue (1) est adapté pour mettre en œuvre, pendant l'étape de pilotage, au
moins un cycle de contrôle de maintenance comportant les étapes suivantes :
- une étape de mesure d'une valeur du paramètre cinématique,
- une étape de comparaison de ladite valeur avec un seuil limite de maintenance, dont
la valeur correspond à celle du seuil maximal de maintenance augmentée d'une marge
de tolérance de maintenance prédéfinie, et
- une étape d'arrêt immédiat du fonctionnement de la grue (1) si la valeur du paramètre
cinématique est supérieure audit seuil limite de maintenance.
10. Procédé de maintenance (100) selon l'une quelconque des revendications précédentes,
dans lequel le module de maintenance (5) envoie au système de contrôle-commande (4)
des signaux d'acquittement,
ledit système de contrôle-commande (4) étant adapté pour mesurer une durée écoulée
depuis la réception d'un dernier signal d'acquittement envoyé par le module de maintenance
(5),
ledit système de contrôle-commande (4) étant configuré pour déclencher une étape d'arrêt
immédiat du fonctionnement de la grue (1) lorsque ladite durée est supérieure à une
durée limite préalablement définie.
11. Procédé de maintenance (100) selon l'une quelconque des revendications précédentes,
dans lequel le système de contrôle-commande (4) de la grue (1) est adapté pour détecter,
pour chaque manœuvre, au moins un déplacement caractéristique de ladite manœuvre,
ledit système de contrôle-commande (4) étant configuré pour déclencher un arrêt immédiat
du fonctionnement de la grue (1) s'il détecte au moins un déplacement caractéristique
d'une manœuvre n'ayant pas été préalablement sélectionnée pendant l'étape de sélection
(8).
12. Grue (1) configurable entre une configuration de travail et une configuration de maintenance,
ladite grue (1) comportant un système de contrôle-commande (4) relié à un dispositif
de pilotage (2) prévu pour permettre, lorsque ladite grue (1) se trouve dans la configuration
de travail, un pilotage d'une pluralité de manœuvres mettant chacune en œuvre au moins
un déplacement d'au moins une partie mobile de ladite grue (1), dans laquelle le système
de contrôle-commande (4) est adapté pour bloquer le pilotage, au moyen du dispositif
de pilotage (2), d'au moins une manœuvre parmi la pluralité de manœuvres,
ladite grue (1) comportant un système de commande de maintenance relié au système
de contrôle-commande (4) et adapté pour faire passer ladite grue (1) dans la configuration
de maintenance, dans laquelle le pilotage, au moyen du dispositif de pilotage (2),
d'au moins une manœuvre parmi la pluralité de manœuvres est bloqué par le système
de contrôle-commande (4),
et dans laquelle le système de contrôle-commande (4) est prévu pour être mis en liaison
avec un module de maintenance (5) et est adapté pour débloquer, lorsque la grue (1)
est en configuration de maintenance et en fonction de commandes émises par ledit module
de maintenance (5), le pilotage d'au moins une manœuvre parmi la pluralité de manœuvres
dont le pilotage est bloqué par le système de contrôle-commande (4), ledit pilotage
s'effectuant au moyen du dispositif de pilotage (2).
13. Grue (1) selon la revendication 12, dans laquelle le système de commande de maintenance
est un système de commande de maintenance automatisée ou est un commutateur (3), comme
par exemple un commutateur physique ou un commutateur virtuel sur une interface écran.
14. Grue (1) selon la revendication 13, dans laquelle le commutateur (3) est positionné
sur ladite grue (1) et en dehors de la cabine de pilotage (C).
15. Grue (1) selon la revendication 14, dans laquelle la grue (1) comporte un mât (M)
prévu pour s'étendre, lorsque ladite grue (1) est en fonctionnement, selon une direction
sensiblement verticale entre un pied (P) positionné à proximité d'un sol (S) et un
sommet (SO) en hauteur supportant une flèche (F), et le commutateur (3) est localisé
sur le pied (P) et la cabine de pilotage (C) étant localisée sur le mât (M) au-dessus
du commutateur (3).
16. Ensemble de maintenance (101) comportant une grue (1), conforme à l'une quelconque
des revendications 12 à 15, et un module de maintenance (5) prévu pour être mis en
liaison avec le système de contrôle-commande (4) de ladite grue (1), ledit module
de maintenance (5) étant adapté pour :
- permettre à un opérateur de sélectionner au moins une manœuvre de maintenance parmi
la ou les manœuvres dont le pilotage est bloqué par ledit système de contrôle-commande
(4), et
- envoyer un signal de déblocage audit système de contrôle-commande (4), afin de commander
un déblocage du pilotage de ladite manœuvre de maintenance, ledit pilotage s'effectuant
au moyen du dispositif de pilotage (2).