[0001] La présente invention concerne un module auxiliaire de protection électrique et un
appareil de protection électrique comportant un tel module. L'invention concerne également
un procédé de fonctionnement d'un tel module et d'un tel appareil.
[0002] De manière connue, différents défauts peuvent se présenter dans une installation
électrique, alimentée par un réseau de fourniture d'électricité, et mettre en péril
la sécurité des équipements branchés dans l'installation, voire dans certains cas
présenter un risque d'incendie ou un danger physique pour un opérateur.
[0003] Pour assurer la sécurité des installations électriques on utilise des appareils de
protection électrique, tels que des disjoncteurs, qui sont configurés pour couper
le courant électrique suite à la détection d'un défaut électrique, par exemple, suite
à une détection d'un courant de surcharge, ou d'un court-circuit, ou d'un courant
de fuite à la terre, ou d'un défaut d'arc électrique.
[0004] De manière classique, un disjoncteur comprend des contacts électriques fixe et mobile,
le contact mobile étant adapté à se déplacer entre une position ouverte dans laquelle
il est séparé du contact fixe, et donc la circulation de courant électrique est coupée,
et une position fermée dans laquelle le contact mobile est en appui contre le contact
fixe et la circulation de courant électrique est possible.
[0005] Le disjoncteur comprend également un mécanisme de déclenchement de coupure électrique
qui entraîne le passage en position ouverte des contacts du disjoncteur, ainsi qu'une
manette de réarmement, adaptée à être déplacée de la position ouverte vers la position
fermée du mécanisme de déclenchement.
[0006] La manette de réarmement est en général accessible à un opérateur sur une face du
boîtier contenant le disjoncteur, et est déplaçable manuellement entre une position
désarmée (correspondant à la position d'ouverture des contacts) et une position armée
(correspondant à la position de fermeture des contacts), et vice-versa. Le passage
de la manette de la position armée à la position désarmée est entraîné automatiquement
par le déclenchement d'une coupure électrique, ou manuellement par un opérateur, ou
peut être piloté automatiquement par un dispositif réarmeur.
[0007] On connaît d'une part des modules de disjonction compacts, également appelés MCB
pour « Miniature Circuit Breaker ». On connaît également des modules auxiliaires de
protection électronique, adaptés à être connectés à des disjoncteurs magnéto-thermiques
existants. De tels modules électroniques auxiliaires de protection sont configurés
pour mettre en œuvre une protection par exemple, en cas d'apparition d'arcs électriques
susceptibles de se produire dans des conducteurs ou connexions défectueuses. De plus,
des modules auxiliaires sont configurés pour mettre en oeuvre une protection différentielle,
et l'électronique de commande est adapté à réaliser une telle fonction de protection
différentielle, entraînant la coupure de l'alimentation.
[0008] Les modules auxiliaires de protection peuvent être vendus séparément, ou conjointement
avec des modules disjoncteurs électromécaniques, formant alors des appareils de protection
électriques complets, adaptés à réaliser des fonctions de disjonction pour de multiples
causes, et donc à assurer une protection optimisée d'une installation électrique.
L'électronique de commande peut aussi être incluse dans le module de disjonction.
[0009] Typiquement, les appareils de protection électrique tels que les disjoncteurs différentiels
sont destinés à être testés périodiquement, afin de s'assurer de leur bon fonctionnement
et de vérifier leur capacité à interrompre la circulation du courant électrique en
cas de défaut électrique.
[0010] Ce test peut être réalisé de différentes façons. Typiquement, les appareils de protection
électrique contre les courants de fuite à la terre, tels que les disjoncteurs différentiels,
comportent un bouton de test, généralement accessible en façade de l'appareil, et
qui permet à un utilisateur de générer un courant différentiel de test et tester le
bon fonctionnement de la protection jusqu'à l'ouverture des contacts électriques,
de la même façon que si l'appareil répondait à l'apparition d'un défaut dans l'installation
protégée.
[0011] Dans d'autres cas, le test peut être réalisé au moyen d'un appareillage de test qui
est branché sur l'installation électrique protégée par l'appareil de protection. L'appareillage
de test émet alors un signal électrique qui simule l'apparition d'un défaut électrique
dans l'installation. Ce signal de test est détecté par l'appareil de protection, qui
déclenche alors le mécanisme de commutation comme s'il s'agissait d'un véritable défaut.
[0012] Un problème récurrent est que de nombreux utilisateurs oublient de réaliser ce test
périodiquement, dans les délais impartis, ce qui peut compromettre la fiabilité de
l'appareil de protection et la sécurité de l'installation électrique, mais aussi la
sécurité des utilisateurs.
[0013] Il existe donc un besoin pour un module auxiliaire de protection, et plus généralement
un appareil de protection électrique, tel qu'un disjoncteur différentiel, capable
d'avertir un utilisateur qu'il doit réaliser un test périodique lorsque ce test s'avère
nécessaire.
[0014] Selon un aspect, l'invention propose un module auxiliaire de protection électrique
pour un appareil de protection électrique comportant un mécanisme de commutation couplé
à des contacts électriques, le mécanisme de commutation étant configuré pour être
commuté entre une position fermée permettant le passage du courant au travers de l'appareil
et une position ouverte empêchant le passage du courant, ledit module auxiliaire de
protection comportant :
- un processeur ;
- un capteur de position couplé au processeur et configuré pour détecter la position
du mécanisme de commutation, le capteur de position étant connecté à une source de
tension pour fournir une tension de référence sur une entrée du processeur lorsque
le mécanisme de commutation est dans la position fermée, le capteur de position étant
configuré pour modifier ladite alimentation lorsque le mécanisme de commutation est
dans la position ouverte ;
- un capteur de courant couplé au processeur et configuré pour détecter un courant électrique
circulant au travers de l'appareil électrique, le module auxiliaire de protection
électrique comportant un circuit de traitement connecté en sortie du capteur de courant
et à une entrée du processeur;
dans lequel le processeur est configuré pour :
- identifier, à partir au moins du système de mesure de position, un déclenchement de
l'appareil de protection ;
- identifier, à partir au moins du système de mesure du courant une cause d'un déclenchement
de l'appareil de protection ;
- décompter la durée écoulée depuis la dernière occurrence d'un déclenchement de l'appareil
de protection causée par un défaut différentiel ;
- émettre un signal d'alarme lorsque la durée décomptée dépasse un seuil prédéfini.
[0015] Selon des aspects avantageux mais non obligatoires, un tel module auxiliaire de protection
électrique peut incorporer une ou plusieurs des caractéristiques suivantes, prises
isolément ou suivant toute combinaison techniquement admissible :
- la durée décomptée est stockée dans une mémoire non-volatile du module auxiliaire
de protection électrique ;
- le module auxiliaire comporte un dispositif de stockage d'énergie configuré pour alimenter
temporairement le processeur en cas de perte d'alimentation consécutive à une commutation
de l'appareil ;
- le module auxiliaire de protection comporte un annonciateur connecté à une sortie
du processeur et est configuré pour émettre une alarme à destination d'un utilisateur
lorsqu'il reçoit le signal d'alarme émis par le processeur ;
- l'annonciateur comporte une interface de communication radio configurée pour envoyer
un message d'alerte radiofréquence ;
- l'annonciateur comporte un dispositif d'affichage graphique ou lumineux, tel qu'une
lampe témoin ou un écran d'affichage ;
- le système de mesure du courant comporte un circuit de traitement connecté en sortie
du capteur de courant et à une entrée du processeur, ledit circuit de traitement étant
configuré pour échantillonner le courant mesuré et générer une image du courant électrique
mesuré circulant au travers de l'appareil de protection ;
- le processeur est configuré pour détecter un défaut différentiel et pour transmettre
un ordre de déclenchement au mécanisme de commutation ;
- le système de mesure du courant comporte un circuit de traitement connecté en sortie
du capteur de courant, le circuit de traitement étant configuré pour amplifier le
courant mesuré et/ou traiter de façon analogique la fonction de protection afin de
détecter un défaut différentiel ;
- le circuit de traitement est configuré pour détecter un défaut différentiel et pour
transmettre un ordre de déclenchement au mécanisme de commutation.
[0016] Selon un autre aspect, l'invention concerne un appareil de protection électrique
comportant un module auxiliaire de protection électrique et un mécanisme de commutation
couplé au module de protection, ledit module auxiliaire de protection électrique étant
conforme à l'invention.
[0017] Selon un autre aspect, l'invention concerne un procédé de fonctionnement d'un module
de protection électrique dans un appareil de protection électrique comportant un mécanisme
de commutation couplé à des contacts électriques, le mécanisme de commutation étant
configuré pour être commuté entre une position ouverte empêchant le passage du courant
au travers de l'appareil et une position fermée permettant le passage du courant,
le procédé comportant des étapes mises en oeuvre par un processeur du module de protection
électrique et comportant :
- identifier, à partir au moins du système de mesure de position, un déclenchement de
l'appareil de protection ;
- identifier, à partir au moins du système de mesure du courant une cause d'un déclenchement
de l'appareil de protection,
le système de mesure de position étant couplé au processeur et étant configuré pour
détecter la position du mécanisme de commutation, le système de mesure de position
étant connecté à une source de tension pour fournir une tension de référence sur une
entrée du processeur lorsque le mécanisme de commutation est dans la position fermée,
le système de mesure de position étant configuré pour modifier ladite alimentation
lorsque le mécanisme de commutation est dans la position ouverte, le système de mesure
de courant étant couplé au processeur afin de détecter un courant électrique circulant
au travers de l'appareil électrique,
- décompter la durée écoulée depuis la dernière occurrence d'un déclenchement de l'appareil
de protection causée par un défaut différentiel ;
- émettre un signal d'alarme lorsque la durée décomptée dépasse un seuil prédéfini.
[0018] L'invention sera mieux comprise et d'autres avantages de celle-ci apparaîtront plus
clairement à la lumière de la description qui va suivre d'un mode de réalisation d'un
module auxiliaire de protection électrique donnée uniquement à titre d'exemple et
faite en référence aux dessins annexés, dans lesquels :
- [Fig 1] la figure 1 est une représentation schématique d'un appareil de protection
électrique comportant un module auxiliaire de protection électrique conforme à des
modes de réalisation de l'invention ;
- [Fig 2] la figure 2 est une représentation schématique synoptique de l'appareil de
protection électrique de la figure 1 ;
- [Fig 3] la figure 3 représente des ordinogrammes illustrant le fonctionnement du module
auxiliaire de protection électrique des figures 1 et 2 ;
- [Fig 4] la figure 4 est une représentation schématique de l'évolution, au cours du
temps, d'un compteur du module auxiliaire de protection électrique des figures 1 et
2 pour décompter la durée depuis le dernier déclenchement de l'appareil de protection
électrique.
[0019] La figure 1 est une vue schématique en perspective d'un appareil de protection électrique
2, tel qu'un disjoncteur, par exemple un disjoncteur différentiel.
[0020] L'appareil 2 comporte deux modules couplés, qui sont respectivement un module de
coupure 4 (aussi nommé module de disjonction magnéto-thermique) et un module électronique
auxiliaire de protection électrique 6, appelé simplement module auxiliaire de protection
électrique par la suite.
[0021] Le module de coupure 4 est par exemple configuré pour interrompre un courant électrique
traversant l'appareil 2 en cas de défaut électrique et peut comporter à cet effet
un déclencheur.
[0022] Dans certaines implémentations, les modules 4 et 6 peuvent être configurés pour détecter
et réagir à différents types de défauts électriques. Par exemple, le module 4 peut
détecter des court-circuits et des surintensités (défauts dits magnétiques et thermiques)
tandis que le module 6 peut être configuré pour détecter des défauts différentiels
ou des défauts de type arc électrique. Par exemple, le module 4 est de type électromécanique
tandis que le module 6 comporte un circuit électronique de détection.
[0023] De préférence, le module 6 peut être plus particulièrement configuré pour détecter
un défaut différentiel.
[0024] Avantageusement, le module auxiliaire 6 est configuré transmettre un ordre de déclenchement
à destination du module de disjonction 4, de manière à déclencher l'ouverture de l'appareil
2 lorsque le module auxiliaire 6 détecte un défaut.
[0025] D'autres modes de réalisation peuvent toutefois être envisagés. Notamment, dans certains
modes de réalisation, le module 6 n'est pas nécessairement à l'origine de l'ordre
de commande, la détection pouvant être assurée autrement, par exemple par le module
4.
[0026] Par exemple, les rôles joués par les modules 4 et 6 pourraient être répartis différemment.
Selon un exemple, le module 4 est un disjoncteur à base de composants semi-conducteurs
capable de détecter les différents défauts électriques mentionnés ci-dessus.
[0027] Dans le cas présent, chaque module 4, 6 comporte un boîtier externe, le boîtier du
module 6 portant ici la référence 8.
[0028] Dans l'exemple illustré, les modules sont couplés entre eux pour former l'appareil
2, via un moyen de connexion électrique et mécanique, qui n'est pas représenté sur
ces figures. De préférence, les formes des boîtiers externes 6, 8 sont corrélées,
en particulier les dimensions sont choisies de manière à réaliser un emboîtement mécanique
aisé.
[0029] Dans cet exemple, le module 6 peut être un module amovible séparable du module 4.
[0030] Dans certains cas, les modules 4 et 6 peuvent être intégrés au sein d'un même appareil
2. Par exemple, selon une variante, les modules 4 et 6 sont intégrés dans un boîtier
monobloc qui forme le boîtier de l'appareil 2.
[0031] Chaque boîtier comporte une face avant destinée à être facilement accessible à un
opérateur après installation du dispositif de disjonction.
[0032] En pratique, sur les faces avant respectives chaque module 4, 6 peuvent se trouver
des connecteurs destinés à recevoir des conducteurs électriques pour relier l'appareil
2 à l'installation électrique destinée à être protégée.
[0033] De plus, une première manette de réarmement 10 est placée sur la face avant du boîtier
du module 4 et une deuxième manette de réarmement 12 est ici placée sur la face avant
du boîtier 8 du module auxiliaire de protection 6.
[0034] De préférence, dans les variantes où les modules 4 et 6 ont intégrés dans un même
appareil, alors l'appareil ne comprend qu'une manette de réarmement 10.
[0035] Dans le mode de réalisation illustré, chaque manette 10, 12 est adaptée à pivoter
autour d'un axe, entre une première position et une deuxième position décrites plus
en détail ci-après. La deuxième manette 12 est ici mécaniquement liée ou polarisée
à la première manette 10.
[0036] Dans le mode de réalisation de la figure 1, l'appareil 2 est dans un premier état
qui est l'état dit « fermé », c'est-à-dire que le courant électrique peut circuler
dans l'installation électrique protégée (non représentée).
[0037] Dans ce premier état, les manettes 10, 12 sont dans une première position (position
armée, également appelée position fermée). Alternativement, l'appareil 2 peut être
placé de façon réversible dans un deuxième état dit « ouvert », dans lequel la circulation
du courant électrique est coupée. Dans ce deuxième état, les manettes 10 et 12 sont
dans une deuxième position (position désarmée, également appelée position ouverte).
[0038] Le passage du premier état au deuxième état est par exemple déclenché par le déclenchement
du mécanisme de protection du module 4, ce qui entraîne l'ouverture des contacts du
module de disjonction et une modification de la position de la manette 10. En variante,
le passage du premier état vers le deuxième état est déclenché par une manipulation
manuelle d'un opérateur.
[0039] Grâce à l'asservissement mécanique décrit ci-dessus, le pivotement de la manette
10 entre la première position et la deuxième position entraîne le pivotement analogue
de la manette 12.
[0040] Dans d'autres modes de réalisation, la manette 12 pourrait être omise, et le couplage
entre les modules 4 et 6 pourrait être réalisé d'une ou de plusieurs autres façons.
[0041] Comme on le comprendra à la lecture de la description qui va suivre, dans le cas
présent, le couplage entre les manettes 10 et 12 permet avantageusement de détecter
la position du mécanisme de commutation du module 4 au moyen d'un ou de plusieurs
capteurs disposés dans le module auxiliaire 6. Toutefois, en variante, un ou plusieurs
capteurs de position pourraient être placés directement dans le module 4.
[0042] L'appareil 2 comporte également un bouton de test 14 placé de préférence sur une
des faces avant, par exemple sur la face avant du module 6 (comme illustré sur la
figure 1) ou sur la face avant du module 4 (variante non illustrée).
[0043] Le bouton de test 14 est configuré pour générer un défaut électrique capable de déclencher
l'appareil et ainsi d'initier le déplacement du mécanisme de commutation de l'état
fermé vers l'état ouvert lorsqu'un utilisateur appuie sur le bouton de test 14. Ainsi,
ce bouton de test 14 permet de tester l'appareil 2 dans son ensemble (en testant tous
les constituants de la protection du capteur jusqu'au mécanisme d'ouverture des contacts).
Par exemple, le bouton de test 14 est configuré pour déclencher un circuit de test
configuré pour générer en interne ledit courant de défaut.
[0044] La figure 2 illustre de façon schématique un mode de réalisation de l'appareil 2.
[0045] De façon générale, le module auxiliaire de protection 6 comporte un processeur 20,
un système 30 de mesure du courant et un système 40 de mesure de position du mécanisme
de commutation.
[0046] Par exemple, le système 40 de mesure de la position, qui peut comporter un capteur
de position ou des moyens de mesure de la position du mécanisme de commutation, 40
est couplé au processeur et est configuré pour détecter la position du mécanisme de
commutation.
[0047] Le système de mesure du courant 30 est couplé au processeur en vue de détecter un
courant électrique circulant au travers de l'appareil 2.
[0048] Par exemple, le processeur 20 (noté MCU sur la figure 2) est un microcontrôleur programmable
ou un microprocesseur.
[0049] Le processeur 20 est couplé à une mémoire informatique, ou à tout support d'enregistrement
de données lisible par ordinateur, qui comporte des instructions exécutables et/ou
un code logiciel prévu pour mettre en œuvre un procédé de surveillance de la fonction
de test, par exemple comme décrite ci-après, lorsque ces instructions sont exécutées
par le processeur.
[0050] L'emploi du terme « processeur » ne fait pas obstacle à ce que, en variante, au moins
une partie des fonctions du module 6 soient réalisées par d'autres composants électroniques,
tels qu'un processeur de traitement du signal (DSP), ou un composant logique reprogrammable
(FPGA), ou un circuit intégré spécialisé (ASIC), ou tout élément équivalent, ou toute
combinaison de ces éléments.
[0051] Avantageusement, le module 6 comporte une mémoire non volatile couplée au processeur
20. Le processeur 20 est configuré pour implémenter un compteur, notamment pour décompter
une durée écoulée. Le processeur 20 peut aussi enregistrer une valeur représentative
de cette durée dans la mémoire non-volatile. Par exemple, la mémoire non-volatile
peut comporter une mémoire à l'état solide, telle qu'une mémoire Flash, ou une mémoire
EEPROM, ou toute technologie équivalente.
[0052] De façon générale, comme on le comprendra à la lecture de la description qui va suivre,
le processeur 20 est configuré pour :
- identifier, à partir au moins du système de mesure de position 40, un déclenchement
de l'appareil de protection ;
- identifier, à partir au moins du système de mesure du courant 30, une cause d'un déclenchement
de l'appareil de protection ;- décompter la durée écoulée depuis la dernière occurrence
d'un déclenchement de l'appareil 2 causée par un défaut différentiel, c'est-à-dire
par un courant de fuite à la terre, et
- émettre un signal d'alarme lorsque la durée décomptée dépasse un seuil prédéfini,
ce seuil pouvant par exemple être fixé à l'avance ou modifié par un utilisateur.
[0053] Notamment, utiliser des données provenant à la fois du capteur de position 40 et
du système de mesure du courant 30 permet de déterminer la cause du déclenchement
de l'appareil 2 et notamment de s'assurer que le mécanisme de commutation (de même
que les contacts électriques du module 4) a été ouvert suite à un déclenchement, et
non pas suite à une action manuelle d'un utilisateur sur la manette 10 (cette dernière
action ne faisant pas intervenir le circuit de détection). Avantageusement, cela permet
de déterminer si le déclenchement a été causé par la présence d'un défaut différentiel,
ou par un autre type de défaut.
[0054] En pratique, l'étape d'identification du déclenchement de l'appareil 2, et l'étape
d'identification du type du défaut peuvent être mises en œuvre simultanément, ou l'une
après l'autre.
[0055] Dans des modes de réalisation, le module auxiliaire de protection comporte un annonciateur
50 connecté à une sortie 20d du processeur et qui est configuré pour émettre une alarme
à destination d'un utilisateur lorsqu'il reçoit le signal d'alarme émis par le processeur
20.
[0056] Par exemple, l'annonciateur 50 comporte une interface de communication radio configurée
pour envoyer un message d'alerte radiofréquence.
[0057] L'interface de communication radio peut être une liaison radio de type Bluetooth
(marque déposée) ou une liaison bas débit de longue portée, par exemple de type Zigbee
(marque déposée).
[0058] Dans d'autres exemples, l'annonciateur 50 comporte un dispositif d'affichage graphique
ou lumineux, tel qu'une lampe témoin ou un écran d'affichage.
[0059] Par exemple, l'annonciateur 50 comporte un indicateur visuel tel qu'une lampe témoin,
par exemple une diode électroluminescente.
[0060] En pratique, il peut s'agir d'une lampe témoin déjà présente en façade de l'appareil
2 et utilisée comme indicateur visuel pour d'autres fonctions de l'appareil 2.
[0061] Dans certains modes de réalisation, l'annonciateur 50 peut être configuré pour envoyer
une information (telle que le message d'alerte) à distance selon un protocole de communication
visuelle VLC (Visual Light Communication).
[0062] Par exemple, l'annonciateur 50 comporte un contrôleur électronique connecté à l'indicateur
lumineux et étant configuré pour faire clignoter l'indicateur lumineux d'une certaine
façon (avec une fréquence spécifique ou un motif de clignotement spécifique) pour
transmettre une information encodée.
[0063] Selon un mode de réalisation, les systèmes de mesure 30 et 40, de même que le couplage
des modules 4 et 6, peuvent être réalisés tels que décrits dans la demande de brevet
FR-3100654-A1.
[0064] En variante, d'autres modes de réalisation sont possibles, avec différents types
de capteurs et/ou de couplages utilisés.
[0065] Dans l'exemple illustré sur la figure 2, le système de mesure du courant 30 comporte
un capteur de courant 32, tel qu'un capteur toroïdal comprenant un tore magnétique,
ou un transformateur de courant, monté autour d'un conducteur électrique de phase
(ou, dans le cas d'une protection différentielle, autour du conducteur de phase et
du conducteur de neutre), ce capteur 32 étant configuré pour mesurer le courant circulant
au travers de l'appareil 2 et donc dans le module 4.
[0066] Le capteur de courant 32 est connecté à un circuit de traitement 34 configuré pour
mettre en forme de courant. Une sortie du circuit de traitement 34 est ici connectée
à une entrée 20c du processeur 20.
[0067] Selon un premier mode de réalisation, le circuit de traitement 34 est configuré pour
générer une image du courant mesuré compatible avec les spécifications du processeur
20. Par exemple, le circuit de traitement est configuré pour échantillonner le courant
mesuré et générer une image du courant électrique mesuré circulant au travers de l'appareil
de protection.
[0068] Dans ce cas, le processeur 20 est de préférence configuré pour identifier un défaut
différentiel à partir de l'image du courant fournie par le circuit de traitement 34,
l'ordre de déclenchement étant alors émis par le processeur 20. En d'autres termes,
le processeur 20 est configuré pour détecter un défaut différentiel et pour transmettre
un ordre de déclenchement au mécanisme de commutation (donc ici au module 4)
[0069] En variante, selon un deuxième mode de réalisation, le circuit de traitement 34 peut
amplifier le courant mesuré et/ou traiter de façon analogique la fonction de protection.
Notamment, le circuit de traitement 34 peut être configuré pour détecter un défaut
différentiel sans avoir besoin du processeur 20.
[0070] Dans ce cas, c'est de préférence le circuit de traitement 34 qui identifie le défaut
différentiel et qui émet l'ordre de déclenchement pour déclencher l'ouverture de l'appareil
2. En d'autres termes, le circuit de traitement 34 est configuré pour détecter un
défaut différentiel et pour transmettre un ordre de déclenchement au mécanisme de
commutation (donc ici au module 4).
[0071] D'autres modalités de construction sont néanmoins possibles en variante.
[0072] Dans cet exemple, le capteur de position 40 fait partie d'un système configuré pour
déterminer la de cause de défaut électrique à l'origine de la commutation.
[0073] Dans cet exemple, le capteur de position 40 est connecté entre le conducteur de neutre
et le conducteur de phase de l'appareil 2.
[0074] Un module 43 de mise en forme de la tension, reçoit en entrée une mesure de tension
fournie par le réseau d'alimentation, et effectue une mise en forme de la tension
compatible avec les spécifications du processeur 20.
[0075] Par exemple, dans un mode de réalisation, le module 43 met en œuvre un pont diviseur
de tension. La sortie du module 43 de mise en forme de la tension fournit une image
de la tension du réseau à une deuxième entrée 20b du processeur 2.
[0076] Un convertisseur de tension 50, configuré pour convertir une tension alternative
en tension continue (AC/DC) pour fournir une tension d'alimentation de référence continue
(Vcc), permet de créer une tension de référence continue (DC) qui peut être utilisée
pour déterminer la position du mécanisme au travers d'interrupteurs mécaniques. Elle
peut aussi être utilisée pour alimenter électriquement le processeur 20.
[0077] Le système comprend aussi un dispositif de stockage d'énergie 44, tel qu'un condensateur,
connecté au mécanisme de déclenchement de la manette.
[0078] Une des bornes du dispositif de stockage d'énergie 44 est connectée à la masse (notation
GND sur la figure).
[0079] La position du mécanisme de commutation est ici déterminée indirectement à partir
de la manette 12 du module auxiliaire de protection 6, bien qu'en variante d'autres
manières de détecter la position du mécanisme de commutation pourraient être utilisées.
[0080] La manette 12 est ici représentée schématiquement par un interrupteur 48, qui peut
être fermé (position 48a), ou ouvert (position 48b). Le dispositif de stockage d'énergie
44 est connecté à l'interrupteur 48 via le conducteur 46. L'interrupteur 48 est également
connecté à une troisième entrée 20a du processeur 20.
[0081] En pratique, dans ces modes de réalisation, la tension lue sur l'entrée 20a du processeur
20 est égale à 0V si l'interrupteur 48 est ouvert ou s'il y a une perte d'alimentation
électrique induisant une perte de tension de référence.
[0082] En d'autres termes, le système de mesure de position 40 est connecté à une source
de tension pour fournir une tension de référence sur une entrée du processeur lorsque
le mécanisme de commutation est dans la position fermée, le capteur de tension étant
configuré pour modifier ladite alimentation lorsque le mécanisme de commutation est
dans la position ouverte.
[0083] Avantageusement, le dispositif de stockage d'énergie 44 permet de distinguer entre
ces deux cas de figure, ou en d'autres termes, de déterminer si la perte de tension
détectée sur l'entrée 20a du processeur 20 est due à une ouverture de l'interrupteur
48 (c'est-à-dire un changement de position de la manette) ou à une perte d'alimentation
en tension.
[0084] En pratique, le dispositif de stockage d'énergie 44 permet d'alimenter temporairement
le processeur 20 en cas de perte d'alimentation en tension après le déclenchement.
En effet, l'ouverture des contacts peut avoir pour effet d'interrompre l'alimentation
électrique du module 6.
[0085] Par exemple, il est possible que le module auxiliaire de protection ne soit plus
alimenté si une coupure est intervenue en amont du réseau d'alimentation, sans que
l'appareil 2 n'ait pu être déclenché.
[0086] Le dispositif de stockage d'énergie 44 permet de faire fonctionner le processeur
20 pendant suffisamment longtemps (par exemple pendant quelques dizaines ou quelques
centaines de millisecondes après la perte d'alimentation) pour stocker dans la mémoire
non-volatile les informations à utiliser au prochain redémarrage.
[0087] Le processeur 20 peut être configuré pour mémoriser les valeurs de tension et de
courant reçues sur les entrées 20a, 20b et 20c sur des fenêtres temporelles glissantes
de durées prédéterminées, par exemple de durée comprise entre 0 et 80 ms, soit 8 demi-cycles
à la fréquence réseau de 50 Hz.
[0088] Le processeur 20 peut être configuré pour mettre en œuvre un procédé de détermination
de cause de déclenchement du mécanisme de disjonction, tel que celui décrit dans la
demande de brevet
FR-3100654-A1.
[0089] Par exemple, lorsque le module auxiliaire 6 est alimenté via le module 4 (par exemple
parce que la source d'alimentation de l'installation est située en amont de l'appareil
2), une perte de tension simultanée ou quasi simultanée sur les entrées 20a et 20b
du processeur 20 indique que la manette 10 du module 4 est passée en position « désarmée
», par action manuelle ou par action du déclencheur.
[0090] D'autres modes de réalisation sont néanmoins possibles.
[0091] Un exemple de fonctionnement du module 6 est maintenant décrite en référence aux
figures 3 et 4.
[0092] L'insert (a) de la figure 3 décrit un exemple d'un procédé de gestion du compteur
mis en œuvre par le processeur 20 pour décompter la durée de fonctionnement de l'appareil
2 depuis le dernier déclenchement.
[0093] Le procédé débute à l'étape 100.
[0094] D'abord, lors d'une étape 102, le processeur 102 lit la dernière valeur du compteur
stockée en mémoire.
[0095] Ensuite, lors d'une étape 104, la valeur lue est incrémentée, par exemple avec un
intervalle de durée prédéfini. La valeur peut être stockée dans une mémoire courante
du processeur 20.
[0096] Lors d'une étape 106, le processeur vérifie si une perte de tension électrique a
été détectée. Si tel est le cas, la valeur courante de la durée est stockée dans la
mémoire non-volatile, ici lors d'une étape 108, afin d'éviter toute perte d'information
au cas où le processeur 2 viendrait à ne plus être alimenté électriquement du fait
de la perte de tension.
[0097] Avantageusement, pendant cette étape 108, le processeur 20 est temporairement alimenté
électriquement par le dispositif de stockage d'énergie 44. Ainsi, les informations
pertinentes ont le temps d'être enregistrées dans la mémoire non-volatile avant que
le processeur 20 ne s'arrête à cause de la perte d'alimentation.
[0098] Tant qu'aucune perte de tension n'est détectée, le processeur 20 continue à incrémenter
valeur courante de la durée sans forcément la sauvegarder dans la mémoire non volatile.
[0099] L'insert (b) de la figure 3 décrit un exemple d'un procédé de gestion d'une alarme
mis en œuvre par le processeur 20 si la durée de fonctionnement de l'appareil 2 décomptée
depuis le dernier déclenchement dépasse un seuil prédéfini de durée.
[0100] Par exemple, le seuil prédéfini est choisi égal à une année.
[0101] Le seuil prédéfini peut être fixé par le constructeur en usine sans forcément pouvoir
être modifié par la suite. Alternativement, la valeur peut être modifiée par un utilisateur
ou par un installateur.
[0102] Le procédé débute à l'étape 110.
[0103] Lors d'une étape 112, le processeur 20 vérifie si la valeur du compteur est supérieure
ou égale au seuil prédéfini.
[0104] Si tel est le cas, alors lors d'une étape 114, le processeur 20 génère un signal
d'alarme.
[0105] Par exemple, le signal d'alarme est ensuite envoyé sur la sortie 20d du processeur
vers l'annonciateur 50, qui génère une alarme visuelle ou sonore et/ou un message
radiofréquence à destination d'un utilisateur.
[0106] En revanche si la valeur de durée du compteur est inférieure au seuil prédéfini,
alors l'étape 112 est répétée.
[0107] L'insert (c) de la figure 3 décrit un exemple d'un procédé de gestion du compteur
mis en œuvre par le processeur 20 pour réinitialiser l'alarme suite à un déclenchement
de l'appareil 2 causé par un défaut différentiel.
[0108] Le procédé débute à l'étape 120.
[0109] Lors d'une étape 122, le processeur 20 vérifie si un défaut électrique de type défaut
électrique, tel qu'un défaut différentiel a causé le déclenchement de l'appareil 2.
[0110] Dans le cas où un tel défaut a été détecté, lors d'une étape 124, le processeur 20
vérifie ensuite si le mécanisme de commutation s'est correctement déplacé en réponse
au déclenchement.
[0111] Dans le cas où un tel déplacement a été détecté à l'issue de l'étape 126, alors lors
de l'étape 126, le processeur 20 cesse d'émettre un signal d'alarme (par exemple en
réinitialisant un drapeau d'alarme), mais seulement dans le cas où la valeur du compteur
est supérieure ou égale au seuil prédéfini.
[0112] Lors d'une étape 128, le processeur réinitialise le compteur.
[0113] Dans le cas où, suite aux étapes 122 et 124, le processeur n'a pas détecté de déclenchement
ou de mouvement du mécanisme de commutation, respectivement, alors l'étape concernée
continue à être répétée.
[0114] Plus précisément, les étapes 122 et 124 sont répétées en boucle tant que l'appareil
2 est en fonctionnement et tant qu'aucun défaut n'a été détecté. Avantageusement,
cela permet de signaler un dysfonctionnement tel que dans le cas où un ordre de déclenchement
a été détecté mais que le disjoncteur 4 n'a pas ouvert les contacts.
[0115] En pratique, les étapes 122 et 124 peuvent être réalisées en parallèle l'une de l'autre,
voire dans un ordre différent. Par exemple, l'étape 124 pourrait être réalisée avant
l'étape 122, pour d'abord détecter une ouverture de l'appareil, puis ensuite identifier
la cause du défaut.
[0116] L'insert (d) de la figure 3 décrit un exemple d'un procédé de fonctionnement de l'annonciateur
50.
[0117] Le procédé débute à l'étape 130.
[0118] Lors d'une étape 134, l'annonciateur 50 vérifie si un signal d'alarme émis par le
processeur 20 est présent.
[0119] Dans le cas où un tel signal d'alarme est présent, alors au cours d'une étape 136,
l'annonciateur 50 émet un message d'alarme à destination de l'utilisateur, par exemple
en activant le clignotement d'un indicateur visuel suivant une fréquence prédéfinie.
[0120] Selon la nature de l'annonciateur 50, le message d'alarme peut être émis de façon
différente, par exemple en affichant un message ou un pictogramme sur un écran d'affichage,
ou selon un protocole de communication visuelle VLC (tel que décrit précédemment)
ou en émettant un signal sonore, ou en envoyant un ou plusieurs messages radiofréquences
contenant un message d'alarme prédéfini.
[0121] Alternativement, différents types de messages peuvent être combinés, par exemple
si différents annonciateurs 50 sont connectés en sortie du processeur 20.
[0122] Ainsi, l'utilisateur peut choisir d'avoir une alarme émise localement, ou une alarme
distante, ou les deux.
[0123] L'émission du message d'erreur peut être maintenue continument ou être réalisée seulement
pendant une durée prédéfinie.
[0124] Dans le cas où, à l'issue de l'étape 134, un tel signal d'alarme n'est plus présent,
alors au cours d'une étape 138, l'annonciateur 50 cesse d'émettre le message
[0125] En variante, les étapes pourraient être exécutées dans un ordre différent. Certaines
étapes pourraient être omises. L'exemple décrit ne fait pas obstacle à ce que, dans
d'autres modes de réalisation, d'autres étapes soient mises en œuvre conjointement
et/ou séquentiellement avec les étapes décrites.
[0126] Grâce à l'invention, il est possible de compter le temps écoulé depuis le dernier
déclenchement causé par un défaut différentiel (c'est-à-dire par un courant de fuite
à la terre), que ce défaut ait été généré lors d'un test ou qu'il ait résulté d'un
véritable défaut dans l'installation électrique, et ainsi, facilement alerter un utilisateur
qu'un test doit être réalisé s'il est établi qu'aucun test n'a été réalisé dans le
délai imparti.
[0127] Un avantage de l'invention est qu'elle permet de détecter si un test a été réalisé
quelle que soit la méthode de test utilisée, que ce test ait été réalisé avec le bouton
de test 14 (et avec le dispositif d'autotest commandé par ce bouton de test 14) ou
avec l'aide d'un appareillage de test connecté à l'installation et injectant un signal
électrique de test pour simuler un défaut électrique.
[0128] Un autre avantage est que l'invention permet de discriminer entre un déclenchement
du module 4 provoqué par un défaut différentiel (qui justifie la réinitialisation
du compteur), d'une part, et d'une ouverture manuelle du module 4 par action sur la
manette 10 qui ne devrait pas réinitialiser le compteur, d'autre part (puisque dans
ce cas l'ouverture des contacts n'est pas due à l'action du dispositif de détection
et de déclenchement et qu'elle ne permet pas de s'assurer que l'appareil a 2 correctement
détecté le défaut différentiel ni qu'il a correctement réagi au défaut différentiel).
Le compteur n'est donc pas réinitialisé lorsque la commutation à l'ouverture de l'appareil
2 est causée par autre chose qu'un défaut différentiel.
[0129] Un autre avantage, comme expliqué précédemment, est que l'invention rend l'appareil
2 capable d'avertir l'utilisateur d'un déclenchement anormal du module 4, par exemple
dans le cas où un défaut a été identifié mais que le module 4 n'a pas été déclenché,
par exemple parce que la manette est bloquée en position armée (ou ouverte) et que
le courant électrique a malgré tout été interrompu par un autre appareil de protection
connecté près de la source d'alimentation.
[0130] L'invention fonctionne également que l'appareil 2 soit alimenté par une source électrique
située en amont ou en aval. En effet, en pratique, le processeur 20 est ici au moins
en partie alimenté électriquement au moyen d'énergie électrique prélevée à partir
du conducteur de phase.
[0131] Si par exemple la source d'alimentation de l'installation est située en amont de
l'appareil 2, c'est-à-dire au-dessus de l'appareil sur le schéma de la figure 2, alors
l'appareil 2 (et donc le processeur) cessera d'être alimenté électriquement lorsque
les contacts du module 4 sont ouverts.
[0132] En effet, typiquement, le module 6 ne comporte pas de batterie ou de pile électrique,
car ces derniers sont trop volumineux et trop complexes à intégrer, d'autant plus
que pour des raisons de construction de l'appareil 2, il serait très difficile à un
utilisateur de remplacer une telle pile ou batterie. De surcroît, une telle batterie
ou pile ne présenterait pas une durée de vie suffisante par rapport à la durée de
vie d'un appareil 2, qui est généralement prévu pour durer plusieurs années voire
plusieurs décennies.
[0133] L'invention est également applicable aux appareils 2 qui comportent tout de même
une batterie intégrée. L'invention permet au moins de rendre plus précise l'estimation
du temps écoulé depuis le dernier test ou déclenchement causé par un défaut différentiel.
[0134] Dans ce cas, la durée de fonctionnement enregistrée correspond non pas à une durée
calendaire décomptée depuis le dernier déclenchement causé par un défaut différentiel,
mais plutôt à une durée de fonctionnement du module 6 (et donc de l'appareil 2) depuis
un tel différentiel (car le compteur cesse d'être incrémenté lorsque le module 6 n'est
pas alimenté, par exemple si l'ouverture de l'appareil 2 a pour effet d'interrompre
l'alimentation électrique du module 6).
[0135] En revanche, dans le cas où l'appareil 2 est alimenté par une source située en aval
c'est-à-dire au-dessous de l'appareil sur le schéma de la figure 2, alors l'appareil
2 (et donc le processeur) sera toujours alimenté électriquement même lorsque les contacts
du module 4 sont ouverts.
[0136] De plus, l'invention peut être aisément implémentée dans des produits existants,
en utilisant des capteurs déjà présents, sans avoir à modifier leur architecture.
[0137] L'insert (a) de la figure 4 illustre l'incrémentation de la valeur de durée stockée
dans le compteur (d, axe des ordonnées) au cours du temps (t, axe des abscisses) lors
de plusieurs cycles d'ouverture (légende : MCB opened) et de fermeture (légende :
MCB closed) du mécanisme de commutation, pour un appareil 2 alimenté par une source
située en amont (au-dessus) de l'appareil 2.
[0138] Comme illustré par la figure, lors du premier cycle d'ouverture-fermeture, l'appareil
2 est alimenté électriquement par le réseau. Le compteur est incrémenté après la phase
d'ouverture, pendant la phase de fermeture. Lors du second cycle (et des cycles suivants),
l'appareil 2 n'est plus alimenté, et le compteur n'est pas incrémenté. En effet, lorsque
l'appareil 2 (le module 3) n'est pas alimenté par le réseau, seule une ouverture manuelle
par action sur la manette 10 peut alors causer une ouverture des contacts électriques.
[0139] Mais, avantageusement, la valeur du compteur a entre-temps été enregistrée dans la
mémoire non volatile.
[0140] L'insert (b) de la figure 4 illustre l'incrémentation de la valeur de durée stockée
dans le compteur (d, axe des ordonnées) au cours du temps (t, axe des abscisses) lors
de plusieurs cycles d'ouverture (légende : MCB opened) et de fermeture (légende :
MCB closed) du mécanisme de commutation, pour un appareil 2 alimenté par une source
située en aval (en-dessous) de l'appareil 2.
[0141] Comme illustré par la figure, lors du premier cycle d'ouverture-fermeture, l'appareil
2 est alimenté électriquement par le réseau. Le compteur est incrémenté graduellement
pendant la phase d'ouverture et pendant la phase de fermeture. Lors du second cycle
(et des cycles suivants), l'appareil 2 n'est plus alimenté, et le compteur n'est pas
incrémenté.
[0142] Mais, avantageusement, là encore, la valeur du compteur a entre-temps été enregistrée
dans la mémoire non volatile.
[0143] Par exemple, l'information sur la position de la source d'alimentation électrique
(amont ou aval) peut être renseignée dans une mémoire de l'appareil 2 lors de l'installation,
la façon d'incrémenter le compteur étant ensuite choisie par le processeur en fonction
de cette information.
[0144] Les modes de réalisation et les variantes envisagés ci-dessus peuvent être combinés
entre eux pour créer de nouveaux modes de réalisation.
1. Module auxiliaire de protection électrique (6) pour un appareil de protection électrique
(2) comportant un mécanisme de commutation couplé à des contacts électriques (4),
le mécanisme de commutation étant configuré pour être commuté entre une position fermée
permettant le passage du courant au travers de l'appareil et une position ouverte
empêchant le passage du courant, ledit module auxiliaire de protection comportant
:
- un processeur (20) ;
- un système de mesure de position (40) couplé au processeur et configuré pour détecter
la position du mécanisme de commutation, le système de mesure de position (40) étant
connecté à une source de tension pour fournir une tension de référence sur une entrée
du processeur lorsque le mécanisme de commutation est dans la position fermée, le
système de mesure de position étant configuré pour modifier ladite alimentation lorsque
le mécanisme de commutation est dans la position ouverte ;
- un système de mesure du courant (30) couplé au processeur et configuré pour détecter
un courant électrique circulant au travers de l'appareil électrique ;
dans lequel le processeur est configuré pour :
- identifier, à partir au moins du système de mesure de position (40), un déclenchement
de l'appareil de protection ;
- identifier, à partir au moins du système de mesure du courant (30) une cause d'un
déclenchement de l'appareil de protection ;
- décompter (102, 104, 108) la durée écoulée depuis la dernière occurrence d'un déclenchement
de l'appareil de protection causée par un défaut différentiel ;
- émettre un signal d'alarme (132) lorsque la durée décomptée dépasse un seuil prédéfini.
2. Module auxiliaire de protection électrique selon la revendication 1, dans lequel la
durée décomptée (d) est stockée dans une mémoire non-volatile du module auxiliaire
de protection électrique.
3. Module auxiliaire de protection électrique selon la revendication 2, dans lequel le
module auxiliaire (6) comporte un dispositif de stockage d'énergie (42) configuré
pour alimenter temporairement le processeur en cas de perte d'alimentation consécutive
à une commutation de l'appareil (2).
4. Module auxiliaire de protection électrique selon l'une quelconque des revendications
précédentes, dans lequel le module auxiliaire de protection comporte un annonciateur
(50) connecté à une sortie (22d) du processeur et est configuré pour émettre une alarme
à destination d'un utilisateur lorsqu'il reçoit le signal d'alarme émis par le processeur.
5. Module auxiliaire de protection électrique selon la revendication 3, dans lequel l'annonciateur
(50) comporte une interface de communication radio configurée pour envoyer un message
d'alerte radiofréquence.
6. Module auxiliaire de protection électrique selon la revendication 3, dans lequel l'annonciateur
(50) comporte un dispositif d'affichage graphique ou lumineux, tel qu'une lampe témoin
ou un écran d'affichage.
7. Module auxiliaire de protection électrique selon l'une quelconque des revendications
précédentes, dans lequel le système de mesure du courant (30) comporte un circuit
de traitement (34) connecté en sortie du capteur de courant (32) et à une entrée (20c)
du processeur, ledit circuit de traitement (34) étant configuré pour échantillonner
le courant mesuré et générer une image du courant électrique mesuré circulant au travers
de l'appareil de protection.
8. Module auxiliaire de protection électrique selon la revendication 7, dans lequel le
processeur (20) est configuré pour détecter un défaut différentiel et pour transmettre
un ordre de déclenchement au mécanisme de commutation.
9. Module auxiliaire de protection électrique selon l'une quelconque des revendications
1 à 6, dans lequel le système de mesure du courant (30) comporte un circuit de traitement
(34) connecté en sortie du capteur de courant (32), le circuit de traitement (34)
étant configuré pour amplifier le courant mesuré et/ou traiter de façon analogique
la fonction de protection afin de détecter un défaut différentiel.
10. Module auxiliaire de protection électrique selon la revendication 9, dans lequel le
circuit de traitement (34) est configuré pour détecter un défaut différentiel et pour
transmettre un ordre de déclenchement au mécanisme de commutation.
11. Appareil de protection électrique (2) comportant un module auxiliaire de protection
électrique (6) et un mécanisme de commutation (4) couplé au module de protection,
ledit module auxiliaire de protection électrique étant conforme à l'une quelconque
des revendications précédentes.
12. Procédé de fonctionnement d'un module auxiliaire de protection électrique (6) dans
un appareil de protection électrique (2) comportant un mécanisme de commutation (4)
couplé à des contacts électriques, le mécanisme de commutation étant configuré pour
être commuté entre une position fermée empêchant le passage du courant au travers
de l'appareil et une position ouverte permettant le passage du courant,
le procédé comportant des étapes mises en œuvre par un processeur (20) du module de
protection électrique et comportant :
- identifier, à partir au moins d'un système de mesure de position (30) du module
de protection électrique, un déclenchement de l'appareil de protection,
- identifier a partir au moins d'un système de mesure du courant (40) une cause d'un
déclenchement de l'appareil de protection,
le système de mesure de position étant couplé au processeur et étant configuré pour
détecter la position du mécanisme de commutation, le système de mesure de position
(40) étant connecté à une source de tension pour fournir une tension de référence
sur une entrée du processeur lorsque le mécanisme de commutation est dans la position
fermée, le système de mesure de position étant configuré pour modifier ladite alimentation
lorsque le mécanisme de commutation est dans la position ouverte, le système de mesure
de courant étant couplé au processeur afin de détecter un courant électrique circulant
au travers de l'appareil électrique, ;
- décompter (102, 104, 108) la durée écoulée depuis la dernière occurrence d'un déclenchement
de l'appareil de protection causé par un défaut différentiel ;
- émettre un signal d'alarme (132) lorsque la durée décomptée dépasse un seuil prédéfini.